La chronique: gazette quotidienne

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s.n. 1914, 26 Januar. La chronique: gazette quotidienne. Konsultiert 19 September 2019, https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/de/pid/rb6vx09f9q/
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Lundi 86 janvier 1914. — Edition A CINQ CENTIMES LE NUMERO. POUR TOUTE L'A' BELGIQUE 47» anuée. — N» 3Si LA CHRONIQUE BUREAUX S et 7, Galerie du Roi (Passagfy/Saint-Hubort) ■RUXELLI* GAZETTE QUOTIDIENNE TÉLÉPHONES #■ Administration ; N* ? S91r, Rédaction : N* 140§ a ABONNEMENTS : Brgxellhs : 12 francs par an — 6 francs pour six mois ; — 3 francs pour trois mois. La Province : 15 francs par an; — 7 fr. 50 pour six mois; — 3 fr. 75 pour trois mois. Tous pays do l'union postule. 30 fr. par an. — Hollande et Grand-Duché do Luxembourg', 20 fr. par an. . i7i~iTii~i i"~TTi"î~ Iii ' — I rr FONDATEUR : Victor de la HESRAYE RÉDACTEUR EN CHEFÏ Jeaa d'ARDEME ANNONCES : page 30 cent, la petite ligne. — Réclames (après les spectacles), \ fr, la ligne. — Faits-divers (corps), 3 fr. la ligne et faits-divers (fin), 2 fr. la ligne. — Nécrologies : 2 fr. la ligne. — On no garantit pas les dates d'insertion. La publicité commerciale est exclusivement reçue à l'Agence-Réclamc Godts,2, place de la Bourse, à Bruxelles. Tclcph. A. 3299 La publicité financière, les petites annonces et les nécrologies sont reçues aux bureaux du journal, 5 et 7, Galerie du Roi. La " chronique „ errante DE SPA. Ma foi, j'ai bravé les rigueurs -de Ja sa son — autant celles-là que .d'autres, puie qu'on est toujours obligé de braver quelqu chose, si ll'im vent 'vivre, — pour venir ic: dans do tout pays, voir comment va la bc 60gne de nos vandales ordinaires. Bile va bien. {1 y a belle Juliette que mon (regard ai trist-é en suit le progrès, en oe coin de Spa mon coin 'matai, où la nature 'révéla sa beaut' à mes yeux d'enfant et subjugua mon ilrn alors qu'eille s'ouvrait aux impressions ,pre mières. Depuis oos ltean.ps foin'teiitas, je vous Jaissi à pen'ser ce <ru'on 'lui ia fiait isubir, à cetti beauté !... ,Et ce que mon aine a en à «oui fiir!... lEtce queimes yeux ont eu de raison: de se détourner avec dégoût !... * ' ♦ Or, bonnes gens, voici le dernier numért - eu perspective — de cette série d'igno Mes traitements dont a été victime ce Spj ilautrefois, fréquenté ipar tout ce que l'Eu Tope comptait d'illustre, livré aujourd'hui t m régime quii semble. 'vouloir accumuler mé 'ait sur anôlait ipour Uni ûteir graduellement k itanme .susceptible d'y attirer les visiteurs. On via supprimer une .double rangée d'ar-ires M'amorce de l'avenue du Marteau, jus-ju'au pied de lia rampe de la gare. C'est l'en-rée de SSpa Jxioalisée, dénudée, un spécimen le vandalisme supérieur, à la fois étonnant :t révdlkiint : d'esprit en reste confondu tout llaibond et se refuse à admettre qu'il ait pu ntrer dans les cojieetptiions de bipèdes rai-onniaibles.'Cette entrée de Spa fut toujours accueil. Mite, et c'est, ce .caractère qu'il s'agit de lu: onserver à itout prix. Or, on s'apprête à le ui ôter en grande 'partie. — Oui ça? interrogez-vous. L'administra-ion communale, chargée de sauvegarder tout e qui 'constitue .la beauté et .les éléments 'attraction de notre ville d'eaux, n'es!t-elJc «s là ipour empêcher ces -opérations désastreuses?— Elfe est ;là aussi, garait-il, pour les fa-orrscr à ,l'occasion, puisque c'est en vertu e sa décision .que ceibïe-ci va s'accomplir. Voilà qui a l'air d'une mauvaise plaisan-îrie. C'est malheureusement sérieux. Je ne sais à qr.els inavouables motifs cor-espond, en réalité, ce projet de /massacre nbécile; ceux qu'on invoque pour Je jus lier sont ridicules. La commune besogneuse S combien !) [recherche toutes .les occasions e céder à d'Etat quelque ibribe de" ison do-îaine, — avec les 'chargea qui on résultait. Ilte Jui a cédé naguère toute la partie gau-he de it'ia/venue {on sait que cette avenue st triple et ombragée par quatre rangées 'arbres), ceflle qui s'allonge de la gare à larteau. H s'agit aujourd'hui de lui faire eprendre les deux à trois cent mètres qui estent. iGeia commence .immédiatement près 'l'hàtal de la .. Chaîne .d'Or », pour finir, omme je Ile disais, à ila :rampe de lia gaire. I y la Hà une quaranlaine d'arbnes, disposés ur deux rangs, qui ne 'peuvent gêner per-onne, puisqu'ils sont .suffisamment éloignés es maisons qu.i bordent ce côté de l'avenue, [s forment, à l'entrée de la ville, une parure ont celle-ci ne .peuit être privée sous au-uu 'prétexte. Pour justifier un .pareil vanda-snie, il faudrait des raisons qu'il est v.rai-lent impossible d'.imaginer. En fait «le maisons, on ia trouvé oeci : l'Etat lire de reprendre encore cette portion de oie communale et de pourvoir à 'son entre-en; on y mettra iin beau pavé, .qui conduira •la gare. Mais, ipouir mettre le pavé, il faut uo les arbres disparaissent, MM. les pia-euTs officiais in'aooeptaiit de ifcnavailler que te un terrain débarrassé de tout abstaale... 'Ce qui revient à dire que l'Etat — aujour-hui grand iprotecteur des sites, je vous pli e e le remarquer, — itmiposerait à la commune e Spa, pour une question de pavage, une audition aussi tstu.pide qu'attentatoire à la eauté .du déoor spadois. S'il en était ainsi, ! n'y aurait, ipour la commune, qu'une hose à faire : rompre toute négociation et arxler son bouit d'avenue. Le pavé, d'ail-ïni's, n'a qu'une importance très secon-'"ire. L'important est de conserver les ar-ires. Et un macadam bien établi et entre-enu supprimerait tous les inconvénients '°nt on peut se plaindre. Mais il n'y a là lu un misérable prétexte inventé, puisque Etat, lorsqu'il reprit il y a quelques années 1 plus grande partie de l'avenue, s'est en-précisément a ne 'pas toucher aux ar-**» 1ui la bordent. Telles sont les joOies choses qui se rnani-lancent, à %a, en ,1'iabsence de M. de Crawlez, le bourgmestre 'qui, en prenant le pou-*®r, nous donna tant d'assurances quant au 'Wpect dont allait être l'objet, sous son ad-|M»istratioh, tout ce qui constitue Ja beauté 1,1 «te. J'ai grand peur que M. de Crawliez, [.son retour, ne trouve ,l'entrée de sa bonne « lamentablement ?aibotée. p. * * * ^eu de gens connaissent le S.pa d'hiver, le-|uel présente un contraste saisissant avec ai viUette en son nid d'été, animée par les '«tes que la belle siaison y amène. Ses ru.es certes et silencieuses, ises édifices clos, les ^nes du paysage 'visibles à travers les ar-dApou» de ses promenades et de ses « unes, les laideurs que la bâtisse moderne ® '"i a point épargnées et que rien no dis-nule pins, les horreurs de l'affichage in-nsif et, .,]es ^clames polychromes qui s'éta-f}.dan» les coins, l'aspect hétéroclite ««proportionné que prennent, en cet aban-n, les choses 'actuellement sans .emploi, les j>oms auxquels elles répondent ayant cessé _ , Juslîu'au retour de la sa.ison prochaine, M <:on'!'ibue à l'étnangeté d'impression 'elui pjVi3'''eur y trouve en des jours comme im-ff' ;le.«% sans douite, de tous les e.n-u )ls. similaires, qui ont une clientèle d'été. jiw'V011 ''"iPression s'aggrave, si l'on songe »m™£.a,i^a5'a®t la ressource qui fit .sa plus'.* depuis le dix-huitième siècle, n'a C0ÎIipter que sur ses attractions nafn- Or, colles-ci me paraissent plus mal livré J qu'elles ne le fuient jamais — et Dieu sait J je îles ai connues ein de pitoyables mains ! Les affaires publiques, en matière .d'est! tique naturelle, semblent menées par d gens qui auraient pour mission d'éloign les visiteurs au lieu de les attirer. Non se 6 lement on abat des arbres (il is'agit .d'en s crifter encore toute une rangée sur la « pr ' menade des Anglais »), mais ceux qu''t n'abat point sont livrés en ce moment ai élagueurs de la bonne vieille ôeole, .persi tante unalgré tout, qui, férocement, cogm ■au poing, se ruent sur les maîtresses bna 1 ches, taillent à tort et à travers, ouvre: ' d'iioriùbles plaies béiantes sur les troncs v ' néraibles et détruisent toute la gràoe des s. houeltes que la nature avait formées. , Je suivais hier d'un oeil intéressé ces op * rations pratiquées sur îles arbres de l'iavem qui mène .de l'ancien Waux-H'all au chemi de la Sauvenièro. C'était vraiment édifiant. Jean d'Ardenne. Billet parisien (De notre correspondant particulier) A LA CQTE D'AZUR Paris, le 25 janvier. Au fait, c'est, ce qu'il a de mieux à fairi M. Poinoaré, s'en ailler. S'en aller, non pu tout à fait comme voudrait Clemenceau, s'e aller à la Côte-d'Azur, à la veille des élec lions. Oa im a choisi là-bas le coin certa: •pâmerai le mieux abrité de la Riviera fran çaisQ, celui où non seulemenit l'oranger lieu mais où la banane mûrit. Quand il ar 'rivera à Eze, je conseille à M. le préside'! "•l'ailler en face la gare, chez Baume, l'adjoio au maire et le patron de l'unique hôtel d lieu; il trouvera dans la cour un beau bana nier lourd, d'un « régime » sérieux et qui es l'orgueil légitime de Baume. Il trouver aussi, s'il veut monter jusqu'au vilJag, d'.Eze, juché sur un pic, la trace des vertu sportives de Du.mont-Wilden et de la vail lance d'Arthur de Rudder, qui arriva à Eze mais à quatre pattes. A Eze, le présidant aura pour voisin' S. A. I. M™ la grande-duchesse Anastasi de Miecklembourg, russe d'origine et mè.r< de la kronprinzessin d'Allemagne (qui pass; toute son enfance à la Côté-d'Azur). U grande-duchesse aime les aviateurs et ne rati pas une exhibition d'aéroplane; ce sem ui joli sujet de conversation avec le président plus commode que le gendre de Berlin. Li gronde-ducliesse ne le voit pas souvent, ci gendre. Et le .président devina bien recevoir le ro de Wurtemberg, logé incognito au cap Mar tin, et les Sa.ve-Meiniagon, beauJi-ère e isoeurs de Guillaume II. La Côte-d'Azur es bien disposée, comme on voit, pour les con versa,lions à côté de la diplomatie, où Poin caré — qui vient de dîner à.l'ambassade d'Al tanagne — me parait vouloir suivre un pei l'exemple d'Edouard VII. Mais que dire Clemenceau? 'Clemenceau grognera. Et .puis? Il admirai Edouard VII; il détestait Léopold II. C'est ut homimé qu'il faut laisser grogner. 'La ,mort de Picquart et de Pressensé, aprè: caltes de Zola, Bernard Lazare, Duclaux. Trairieux, Scheurer-Kiestner, laisse Clemen icaau à peu près le dernier des grands pro tagonistes de l'affaire. Il s'en va, lui aussi malheureusement, sans qu'on sache — au trament que par des boutades parfois contra diotoires — son sentiment sur une si g,rav< aventure. Au moins, Pressensé, qui a:vai trouvé son .chemin de Damas sur la roule d< l'Ile du Diable, y persévéra-t-il avec un no ble entêtement. C'était insupportable d, conistatar si souvent que .cet homme était ui juste... .Mais Picquart, ce Strasbourgeois, on n'E pais remarqué qu'il ait poussé à leur extrême conséquence les doctrines dreyfu'sistes quant il eut le pouvoir et le commandement. Ar liste et musicien et philosophe et journaliste «t orateur pendant dix ans, il paraît ensuite n'avoir plus voulu être que soldat. Des gen» de lettres qui eurent avec lui des rapport: •d'urne intimité cordiale le retrouvèrent plus tard bien cluamgé et bien froid. Hier, sa fa, mille refusait .des obsèques nationales, el tout fait croire qu'aille oJjéissait ainsi a se; suprêmes désirs. Ainsi y a-tiil des drames imprévus et de; revirements, louables d'ailleurs, chez ceuj qui accèdent au pouvoir. Voilà le ministèn Doumergue-Oaillaux, ardent défenseur de k loi de trois ans, que ses membres en màjo-rité ont .combattu. Si bien qu'on pourrait le.-combattre aux élections prochaines en affi chant le discours que vient de prononcer k ministre do la .guerre .Noulens. Il s'earsuit un changement de figures comme i/1 y en a dams les quadrilles. Ce ,pro gramme est à moi, diront les uns; non, il esl à .moi, répondront leurs adversaires... Le .président a bien raison de s'en aller er avril a ,!a Côte-id'Azur. Si tout tourne au plus mxiil, il en sera quitte à. renouveler son bai pour 6 ans; Rambouillet, Eze, Fontainebleau l'Elysée, Compiôgne et la maison de Lor Qiaiine, voilà de quoi distraire un homme qu'on voudrait embêter. Bilboquet. Au jour le jour LA POLITIQUE Nous ne saurions trop le .répéter : uni ' des meilleures qualités de l'iiommi y\j politique est de sjaivoir comprendre li sigmificaition de certains'faits, peu im portants au premier coup d'oeil. Ce devrai être aussi lia .qualité de tous ceux qu'intéress< la marche des affaires publiques. Ainsi, voilà une question qui semble, ai premier abord, n'avoir aucune relation avec la politique : nos chemins de feir sont ma organisés. Las journaux font une enquêt* sur cette situation, et qulapprenons-nous? I est vrai que '!e désordre règne dans eatti admiras!ration, comime, du reste, dans 1; plupart, de nos services publics. Et. la oaus. en est que l'autorité hiénairchique se trou.vi constamment mise an échec -par Jes recom mandations, te mfiuenceis de l'élément oléri cal. Si bien qu'une circulaire ministérielle i dû faire cette déolaration, qui est aussi 1 plus cynique des aveux : « On ne tiendra plu aucun compte des itramïTKmiiati'ons politi es ques ou autres... « Et un journal mints'térk si ne 'fiait aucune difficulté pour convenir qu si les recommandations polit iques sont cotlo é- des membres des droites, les « autres » son Ss celles des membres du clergé. Déjà, on es î-r arrivé à ne plus .pouvoir gouvenrer ave u- celte toute-puissance oléricale usurpant la; a- .pouvoirs pouir les détruire et les vicier. 0- C'est pourtant cela qu'il s'agit de réalise >n .au Congo ! Là aussi, il .faut que rien u ix vienne k contrarier » l'action des Congréga s- liions. Et, ici .comme là, ce doit être au pri] ie du principe .même du gouvernement complè 1- itemeot annihilé par l'usurpation constant* ît de l'élément clérical. è- Le pays et sa colonie seront à jamais dé .1- chus dans leur fonce intime et leur prospé, rité si ce pouvoir démoralisateur des cléri i- eaux devait perdurer. el " PETITE CHRONIQUE Regarda en arrière 26 janvier 1911. — Mort, à Londres, de sir Charles Dilke. Hier, dimanche. Malgré les belles journées d'hiver, malgré les plaisirs du patinage si longtemps perdus et retrouvés cette année, à la grande joie des miililiers d'amateure de ce sport, — on commence tout de même à en avoir assez du froid ^ persistant; on demande au Ciel un peu plus .j de clémence.dût-on le payer par un peu moins _ de pureté... Et puis, il faut songer aux misé-_ reux, dont la pénible situation ne fait que . s'aggraver de jour en jour . Le Cie/l .a <l'air de vouloir écouter cette prière; - la détente s'annonce; l'air s'adoucit; déjà le t thermomètre exécute un léger mouvement au-t dessus de zéro... J Estice le dégel pour demain?... f Dégeï. ^ C'est le dégel ! Mais un dégal 'discret, sans ; débâcle, en beauté. Nous n'avons pas l'odieuse ^ pluie noyant la neige, emportant les pâtés de glace... Simplement,avec toujours le ciél clair, «le soleil, et une température de quelques de-^ grés, autour de zéro, le vent oscille, du } Nord-Ouest au Sud-Ouest... Et tout' est ; là ? Ce n'est plus le vent dur appor-i tant, des steppes, l'influenza ; le vent i gjla.ciaJl, sec et coupant, comme la mort ! qu'il sème, arrivant de l'Asie centrale, du «toit 1 du monde », comme disent les T-hlbétains. 1 C'est le souffile vivant et sapide qui conserve , l'arôme marin, comme une haleine de femme. Touifc notre Occident vit de ce rapport a.vec I -la mer qui, par le Gulfstream, lui apporte jus-, . qu'à la chaleur. C'est pourquoi, malgré qu'il [ l'asse froid, encore très foid, que les braseros t soient toujours les bienvenus, et que l'on con- j timie de patiner à force, l'air a repris sa douceur vivante, ce charme excitant qui fait rêver au printemps proche, malgré les glaces encore puissantes, les neiges non encore fondues.Au pays de l'éloquence. Dans les assemlées publiques, il y a deux , sortes de gens : ceux qui ont quelque chose à dire, — et qui le disent; ceux qui n'ont rien . à dire, mais veulent — quand même ! — faire . du bruit. MM. SchoUaert, président de la Chambre, • et Ad. Max, président de notre conseil municipal, connaissent admirablement cet état d'esprit de nos mandataires.Tous deux en «jouent» avec une amusante virtuosité. L'autre jour, au Parlement, les plus diserts | de nos honorables interrompaient à tout instant le discoure de M. Troclet, sur la question des langues. Le président les prévint sur un ton aigre-doux : « Parmi les interrupteurs, il en est qui sont inscrits : je leur décompterai toutes les minutes pendant lesquelles ils parlent I » Immédiatement, il obtint le si/lence le plus absolu. Quelques jours auparavant, M. Brabandt au conseil communal de Bruxelles interrompait ; sans cesse les « orateurs ». M. Max, très pince-sans-rire, le regarda et lui dit : « M. Brabandt, si vous avez quelque chose à diire, je vous inscris...! » Le crayon de M. .Max est resté inactif ! 6^=9 Le titre apparent. Faut-il croire ique les « habiletés » ministérielles ne sont 'pas réservées à la politique, mais s'étendent aux iplus humbles détails administratifs ? On sait fla circulaire récente excluant du tarif coutumier les journaux qui ne seraient pas plies le titre apparent. Elle parut si abusive, que des confrères cléricaux protestèrent. Et comme il sied, îles journaux cléricaux furent entendus. On déclara que le ministre avait ordonné une large tolérance. Il parait que cette largeur n'est pas suffisante, car nous continuons de recevoir journellement des plaintes de nos lecteurs, frappés de surtaxes pour avoir voulu envoyer tune « Chronique » . en 'province, sans exposer le destinataire aux foudres d'un bon curé. La torture téléphonique. On a lu l'aventure de oe juge américain empêché de venir à l'audience correctionnelle et rendant son jugement par téléphone, après avoir interrogé, par la même voie, le prévenu. Un journal propose la généralisation de ce procédé. Ingénument, il suggère ce qui suit : L'usage du téléphone aurait un grand avantage : il abrégerait les plaidoiries. On ne se représente pas nos grands harangueurs judiciaires développant leurs périodes et secouant leurs larges «manches devant Ja plaque vibratoire, avec un récepteur à l'oreiirfe. Que de temps économisé ! Le téléphone oblige à la concision : juste les -mots indispensables, rien que les arguments utiles et Jes renseignements précis. Notre confrère fait montre d'une belle candeur. Un avocat décidé à parler «parlerait n'importe où, devant n'importe qui,.sans supprimer une syllabe de son discours. Bien plus : les plaidoiries téléphoniques seraient ipilus longues -que les autres : car le téléphone ne peut pas donner de signes d'impatience, ni bâiller, ni dormir, attitudes toujours un peu déconcertantes et forçant à la concision le plaideur le plus déterminé. Cr^s> Fleurs de style. C'est dans l'académique a Bien Public», qui - reproduit un article de la « Tribuna ?, dépê- 1 che envoyée à celle-ci par son corr'espondanl -, d'Albanie. Ce dernier nous dépeint le peuple , albanais, « étrange gent amorphe aussi astu-j cieuse qu'ingénue, aussi enthousiaste qu'in-^ quiète, qui n'est pas encore revenue de l'éton-. nement de se trouver libre, qui prépare d'une . main des ares de triomphe au nouveau roi qu'elle attend, et reçoit de l'autre des ordres . et des fusils de ses anciens maîtres ». Nous connaissons tous le monsieur, qui lit d'une main son journal et de l'autre écoute ce . qu'on lui dit. Sans aller aussi loin, la gent albanaise, qui .prépare d'une main des ares de triomphe et reçoit de l'autre des ordres et des fusils, nous semble avoir des mains de dimension et faites aux besognes les plus diverses. Conversations désagréables. Il n'est pas nécessaire de fréquenter le monde pour connaître des moments où une conversation désagréable n'ayant pu être évitée par la maîtresse de maison, chacun éprouve l'impression d'un froid, un froid que le chauffage le plus central (si on peut dire) ne réussit pas à dissiper. ...Et, sans repas à la clef, la chose vient de se produire pour la Belgique, du fait de cette stupide affaire Caillaux. On sait qu'un des plus grands journaux parisiens, un de ceux dont la documentation semble infaillible,vient de révéler comment M. Caillaux, « embêté » par l'Allemagne, eut cette idée : pour apaiser l'insatiable ogre au casque à pointe, îl mit la conversation sur le droit de préemption de la France au Congo belge et ne s'arrêta pas même à ce droit... 'Evidemment, c'est de l'histoire ancienne. Depuis, M. Caillaux s'est mieux rendu compte des nécessités diplomatiques, et il nourrit, à l'égard de toutes les puissances, même des plus petites et des plus voisines, les meilleures, intentions. Mais lorsque ce même coup, avec cette fois, comme enjeu, la Belgique même, fut (dit-on !) risqué par Napoléon III, on nous déclara que c'était là jeux de princes, en horreur, à une « république républicaine ». Vous jugez, s'il est ennuyeux de voir un ministre de celle-ci répandre la fâcheuse recette, et si nous sommes heureux de voir nos bons voisins faire, à ces révélations, une sorte de conduite de Grenoble. Nouvelles à la main Un papa fait part de ses ennuis ù Guibollard. — Avec toutes leurs lois scolaires, leurs inspecteurs ecclésiastiques et leurs mesures ànciui- tonales, on ne saura bientôt plus dans quelle école ou pourra placer ses enfants. — Ma foi, répond Guibollard, moi, j'ai bien envie de mettre mon garçon dans un collège électoral. La poste ûans_les casernes Dans sa fièvre de réorganisation — ou de désorganisation, si l'on préfère, — Je cabinet du ministre de la guerre avait supprimé, l'an dernier, les facteurs militaires, sous (prétexte ide rendre ainsi disponibles ,pour (le service une quarantaine /de sous-officiers. Depuis lors, fies 'facteurs icivAls apportaient la correspondance Idans les icasernes, la déposaient au coups de garde où, dans chaque compagnie, le caporal de semaine venait la prendre, pour la remettre aux intéressés. Ce système, comme on n'avait ,pas manqué de le prévoir, ne pouvait aboutir qu'à des mécomptes. C'est ainsi qu'une récente circulaire nous a révélé qu'au seul camp de Beveilloo, et pendant un seul trimestre, -plus de neuf cents lettres n'avaient pas été remises à leurs destinataires. Comme beaucoup d'entre elles contenaient des man-dats-.postes, la négligence frisait l'indélicatesse et ipouvait causer de véritables drames. Vous croyez, peut-être, que, reconnaissant son erreur, le cabinet militaire — puisqu'il s'intitule ainsi — a décidé de rétablir les facteurs militaires du bon vieux temps, grâce auxquels tout allait pour le mieux dans la meilleure des casernes? Erreur profonde ! III vient de .prescrire qu'au lieu des caporaux, ce seront dorénavant les sergents de semaine qui auront mission de remettre la correspondance aux hommes de leur compagnie. A l'arrivée du facteur civil, le clairon ou la trompette de garde sonnera aux dits sergents, qui viendront recevoir les cartes et colis postaux des mains du faoteur. Ils devront toujours être porteurs de la liste d'appel de leur compagnie et s'assurer que les plis qu'on leur remet sont bien destinés à un homme de celle-ci. Ils seront personnellement responsables de la îemise de la correspondance en mains propres, et la circulaire invite les chefs de corps à sévir rigoureusement contre les sergents coupables d'erreurs. Les hommes, de leur côté, sont- tenus d'inviter ceux qui leur écrivent, à libeller -très exactement l'adresse : nom, grade, numéro du régiment, du bataillon et de la compagnie! Cela fait songer à ce bourgmestre qui invitait ses administrés à prévenir les pompiers, autant que possible, la veille d'un incendie... Courte-line n'eût pas trouvé mieux. Et voyez-vous nos nourrices et nos bonnes d'enfants obligées d'écrire, sans la moindre erreur, une adresse portant le nom, le titré' et jusqu'au numéro .matricule du « piou-piou » de leur .cœur, pour que leur tendre missive arrive à destination I Au surplus, le cabinet si extraordinairement militaire s'est-j! demandé ce qui arrivera quand les sergents de semaine seront à l'exercice à l'heure où se présentera le facteur civil? Ou bien les chefs de corps devront-ils régfler l'emploi du temps d'après les heures de distribution des lettres ? Il ne faut pas être grand prophète pour prédire que les sergents de semaine n'auront pas plus de succès que les caporaux, malgré Jes | punitions, dont on va les accabler pour faire plaisir au ministre. Il ne restera plus qu'à charger Res officiers de remplir le rôle de facteur ; tâche délicate, qu'on pourrait inscrire au programme des épreuves pour le grade de major, par exemple... Vous direz qu'il eût été si simple de rétablir les facteurs militaires, et de n'employer qu'«un» sous-officier par régiment à une besogne que l'on partage actuellle' ment entre une « douzaine » de sergents? Evidemment ! Mais le cabinet prénommé ne craint ni la plaisanterie, ni le ridicule ! Straton. PUDEUR TÉLÉPHONIQUE Il parait que les décisions .prises par le m rustre de l'Agriculture et des Téléphones (, crois, sans pouvoir l'affirmer, que ces deu domaines sont joints, de même que la Guéri et îles Postes, la Justice et le Télégraphe, ( autres départements s'attirant irrésistibli ment), il paraît que ces décisions ordonner aux abonnés de ne confier au téléphone qu des pensées convenables et des intention avouables. Voilà une moralité agissante qu'on est hei reux de trouver au sein d'un gouvernemen M. Segere (lisez, si je me trompe, Hubert o Davignon), sera béni par tous les parents de jeunes et inexpérimentées (oh I oui !) Chevr lières du Cornet, désormais à l'abri des vc cables grossiers, ou des apostrophes extra pariemaires, je veux dire de celles qui on spécialement cours au Parlement. Mais, si les abonnés ont des devoirs vis-à-vi de la pudeur de ces demoiselles, des obliga lions corrélatives devraient incomber à celles ci vis-à-vis de la pudeur des abonnés. Ces d'une stricte justice et d'une logique êlémen taire. Or, je dois à ma conscience de signale au ministre compétent une aventure récente dont je prends sur moi de garantir J'authenti cité. On y verra comment une de ces demoi selles contrevint à la bienséance, et aggrav; sa faute par une intempestive ironie. 'C'était la semaine dernière. Un de mes ca marades, ses journaux lus, son courrier ex pédié, n'attendant plus aucune visite ni di fournisseurs (onze heures du matin venaien de sonner), ni de créanciers (il n'est ,pa homme de lettres), ni d'amis dévoués (nul m parvient à le taper avant six heures du soir) avait décidé de prendre un bain. Ayant, à cet effet, rempli sa baignoire d'eai bien chaude, et s'étant dévêtu, il tâta, d'un or teil, la surface liquide. U éprouva une déli cieuse sensation de brûlure, qui alla s'aug mentant au fur et à mesure qu'il enfonçait avec précaution, son pied dans l'eau. Debou sur une jambe, il envoya la seconde rejoindre lentement la première. Puis, dûment savonné il commença à vivre cette minute inoubliable pendant laquelle on songe, en grelottant : « Dire que je suis debout, mijotant dans ur bain à quarante-trois degrés, que je ne sou ha itérais pas à mon pire ennemi, — et que dans trente secondes, j'y vais être étendu, par couru d'une inexprimable béatitude !» A ce moment précis retentit la sonnerie di téléphone. Mon ami hésita : plonger — ou ré pondre ? La sonnerie se faisait insistante. Elk •le décida. Vêtu de ses seules pudeurs et d'une mince coulche savonneuse, il quitta sa salle ide bain, traversant en courant l'appartemeni glacial sur les parquets duquel son passage laissait de petites mares inquiétantes, et, non val Archimêde, se rua vers l'appareil. Il ne cria pas : « Eurêka ! » mais dit: « Allô ! » ce qui est plus moderne et mieux compris des administrations publiques. Pas de réponse. « Allô ! » récidiva-t-il, tandis que ses dente s'entre-ehoquaient, comme des coupes à la fin d'un banquet. Un troisième cri — un hurlement plutôt! — fit enfin retentir, en écho, à l'autre bout du fil, une voix féminine et calme : — Qu'y a-t-il ? —■ Vous m'avez appelé, mademoiselle. — Oh ! c'est votre ligne qu'on arrange, fit la blonde enfant. (Oui, on la devinait blonde, immuablement sereine, avec des yeux bleus où réfléchit l'ébonite du cornet !) Et elle ajouta, de plus en plus paisible, ces quatre petits mots, ces quatre petits mots énormes, qui contiennent tout le génie de l'Administration : « CE N'EST RIEN 1 » Alors une rage froide saisit l'infortuné. Sui son épiderme, les bulles crevant faisaient passer des milliers d'insupportables courants d'air. Le sol, sous lui, n'était qu'une flaque. Macabres, ses mâchoires s'entre-ehoquaient. La sagesse lui conseillait de cesser la conversation, de raccrocher le récepteur, de fuir a toutes jambes vers le bain fumant et consolateur, Eden démocratique, Léthé au gaz et au quart d'heure, où s'abolissent tous les tracas de l'existence. Mais au diable la sagesse ! Avec la politesse raffinée d'un grand seigneur narguant ses bourreaux, il prit son temps, — comme à -la Comédie-Française, — et, posément grinça : « Ce n'est rien peut-être pour un homme habillé, mademoiselle. Mais pour un abonné toul nu, comme vous me voyez, je vous jure que c'est bien désagréable! » Aussi c'est, — naturellement ! — la demoi-selie qui a porté plainte contre lui. Et j'a: conté cette histoire, pour éviter à mon siècle une erreur judiciaire, auprès de. laquelle l'af faire du Courrier de Lyon apparaîtrait comme une pâle plaisanterie. Camille Guttenstein. Ali ROYAL CERCLE MËYfRBEER BANQU ET D'ANNI VERSA IRE l^a célèbre fanfare bruxelloise le Royal Cei cle Meyerbeer fêtait, samedi soir, le lientièm anniversaire de sa fondation et le vingt-cin quieme anniversaire de direction de son talen i.ueux chef de musique, M. Jean Preckher. On ne pouvait mieux commémorer cett date, doublement heureuse, qu'en organisai) un banquet. Ce banquet eut lieu, et plus d cent cinquante convives y assistaient. Autou des tables fleuries, ce fut, comme on s'en doute cle la bonne gaîté et de l'harmonie parfaite ! Dans l'assistance, on remarquait, la préscnc de MM. Wauwermans, député; Omcr Denis bourgmestre de Forest; Carpentier, sénateur l'échevin Maes. A l'heure du Saint-Marceaux, l'éloquence s mit à couler à flots. M. Vanderdaelen, prés dent, rappelle' combien de fois M. Preckher conduit sa phalange à la victoire. On applai dit ensuite MM. Van Zeveren. vice-président Moons, Bosmans, etc. Une délégation entre à l'improviste et ont à M. Preckher son portrait peint à l'huih L'aspect de cette œuvre d'art déchaîne un tempête d'acclamations. Après cela, on entend une aimable partie ci concert, à laquelle prennent part MM. Dero? Van Look, Terlynck et Borgers. On s'est séparé fort tard. LA VIE A BRUXELLES LE BEL HIVER. — LE PATINAGE. — UN SA- LON EN PLEIN AIR - TOUJOURS LA QUES- TION DU TANGO.— UNE VAGUE DE VERTU. . — UNE TEMPETE DANS UN VERRE D'EAU, j — LE SYNDICAT DRAMATIQUE DES AUTEURS BELGES ET LE COMITE DU THEA-f TRE BELGE. ^ Décidément, le voilà le bel hiver, le clair hiver, l'Jïiver blanc, bleu el noir, vers lequel, depuis des années, allaient, nos soupirs et l" nos regrets. A la. vénité, les gens frileux • s'en .plaignent. Acagnardés dans leur man-1 teau, le dos rond, filant sous la moindre s brise, ils n'on.1 pas ,plu,Mt mis le nez dehors! .- qu'ils songent ù regagner le coin de leur ïeu; ,- anais iouile la jeunesse, notre sportive jeu-, nesee, est ravie : le 'patinage en plein' air, t daims le décor charmant du Bois, c'est tout de méune .un au tre plais ir que le pa tinage su r . gilace 'artificielle, dans la saille bien chauf-b lée, iau son d'un orchestre tzigane. De ce .patinage-là, certes, il ne faut pas médire, puisque, depuis des années, nous n'en avions 1 plus d'auitre. Mais quelle ivresse que de fi-■ 1er, sans effort, dans l'air glacé, vers ce r large pan de neige que limite une ligne d'ar-, bres noirs ! On .peut se figurer — elle est si - riche, l'imagination d'un adolescent ! —qu'on - file tout droit ,au travers de la. steppe vers i J'isba protectrice, et que l'on entend, dans Ile .lointain, le hurlement des loups affamés. Oh! la Rnissie, .pittoresque et convesilion-neille .de Xavier de Maistre et de Michel Stro- , aoff • ' Vers Je soir, à l'heure où le ûiel devient rose et, violet., où les contours des choses se ' fondent dans l'ombre qui descend, ce' p'ay- • sage du bois cle la. Gambie a très facilement . quelque chose de lointain, de .fantastique et de noslallgiqùe. Non pas !<■ dimanche, certes, i quand la gitace est envahie par une foule as- - séz vulgaire, mais .les jours ordinaires, quand . il n'y a, sur le lac, que' les enragés (h' pali-. nage, ceux qui ont trouvé moyen de tout lâcher pour cette joie si rare cl s.i brève. Ce ! sont -ailors des ombras qui passent, siîèticieii-' ses et rapides, disparaissent dans les trous noirs que font les arbres, pour reparaître tout à coup, teilles de fantastiques ombres. 1 chinoises, au milieu de lu grande surface jtonte Manche. D'autres ombres s'agilent sur Sa berge, autour du brasero qui flamboie ou de la banaque improvisât! où l'on débite des boissons chaudes. Emmitouflées de four.ru-iw élégantes ou de .oache-nez populaires,elles battent la .seniaile. Et le collégien Imaginatif songe à tel .campement de chasseurs de fourrures que lui suggéra, la. gravure sur bois du livre de voyages dont il' fait ses délices.'Mais, d'un autre groupe, des rires .paiiieni, des .lires de jeunes tilles,car le lac esl comme ' une immensé saille de bai, où règne une joyeuse atmosphère de l'été, de léfe d'autant plus aimable, d'autant plus joyeuse qu'on ne sait jamais si oile aura !.m lendemain. * * * Le lac du bois de la Cambre, une après-midi d'hiver, c'est un bai ,en plein air. Si jl'an n'y danse pas le tango, — il n'y a que des professionnels qui .arrivent à danser le •tango sur .la glace, — 011 y vaise. Des couples libres et joyeux peuvent s'égarer dans ila foule, loin de l'œil trop attentif îles mères. Sans doute, cette cireon'sïance, s,i la gelée se prolongeait, nous vaudrait un nouveau mandement des évéques. Car, décidémenl. 'nos évâques n'aiment ni la .danse ni le flirt, El te plus dirôle, c'est que, sur ce .point, il parait qu'ils s'entendent avec les rabbins et Jes pasteurs. On dit même qu'ils s'entendent, aivec qualques bonzes de la libre pensée. Car mous subissons ien ce moment une vogue de vertu, et. l'on rencontre des gens chez qui (tant de pudibonderie étonne, qui prennent des mines dégoûtées .assez comiques devant les indiscrétions de la toilette, moderne, déviant le tango, que sais-,je... Etrange hypocrisie ! Oar, on somme, k toilette, quelle qu'aile soit, la toilette qu'on porte dans le monde, .est toujours faite pour rendre la femme pilus agréable, c'est-tudire plus désirable, et la danse, la danse moderne surtout, a été inventée pour inspirer 'l'amour et préparer les mariages. Alors... Alors, la toi-ilette, comme la danse, comporte plus ou moins de .décence ou d'indécence, selon l'édu- oaiion, le milieu, le tact de ceux qui en usent. *** On dif que jamais les lois somptuaires •n'ont pu avoir de véritable effet. U semble fpouïr4liant que le faimeux mandement épisco-'pail ait vraiment atteint cet infortuné Lan go. Non ]xi'S que la puissance des évôques «s'étende à tous les gens qui dansent ou qui donnant à danser, tant s'en faut. Mois ri* •agissent sur les cinq cenlis personnes que oeux qui donnent à danser imitent aveuglé-menl. lja morale, 'les principes, la décence, qu'est-ce que ceiLa vaut contre 1-a mode? .\kn< une consigne, partie des grands salons,c'est une autre affaire. Un pêohé ! On s'y risqùe-naiil, quitte à s'en faire absoudre. Mais une danse qui dédiasse ! Comment vouiez-vous , qu'on se risque à la danser? Or, les gran-is salons, les sialoivs vraiment chi.cs,' ont immédiatement obéi, — fus.sent-.ils fréquentés par beaucoup de juifs, — à. l'ordre des évêqpues. Les salons un peu moins chics ne pourront faire autrement ,que de les imiter. D'échelon en échelon, la réprobation descendra au demi-monde, au quart, de monde, si bien} qu'on 11e dansera plus le tango que dans les . oaiharels et Jes music-halls qui ne sont pas ; du monde du.tout. Adieu lango, tango des . salions ! Vive le tango des grands bars ! **« Depa;s Irois 011 quatre, jours, le monde des , gens de lettres, non... le monde des auteurs J dramatiques .belges, esl en ébullition, à. la a suite de la décision que vient de prendre un 'sanhédrin qu«i n'«a .pas .le caractère sacré du. L iGollège des .évêques, mais qui n'en est pas • moins puissant et respectable, le comité de 'lecture du théâtre national, 3 Le monde des auteurs dramatiques- belges? ■< dit le lecteur, diable! En fait d'-auteuirs dra-; m-aliques belges, je connais Fotîsoîi- çt W> oheler, Spaak, Van Offel... Cela ne .fait pas e un monde. Aussi ne s agit-il pas de ceux-là. Ceux-là a sont des auteurs joués, habituellement joués,. i. qu'une décision d'un comité de lecture . ne ; .pas toucher. Mais il y en a. d'au!m- .. iboauooup d'aulines : il y en a tout un synd.-e 'Oal. Le mail heur des temps veut que leurs , œuvres.ne soient jamais arrivées jusqu'au " nuWlLC, mais ce n'est pas leur fiaute : ils ont des centaines de pièces d'ans leurs tiroirs, et tiennent pour assuré q.ue ce sont toutes des 0 ohefis-d'oeuvre. Ce sont des auteurs drama-'• tiques d'autant plus puissants qu'ils sont en puissance >. Au moment où fut constitué le fameux co-.

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