Le matin

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s.n. 1914, 05 Januar. Le matin. Konsultiert 02 Dezember 2021, https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/de/pid/1j9765bd0t/
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Lundi 5 Janvier 1914. MWTI-TT /fl 4T«'B"t«£r*~k /T'S^HTÏHÏIi'te 91me Année Ti. * /. w» RÉDACTION f39,V!ElLLE BOURSË, 39 ALVERS Téléphone Rédactioa s SI'S' Aöoiinements : laan . . . . .ft'. 12,00 s •, Siï mois . , < . . 6.SSO ' x * ) ïrois mois , . . . Sl.ïtÖ lUn an . . . . ? • ]KÏ.O*> JXTÜtfEtJP. < Sis mois S'hJï ( Trois mois .... •» 04» ÉtbaMF.p. : France. Anglötorrc, Allcmagnc M l'nion postale. par trimeslrc, fr. #.00. - liollamlrot tatnd-Duclié, rar trimestre; fr. T .«O, I/aboimement se poursuit jusqu'ft refus formel. LE MATIN ADMIN(8TRATfON 39,VIEILtE BOURSE, C9 ATOVER© Téléphone Adxainistration : SS51 C. de CAUWER, Directeur .A-tcl noli oe s Annonces la peiite ligne, tr O 34> A nnonces finapeiéres id < S t Keekiuies ïaJigne, > S iïl» Faits divers corps ui. > 8 !t(i Chrouique sportive id. > 3 «!><£■ Faits divers fln • id. > » (Mi ^ I»a Ville id. » SS.«M» Bmissions Prix a coa\ emr. Ias annonces tic la Franoe, di l'Angletri-rc <>,' " -TAmériauc sunt eicclHsivemcr.it revue* u Bru<ceïl:s cnez MM. 3. Lubègue & Co. JOTJRlNrAIi QTTOTIMEN ANTISÉMITISME EN ROUMANIE II y a quelques mois, c'était au printemps de l'année dernière. les victoires des Bul-garo-Serbes, d'une part, des Grecs, de l'au-tre, avaient provoqué, on ne l"a pas oublié, nne tension telle entre la Roumanie et les alliés que l'intervention armée de la Roumanie paraissait inévitable. Ge n'était plus qu'une question d'beures. De fait, elle se produisit. mais plus tard, lorsque la guerre éclata entre les alliés eux-mêmes. Quoi qu'il en soit, dès le premier moment, les juifs de Boumanie songèrent a rappeler le gouvernement de leur pays électif au respect des traités, de celui de Berlin, dont une clause leur reconnaissait la nationalité roumaine. Homme opportunité, c'était discutable. Ohoisir, pour lui imposer un droit, le moment oü le pays dont ils se réclament allait s'engager dans une guorre qui paraissait devoir être longue et meurtrière, c'était en quelque sorte lui mettre le couteau sur la sorge. Les juifs le comprirent et n'insistè-'rent point. Ils firerit mieux, Traités avec [ mépris d'«étrangers» et privés de leurs droits politiques, il leur aurait été facile d'éiuder la loi militaire qui rappelait, les Roumains sous les drapeaux. Au lieu de cela, ils s'enrölèrent en masse. Douze mille soldats juifs firent partie des corps d'armée roumains qui envahirent la Dobroudja occidentale. On en vit accourir de tous les points jde 1'Europe — nous en connaissons, a An-ivers, qui, bien qu'ii la tète d'importantes .affaires, n'hésitèrent pas h suivre eet exemple — et mème de iointaines contrées de i'Asie et de 1'Amérique pour offrir leur bras ;t cette terre ingrate qu'ils aimaient malgré fout comme leur patrie. Ce fut un beau geste. II répara non seule-ftient 1'impair qu'avaient commis les juifs en réclamant leurs droits politiques au cours de la période critique qui précéda rentree en campagne de 1'armée roumaine, mais il fut cause d'un revirement en leur faveur. 'A Bucarest, au parlement, un homme dc eesur, le député Laiiovary, proposa d'accor-tler la' nationalité roumaine tout au moins aux juifs qui s'étaient déclarés prêts a Ia pavei- de leur sang Iors de 1'expédition militaire de la Dobroudja. A cette séance, !e ■ .frésidenf du, conseil. M. Majorescu, «ta.it absent et ce fut le ministre des i'inances, •M. Marghimolay, qui répondit de fa?on engager le gouvernement dans un sens fa-orable.D'ailleurs une espèce de referendum sur la question juive, dont la presse libérale avait pris 1'initiative, fit connaitre ] opinion des hommes politiques roumains les plus en vue, qui*se prononcèrent pour une solution conforme au vosu des juifs. i inalemént ceux-ci paraissaient avoir eu gain de cause et il n'est personne qui ne s'en réjouit, autant pour 1'honneur de la üoumanie que pour les intéressés eux-mê-pies.Hélast il fallut bientöt décbanter. L'is-feue des événements, issue heureuso pour la üoumanie, a-t-elle changé le cours de ces idéés généreuses?L'antisémitisme de la mas-®.e j emporta-t-il sur les bonnes intentions de 1 élite dont nous venons de parler? Tou-jours est-il qu'011 ne pense plus en Roumanie aux droits politiques des juifs ,pas plus meme que s'il 11'en avait jamais été ques-1011. II y1 a quelque temps, précisément a J epoque oü les revendications des juifs se irent jour, c'est-;\-dire a la veille de ia obiljsation f'e 1'armée roumaine, nous avons examiné ici les tristes conditions ré-Buitant pour eux de eet état de clioses.Pour-lant si déplorable qu'il füt, on pouvait en-core émettre une réflexion consolante: c'est que ces conditions étaient loin d'atteindre a ce qu elles sont en Russie: «Interrogez un toumain, disions-nous, et il défendra vive. ment ses compati'iotes comme il se défen- V0U'0^' perséeuter les juiis: Ce sont, pour nous, des «étran-gers», ne manquera-t-il pas d'ajouter, et .Voila fout...» Les 1 ils d'Israël établis en Roumanie con-naissent cependant la valeur de ce qualifi-( 7 S S^,ven'; co Qu'il contient pour eux, i febors de la privation des droits politici ies, d eloignement, et de dédain. II contras-sL -loureuscment avec la situation faite ' ' \ur'1(ables étraiigers qui, ceux-ci, trou-int tou,jours en Roumanie un accueil em-do pS c',ue Bucarest, grüce a 1'influence )n 'riI™':n Sylva, est réellement aujourd'hui a!•(?'(! V0US ^^uroPG intellectuelle et ij™ la déconsidération qui s'attache aux i-i ti en ^0uman^ devait pas en roster 'V^sai de réhabilitatiou i „ • ' ,s on^' éte l objet aif, maintenant tour-Be cx,ntfe eux.car la ville de Jassy vient d'ötre «e ifteatro de trouibles antièémites .1'une ex-eme violence. L'oubli dans lequel parais-tent, tombée^ les promesses du gouverne-'Dein, avait décidé dernièrement le club so-'laliste de cette ville h organiser un mee-'inë'. afin de discuter la question: encpre Jiue fois, on peut se demander s'il était ha-Jule de 1 aborder dans ces conditions et sous f:ö patronage. Les soèialistes en Roumanie kont nettement révolutionnaires et adver-saires déclarés — ils ne manquent jamais une occasion de le prouver — de la monar-tüie. qui est 1'objet de leurs attaques les plus grossières. Or, la dynastie régnante est a jus Co titre tr^s populaire et les événements récente, 011 peut se le figurer, n'ont fait qu'accroitre son prestige. Quoi qu'il en soit, ce meeting occasionna des désordres sanglants; la population, conduite par un groupe nombreux d'étudiants nationalistes, fit irruption dans le local 0(1 il se tenait. Les assistants furent insultés, frappés, dis-persés, et le mouvement ne tarda pas a s'étendro a la ville entière aux cris de: «A bas les juifs!» La troupe intervint. et dut charger a la baïonnette pour dégager le local. Gela n'empêcha pas les manifestants de se reformer et de poursuivre les juifs; ces malheureux furent maltraités, trainés par les cheveux dans les rues, battus jus-qu'au sang. Toutes les maisons juives eu-rent leurs vitres cassées et en divers en-droits on essaya d'y mettre le feu. II est bon de dire que Jassy fut de tout temps une sorte de centre de 1'antisémitis-me en Roumanie. Le mouvement est dirigé par plusieurs antisémites notoires, parmi lesquels le plus ardent est un professeur d'université, nommé Cuza, auteur d'un ou-vrage d'économie politique dont les élé-ments, dit-on, ont été empruntés ii plusieurs économistes de marqué, tels que È'ré-déric Passy, de Molinari — ces deux maintenant décédés — appartenant a d'autreé pays. Nous avons relevé, dans 1'article déja cité, quelques-uns des griefs sur lesquels s'appuie en Roumanie le mouvement anti-sémite et, malheureusement, ces griefs ne sont pas aussi imaginaires qu'on pourrail le croire. En général, le juif n'est pas tra-vailleurs, dans Ie sens de producteur; ses dispositions naturelles et ataviques 1'incli-nent au trafic. II peut arriver, dans certai-nes circonstances que traverse u'n pays ei qui ont trait k sa vie écouomique, que ls présence des .juifs ne soit pas indifférente a sa prospérité. C'est ce qui paraifs s'êtrc produit par exemple, a la fin du XVIIme siècle, a Anv.ers, si 1'on s'en rapporto a une étude fort intéressante que le Matin a pu-bliée récemment a ce sujet. Mais,'le plus souvent, le contraire advienf, c'est-a-dire que ie juif est une cause d'appauvrisse-ment pour le pays oü il se fixe. Ge 11'esl jamais si vrai que lorsqu'il a élu domicile pauvre lui-même, parmi des populations soit agricoles, soit industrielies, et ne vi-vant que de la main-d'oeuvre. 11 les pres-sure, met. a profit leurs tares. leurs vices, qu'il ne se fait aucun scrupule d'encoura-ger pour les exploiter et en retirer tout le profit possible. Or. c'est ainsj que les chogef Se passent en Roumanie oü Ia propriéW n est nullement divisée et oü le système des latifondi, en d'autres termes de grands do-maines agricoles tels que les institueren) les boyards, réduit la population agraire S une situation particulièrement misérable Le juif Ie sait, prête «a la petite semaines et, a 1'usure, ajoute la vente de 1'eau-de-vic de prune. Le progrès de 1'ivrognerie, la rui-ne en sont la .conséquence. C'est au poinl que des régions de la Moldavië, oü les juifs avaient pénétré, furent sur le poinl de se dépeupler;; 011 vit des paysans, qui possédaient une babitation, un lopin de terre et quelques têtes de bétail, obligés de vendre leur modeste patrimoine. Ils gagnè-rent les monts de Ia Valachie pour y exer-cer le dur métier de bücheron. On concoit que le juif, dans ces conditions soit considéré comme un fléau et détest'é Seulement, il faut bien avouer quie le juii trouve dans 1'ignorance crasse du paysar roumain, dans 1'avilissement des sala'ires au a la fa^on dont a son tour celui-ci est exploité par les agents des propriétaires de puissants auxiiiaires. D'autre part. re-buté partout, presque dans l'impossibilité ü exercer une industrie ou de se livrer i un commerce quelconque si ce n'est infimf uans les villes, il se rabat sur les campagnes et vit comme il peut. On aurait vraimenl mauvais gre d'exiger qu'il fit prèuve df scrupules alors qu'on n'en a aucun pour lui La ou 1'enfant d'Israël est traité ii I egal de.' autres citoyens quel que soit leur culte i se comporte exactement comine eux, ce qu revient a dire que: «chaque pavs a le iui qu il mérite». Cefle maxime est dovenue une vérité courante. On ferait peut-être bien d'y songei en Roumanie et même d'en éssayer ia va-leur. La fapon tres crime — i 1" est dil'ficile df üire «patriotique» jiour des gens qui 11'oni pas de patrie — dont se sont conduiLs les juifs a 1'entrée m campagne de 1'armée roumaine permei, de croire que 1'on ne risqu» pas d aller a I'encontre d'une déception. Marcus Reportage parisien (Conesponam.ce particuliere du Malin.) Les sourires du jour de l'an. — La doyenni des ouvreuses. — L'homme sans sommeii. Paris, 3 janvier. Les .jours dp föle ont ceci de particuliw qu'ils provoquenfc géia'-ralement le sourire. Pei do personnes résistent a leur influence lieu-rouse, et si quelque-; désespérüs oiit cru devoii cettf fois encore quitter volontalrement la vii a 1'aube. rle 1'année nouvelle, la plupart des in-dividus ont aoeueilli eelle-ci avec Ie sourin — sourire sincère ou hvpocrite, peu' nvim-porte, sourire quand même... Le don ou 1; réception des étrennes par exemple veut qu'01 sourie. Les voeux 'les plus indifférents y inei-itcn;. Lr- sourire a d'ailtcurs toutes les signifi-cations, possède les nuances les plus infim'es ■ il est comme I'èmé et la vie d'Arvers, ayant soi I sêcret et möijie son myslère. | ilepuis • deux semaim.s, un peut donc diri qu'il a régnë partout: bon, joyeux, ironique; at.tendri, amoureux, désabnsé, voluptueux ónigmatique, gourmand, philosophe, sensuel, brave, spirituel, obSéquieux, offieiel, voirt douloureux; il fut de toutes les fétes et d£ toutes les cérémonies,, et certain sourire dt larbin coüta le premier janvier plus cher que celui mème de Mona Lisa — que 1'on se pro-cura ce jour-la pour vingt sous. Le vieux concierge sourit dès le réveil, d'uï sourire hideux, évocateur de celui dont Hou-dori para le visage de son Voltaire -—- avec hé las 1 1'esprit, l'espièg.'erie et 1'irrésistible sé-duction en moins, qui se dégagent de celui-ci La cabotine, dont le sourire est stéréotype garda son masqué de ious les jours. Le visage de 1'aïeule s'illumina de ce sourire de ceux qu connaissent la vie. La jeune femme.entr'ouvn ses bonnes .lèvres rouges en un sourire beu-reux qui semblait être 1'image même du plai-sir. La mère en souriant, e'ut des larmes, pluic douce d'étó qui tombe dans du soleil. L'aman: sourit avec un riek de fatuité. Et 1'enfant con-sidéra avec le sourire du philosophe tant df sourires qui 1'entouraient... "Gomédiante": AI. Le Bargy eut le sourire condescendant... "Tragédiantè": M. Silvaii pensa k la mort de M. lAdministrateur... Le: négres-danseurs de Montmartre ne souriren pas, paree que les nègres ne savent pas sourire... L'ouvreuse enfin eut "le" sourire, 1'in-effable sourire qu'clle épinglè chaque soir ei mSme temps que le petit bonnet et le tabliei a festons. * « * Je 1'imagine longue et sèche. Elle porie com me ses sceurs une robe noire, que tente d'é gaver le dit tablier a bavette de dentelle qu sur sa poitrine plate a queltiue chose d'un pei ridicule. Ses cheveux gris, dont les mèche: , soul soigupusement tirées aux tempes, se cou ronnent d'un petit beSnnet rosé, comme celu ; ® Mimi. Elle a 1'air revêéhe et sa voix elle ' mème <1 perdu lóute douceur. Elle vous dit ! "61-63... par-ici, Monsieurl", et puis: "Vou • n'oublierez pas le petit service, n'est-ce. pas : Monsieur?,", comme on commande. Notez qu'il s'agit ici de la doyenne des ou ■ vreuses... Et de quelles ouvreuses! Celles di , Thautre-Prancais... He la doyenne, dont 01 ' vient de célébrer les cinquante' ans de vestiaire et a laquelle M. Mounet-Sullv lui-même fit ' de sa voix profonde, Ie petit speech fl'usagc ei lui remettant d'un geste noble la médaille' de i vieux et loyaux serviteurs. Après quoi, il ia baisa au front, tout comnii si c'eut été. la Muse,. Cinquante ans dans les couloirs de la Comé die 1 C'est a faire' se suicider d'envie M. Emil Mas! Avoir durant un demi-siècle offert de pelits bancs et red® des gros sous! Avoir pari a -M. Perrin, a at. T.lxi>-Qfi, a ftt. Gat, avoir con, nu Madeleine Brohan, MUe Reichembcrg.. Connaitre Mrne Pérat et voir mourir M. Clare tiel... Par une porte entre-baillée, avoir ou , les répliques les plus imprévues — et recevoi enfin des mains d'un de ceux qu'on a vus dé buter, devenu doyen u. son tour, la croix tan espérée, la croix (ou du moins la médaille tant attendue. Quelie existence! Pendant cinquante années, avoir traversi chaque soir, vers les sept lieures, la place di Théatre-Francais, si verte 1'été, si grouillant 1'hiver... Etre rentrée se coucher a minuit e demie, pendant prés de dix-neuf mille jours Avoir connu le temps béni oü les ouvreuse: étaient jeunes — car on m'assure qu'il fut ui temps oü les ouvreuses étaient jsunes... c'es invraisemblable! — oü elles étaient aussi d< braves et modestes emplovées que 1'administra tion rétribuait petitement, mais pour qui ell avait des égards. — et puis s'être un matii syndiquée, avoir signé son entree dans le pro 1 létariat conscient et organisé. — ö signe de; ; temps! —; avoir fait connaissance avec le: beautés du Syndieal... Un syndicat des ouvreuses! Dans quel bn 1 celui-ci s'est-il constitué? Est-ce pour harcele ■ plus aisément les malheureux et trop ingénu: , spectateurs? A moins, comme 1'affirment le ■ intéressées, que ce ne soit réellement "dan, 1'intention de se faire respecter" V Comment! O11 11e les respectait donc pas ' ] Cette idée-la m'a toujoürs prodigieüsemen amusé, ces dames étant immuablement vieiile 1 et laides d'abord, et puis les femmes voulan ■ liien a 1'ordinaire qu'on les estime mais tenan infiniment moins a ce qu'on les respecte! + « * i " J'ai soixante-cinq ans, et depuis la mor S de ma femme, — c'est-a-dire depuis prés d trente ans, — je n'ai pas dormi une minute Que dis-je! je n'ai plus jamais éprouvó leT'be soin de dormir... " Quelqu'un que j'ai rencontré le premier jou . de l'an in'a dit cela. "Je passé mes nuits dan , mon fauteuil k rêvasser... Et ma foi. je sui trés content de n'a^oir pas perdu une 'minut ; de trente dernières années de ma vie, n'avan ' jamais 1'ermé 1'oeil, jamais été plongé dans ce ■ état d'inconscience qu'est le sormneil, chos ! parfaitement inutile a l'homme: j'cn suis 1 vivante preuve." J'ai considéré ce recordman avec une stu peur mêlée d'épouvante: Quoi! une chose inu tile le sommeil, le bon sommeil qui, au di"gr de. conscience ofi scmblc avoir atteint ce vieil lard, demeure ipeut-ètre 1'unique, le supröm refuge des personues de son entourage! Mé dire du • sommeil! 1'aut-il n'avoir jamais ï'ie fait de sa vie et n'avoir jamais été fatigué! 1. ! sommeil, mais n'est-Ü pas le souveraiiv Maitr 011 même temps que le Bienfajtcur de chacuii I.e vieil ilarpagon s'y résigne et renonce mo mentanément a compter son or: la plus joli , femme et la moins jolie aussi, y trouvent pré , texte a prendre mille attitudes plas gracipuse los unes que les autres: tel homme el'Etat li , doit tout li' bien qu'on pourra dire do sa faco de gouverner... Et qui oserait soutenir epie Al Gabriele U'Annunzio, lui-même! ne dort pa | quelque fois... lorsqu'il est couché ou qu', relit le "Chcvrefeuille" ? C'et homme, ce phénomê'ne dont je parh 1 n'a même pas 1'excuse de. 1'ignaraqce puisqu'. 1 a dormi régulièrement pendant, trente-cin ' ans, "avant, la mort de sd femmo"... Au fait eruet rapport pout-il bien y avoi ; entre la mort, df cette digne épouse et 1'insom 1 nie chronique df son singulier mari? A moin que celui-ci n'ait \oulu mé laisser entendr qu'il 11'aimait pas sa moltK', puisquó tant qu cette pauvre enfant vécut, il perdit se temps... Et non pas comme vous ou moi noi 1'eussions perdu! Non: il dormait. Depuis, il s'est rattrapé, et, le misérable e; satisfait, trés satisfait même. Mais peut,-6tre e somrne ne sait-it pas, n'a-t-il jamais su dormir Par la seulement s'expliquerait le mal qui , possède. Pauvre homme, n'entendites vous donc, je mais, étant enfant, la divine musique des Bei ceuses, éternelles comme la tendresse qui 1; ' inventa?... FCttes-vous pas collégien? Non Quel dommagel Vous ignorez donc la volup d'oublier, ne füt-ce que pour quelques beur» 1 et dans un décor béte, les guerres du Pélope 1 nèse, les Commentaires, le théorème de Ponci i let et les conséquences du traité d'Utrecht !Oi; je sais bien, le dortoir est trop vaste, les mui ■ trop gris;les couchettes trop bien alignées si ■ un parquet trop luisant, font songer b. 1'bOpita ! et dans l'atmosphère qu'on a beau renouveli , flotte d'un bout a 1'autre de 1'année le parfu ■ laneinant des dernières vacancés... Mais, soi : la lumière tamisée, dans le bruit du vent qui < joue parmi les marronniers de la cour et les c< i lonnes du préau, il est, tellement, apaisant 1 songer que 1'on va dormir tout ii 1'heure! 1 Oh! que je vous plains. pauvre Monsieur q dormicz du temps de votre femuie! Mais do": • miez vous, alors, vraiment autant que cela ■ N'avez-vous vraiment point connu "dans 1< 1 bras d'une amante, le glorieux repos des math ' triomphants" ? Vous dites? Que je suis indii cret? Que je rêve tout éveillé? Vous criez a cont.radiction? Alais non, je vous répète qi vous ne comprenez rien au sommeil — lequ parfois, vaut surtout par les reveils qu'il pri cure! Si 1'art du sommeil vous trouve réfractair si dans ce don magirifique que nous octroie mort, comme un avant goüt des ftitures félic tés, vous n'avez voulu voir qu'on vulgaire ai juvat de vos fonctions digestives, certes il n a rien d'étonnant alor^ a ce que vous y ayez ri noucé sans déplaisir, le .jour oü il vous fut, do! né dn découvrir, par je ne sais quel hasard.qu n'était pas nécessaire au bon fonelionnement, < votre estomac. Vous 1'avez remplacé, depu prés de trente-cinq ans par un fauteuil, mcub assurément commode aux méditations nootu ne«. .Mais trente-cinq ans de méditations, ce doit êt.re bien fatigant et je ne sais pas si n'eus pas au voire.de beaucoup j»référé, Moi sieur, le destin du légendaire Latude, qui lui e moins, pouvait et savait dormir. Guy Marfaux •> ■ LES FAITS DU JOUR I LA POLiTiQUE SERBE Comme une dépêche nous }'a appris hier, t roi dé Serbie a décidément refusé la demissie ' du cabinet Pasitch. La majorité ministerie , a voté deux douzièmes provisoires, et le Pari j ment s'est ajournó jusqu'après les fêtes e i nouvel an orthodoxe. Sauf le ministre de t guerre, dont la démission était inévitable, ' n'y aura donc rien de changé en Serbie. 1 C'est tant mieux, car le gouvernement dc t régler le traité serbo-turc, la question des clr 2 niins de fer orientaux, le concordat que 3 ' Vesnitch, ministre de Serbie il Paris, doit d , gocier prochainernent avec le Vatican. Tout - ces difficultés seront peu de chose si 1'on s£ 5 que le cabinet de Belgrade es'„ libre de soue: i dans sa politique intérieure. Au contraire, rii j n'aboutirait aisément, si une crise ministériel „ menae;ait d'éclater chaque mois. 5 Un autre problème exige que les luttes pa ' lementaires ne soient pas trop ardentes en Se ' bie, car il est de ceux qu'on doit traiter sa > esprit de parti. II s'agit de savoir quels droi t élecloraux 1'on va accorder elès maintena > aux populations de nouveaux territoires se | bes. L'unc des solutions proposées eonsiste assimiler immédiatement ces territoires ai départements de 1'ancienne Serbie; c'est, sen j ble-t-il, les livrer 1111 peu \ite aux ambitio; des canelidats. Une seconde solution, qui va . 1'autre extréme, eonsiste a ne donner pnn - soirement aux nouveaux territoires aueune r préseritation parlementaire; c'est interdire ai 3 habitants de s'inféresser h la politique serl: » et c'est par conséquent les encourager dans 1 3 dissensions locales qui les occupaient sous J domination turque. Alais entre deux cxagérations, il y aur, ^ peut-être une méthode ingénieuse ii, suivre. < sait que les partis serbes, qui pratiqi.ent depi " 1S88 le scrutin de liste avec rep. Ssentatii /. proportionnelle, présentent dans ■ chaque d - partement deux listes: 1'ui.e oü tout citoy c éligiblc peut être inscrit, et 1'autre — qui ~ comprend que deux noms — réservée aux r. cenciés, aux docteurs, aux anciens élèves - c 1'Ecoie do guerre, etc»..- Chaque déparleme • a donc, obligatoirement, au moin.- deux dép tés qui ont ret;u une culture supérieure. Or la mesure tranSitoire que siiggèrent d B hommes d'F.tat serb 's avisés consisterait .i faire éiire par les 110'uveaux t rritoires serb 1 des députés de cette catégorie "acadéiniquc ^ et a leur re user provisoirement lo droit 1 voter pour les listes ouvertes ii tout venaiit. Ce système mérite el'ötre examiné avec soi j Tf'töarint probablemcnt la olef d'un problèi: ! qui, s'il était mal pris, deviendra''' vite ir tant. Alais on eon?oit, que de pareils débats e> r gent des séances tranquilles. .Nous nous rt'joi ' rons ti ia Skoupchtinu n'en co'nnait pas el'a s ,, Irfs. oj tox Etranger La poiitique au Luxembourg V LE " BERLINER TAQESLftTT" fl PROPOS e DES SYWIPATMIES FRfiNCAlSES ET ALLEMANDE?. BERLIN, 4. — Le correspondant du "Berli-ner Tageblatt" a Luxembourg écrit son jour-'s nat: 1 " Le nouveau ministre de France a Luxem-•é bourg, Al, Mollard, 1'ancien directeur du pro-ïs tocole a 1'Elysée, a inauguré son afftivité 1- diplomatique par vm véritable coup de maitr '. s- II a, donné, en effet, le 28 décembre, un brillant 1, bal auquel assistaient toutes les personnalilé.i ■s francophiles du pays et prés de cinquante ofi'i-ir ciers supérieurs en uniforme de gala, venus de 1: Nancy, To'ul, Mézières, Ghêlons, Sedan, Ver-'r dun, etc. n " On remarquait auSsi les généraux Picquart, is d'Amade et Rabier. Les deux premiers furent ;e reQus par la grande-ciuchesse el par le ministre >- d'Etat, président du gouvernement, Evschen. le " C'est aux accents de la "Alarseillaise'' que la grande-duchesSe, entourée de ses ministres, jj de ion secrétaire pour les affaires el'Etat, Al. de Colnet d'Huart, du président de la Chambro 9 et du maire, fit son entree elans la salie des .Jj fêtes. )S " Toüs les diplomates étrangers étaient pré-31 sents, sauf le ministre d'Allemagne, le comte |a von Sehwerin, dont 1'absence fut vivement re-ie marquée. el " Tous ceux qui participerent- h ce bal sont j. d'avis que Al. Moliard entendait raviver r-inté-rêt francais pour les choses du Luxembourg et j. faire dans ce pays une politique plus aetive. j[j[ " Que ceux qui ont emtendu parler de la j_ trouéc du Luxembourg ne se désotent pas fifop j. de la présence des généraux Picquart et d'A->v made. On dit, en effet, qu'ils sont tous eleux des arnis personnels de Al. Atoliard. "Si 1'on avait eu des.raisqns de voir da;-s leur séjour ici un indicé gravé, 1'orjoïb de la l'e grandc-duchesse, le grand-duc dc Badc, lui au-js rait ccrtainement déconseillé de les fecevoir cn audience. 11 était d'ailleurs présent ce jour-la a Luxembourg. |a " ^n tout cas, on cjoit s'attendre, dès aujour-d'hui,_ 1 voir les Francais s'appliquer elavan-tage ft s'attirer les sympathies luxembourgeoi-;1, ses. II est el'autaut plus regreftable que, du cö.té, allêinanü, on commette oes aetes qui 11e sont pas précisément de nature ft rehausser, chez les éléments modérés et indépendants du Luxembourg — et éeux-ci formertt la-bas la majorité — les sympathies pour 1'Aliemagne. " Mème le projet, p'oürtant inoffensif, d'éle-ver, dans. la .cour intérieure de la. gare centrale, J un buste au ministre allcmand iles chemins » de fer a causé uil certain mécontentement. La présence au Luxembourg de sociétés allemande s de boy-scouls est également critiquée dé-faverablement. Pour motivér leur besoin de création d'une sociétö de boy-scouts alle-• rnands, les milieus allemands parient de la mauvaises éducation des enfants luxembour-'n geois ". On ne peut donc guère s'étonner ei'en-ile tendre ensuite les édiles d'Esch-sur-Alzette protester confre de pareils propos. 1 " De .telles, maladresses ne peuvent que faci-liter la tache dé M. Alollard. " ü La poiitique allemande LE KRONPRINZ ET LE COLOPSEL it von REUTTER. ' FRANCFORT, 4. — La "Gazette de Franc-'!■ fort" écrit au sujet du télégramme de félicila-,é- tions que le prince héritier d'Allemagne aurait 3S adressé au colonel von Reutter ft 1'occasion du ^ nouvel an: " Si cette nouvelle est exacte on a affaire ft iS une continuation dé cette .politique particulière in du prince héritier qui s'est manifestée ft plu-Ie sieurs reprises et qui est en contradiction compléte avec la politique suivie par les milieux responsables du gouvernement et par 1'empe-reur."r- On annonce de Berlin !i la "Gazette d« Franc-as fort" que la nouvelle de ce télégramme n'est ts pas elémentie dans 1'entourage du pri»ce lié- at ritier' f- La poiitique frangaise UN INCIDENT A TANÖER MADrJD, 3. — Les journaux croient savoir qu'un Jong entretien qui a eu lieu entre i'am-1- bassadeur de France et le ministre des affuit-es is étrangères aurait roulé sur un incident qui se è serait, produit au comité international de Tan-i- ^el'- J- La situation en Oriënt e ENVER BEY, MINISTRE es CONSTANTINOPljE,- 3. — Enver bev a été la proinu général de brigade. II a.été rècu eet aprtis-midi en audience par ie sultan afin tle préter serment comme ministre de la guerre. COMMENTAIRES ALLEMANDS Jn is BERLIN, 4. — L'offieiieuse "Norddeutsche," dit dans sa revue de Ia scmaine que epiei au )D 18 janvier les puissances s'occuperont de I'or-b- ganisation de la gendarmerie d'Albanie et dis-3n cuteront la eiuestion des ïlcs, qui ne pourra „ pas être résóiue par'un échange de notes entre la Triple AUiance et la Tripie Entente, mais u" a 'a suite d'un échange de vues européen, je qui tle ft traiter ensuite les vues exprinn es en n{ tenant compte des acc.orels qui 'existent enlre les gpandês puissances. Le "Berlinér Tagèljlatt", radical: "On ne peut 91tendre que de bons résultals es de la collaboration du nouveau ministre ti.eo a de la guerre. Enver bev, avec la misslon atl. -es mande. Cette nomination montre combien les .Je.unes-Turcs se son tent maintenant en pieine, ' sUreté. O11 n'aurait pas autrement, et juste de avant les élections, nommé celui qui est, ie plus hai de tous les advers&ires du comité '' n l.i ''Berliner Zeitung am Aïittag ", semi-óffi-' cieux: rie "La nomination d'Enver bev comme minis-n- tre de la guerre ottoman sera accueillie awo :i- sympathie en AUemagne. Le nouveau ministro, ,i_ élévé nu'litairement dans notre pa\ >, fut attaché ■ militaire'ft Berlin. II nianifesla toujo^s son adiniration et sa préférencc pour 1'arméo I allemande. i "En Russie, par contre, on envisagera cel te

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Dieses Dokument ist eine Ausgabe mit dem Titel Le matin gehört zu der Kategorie Liberale pers, veröffentlicht in Anvers von 1894 bis 1974.

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