Le matin

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s.n. 1914, 12 Januar. Le matin. Konsultiert 02 Dezember 2021, https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/de/pid/jd4pk08480/
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Lundi 12 JarjrleMSt* . 21*° An.néa - Ml 12 RÉDACTION 39 VIEILLE BOURSE, 39 ANVERS Téléphone Rédaction : Slî" ^^_530H-3Q.«©XI3.G33."tS 2 ( Un an . « • • «fr. l^.OO ajîvers Six mois e.KO /Trois mois • • ♦ • «5.«*0 l Un an . ♦ • • • • 16. OO ^"ï^ois : : : : ISS frp(\nEB : France, Angleterre, Allemagne et Union "postale, par trimestre, fr. ~ 'jîllande et Grand-Duché, par trimestre, fr. T.OO. ^'abonnement se poursuit jusqu'à refus formel. LE MATIN JOURNAL QUOTIDIEN administration 39,VIEILLE BOURSE, 39 AXVEItS Téléphone Administration : SOI C. de CAUWER, Directeur Annonces : Annonces la petite ligne, fr. OSO Annonces financières jd » 1 OO Reclames la ligne, » 1 ÎÎO Faits divers corps id. > 3 Oti Chronique sportive id. > S OO Faits divers fin id. » 'i OO La Ville id. > S OO Emissions Pris à convenir. Les annonces de la France, de l'Angleterre et de T Amérique sont exclusivement reçues à Bruxelles chez MM. J. Lebkgue & (x L'année littéraire — L'heure est encoje aux bilans. Quand une année finit et que l'autre commence, chacun se retourne et regarde en arrière pour voir ce qu'on a fait ou s'efforce de scruter l'horizon pour savoir ce qu'on fera. Bilan politique, bilan d'affaires, bilan personnel et de tout ce que l'on voudra, cette liquidation est aussitôt suivie d'une sorte de budget préventif dans lequel figure ce que l'on peut raisonnablement attendre ou espérer de l'année nouvelle. C'est le système des reports ou des fiches de consolation. Peu importe si la première de ces opérations comptables est toujours assez mélancolique et si la seconde n'amène en général que le contraire de ce que l'on prévoit. Gela n'empêche pas de recommencer l'année d'après et ainsi de suite. Sous ce rapport, un jour-i nal parisien, le Temps, vient même d'inno-; ver; non content de tous les bilans existant | déjà, il en a introduit un autre dans ses co-: tonnes: c'est celui, d'ailleurs fort intéressant, de la production littéraire en France au cours de l'année défunte. Faut-il le dire, notre grave confrère — le temps est à peu près le seul journal au-' quel on puisse encore appliquer cette épi-thète sans lui causer préjudice — notre grave confrère donc ne trouve pas là de quoi se réjouir. L'année littéraire, dit-il, a été médiocre. Il est vrai que le Temps — suivant en cela le système des compensations — se console en ajoutant que si 1913 n'a pas produit grand'chose, 1914 sera d'une fécondité remarquable. L'apologue renversé des sept vaches grasses et des sept vaches maigres... Enfin, nous voilà rassurés. En 1913, continue le quotidien parisien, beaucoup de grands écrivains français se sont reposés ou recueillis. Anatole France n'a donné qu'un volume de nouvelles: le Génie latin; mais bientôt on relira: Les Anges — revus et corrigés — et l'on fera connais- 1 sance avec Petit Pierre. Paul Bourget a suivi l'exemple d'Anatole France, Hervieu est pen reste de coquetterie avec le théâtre, car ses amis eux-mêmes avouent que Peints par eux-mêmes n'ajoutera rien à sa gloire.Quant ■ à Pierre Loti, il s'est attiré sur les bras une lauvaifee affaire en défendant les Turcs contre les Bulgares: c'est tout. Jules Le-maître a commis une plaquette, les Péchés de Sainte Beuve; Maurice Barrés a donné la Colline inspirée, et Maurice Maeterlinck un livre de méditations profondes, la Morte. Des écrivains qui ne dédaignent pas la nouvelle. tels Octave Mirbeau et Abel Hermant — auxquels il faut naturellement ajouter l'inévitable Laure Lucy Mardrust — ont réédité sous la forme du livre ce qu'ils avaient fait de mieux dans le genre. Et puis il y a Lucien Décavés, Paul Adam, Henri Bordeaux, Marcel Provost, Mmes Juliette Adam, Claude Ferval, Colette Willy, dont les livres ont étalé leurs titres sur des couvertures jaunes, bleues ou plus ou moins fantaisistes et transcendantes à la vitrine des libraires. Il paraît que les poètes eux aussi ont mis à saisir leur luth une certaine nonchalance; nonobstant, pour ne citer que cette noble émule de Sapho, Mme de Noailles a légué à la postérité, ce qui ne veut pas dire que les contemporains îie puissent s'y délecter également, les Vivants et les Morts. Par contre, Francis Jamrnes et cet autre Francis qui a nom Viélé-Griffin, Henry de Régnier, Remy de Gourmont, et quelques-uns encore, prosateurs ou poètes, sjnt demeurés inopérants. Tout compte fait e> bien que l'année ait été terne, il nous 1 roble pourtant, d'après ce bilan, que ceux a notre époque lisent encore autre chose lue des quotidiens politiques et des publi- ' cations sportives ne sont pas restés à la let- , w sans rien à se mettre sous la dent. tt chez nous? N'y aurait-il pas une cer-l'.'ne outrecuidance, après cet étalage d'une '''Viable pénurie, à se demander ce qu'a été ; année littéraire? D'emblée on peut répon- ! 1 e qu elle ne comptera pas parmi les plus ; Mantes; marquée d'une date néfaste, celle ' ' ''' mort de Camille Lemonnier, elle ne ; j w a pas apporté dans son giron la pro- i Wsse, que le vide profond qu'a laissé parmi S !'s écrivains la disparition de l'auteur 1 u m le sera comblé de si tôt. Nos voi- ' Ins û outre-Quévy continuant à cataloguer . «M la moindre hésitation, on l'a vu, , J livres de Maeterlinck parnji les leurs , "■comme les pièces de Francis de Croisset < ^ii.eurs-—- et notre compatriote ne son- < (l; k pas à protester, il n'y a pas à s'en 1 , -uper. Restent les «vieux» comme Al- ; «iraud et Georges Eekhoudt, qui ( iVV-'nt énormément pour les journaux, moins pour les éditeurs. Au ( chi t ^es arriV(->s et de ceux qui mar- < r, ,!'',(Sur.leurs traces, Carton de Wiart est 1 iPlusl *Ce ne la*sse probablement 1 ijif„ , ™PS de se replonger dans le mon- ! i> "P^tique et lunaire de la Cité ardente. ! ' n Davisxon a fait paraître à Paris un c ,v "j1; Un Belge, dont les uns disent peut- £ toi f i?p,^e n' Parce l116 l'auteur est, r '•>1 c'e miflistre, et d'autres trop peu ' {5.;en?ent pour la même raison.Doux pays ! 1 11Pools de Léopold Courouble est du 1 tir,-.0, ^ lettres bruxelloises et c'est en- |c <lsiiCe®.e-nous avons-de plus franchement1 \ belges». Une plaquette de Des Om- ' j L'V - histoire mirifique de saint Dodon, je L nné lieU ^ un phénomène rarissime en 1 eî[b!c'Ue:. l'édition, nous ne savons laquelle, v ' Paraît-il, épuiséel Un point lumineux^ ■■■MgatMMMMaMManMSiqMM MIIIIIIBilll ■!■■■! !!■■■■> fc I II il M , dans cette année grise: Les blés mouvants poèmes d'Emile Verhaèren. Le titre seu fait rêver. On les voit et on les entend, ces blés qui ondulent, bruissent et chantenl sous la brise... Mais il y a, hélas! les blés qui orgueilleux se redressent, ceux aux épis vides et secs. Il va de soi que la remarque n'a pas* trait à ceux de nos compatriotes toujours peu nombreux qui préfèrent à ls prose le langage harmonieux du vers — à l'auteur de L'ironique tendresse, par exemple, Robert Silvercruys, qui nous semble un vrai poète lui aussi. Quelques noms d'écrivains accompagnés de titres de livres ne constituent pas, bien entendu, le bilan d'une année littéraire, D'abord nous serions mal venu de vouloir établir celui-ci, n'étant pas «gens de lettres» pour un liard. Ce que nous en disons est une manière d'appréciation générale s'étayant sur quelques titres de volumes feuilletés au hasard. A ce point de vue, l'essor enthousiaste imprimé à notre littérature, dont le réveil date d'alors, par les «Jeunes Belgique», Max Waller en tête, expire un peu aujourd'hui, semble-t-il, com -me des ondes sur le sable. Depuis, nos jeunes écrivains se détournent, dirait-on, du livre; deux dérivatifs les y aident: le théâtre et le journalisme. Plus que les rayons et que la vitrine du libraire,le théâtre les tente parce qu'il leur offre des chances de succès immédiates et que ce succès lui-même est plus éclatant. Ils s'y sentent protégés maintenant et leur inexpérience ne leur permet pas de mesurer les dangers de cette protection. Cependant, si nous nous en tenons à 1913, année au cours de laquelle l'œuvre la plus saillante pour nos lettres est évidemment une pièce de théâtre: Baldus et Josina, le drame pur et noble de Spaak, nous n'avons pas trop à regretter cette tendance. Quant à celle qui porte nos littérateurs en herbe à prendre le chemin du journal, elle nous paraît tenir presque tout entière dans la sentence latine : Primum vivere, deinde philosopharelEn résulte-t-il quelques inconvénients? Certes les lettres et le journalisme voisinent et peuvent marcher de pair — moins toutefois que ne pourrait se le figurer le profane s'il savait ce que le journal comporte de travail de documenta -tion, de responsabilité et de dépense de temps. Il y aurait aussi là. avec celui des lettres, un bilan à établir. Et l'on serait étonné de voir combien l'un plus encore peut-être que l'autre est fertile en déceptions, en mécomptes et en surprises désagréables. Simplice Reportage parssîen (Correspondance particulière du Matin.) Madeleine et Suzanne, xiphopages. — Le ministre et le décime. — Par-ci, par-là. Paris, 10 janvier. Du malheureux que ce pauvre Bovary avait mutilé, le pharmacien Homais ne disait pas : c'est un pied-bot, mais il l'appelait pompeusement "l'intéressant stréphopo'de". L'Académie de médecine, elle, recevait l'un de ces derniers jours d'intéressantes xiphopages. Xiphopages? Disons simplement sœurs-siamoises, car il "s'agissait de ces deux petites filles venues au monde il y a environ six mois et qui sont "attachées par l'os en forme d'épée où les côtelettes tiennent, par le manche"." Nous avions connu Doaica et Radica, plus tard Rosa et Josepha. Voici Madeleine et Suzanne. Elles ont apporté dans la salle austère de l'Académie une véritable lumière — et quelle joie 1 Eh quoil ce petit monstre, cet accouplement navrant, ce phénomène a mis en gaîté les graves puériculteurs de l'Institut*?... A proprement parler, ce fut bien moins lui que la nourrice qui le portait sur ses bras. Oui, Madeleine et Suzanne étaient accompagnées d'une nourrice splendide, une nourrice comme on n'en fmt plus, une nourricq pour deux! Celle-ci entra, et ce fut de la clarté. Elle entra, un peu intimidée, avouons-le, par la présence de tant de vieillards dont l'émoi brillait dans les' yeux, avec <a curiosité. Mais les vieillards n'étaient-ils pas inévitables, puis qu'il y avait là Suzanne ?... A la prière d'un des princes de la science, Nounou dégrafa son corsage et libéra — comment dire ? — libéra à pleines mains la gorge la plus éblouissante qu'il soit possible d'imaginer, môme en songe... Ah! l'admirable, l'incomparable gorge, et si blanche, et veinée d'un tel azur ! La Malgache célèbre que la carte postale a popularisée eût elle-même envié cette poitrine française! Les petites bouches de Madeleine et de Suzanne se précipitèrent sur elle et leurs menottes la pétrirent, en m'-nie temps qu'une infirmière — dont je do dire qu'elle était charmante — les aidait en pressant de ses mains blanches (avez-vous remarqué ,1a blancheur des mains d'infirmières?), l'albe trésor si libéralement mis leur disposition. Allez, devant ce tableau que Rubens ou Jor-chiens eussent aimé peindre, parler anatomie 1 C'est ce que fit pourtant l'héroïque docteur Le Filliâtre, tandis que ses doctes confrères l'é— coûtaient d'une oreille distraite, tout en considérant le spectacle émouvant qui s'offrait à leur vue... Donc Madeleine et Suzanne, ou Madeleine-Suzanne pour mieux dire, sont nées un beau matin sans difficulté aucune, sans même témoigner de la moindre mauvaise humeur. Le " pont " qui les unit et qui aurait pu être un pont d'or si leurs parents avaient àccepté les offres extravagantes qui ne leur firent cependant pas défaut, est constitué par un cylindre de cinq centimètres de long et de quatorze de diamètre implanté au bas des deux thorax; il est flexible, mais non extensible, et il est creux: il donne passage aux entrailles, lesquelles sont distinctes, mais au moindre effort vont se rendre visite dans l'un ou l'autre petit ^ventre, tour à tour, 1 , Depuis le jour où on a amené Madeleine e ! Suzanne à la clinique du docteur Le Filliàtre , celui-ci a remplacé le biberon auquel elle: étaient cependant habituées la la meilleure de ' nourrices qu'il a pu trouver — et j'ai laissi ' entendre à quel point il avait eu la main heu-1 reuse. Si bien que grâce aux soins qui leu: ! sont prodigués les deux étranges petites fille: ; croissent magnifiquement. Pendant que ces déclarations étaient faites le professeur Pinard contemplait la nounoi avec attendrissement et nul parmi ses collègues, je vous l'assure, ne pensait à faire soi petit Tartufe! Ce fut même un instant pénible que celui où il fallut renoncer à cette vue troublante, et seul le beau sourire amusé df la " remplaçante ", qui renfermait son corsage parvint à mettre à cette minute un peu df rouge ou front de tant d'illustres podagres.. Cet âge est sans pitié... Dans quelques mois, Madeleine et Suzanne subiront — sans aucun mal, souhaitons-le — le sort que réservait à l'enfant légendaire 1< vieux roi Salomon. * On fait beaucoup de bruit depuis plusieurs jours dans la presse autour d'un fait, minime en apparence et dont il faut savçir qu'il intéresse le budget d'un département'du Midi poui lui attacher l'importance qu'en réalité il mérite Donc un préfet d'un département méridional, ayant trouvé récemment son budget en déficit de dix centimes, signala le fait pai dépêche au ministre compétent — M. Rey-naud, ministre de l'agriculture — en le prianl de lui ouvrir un crédit de même valeur afin de lui permettre de clore le paiement d'une somme de 350 francs, due à un cultivateur. Le ministre lut le télégramme et répondit " Mon cher préfet, désolé d'apprendre que vos finances sont en déficit de 10 centimes, je me permets, pour simplifier la comptabilité, de vous les offrir de ma poche. " Et il glissa dans sa lettre un timbre de deux sous. Or, lorsque le public a appris la chose, il 5 ri. Le public aime à lire. L'aventure était drôle...Belle occasion pour taper sur les préfets... Le ministre avait eu de l'esprit... En vérité elle était bien bonne!... On savait déjà d'ailleurs, et depuis longtemps, qu'en matière de perception d'impôts directs, c'est par milliers et par milliers que se rencontrent des cotes de quelques centimes se référant à des petites parcelles dont la "mutation" a été oubliée... Mais télégraphier au ministère — la dépêche coûta plus de deux francs —- pour réclamei deux sous, cela, ça ne s'était jamais vu et c'était le comble du plaisant 1 Pas si plaisant que cela, à-mon sens. En*effet, Comment, après la "bonne blngue" de M Rpyivn; 1. le r>c ail question passera-t-i! écriture de ces dix centimes? Car il est dit, si je ne m'abuse, qu'aucune somme ne doit enlrer dans les caisses de l'Etat, ni en soriir, sans que les bordereaux en aient été établis? Dans l'aventure qui m'oc cupe, le cultivateur à qui la somme revenait, a dû signer un reçu. Cette pièce existe donc, oii figure la recette complète. Or si l'on ne trouve pas dans les recettes la somme équivalente a celle du reçu, la cour des comptes réclamera — elle y est contrainte — des explications? Lui dira-t-on que les deux sous qui manquent, c'est M. le ministre qui les a mis de sa poche? Il n'en avait pas 1p droit I Le budget d'uu pays n'est pas celui d'un ménage bourgeois. Si dans >le livre de coirïpte de Madame quelques sous dont on 11e retrouve plus l'emploi ne sont pas inscrits, ce "trou" ne cause pas grand dommage au budget familial. Mais le budget national, lui, est chose grave et les plaisanteries des ministres, pour si excellentes qu'elles soient, n'ont rien à faire avec lui. Petit poisson deviendra grand, dit le fabuliste... Petite" farce peut devenir terrible fantaisie. Le ministre a comblé hier un vide avec deux sous à lui? Et s'il manque cent francs demain? Qu'est-ce que cent francs? Le ministre, voire le préfet 'qui aura fait son profit de la leçon . donnera "le billet bleu, toujours "de sa poche" ? Où cela conduirait-il? Un million pour l'Etat, c'est deux sous en somme — surtout à cette époque où M. Caillaux jongle avec les milliards. En fait, de finances publiques, deux sous doivent être chose d'aussi réelle importance qu'un million — et M. Reynaud me paraît avoic agi, finalement, avec une aésinvolture peut-être comique chez Cabrion, mais dangereuse et intolérable, chez un ministre... Les petites nouvelles abondent, cette semaine. Je vais vous les lancer en touffe, comme dit, l'autre: et d'abord, pour la dixième fois depuis 1789, le "Journal des Débats" vient de modifier son format. Pour inaugurer sa 12Cmc année, il a en effet abandonné ses grandes dimensions jugées mal commodes t en a adopté d'autres, plus modestes, et plus modernes au~si, bien que ce fussent déjà Iîs Siennes i:é 185G. Par contre, l'r.rgane révolutionnaire par excellence, "la Bataille Syndicaliste", cesse de paraître. Anatole France y avait donné par-ci par-là quelques lignes. La "Bataille" meurt en rejetant la "responsabilité de son malheureux sort sur "les mauvais amis qui ont mené à son encontre une campagne de calomnies et d'insinuations malpropres". Mardi, la Fête des Rois fut prétexte à savoureuses agapes, au cours desquelles on découpa la galette de pâte feuilletée et dorée où la fève se cache. Ce jour-là, encore que Philippe V fut loin, le "Roi but" dans toutes les maisons de France, et quoique Rotsehild n'eût pas ouvert ses coffres, ni éventré ses sacs, pas un taudis ne manqua... c'a galette. Et jeudi, l'Académie nationale de musique connut la guerre des deux Kundry — Kundry-Bréval et Kundry-Demougeot. Celle-ci finit par l'emporter, du moins en apparence. J'imasine que cela dut lui procurer quelque satisfaction. Peut-être les auditeurs 'de "Parsifal" cependant n'ont-ils pas éprouvé la même joie. Guy Marfaux S.E3 FAITS 00 JOUR »♦«> WINSTON CHURCHSLL CONTRE LLOYO GEORGE Le correspondant parisien du "Daily Mail" télégraphie à son journal que, suivant des informations dignes da foi, M. Winston Cliur- t Chili, durant son séjour en France, se serai » employé à effacer l'impression causée par le ^ déclarations de M. Lloyd George .sur la ques S tion des armements. Le correspondant ajoute que l'on espère qu< ; la visite de M. Asquith achèvera ce qu'a com mencé M. Churchill. Le "Daily Mail" insiste sur la grave situatioi 1 créée par l'interview de M. Lloyd George dan | le "Daily Chronicle". | Le chassé-croisé des ministres entre 1: ! France et l'Angleterre, quelque explication of 1 ficielle qu'on en donne, cause la plus vivi > anxiété dans le parti libéral qui, depuis quel ! que temps déjà, à " ses nerfs ". On considère ici comme très probable li rencontre du premier ministre avec quelques 1 uns des membres du gouvernement français " et cela pour la simple raison que les parole 1 de M. Lloyd George sur la revision du pro gramme naval ont causé une prflfonde sur prise en France. Erî tant qu'associée avec nou; par l'Entente cordiale, la France suit de trè, près le développement naval de l'Angleterr-et des assurances diplomatiques auraient éti déjà données sur ce sujet, afin d'atténuer l'effet produit par les déclarations du chancelie. de l'Echiquier. D'une source absolument autorisée, le "Dail; Mail" apprend que, loin d'exagérer l'impor tance des paroles de M. Lloyd George, on m les a pas prises assez au sérieux. Il existe entri le chancelier de l'Echiquier et M. Churchill, ei ce qui concerne les besoins de la marine, uni divergence complète d'opinions. Le budget di la marine n'est pas encore arrêté définitive ment, et les controverses entre les deux ministres ont amené un temps d'arrêt. En fait, le cabinet s'est fourvoyé dans une impasse. I finira naturellement par en" sertir; mais celu des deux ministres qui aura eu contre lui li • majorité de 'ses collègues devra céder. Il est probable que l'on demandera à M Churchill de réduire son budget. La situation de M. Churchill est donc trè: ' séricnce. Aucun ministre de demande d'ui cœur léger une augmentation de dépenses. S le premier lord de l'Amirauté le fait, c'es parce qu'il croit que la sécurité du pays l'exige Combien sera grande sa responsabilité s'il ne parvient pas à obtenir ce qu'il récalme dans l'intérêt de la nation? La démission éventuelle de M. Churchill es' de plus en plus discutée dans les milieu? libéraux. Le "Daily Mail" et le "Times" semblenl admirablement 'renseignées sur les idées, les sentiments et les décisions de M. Churchill Faut-il croire que l'Angleterre va vers une crise politique qui aura sur son avenir une influence considérable? Faut-il prévoir que nous assisterons bientôt à une refonte des grands partis semblable à celle qui vit naître le parti unioniste par la scission dans le part; libéral? Fox Etranger La politique allemande LES COMMENTAIRES DE LA PRESSE SUR LES JUGEMENTS DE STRASBOURG BERLIN, 11. — Toute la presse allemande commente longuement les jugements acquittant le colonel von Reutter.le lieutenant Scliadt et le lieutenant von Forstner, Le "Beriiner Tag'eblatt", radical; " En vain avait-on espéré que les juges du conseil de guerre tiendraient compte, dans leu" verdict, du sentiment de la justice profondément blessé dni'j la population de Saverne. " -Mais comment l'accusé pouvait-il ne pas être acquitté, alors qu'à côté . de l'avocat, le procureur se faisait 5,on second défenseur? Non seulement l'excès de zèle des militaires reste itapuni, mais on a encore oublié que la situation 1 . werne a été créée par le lieutenant von Forstner, pour lequel le colonel von Reutter est responsable. " L'affaire de Savern» ne s'est pas terminée. On en parlera encore. " La "Gazette de Voss", radicale: "Le jugement d'aujourd'hui ne met pa;, fin au " scandale de Saverne ". " Aussi bien, il faut que la population civile soit protégée comme l'autorité militaire, car, ainsi que l'a écrit M. de Bethmann-Hollweg, c'est une superstition de croire que ce que la force a conejuis ne peut être conservé que par la force. " On peut être dlautan;, plus étonné de ces incidents qu'ils se sont produits à Saverne, ville dont la population n'est ni socialiste ni francophile, et qui a envoyé au Reichstag un conservateur libre. " La "Beriiner Zeitung am Mittag", radicale: " Cet acquittement ne signifie pas, au point de vue politique, que l'affaire "soit complètement terminée. On ne dfftit pas oublier que toutes ces histoires ont été provoquées par les expressions inconvenantes et injurieuse-3 d'un jeune lieutenant et qu'on n'a rien fait au début pour donner satisfaction à la population de Saverne, dont l'émotion était pourtant justifiée." Le Reichstag s'occupera encore de cette affaire, comme il s-'occupera encore de notre politique future dans les pays annexés, et de leur administration, de cette administration que l'affaire de Saverne vient do montrer sous un jour peu, engageant. " La "Deiitsdhe Tageszeitung", agrarienne: "L'acquittement de ces officiers braves et consciencieux prouve que l'armée en Allemagne est également un organe de la force publique, une autorité qui ne porte pas une épée pour rien. "Les débats du procès ont fait honneur au sentiment du devoir prussien, à la discipline, à l'ordre et à l'esprit militaire prussiens. On s'est trouvé à Strasbourg en face d'un système d'excitation dos plus outrageants contre tout ce qui est "aruiée" et particulièrement [ "prussien", t La "Tajgliche Rundschau", nationaliste 3 "Cet acquittement ne peut être accueill qu'avec satisfaction par tous *les Allemands qui ne sont pas encore imbus ûe l'esprit antimilitariste.3 "Remercions Dieu qu'à Saverne il y ait et _ au moins un homme conscient» de ses devoirs Cet homme, c'était le colonel von Reutter." La "National Zeitung", nationale-libérale 1 "L'acquittement restera incompréhensible poui , beaucoup, mais il faut en fin de compte respecter les motifs qui ont amené les juges i prononcer ce verdict, car ils l'ont fait en toute conscience. Il est peu probable que le direc-* tour du tribunal en appelle. Donc, calmons-s nous, la cause est jugée, même si les consé- - quences doivent encore s'en faire longtemps " sentir." La "Gazette de Francfort", démocratique! 1 "Le procès de Strasbourg ressemble aux viem ■ procès de l'Inquisition, dans lesquels le juge , et le ministère public ne faisaient qu'un. Au-' jourd'hui, le juge n'était pas à distinguer de - 1 avocat. Le militarisme assis au banc des ac- - cusés était le même que celui qui composai) 3 le tribunal." 5 Le "Courrier de la Bourse", libéral: "Ce! ; acquittement montre que les personnalités mi-i litaires comprennent bien peu les sentiments - da justice de l'immense majorité du peuple :■ allemand." La "Post", conservatrice libre: "Nous sa-r luons le jugement de Strasbourg avec satisfaction. C'eût été gravement méconnaître tou! ce qui est juste que de condamner à une peine de prison les officiers qui intervenaient en toute _ conscience pour défendre l'honneur de l'armée. Ce sont les autorités civiles de Saverne qui sont condamnées. Celles-là restent au banc des accusés, et nous attendons qu'on procède contre elles avec la même énergie qu'on a déployée à l'égard des autorités militaires.La "Morgenpost". radicale: "Nous déplo-l rons cette victoire de l'esprit militariste comme un grave malheur qui frappe le pays et le peu-^ itlîou^ et jusqu'à l'armée môme. Ce que l'on avait édifié en quarante années en Alsace-Lorraine est en ruines, et ce champ , "e ruines menace de gagner toute l'Allema-j gne, si l'on ne met le holà aux agissements de toute la clique militaire réactionnaire et excitatrice qui cbi"'che j,. pêcher en eau trouble." ; Le "Lokal Anzeiger", gouvernemental ^'L'acquittement du colonel von Reutter et du lieutenant Schadt répond certes à l'attente du- peuple. r ; "Vraiment, si les officiers devaient aller en ■ prison chaque fois qu'ils arrêteraient un sans-culotte ou une pétroleuse qui, par hasard an . moment même, ne les insultait pas, on *ne pourrait plus guère trouver d'e jeunes gens disposés à entrer a-ans la c.< • -• des armes.'' Le "Nouvelliste d'Als -Lorraine": "faut-il , ôtre surpris de ce qui s'est passé au conseil de guerre de Strasbourg? Non, pas trop. Avant même l'ouverture des débats, la plupart de ceux qui s'occupaient de l'affaire pariaient pour un acquittement. Et pourtant l'opinion publique a été surprise. Nous n'avons pas en Alsace-Lorraine l'habitude de voir des prévenus traités avec tant de ménagements et d'égards, le procureur se montrer si attentif à prépaver des arguments a la défense, et enfin les juges manifester leur sentiment avec des signes d'approbation si évidents." Le "Journal d'Alsace-Lorraine": "Avec de semblables régimes, basés sur des principes dont les civilisations antérieures à l'ère chrétienne s'étaient dépouillées, il est impossible d'aller en avant sous aucun rapport, on ne peut qu'aller en arrière. De pareilles choses cependant ne se discutent pas; on les traite avec les égards qui leur sont dus et on attend l'heure de la vengeance qui viendra plus tôt que quelques-uns ne le pensent." UNE DECLARATION DU KRÛNPRINZ: GUER-RÊ POSSIBLE ET PROCHAINE? BERLIN, il. — Le kronprinz, interrogé par lin journaliste de la "Gazette Berlinoise de Midi", semble attribuer assez clairement à la perspective d'une guerre prochaine et possible le télégramme de l'empereur qui l'a transféré de Dantzig à Berlin. "Quand, il y a deux ans, j'ai pris le commandement du 1er hussards du roi, à Dantzig, il était déjà question de m'employer plus tard à i'état-major général. Après les manœuvres de l'automne dernier, je devais revenir à Berlin. C'.est moi qui ai demandé qu'on me laissât encore un an a Dantzig, ce qui me fut promis tout d'abord. Mais, en décembre, je reçus l'ordre qui me transférait à l'état-major. Sa Majesté jugea nécessaire, étant donnée la situation actuelle, que je fusse informé sur la direction supérieure des troupes. Vous savez, en effet, que, le cas échéant, j'aurais à exercer un commandement plus grand que celui d'un régiment."Relisez avec attention ces lignes, et vous verrez qu'elles sont jusqu'à un certain point inquiétantes. Le kronprinz veut rester encore un an àJJantzig. Tout à coup l'empereur le rappelle. Pourquoi? Pour qu'il sache, en cas de guerre, manœuvrer une unité plus forte qu'un régiment de hussards. Si le kronprinz ne se trompe pas, il n'y a qu'une explication: l'empereur craint que la guerre n'éclate prochainement.DiSCOURS DE M. von BETHIMANN-HOLLWEG A LA CHAMBRE DES SEIGNEURS BERLIN, 11. — La Chambre des Seigneurs prussienne a entendu un impprtant discours de M. von Bethmann-Hollweg, à propos d'une motion présentée par -un conservateur, le comte York de Wartenburg. Cette motion invitait le gouvernement prussien (dont M.von Bethmann-1 Hollweg est le chef) à 11e pas permettre que la position de la Prusse dans l'empire soit amoin-; drie par des changements apportés à la situation ; constitutionnelle. Le comte de Wartenburg,dont la motion a été finalement adoptée par 185 voix 1 contre 20, a blâmé dans ses déclarations la pro-j cédure qui permet au Reichstag de poser des questions aux membres du gouvernement impé-I rial et de voter des ordres du jour, le droit ac-I cordé à l'Alsace-Lorraine d'avoir trois représentants au conseil fédéral, enfin la nomination d'un comité de contrôle pour les fournitures de l'armée, comité qui comprend des membres du Reichstag. Dans sa réponse, M. von Bethmann-Hollweg (a commencé par établir que la constitution de la

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Dieses Dokument ist eine Ausgabe mit dem Titel Le matin gehört zu der Kategorie Liberale pers, veröffentlicht in Anvers von 1894 bis 1974.

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