Le soir

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s.n. 1914, 30 Juli. Le soir. Konsultiert 02 Dezember 2021, https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/de/pid/tm71v5cd91/
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Au loin ou tout près de nous on nous a joué la comédie et la tragédie; on a tenu en éveil en nous, sans répit, tous les sentiments; nous avons pu rire, pleurer, admirer, détester, espérer et craindre; jamais peut-être avec tant d'intensité, mais aussi de contrastes subits, la vie quotidienne ne déroula des péripéties si souvent et si violemment changeantes.On sait combien les exploits sportifs allument d'ardentes curiosités para, le populaire. Comme celui-ci ne voit, la plupart du temps, bénévole qu'il est, que l'apparence des choses, il prend pour des joutes ou des exploits utiles et loyaux ce qui n'est que truquage commercial, ou vaine acrobatie, ou malsaine exhibition. Je l'écrivais l'autre jour ici même, à la veille du stupide et tragique accident qui coûta la vie à la pauvre Cayat de Castella, et le mépris que j'énonçais pour des exercices vraiment meurtriers était un sinistre pressentiment de ce qui devait se passer à Stockel avant même qu'eût paru ce que j'avais écrit. Os séances d'aviation devaient se terminer en horreur sanglante. La fameuse course du «Tour de France» cycliste s'est achevée dimanche pour nos fervents belges de la bécane, et Dieu sait s'ils sont innombrables ! en apothéose magnifique. C'est un Bruxellois qui a l'emporté la victoire I On va, comme on le fit l'an dernier quand, une première fois, il s'affirma le meilleur au cours de pareille randonnée, le recevoir avec musiques, drapeaux, fleurs, Champagne et discours. Tout fiers que nous puissions être du succès d'un concitoyen, et sans vouloir rien détruire de ses droits à mériter les ovations qu'on lui décerne, je ne peux m'empêcher de mettre en garde contre la spontanéité si franche de leur enthousiasme tant de braves gens à l'âme simpliste qui considèrent ces courses sensationnelles, ces épreuves à grand tapage comme des luttes impeccablement livrées, n'ayant d'autre but que de mettre en glorieuse évidence la force, l'adresse et l'endurance des concurrents. Voici ce que, parmi vingt autres qui sont du même avis sévère, dit de ce «Tour de France» le chroniqueur sportif d'un grand journal parisien : «Le Tour de France cycliste s'est terminé hier. Il ne présenta pas un très vif intérêt au point de vue sportif, mais il prouva tout au moins ce que peut abtenir une marque puissante... Le règlement, d'ailleurs foncièrement irrégulier, permet de prévoir la faillite des courses sur route si l'on n'y remédie pas immédiatement... Et je vous affirme que la foule ne «'enthousiasme plus comme jadis aux exploits des vaillants coureurs qui luttaient à irmes égales, autrefois, mais aujourd'hui \sont réduits à engager des batailles rangées. » i ★ * * Nous eûmes, bien entendu, les fêtes de l'esprit pour occuper et charmer ceux — il en reste... — que laissent indifférents les exploits musculaires. A Belœil on célébra lé centenaire du prince de Ligne. Le grand seigneur, le vaillant guerrier, l'homme du monde spirituel, le châtelain aimant à s'entourer du plus élégant et savant'décor de nature furent tour à tour honorés comme il convenait par des orateurs éloquents et peut-être sincères. M. Carton de Wiart, dans la forme la plus séduisante et châtiée, tressa enfin à l'écrivain des couronnes méritées. Et ce fut une antithèse piquants que celle voulue par le hasard et les circonstances : à la même heure, dimanche, à quelques lieues de Bruxelles, des personnages officiels prononçaient l'éloge d'un disparu au pied d'un monument qui perpétue ses traits, et le sort fit ceci que M. Poullet, ministre de la littérature, parla de De Lantsheere, ancien ministre ae la justice, tandis que M. Carton de Wiart,ministre de la justice,parla du prince de Ligne, littérateur de jadis... * * * Les coïncidences furent nombreuses, du reste, en ce jour qui mit la villette d'Ath et le bourg bâti autour du somptueux domaine de Belœil en fête pavoisée et souriante. Le lieutenant général de Heusch évoqua avec une mâle éloquence et beaucoup d'érudition la brillante physionomie militaire du maréchal des armées autrichiennes que fut le féal soldat de Joseph II, celui-là qui écrivit des maximes de guerre capables de le faire désormais estimer à l'égal d'un émule du maréchal de Saxe. Or, à l'heure où retentissaient ces paroles d'élogieux souvenir, l'Europe entière était étreinte par la brusque angoisse sous le coup de laquelle nous continuons d'être depuis lors. Et c'est cette Autriche précisément, cette vieille monarchie issue de la majesté autocratique et ambitieuse de la prolifiqueMarie-Thérèse, cette Autriche au service de laquelle le maréchal prince Charles-Joseph de Ligne mit dès le milieu du dix-huitième siècle sa fortune, sa vaillance et sa science des armes qui affole aujourd'hui soudain l'Europe et, menaçante, irritable, hautaine, nargue toutes les alarmes et ose toutes les violences. La guerre 1 Depuis que je suis toute petite je ne cesse d'en entendre constamment parier comme d'une chose affreuse mais inévitable. Presque chaque année on m'a dit ou j'ai lu qu'elle était brusquement imminente. Tantôt au nord, tantôt à l'est, tantôt au sud, les brandons furieux de la discorde se sont incessamment allumés; il s'est presque toujours trouvé, par bonheur, des mains secou-rables qui éteignaient les tisons incendiaires ou, tout au moins, localisaient étroitement leurs ravages. Voici que, plus proche, plus énorme, plus fatal, surgit une fois encore le péril. Les pires catastrophes sont à craindre, et le gigantesque branle-bas belliqueux sonne de l'Orient à l'Occident du Vieux-Monde pris de l'olie tragique. C'est la diplomatie, parait-il, qui nous vaut ces démences. Elle applique depuis des ans et des ans ce vieux précepte de je ne sais plus quel écrivain à la fois militaire et politique : « Pour faire victorieusement la guerre, il ne suffit pas de s'y préparer; encore faut-il préparer la guerre. » Tandis que chaque Etat, formidablement, se ruine depuis un demi-siècle à «se préparer» à la guerre en armant et en équipant des millions d'hommes et en nerfeotionnant scientifiquement l'art de s'entre-tuer, les chancelleries «préparent» la guerre par le jeu obscur mais savant, paraît-il, des alliances, ce jeu hypocrite en tout cas, et funeste puisqu'il aboutit à l'inévitable fatalité d'une conflagration générale née de la seule querelle de deux voisins, d'un débat personnel d'intérêts, d'une haine locale de races eu de religions. Laguerre! Comme un souffle peigicieux a passé sur la ville et, insoucieux un instant de tout ce qui n'était pas l'angoisse éveillée par le mot sinistre, chacun a oublié les événements et les spectacles divers oapables de solliciter son attention. ** * La crainte a surgi en pleines fêtes. L'achèvement des traditionnelles liesses de la kermesse bruxelloise et des réjouissances dont l'anniversaire patriotique est l'occasion en a pâti. Le lord-mayor venu nous rendre une cordiale visite et exhiber ses carrosses, ses uniformes, ses colliers, ses valets en archaïque mais somptueux équipage, tout son puéril décorum de faste traditionnel, a repris le chemin de Londres dans presque de l'indifférence.Sur l'inauguration d'un Waux-Hall transformé, avec un bonheur et une réussite pratique d'ailleurs discutables et discutés, le ciel a ponctuellement répandu l'averse d'usage.À la foire, désagrégée, désorientée par l l'installation, sur les places et les boulevards qui étaient son domaine immémorial, de chantiers encombrants et tapageurs, bien peu songent, et les «moulins» tournent souvent à vide, la «femme colosse» ne sait à qui exhiber «son petit mollet», les gaufres et les pommes de terre frites se refroidissent et sèchent, dédaignées des amateurs occupés ailleurs que du côté des loges clinquantes et des baraques de toile. Ceux qui, dimanche, sont allés assister à l'inauguration de la plaine des jeux aménagée si opportunément, dans le nouveau quartier citadin surgi des coteaux et des vallons sablonneux de Josaphat, aux confins orientaux de Schaerbeek, n'ont pu s'empêcher de faire des réflexions un peu inquiètes et dé- : çues... Cette universelle tendance que l'on manifeste à fortifier les membres, assouplir les corps des enfants, cette émulation, qu'on éveille partout et qu'on entretient en eux, en présence d'une course à fournir, d'une lutte à soutenir victorieusement contre la durée ou la distance, cette culture de l'initiative et cette pratique de l'énergie et de la volonté, — tout cela ne correspond-il pas encore à des préoccupations combatives, à des soucis de défense ou d'attaque? Il y a le combat, il y a la guerre au bout de tous ces jeux sportifs; on ne s'en doute évidemment pas, on n'agit pas du tout dans ce but ou dans ce sens. Mais qui oserait nier que la conséquence est fatale, même si l'intention est absente? * * * A peu près à la même heure, à quelque cent mètres de cette plaine de jeux d'apparence uniquement pacifique, un spectacle plus manifestement belliqueux versait de l'enthousiasme au cœur de quatre mille per- , sonnes occupant les galeries du hall du Cinquantenaire.Mitrailleuses, fusils, canons faisaient avec brio leur office tapageur. Tous les simulacres de mort furieusement semée sur un ennemi imaginaire soulevaient des tonnerres d'applaudissements. Probablement doux, pas sanguinaire pour un denier, aimant tous ses semblables, cha-'qua Spr^'û.ttTtrr 'considéré ieolf3nent aurait ; horreur du sang versé. Réunis dans cette enceinte où claquaient des drapeaux, où fanfaraient des musiques militaires, où scintillaient des uniformes, où évoluaient avec une vitesse précise et une vigueur assurée des soldats habiles, ces gens communiaient dans la même inconsciente férocité, et. ils acclamaient les engins donneurs de trépas et ceux qui en tiraient un parti impeccable. Comme je sortais du grand hall, assourdie autant par les vivats que par le bruit des attelages ayant évolué sur la piste et celui des cuivres ayant fait rage sous la verrière sonore, je vis passer quelques boy-scouts équipés en guerriers d'opérette et brandissant un bâton menaçant... Et ceux-là aussi rêvent plaies et bosses ! * * * Tout cela et beaucoup d'autres choses encore que je passe sous silence, comme la revue du 2é, autre spectacle militaire à grand éclat impressionnant, et le longchamp-fleuri qui lui-même se croit obligé de devenir le prétexte à une « bataille » de fleurs, — tout cela c'est le bilan de la semaine des «Fêtes nationales ». Fêtes? Oui, peut-être, pour ceux qui se voient octroyer à l'occasion de ces liesses multipliées à tous les carrefours de la ville des congés bienvenus. Mais tout le monde n'a pas fermé boutique ou «fait le pont» entre le 20 et le 26 juillet. Même le 21, jour commémoratif solennel, la réjouissance — et le repos qui en est un des éléments essentiels — furent loin d'être unanimes. C'est un tort au surplus. Et je sais pas mal d'étrangers qu'étonne et que choque même la façon dont nous célébrons notre «fête nationale». Tandis que les cortèges défilent dans les rues, que des gens endimanchés vont là où les attirent un concert, des jeux populaires, une illumination, une parade militaire; tandis que les échos retentissent des pas-redoublés les plus allègres ou des «Brabançonnes» les plus nourries; tandis que les soldats flânent en exhibant leurs uniformes de grande tenue, dans beaucoup d'administrations privées, sur tous les chantiers, dans les fabriques, employés et ouvriers travaillent.Même l'Etat ne donne pas congé à tout son monde, ni les écoles à tons leurs enfants. Chose à peine croyable : si le lundi de Pâques, le lundi de Pentecôte, le Premier de 1 An sont jours de «fête légale» en Belgique, le 21 juillet n'en est pas un ! La fête nationale, me semble-t-il, doit être la fête de tout le monde, sans aucune exception; sinon je me demande comment on justifierait qu'elle continuât de se prétendre a nationale » ? CHRISTINE. LE TEMPS Meroredi 29 juillet UCCLE. - institut royal météoroIogTqnt Température, 12.9; (normale. 17.3); maximum 17.5; (mai. absolu, 35.4); minimum 10.7; (minimum abs., 7.0); hausse I 0; pression, 757.2; hausse. 4.3; baromètre, monte; Tcnt \V.N.W.;elcl, couvert; eau tombée, 32.5. Soleil.— Lcrer: 4 h. 5. Lune.— Lever! 13 h. 48. ^ — (loucher : IB h. 33. — Coucher : 22 h. 8. ^ OSTENDE Température, 15.0; maximum, 18.5; minimum, 14.3; sah9 tar.î pression, 757.4; hausse 3.9; baromètre, monte: ven' W.; ciel, ti Us nuageux ; eau tombée, 0.4; mer, lég. agitée. SPA Température, Î2.0; maximum. 16.0; minimum, 11.0; hausse l.O; pression, 757.4; hausse 4.3; baromètre, monte; vent. W.; ciel, pluie: eau tombée, 5.3. " ARLOH Température, I1.0; maximum. 16.2; minimum, 8.0; hausse l.O; pression,757.6; hausse 3.3; baromètre, monte ; vent, W.; ciel, couvert; eau tombée, 3.4. PARIS Température 15.0; maximum. 20.0; minimum, 10,0; hausse 1.0; pression, 759.1; hausse î.o; baromètre, monte; rent, caliuei ciel! peu nuageosy eau toàiiëa. OA i NICE Température, 19.1; maximum,2S.0; minimum, 14.2; ba^'! 2.2; pression, 756,4; hausso 3.4- baromètre, monte ; Tant, calme; ciel, très nuageux; eau tombée, 0.0, BIARRITZ Température, 16.2; maximum.18.0: minimum, 14.3; lie u: sa 0.6; pression, 761.0; hausse l.l; baromètre, monte ; rent, W.S.W.; ciel, très nuageux; eau tombée. I l.o. Situation atmoaphériaue La pression reste double sar la majeur 0 tie de l'Europe. Elle ne dépasse 140mm que sur l'Ecosse, l'Irlande, l'Atlantique, le nord-ouest de la France et la péninsule hispanique ; et elle est inférieure à 730 ■» sur la Finlan<i et sur le nord-ouest de l'Allemagne et l'ouest de la Baltique. Le baromètre monte presque partout ; on 1 signale une très légère baisse que sur » litre de l'Allemagne. Le vent est faible JT/r déré entre W. et N.W. sur nos contrées, ou i l ! température est comprise entre 11e et 1G°. Prévisions : Vent N. faible ; couvert, SI juillet : S. Ignace de Loyala. PETITE GAZETTE Le duc d'Anhalt Le duc d'Anhalt, venant de Berlin et rendant à Londres, est passé ce matin par Bruxelles. » * * Le duc et la duchesse d'Orlép.iis L# tribunal d'arbitres institué pour iu.c?r. le procès intenté par la duchesse MarV? Dorothée à son époux le duc d'Orléans vei de condamner ce dernier à la restitution tie la dot et des sommes apportées par la duchesse à la communauté ainsi qu'au payement d'une pension annuelle de 55,000 couronnes.* » A l'Académie de médecins Le docteur Auguste Broca, professeur à la Faculté de Paris, est élu membre correspci - dant de l'Académie de médecine de Belgi((u^. * A l'Association belge de Cologi.e L'Association belge de Cologne a réuni se membres en un banquet. A l'heure des toasts, M. Franz Wertz. vice-président ff. de président, porta, en termes heureux, la santé du Roi et de i famille royale, et M. G. Closon, chancelier du consulat, répondit, au nom de M. von Stein, consul de ïlelgique, en portant ce.l. de l'empereur d'Allemagne. Le président retraça ensuite la carrière du Cercle et m,t en lumière les progrès réalisés pendant l'anni écoulée. L'Association, qui compte à peu près tout l'élément belge de Cologne, peut donc augurer d'un bel avenir. Une partie artistique clôtura cette f'e. * * Les billets de cinq frary Il est question, à nouveau, de la jol-ét 1 » circulation des tillets 'de c.nCi iranfeAy Banque* Nationale de Belgique eii tient «Mue.' millions en réserve, prêts à sortir au pre mier signe. Voilà une monnaie de papier qui, Dieu" merci, aura mis du temps à être émise, et espérons encore qu'on pourra la laisser dans les coffres de la Banque I • ' * Concours universitaire M. Edgard Triffaux, docteur en philosophie et lettres de l'Université de Bruxelles, actuellement professeur au collège communal de Tirlemont, vient d'être proclamé premier en philologie orientale au concours universitaire. 11 a obtenu sur l'ensemble des épreuves du concours 90 points sur 100, et le jury a estimé que son mémoire était digne d'être imprimé aux frais de l'Etat. Le titre de « premier en philologie orientale» n'avait plus été décerné depuis une quinzaine d'années. . M. Triffaux, qui est Namurois, a étudié le syriaque, sous la direction de M. le professeur Kugener. * * * Dans la gendarmerie La brigade de gendarmerie de Haccourt a été installée le 27 courant. Elle a pour circonscription les communes de Haccourt, Hermalle-sous-Argenteau, Heure-le-Romain, Lixhe et Oupeye et fait partie du district dé gendarmerie de Liège. La brigade de gendarmerie de Fallais sera installée le 12 août prochain. Elle aura pour circonscription les communes de Avenues, Braives. Fallais, Fumai, Huccorgne, La-tinne, Marneffe, Oreppe, Vieux-Waleffe et Ville-en-Hesbaye, et fera partie du district de gendarmerie de Huy. * L'union entre patriotes L'« Indépendance » la recommande en termes excellents. Elle écrit : Comme nous l'avons dit dimanche, en présence de telles graves éventualités, les querelles politiques doivent s'apaiser tout naturellement, et il ne doit plus y avoir ici qu'une nation fermement résolue à défendre sa" neutralité et son indépendance. Nous avons l'intime conviction que tout le monde chez nous fera loyalement, bravement son devoir. Si nous n'avons pas toutes les forces que devrait avoir un pays comptant près de huit millions d'habitants, du moins notre armée constitue-t-elle une masse respectable. Qu'on emploie cette armée dans les meilleures conditions possibles ; qu'on utilise en conscience cette force au mieux de la sauvegarde 'du pays, tel est le meilleur espoir du peuple.,... * * L'attaque de Bruxelles La T brigade mixte, d'Anvers, sous le commandement du général-major Drubbel, devait exécuter hier, aujourd'hui et demain, de concert avec les 8# et 9° brigades mixtes, une manœuvre d'armes combinées, comportant une marche sur Bruxelles avec exercices d'installation et de bivouac à Malines et Vilvorde. A la plaine des manceuvres""de Malines, un bivouac .avec tentes portatives devait être établi la nuit du 29 au 30 juillet. Les troupes ont quitté Anvers dans ia nuit de lundi à mardi et sont arrivées à Malines. Un parti adverse, sous les ordres du major Blairon, était signalé à Vilvorde. -Mais l'ordre arriva de rejoindre immédiatement Anvers par suite de la tension internationale et de la nécessité d'avoir toutes les unités près de leurs dépôts. Hier, à m'gy, lej-troupes reprenaient la route d'Anve elles arrivaient à 5 heures, avant or) orA quarante kilomètres sous la pluie et^ui <ës routps boueuses, et sans laisser un> homme en arrière. * * * A Beverloo Lé camp a donc été abandonné par la division de cavalerie, cavaliers, cyclistes, artilleurs à cheval. A ce Pi9gg| sjgualoss raM accom pli par la division, qui est rentrée en quelques heures de Beverloo à Bruxelles, à Malines, etc. Ces troupes sont en excellente forme. A Brasschaet Une délégation de la Conférenoe du jeune-barreau a fait hier une visite au camp d'artillerie de Brasschaet, où des tirs ont été effectués devant elle. Un incident, qui a fait quelque impression, s'est produit : au cours de la visite, les batteries montées en séjour au camp ont reçu l'ordre de rallier leurs garnisons à cause des événements extérieurs. Nos sapeurs-pompiers Les 22, 23 et 24 août prochain auront lieu à Termonde de grandes festivités, organisées à l'occasion du 50* anniversaire de la fondation du corps de sapeurs-pompiers de cette ville, coïncidant avec le 25" anniversaire de la création de la Fédération royale des corps de sapeurs-pompiers de Belgique, de la fête d'été de l'Union provinciale de la Flandre orientale et du congrès annuel des pompiers du pays. M. Berryer, ministre de l'intérieur, et M. de Kerckhove, gouverneur de la Flandre orientale, ont accepté, respectivement, la présidence et la vice-présidence d'honneur du comité de patronage. Il y aura des concours importants, réception à la gare, assemblée générale à l'Hôtel de Ville, cortège, réception officielle par le collège des bourgmestre et échevins, remise officielle des croix communales pour années de service et d'une médaille commémorative à tous les participants, exercices sur la plaine du Bastion 8 et banquet officiel. Le lundi, continuation du congrès à l'Hôtel de Ville, manoeuvres de moto-pompes, tirage au sort des primes et distribution des prix du concours. Ces festivités seront présidées par M. Arthur Philips, président de la Fédération royale des corps des sapeurs-pompiers de Belgique, capitaine du corps de Termonde, assisté de M. Van Schoor, sous-lieutenant, secrétaire de l'Union provinciale. î,c * * La question des jeux A l'occasion de l'inauguration des nouveaux établissements de bains de Spa, le ministre de l'intérieur a fait ces importantes déclarations : Je crois que le moment viendra bientôt d'aller plus loin. On l'a rappelé tout à l'heure, M. Borboux et d'autres députés ont déposé un projet autorisant des jeux à Ostende et à Spa. F.h bien, prenant en considération la situation de ces villes d'eaux, la nécessité pour elles de s'assurer des ressources nouvelles, le fait que la loi est tournée au profit seulement de quelques concessionnaires de jeux qui entassent les millions dont tant d'entreprises et d'œ.u-vres disposeraient si utilement, j'estime que le gouvernement se ralliera, sinon à la formule intégrale de la proposition de loi, au moins à mie formule qui permette le fonctionnement de - jeux sévèrement réglementés dans les villes u Oste^ae et oc Siu.. \ s . ie mé iîàïe dé le dIre,(]Àïis oplrûvn.leircs- ' sources, que procureraient ces jeux ne seraient pas au seul profit des communes: l'Etat, en prélèverait une très large part pour ses œuvres d'assistance et fl'hygiène sociales De plus, quant aux communes, la quote-part qu'elles toucheraient ne serait pas à leur complète et libre disposition. Des séries de mesures devraient être prises pour contraindre les communes à affecter les ressources nouvelles au développement de toutes les entreprises susceptibles d'assurer la prospérité des stations balnéaires ou hydromi-nérale.Le jeu autorisé dans des conditions étroitement réglementées ne pourra jamais avoir pour résultat dans ma pensée d'étouffer la ville de cure, mais celle-ci devra trouver dans les ressources qu'il procurerait le moyen de développer toutes-ses installations, notamment ici quant au captage des sources, quant à l'exploitation des eaux minérales et quant aux établissements de bains. Je tiens tellement à la réalisation de ce programme complet que, s'il ne pouvait pas être accompli t-il que je le trace, si Spa risquait de devenir une. simple ville de jeux, je me rangerais immédiatement au nombre des adversaires du rétablissement du privilège. Marine Les examens trimestriels viennent de finir à l'école de navigation d'Ostende. Comme nous l'avons dit, il n'y avait pas moins de cinquante-sept candidats qui se présentaient, et ce grand nombre provient de oe que c'était la dernière fois que les examens avaient lieu sous le régime actuel. On sait qu'une loi récente a décrété la réorganisation des écoles de navigation et qu elle entre en vigueur le 1" septembre prochain. Jusqu'ici les cours de ces écoles pouvaient être suivis par le premier venu; dorénavant on aura à passer un examen d'admission devant un jury, qui siégera à Bruxelles. D'autre part, le programme des examens est beaucoup plus étendu et le nombre d'années de navigation exigé pour l'obtention des divers diplômes est plus élevé. Les examens ne seront plus trimestriels et n'auront plus lieu successivement à Ostende et à Anvers : il n'y aura plus que trois examens par an, devant un même et unique jury, et chaque fois, on désignera la ville où ils auront lieu. Voici les résultats des examens qui viennent de se terminer : Capitaine au long cours : MM. R. Carlier et H. Boëme. Premier-lieutenant au long cours : MM. H. Sacré, J. Van Isacker, J. Berings, G. Adam-son, J. Van Schoor, C. Boels, F. Van Troos-tenberghe, F. Decrop et J. Ruizen. Second-lieutenant au long cours : MM. E. Corneille E. Verstraete, F. Rubens, F. Bas-tien, Ch.lVlamynck, A. Pyson, R. Larsen, E.-R.-C. Brackx, E. Druyve, L. Tanghe, F.-P.-J. Brackx, D. Bulteel, J. Chaffaert, Ch. Everaert, L. Pinson, J. Vanhuyse et L.-J.-C. Aspeslogh. Patron-pêcheur : MM. G. Pieters et F. Ver-meire.On remarquera, donc qu'il y a eu un sérieux déchet. V * * La bibliothèque d'Ibsen Le Dr Sigurd Ibsen, ministfc d'Etat en Norvège et fils du célèbre dramaturge, a offert au Musée de Brekke la bibliothèque de son père. On sera curieux sans doute de connaître les lectures de l'auteur du «Canard sauvage». Si l'on en croit les « Mttnchner Nach-richten», elles étaient peu nombreuses. Tandis que son émule Bjornson s'intéressait à toutes les manifestations de la littérature contemporaine, Scandinave ou" étrangère, les ouvrages d'autrui laissaient Ibsen très froid. Les romans et les pièces de théâtre qu'il appelait « fin de siècle » lui donnaient de la fatigue : il les jugeait obscures et. laborieuses, car il voulait de la clarté chez le pro- i chain. Ses préférences allaient aux grands classiques, notamment à Gœthe, dont il étu- i liait tes ffipîës âYSQ as§i<Jai!& Sa jiiblio-. i theque contient une foule de livres avec dédicace; la plupart ne sont pas coupis. On a trouvé lo volume d'un malheureux poète suédois qui, sur la première page, demande dans les termes les plus touchants un mot d'encouragement dont il a le plus pressant besoin : ce volume est un de ceux qu'Ibsen n'a pas ouverts. Par contre, les traductions de ses propres ouvrages et les œuvres de critique qui se rapportent à lui forment une collection considérable; chacun de ces volumes a été' lu, relu et annoté. Il y a peu d'ouvrages de philosophie, beaucoup de journaux et de revues, et pas mal de romans policiers, qui semblent avoir été la lecture favorite du poète; cette littérature facile le délassait de travaux plus ardus. Avec la bibliothèque, le Dr Ibsen a offert encore au Musée rie Brekke un certain nombre d'objets ayant appartenu à son père, entre antres les humbles meubles en osier qui lui servaient au temps de sa jeunesse et cle son dénuement. * * * Les petits inventeurs L'exposition des inventions et des nouveautés qui sera organisée par la ville de Bruxelles, du 21 au 28 juillet, salle de la Madeleine, est, dès à présent, assurée du succès. Plus de 200 adhésions lui sont parvenues. Les adhérents recevront bientôt le règlement et une feuille de renseignements qui devra être envoyée, comme doivent l'être les demandes de participation, avant le 15 juillet à la direction de l'enseignement technique et des beaux-arts, rue des Moineaux 15, à Bruxelles. Voulant encourager l'esprit de recherche et donner à tout inventeur belge la possibilité de produire devant le public les résultats de ses travaux, la Ville a décidé que l'emplacement sera donné gratuitement, seuls les frais de transport et d'enlèvement restant à. charge des exposants. En marge des fëtes de Belœil « &ans uouie esi-u nien tara pour parler encore d'elles. » Et pourtant... Ces fêtes, qui célébraient le centenaire de la mort du prince de Ligne, furent quelque peu compromises'-par la pluie implacable, qui détrempa les chemins du merveilleux parc de Belœil, les drapeaux et les banderoles sur lesquelles se lisaient des paroles du prince ou de Mme de Staël. Vers le soir, la pluie cessait et, ce pendant qu'un cordon de lumière dessinait dans l'obscurité les contours de la grande pièce d'eau toute bleue, parmi les hautes charmilles sombres. le soleil se couchait dans une gloire rose et jaune, du côté de la « grand'vue » de laïorêt d? Stambruges. I.n lundi, les personnes munies de cartes pouvaient se réfugier dans l'orangerie du château, où se tenait un « congrès prince de Ligne, ». Le malheur est que parfois ce congrès, comme la séance académique de la veille, à Ath, sembla aussi ennuyeux qu'un jour de pluie. Le programme de ce congrès présentait un caractère un peu disparate. Sous prétexte de se prononcer sur la question de savoir si le prince de Ligne a sifflé Collot d'Herbois, a r,yory nous . entendîmes pendant trois quarts fa iieuVe uiiei corijT6: . rvet' iritfi-£ssar*te dtall-Teufs" — sufCoHot d'Kerbois. 01» nous parla en-eore de Pauline Pannam, de Sauveur Legros, dont on ne fêtait point le centenaire, que nous sachions. Ce ne fut pas toujours très amusant,, ni très vivant, et il nous semblait à certains moments entendre un petit rire malicieux du prince Charles-Joseph, ironiste redoutable... Heureusement, il y eut de l'imprévu. Quand, au cours de la cérémonie publique au pied de la statue, M. Jules Destrée entreprit de rapprocher le prince de Ligne des généraux de la Révolution, des Girondins qui parlaient de mourir pour la patrie, il y eut quelque inquiétude parmi les assistants... La môme inquiétude renaissait le lendemain quand, devant la famille,' on tâchait de souligner l'amoralisme. l'impertinence dont fit preuve en plus d'une occasion le glorieux ancêtre, qui intercédait à Versailles en faveur de Mme du Barry. ★ * * Ce qui a dû faire frissonner d'aise l'ombre du feld-maréchal c'est le défilé des « chochetés • du pays, le dimanche, devant sa statue. Elles étaient conduites par la Philharmonie de Belœil, que le prince a fondée. Il y avait parmi elles des confréries locales, comme celle des Archers de saint Sébastien, en court sarrau bleu ; on sait que le prince fit partie de cette confrérie au XVIIIe siècle. Trente mille étrangers étaient venus, dimanche, malgré le temps menaçant, à Belœil. Après le défilé des sociétés, toute la cohue se transporta dans le parc. Mais le cadre est tellement vaste, tellement imposant. que cette foule énorme semblait perdue parmi les hautes murailles de verdure qu'on a signées à tort du nom de Le Nôtre. La représentation en plein air nous procura dees moments charmants. Cela se passait dans le Parc aux daims. La scène avait été dressée au fond de la grande pelouse, encadrée d'arbres gigantesques et magnifiques. Les coulisses étaient constituées par un petit temple de l'amour délicieux, dominé par des arbres élancés. Le cadre rappelait à la fois Hubert Robert et Fragonard. Mme Roanne, du théâtre du Parc, qui remplaçait Mme Piérat, de la Comédie-Française, vint, dans une charmante toilette Louis XVI, Lire, exquisément, avec esprit, la lettre à Par-thenizza, la fameuse lettre « romantique » à Mme de Coigny. Elle tint tête devant la ; pluie et la tempête, heureusement monmenta- j nées. Puis le ciel étant redevenu pur, des comédiens amateurs de la Grande Harmonie jouèrent Colette èt Lucas, comédie mêlée d'ariettes, œuvre du prince, créée à, Belœil lors du mariage du prince Charles avec la belle Hélène Massalska. Disons-le franchement : cela n'offre qu'un intérêt rétrospectif ; cela nous rappelle les berquinades ou les paysanneries enrubannées, florianesques, que Versailles avait mises à la mode. Mais c'est long, long et souvent bien puéril... Derrière la scène, on voyait les daims du parc, le cou tendu, écoutant les duos et les romances langoureuses adroitement harmonisées par M. Martin Lunssens. * * ★ Uno grave préoccupation planait sur ces fêtes. Tout le monde pensait à la guerre menaçante. Que se passait-il ? On était loin de Bruxelles, des bureaux de rédaction, des éditions spéciales. Mais au château, il y avait des princesses anxieuses, avides de nouvelles, comme la princesse de Tour-et-Taxis, la fille du seigneur de Belœil, dont le mari est officier dans l'armée autrichienne... Le comte Clary, ministre d'Autriche, dut rentrer dare-dare à, Bruxelles. Le comité organisateur des fêtes avait reçu de Lemberg (Lwow en polonais) ce télégramme des officiers du régiment autrichien que commanda le prince de Ligne au XV1I1® siècle : t Lwow, 25 Juillet. » Le commandant et les officiers du régiment d'infanterie n° 30 austro-hongrois qui, pendant de longues années, eut l'honneur de porter l'illustré nom de Prince de Ligne regrettent profondément d'être empêchés de prendre part à-vos émouvantes festivités et vous prient i'agréér leurs meilleures salutations, ainsi que leurs souhaits les plus sincères à l'occasion de ses fêtes si exceptionnelles, dignes d-e celui ioût xous fiéléores 1© souvsniix a On eût pu rappeler que Claude-Lamoral II, père du prince de Ligne, et le véritable créateur des jardins réguliers de Belœil, se com« porta vaillamment au siège de Belgrade. FRAM. La Crise NOTRE ENQUETE mmmm* XVI A ANVERS Les commissions sociales instituées à côté des conseils communaux pourraient remédier à la situation Ionien-table des ouvriers du port. (De notre correspondant particulier.) M. Marck, député suppléant catholique, président de la Fédération des unions professionnelles chrétiennes et libres, nous reçoit, assisté du secrétaire de cette fédération, M. Dhae-nens, un ancien débardeur, dans le nouveau local, très spacieux et très bien aménagé, que les syndicalistes chrétiens d'Anvers se sont construit rue Nationale, au cœur du quartier ouvrier. — Les salaires des dockers anversois, nous dit M. Marck. ont augmenté d'un franc environ depuis 1900. En voici un tableau comparatif : 1900 1914 , Ouvriers arrimeurs tr. 4.50 à 5.00 5.50 à 6.50 Ouvriers des corporations de transport, fr, 2.50 3.00 à 4.50 Ouvriers pour la réception à quai fr. 3.50 à 4.50 4.50 a 5.50 Les dockers qui manipulent le minerai gagnent 7, S. voire même 10 francs par journée de travail, suivant les dangers qu'offrent les matières chargées ou déchargées : blende plom-bifère, calamine, etc. Les charbonniers, qui travaillent le plus souvent en entreprise, se font en moyenne 7 francs par jour. 11 est bon de faire remarquer cependant quo, dans nombre de cas, les salaires effectivement payés dépendent de l'arbitraire de l'employeur; c'est pourquoi nous n'aurons pas de cesse que nous n'ayons obtenu un tarif général de salaires au port. La durée du travail dépend essentiellement des saisons et aussi, dans une certaine mesure, des circonstances. En hiver, on travaille en moyenne sept heures et demie par jour, en été, neuf heures et quelquefois plus. Il y a actuellement une tendance à augmenter cette durée. Le projet de loi Pépin voudrait fixer à 10 heures la durée minima de la; journée de travail des ouvriers de l'industrie des transports. Depuis 1907. la Fédération maritime, tablant sur l'exemple de Rotterdam, soutient cette tendance. Mais je ne crois pas qu'elle soit favorable aux ouvriers. D'ailleurs, au congrès de la Fédération internationale, a Mannheim, les délégués hollandais demanderont, avec leurs collègues allemands et helges, la réduction de la durée du travail et l'application d'un barème général. , * j r.'j pense pas, <!n tout cas, qu'une augmentation quelconque de cette durée soit un remède à la crise. Quant à celle-ci, on peut dire que plus de la moitié des dockers anversois en ont souffert cruellement et en souffrent encore, plus que jamais. Nous estimons qu'en ce moment un dixième environ de la population totale de nos ouvriers de transports, parmi lesquels il faut compter les chefs d'équipe (foremen), gagnens largement leur vie. Quatre dixièmes parviennent à nouer les deux bouts en ne reculant pas devant le travail dominical et le travail de nuit» Ce sont nécessairement les éléments jeunes ou dans la force de l'âge. Les cinq dixièmes restants sont, dans une misère atroce. Les assureurs évaluent le salaire moyen d'un ouvrier ordinaire à l,09i francs: l'expérience de plusieurs années nous a appris que -la plupart des débardeurs de notre port n'atteignent pas ce chiffre, u M. Marck saisit au hasard quelques livrets de salaires de ses syndiqués. L'un d'eux, un débardeur travaillant régulièrement chaque fois qu'il réussit à se faire embaucher, et ayant en outre « fait » plusieurs nuits, est arrivé à gagner fr. 623.30 entre le 2 janvier et le 27 juin de cette année, ce qui ne fait que 4 francs environ par jour ouvrable, et cela pour un travail particulièrement dur et épuisant ! M. Dhaenens nous fournit au sujet des loyers ouvriers des chiffres signifloatifs. Il nous cite l'exemple d'un arrière-bâtiment de la rue du Navet, habité par des dockers, dont le loyer a progressé de la façon suivante : 1903 27 fr. par mois. 1910 ..... 30 fr. par mois, 1911 ..... 33 fr. par mois. 1914 ..... 35 fr. par mois. De modestes appartements pour dockers, loués 20 è 21 francs en 1900, ont haussé jusqu'à 30 et 35 francs. « Dans la rue Nationale, nous dit le secrétaire de la Fédération, un propriétaire a mis. en 1911, ses misérables locataires dans l'alternative de lui payer 2 francs de plus par mois ou de transporter ailleurs leurs pénates. Et quand on sait combien il manque d'habitations dans les quartiers habités par les ouvriers, et spécialement dans les 4°, 5", 6" et 8" sections, on devine la résolution que ces malheureux ont dû prendre, au risque d'écorner encore leur budget déjà si modeste : on mangera encore an peu moins de viande, voilà tout I « Même avec 5 francs par jour l'ouvrier anversois a peine à subvenir à ses besoins et à ceux Se sa famille, presque toujours nombreuse. « — Et l'alcoolisme? « — Il intervient forcément. Qu'ils le veuif-lent ou non, les débardeurs doivent boire an port. Beaucoup d'entre eux sont embauchés Sans des cabarets tenus par des chefs d'équipe. Malgré tous les règlements, ils y reviennent pour toucher leur paye, ou pour < remercier s celui qui leur a fourni du travail. Cela se passe tous les jours dans une grosse centaine de cabarets au moins. Trop souvent la police est da connivence avec les « stevedores » et ferme les yeux. Les ouvriers eux-mêmes, qui perdent déjà tant de temps pour aller de chez eux aux en-Iroi/ts d'embauchage, et puis de ces endroits au oateau où ils doivent travailler, préfèrent être payés dans le « caboulot. d'en face plutôt que ie recevoir un bon qu'il leur faudrait présen-ier dans un « bureau » toujours très éloigné. « — Mais l'inspection du travail? « — Elle est manifestement insuffisante !... D'ailleurs on nous envoie trop souvent des ingénieurs au lieu de personnes ayant une connaissance pratique du port et de ses méthodes le travail. Une pétition conçue dans ce sens, it appuyée par les députés catholiques d'An< /ers a été envoyée au gouvernement. « — Qu'attendez-vous du machinisme? La SO' ution de la crise n'est-elle pas là? ■ — Je n'en crois rien. Nous voudrions bieij lue les appareils de déchargement mécanique 'ussent introduits au port petit à petit, mais ieulement quand le besoin s'en fera sentir, a — Voyez-vous un remède à la crise? « — Dans notre syndicat chrétien nous l'aften-lons des commissions sociales qui servaient insituées à côté des conseils communaux, ainsi lue la Commission des XXXI en a exprimé le y*ir. « 28e ANNEE JEUDI 30 JUILLET 1914. ÉDITION AB ...N« 211

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