Journal de Gand: politique, industriel, commercial et littéraire

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s.n. 1914, 23 Juli. Journal de Gand: politique, industriel, commercial et littéraire. Konsultiert 24 Januar 2022, https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/de/pid/w37kp7wc1p/
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abonnements : RÉDACTION & ADMINISTRATION : ANNONCES» BBLGIQUB : 15 frasai par an ; 7-50 franc»pouïiï mo's ; 4 tr;u>e» puur tnd» moi» g, RUE DE FLANDRE. 8, GAND „ . . Pour fétranger, le po t en TÉLÉPHONE 665 au s ds 18 dernière Paëe du journal. Le drame du « Figaro-» a Si, à la suite de notre conversation, Mme «Caillaux avait manifesté la moindre exaltation, disait hier M. le président Monter, j'en » aurais prévenu ou son mari ou le procureur » de la République. Mais elle était calme, absolu lument calme, et le lendemain, lorsque j'ap-» pris la nouvelle du meurtre, de tous les Pa-» risiens, le plus étonné, ce fut moi. » On se tromperait, en ne voyant dans ces mots-là, qu'une explication jugée par M. Mo-nier subjectivement nécessaire des paroles décevantes qu'il répondit à Mme Caillauxen quête de secours légal contre la campagne féroce dont M. Calmette poursuivait son mari. Plus on regarde cette petite femme, un peu sèche et si blonde, sentimentale, si vous voulez, mais sentimentale à froid, et mieux on comprend qu'en pleine rage de vengeance et dans un état d'exaspération qui pourrait exclure même toute préméditation au sens juridique du moi Mme Caillaux ait pu se donner et garder tous les dehors du calme le plus rassurant.i?-' Sans doute les habitudes de la mondaine et de la Parisienne vinrent-elles puissamment en aide au tempérament propre de l'accusée dans la Prompte possession d'une attitude qu'elle jugeait être l'attitude nécessaire de son personnageLe caractère intime de Mme Caillaux étant, évidemment, un des éléments les plus importants de la cause en ce qui concerne l'appréciation de la préméditation possible, on comprendra que nous y insistions, d'autant que les éléments moraux de ce procès en font, en vérité, tout l'intérêt. La seconde audience commence par l'audition des garçons de bureau, MiM. Sirac et Nicat, qui répètent le récit de l'arrivée de Mme Caillaux et de son arrestation que tout le monde a lu. Ils n'apportent, dans leurs constatations matérielles, aucune précision de fait capitale. L'entrée de M. Paul Bourget amène dans la salle un peu houleuse jusque-là, un silence qui profite à la bonne administration de la Justice. Il dépose dans un langage châtié — cela va de sol — et avec une passion amicale qu'il ne songe pas à dissimuler. Il raconte la scène du meurtre S laquelle il a assisté, comme on sait, et termine en affirmant hautement que M. Calmette n'eût jamais Publié les lettres intimes de Mme Caillaux. Eloquent, un peu hautain, un peu dédaigneux, le monocle vissé dans l'œil et l'œil sans nulle lueur de fraternelle et humaine intelligence, il est bien l'homme de ses livres superficiels et mondains et aussi l'homme de ce Paris auquel Mme Caillaux a tout sacrifié, même la vie d'un ■ ' homme. Nul ne s'étonnera de voir ce romancier pour gens du monde apporter à la mémoire du . .directeur du Figaro le témoignage d'une haute estime un peu échauffée que les salons parisiens bien pensants, ennemis de la République, sont toujours prêts à prodiguer à tous les soldats □es causes du Passé, fussent-ils les gredins che-j» vronnés d'une presse à tout faire. , M. Paul Bourget, sur interrogation de M0 Labori. confirme cette déclaration qu'il a faite à ■j\ l'instruction. Il a dit qu'il entendit «des détona-wons tellement successives qu'il lui a été impossible de les compter. « Voilà vraiment tout ce qu'il y a de sérieux à retenir de la déposition ae ce romancier pour élites seules. C'est un témoignage à charge... du browning Le défilé des employés du Figaro continue', monotone, et leurs dépositions, il faut bien le dire, semblent bien un peu stéréotypées. L'un a eux, cependant et, certes, fort involontairement, donne aux avocats l'occasion d'une dis-tussion qui secoue fortement l'auditoire. C'est M. Voisin, l'un des employés du Figaro nue Mme Caillaux a rencontré dans le salon .. .- [l'attente. Mme Caillaux interroge anxieusement M. Voi-îin qu'elle adjure d'avouer que, devant elle, flans le salon d'attente du Figaro, il a prononcé . eette phrase adressée à l'un de ses compagnons: « Cette affaire nous coûte cher, car nous avons ■ lâché les chiens de chasse dans toutes les directions. Mais nous avons pour demain un grand ;, papier su r Cail 1 a ux. » ^ Le témoin Voisin proteste. Jamais, dit-il, i n a rien dit de semblable ! Il ne se rappelle rien, rien, absolument rien de pareil. I. ^ là-dessus, M® Labori fait remarquer au jury qu une fois déjà Mme Caillaux s'est trouvée en contradiciton avec les témoins devant le juge d'instruction, et que cette contradiction a fini par tourner à leur honte et à son profit. «Je ne dis pas, dit Mô Labori, qu'il suffise d appartenir au Figaro pour venir mentir dans un débat ; mais il m'est bien permis, dit M8 Labori. de constater que la sincérité de Mme Caillaux a déjà triomphé d'autres témoignages. .. £ Des applaudissements enthousiastes égalent - alors dans le public, combattus seulement par Jes «chut» qui ne dénotaient que le souci du calme et du silence nécessaires, sans nlus. La déposition de M. Robert Dreyfus donne à M« Labori, qui tient à son idée et qui a bien rft|fûn, l'occasion de poser au. témoin une nouvelle question, dont la bonne renommée du browning fait tous les frais. Il demande au té-^ moin s il n'a pas déclaré au juge d'instruction : & «Je n ai pas remarqué qu'il y ait eu un intervalle entre les coups de revolver ; ils m'ont pa-; ru automatiques. » B M. Robert Dreyfus, dans sa réponse, semble fort contrarié d'avoir fait pareille déclaration et sa contrariété lui fait faire justement la ré-| ponse dont il y avait lieu pour lui de se défier. «Au moment où j'ai fait cette déclaration, ait-ii, je ne me rendais pas compte de l'intérêt - quelle pouvait présenter pour le procès »> Ce qui amène naturellement de la part de M8 Habori une assez verte réplique qui fait com-. prendre au témoin qu'il n'y a aucune nécessité *■ recherche de vérité à ce que ceux qui déposent dirigent leurs réponses dans tel ou tel ; esprit, en songeant au parti qu'en pourront tirer ■ les parties. JorgeléD10in' 0n Ie comfTOndra. n'en mène pas I « Mais, intervient. M» Chenu, que] sens alta-F cnez-vous tt ce mot « automatique » ? Ii M' ,^°frert Dreyfus répond,' avec une I loyauté fort utile à la défense: «J'entends I QU automatique signifie « précipité ». | pas labori, épinglant la réponse, n'insiste Mais nous allons assister à un incident tout a lait sensationnel qui jofte une très vive lu-f miere sur l'affaire et qui pourrait bien d.m-I ner, en fin de compte, partie gagnée à M» La-r Don, lequel ne manquera certainement pas • n..!'rer tout ce qu'elle comporte de grave signification. ' I C'est M. Emile Beer. rédacteur au Figaro qui nous apporte l'occasion. I Après avoir raconté, ainsi que le firent à |. lour de rôle tous les membres de l'équipe du I f\lJ^ar0) ., diY€rs incidents de la journée du hÎTa1?' À "Expliqué ce que devint le portefeuille ritL Calmette, ses clefs, sa montre, les pa-P^rs quq avait dans sa poche. I J aKuile Reer est un homme plein d'assuran-i ce, râblé, costaud,, correct en sa redingote bien I poupée, la rosette de l'officier de la Lésion ~r à la boutonnière, l'attitude autori- f ^ p,as rïu tout l'air de se douter du rôle I ,lu.1 r6sGrve l'habileté de M8 Labori. C'-fet, ne voit pas très clairement \ ÏVfffV01 après l'instruction écrite ce que Xniî1i u iu?te CIue les Paï>ters qui se trouvaient ' !!?ii • poc*le M- Calmette et dont celui-ci p» -f1 fîrarîd soi'ci de ne se séparer jamais, envi,-!! v le savoir et il le saura. El veut aussi : KuraTmlmT' d6V€nUS' 065 mPT" le kiVb^rdlre.rnanl M' Beer Wr Ie ®r" pour PSrkil'n .«paw-ton faire parter un terid S wfsl ,avfU que NI- S661, lorsqu'il en-alors surtout que-ce Parigifinia connaît dans les coms, comme un <ies rojac- ffl». ' leurs qui participe 4 l'&me meme, si j ose diie, • conçut d'un Journal comme le Figaro? r$m Oe*qu'étaient les papiers que M.1 Calmette il" ui gardait ainsi sur son cœur et dont il ne se sé- ™r ' parait jamais non, en vérité, non, il ne le sait J"1 son pas, M. Be«r,: Pierre Mais que sont-ils devenus? préser Ah ! cela c'est plus simple, c'est beaucoup plus chane simple. Ils ont fini, ces papiers mystérieux, par bilité échouer dans la poche de M. Prestat, le beau- père de M. Calmette. Et M. Prestat est là, au était 1 pied'du'tribunal, à une table autour de laquelle photoj sont assis M8 Chenu et ses collaborateurs de la temps partie civile. criers À la bonne heure I nous allons savoir. Et, en ® effet, à la demande de M® Labori, voici que le Georc président Albanel, coupant l'interrogatoire de ° M. Emile Beer un peu. délaissé à la barre des , témoins, demande à M. Prestat ce que c'était que ' ces deux papiers qu'on a sépa'tl5s des autres, : J qu'on lui a fait remettre spécialement et qu.'il existe n'a pas remis, lui, au juge d'instruction, encore " qu'ils eussent, dans le tas, contribué à arrêter m'obii l'une des balles du browning de Mme Caillaux. „ Mon Dieu I il est un peu embêté, M. Prestat: L*nh> il plastronne, il crâne, on 1e voit hien ; mais il* " est embêté tout de même. mT'il Ce que c'était, peuh ! ces papiers, ces petits papiers? AH! mon Dieu 1 moins que rien; des I.|.ëp petits papiers minces, très minces, tout sim- rf / plement. La copie du document Fabre et de 1 la lettre «Ton Jo», de la main de M. Calmette, égaler simplement. disais Ce qu'ils sont devenus ? Eh ! c'est tout sim- pourri pie aussi ! M. Prestat les a détruits, et voilà ! — j® Vous n'avez p<as oublié, n'est-ce pas? que une d Mme Caillaux n'a tiré sur M. Calmette que Je A' pour arrêter une campagne qui devait s'ali- prono menter de deux vieilles lettres intimes et que acte q ces lettres, détruites par Mme Gueydan, la femm première femme de M. Caillaux, ont laissé artick derrière elles quelques photographies qui ont toute pu cheminer dans Paris. serait Mais ces vieilles lettres-là, il est entendu, cause, n'est-ce pas? qu'il n'en sera pas question ; elles j'av n'existent pas, elles n'existent plus. C'est com- parce me les petits papiers que M. Calmette colportait été ve dans sa .poche et que M. Prestat a anéantds, au parue vif regret du juge d'instruction et au nôtre. avec < Les lettres Gueydan. M. Calmette ne les a ja- Et f mais vues. M. Emile Beer non plus et M. Près- fût dé tat pas davantage. Je ne sais pas ce que M° Labori tirera de tout gardé cela, mais j'ai tout de même 4 an s l'idée qu'il Que en fera quelque chose. Conse C'est sur cette sensationnelle déclaration de ^re 1 M. Prestat que se termine la première partie riage de cette seconde audience. j>en r On donne congé à M. Beer, toujours appuyé mon , à la barre, et qu'on avait un peu oublié. Et la core j, Cour se retire pour vingt minutes, au milieu de tenan l'agitation générale. ayait Au moment de la reprise de l'audience — 3 h. ^ent 20 — l'affaire semble avoir changé de face et le <je ni' public a changé d'âme. avait Jusqu'ici, l'intérêt languissait, réveillé seule- tête d ment par instants rapiaès; à présent, ça sent des d* la poudre. Jamais la salle ne fut aussi garnie et ture c c'est une mer de têtes mouvante-et parfois hou- m 1 leuse. L'atmosphère est saturée d'électricité et plus c M8 Chenu met Je comble à l'excitation générale sions en demandant à M. le président Albanel soit très ; de lire lui-même, soit d'autoriser la partie civile préser à lire elle-même le texte de la lettre signée «Ton lettres Jo » et le texte du document Fabre. qui sont in- y a ui connus dy jury et de tout le monde. voirs Le président donne à M8 Chenu l'autorisation fessio'i de lire lui-même ces deux documents. Malgré la des le grande publicité qui leur a été donnée, malgré me ré] la connaissance parfaite qu'en a le public en voort général, ils font sur le public de première Sun- Bios i tout un effet énorme et qui n'est vraiment pas teur e favorable à M. Caillaux et, par conséquent, à les av l'accusée. j Ce que voyant, M8 Labori se lève et non sans dit qu quelque émotion intérieure que sa haute cour- cation toisie domine, il s'adresse au président : . lVrA M8 Chenu, dit-il, avec le sentiment profond • des nuances qui le caractérise, a parfaitement choisi son moment pour faire la lecture des deux Enta documents qui ont été soumis au jury. Je crois M'M. 1 savoir qu'il va plaire à la Cour d'entendre M. clarat Caillaux tout de suite et il importait à la partie de civile que les deux documents fussent lus avant ^ su: cet interrogatoire. Je vous demande respectueu- ver sement, M. le président, de vouloir bien faire en celui sorte que M. Caillaux, avant de parler, soit mis î^mm< au fait de la lecture qui va être faite. iépou Sur quoi, M8 Chenu, comme mû par un rés- R 113 c sort, prend nerveusement la parole. lI? Qu Je me joins à mon confrère, dit-il. et j'appuie vivror cette demande de tout mon pouvoir. J'entends encœ faire un plein usage de ces documents dans ma A. ^ plaidoirie et je désire que M. Caillaux puisse aesac( nous donner à ce sujet tous les éclaircissements nécessaires. menta Le président acquiesce tt cette double deman- , T?"1 oe_ et on appelle M. Caillaux lui-même K>m 11 1.0 président, qui a compris l'effet d'antipathii exercé sur le public par la lecture des deux do: quant' cuments, fait lire par le greffier, par mesure cl a mais ■ précaution, le texte des lois respectifs concer- ^ nant les délits d'aud'ience. M M. Caillaux entre, t.rès élégant, après s'êt.re T fait un peu attendre. Il s'avance avec assuran- :01': ce et non sans quelque prétention, une large .u J serviette en cuir à la main. Avec une petite yai.,m voix claire, monotone, blanche, à petits coups, Ie 1 €n il dit sa vie. Il raconte son bonheur, en petites î'u..a^ phrases brèves, hachées, menues, et sur le ion .Ve" d'une modération, d'une modestie, d'une rési- ]e tei gnation qui semble bien factice de la part d'un trouve homme qui voulait «aller casser la gueule à Cal- Quoi c mette. » pas la GEORGES MASSET S!""!3 "Spi IL eu re,f Ce qu'a dit M. Caillaux pas,fq La déposition de M. Caillaux a suscité des Parler incidents passionnés dont nous avons donné la nue i'i M"^t.anoe. f- n m2lérêi que comporte le récit de Vanclen d'aUeî ministre des finances est tout entier dans les auxou J^ nous empruntons, pour en donner une clina précise aux lecteurs de L'Express, des ex- £? \tr traits du Petit Parisien : 0 1 e,r mfnâ}i3QiA de juillet lm dit M- Caillaux, le voulu EîShn ■ ÏT^U, dont ie faisais partie, tomba , je rentrai dans la vie privée • la niés- £ délelnnn»à iacluell<? Ie vicns de faire allusion Sm?'! mf « mois de septembre 1900, coin- nu^l me j étais à Mamers, dans mon chef-lieu d'ar- 9 rondissement, j'écrivis tt Mme fiainouart avec d'es p laguelle j'étais fort lié, une longue lettre de seize pages, qui contenait un exposé de ma je n a ; 9,ette lettre était écrite sur™u Pnres?e papier tt en-tete de la Chambre des députés toujou celui dont je me servais habituellement Le pr,ofes JfiïîfT1' COmi5? ie. PrésWais le Conseil' gé- . ^ Sl néral de mon département, j'écrivis tt Mme battan Rainouard une seconde lettre de deux nu • "s parten pages, lettre écrite sur papier tt en-tête de' la teur,.j préfecture de la Sarthe ; je demanderai à mes- 1ues c sieurs les jurés de vouloir bien retenir ce ;ié- sidéra ta il, il est important : c'est peut-être ia seule tère 1 fois dans ma vie, où, en dehors de billets in- républ signifiants, — le hasard des choses l'a fait aln- Ies '° si, — J ai écrit une lettre importante et intime frança sur du papier ayant l'en-tête de la préfecture minist oe ia barthe. projet DEUX LETTRES FURENT BRULEES fque fes lettres eurent été expédiées et le n'a Sifu h® fllrent parvenues tt leur destinataire, je point i ^'?me Roinouard qui était, tt ce offre moment-là, tt Dmard, seule dans une villa, pou- sants SvvhÎË, égarer, ou qu'elles pouvaient lui cire je me ' Ie la prlai de mo lcs retourner. Avec tempéi cette délicatesse exquise qui est un des traits de tique, sa ndture, elle les retourna immédiatement ; je seau. if»„0refus aUx Mans. P°sfe restante '.le rentrai Ma fei dans laÉ soirée, dans mon automobile, tt Ma- elle n mers je les y rapportai, mais il était, trop à lais tard, je commis la faute de ne pas les hi'filer de pn )e„les cn?ermai dans un tiroir, le Ici- tégend r.,,1 ' elles avaient disparu. Ma femme. Mme crédita ■ x™1» sAPPelait alors Mme Cailloux, ■ ou de f^a '' arrivée à Mamers depuis deux ou trois tout c , ,, 1Figaro vnJL &s .immédiatement à ma femme un di- je lui _a_-.teU£§—fifindltions ,qu'elle voudrait ou misère econoiliation a iaquene le mis comme ion élémentaire la restitution des lettres es. Après bien des hésitations auxquelles instant mêlé M. Alfred Westphal, tréso-? la Ligue des Droits de l'Homme, voici ition qui fut adoptée : les lettres ques-irent brûlées le 15 octobre 1009, 12, rue •Charron, dans mon appartement, en ce de mon ami, M. Georges Privat-Des-^lors directeur général de la compta-publique. AU moment où je les brûlai, ie urnai vers ma ffmmè et je me dis qu'il ien entendu qu'il n'y on avait ni copie ni graphie. Je brûlai, d'ailleurs, en même , d'autres pièces qui contenaient des de moi. Mme Gueydan me répondis par formation formelle de sa bonne foi. M. 3s Privat-Deschanel pourra témoigner de 3la- 4'' j secrétaire général du ministère des fman-il est un de mes amis les plus intimes et Jtê le confident de toute cette partie de mon îce, pourra témoigner que quoi qu'il pût tter à ma dignité, quelque lettre qu'on pût ger à écrire pour préserver Mme Rai-1 des conséquences qu'on me faisait pres-de ia publication de ces lettres, c'est en dignité que j'écartai résolument tout ce y avait dans ma vie, et je partis pour ite avec la mentalité ferme d'une récon->n loyale et complète. ieorges Privat-Deschanel pourra témoigner ;ient que, quelques mois plus tard, je lui que mon état d'esprit était le même. Il i dire encore qu'au mois de juillet, je dus ne pus pas faire autrement — introduire smande en divorce. introduisais en juillet 1910. Le divorce fut ncé le 9 mars 1912. Le 2ô mars, par un ui réglait les intérêts pécuniaires entre ma ) divorcée et moi, il fut précisé dans un 4, que M® Labori a dans son dossier, que la correspondance entre les deux époux détruite en pr'~snce des avoués de la ais été conduit à introduire cet article que d'une façon singulière une pièce avait rsée au dossier de Mme Gueydan, la lettre le 13 mars, qui n'avait aucun rapport les démêlés conjugaux. tlors, je demandai que la correspondance truite. Elle le fut en présence de M63 Tho- ( Duplan et, pour ma part, je n'ai rien j , pas une lettre, pas une photographie. ( iques mois plus tard, j'étais préskient du j il des ministres, c'était au mois de noverh- j 311, quelques semaines après notre ma- { après que j'avais épousé Mme Rainouard. j arlerai tout à l'heure. Je vis entrer dans ( :abinet mon chef de cabinet; je vois en- j i scène comme si c'était hier. M. Desclaux ( , à la main une enveloppe sur laquelle il ( pris quelques notes : .« Monsieur le prési- | M. Vervoort est dans mon cabinet et vient ipprendre qu'on lui avait offert., qu'on lui présenté trois lettres de vous, l'une à en-u Sénat, l'autre à en-tête de la Chambre < iputés, la troisième à en-tête de la préfeo- ; e la Sarthe. » Desclaux ne pouvait pas inventer cela, pas , ;ue M. Vervoort, et il reprend des exprès-familières qui se trouvaient dans ces let- < l souriait, il estimait qu'il Se trouvait en ice de faux. Je lui dis : Non, ce sont des qu'on m'a volées, je ne puis croire qu'il ; i journaliste ayant le sentiment de ses de-ayant le souci de sa dignité et de sa pro-î qui puisse publier des lettres privées et tires à style comme celle-là. M. Desclaux ( )ondit qu'en tout cas ce ne serait ni M. Ver- , qui était alors rédacteur en chef du Gil < îi M. Pierre Mortier qui en était le direc-t je ne connaissais ni l'un ni l'autre. Je ne ais pas vus. ait, quelque temps après, M. Desclaux me i il ne serait donné aucune suite aux publi-s dont on me menaçait et l'incident tomba. FEMME A ETE L'EPOUSE LA PLUS TENDRE » e temps, j'avais épousé Mme Rainouard, es jurés me permettront de faire cette dé-.on, nécessaire après tout ce qu'on m'a côté et d'autre, tout ce qu'on à fait cou-• cette affaire. Jamais je ne pourrais trou-î bonheur plus complet, plus absolu que que j'ai trouvé dans cette union. M.a > a été et elle est pour moi non seulement se la plus tendre, elle a été l'associée la iligente, la plus Informée et lia plus aver-. se puisse voir. Tvious avons vécu et nous s d'ans une étroite intimité d'esprit et ir. avait seulement entre nous, non pas des ords, mais quelques divergences de vues irtains points, quelques divergences de lité, qu'il est indispensable que j'expose, i en partageant mes idées politiques, que » monde connaît, ma femme me trouvait ît trop ardent clans la lutte — défaut ou i : de mon tempérament, comme on veut — îlle s'appliquait à m« calmer, et jTai eu, 'une fois, lieu de me louer de ses conseils. RENTRE PAS AU GOUVERNEMENT» que le 2 décembre tomba le ministère Rar-'eus quelque part à cette chute, je trou-i femme en larmes, elle me dit : Surtout, supplie, ne rentre pas au gouvernement, trop d'ennemis, l'impôt sur le revenu te ■s adversaires redoutables. Prends gar<le, l prie, il nous arrivera malheur I Je là i tellement émue que je lui promis que, [u'dl me fût demandé, je n'accepterais charge de former le gouvernement. Mais mon ami Doumergue fit appel à mon de dévouement à mon parti, quand j'ai -résenté à ma femme que M. Doumergue merait pas le cabinet si je n'y entrais ue mon devoir vis-à-vis de mon parti, les sabilités que j'avais prises vis-à-vis du lent me commandaient d'y entrer puis-ivais renversé le cabinet sur une question ière et qu'on me mettait en demeure jusqu'au bout de mes responsabilités, elles je ne pouvais me dérober, elle s'in->arce qu'elle est femme du devoir. Mais itendais encore me disant : «Tu verras, Dmnie a fait son chemin, tu n'as pas y faire attention, il y a contre toi un ment factice, mais un mouvement dans ies classes de la société, tu verras, il irrivera malheur 1 » Je ne me doutais pas s paroles de ma pauvre femme fussent Drôles prophétiques, je me disais à ce ît, que, sûr de la majorité parlementaire, /ais à redouter que des campagnes de , Et pour les campagnes 'de presse, j'ai rs professé, je ne dis pas ressenti, mais >é de l'indifférence. lis entré en 1898 dans la vie politique, en t un des chefs du parti royaliste : j'ap-ais, par ma naissance, au pairti conserva-'allais à gauche ; naturellement, les atta-nt commencé et se sont développées concernent quand j'ai fait partie du minis-Valdeck-Rousseau, ministère de défense icaine, et quand j'ai trouvé contre moi [•ces d\i nationalisme et de la « Patrie ise». Elles se sont accentuées sous le ire Clemenceau, quand j'ai déposé le de l'impôt sur ie revenu. Et très vite, ces attaques de la presse, d'une certaine , j'avais pris le parti de laisser passer, i jamais voulu user — j'insiste sur ce —■ des moyens qui s'offrent ou qu'on aux hommes politiques qui sont puis-pour arrêter certaines campagnes, mais disais, c'est peut-être un travers de mon 'ament, que tout cela porte, qu'en poli-suivant la forte parole de Waldeck-Rous-faut avoir raison et que cela suffit», nme était dans un état d'esprit opposé, ie représentait souvent avec force que, sereins! se développer les campagnes sse, il se formait sur les hommes des 3S, qu'on me rapetissait, qu'on me dis-it, que j'avais tort de ne pas protester ne pas me battre davantage. Et pendant et) hiver où paraît la campagne du , moi, toujours dans la même mentalité, répondais : « Mais non, tout cela est ble. méprisable ». Je. cojtipJ&is. su _siu'- g""lus, Je 7e lui disais, que tout cela passerait. omme je la rabrouais, elle rentrait en elle-même, comme les femmes vis-à-vis de l'homme qu'elles aiment, elle se conformait à l'ordre... Un fait va bien dépeindre sa mentalité. J'avais indiqué à mon cabinet que qui que ce soit, en dehors de mon chef de cabinet, et lui seul n'était autorisé, dans les circonstances graves, à me parler des campagnes de presse ou des articles de journaux. LA VIE D'UN MINISTRE DES FINANCES Je voudrais,^'pendant un instant, représenter i MM. les jurés ce qu'est la vie d'un ministre et d'un ministre des finances qui a à la fois à" défendre le budget devant une assemblée et' l'impôt sur le revenu devant une autre. Il n'a pas une minute de liberté, s'il veut être le ministre, l'homme qui administre son ministère, 3ui le surveille dans toutes ses parties et qui dirige les discussions aussi bien à la Chambre ju'au Sénat. J'étais nerveux ; les articles de journaux qui m'attaquaient me troublaient, mais je ne voyais que mes idées, je les suivais, je marchais droit devant moi. J'avais prescrit l'interdiction que je viens de dire à mon cabinet et celte interdiction s'était éten-3ue à ma femme. J'en indiquerai tout à l'heure les conséquences. Dans la campagne du Figaro, vous me per-nettrez, monsieur le président et messieurs les lurés. de parler un peu longuement tout à 'heure ; pour le moment, j'ai voulu simplement noter nos états d'esprit respectifs... Le lour où a paru la lettre dont on vient de parler, celle qui figure dans le Figaro du 13 mars, i'avais é!é prévenu la veille de sa publication. Mon chef de cabinet jugeant que cette fois la circonstance était assez grave pour m'avertir, rntra dans mon cabinet et me dit qu'une lettre privée, émanant de moi, devait paraître le lendemain dans le Figaro. J<-> rapportai le fait à ma femme, le soir," et je lui dis : « Je ne puis croire une instant qu'un journaliste, un directeur de journal ayant le sentiment de sa dignité et de sa profession, fasse paraître une lettre intime ». Cependant, la lettre parut le lendemain. J'avais reçu des avertissements qui me faisaient croire que lorsque la première lettre paraîtrait, les autres suivraient. Ces avertissements m'étaient venus de Pierre Mortier qui m'avait dit .que les lettres en question avaient té présentées à un Journaliste royaliste et à un ournal bonapartiste; ces avertissements m'é-aient venus de la princesse Estradère, comme ne l'avait raconté ma femme. La princesse de Monaco m'avait raconté comment Calmette tvait fait, par l'intermédiaire de la princesse ils tr ad ère que vous entendrez, des 'propositions1 l'argent très fortes pour arriver à obtenir les et très qui avaient été présentées à M, Vervoort it à M. Desclaux. J'avais appris" d'autres côtés incore la même chose. M. Tessier, que vous en-endrez, vous dira qu'il lui était revenu que es lettres avaient été présentées à un autre ournal du soir. J'avais enfin eu une conversation avec mon :ollègue M. Barthou, au mois de janvier, entre-ien qui n'avait pas été sans me causer les mènes appréhensions. Au mois de janvier 1914, t la suite d'un incident que je conterai tout à 'heure, je me rendis chez M. Barthou, à son lomiclie, avenue d'An tin, -pour avoir une conversation avec lui, et à la fin de cette conversation, M. Barthou me conta comment il ivait rencontré, quelque temps auparavant, tfme Gueydan, habitant, la même avenue que ui. Il me dit: «Ton ex-femme est bien mon-ée contre toi. » Nous nous tutoyions... à l'épo-ïue. «Ton ex-femme, me dit-il, est Lien montée contre toi. Elle m'a tenu trois quarts d'heure ;ous un réverbère, elle m'a montré des lettres... » Un silence, une pause .«Tu as eu tort tout de nême d'écrire la lettre sur l'impôt sur le retenu. » Et moi de répondre : « Sais-tu quelle en îst la date? — Non. — Juillet 1910. — Ah 1 ilors...» Lorsque, le soir, je Centrai chez mol, é dis à ma femme ma conversation avec M. 3arthou, en lui disant : « J'ai très bien compris. Barthou m'a parlé de lettres qu'on lui avait montrées, il ne m'a parlé ensuite que d'une, c'est par un sentiment de réserve et de discré-ion que je comprends fort bien. Moi-même, par le même sentiment de réserve et de discrétion, ie ne l'ai pas poussé davantage. » J'entends bien pie l'honorable M. Barthou, à l'instruction, a léclaré qu'on ne lui avait pas montré les lettres. Je ne puis que maintenir ma déclaration m ce qui me concerne et remarquer qu'alors je ne comprends pas très bien comment, ce qui n'a pas été contesté, la conversation se serait prolongée pendant trois quarts d'heure sous un réverbère. LA CAMPAGNE DU FIGARO Quoi qu'il en soit, le 12 mars, on m'annonce la publication de la lettre et, le 13 mars, j'ai la stupéfaction de la voir paraître dans Le Figaro. On me dira: «Les passages politiques seulement.» Quoi? il y a des passages politiques 3-ans une lettre privée? Cela existe? Quoi, sur un coin de table, au Sénat ou à la Chambre, on écrit à une lemme à laquelle on est lié un bout ie lettre, et ce serait un programme électoral... Et qui que ce soit a le droit de venir en détacher une phrase. Mais en détacher une phrase, c'est plus grave encore que de la publier tout entière. En la publiant tout entière, au moins on peut apercevoir le ton de vanterie amoureuse, de dandysme balzacien, dit M. Jaurès, sur lequel elle est écrite. Mais, en faisant une sorte de profession de foi électorale, en disant qu'on le fera afficher sur tous les murs de France, un passage d'une- lettre intime et qui montre ainsi à 3uel point la lettre est privée et personnelle,je ne sais vraiment pas comment on peut dire que 3'est là de la politique. Au reste, l'auteur de l'article et de la publication de la lettre l'a reconnu lui-même, en disant : « C'est une lettre privée, très intime, que je publie. Depuis trente ans de journalisme, c'est ia première fois qu'il m'arrive de faire cet acte. » d'est là, je ne dis pas textuellement la phrase que j'ai cependant lue et relue, mais je suis sûre d'en traduire 1e sens. C'était une incursion dans l'intimité, dans la vie privée, qui était commise. Ma femme en fut naturellement très troublée. On dit : Gela ne la concernait pas. Qu'est-ce qui pouvait la concerner plus directement qu'une lettre adressée par son mari à une autre et dans le commentaire que pouvait-il y avoir de plus blessant que le passage où on disait que ma première épouse avait emporté avec aile le deuil de ses illusions, de son rêve et de îa foi? Lorsque nous vîmes la lettre paraître, je rédigeai une réponse politique dans laquelle je mon* Irai la sérénité qu'un homme de gouvernement doit faire voir en pareille matière, mais jevne dissimule pas que des sentiments tout autres m'agitaient. Je rentrai au ministère des finances où j'eus la satisfaction relative de voir de mes adversaires politiques, deux chefs du parti royaliste, venir non seulement m'apporter leur carte, mais m'écrire l'indignation que leur causait cette publication. Je tiens leurs noms à la disposition de qui les demanderait. Les témoignages de sympathie qui affluaient vers moi ne pouvaient cependant pas me faire oublier ce qui 5'était passé ; mais j'étais emporté par la bataille et dans l'après-midi, je devais défendre Line question considérable devant le Sénat, la question de l'imposition de la Rente. Mme GUEYDAN DEMANDE DES CONSEILS Dans un intervalle de séance, un coup de téléphone... Une dame, me dit-on, demandait au téléphone. — Qui cela? — Elle ne veut pas dire son nom. J'ai compris. Je vais au téléphone : C'est Mme Gueydan. Elle me dit son profond regret et me déclare qu'elle n'est pour rien dans la publication de la lettre. Je lui Téponds : « Ce 3ue vous me dites m'est précieux, mais comment cette lettre est-elle donc parvenue au Figaro? Je ne sais pas, cela vient, sans doute, de chez les avocats ou d» chez les avoués. » Je ne réponds pas, et, au bout de quelques instants, [e lui dis : « Je sais le rôle que votre fils a eu récemment, je sais tout à fait bien comment il a fait des offres; j'ai entendu dire tout cela par la princesse Estradère. » Je ne sais si j'en ai ionné des âélâijs, jmais. j'en ai indiqué toute la i substance. Mme (jueydan me répond simplement : « C'est un charmant garçon. » Et elle ajoute: «Qu'est-ce que je dois Caire?» Je voudrais avoir un conseil de vous. Venez donc me 1 voir. » Je lui réponds: «Non, je ne vous donnerai pas de conseils : je n'ai qu'une chose à vous dire : faites ce que votre conscience vous commandera. » Je raccrochai les récepteurs et je rentrai dans la salle des séances. x ^Messieurs^à partir de ce moment-là, ma femme et moi nous nous dîmes que la lettre qui avait été publiée allait être suivie de la publication des autres lettres et cela nous paraissait d'autant plus certain que les avertissements — passez-moi l'expression — ont plu sur nous. Le lendemain de la publication de la lettre «Ton Jo », le samedi coup de téléphone de M. Pierre Mortier, le matin, conversation dans laquelle il a recueilli, de la bouche de M. Auguste Avril, rédacteur au Figaro, le propos suivant : Nous avons bien d'autres choses en réserve... Le bruit cour tpartout que d'autres lettres vont être publiées... Personne ne les a plus vues à l'heure actuelle, mais tout le monde les avait vues à ce moment... D'autres lettres vont être publiées. Je lui dis par téléphone: Ah! oui, ce sont des lettres qu'on m'a volées : les misérables 1... M. Ceccaldi, à midi ou deux heures, vient me dire qu'il sait, qu'il a été informé qu'une autre lettre de moi allait être publiée. Enfin, le soir vers sept heures, j'avais donné rendez-vous à M. Dubary, directeur de la Jour-, née républicaine, qui m'avait demandé ce rendez-vous pour affaire... il entre dans mon cabinet. Je lui avais donné rendez-vous à six heures et quart et pour cause de bruits d'incidents d'or-dre général que je conterai tout à l'heure, ie ne le reçois qu'à sept heures. Au bout de quelques instants de conversation, il me dit : « Voici ce dont je suis averti... Et ici, le bruit de tous les couloirs et de toutes les salles de rédaction. Lundi ou mardi paraîtra une lettre privée de vous, une lettre où il est fait allusion à des opérations que vous auriez faites, à une progression de portefeuille, ou un gain que vous auriez réalisé sur des titres... Je me lève de mon fauteuil de ministre, j'arpente un instant mon cabinet... Oui, il est possible, en effet, que dans la lettre que j'ai écrite, à en-tête de la préfecture de la Sarthe, j'aie en concluant, dit à Mme Rainouard que sur telle de mes valeurs placée dans mon portefeuille, il y avait une plus-value. Cela ne peut pas être des opérations du temps i où j'étais ministre des finances — j'aurai l'occasion de #appeler cette déclaration — jamais je n'ai touché à un titre de ma fortune, jamais : un ordre de bourse d'achat ou de vente de titres, ; comme je pouvais peut-être, comme j'avais le | droit de le faire, n'est sorti de mon cabinet de I ministre des finances. Je dis donc : il sé peut, 1 en effet, que ce soit dans cette lettre et, rappe- j : lant mon souvenir, je dis: oui, cela doit être dans la lettre à en-tête de la préfecture de la Sarthe. Le soir, je l'ai dit à ma femme et elle s'est trouvée convaincue comme moi que la lettre à en-tête de la préfecture de la Sarthe, comme celle à en-tête de la Chambre des députés est entre les mains de <M. Calmette et qu'elle va ! incessamment paraître dans le Figaro. | ' MA FEMME ETAIT TRES SUREXCITEE Le lendemain est le dimanche, dimanche 15 | ! mars. Je passe ma journée dans la Sarthe, dans mon arrondissement ; je reviens le soir ; ; ma femme, que j'avais trouvée très nerveuse, ( : très surexcitée — cela se comprend — le dimanche et le samedi, vint m'attendre à la gare ; elle était plus calme. Cependant, elle avait subi dans la journée une avanie qui lui avait été douloureuse. Mais, avec cette grâce charmante et ce soin qu'elle avait de me toujours cacher ce qui la faiait souffrir, — elle me l'a dit en quelques mots, — je l'ai trouvée plus calme. Elle avait été chez; M. et Mme Etienne et elle avait appris que M. Etienne avait fait une démarche auprès du directeur du Figaro pour qu'on ne conti- 1 nuât pas à pertétrer dans ma vie privée... elle me le dit. Cependant, calme elle l'était, mais : bien préoccupée. Elle était avec mon jeune neveu, avec mon pauvre pupille, presque mon enfant, l'enfant : de mon frère, orphelin ; ils étaient venus me chercher à la gare. Une groupe d'hommes — 1 mon neveu me l'a raconté — stationnaient là : ! ils ne les connaissaient pas et elle dit à cet mfant : — Est-ce que ce ne seraient pas des gens qui seraient là pour assassiner Ion oncle 1 Je me jetterai entre eux et lui s'il le faut... C'étaient là de tout autres personnes et je vous dépeins ainsi quelle était la mentalité de 1? pauvre chère créature, le 15 mars au soir. Le 16 au matin. — elle avait mal dormi, je l'avais senti — j'étais en train de m'habiller dans mon cabinet de toilette, quand elle entre 1 ; en coup de vent, le Figaro à la main... Elle avait, hélas 1 l'habitude de lire le Figaro tous | les matins... Elle me dit : « Regarde l'article : « Intermède comique », regarde : « Ton Jo », : et toujours ton nom d'intimité, presque ton [ nom d'alcôve... Demain, ce sera le mien, ce : ! sera une lettre de moi et mon nom d'intimité, ' j demain on va crocheter tout ce qui est notre j secret le plus .cher, notre vie intime, la façon ■ | dont nous nous sommes connus, dont nous 1 nous sommes aimés, qu'on va faire connaître, : étaler devant le public pour essayer de l'abat- i tre. Cela ne peut plus durer comme cela, — t et elle jette le Figaro sur une chaise en sortant. [ Quelques minutes après, elle se présenta et f me dit : « Je voudrais fe parler d'une assigna- £ tion que M0 Thorel m'a préparée pour publication de correspondance privée. Ne veux-tu t pas la faire? » — Si, très volontiers, au contraire. — Mais, me dit-elle, il m'a dit. qu'il était : prudent que je consulte... Si je demandais à : M. le président Monicr de venir pour me dire ; si cette assignation peut avoir quelque valeur. t quelque portée. Je lui répondis : « Sans aucun doute, fais téléphoner immédiatement au nrésiîîént Monier de venir à une heure de l'après-mu". puisque j'ai conseil ce matin... » Il v avait conseil des ministres... Au bout do quelques instants, nlle me d't que le président Monier ne pouvait pas venir à une heure de l'après-midi, qu'il viendrai! : dix Tîcures et demie... J'avais, en effet, oublié les heures du palais. Je dis ï\ ma femme : « Reçois-le à ma place : tu demanderas la consultation que tu dis, je n'ai pas besoin d'être là. » .Te pars pour le conseil des ministres ou plutôt pour une entrevue précédant le conseil des ministres, h laauelle m'avait ennvorm.'» président de la République et où nous devions parler pendant quelques instants des affaires de l'Etat. SI CALMETTE FAIT CELA !... Lorsque l'entrevue, est finie, je demanda M. Ravmond Poincaré de me garder seul, rendant Quelques instants. Je lui dis le trouble ""'il y a dans ma maison. Il était d'avant plus naîurel que je lui exnose qu'il a été le témoin de ma femme h noire mariage... Je lin dis dans ouel éfat d'esnrit 1 e la trouve, comment elle m'apparaît tout à fait submergée fie r^mmencais h l'entrevoir) par le flot oui se déverse, et comment elle a une crainte terrible, cHle de la publication de lettres qui la touchent en son honneur de femme. .Te me monte et, à un moment donné, ie dis : « Si M. Calmette fait cela, je le tuerai! » Je me rassieds. Je me 'tourne vers le Juriste éminent qu'est M. le président de la République et je lui demande s'il croit qu'une citation en abus de correspondance privée, préparée par M0 Thorel, a quelque valeur... .Te ne •uis pas Juriste, ie suis inspecteur dos finances, comme je l'ai dit. M. le président dp la Républiaue me répond en me disant : « Prenne conseil de votre avocat, qui est M° Maurice Bernard. » Je lui dis : « Soit 1 » Mais le temps presse. Je suis retenu au Sénat- tout l'après-midi, j'ai à faire voter et à défendre drs textes sur l'impôt sur le revenu. Je ne puis pas voir M0 Bernard. » ; Avec infiniment de bonne grâce. M. le président de la République me répond : « Qu'à cela ne tienne, je pourrai le voir, jo pourrai lui poser la,auestiQiLet vous l'envoyer-» - M. le président de la République, qui a bien /oulu apporter à l'appui du témoignage que je !ais ici, sa déposition, et qui l'a confirmée — r.a lui a été une confirmation précieuse, puisqu'elle i ét-abli qu ^ ce moment notre préoccupation inique à ma femme et à moi était la publication les lettres intimes, M. le président de ia Répu-Dlique a ajouté qu'il m'avait indiqué que M® Maurice Bernard pourrait s'entremettre entre VI. Calmette et moi. M. le président. — La déposition vient d'être ue. M. Caillaux. — Parfaitement. Je l'ignorais, nais cela ne modifie pas ma déposition. M. le président de la République a déne in-liqué dans sa déposition qu'il m'avait dit que vl0 Maurice Bernard aurait pu à l'occasion s'en-remettre entre M. Calmette et moi. Je n'ai pas souvenir de cela. Cela n'a été en tout cas qu'un ncident, et j'ai toujours considéré que ce que vl. le président) de là République me conseillait ï'était de voir mes conseils juridiques en la ma-ière.On m'a reproché de ne pas avoir fait part de >ette conversation à ma femme, à laquelle, dit-m, elle aurait pu apporter quelque apaisement, tfais, après la conversation de M. le président Monier, après que M. Monier avait dit qu'il n'y ivait aucun moyen juridique, aucune voie judiciaire (je crois que cela n'a pas été contesté lier) de parer à la publication ou même d'in-enter des poursuites utiles, quel effet pouvait ivolr l'intervention de M0 Maurice Bernard ? Et t'il m'avait dît ce que je n'avais pas compris, lue M° Maurice Bernard pourrait agir à titre imiable, voyons, alors qué M. ^tienne avait enté une démarche inutile, alors que M. Jean Dupuy, quelques jours auparavant, s'était prononcé, je le sais, avec la dernière des sévérités, fis-à-vis de M. Calmette, sur la publication de a lettre en question, quelle portée aurait pu ivoir une démarche de M° Maurice Bernard, juelque éminent avocat qu'il soit? On m'a dit encore que le ton que j'avais em->loyé, non pas vis-à-vis de M. le président de a République, mais dans ma conversation avec ui, en parlant de mes intentions vis-à-vis de M. Calmette si certaines éventualités surgissaient, trahissait je ne sais quel dessein précon- !U. Je réponds là-dessus que d'abord si on avait )énétré dans mon intimité, je n'aurais reculé levant rien. Je réponds, en second lieu, que, ce natin-là j'élevais un peu le ton- parce que, persuadé qu'il y avait, derrière la campagne de M. Calmette, certaines personnalités, il ne me défaisait pas de faire entendre indirectement que e ne laisserais pas entrer dans mon foyer... Malheureusement, mes paroles ne furent pas in-erprétées à la lettre par le chef de l'Etat, qui ie fit tenir aucun avis direct ou indirect à M. Calmette. Là-dessus, la conversation est terminée. Je •entre au Conseil des ministres. Le Conseil se Doursult. Vers onze heures, onze heures un quart, j'avais beaucoup à travailler, je demande la per-nisslon de revenir au ministère. J'y suis à onze îeures vingt. Je reçois mes chefs de service. Je •eçois M. Delibos, rédacteur en.chef du Radical, jui vient me demander s'il ne convient pas l'apporter une rectification à un filet perfide, pii a passé dans les journaux, pour interpréter e discours que j'avais prononcé la veille dans a Sarthe. Je suis en train de causer avec lui, juand la porte s'ouvre : c'est Mme Caillaux. MA FEMiME ETAIT TOUT A FAIT ABATTUE Souvent, le matin, arrêtant ses courses, ou iprès les avoir terminées, elle me faisait le plaisir de venir au ministère me prendre en pas-;ant; elle s'asseyait dans un fauteuil, attendant [ue les conversations ou que mes travaux fussent finis ; puis, nous repartions ensemble pour léjeuner... Je la vois entrer, mais je vois en elle me femme tout à fait abattue. Elle s'assied lans un fauteuil ; elle, prend part à la conversa-ion entre M. Delbos, moi et mon chef de cabi-îet, M. Labeyrie, qui est entré et auquel je lonne mes instructions... Nous causons de la :ampagne du Figaro. Ma femme me dit : « Il l'y a rien à faire ; je viens d'avoir une conversa-ion qui ne me laisse pas d'illusion. » 7e dis : )ui... M. Delbos se retire, mon chef de cabinet aussi, é suis seul avec ma femme, qui me dit : «Tu is compris 1 j'ai reçu la visite de M. le président kdonier; il est venu ce matin; il n'y a rien à fai-•e. Il n'a môme pas voulu lire l'acte que Me rhorel avait préparé. Il m'a dit tout de suite : «Madame, c'est de la lompétence de la Cour d'assises; vous savez ous les inconvénients que cela peut présenter; ela traîne pendant de longs mois. Il n'y a rien l faire, 11 n'y a qu'à se défendre par ses propres noyens...» Enfin, il m'a énuméré d'autres cho-es. Il m'a parlé de la neuvième chambre (ma emme ne comprenait pas très bien, moi je omjprenais parfaitement); il a concl'u en disant : Je suis bien étonné, avec notre législation telle [u'elle est, qu'il n'y ait pas une partie des Fran-ais qu icasse la figure à l'autre...» Elle me dit oute frémissante : «Que vas-tu faire ?» Je sénats la créature qui me disait : «Vais-je donc tre seule, ne vais-je donc pas être défendue ?» e lui dis : «Sois tranquille I c'est moi qui m'en barge; j'irai casser la g... à Calmette...» Oui, 'ai prononcé cette parole. Elle avait le sens très iet suivant : Entre toi et un autre homme quelcon-fue qui t'attaquera, il y a ton mari. Je suis on défenseur, on ne te touchera pas sans pas-er sur mon corps... J'aperçus que mes paroles .vaient produit une détente. Elle se sentait pro-égée l En sortant du ministère, nous remontons dans non automobile. Ma femme est redevenue au tout de quelque temps un peu nerveuse, pas rop... En passant devant le ministère de la ma-ine (je la vois encore), elle me dit : «Mais est-ce que c'est tout de suite, aujourd'hui, que tu is l'intention de faire ce que tu as dit ?• Non ?» le lui réponds un peu vivement : «A mon jour >t à mon heure, mais cela ne tardera pas.» Tex-iuellement ! Je lui ai répondu un peu brusque* lient. JE SUIS LA, SOIS TRANQUILLE ! Je t'ai dit que tu avais un défenseur; je suis à, sois tranquille, maintenant, ce sont affaires i'hommes. Nous retournons à la maison, il est une heure du une heure et quart, nous nous mettons à ta-3le. Déjeuner mauvais, il traîne. Je tire tout le temps ma montre, j'ai séance à deux heures et demie au Sénat après le déjeuner, le temps de prendre une tasse de café, je vais partir. Nous n'avons pu parler de rien. Elle me dit ; «Veux-tu me permettre de ne pas aller à l'ambassade d'Italie ce soir, je me sens tellement fatiguée.» Elle i à peine mangé au déjeuner, elle a la figure ravagée, elle est toute souffrante; mais, et cela devait m'enlever toute inquiétude de l'esprit, elle, me dit : «J'irai te chercher.» — «Tu m'enverras mon habit au ministère par mon valet de Chambre.» — «Oui, certainement.» Je pars, j'arrive au Sénat, j'ai emporté avec moi la vision de la physionomie de ma femme tellement déprimée que je vois un de mes amis, un des meilleurs, un de ceux qu'on trouve dans les périodes difficiles de la vie et qui font mentir te .proverbe d'Ovide. Je lui dis : «Ah I que je suis ennuyé de l'état de, santé de ma femme, j'en suis préoccupé, allez donc la voir, je vous en prie.» J'insiste, je reviens sur ce point, je lui dis : «Je vous en prie Ceccaldi, faites-moi le plai-=,ir d'abandonner un Instant vos affaires et d'aller voir ma femm*?, je vois qu'elle est tellement abattue qu'elle peut se livrer, non pas à un acte de désespoir sur quelqu'un, mais sur elle-même.» Je supplie Ceccaldi d'aller la voir. «L'ACCIDENT EST ARRIVE» J'arrive au Sénat, je monte à la tribune, -la bataille opère son effet sur mon esprit, une grande détente se produit. Il est six heures du soir, la séance est terminée Je me lève, je sors, je vais remonter dans ma voiture, mes amis sont autour de moi, j'amène l'un d'entre eux, Franklin-Bouillon, au ministère des finances, il y a différentes choses politiques dont il veut me parler. Nous causons. Un coup de téléphone, mon chef de cfibirjét .entre. il me. dit jl «Mon- 5 centimes le numéro b TrrSaa f Jeudi 23 juillet 1914 5 centimes le numéro lo 9 Jeudi 23 juillet 1914 5 centimes le numéro 58me année — ]\° 204 Jeudi 23 juillet 1914

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Dieses Dokument ist eine Ausgabe mit dem Titel Journal de Gand: politique, industriel, commercial et littéraire gehört zu der Kategorie Liberale pers, veröffentlicht in Gand von 1856 bis 1923.

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