La dernière heure

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s.n. 1918, 08 Dezember. La dernière heure. Konsultiert 15 Dezember 2019, https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/de/pid/kh0dv1dg7q/
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g, _________ O F'"p ri wS™ l.n T1'ÊPfl1@rPQ 2-Ed. N°Se^NS . u£s£v.'»u JJim Mâlii y .Ï1P , y ma™ ■■ - Les annonces et réclames ^ * ; jj sont reçues aux bureaux du j \a w H ^/Tïs /***^-"Ç3 ^5 ^ ^ H JL Nous prions nos lecteurs do voilier | journal et à 1 Agence Havas, I » ' J il_^r &3« ^ J &CS -K7 fc? J. J» il C? k ce qu'on leur délivre l'édition qui H 8, piace ces Martyrs (lpr étage). 1 j doit 6tre en vent® normalement à B Bruxelles I 1 » ■ ■ ■ i l'heuro où ila achètent leur numéro. > ' ' N° 14 TREIZIÈME ANNÉE DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 1918 10 CENTIMES SKAKESPEARE SERAIT WILLIAM DERBY ET HAMLET HENRI IV On sait que William Shakespeare débuta dans la vie en tenant des chevaux de maîtres aux portes des théâtres : c'était en quelque sorte un lr. uais indépendant, comme nos modernes ouvreurs de portières. Après être resté au dehors du théâtre, il finit par s'y introduire, et 1. devint . d'abord figurant, puis acteur. Victor * Hugo a décrit ce pas-sge de la vie du grand auteur anglais. Dans la suite, nous dit rHist' re, Shakespeare composa es drames qu'il interpréta lui-même,-. Or, s'il f.'.ut en crohe nombre de critiques — et non des moindres — William Shakespeare n'aurait été qu'un simple acteur, chef de troupe. Il n'aurait fait que iouer des , :èr ?s composées par un grand seigneur lettré, qui ne voulait pas divulguer son nom. Ces rouvres auraient été, dans la suite, recueillies et publiées sous le nom de Shakespeare.- Qui donc était ce grand inconnu, ce sublime auteur anonyme? Les avis, ici, sont partagés. On a d'abord attribué les œuvres de Shakespeare à lord Iîacon ; Demblon estime qu'il s'agit de lord Rutîand. Enfin, un critique français, Abel Lefranc, professeur au Collège C France, prétend que Shakos-pea ne fut que le prête-nom d'un grand seigneur anglais, William Staijley. comte de Derby, ancêtre de lord Derby, actuellement ambassadeur de la Grand-Bre-tague à Paris. M. Lefranc s'applique à prouver que le comte de Derby, nuteur du théâtre shakespearien, a séjourné en France, qu'il a vécu à la cour de Navarre, auprès du futur Henri IV et de Marguerite de Valois et qu'il y a connu en particulier l'histoire d'amour de Mlle de Tournon. Mlle de Tournon, on le sait, était une suave et pure enfant, qui était timidement devenue amoureuse de Henri de Navarre. Celui-ci avait alors vingt-cinq ans. C'était un beau gentilhomme, qui aimait, toutes les aventures, guerrières et amoureuses. Il ne fut pas sans remarquer les yeux d£ la jolie demoiselle de Q'ournon. Une délicieuse ydille d'amour naquit par un beau matin de printemps. Hélas ! le bel Henri avait des ailes comme les papillons et comme l'Amour lui-même... t le jeune roi alla conter fleurette autre part. On dirait flirter de nos jours, mot francisé dq, l'anglais et qui, remarquons-le en passant, dérive de l'ancien « fleurettor » français, que les Anglais avaient adopté et qui revint depuis à sa source. Quoi qu'il en soit, Mlle de Tournon n'aimait pas que le jeune roi flirtât avec d'autres qu'elle. Elle en conçut un immense chagrin et; un beau soir, s'était tout habillée de blanc, elle se laissa- doucement elisser dans l'onde d'un étan? profond. Quelques jours après, on retrouva son corps sur la rive : un triste sourdre errait encore sur ges lèvres. s De nos jours encore, on montre' aux voyageu. . qui visitent la Gascogne, l'endroit où le corps de la charmante enfant 4 fut retrouvé. Cette aventure, qui finit en tragédie, était bien fait^ pour captiver l'esprit du comte de Derby. Ce serj.lt cette aventure si touchante, dont il aurait appris les détails sur place, qui aurait fourni au poète la trame de l'épisode immortel d'Ophéliè dans « Hamlet ». En ce cas, il serait fort possible que le caractère d'Hamlet eût été décalqué sur cekii d'Henri de Navarre. Il offre, en effet, mainte analogie. La mère du roi de Navarre a, dit-on. été empoisonnée par Catherine < Médicis, comme le père d'Hamlet a été tué par celui qui devait prendre sa place sur le trône. Comme Hamlet, le futur Henri IV est habile dans l'art de la dissimulation. Longtemps, semble-t-il, il cherche à venger , ]a mort de sa mère, et. sous un visage impassible, il déjoue les embûches de ses ennemis. Si l'on rapproche, en effet, le caractère bien connu du huguenot de Navarre de celui d'IIamlet, prince de Danemark, on découvre de nombreux points de ~2s-scmolance. Tous deux sont braves, tous , deux sont habiles jusqu'à la ruse, d'une ruse qui parfois les rend méprisables dans notre esprit et qui est le revers d*> leur caractère; tcus deux ont quelqu'un qui leur e. t p'.us cher qu'eux-mêmes à venger. 1.1. Lefranc ne souligne pas ce rappro-, chement entre les deux héros, mais il fait remarquer que William Shakespeare, l'acteur, n'a jamais eu de* contact avec la cour de Navarre, tandis.que lord Der-Ly l'a connue. On conçoit aisément le . travail qui s'est produit dans Ife cerveau du poète anglais : il a légèrement transformé Henri IV et Mlie de Tournon; il a changé leurs noms et a fait du roi de Navarre le prince de Danemark. Le critique insiste ensuite sur ce fait que lâf comte de Derby a beaucoup voyage, non seulement en France, mais en Italie, le pays de Roméo et Juliette. Or, beaucoup de scènes des pièces signées Shakespeare se déroulent sous le^ ciel italien : on y retrouve le coloris que seul pouvait leur dernier un peintre-poète qui avait vu cette patrie enchanteresse. Autres remarques : le oointe de Derby s'est occupé avec passion de théâtre, et l'on sait, de source certaine, qu'il a composé, pour.les comédiens.professionnels, des ouvrages-dramatiques. Le cuite du théâA~e était d'ailleurs héréditaire dans sa famille. Il a entretenu, comme son père, une troupe d'acteurs, et c'est précisément dans cette troupe qu'a longtemps joué l'acteur Shakespeare. Le critiqué cite d'autres faits encore. Ainsi, l'étonnant « Richard 1*1 », qui a tant intrigué les commentateurs, est l'histoire de l'ancêtre de William Darby, qui porta, le premier, le titre de comte de Derby. Quant aux au1 ras pièces, elles corres >ndent à des événements caractéristiques de la vie de William Derby. Celui-ci fut également musicien, ce qui explique la place excej^ionnelle qu'occupait cet art dans son théâtre. Le gentilhomme anglais eut, dans le cours c1 .• son existence, de nombreux soucis d'argent; il se débattit sous les griffes de certains cré.viciers implacables, et l'on pourrait très bien retrouver son état d'âme et son mépris des hommes d'argent dans ce chef-d'œuvre « Le M» r-chand de Venise ». Pour toujours, le grand dramaturge a flétri du fer rouge le front de l'être rapace rongé par « l'auri sacra famés ». Enfin, on retrouve dans « Le Songe d'une Nuit d'Eté » les types du pays qu'habita le comje de Derby, et les légendes qui charmèrent son enfance. "H, BoyEX. j COMMENT LA FRANCE A OVATIONNÉ LA BELGIQUE ET SON ROI (De notre envoyé spécial) Vers Paris L'auto glisse sur les routes boueuses des Flandres. Nous liions sur Bruges. C'est là, à 3 heures du matin, que nous retrouverons le tram royal qui nous emportera vers Paris. L'après-midi est d'une douceur mélancolique et silencieuse. Un brouillard humide enveloppe toutes choses et leur donne du silence. Autour de nous les campagnes ap-paiaisSeiit comme dessinées à l'estompe, par un artiste de rêve. Elles glissent lentement les deux côtés de la route et s'évanouissent.Nous sommes partis à l'aventure. Quand arriverons-nousr Où dormirons-nous K Ou serons-nous ravitaillés? Nul ne le sait» C'est d'une improvisation pittoresque. Nous nous faisons l'air d'évacués. Deux limousines nous emportent. Les villages défilent. Quelques drapeaux, noyés, pendent sans vie aux fenêtres. Assche. Autour de la gare, dans un rayon de cinq cents mètres, les toiU sont défoncés, lt'b portes arraciiées, les volets brisés. C'est i'eiiet de la récente explosion de munitions.Un uou plus loin, nous dépassons une longue i'ile de canons lourds, abandonnés sur le, bord de ia route par les Teutons, trop pressés, lis sont affreusement camoufllés. On les a déguisés en troncs d'arbre, couchés sur une mousse idyliqyfe. Eux, afaront sans doute chajité autour quelque « lied » sentimental des bords du ithin. Nous avons dépassé Alost. Dans la brume laiteuse la ville,la Grand'-Place pittoresque, l'hôtel de ville, les^vicilles maisons nous sont apparus coiunTC des dessins de iitobida, dont l'aine fut à la fois gothique et romantique. Nous liions h belle allure. La route est libre. Parfois un lourd charroi de paysans, quelques soldats gagnant leur village, une bande de poilus, c'est tout. G and déi'ile bientôt, à nos yeux, en eaux-fortes violentes. Nous traversons la ville et passons le oanal sur un pont construit par le génie. C'a et là, désormais, nous verrons les horreurs do la guerre; ponts de fer, dont le tablier,cassé par le milieu,plonge dans; l'eau fabriques inucndiécjs, métairies défoncées, villages en ruines, clochers béants et crôu-■ lanls, parfois rien qu'un amas de briques au ras du sol. Plus loin, un cimetière allemand. On le reconnaît au monument cubique, énormo ot laid, qui en occupe le centre, sorte de pylône trapu, fait pour imposer au passant l'idée de la l'orce brutale. Il v a du Kolossal dans tout ce qu'érige le Teuton. Son idée fixe, est la puissance bêto de la matière pesante. Dâns çette guerre, ils ont îopresenté le poids lourd, rien que cela, et pour cela aussi ont été vaincus par l'esprit. L'état des routes nous force à faire un crochet par Eecloo. La petite ville quiète s'endort déjà. Un crépuscule jaune s'étend sur les campagnes désertes. Les fanaux de la vpiture éclairent fantastiquement la route et les arbustes qui la bordent. Un jet de lumière blanche projette du grésil sur les aulnes et les charmes qui glissent en sens inverse. Nous semblons voyager dans un paysage de neige. Un dernier virage et nous pénétrons dans Bruges. La nuit est venue. A Brugçs bi^jges? tmK éclairée; est d'une animation extraordinaire. Il est cinq heures. Tous les magasins sont ouverts ; les acheteurs s'y pressent. Des soldats b-elges, anglais, français, musent dans les rues numides. Sur des étaux, en plein vent, on débite du pain. Mais voici une vitrine en fête: Du plafond descend un magnifique régime de bananes, comme un lustre végétal. Des oranges, des citrons, apparaissent comme des monceaux d'or. Quel pays de Cocagne ! Sommes-nous dans quelque île merveilleuse des tropiques? Les œufs ne coûtent, ici, qu'un franc pièce et le beurre quinze francs ! Au fond d'un abîme noir, la gare de Bruges forme une masse plus noire encore. C'est toujours la cathédrale désaffectée que vous connaissez, mais encombrée de permissionnaires dont la foule mouvante grouille à la lueur de quelques falots. Le commandant de la gare nous a reçus de la plus courtoise façon. Il nous a donné quelques renseignements sur l'état des voies. On ies répare fiévreusement: Cependant, le dernier train parti de Bruxelles pour Bruges, par Malines et Termonde, a mis 36 heures pour arriver à destination. Bruges n'est plus maintenant qu'un amas lugubre de ténèbres Compactes. Plus une lumière. A peine, un passant attardé. Nous gagnons le quai de départ. Le train royal est en gare. Le roi, la reine, le prince Léopold et leur suite, arri- Le Roi au côié du vés .en automobile, y reposent déjà. Le train est composé de deux wagons-s-a-lon du P. L. M., d'un wagon restaurant et deux wagons-lits de la Compagnie du Nord. Les rideaux sont baissés. Tout est noir et silencieux. Dans l'ombre, les baïonnettes des factionnaires font, parfois, une lueur blanche. Le départ de Bruges Trois heures et dix minutes du matin. Un léger coup de sifflet; le train g*lisse lentement. Nous voici en route pour Paris, par Cortemarck, Adinkerke, Dunker-qué, Abbeville, Chantilly. Toutes les dix minutes, nous stoppons. La route jusqu'à Dunkerque est à voie L unique, À chaque gare, il faut deman der accès au secteur suivant, s'assurer que la ligne est libre. Nous traversons, de nuit, les 'contrées désolées, dans les régions de l'Yser. Une aube grise commence enfin d'éclairer l'horizon. Au petit jour, nous arrivons à Dunkerque. Au loin, ' le beffroi semble une légère colonne de fumée dans le brouillard du matin. Des liaisons éventrées disent le bombardement intense auquel fut soumise la ville. La gare est décorée sobrement de drapeaux belges et français, formant faisceaux. Sur le quai, le gouverneur des places de Calais et Dunkerque, Gauffin de St-Morel, et le général Umbel, sont venus saluer le roi. Mais le rôt ,ie descendra de sa voiture qu'à Paris; ainsi le veut le Protocole. Le train se remet en marche. Nou* longeons le port de guerre, où les îa-vires semblent d'immobiles et lourdes forteresses. Ils sont couverts de bizarres peintures qui en doivent diminuer la visibilité. Ces gigantesques bariolage déroutent les torpilleurs, qui» ne peuvent, ainsi calculer la distance, ni r.ies jrar la vitesse. Le jour est venu tout à fait, an jour gris-perle, très deux, qui baigne les cin,-pagnes d'une lumière humide. Nous croisons des équipes de prisonniers teutons, occupés au travail, sous la surveu'ai;c> de rigides soldats anglais. La veille, m'a-t-on raconté, le .nu qui nous précédait, rempli de soldats, avait stoppé en cet endroit. Les soldats eiaient descendus des wagons. C'était, pour ja plupart, des prisonniers libérés, qui avaient travaillé sous la trique pu Allemagne et souffert les plus atroces tortures. En apercevant les prisonniers allemands, ils ne purent se retenir.L'amertu-me'du passé leur revenait au cœur. Ils ramassèrent des pierres et les lan Jurent sur ceux-là qu'ils identifiaient avVe leurs anciens bourreaux. Et ce faisant, iia criaient les mêmes mots qu'ils avaient si. longtemps entendus dans leur travail di. forçats: « Heraus!... Arbeitea!... Dehors!... Travaillez! » C'était l'inexorable justice des choses, contre laquelle.]* raison ne prévaut point. Nous avons laissé Calais à notre droite et poursuivons notre voyage vers Paris. Un cri nous échappe: la mer! Là-bas, à 1 riorizqn, par-dessus la jeliq ville grise de Wimmereux, dans une échancrure, nous la voyons lourde, immobile, couleur d'ardoise verdegrisée, avec une frange d'écume blancne. Depuis quatre longues années elle nous était restée inconnue ! Des camps de prisonniers, des baraquements, des hangars d'avions, des postes militaires, apparaissent un instant à nos yeux. A Boulogne, nous saluons, au passage, comme d'anciens amis, quelques locomotives belges, qui semblent; ici, tristement exilées. On prête facile? ment une âme aux choses du pays. Voici Etaples et son interminable camp d'instruction anglais. C'est une ville de bois, comme «elles que bâtissaient en quelques jours les premiers colons d'Amérique. Elle est immense et grouillante. Une multitude de , tîntes coniqu.?? s'y dressent pareilles à d'innombrables taupinières. Sur un versant, le cimetière, où se pressent, en lignes régulières, par milliers, de petites croix de bois, semblables aux échalas d'un vignoble, le vignoble de la Mort. Nous coupons Amiens. Ce ne sont, le long de la voie, que halls défoncés, hangars émiettés, fabriques démolies, maisons scalpées. L'Hospice des incurables n'a plus une fenêtre. Des poutrelles tordues, des pans de murailles, des toitures gondolées gisent le long du chemin de fer. Il n'est pas une maison d'Amiens qui n'aie souffert du bombardement. Nous sqmmes entrés dans l'ancienne ligne de feu de 1918. Les villagds morts gisent en contre-bas de la route, avec leurs plaies de pierre béantes.' Voici la ligne rigide des piquets de bois, encore reliés par les fils de fer barbelés; voici les cagnas où s'abritaient les servants, les emplacements de batterie, les entonnoirs creusés par les bombes; voici les tranchées sinueuses, creusées dans la terre c.ayeuse. Encore quelques tas d'obus sur le bord d'un talus, quelques plaques d'acier, puis 1a contrée reprend son aspect champêtre, son habituelle quiétude, sa douceur d'un hiver très doux et comme ouaté. A Creil, nous rejoignons l'ancienne ligne Paris-Bruxelles. Nous' traversons l'Oise et pénétrons en l'Ile-de-France. A midi et demi, le train royal s'arrête à Chantilly. Le héros de Dixmude, le vice-amiral rresiasnx roincare Rcxnarch, qui vint nous appuyer à la tête des fusillieTs marins et défendit l'Yser avec nos soldats, est là, sur le quai. Petit, trapu, les cheveux très blancs, le Visage d'une énergie simple et forte, le regard un peu voilé, sévère dans sa tunique sombre, il monte dans la voiture royale. Il est accompagné du colonel Johannart, du 6® dragon, du capitaine de frégate Portier et du chef d'escadron d'Etftt-major Muller, attaché à la personne du prince Léopo-ld. Notre ministre à Paris, le baron de Gaiffier J'Hestroy prend place également daim le train. Dana une heure nous serons à Paris. IY0IR SUITE EN PAGE 2) LA GUERRE CONTRE: LA MALADIE PARALYSONS LE BRAS DROIT DU MALHEUR ?I1 faut refaire la santé physique du peuple disait, il y a quel-f~j ques jour?, un de nos nouveaux ministres, M. Wauters. Voilà de bonnes ot sages paroles, bien dans le ton, d'ai'leurs, de l'ensemble d'un discours imprégné d'esprit pratique, décidé et réaliste. Comme il a r-aiso^n de mettre la santé du peuple au prei lier- plan! Cette question ne devrait-el'e pas primer toutes les autres? Dans la lutte, nous ne dirons pas contre la misère, qui ne frappe que certaines classes, mais entre le malheur qui les atteint toutes, i>\ défense de la santé publique est l'arma la plus efficace. On le sait, on le répète, personne n'en doute. Et-, pourtant, que fait-on pour la rendre puissante? Et -yuand la science nous a indiqué li route, que d'hésitations avant de nous y engager! Songerait-on, enfin, à équiper sérieusement la nation pour lutter contre la maladie? Gémir nt suffit pas Espérons-le. Nulle part on ne trouve! rait un terrain où l'ensemble de la population ait des intérêts plus solidaires. Nous sortons à peine d'une épidémie terrible, aussi meurtrière, dit-on, que le choléra en 18G7. Tout le monde a gémi, on a plaint les victimes, on s'est,, lamenté. Mais "u'a-t-on fait de pratique? S'est-on demandé si notre armée sanitaire existait, si elle avait pu être inobi-lisée? S'est-on préoccupé de savoir si les installations hospitalières, le matériel, les services de déiinfection étaient suffisants?Non! On se résigne, comme si tous ces malheurs étaient inévitables. Le grand défaut, c'est que la lutte contre la maladie <;3t menée d'une façon quelque peu anarchique. Jadis, les secours aux malade: étaient le monopole des administrations de la bienfaisance. Aujourd'hui, beaucoup de communes ont des services d'hygiène communaux, qui ont réalisé déjà beaucoup de progrès. Il existe aussi dvs organismes provinciaux. Mais il fau1 bien avouai que tous ces rouages fonctir nnent, surtout, sur le papier et par le pafier. Ceci soit dit sans critiquer personnel car la plupart de ces ioreanismes» v < ^ompétenjce,.jai les moyens financiers, ni l'autorité nécessaires pour faim plus qu'ils ne font. • Enfin, toute *eite^ organisation morcelée et sans cohésion, ni pouvoir, n'est trop souvent qu'une satisfac'" platonique destinée à calmer de temps à autre les inquiétudes intermittentes du public, et à accomplir ponctuellement certaines besognes administratives fort utiles, assurément, mais insuffisantes. Il faut des sacrifices Le grand obstacle à tout progrès sérieux dans ce domaine, c'est la dépense qu'il entraînerait. Nous consacrons volontiers pour une seule ville un demi-million à des festivités très légitimes, tout le monde applaudit. Mais proposez de grosses dépenses pour défendre efficacement la santé, les mandataires publics reculent épouvantés, n'osant présenter la douloureuse à letirs électeurs. Les circonstances actuelles ouvrent des perspectives plus favorables. Il semble qu'on a, enfin, compris. Mais il ne suffit pas qu'un ministre, ou quelques dirigeants aient compris, il faut que chaque citoyen comprenne la nécessité d'importants sacrifices en ce domaine. Les peuples d'hier prévoyaient dix ou quinze ans à l'avance, des budgets de dépenses formidables pour augmenter leur moyens de s'entretuer. On faisait des programmes militaires, de constructions navales engloutissant des milliards, et on trouvait les ressources. Est?œ une illusion d'optimiste d'espérer que demain, tous ces milliards et tous ces efforts pourraient être affectés à la réalisation, par étapes, d'une œuvre tu-télaire et merveilleuse qui écarterait de l'humanité les traîtres coups de la maladie, ce bras droit du malheur? LE .NOUVEAU SYSTÈME ÉLECTORAL EN BAVIÈRE Bile; 6 décenibre. — Lo gouve-momont ba vurois a lancé la proclamation suivante : I/e ffouvornement <1^ l'Etat populaire de Bar vière déclare que les élections au nouveau iandta.fr b.avaroi? auront lien le 12 janriei 1919. Ont droit de vote, tous les ressortissants ,bavaroi£, hommes et femmes qui ont 20 ans révolue 1& jour dos érections, et sont de. nationalité bavaroise. Sont C-ljgibles. tous les rePsortiiss<vnts bava-roi.";, hommes et femmes àeés de 25 ans révolus. — Havas. LE FEU A L'ARSENAL DE TOULON Toulon, 6 décembre. — Un inoendie s'est déclare, cette nsit, dans l'arsenal, au bâti-mont de l'ajustage de l'atelier central do lia flotte. Le feu. qui m ait pris au orcinier éta-fre, a menacé rapidement de 6 étendre. En uno demi-heure, le planober et la, toiture du b&timent s'çffondffcrent. Les pompiers de la marine et des détachement* de matelots et de pendarmea maritimes organisèrent les 6ecours, et purent préserver les bâtiments Toiatns. — Havas. UN NAVIRE ÉCHOUÉ Cherbourg, 6 déoembre. — ^loop hollandais, « perex », capitaine de lîeer, parti du Havre le 1" décembre avec un chargement de bols d'allumettcë et de fûts d'huile â destination do Bordeaux, a été. 6urprie rar le brouillard; il s'est échoué sur un rocher, à six milles du phare de Gattovillc. Le navire est considéré pomme perdu. L'équipage a été recueilli par un remorqueur du portj qui a dôbar<iu4 le* naufragé* à l'arsenal. Havaa. C'EST FAIT LE KRONPRINZ RENONCE AU TRONE Bâle, 6 décembre. — L'Agence Wolff dit que l'acte «uivant lequel l'ex-prince héritier a renoncé à ses droits à la couronne tle Prusse et à la couronne impériale est parvenu à Berlin. Le texte est le suivant: « Je. renonce formellement et définitivement à tous les droits à la couronne de Prusse et à la couronne impériale jui pourraient me revenir de par la .renonciation au trône de l'Empereur-Roi ou de par d'autres motifs légitimes. » Donné pour authentique et signé dé notre main et fait à Wieringen, premier Décembre 1918. (s) Wilhem. » LE KRONPRINZ SUE LA PEUR Amsterdam, 7 décembre. — (De notre correspondant). — Le correspondant de l'« Associated Press » a rencontré beaucoup de difficultés pour arriver jusqu'à l'ex-kronprinz, qu'il voula:t interviewer. Finalement, il fut introduit, en même temps qu'un interprète, mais celui-ci avait aperçu le kronprinz armant son revolver et dire ensuite à son valet: « Et maintenant, qu'ils viennent! » ON S'EN DOUTE BIEN... Bâle, 5 déoembre. — On mande de Munich : M. Eisner a annonce, dans une réunion politique, que les archives de l'Office des Affaires étrangères de Berlin, se rapportant aux origines de la guerre, seront très prochainement publiées:/!^es remarquée faites, en marge do certains doouments, do la propre main du kaiser, prouveraient manifestement sa part d^ oulpaoilité. — Havas. COLLISION DE TRAINS Orléans, 6 décembre. — nier soir, l'express d'Orléans est entré en collision, à 300 métrés de la gare de Mouiig-sur-Loire, avec un train chargé de vivres pour les Américains. Quatre voitures ont été détruites. Dix morts et Yingt-cinq blessés ont été identiilés. D'autres victimes se trouvent encore sous les décombres. (Havas.) UNE JOURNÉE HISTORIQUE A BELGRADE L'HERITIER DE SERBIE PROCLAME LE ROYAUME UNITAIRE DES SERBES, CROATES ET SLOVENES Belgrade, 2 décembre. — Hier, des actes historiques se sont accomplis à Belgrade. îja allégation du Opu^eil National do Zagreb a transmis au prince héritier régent Alexiundré, l'adresse suivante: « Votre Altesse Itoyale, » Le Conseil l\ational désire qu'on établisse provisoirement une représentation nationale par un accord commun entre le Cônseil National et les représentants du poulie du royaume de Serbie et que la responsabilité du gouvernement soit établie seion les principes du parlementarisme moderne devant cette représentation qui devrait siéger en permanence jusqu à la Constituante, afin que les principes constitutionnels de responsabilité parlementaire reçoivent le'Ur pleine expression. Pour les mêmes raisons, resteraient en vigueur, sous le contrôle du gouvernement de l'Etat, les anciennes institutions administvatives et autonomesD.ms cette période de transition, il faudrait, selon nous, créer des conditions préalables pour l'organisation définitive de notre Etat unitaire. Le gouvernement devrait, dans ce but, préparer la Constituante, qui, selon la proposition du Conseil National, devrait être élue sur la base du droit de vote secret et général et proportionnel et serait oonvoquée au plus tard six mois aprèe la conclusion de la paix.. ^ Dans cette heure historique, où nous nous présentons devant Votre Altesse Royale, comme représentants de tous les territoires des ïougo-SlaveB de l'ancienne monarchie austro-hongroise, nous sommes profondément attristés d'être obligés de constater que de grandes parties de notre sol national sont occupées par les troupes du royaume d'Italie, qui est allié avec les puissances de l'Entente et avec lesquelles nous désirons vivre dans de bons rapports d'amitié. Mais, nous ne pouvons reconnaître l'opportunité de n'importe quel contrat, pas même celui de Londres, en vertu duquel, par une violation du principe des nationalités, nous serions obligés de céder une partie de notre nation aux.autres Etats. Nous attirons l'attention do Votre Altesse lto j aie sur le fait que l'étendue de l'occupation italienne dépasse de beaucoup les limites et les régions prévues par les clauses memes de l'armistice conclu avec le commandant en chef de l'ancienne année aus-tro-hongroise. bien „i;ès la proclamation de ces territoires cumine indépendants et comme faisant partie intégrante de l'Etat des Serbes, Croates et Slovènes. Nous en donnerons des preuves au gouvernement do Votre Altesse Royale. Avec pleine confiance, nous exprimons notre espoir que Votre Altesse Royale tâchera avec notre nation tout entière, que les frontières définitives de notre Etat soient marquées de telle façon qu'elles concordait avec nos Frontières étlinograpuïqucs et conformément aux principes émis par le président des Etats-Unis. M. Wilson, et les autres puissances de l'Entente. Vive Sa Majesté lioyale Pierre! Vive Votre Altesse Royale! Vive la Nation tout entière! Vive la Yougoslavie libre et unie! » LA REPONSE DU REGENT Le prince Héritier régent de Serbie a prononcé, en réponse à cette adresse, les paroles suivantes: Messieurs les délégués, >. Votre arrivée au nom du Conseil National des Serbes, Croates et Slovènes, dignes représentants de notre grande idée nationale, ainsi que votre communication de la ûfcoieion Historique du 24 novembre, par laquelle le Conseil proclame l'unité politique de toute la Nation et de la Patrie martyre', mais glorieuse tout entière, me remplit de la joie la plus profonde. En recevant cette communication, je suis convaincu que, par cet acte, je remplis mon devoir royal. C'est seulement par cet acte que nous réalisons dé;lniljveinrnt co qu'ont commencé à préparer les meilleurs lus de notre sang dès trois confessions et des trois noms nos deux côtés du Danube, de la Save et de la Drina, encore sous le régne de mon auguste grand-père prince ^Alexandre et prince Michel. Nous réalisons ai'i-i oc- cjiii ..hx vœux e: d< :re de mon peuple, et « au Tioin de Sa Majesté » le roi i'!'v\rrt, je > p.iv>ckuno 1 un.té de la » Serbie «avec les provinr'<6 do l'Etat indc-» pendant des Serbes. Crontcs et Slovène*, » dans le royaume unitaire des Serbes, Croa-» tes ot Slovènes. » Que ce grand acte historique soit la meilleure récompense de ces efforts et des efforts de vos collègues du' Conseil National ot de tous vos collaborateurs, de vous tous, qui vous êtes débarrassés du joug étranger par votre audacieuse révolution, qu'il soit la récompense de la liante conscience et des victimes de toutes les purties de votre nation représentées pnrNle Conseil National. Le Conseil National dépose aujourd'hui les plus beaux lauriers sur i-s tonneaux de mes officiers et soldats tombés pour la Li-bcri-j, v. o ne de ia plus beils ikvoiation la poitrine de leurs camarades qui. avec moi. avec l'aide généreuse de nos. grands alliés, ont conquis la victoire sur le puissant ennemi et, plus heureux, lui ont survécu. La gloire des victoires gagnées est partagée avec mes vieux guerriers par les glorieux soldats des unités yougoslaves qui se trouvent dans mon armée. lia se sont tous hâtés, vers nous et vous les avez reçus edmme on reçoit des frères. .Je vous remercie Sour cet accueil au nom do mon armée, [erci pour votre empressement à exprimer la contiance au royrlume de Serbie et à son peuple, à mon noble père, Sa Majosté lo Roi Pierre, et. à moi. m Je vou? a.*<9. ;■ •'■sieurs les délégués" vous et le Conseil National dont vous avez les pleins pouvoirs, tous vos frères et tous les frères Slovènes, Croates et Serbes, dont vous représentez _la volonté et les pensées, que moi et mon gouvernement, avec tous ceux qui représentent la Scrbfo, nous nous ferons guider, toujours et partout, uniquement par l'amour fraternel pour les intérêts et pour tout ce qu'il y a do sacré dans •les âmes de ceux au nom desquels vous venez vers moi, dans le sens des désirs et de3 souhaits que vous venez de m'ex-primer et que moi et mon gouvernement acceptons intégralement. H. C. H00YER THE RÎGHT M AN IN THE RIGHT PLACE LE VAINQUEUR DE LA DISETTE EN BELGIQUE L'homme que Bruxelles devait fêter hier, l'homme auquel tout do Belges do.vent do n'être pas morts d'inanition, au temps si proche et déjà lointain, où les IIuns nous rançonnaient et nous affamaient. Herbert Clark Hootpr « grand auii de la Belgique a et « bourgeois de Bruxelles », a surabondamment prouvé, au cours de nos années terribles, qu'il était bien « tiie right man in tho riglit place » Pourtant, en' vrai « businessman », estimant avant tout que le temps c'est de l'argent, il s'est récrié lorsqu'il sut qu'on se préparait à lui payer un juste tribut d'hommage et il a presque fallu qu'on lui lit violence pour obtenir qu'il se prêtât h être le héros de la manifestation qtii devait avoir lieu en son honneur. Au dernier moment, on apprit que, débordé de travaux, il ne pourrait arriver à tempo et. à la grande tristesse de nos édiles, la tête de la reconnaissance dut être remise à une date ùlterieûre. Une e »mère L-isa remplie L'admirable, l'étourdissant effort des Etats-Unis, qui contribua dans une si large mesure à bâter la fin des hostilités, et qui fut, ncur l'Europe tout entière, un exemple merveilleux d'activité féconde, de métno-'de et d'énergie, cet effort grandiose, sans précédent, nous apparaît moins étonnant lorsque nous considérons qu'il fut l'œuvre de ces Américains, issus de nos vieilles races d'Europe, auxquels il soinble que le climat de la République étoilée ait infusé un sang nouveau, plus ardent et' plus jeune Parmi les hommes de ce pays de toutes les audaces, nous no saurions choisir de type plus parfait, pour l'offrir aux méditations de tous ceux qui, à l'aurore d'une ère nouvelle, s'inquiètent pour nos fils d'un meilleur devenir, que celui du beau lutteur qui s'est dressé, à l'heure critique et nous a sauvé de la famine. AI. Herbert Clarlc Hoover n'a que 44 ans; il est né à West Branch (Etat d'Iova) le 10 août 1S71, de parents quakers. il reçut le degré de maître ès Arts, de l'Université de Stanford, en 1S95, côlui de « Doctor of Laws », do la Bi;own University en 11)16 et do l'Université de Pensylvanie, en 1917. Ingénieur du gouvernement des EJats-Unis, pour les explorations et recherches géologiques, dès 1893, ot ingénieur géologuo dans les montagnes Sierra Nevada, dès 1395, directeur des Mines à New-Mexico, en Californie et en Australie, en 1896, il se rendit ensuite en Chine, comme ingénieur en chef, choisi par le gouvernement impérial chinois, pour les affaires de mines. Jl fit des explorations â l'intérieur du pays et prit part à la défense de Tientsin pendant la révolte dos Bopcers. Il aida à la construction du port de Cliing Wang Tow, et devint directeur do la « Chinese Engineering et Mining Company >. Après avoir visité la Chine, l'Australie, l'Afrique du Sud, etc., il fut, â Londres, membre du Conseil d'administration d'im- Sortantes sociétés qui avaient des intérêts ans ces pays 11 se trouvait à, Londres lorsque, en 1914, la guerre éclata. L ambassade américaine près le gouvernement britannique eut recours à lui pour l'organisation d'un comité de rapatriement des Américains sa tpouv&ui on Europe. Quelques semaines plus tard,, à la suite des démarches faites par M. Brand Whit-lock, en vue d'organiser le ravitaillement do la Belgique, M. Hoover fut placé à la tête de la a Commission for Relief in Bel- Sium », cette œuvre grandiose qui assura epuis lors l'achat, le transport et la distribution e.n Belgique et dans le nord de la France, des vivres et des vêtements. M. Hoover n'hésita pas à abandonner toutes ses affaires personnelles pour se dévouer complètement à cette œuvre. Il a connu, il a vu de près la misère physiologique de nos populations, et il fit l'impossible pour combattre, grâce h l'aide puissante de son généreux pays, le spectre de la famine dont nous étons menacée. Au mois d'avril 1917, quand l'Amérique entra, dans la guerre, M. Hoover, appelé à Washington.fut nommé président à la Commission du Conseil do la Défense nationale pour _ les vivres ; le 10 août 1917, il -était choisi comme administrateur des vivres par le président' Wilson; depuis lors, il dirige, pour ainsi dire, tout le ravitaillement des pays alliés. Nos enfants des écoles se préparaient, hier, à l'acclamer comme un çrand, un vrai, un bon St-Nicolas descenau. parmi eux, et il n'etit pas manqué d'en être très ému, non pas seulement parce que c'est un tendre, en dépit des apparences, mais aussi parce qu'il s'intéresse énormément aux questions d'éducation. Il fait, en effet, partie du Conseil de l'Université de Stanford. Récemment, la présidence de cette Université lui fut offerte, mais bien qu'il rêva, depuis longtemps, d'occuper ce poste, il eut le beau courage de refuser pour réserver toute son activité à l'œuvre à laquelle il s'était donné tout entier. Quand M. Hoover pourra rentrer dans la vie normale, il se souviendra qu'il est membre des différentes sociétés géographiques du monde, de la Société des Ingénieurs civils de France, de la Société belge des Ingénieurs ot des industriels, et que nombre d'affaires industrielles l'attendent. Cet homme a l'activité débordante, incroyable, se souviendra, qVil est l'auteur de plusieurs livres remarquables, traitant des ripostions minières ot de publications techniques, il nous en donnera d'autres, non moins u.té-rossantes où il nous exposera v,e que lot la guerre, la grande guerre alimentaire, celle qui permit si bien aux alliés de tenir, d'avoir, comme disait Clémeneeau « le dernier quart d'heure ». S. O. Buth. UN PORTRAIT D'HOOVER PAR M. BRAND-WKITLOCK ... « Un soir, en novembre,, nous dit M. Brand W'hitiock, le plus aimable, le plûjs charmant 'des diplomates, comme nous nous tenions, après-dîner, devant le fou flambant dans la grande ch minée de s< salon, avenue Louise, M. Franqui me fît, de sa manière animée, un portrait de M. Hoover. C'était un portrait impressionniste, tracé à grands traits, un portrait commandant l'admiration comme il semblait en avoir jété inspiré. M. Franqui le compléta finalement par un ges.te rapide, décrivant .un demi-arc de cercle sous son propre' menton, et dit: « Une mâchoire, vous savez! » Le dîner avait été donné en l'honneur de M . Hoover, mais celui-ci, retenu à la frontière hollandaise, n'avait pu arriver à temps, nous comptions qu'il serait des nôtres le lendemain matin; nous attendions sa veiiuè avec impatiente, car la grande tâche d'organisation prenait des proportions effrayantes. Je n'avais jamais rencontré mon compatriote, et ne le connaissais que comme le riche Américain ayant si adroitement organisé le rapatriement des Américains réfugiés à Londre-, au début de la guerre. Je n'avais, de sa personnalité, que les seules impressions qui pouvaient naître de dMix dépêches laconiques qu'il m'avait envoyées. M. Franqui parlait de M. Hoover, ce soir-là, en termes d'admiration: C'est précisément, me dit-il, l'homme c.u'il f.° it pour accomplir la tâche ardue qui se présentait. La description de M. Franqui évoqua en fait en moi une si grande fleure, que je m'attendais à voir un homme physiquement plus grand que celui que je trouvai, piétinant nerveusement le plancher de mpn bureau, lorsque, lende main après-midi, je descendis après que sa carte m'eût été présentée. Il donnait l'impression d'être grand, bien qu'il fût de taille moyenne, parce qu'il était mince, il avait ies mains et les pieds extrêmement petits; ses mains étaient généralement dans les poches de son pantalon, et, avec nervosité, elles faisaient s'entre-chocuer. et tinter constamment les pièces de monnaie qu'il y laissait négligemment, comme s'il obéissait à ce préjugé américain qui dédaigne une bourse parce que c'est un signe de parcimonie. Il était modestement vêtu de serge bleu foncé, et portait une cravate noire. * Sa figure, fraîchement rasée, avait un aîr de jeunesse, et n'était pas du tout la face sanguine du type de l'homme d'affaires, mais une figure sensitive, avec une bouche délicate, des lèvres minces, une figure à l'expression lasse, comme celle d'un homme qui dépense trop de force nerveuse et est toujours fatigué. C'était une figure qui, avec ses yeux sombres, ses sourcils parfois intensément froncés, sous le large front blanc, sur lequel l'abondante chevelure noire tombait quelque peu en désordre, l'aurait marqué comme un idéaliste si ses traits dominant^ n'avaient été indubitablement ceux d'un homme de ferme volohté, de force et d'action. Sa mâchoire, large et ferme, que l'on remarquait immédiatement, rappelait la geste caracteristique .de M. Franqui. Son idéalisme se révéla dès les premières paroles qu'il prononça au sujet des Belges et de leurs souffrances. Il le3 portait déj dans son cœur. Cet idéalisme se montrait également dans ses yeux, qui étaient doux et pleins de pitié quand il parlait des pauvres Belges. ^'enfonçant dans un grand lauteuii, il me parla d'eux d'une voix basse et agréable, mais ce ne fut pas long: il en arriva pTerque tout de suite aux moyens pratiques de les aider. Je lui décrivis la situation et lui parlai de toutes les difficultés que nous avions de notre côté, et j'appris de lui ce qui s'était passé à l'extérieur. Il avait eu beaucoup de difficultés lui-même, mais il étai+, parvenu à les surmonter toutes bravement. Il venait d'arriver en auto de Hollande, et était accompagné, cet après-midi-là, de M. Shaler, du Dr Rose et de M. Bick-nell. Le Dr Rose et M. Bicknell représentaient la Fondation Rockefeller, et venaient pour se rendre compte des conditions dans lesquelles se trouvait la Belgique. Ils commencèrent à m'inter-roger, et pendant deux heures je répondis à leurs questions; quand ce fut fini j'étais aussi fatigué que si j'avais plaidé devant la Cour Suprême!... » LA RENTRÉE AU TRIBUNAL PES RÉFÉRÉS Après los juridictiqne supérieures, cours d© cassation et d'appel et cour militaire, apiès le tribunal de .commerce, le juge dos référés, en l'espèce M. le premier vice-président Be-noidt, remplaçant le président du tribunal, M". Dequcsne, démissionnaire pour cause de limite d'fige, a tenu, hier mauji, son au-.dier.ee de rentrée. I.-a j>otile f/rvlle, où sièpo cette juridiction spéciale, était comble, lorsqu'à 10 heures, K. Benoidt. accompagné de son greffier, M. Trefois, salué par d'unanimes applaudissements, y fit son entrée. An nom du l'ari.?:\u, M. Botson, ancien bâtonnier. A' dit combien il était heureux de prendre la parole dans cet auditoire silencieux depuis 3i. longtemps. M. Botson a fait ensuite un juste •'•logo du piagistrat qui a défendu, avec tant d'énergie, l'indépendance de la magistrature, énergie qu'il a payé durement, mais dont aujourd'hui il est récompensé. A M* Botson, succède M* Thiry, président de la chambre des avoués, qui prononce le discours suivant: « Comme louo les corps judiciaires, la corporation des avoués s'est rendue solidaire de l'attitude prise par la magistrature et est heureuse de pouvoir, aujourd'hui, on toute indépendance, reprendre ses fonctions. Les avoués sont heureux de vous revoir. M. le «résident, et de saluer h ce siôge un maTislrat qui a dû maintenir bien h?ut le prestige de la justice, sans vouloir transiger avec l'autorité occupante. Ce vous sera toujours un grand honneur, ot .ie suis heureux de pouvoir vous en féliciter, au nom de mes confrères. » M. Benoidt. profondément ému, ne parvient qu'à articuler ces mots: « Je n'ai fait que mon devoir et suivi l'exemple du grand bâtonnier. M* Théodor. » Sa voix 8'éteint. s?s yeux s'emplissent de larmes et, finalement, au bruit des acclamations do tous, il descend de son siège et embrassa i.if f eot u r u pom en t M" Botson nt Thtery, puis, frwrmontant l'émotion oui l'<rtre;.nt et quo tous partagent, il déclare l'audience ouvert». UNE FORTUNE DISPARAÎT MYSTÉRIEUSEMENT TTn industriel, directeur d'une important© usine du Nord de la Francs, c' ait descendu, récemment, avoc sa famille, dans un hôtel des environs de la gare du Nord,, dans lo but do remettre en ordre les affaires do l'entreprise qu'il dirige. Hier, il chargeait un commissionnaire de conduire à la consignation de la gare, ses bagages, assez nombreux. Ils furent placés sur une cfiàrette à bras, en même temps q.ue ceux d'un autre voyageur, resté inconnu.Arrivé à la gare, le commissionnaire remit à colui-ci co qui lui appartenait et attendit, pendant un certain tompfc, l'industriel.Quand celui-ci arriva, il s'aperçut qu'une x valise assez volumineuse ne se trouvait plus au nombre de ses colis. Toutes les recherches faites pour la retrouver furent veines. On s? demande si elle a été enlevée sur la charrette ou si, par erreur, elle a été remise à l'autre voyageur. Le commissionnaire ne se souvient pas très bien même s'il l'a transportée. Cette disparition a causé lo plus vif émoi, lorsqu'on a su que la valise contenait quatre cents mille francs en billets de banque et pour glusieurg miHjpn* do bpna^ de réquisition?

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Dieses Dokument ist eine Ausgabe mit dem Titel La dernière heure gehört zu der Kategorie Liberale pers, veröffentlicht in Bruxelles von 1906 bis unbestimmt.

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