L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam

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s.n. 1915, 24 Oktober. L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam. Konsultiert 28 November 2020, https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/de/pid/1z41r6p01p/
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* jLïîtiôe" ISf®» 366 S cents CIO Centimes) Dïmaiiciie 2<& octobre 1915 L'ECHO BELGE L'Union fait la Forcer •Journal Quotidien du matin paraisse à Amsterdam. Belge est notre nom de Famille. To^es les lettres doivent être adressée Rédacteur en Chel: Gustave Jaspaers. «u n"méro; ""aS'er à rAdmî^traîicîif"^2 aB bureau de rédaction: , = journal:N.Z. Voorlburéwal 234-240, Amsterdam N. Z. VOORBURGWAL 234-240, AMSTERDAM. Comité de Rédaction: 5 Bernard, Charles Herbiei, Téléphone: 1775. Téléphone : 2797. ( René Chambry, ïSnraile Painparé. Abonnements: Hollandefl. 1.50 par mois. Etranger fl. 2,00 par mois Annonces: 15 cents la ligne. Réclames; 30 cents la ligne. Les Tueurs de Femmes tfous sommes dans l'horreur. Elle débor-de'autour de nous, elle nous submerge, elle nous étouffe comme une vague de sang, chaude et fade. les massacres de Wallonie et de Lorraine, ja grande noyade de la ,,Lusitania' , 1 extermination des Arméniens et des Serbes, tout cela ne nous suffisait donc pas. Mais ces crimes néroniens — allons, prince, entonne l'hymne à Aegir! — ces grands crimes perpétrés sur des collectivités dépassent, en quelque sorte notre capacité émotive. Nous ne pouvons pas bien les sentir ni les comprendre. Et c'est pourquoi beaucoup ^ de gens dans les pays neutres passent à côté et disent: c'est la guerre. Ah! comme c'est facile de s'en prendre à une entité quand ce gont les hommes — des hommes — qui sont coupables. Car, s'il est vrai que cette folie de meurtre se manifeste à 1 occasion de la guerre, ces bains de sang inutilement vetrsé, ces viols suivis de tels supplices qu'ils ^feraient pâmer un marquis de Sade, ces fêtes monstrueuses du stupre cju'un Suetone même serait impuissant à decrire, non cela n'est pas la guerre, la guerre que peut anoblir l'épée sans tache d'un preux Bayard ou de la Bienheureuse Jeanne d'Arc. Mais il était donné aux Allemands d'avilir cette chose terrible qu'est la guerre, cette guerre qu'eux-mêmes nommaient fraîche et joyeuse. Ah ! quelle fraîcheur, et quelle joie surtout, comme on peut voir dans les rapports des commissions d'enquête belge et française. Cependant des neutres ont refusé de le3 lire; d'aucuns les disaient issus d'imaginations surexcitées, d'autres tout simplement se trouvaient incapables de les comprendre, enclins à ne point admettre comme existant ce que leur imagination ne pouvait concevoir. Pour la „Lusitania", cependant, il a fallu se rendre à l'évidence. Mais, dans 1 esprit de la majorité, la vision du grand vaisseau naufragé, d'où, s'élevait la clameur de deux mille malheureux voués à une mort sinistre, masquait celle du sous-marin d où. était parti le coup, fuyant entre deux eaux les lieux de son exploit. Encore une fois les esprits étaient à ce point accablés par ce forfait si l'on peut dire plus qu'humain qu'ils avaient perdu la faculté de réagir. Voici maintenant un assassinat simple, tel qu'il s'en juge plusieurs dans une session d'assises. Ceci, au moins, est à la hauteur d'une conscience vulgaire. C'est une femme qui a été assassinée, d'un coup de browning dans la tête, pendant qu'elle était étendue par terre, évanouie. Et pour rendre cet assassinat plus odieux on lui a donné 1 apparence d'une exécution après le simulacre d'un jugement. Cela s'est encore vu dans l'histoire, et les Allemands, encore une fois, n'ont rien inventé. Mais il s'agit d'une femme. Une femme... Elle aurait pu etre notre mère, notre soeur, l'etre où nous aimons à rassembler en même temps que les vertus le3 plus hautes tout ce qu'il y a de meilleur en nous-mêmes. C'était une femme dont l'admirable vie fut tout entière consacrée au bien, une de ce3 nobles creatures dont il suffirait d'une seule pour réconcilier l'humanité avec elle-même, encore aujourd hui. Est-ce donc parce que le monde ne peut plus être sauvé que les Allemands ont aussi tue celle-ci? Miss Cavell n'avait commis aucun de ces crimes que punissent les implacables lois de la guerre. Elle avait sauvé la vie à des Belges, à des Anglais, ses compatriotes. Devoir patriotique, devoir humain et si simple que le premier homme venu, un être de raison et de pitié, en eût fait autant. Nous savons qu'elle parla d'une voix ferme aux officiers qui la livrèrent au bourreau, un officier comme eux. Et maigre leur ame boche, sous leur uniforme boche, ils ont du avoir la perception précise et nette qu'il n'y avait là qu'un seul juge, cette femme qui leur parlait, debout, avec de la fierté dans le regard et un peu de mépris aux lèvres, ô très peu, celui qu'on a pour les malheureux qui ne savent pas ce qu'ils font. Mais s'ils ont eu honte, cette honte s'est muée en colère. Ils ont voulu se venger, bassement, lâchement, de ce je ne sais quoi qui faisait cette femme si grande en face d'eux qui se trouvaient si petits. Et sachant combien il y a loin de la coupe aux lèvres et qu'une grâce peut toujours intervenir avant la fin, ils se sont hâtés de mettre sur leur victime leur vilaine et sale poigne. L'officier qui commandait le peloton d'exécution a couru vers miss Cavell saisie d'une suprême défaillance. Il l'a ,,brûlée". Ce n'est que dans le vocabulaire des apaches qu'on trouve le mot juste pour une telle action. Et maintenant tout le monde s'émeut, de cette émotion qui est une des formes de l'étonnement. Etonné de quoi? On ne. croyait donc pas les Allemands capables de laire oe qu'ils font? Hé! puisse le monde plus avoir d'autres surprises, si le sang de miss Cavell est celui qui ne s'effacera plus de la main du meurtrier. Tout homme Voudrait y tremper son mouchoir pour le conserver contre son coeur et maudire la race qui l'a f^fc verser. Et moi, de mes Pauses mains, j'élève à la Haine un flam-•eau fioir. £har.ttts Bernard. Si y a un an! ££ octobre, 191/f.. Les Attemcmck progressent légèrement cuit nord de Dixmude et autour de, la Bassée, mais les alliés avancent à l'est' de Nie'Wport, dans la région de Lan-gemarck, entre. Armentières et Lille, entre Amiens et Chemines, vers JRozièrcs, en Woë-vrey et vers Pont-à-Mousson; à-l'ouest* de l'Argonne, les Français occupent Metzi-court. En Pologne, éohec complet du plan de von Hindenburg; victoire des Eusses sur le front PetroTcof-Radom. Mise sous séques- j tre des maisons de commerce et d'industrie allemandes et autrichiennes à Paris et, dans ! toute la France. La Convention de La Haye. Tout récemment le major Mohrat, le critique militaire allemand bien connu, écrivait dans le „Berliner Tageblatt" ce qui suit: ,,L'armée du général von Gallwitz est parvenue à se rendre maîtresse d'un certain nombre de points d'appui sur la rive droite du Danube entre Belgrade et les Portes-de-Fer, mais ce n'est pas leur occupation qui nous gardera contre les retours d'un ennemi extrêmement brave et qui lutte avec une énergie désespérée. Le terrain est difficile, les montagnes sont déjà recouvertes de neige, la population est experte à la guerre de francs-tireurs et les chefs de bande s'embarrassent assez peu des conventions de La Haye". C'est à se demander si les Boches sont stupides ou inconscients; ils doivent être les deux à la fois. Un Allemand faire appel à la convention de La Haye! Mais c'est du dernier grotesque. Cette convention que l'Allemagne n'a cessé de violer avec un cynisme déconcertant depuis le début des hostilités! Précisément en Serbie un des premiers actes posés par von Mackensen, lors de l'invasion, ce fut une violation de ladite convention quand il a donné l'ordre de bombarder les hôpitaux et les édifices I sacrés de Belgrade. Une centaine de juifs, pauvres naïfs confiants dans les lois de la guerre, et qui s'étaient réfugiés à la synagogue, ont péri lors de la destruction de ce monument. La Convention de La Haye! Mais il n'y a pas de jour où les Allemands ne la violent en Belgique. Von Bissing passe le plus clair de son temps à forcer les ouvriers, la menace à la bouche, de travailler pour l'ennemi. Or, c'est contraire à la Convention, dont nous nous occupons, et qui interdit en outre: „a) d'employer du poison ou des armes empoisonnées; b) de tuer ou de blesser par trahison; c) de tuer ou de blesser un ennemi qui s'est rendu à discrétion; d) de déclarer qu'il ne sera pas fait de quartier; e) d'employer des armes, des projectiles ou des matières propres à causer des maux superflus; f) d'user indûment du pavillon parlementaire; g) de détruire ou de saisir des propriétés ennemies, sauf le cas où ces destructions seraient impérieusement |com-mandées par les nécessites de la guerre; h) d'attaquer ou de bombarder des villes, villages, habitations ou bâtiments qui ne sont pas défendus; i) d'entreprendre le bombardement d'une place, sauf le cas d'attaque de vive force, sans prévenir les autorités; j) de détruire les édifices consacrés aux cultes, aux arts, à la bienfaisance, les monuments historiques, les hôpitaux; k) de livrer au pillage une ville ou une localité, même prise d'assaut". Il n'y a pas un seul des articles ci-dessus qui n'ait été considéré comme lettre morte par les Allemands. Les officiers du kaiser se font un titre de gloire d'ignorer jusqu'au premier mot de cette convention. Quand on leur objecte que l'Allemagne y a cependant apposé sa signature, ces soudards ricanent et il y a de quoi. Parler d'honneur, parler de signature aux teutons, c'est comme si on leur parlait iroquois. La preuve en a été donnée par l'homme au chiffon de papier!! — A la gloire de la Bs!gique L'anthologie composée par le littérateur néerlandais Jan Greshoff à la gloire de la Belgique vient de sortir des presses de l'éditeur S.. L. van Looy, d'Amsterdam. C'est un beau*volume, imprimé avec soin et avec goût, où un amateur délicat conduit le lecteur dans la galerie des belles oeuvres de nos écrivains depuis Charles de Coster et Pirmez, en passant par Max Elskamp, Verhaeren et Maeterlinck, pour aboutir à Charles Bernard, Jules Delacre et Louis Piérard. Et nos ennemis devraient lire avec soin ces pensées d'un neutre: ,,Combien généreux et nuancé, combien violent et superbement farouche, se reflète dans leurs oeuvres ce vieux peuple belge assoiffé de vie. La conservation de l'indépendance belge est une condition sine qua non de l'existence et du développement de cette vie intellectuelle si vivante et si spontanée... C'est seulement en pleine liberté, et combattant son combat moral et politique, que la Belgique peut conserver son originalité et sa vitalité. L'indépendance belge est donc .d'un grand intérêt éthique pop^r l'Europe." En Belgique. A Bruxelles. Nous sommes en mesure de publier des détails complémentaires sur l'assassinat ,,officier' de Miss Cavell, qui a fait grand bruit dans le monde entier. Il faut rendre hommage aux envoyés américain et espagnol et à M. Hugh Gibson, secrétaire de la légation des Etats-Unis à Bruxelles, qui tentèrent l'impossible pour tirer des griffes des Allemands l'héroïque miss Cavell. Le sang de ce nouveau crime doit retomber non seulement sur le conseil de guerre, mais aussi 6ur le nouveau gouverneur militaire de la capitale, le général von Sauber-zweig — dont c'est là le premier aote d'administration. Nous nous en souviendrons ! M. von Bissing n'est pa6 responsable du sang versé. H n'avait pas qualité, paraît-ii, pour intervenir. Voici les faits: ,M. Brand Whitlock, représentant du gouvernement des Etats-Unis, écrivait le 11 octobre à l'ambassadeur américain à Londres qu'il espérait que Miss ^Cavell ne serait pas mise à mort. Or, le même jour, il apprenait que la sentence avait été prononcée. Il envoya aussitôt une note au baron von der Lanckon, chef du département politique du gouvernement allemand en Belgique. Dans celle-ci, il soulignait particulièrement la sévérité du verdict: ,,J'apprends à l'instant, écrivait M. Whitlock, que Miss Cavell, une Anglaise qui se trouve sous la protection de mon ambassade, a été oondamnée ce matin, à mort, par le conseil de guerre." Il fit valoir quç la condamnée avait consacré toute son existence à l'adoucissement des souffrances de ses prochains et que dans son école elle avait instruit un grand nombre d'infirmières qui, par le monde entier, aussi bien en Allemagne qu'en Belgique, veillent à présent aux chevets des malades. A.u début de la guerre, Miss Cavell prodigua dos soins aux soldats allemands autant qu'aux autres. Sa mission humaine était d'une telle nature qu'elle devait inspirer de la compassion et assurer à Mis6 Cavell le pardon. A cette lettre, l'envoyé américain avait ajouté : ,,Je suis indisposé et je me sens ot> malade pour venir personnellement vous voir (ceci s'adressait au baron von der Lancken), mais je fais appel à votre coeur pour appuyer ma demande et éviter l'exécution de cette malheureuse. Ayez pitié d'elle." En même temps, M. Whitlock adressait un écrit conçu dans le même sens à M. von Bissing. Le Bureau de la presse anglaise publie actuellement un rapport détaillé de M. Hugh Gibson, secrétaire de la légation américaine à Bruxelles, qui a fait tous les efforts possibles pour obtenir la remise de l'exécution. Il a fait cette démarche en lieu et place de M. Brand Whitlock, indisposé, comme on l'a vu plus haut. Il ressort de ce rapport que le docteur Conrad, au nom du département politique allemand, avait donné l'assurance formelle à la légation américaine que celle-ci serait scrupuleusement tenue au courant des événements.Le soir, M. Conrad annonçait au secrétaire que la sentence n'avait pas encore été prononcée. Or, à 8£ heures, M. Gibson apprenait incidemment qu'à midi, déjà, la . sentence avait ete prononcée ! — preuve i que M. Conrad mentait effrontément — et ! que miss Cavell serait exécutée dans le courant de la nuit. Le secrétaire supplia l'ambassadeur d'Espagne de l'assister, afin d'obtenir un délai jusqu'à ce que le gouverneur général ait pi examiner le recours j en grâce du ministre des Etats-Unis. Tous deux se rendirent sur le champ au département politique. Le baron von der Lancken et tous les membres de son état-major étaient absents. A 10 heures du soir, à la demande de M. Gibson, le baron von der Lancken revint et reçut les diplomates américain et espagnol- Il affectait d'ignorer que la sentence eût été prononcée et feignit admirablement l'étonnement. — Comment, s'écria-t-dl, pouvez-vous prêter foi à des bruits qui n'émanent pas d'une source officielle? Il déclara qu'il était tout à fait improbable que la sentence eût été prononcée et qu'elle ne serait en aucun cas mise à exécution à bref délai. Au surplus, ajouta-t-il, je ne pourrai rien faire pour vous avant demain.M. Gibson insista sur l'urgence à apporter à la solution de l'affaire. Sur quoi, M. von der Lancken téléphona au président du con ■ seil de guerre. Ce dernier lui confirma les termes de la sentence. Les visiteurs insistèrent encore une fois auprès de M. von der Lancken, M. Gibson rappela la promesse de M. Conrad et fit tout ce qui était en son pouvoir pour sauver miss Cavell. Le baron déclara que le gouverneur militaire était seul juge en la matière et qu'un appel contre cette décision ne pouvait être adressé qu'à l'empereur, étant donné quo M- von Bissing avait un pouvoir limité pour la solution d'un cas aussi difficile. Mais le gouverneur militaire avait le droit cependant d'accepter ou de refuser le recours en grâce. M. von der Landken s'adressa alors personnellement au gouverneur militaire qui lui assura que la sentence avait été prononcée après mûre délibération et qu'il ne pouvait être question de grâce dans les circonstances présentes. Même après que le chef du département politique eût déclaré qu'il n'y avait aucun espoir de sauver miss CâVell et que l'empereur lui-même ne pourrait plus s'interposer, nous avons fait — a raconté M. Gibson — appel aux sentiments des Allemands. M. de Villalobar prit même à part M. von der Lancken et lui parla longuement. Les deux diplomates quittèrent le département politique peu après minuit. Deux heures plus tard, la sentence était exécutée ! Et voyez l'injustice de la justice boche : Me Kirclien, défenseur de Miss Cavell, n'a pas eu l'occasion de s'entretenir avec sa cliente. Aucun document du dossier ne lui fut soumis. Ceci, du reste, d'accord avec les règlements en matière de procédure militaire allemande. Miss Cavell a eu le courage d'avouer ouvertement, bravement. Elle reconnut, en présence d'autres prisonniers et d'avocats, qu'elle s'était rendue coupable des faits qui lui avaient été reprochés. Elle raconta même que plusieurs des soldats qu'elle avait aidés à passer la frontière lui écrivirent d'Angleterre pour la remercier. M. Gibson a surtout insisté sur le fait que miss Cavell avait été condamnée à mort, précisément à cause de sa franchise et de ses aveux. Rien n'y fit. Le jugement fut rendu en allemand, mais un interprète traduisit, en français, les éléments importants des débats. M. Gahan, clergyman anglais, fut admis auprès de la oondamnée quelques heures avant l'exécution. Il la trouva remarquable de calme. ,,Je suis heureuse, dit-elle, de mourir pour ma patrie". Nos lecteurs savent comment elle mourut, assassinée — c est le mot — par un officier allemand qui lui tira un coup de revolver dans la tête tandis qu'elle défaillait, à quelques mètres de l'endroit où l'exécution devait avoir lieu. * * * Le bruit court que sept mille Belges, âgés de 17 à 35 ans, auraient été emmenés en Allemagne. Ce chiffre nous paraît, quelque soit le bien-fondé de cette information, fortement exagéré et sujet à caution. Nous n'enregistrons donc que sous les plus extrêmes réserves cette nouvelle qui, si elle était confirmée de source autorisée, provoquerait une vive sensation dans \ù monde entier. Jusqu'ici, n'ayant pu obtenir des informatiops sûres, nous publions la nouvelle sans responsabilité de notre part, — et sans vouloir, la commenter. A Anvers;. Le 10 octobre, des aviateurs alliés ont jeté des bombes sur Hemixem. Le pont sur l'Escaut a été atteint. D'autres bombes sont tombées à Lokeren et à Termonde. Les dégâts sont importants. Plusieurs Allemands ont été tués et blessés. * * * Vingt et une personnes condamnées à do fortes peines de prison pour avoir transporté des lettres ont été déportées en Allemagne. Elles sont arrivées le 21 octobre à Aix-la- Chapelle où elles passèrent la nuit. * * * Le long de la voie ferrée Anvers-Bruxelles, les Allemands ont obligé tous les habitants à évacuer leurs maisons, lorsque celles-ci ne se trouvent pas à plus de quinze mètres1 du chemin de fer. A. S ê fi e. Les journaux du pays nous apportent des détails complémentaire» au sujet du procès en captation d'héritage de Lognay. Le testament olographe, qui fait l'objet du procès, était ainsi rédigé: ,,Je soussigné' Mme Eug. de Lognay, rentière, boulevard Piercot, à Licge, voulant reconnaître les services que m'a rendus M. Joseph Tixhon-FIéron, époux de Jeanne Fléron, demeurant à Fléron, déclare lui léguer tous mes biens immeubles, à la condition : 1. De faire célébrer en l'église de Beyne des obsèques de Ire classe et de me faire inhumer dans mon caveau, dans le cimetière de Beyne; 2. De fonder à mon intention et celle de mes parents un anniversaire dans l'église de Beyne. Liège, 20 novembre 1912. (s.) E. de Lognay." Le codicille s'exprimait ainsi : ,,Comme suite à un testament au profit de Joseph Tixhon, en date du 20 novembre 1912, je soussignée Eugénie de Lognay déclare qu'au cas où le dit Tixhon décéderait avant moi j'entends que les biens auxquels il aurait eu droit soient recueillis par ses enfants et les descendants de ceux qui seraient prédécédés par représentation de leur auteur. Liège, 6 décembre 1912. (s.) E. de Lognay." Les immeubles sont évalués à plus d'un million de francs. Les 45 héritiers légaux réclament la nullité du testament, se basant sur 95 faits qu'ils demandent à pouvoir prouver. * * * Malgré les ordonnances sur les drapeaux aux couleurs des nations alliées, quelques commerçants ne craignent pas de publier, dans les journaux du pays, des réclames ainsi conçues: ,,Fabrique de* drapeaux do tous pays." A la kommandantur, on se semt désarmé.... Aucune ordonnance ne peut interdire à ces honnêtes geRS ^exercer leur négoce^ A G a su d. (De notre correspondant particulier).. Le travail reprend un peu dans la grande industrie. C'est fort heureux, car la situation devenait vraiment critique dans notre centre industriel. En- dépit des efforts de ia section gantoise du Comité d'alimentation et de secours et des donations importantes consenties par les familles patriciennes, les industriels et les gros bourgeois, le chiffre des indigents augmentait avec rapidité.Le Conseil communal essaya d'enrayer le mal. Sur la proposition d'Anseele, des travaux furent entrepris, notamment à Port-Arthur. On put ainsi venir en aide à de nombreux ménages d'ouvriers. Le salaire journalier s élevait, en effet, à deux francs. La statistique vient d'être publiée du nombre d'ouvriers qui, d'autre part, travaillent dans nos grandes usines : La Lye emploie 3000 ouvriers, à raison de 16 heures par semaine, La Gantoise 2600, La Liève 1500, St. Sauveur 900, La Linière des Flandres 650 (douze heures), Feyerick (12 h.), Morel-Verbeke 600, ' Rey 350, l'Union Linière 400 (12 h.), Van den Bulcko 200, Grenier 100 (12 heures), La Manille 100 (24 h.), La Nouvelle linière du Canal 250 (24 h.), La Linière St. Pierre 100, A. Tollenaere 100 (16 heures), De Smet 75, La Filature du Rabot 400, Gallet 100 et Van de Walle 100 ouvriers. Beaucoup d'industriels ne peuvent garantir un nombre d'heures déterminées toutes les semaines. Mais il est heureux de constater que, pour les besoins de la Belgique, dans l'industrie du lin et du jute, 12,225 ouvriers peuvent trouver à s'employer. De ces 12,225 hommes, 350 travaillent 24 heures par semaine, 7625 sont occupés durant 16 heures, 1950 durant 12, 100 pendant 10 heures tous les quinze jours. Deux mille deux cents ouvriers chôment. Voilà pour l'industrie textile. Evidemment, nos ouvriers sont loin des salaires habituels. H s'en faut même de beaucoup, mais le peu d'heures qu'ils travaillent leur permet d'alléger la tâche des comités de secours et, d'un autre côté, ils s'occupent. Il ne faut pas, en effet, que nos ouvriers restent à ne rien faire durant des mois et des mois. Ceci dans l'intérêt même de notre industrie — après la guerre. D'autant qu'ici le travail s'effectue pour les Belges et que les Allemands restent étrangers à ce qui se passe dans nos fabriques.Les malheureux que la guerre a privés de salaire se trouvent poussés à braconner à présent. Ils pensent — avec raison d'ailleurs —- que les bois ne sont pas la propriété des officiers allemands, quoique ceux-ci y chassent et prétendent y chasser à l'exclusion de toutes autres personnes. Peut-on donner tort à nos braconniers improvisés? Devant les récriminations des ,,ober" de la 4e armée, von Unger (l'homme qui a faim), inspecteur d'étape, prétend punir dorénavant avec une sévérité excessive tous ceux qui se livrent au plaisir de la chasse. Jusqu'à présent, les délits de braconnage étaient réglés par les tribunaux belges. A partir de. ce jour, des juges allemands séviront. Pas de concurrence à MM. les officiers du kaiser, s.v.p. ! Or, ces juges, recrutés où? — on se le demande —, n'y vont point par quatre chemins. Ils ont ordre de semer la terreur et de mettre nos Flandres en coupe réglée, applaudis en cela par les embochés de la ,,Vlaamsche Pest", successeurs de Léo Picard et collaborateurs nouveaux des Do-mela et autre Minnaert — une jolie bande de cocos à mettre 60us les verrous lorsque la Belgique redeviendra belge. ,,Le Bien Public", lui, s'imagine que la domination allemande sur le pays est définitive. Il insère avec complaisance tous les papiers que la Kommandantur lui adresse. C'en est écœurant. Mais, pour de l'argent, il insère aussi des avis mortuaires du genre de celui-ci: ,,M. et Mme Achtergale ont la profonde douleur de vous faire savoir que leur fils est décédé subitement, à Bruges, à 3 heures de l'après-midi, samedi dernier".Ce nom vous rappellera la pendaison, à Bruges, en présence d'échevins de la ville (obligés d'assister à l'exécution), du brave lieutenant de marine Achtergale, fils de notre commandant des pompiers. Décédé subitement, dit l'avis. On n'ose même pas — tant la terreur règne — dire ,,exécuté". Pauvre Achtergale! Un vaillant, celui-là, dont le nom ne doit pas être oublié des Gantois! Quant au service d'espionnage allemand, il fonctionne toujours à merveille. La police est dirigée par un Prussien bon-teint, le hauptmann Heinz (57 variétés, comme disaient les réclames d'une marque de concombres et de sauce tomate du même nom). Dans Se Mairmut. Un vif mouvement de colère s'est manifesté dans tout le Hainaut lorsqu'on y apprit la condamnation à 15 années de or a vaux forcés de MM. Georges Derveaux, Albert Libiez et Herman Capiau, personnes très sympathiqUement connues au Bo-rinage.M. Georges Derveaux, pharmacien à Pa-turages, e6t trop connu de tous les Borains pour qu'il faille insister sur l'oeuvre patriotique de ce brave qu'une condamnation allemande vient d'honorer. M. Albert Libiez, avocat à Pâturages, est le gendre du docteur Van Hassel ; il figure parmi les fondateur du journal ,3La Province" de ivions. yuant a M. Herman Capiau, ingénieur à Hornu-et-Wasmes, il est le fils du directeur de la galvanisation de Point du Jour à Jemappes. Au Luxembourg, Les aviateurs alliés ne chôment pas. Ils ont entrepris un raid audacieux sur le Luxembourg belge. A Marche, ils jetèrent des bombes qui tuèrent 13 Boches et en blessèrent huit! —-—* -lia ■ Uns Démission. Nous apprenons de source diplomatique que M. Louis Strauss, échevin de la ville d Anvers, a donné sa démission d'agent royal et consul général de Bulgarie en Belgique^Ceci pour confirmer l'information que nous avions déjà donnée et pour démentir les bruits malveillants dont certains journaux s'étaient fait involontairement l'écho. — Lettre d'Italie Pages de folî© eî de scepticisme dans [o journal d'un officier autrichien. Du front italien. En songeant à l'existence des tranchées il arrive souvent qu'on songe. „A quoi ces emmures passent-ils leur temps ? Qua peuvent-ils tien «aire ? La solitude ne leur est-elle pas une conseillère de folie?" De folio surtout, lorsque le soldat Be sait au service d une mauvaise cause, ne conserve plus d illusions sur l'issue de la lutte et est assez intelligent pour comprendre l'inéluctable fatalité qui l'accule à la défaite. Il peut y avoir dans la monotonie même de 1 existence des tranchées uai élément enivrant. Le soldat sait que chaque minute de patience est un poids infime ajouté dans la balance qui pèse la victoire. Il a la conscience de ool'laiborer du fond de son trou a l'oeuvre de la libération des peuples. Mais le soldat allemand ou autrichien sans illusion, celui qu'une „Wacàt am Rhein" ou la vue d'un des innombrables fils de 1 empereur ne suffit pas à griser, et qui voit froidement les choses, celui-là souffrira dans les tranchées, plus encore moralement que physiquement. Son attitude mentale ^ sera ou le désespoir, ou un je-menfidhisme sombre, une , ,galgenihumor ' ' (la gaieté du condamné à mort). Ces deux dispositions semblent avoir été successivement celles de l'officier autrichien dont le journal, allant du 13 juillet au 11 août, a été ramasse dans une tranchée conquise et m'a été communiqué par un officier italien. L auteur écrit un allemand plein de fautes et se dit Slovène. Son-patriotisme est d'ailleurs des plus minces. Ecoutez plutôt: juillet. Pas meohe de tenir tête aux Déport italiens avec nojs tuyaux de poêle hors d'usage. Ces Déport doivent être une chose terrible. Je n'en ai pas la moindre idée. Nous avons bien quelques pièces de 305 et le reste n'est qu'une machine à faire du bruit. 15 j u i Ile t. Les Italiens chantent dans les tranchées. Est-ce-pour se donner du courage eu parce qu'ils ont des âmes de choristes, ,même1 devant la mort? 18 juillet. Ouf! J'ai dormi deux jours. On dit que Haine (probablement un des amis de l'auteur) s'est tué. Il était fou de peur. On l'enterre au carrefour. ,,Sera enterré dans le carrefour celui qui s'est suicidé, dit son grand homonyme Heine, le seul poète qu'aient jamais eu les Allemands. Goethe était un Allemand et c'est pour cela qu'il n'était pas un poète. On vous dira que c'était un philosophe." U y a plus de philosophie et de poésie dans une strophe du Petit Testament de Villon que dans tout le Faust. Pauvre Haine, tu as été un âne! Que n'attendais-tu un éclat d'obus. Aujourd'hui grêle. Les Italiens tirent de façon incroyable. Je crois que les cheveux de nos soldats dans les tranchées vont devenir blancs. 19 juillet. Les'Italiens sont tous toqués! Est-ce ainsi qu'on tire? Il paraît que pour nous cela va plutôt mal. 20 juillet. Aujourd'hui, anniversaire de Lissa!!! Ce que je m'en f... {ehe! Banquet, Champagne, Wacht am Ehem, messe, triple Hourra! Le major est ivre comme une truie, et vomit comme un étudiant. Le patriotisme est une belle chose! On m'engueule parce que je ne suiis pas patriote, pardon je suis Slovène. J'ai passé mon enfance à Vienne, mon adolescence en Bohême, deux ans à Budapest, trois en Suisse et deux à Paris, avec tout cela il faudrait être un patriote autrichien. 2 1 juillet. Les Italiens perdent toute pudeur ! On n'est plus à l'abri nulle part. Que le diable les emporte. Le major m'a félicité. Il paraît que je me suis très bien comporté devant l'ennemi! Et j'aurai une médaille. Mais celui qui dit que j'ai du courage est un imbécile. A moins que ce ne soit la même chose d'avoir du courage et ne pas avoir peur. Je n'ai pas peur! C'est une qualité négative! Mais allez demander de la psychologie à un major. Il suffit qu'il soit oenologue ! 22 juillet. Cette nuit je dois relever les honveds du 1er régiment. Il paraît que tout sa bien mal. Les Italiens ojit fait pri-

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Dieses Dokument ist eine Ausgabe mit dem Titel L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam gehört zu der Kategorie Oorlogspers, veröffentlicht in Amsterdam von 1914 bis 1918.

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