La gazette

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s.n. 1918, 23 November. La gazette. Konsultiert 28 November 2020, https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/de/pid/hx15m63035/
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AiaorVIVEftSElVTS : Les abonnements sont reçus aux bureaux du journal. Nous en ferons connaître prochainement les conditions que nous ne pouvons encore fixer actuellement. LA GAZETTE AurrvorvcE» s ANNONCES ORDINAIRES s 50 centimes la petite ligne. RECLAMES (Après les spectacles) : 2 francs la ligne. FAITS DIVERS (Corps du journal) : 3 francs la ligne, (l'in du journal) : 2 francs la ligne. NÉCROLOGIE l 2 francs la ligne. Pour les annonça, s'adresser au service de ta publicité BÉD ACTION et ADMINISTRATION : 86, RUE BU MARAIS, BRUXELLES. — Téléphone j Admin°s"ra'tion \ \ \ \ b tllr * LE TRIOMPHE DU ROI — Quand le Roi reviendra l... — Quand les Alliés reviendront!... Les avons-nous entendues assez souvent, depuis le début de la guerre, ces petites phrases, prononcées parfois avec une nuance d'angoisse, mais le plus souvent avec le ton de la confiance, de la certilude, de la foi la plus ardente. Que d'espérances, que de rêves elles éveillaient en nous ! La Belgique délivrée d'une tyrannie intolérable, l'ennemi battu et châtié de ses cri mes, la liberlé reconquise, la paix rétablie, la possibilité de revenir à la vie paisible et laborieuse d'autrefois. Voilà ce qu'on entrevoyait en disant : — Quand le Roi reviendra ! — Quand les Alliés seront revenus 1 Et voilà que l'événement s'est réalisé, et mieux en.'ore, plus complètement qu'on n'eut osé l'espérer.Ils sont revenus glorieusement, triomphalement, et, pour qu'il ne manquât rien à la fête, ils sont revenus par un temps aussi radieux que la vicloire. Bruxelles, qui a pu apprécier le danger auquel elle avait échappé et le bonheur.qui lui échoit leur a fait un accueil délirant. Bruxelles a gardé le souvenir de belles fêles : mais elle n'en a point vu de comparable à celle-ci. Jamais, après de pires épreuves, la vil'e n'a passé une pareille journée d'ivresse et d'entliou-siasme. Sauvés ! nous sommes sauvés du plus . terrible des dangers auxquels nous ayons été exposés peut-être, dans le cours des âges. Voilà ce que nous avons senti profondément hier. Sans doute, il restera, après l'armistice qui nous a valu cette délivrance, à conclure la paix définitive. Mais nous savons qu'elle est en bonne voie, qu'elle nous donnera toule satisfaction, que l'Allemagne, qnoi qu'elle fasse, ne pourra re prendre te dessus, qu'elle devra se résigner ai sort qu'elle a cherché. Nos soldats, leur chef, nos alliés ont enlendi le cri de gratitude que nous avons poussé ver: 8UX. Nous avons connu les sombres jours où notri armée se retirait d'Anvers, battait péniblemen en retraite devant un adversaire insolent et iin placable, où elle ne parvenait, au prix d'héroï ques efforts, à défendre contre l'invasion qu'ui petit coin de notre territoire, cette humble régioi qui s'étend au-delà de l'Yser. Aujourd'hui, ce sont nos agresseurs qui se sau vent lamentablement, se hâtant, sans espoir, ver: leurs pays en proie à la famine, à l'anarchie. Leur odieux empereur, cause première de tou le mal dont le monde a souffert, et qu'ils on vomi comme une chose immonde, a làchemen pris la fuite. C'est par le sac de Visé qu'il avait commence le cours de crimes ei c'est par vise qu il esi sorti de la Belgique pour aller attendre, en llol lande, le sort que ses juges lui infligeront. A-t-i compris? Albert I" nous revient avec l'estime, l'admira tion du monde entier, et la plus belle auréole qui puisse envier un prince : celle que conl'èren l'accomplissement du devoir et la confiance dan: le droit. Vous rappelez-vous ce qu'il disait à la Cham bre le jour où, après la déclaration de guerre, i s'y rendit au mi.ieu d'acciamations dont celle; d'hier semblent l'écho prolongé et amplifié : Notre résistance sera irréductible! Elle l'a été. Le Roi a tenu sa parole ; et le Pay: lui a donné raison, et l'a assisté de toute soi âme. Et il peut attendre, avec confiance, la répa ration et la juste compensation des maux qu'il ; soufferts. LS7 IflJLTIJST A quelle heure se sont levés les premiers qu: sont sortis de chez eux pour aller voir la rentrée du Roi? Il faut s'être levé soi-même bien tô1 pour le savoir I A six heures, dans les quartiers excentriques de nombreuses familles, plus matineuses que lt jour, sont déjà en route, se hâtant vers les voies où doit passer le cortège. Mais on nous assure que ces familles-là sont des retardataires, que depuis cinq heures, depuis quatre heures, lei vrais amateurs tenant à avoir de « bonnes places »> sont partis de chez eux. En cette saison, e1 par le froid vif qu'il fait le matin, cela montre l'intérêt qu'a excité la cérémonie. Dans tous les quartiers de l'agglomération par toutes les voies conduisant au fameux itiné raire : porte de Flandre, Bourse, place Rogier porte de Schaerbeek, rue Royale, rue de la Loi des gens se hâtent, marchant dans la même di rection, avec la crainte visible d'arriver en re tard. D'ouvrir les boutiques, les cabarets même, i n'en était pas question ! Les marchands d9 jour naux ont lâché le métier comme les conducteur! de trams. Le grand chômage a été résolu d'ui commun accord. Toutes les maisons se vident. E à mesure qu'on avance, les rues se remplissen par contre-coup. Le cours de la circulation de vient plus actif, plus abondant. Et on se de 'mande, en songeant à la longueur et à la largeu: i limitées des rues vers lesquelles se dirigent tou: ces gens-là. où ils vont se fourrer, comment Û: ! pourront s entasser dans l'espace disponible. Beaucoup, naturellement, et des plus vigî lants, se sont munis de perchoirs po\jr pouvoi dominer l'humble multitude qui restera sur li trottoir ou le pavé. Ils trimbalent avec eux de chaises, des tables, des échelles, suivant l'usagi . ancien de Bruxelles. Ou bien, ils poussent de ; charrettes à bras ou conduisent aux bons en droits d'autres charrettes, aussi vastes que pos sible, sur lesquelles ils loueront des places à lu bon prix. Ils se doutent bien que tout trouven \ amateurs 1 D'innombrables compagnies de Boys Scout belges se montrent. Les Boches les avaient sup primés et nous avaient infligé la présence d< leurs boys scouts à eux, dont vous vous rappele: l'impertinence, les feutres gris sale à bord re , troussé et à cocarde, — si bien assortis à leu ' genre de beauté ! — et auxquels on eût si vo , lontiers mis le pied... quelque part. Les nôtres pullulent maintenant. D'où sor tent-ils? Où ont-ils trouvé leurs jolis chapeau: américains, à bourdalou do cuir, et leurs pèle rines khaki toutes neuves? Nous l'ignorons mais nous sommes sûrs que ce ne sont pas le Allemands qui, avant de partir, les leur ont pro curés pour raire une « ponne avaire » — corn m ils nous ont procuré, dit-on, une partie do no di*) peaux... Du reste une grande fantaisie règne encor dans les uniformes. Il y a des bonnets de polie à la belge et il y a des coiffures de fantaisi variées. Des membres de la corporation se son accommodés de la chemise de flanelle avec d«E culottes et des bas. D'autres ont dû se contente de leur costume vulgairement bourgeois. Mai tous marchent et évoluent consciencieusemen sous le commandement de leurs officiers : — •Tt&el deux 1 "ne! deux! Ça réchauffe «t r /. . . _ f / i ^ i . f pare au métier des armes. Il y en a de différents l€ âges, beaucoup de tout petits — qui n'ont pas le voulu attendre, pour entrer dans la carrière, que c leurs anciens n'y soient plus ! £ Des écoles en rangs affluent, filles et garçons, ^ la plupart ornés d'écharpes aux couleurs de leurs communes, de coiffures où éclatent les couleurs nationales, de petits drapeaiix. Les institutrices ° et les instituteurs se sont mis en toilette. Ceux- c ci ont sorti des cartons leurs « chapeaux buses », qui y languissaient depuis si longtemps, et aux- n quels un coup de fer a rendu un vif éclat. Vous verrez que le chapeau-buse, qu'on croyait aboli, t va continuer sa carrière. Des députations d'innombrables sociétés bru- a xelloises circulent aussi ; elles se sont mises sur ^ leur trente-et-un ; et elles promènent leurs bel les bannières de velours, de soie, de tissus pré- " cieux amplement brodés d'or qui avaient, elles " aussi, disparu depuis si longtemps, reléguées b par prudence, en des endroits sûrs. a JLJL FOUI^in | Très gracieusement, on a mis des autos militaires -à la disposition des journalistes pour les ( conduire jusqu'à la Forte de Flandre et les ? ramener au Palais de la Nation. Comme ceia, ( ils verront l'arrivée du Roi sur le territoire de 0 Bruxelles et l'aspect de la foule sur le parcours T du cortège. r Nous partons de la Place de la .Liberté, où c du monde passe, passe se dirigeant vers la Colonne du Congrès. Où vont-ils encore trouver place, ceux-là? Et tout de suite, nous constatons qu'il y a quelque chose de ch.ingé dans la situation des journalistes bruxellois, de ceux qui n'ont pas « fauté d pendant la guerre, s'entend. Autrefois, dans les cérémonies otficielles, le public nous considérait un peu comme des gêneurs, des intrus ayant accès par une faveur injustifiée, aux bonnes places, aux observatoires choisis. Et il ne manquait pas de nous témoigner sa mauvaise humeur. Maintenant, nous entendons murmurer autour de nous du ton le plus flatteur' : — Ce sont les journalistes ! les journalistes bruxellois! ceux qui peuvent paraître... Et on nous sourit, on nous fait de petits signes amicaux, on nous considère avec une déîé- 1 , rence délicieuse. Nous commençons à trouver j qu'il est bien doux d'avoir clé opprimés, d'à- -' voir été des victimes de la guerre. On a des compensations. < Nous partons donc, un peu après neuf heu- ( les, par la rue de l'Association. Mais au bas ' de celle-ci, bernique ! Une barrière infranchissable d'échelles, de commodes. d'éch^f»" ' chaises, de charrettes, et une agglomération de ' curieux enchevêtrés parmi ces objets, ou juchés 1 dessus, nous barrant le nncsasre. • sa sympathie pour la presse, cette foule est dans l'impossibilité de nous ouvrir un passage. 1 Elle ne saurait bouger plus qu'un lot de harengs dans leur 'caque. iNos chauffeurs f>-Yé£>ntpr>+. ««« v,Vnço «sa vant et au milieu des abondantes et suaves effluves du pétrole — après qu'on a été privé pendant quatre ans du plaisir d'aller en auto, ce parfum-là fait tout de même plaisir ! — nous • revenons place de la Liberté, nous coupons vers ; le Boulevard et nous le descendons vers la porte , de iSchaerbeek. ; Ah! ouiche... Là, c'est bien une autre affaire! Il y a dix fois plus d'échafaudages, tant fixes ■ que roulants à franchir, que de l'autre oôté. Le [ boulevard Botanique est plus inaccessible par i cette voie que par l'autre. Il faut trouver un autre moyen de passer. Nous revirons avec art. et nous nous mettons ; à remonter le boulevard iBischoffsheim, jusqu'à L la rue de la Loi, que nous enfilons à droite. Elle n'est point barrée par la foule-, le cordon do «=ol-1 dats nous laisse passer, et nous voilà dans l'es- i pace V'He meuno-p lnc Ho-iy • + « | de curieux, pour le passage du cortège. Nous suivons donc & rebours, le chemin de celni-^i. ! Nous constatons avec satisfaction que l'abri nue les Allemands avaient construit dans le Parc, à l'angle «le la rue Royale et de la rue de la Loi aura servi à quelque chose! On en a Tait une tribune pour voir le passage du cortège. Ils ne s'atte.idaient pas à ça, eux! Nous nous engouffrons dans la rue Royale, et à partir de là, c'est vraiment effrayant. J ai vu de grandes foules, déjà: J°ai vu celles qui s'étaient accumulées à Vienne lors du mariage de la princesse STéphanie avec l'archidro Rodolphe (lointain souvenir). Et je croyais qu'elles représentaient un maximum... Mais ce n~était rien au prix des agglomérations humaines d'aujourd'hui. On pourrait semer des pois ïa-ae-dans : ils n'arriveraient pa3 jusqu^à terre On , s'écrit . derrière les vitrines, aux fenêtres, sur les balcons; et les reverbères, les anfractuosifes des façades, tout ce qui surgit du sol, tout ce qui s'offre, au-dessus de sa surface, une tablette, une saillie de quelques pouces, tout ceia est occupé par d'audacieux acrobates qui s'y accrochent on ne sait comment, s'y tiennent en équi- : libre par miracle, se moquent de toutes les lois < de la pesanteur. Devant la Colonne du Congrès, nous jetons : un cri de terreur en voyant les prodigieuses grappes d'équilibristes qui se sont accrochés aux arbres du square. Comment les branches résistent-elles à cette charge? C'est à n'y rien comprendre. Mais quelle saisissante apparition que la Colonne du Congrès elle-même, enguirlandée d'éclatantes, de gigantesques écharpes tricolores, du haut au bas. C'est d'une simplicité parfaite ; et cela fait un effet merveilleux. Nous revoyons en passant le bas de la rue de l'Association, que nous n'avons pas pu franchir tout à l'heure ; et nous comprenons encore mieux, en contemplant l'obstacle de ce côté, pourquoi nous n'avons pas pu le percer ! Porte de Schaerbeek aussi, nous nous rendons mieux compte de l'impossibilité qu'il y avait à passer. Il y a là quelques vieux omnibus qui font preuve d'une résistance inconcevable. Comment ces gens ont l'audace de s'accumuler là-dessus, comment ils s'y maintiennent, c'est un mystère de statique et de psychologie impénétrable. Quant au boulevard Botanique lui-même, il a tous ses arbres garnis comme ceux qui végètent au bas de la Colonne du Congrès ; et c'est apparemment parce qu'il- n'y avait plus de place par terre que leurs occupants ont été ainsi repoussés, du niveau du sol vers les hautes branches. Sur la balustrade du Jardin Botanique, il y a une double rangée d'amateurs. S'ils tombaient du côté du Jardin, ils seraient tues, s mais ça leur est bien égal. Quant aux fenêtres „ et aux balcons du boulevard, c'est fou! s Des deux côtés-du ruban libre que nous sui-b vons, aux premiers rangs des spectateurs, sont - rangées, partout, les écoles de toutes nos com- - mun.es, avec leurs écharpes, leurs coiffures. urs petits drapeaux, leurs ornements aux cou-iurs nationales. 11 y en a de très jolies, de ces riffures. Les écoles religieuses sont là aussi, es sœurs grises ent imaginé de mettre à leurs llettes de petits bonnets de police khaki, Dmme ceux de nos soldats. C'est gentil. Mais i sont-elles allées chercher cette idée auda-euse, les bonnes sœurs? Cependant, nous nous apercevons qu'une ru-leur flatteuse nous suit au passage : — Ce sont les journalistes ! les journalistes, 'n gosse, ironique, nous crient en riant: — Le i JBruksellouâââs », la a Belchique ! » vec l'accent que vous connaissez. On acclame : ive la Presse! Je crois que de braves soldats, lême, nous font l'honneur de se mettre au port 'armes. Et ça ne cesse plus. Décidément, il est ien agréable d'avoir été victimes de la guerre ! Cohue sur les estrades de l'hôpital Saint-Jean ohu-bohu d'enfxnts courant pour rejoindre îurs « positions •». Fourmillement de têtes aux ôtels de la Place des Nations et du boulevard u N... pardon! du boulevard Lemonnier. Marseillaises » chantées par la foule au r>as-age dun officier français, a Brabançonnes », t cohue oui va crescendo. Au Point Central, le out) d'ceil du prolongement du boulevard Ans->ach, plein, à perte de vue, d'une foule im-lense qui pousse désespérément pour avoir aces an snectacle. nous étonne encore. •Et puis voici *a bonne vieille rue Sainte-Ca-herine, où une musique militaire éclatante, la remière que nous entendons, nous sfflue au •assa^e. Ah! les beaux cuivres! comme ils son-lent clairement et ioyensement. Et quel con-raste avec la Ino-nbre et lourde musique alle-nande qui défilait, dans la matinée, rue levale ! Voici la rue de Flandre, la porte de Flandre nfin, où les maisons, à quatre ou cinq étapes, ont tellement nleines de curieux qu'on n'en oit plus les bri ornes : on n'y auercoît. plus que les têtes et des épaules. On a l'hallucination de nonuments construits en êtres humains! Et au-r>ur de nous les soldats et les policiers arc-bon-és. énaulés là la feule, poussent, poussent pour 'empêcher d'envahir l'espace où l'on attend le loi. Tous les bourgmestres sont lc\. avec les écbe-rins, Ips conseils communaux. Et on entoure M. tfnx, 'M. Jacomain, M. Lemonnier, le docteur Dcuage, en uniforme. 'Et on est heureux de saluer tous ces hommes lévoués qui, pendant les dures années de l'oc-îunafion, ont rempli des fonctions si ingrates la^s des circons+aoces si difficiles, et montré la orce de nos vieilles institutions communales. On attend un peu fiévreusement le Roi qui /a arriver. Il est aux Etangs-Noirs ent-on, où le eeoit M. Mettêwie. On piétine. Et tout à coup 7oici des gendarmes, nos gendarmes, dans leur in ci en uniforme 'à peu près, mais avec le cas-îue aussi au lieu du bonnet à poi' Ft le h'oi îst derrière eux. très beau sur un cheval blanc. Dn s'amasse autour de lui. Il a bonne mine, uaic l'air de son vi^a^e est chan«rp T1 n'n nas, inoitli, mais mûri, dirait-on; et c'est penché lé-Tèrement sur sa monture qu'il répond au dis-:o"rs de M. -Max. Le souverain et le bourgmestre, dont nous donnons plus loin les discours, parlent tous Inux avec étoouence. no^j^nient, simplement, ■lisant les paroles qu'il faut. La Reine est à sôté de son miri, à cheval aussi, gracieuse et fine dans sa jolie amazone d'un ton entre le khaVi et le mastic, une petite toque très simnle sur la tête. Les princes Léopold et Charles-Théo-^orp. doux grands jeunes t^s élancés, sont là aussi. fRt cette ioli^ jeune fille aux yeux clairs, aux cheveux blonds frisottés, A cheval aussi, c'ost la princesse "Marie-José, nui était encore une fillette quand elle est nartie. C'est elle qui a le nlus ehnn^é de toute la famille! Les acclamations, maintenant, ne cessent plus. Nous courons -à nos autos que nous devons reprendre pour pré^é-ler le cortège. Nous entendons les clameurs enthousiastes qui nous suivent et, oui saluent", avec In famille royale |o mnrée^pl Pétain. le général Pershing, le f«ld-maréchal Doublas qui accompagnent le Roi. Toutes les têtes sont découveries. toutes les mains se tendent, tous les mouchoirs sont en l'air, tous les petits drapeaux s'agitent frénétiquement. M. Max. en auto, précède le cor-ïège, chaleureusement acclamé lui aussi. La r^ule a encore grossi s'il est possible. Bue du Congrès, un bonhomme monté au sommet d'un reverbère, y a h;ssé sa bicyclette avec lui ! Et 3ur les aubettes des tramways, il y a des entassements à faire frémir. Elles doivent être encore plus soli'les que les voitures de la Compagnie. Le cortège arrive rue de la Loi, passe devant l'ancienne « Kommandantur », enfin désaffecte — et désinfectée: et le Roi arrive devant la Chambre <à laquelle il a tenu ià faire, en arrivant à Bruxelles, sa première visite. A la Porte de Flandre. Le cortège royal en marche vers la capitale, •eçoit les premiers souhaits de bienvenue à son înlrée sur le territoire de Molenbeek Saint-Jean. M. Mettewie, bourgmestre ff. de la commune, •appelle les souffrances endurées par la popula-iion civile au cours des cinquante-deux mois d'oppression maudite et l'union solide qui rendit vaine oute la campagne défailiste menée par l'ennemi. Il célèbre l'héroïsme du Roi, de nos soldais, de îos glorieux morts, de nos magnifiques alliés, 'assistance que nous ont prêtée les Etats-Unis. 11 adresse un hommage mérité aux ministres l'Espagne et des Pays-Bas, hauts protecteurs du Comité National dit et exalte l'admirable iévoûment de la Reine. Les quatre années de souffrances, de luttes, l'héroïsmes communs ont, dit-il en terminant, m scellé entre le Peuple belge et la Dynastie une union désormais indestructible. Vive le Roi, vive la Reine, vive la Famille Royale, vive notre glorieuse armée, vive la Belgique une, libre et indépendante. Vive le Roi ! Le cortège se remet en marche aux acclamations délirantes de la foule et atteint à i 1 heures L> minutes la Porte de Flandre où depuis 7 heures :lu matin s'entassait une cohue compacte maintenue difficilement par le service d'ordre. La foule a envahi les toits des immeubles, hérisse même celui de la tribune où de brillants £tats-majors in'.ernâtionaux coudoient les bourgmestres, échevins. conseillers communaux des faubourgs et les représentants de la Presse. M. Adolphe Max, entouré des échevins de Bruxelles se porte jusqu'au milieu du.pont du [•anal — c'est la limite de Bruxelles — pour recevoir à leur entrée sur le territoire de la capitale le Roi et la Famille Royale. Lorsque le tumulte forcené des acclamations lui permet de prendre la parole il s'exprime ainsi : Sire, Depuis plu3 do quatre ans, la Capitale attendait cette minute. Elle l'attendait avoe impa tience, avec fièvre, mais jamais le doute n'a ébranlé sa foi. Elle avait la certitude que, tôt oa tard, il lui serait donné de voir revenir vers elle, victorieux, le Roi dont elle avait, au début d; la guerre, salué la noble et virile décision et dont l'exemple l'avait enflammée de cette abné- 1 gation généreuse qui élève et grandit le patrio- 1 tume au point de l'égaler à l'amour de l'Huma- < n té. Oui, la Belgique s'est offerte en sacrifice pr>ur un idéal qui plane bien au delà des intérêts qu'enferment les limites de ses frontières. Le peuple de Bruxelles a connu des souffrances ( indicibles, mais il les a supportées sans plainte, i lt*> yeux tournés vers l'avenir. La rentrée du J Roi et de l'Armée, dans l'apothéose du triom-p' e, lui apporte aujourd'hui la récompense qui < lui était due et c'est frémissant de bonheur que, fiMr de pouvoir parler en son nom, j'enveloppe d< ns un même hommage de gratitude et d'ad mjiration nos Soldats incomparables, dignes partenaires des troupes alliées aux côtés desquelles 1 il- ont combattu, et l'héroïque Souverain qui, à îieur tête, a conquis pour lui-même et pour la Belgique, dont il incarnait l'âme, la gloire la pris pure. ÏQu'il me soit permis d'associer à cet hommage n< tre Reine, dont nous savions, dès avant la £3ferre, la bonté, mais dont nous connaissons î.r si maintenant le mâle courage, et de confon-dv nos jeunes Princes et la gracieuse Princesse T V rie-J osé dans les acclamations que nous adres-soas à Ceux dont les exemples guideront leur avenir. Vive le Roi, vive la Reine, vive la Famille î ovale ! Vive notre Armée, vivent nos Alliés! "Des hourras vibrants couvrent les derniers m )!s de ce discours én ouvant prononcé par le j)i"s populaire des bourgmestres. On crie : Vive la Reine ! Vive Max ! jLe Roi qui a écouté penché sur le col de sa n n'ure, un beau cheval blanc, au frontail doré, les souhaits de bienvenue du premier magistrat de Bruxelles, lui répond dans les termes suivants : Messieurs, (La Reine et moi, nous avons écouté avec émo-ti in les éloquentes paroles que vient de nous aor.esser votre Bourgmestre. C'est pour nous le plus beau jour de notre esjf^tence que celui où nous rentrons dans cette be l© capitale délivrée enfin par la victoire des Alliés, après quatre ans et demi d'épreuves. Nous nous réjouissons du fond du cœur de retrouver nos concitoyens qui n'ont jamais cessé ' d'avoir une foi ardente dans la victoire du Droit, ■ qu n'ont jamais cessé de rester le front haut ! comme il sied à des hommes libres, devant les i brjtalités de l'oppresseur. Je viens leur rendre ici un profond hommage i d'admiration. Messieurs, Nous saluons en M. Max l'exemple des plus . hr.'iites vertus civiques. Votre Bourgmestre a été h«^-oïque ; il s'est placé au premier rang des plus il] istres magistrats communaux de notre Histoire.owiion formidable accueille la fin de ; " l'allocution royale. Deux j( unes filles s'avancent et remettent, au nom de la Ville, deux gerbes de tleursà la Reine, J qui remercie gracieusement. Le cortège reprend alors sa marche et fait dans t Bruxelles son entrée triomphale. ! Place da Brouckère. 3 D'aucuns prétendent que depuis la veille au " soir des gens onl arprn'é les boulevards du centre en quête de la bonne place. Il ne s'agis- ■ sait pas île rester immobile, car les pieds s'en-^ ourdissaient. i Dès 9 heures, ton' le long des trottoirs la foule s'amasse et les fent très se garnissent de têtes, t Cependant la circulation continue. Des cara- - biiiu rs assurent le service d'onlr s D'autre part aux coins, aux confluents des rues, s des grou; es- compacts se tassent et s'accu-mùlrnt; des échelles doubles se dressent avec - plusieurs curieux sur chaque échelon, les réverbéras branlent sous leurs charges h maines, 3 tandis que des gamins et des soldats anglais, se faisant la courte échelle, se hissent sur le " rebord supérieur d'une devanture de magasin. A l'entrée de la place da Brouckère, se lient ' un groupe d'officiers français et anglais. Des \ fourmis humaines grouillent aux façades des t maisons, s'accrochant à toutes les aspérités et . circulent audacieusement dans les gouttières. fies autos, des motos, des cavaliers, des socié-t tés, passent à tout moment et le public en belle humeur ne ménage pas ses applaudissements. t Plus d'un simple mortel, en huit rellets et en t redingote, connait là un instant de gloire. Dès dix heures, tout est en ordre. On attendait, on battait la semelle et le moindre incident soulevait des rires énormes. Tout à coup tous les yeux scrutent le ciel : ce sont des avions, une dizaine,-qui lanrent des ' fus) es et des petits drapeaux ! L'un fait la boucle, 1 l'autre descend en vrille, et deux belges volent si ' baâ que l'on croit à tout instant qu'ils vont enle-' ver les toits. On applaudit leur adresse et le [ temps passe. , Soudain une grande rumeur qui approche, les mouchoirs s'agitent. Une auto arrive : Max, le j gr;md Max ! il descend, confère un instant avec les'agents, puis remonte. ! M. Maix? M. Maix? Please? Where is this great î mati? interrogent des Anglais; ils braquent des 1 jumelles. La rumeur, devenue tempête, nous ; environne, nous bat les oreilles : "Vive le Roi ! Vive la Reine I Vivent les petits , Princes ! , Ija famille royale et les états-majors passent 2 vile au milieu d'une mer assourdissante de vi- 3 vais qui les précède et les suit. ijuis les troupes américaines, françaises, an-' glaises, belges défile"hMonguement. Les Américains, par leur simplicité et leur " gravité prseque sacerdotale, font sensation : on 5 diriit une armée de prophètes, qui suivent 5 l'étoile d'une grande idée. La grâce alerte des Français fait contraste : leur fanfare joue martialement YEntre-Sambre-\ et-\leu.se et la foule d'entonner en chœur. ' Des Anglais, qu'on dit flegmatiques, saluent la 1 foiue pleins d'entrain, alors que leur musique 5 écossaise de cornemuses jette l'étonnement. Puis des Belges, beaucoup de Belges; et chaque ' drapeau est salué par des hourras vibrants, 1 tandis que les soldats de la haie présentent les [ arnies. Le llux des acclamations ne s'apaise que pour re-. commencer encore, sans lin. ^ Rien de saisissant comme les gestes, les physionomies de cette foule en délire. Elle grimace, brandit les mains, frappe, ouvre des yeux exorbités; et toute secouée par des spasmes, on croi-. rait au'elle souft're. La ioie fait peur 1 D avant le Palais de la Nation. qu La foule massée depuis de longues heures tr< •ue Royale et aux abords de la rue de la Loi mi ittend l'arrivée du cortège. Le Parc a été pc învahi et les curieux serrent nerveusement mtre leurs mains les barreaux des grilles con- la -re lesquelles ils s'écrasent front et nez. tu Devant la Chambre, des carabiniers de la es louzième division font le service d'ordre. Un jai luron a apporté une flûte. Il joue des airs ^ îationaux. La foule, heureuse de ce divertis->ement imprévu, accompagne le musicien de ;es chants. On sent la gaîté dans le cœur de îhacun. Quelle fête ! cr' Des officiers de toutes les nationalités se promènent et causent. Des personnalités po- ve itiques : députés, bourgmestres, échevins, se P2 ;errent la main avec frénésie, heureux de se va •etrouver après quatre ans. Les principaux •eprésentants de nos corps diplomatiques : Vl. Yillalobar, M. van Vollenhoven, etc., ar- 80 •ivent en auto. Un groupe de prisonniers po-itiques traverse la rue. Le cardinal Mercier, ?n robe rouge, apparaît sur le seuil de la Dhambre. ^ Tout à coup, un long murmure d'admira- j)e bion court dans la foule. A l'horizon appa- ur naissent plusieurs magnifiques avions aux ^ ailes blanches. Ce sont les « as » belges. Après avoir survolé doucement la ville, ils passent ^ aux prouesses. Voici le glissé sur l'aile, la ^ boucle, la feuille morte... ja Un grand oiseau, un canard ou une buse, hl les suit d'un vol lourd et lent. On se moque so de l'oiseau naturel, on rit... Puis nos intrépides repassent à toute vitesse à vingt mè- pv très au-dessus des arbres du Parc et des mai- m sons. sé Une longue salve d'acclamations. C'est lui, tri ce sont eux ! La foule trépigne de joie et se le presse. Une auto paraît. M. Max, très ap- pt plaudi, en descend. D'autres autos suivent. D< — Viennent-ils "? n£ — Dites, où sont-ils1? Porte de Flandre? P< Boulevard Anspach? Au Nord1?... Di Ils viennent. Un brouhaha de voix, une ™ musique qui s'approche, ce sont bien eux, û cette fois. Précédés d'une escorte de gendarmes et de Jjj l'étendard du commandant en chef des trou- '. pes s'avancent le Roi et la Reine. Les clai- ^ rons sonnent aux champs. Des vivats solennels et fougueux,des acclamations qui,comme ^ une vague déferlante, s'élèvent et ne retom-bent que pour s'élancer plus vibrantes en- ,, core, saluent les souverains. Le Roi, en tenue de général en campagne, costume khaki et casque de combat, répond aux acclamations "■ par un salut militaire simple et cordial. ^ ^ La Reine est à sa gauche. Mince et élancée, 1© regard doux, elle sourit aimablement aux ^ femmes qui tendent leurs mains vers elle et , l'appellent : « Vive la Reine! Vive notre Reine ! » Près du Roi se tiennent le prince Léopold, jt le prince Charles, la princesse Marie-José, le ^ prince royal Albert d'Angleterre. p La suite est formée du maréchal de France, n Pétain, à l'allure martiale, fièrement campé sur son cheval; du général Pershing, comman- j| dant en chef des troupes américaines; de a Douglas Haig, feld-maréchal anglais; des généraux belges Gillain, Dégoutté et Jung- n bluth. j( Ils sont eux-mêmes suivis des missions mi- b litaires française, britannique, américaine e: et italienne, ainsi que d'un groupe de géné- s raux étrangers et des divers états-majors. La 11 foule acclame longuement. Les cris de: « Vive b la France! Vive l'Angleterre! Vive l'Améri- 1' que ! Vive l'Italie ! » saluent les représen- p tants des nations alliées. • n P Le Roi et sa suite se placent alors devant '' la Chambre, tête tournée vers le Palais royal et passent en revue les troupes, qui défilent devant eux et qui sont conduites par leur JJ chef, le lieutenant-général Biebu.yck. v Elles sont précédées par trois détachements alliés. si Voici les Américains, reconnaissables à la ^ forme de leurs bonnets de police et au vert plus prononcé de leur tenue, leur musique en- g; traînante et leur impassibilité; les Anglais et v' surtout les Ecossais avec leurs cornemuses ^ étranges, à la cotte de drap à carreaux verts et noirs, au béret rond; les Français, légers, alertes, rieurs, longuement ovationnés. g( Les voici, tous, nos alliés, que la foule ac- ^ cueille d'interminables hurras ! Une musique bien connue des Bruxellois n retentit! Les carabiniers sont là avec leurs d vieux airs traditionnels que chacun accom- a pagne en sourdine. Puis des cris s'élèvent : v « Vivent nos soldats ! Bravo les petits Bel- jj ges ! » Cette fois, c'est le délire ! d On salue respectueusement les drapeaux v tricolores sur lesquels s'inscrivent en lettres s< d'or les noms : Yser, West-Roosebeke. Con- d duits par le général-major Collyns, le lor, le 2° et le 3e régiment des carabiniers défilent par peloton, sur deux rangs de quinze à vingt i hommes, lieutenants en tête. Ils sont super- S bes d'entrain et de santé. <r Ils n'ont pas mangé du pain noir et des conserves pendant c trois mois comme les Boches », me dit line femme. Assurément non. # J Ils sont suivis par le 6° régiment d'artille-rie. Les canons acouplés dont l'acier des eu- u lasses reluit au soleil et les lourds caissons 8 avivent l'admiration de tous. Mais rien n'égale l'effet que produisent |,( les énormes pièces montées sur roues caoutchoutées, traînées par de lourdes et fortes j automobiles et que les soldats ont appelées très judicieusement : « La Terrible » et « La P Foudre ». j Le défilé continue. Le colonel d'Hespel, ^ avec le troisième et le quatrième escadron de g, lanciers, passe devant le Roi, au milieu de la joîe et de l'admiration générale. Un corps de carabiniers cyclistes clôt le cortège. Un officier supérieur parle quelques instants au Roi. Le défilé est terminé. Aussitôt celui-ci, accompagné de la Reine, de ia fa- ^ mille royale et de sa suite, se dirige vers la Chambre, pour y assister à la séance solennelle de rentrée. ^ Mais la foule est tenace et insatiable. Elle j, veut encore le revoir à sa sortie et lorsqu'il se v dirigera vers le Palais royal. Elle attend I donc pat^xnnvejit son retour, en causant fa- le lièrement avec les gendarmes et les Boldats i défendent les abords de la Chambre con-i les personnes trop désireuses de voir. Nos itilés se groupent des deux côtés de la* rte par où doit sortir le Roi. Jn huissier paraît. Le Roi vient. Il sort de Chambre et adresse quelques paroles affec-3uses à ces glorieux blessés. Son langage : simple et compatissant. Il parcourt leurs ags, s'intéressant à leurs maux, les récon-•tant d'une douce parole. La Reine le suit. >mme lui et comme toujours elle se mon-> simple et bonne. Tous les assistants sont ichés au cœur. L'assemblée demeure dis-ïte et réservée jusqu'au moment où le Roi sa suite remontent à cheval. Alors de nou-lles acclamations retentissent, qui se pro-gent de bouche en bouche et forment un ste chœur de mille voix enthousiastes : x Vive le Roi ! Vive la Reine ! » Précédés des grenadiers de l'escorte, noa uverains se dirigent vers leur Palais. A la Chambre \ gauche de la tribune présidentielle, la tri-ne royale rouge et or ; douze grands drapeaux [ges dont le fer de lance est remplacé par e statuette dorée représentant la Victoire ; de aque côté delà statue de Léopo'd 1er, deux pa-plies de drapeaux alliés piqués dans des mé-illons à l'effigie du roi Albert; des écussons x armes des Alliés placés,contre le bourre!etrie-tribune publique, contre les hautes colonnes inches; voilà toule la décoration, sobre mais lennelle en même temps de l'hémicycle. Les tribunes diplomatiques, réservées, des dé-tés suppléants, publiques, etc., sont naturelle->nt archicombles. En bas, les représentants et nateurs — car la séance sera plénière — se re-mvent et se congratulent réciproquement sur ir bonne mine, car nul d'entre eux n'a changé, ysiquement bien entendu, de façon nolable. is uniformes parmi eux : MM. Devèze, lieute-nt d'artillerie; Pirmez, capitaine de cavalerie ; icher et Pastur, auditeurs militaires; legénéral : Ceuninck, minisire de la guerre, qui va dé-issionner ; Lemonnier et C.ocq en uniforme àchevin; Crick, lieutenant d'artillerie. A midi moins dix, M. Visart, président en sa lalité de doyen d'âge, déclare la séance ouverte; i bureau prennent place à côté de lui les deux us jeunes membres de l'assemblée : MM. De-:ze et Pécher. Quand est désignée par le sort la députation largée de recevoir le Roi et la Reine, M. Coo-man, chef du cabinet, monte à la tribune, pplaudissements.) Il fait un bref historique de la terrible guerre l'a couronnée la victoire définitive de la Jus-•e. Le pays reveit aujourd'hui, dit-il ensuite, roi Albert serti vainqueur de cette lutte, ■pplaudissements prolongés.) Dans son discours du i août 1F11, le Roi dé-ara que le gouvernement avait l ame de la lia-on. Il ne vous étonnera pas de m'eatendre dire je, en présence des difficul'és de la situation, gouvernement a dû prendre des décisions •aves sans le concours de la nation. Tous les •oblèmes qu'il a eu à résoudre étaient ardus; il ; m'appartient pas de faire son éloge. Vous le [gerez d'après les documents qu'il vous apporte a cru devoir adapter la composition du cabinet îx opportunités du moment. Il reste au gouvernement à rendre des h m-ages de gratitude r au Roi d'abord (appl. sur ■us les bancs, sauf à l'extrême gauche) dont la •avoure est aujourd'hui fameuse par le monde itier, dont la sollicitude pour ses s ldals 11? est pas démentie un instant; à la Reine, qui fut ne mère pour l'armée belge (appl. sur tous l. s mes); à l'armée belge (longue ovation par toute assistance debout) qui a reconqu s le pays au ~ix de son sang; aux Relges, la plupart tr. s [eues, qui se sont échappés du territoire occupé 3ur rejoindre l'armée (appl.); aux mor s, aux lessés et mutilés, aux prisonniers et aux dé-.rtés (appl.). Honneur aussi aux popula ions 3s territoires occupés dont quatre années d'op-ression n'ont fait que redoubler le patriotisme ippl.); honneur aux hommes de grand coeur et 3 grande intelligence qui ont soutenu oe 11•• po-jlation; au Comité National, à ses dirigeants et is collaborateurs; aux diplomates neutres qui mdirent une main amica'e à la Belgique. Voulant reconnaître l'œuvre vraiment colos-de qui était celle de soutenir la Iie'.gique, le Roi ;ent de décerner à M. Hoover le titre d'« Ami 3 la Nation Belge ». (Applaudi sements.) L'orateur rend encore hommage au cardinal [ercier (Appl)., au bourgmeslre Max (Applaudis-iments). II exprime la gratitude que doii la Bei-que aux grandes nations al.iées. La France, t-il, a un titre spécial à notre gratitude (inter-inable ovation). Sur son territoire, elle a jnné l'hospitalité au gouvernement belge, qui pu y poursuivre ses travaux difficiles. Le sou-înir reconnaissant de la Belgique ne s'effacera mais. (Applaudissements.) Le gouvernement qui va [ rendre la direction 2S allaites sera un gouvernement national, qui ;ut conduire la Belgique, d'une main sûre, au :in d'une ère de concorde et de paix. (Applau-;ssements.)La séance est suspendue. Pendant la.suspension de séance, comme cela est fait d'ailleurs déjà pendant le discours de . Cooreman, on entend, à diverses reprises, la aineur venue du dehors. Ont pris place sur des sièges placés à droite ; la tribune présidentielle : le cardinal Mercier, M. Max et Ernest Solvay. A t heure, saluée par 1 tonnerre d'acclamalii ns, la Reine accompa-îée du prince Albert d'Angleterre, de la pr n-isse Marié-José et du prince Charles, en uni-irme d'enseigne de marine, fait son entrée dans lémicycle. Peu après, c'est le Roi, au milieu d'une ovation Mirante et, cette fois, des applaud'ssemenU irtent même des bancs socialistes. Il mont a i.» ibune accompagné de son fils ainé, le |ru:<-e éopold. Ayant prié les ^représentants de la alion de s'asseoir, il prononce le discour; livant : Le Discours du Rci Messieurs, Je vous apporte le salut de l'arméeI, ■Nous arrivons de l'Yser, mes sol kits et -travers nos villes et nos campagnes libén Et me voici devant les représentants du . Vous m'avez confié, il y a quatre ans, l'a e laJSfation pour défendre la ratrie en cl p. : viens vous rendre compte de mes ac'' iens vous dire ce qu'ont été les soldats ! elgique, l'endurance dont ils ont fait preir s grands résultats acquis par leurs eflorts Snmedi 23 Novembre 1918 Ue numéro : DIX CEJSTTUœES partout en Belgique. 48* année. — N° 6.

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Dieses Dokument ist eine Ausgabe mit dem Titel La gazette gehört zu der Kategorie Liberale pers, veröffentlicht in Bruxelles von 1871 bis 1940.

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