Le XXe siècle: journal d'union et d'action catholique

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s.n. 1916, 09 April. Le XXe siècle: journal d'union et d'action catholique. Konsultiert 04 Dezember 2020, https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/de/pid/1n7xk85g97/
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22' ANNEE Série nouvelle. ~N* 517 Le numéro 10 Centimes (5 CS1TIMES f ■■■ i i m——i— m ■ m .iiiiiié——iiimihiiii 11 rui-yh»ié.nrmvrr. »'i««m—8 Dimanche 9 Avril 1916 RÉDACTION & ADMINISTRATIOI Jf tir rus ils la îstrsa — LE HAYHE Téléphone •• Le Havre n* 14.0! Directeur : FSWÂR8 HEUK4T Tcnles ies communications concernât la rédaction doivent être adressât 3fi*",rnc de la Bourse,Le Havre, LONDON OFFICE: £1. Panton Street LE XXe SIECLE ABONNEMENTS Fiança 2 fr. 50 par mois. » 7 fr. 50 par1 trirr»astre Angleterre.... 2 ah. Q ci. par mois. » 7sh.3d. par trimestre Autres pays.. 3 fr. » par mois. » .9 fr. » par trimestre PUBLICITÉ S'adresser à l'Administration du Journal au Havre ou à Londres Annonoas 4* paget.Ofp. 40 la llgno Petitesannoncos4* page: 0fr.30la!lgnfc Les petites annonces sont également reçues à La Société Européens d<3 Publicité, io, rue delà Victoire, Paris, qui en a Ld monopole pour l'aris. Quotidien beige paraissent au Havre IU «Mil.! I IflHl 1! fflfl M L D'après le commentaire du correspondant berlinois de VAssociated Press, transmis en Amérique, par télégraphie sans fil, avec l'autorisation de la censure allemande, M. de Bethmann-Hollweg a fail allusion, dans son discours du 5 avril, à la possibilité de l'évacuation de la Belgique par l'Allemagne ; celte Belgique cependant sdèvien-droit ensuite une « nouvelle Belgique ». Quant au texte ainsi interprété, à l'usage ôes neutres, par le commentateur de XAssodated Press< nous l'avons publié d&ns le XX Siècle d'hier. Il souffre parfaitement l'interprétation du journaliste g'er-uuano-américain. De sa plus grosse voix et en faisant sonner les éperons de ses bottes, sur le ton d'un vainqueur qui parlerait en maître, le'chancelier impérial a bel et bien signifié au monde que... l'Allemagne ne songe plus à annexer- la Belgique. Tout ce qu'il demande, le bon apôtre, c'est que la Belgique, ci ce pays où a coulé le sang du peuple allemand » — û martyrs innombrables de Visé, de Lopvain, d'Andenne et de Termonde ! — ne puisse devenir un Etat tassai de la France, et de l'Angleterre, un | ouvrage avancé contre l'Allemagne au point de vue économique el au point de vue militaire... Qu'on donne des saranties, à . cette fin, à la loyale, à la généreuse Allemagne, et M. ds Bethmann-Hollweg se déclarera satisfait. Quelles garanties ? Il en existait une avant la guerre. L'Allemagne et 1 Autriche l'avaient retvêtue de leurs signatures. Les Belges s'y fiaient au point qu'ils S'avaient pas voulu faire les frais, avant 1912, ".vs.nt la loi de Broq-ueville, d'une armée digne de ce nom. Les Allemands de leur cAté ne s en trouvaient pas si mal. « Est-ce que le travail allemand en. Belgique ne coopérait pas visiblement et assidûment à la prospérité du patjS » ? a dit le chancelier dans sa harangue Aveu non dépouillé d'artifice, mais aveu tout de même. A la prospérité de la Belgique ? Cest une question. A. la prospérité des commerçants allemands, des industriels allemands et d'es ouvriel s allemands : cela ne fait pas de doute. Dans le négoce, l'industrie et la banque, sans compter l'espionnage, les Allemands étaient partout en Belgique, partout actifs, rejouants, riches, et honorés sinon pas toujours honorables. A l'abri de la neutralité, ils broutaient superbement., comme dans un gras pâturage, dans cette Belgique que leurs soldats ont mise depuis lors à feu et à sang. Cette garantie de la neutralité, qui est-ce mji l'a désirée? Ce n'est pas nous. Ce n est pas là France, ce n'est pas l'Angleterre. Oui donc l'a traitée comme un chiffon de papier ?... Nous aussi, et nos alliés avec nous, nous voulons des garanties pour-la Belgique de demain. Après la guerre comme avant, notre ennemi sera à l'Est, Ne "serait-il pas insensé de tourner notre paru-pluie justement dii côté d'où ne souffle pas îe vent '? Une Belgique libre et pourvue d'une véritable frontière : voilà ta seule garantie qui nous puisse protéger. S'il y avait seulement une once de sincérité dans la rhapsodie entonnée par M. de Bethmann-en l'honneur de la paix européenne, il admettrait la légitimité de cette revendication. . Autre mesure de sa bonne foi, deuxième et non moins admirable étalon de sa sincérité : il veut délivrer, en Belgique, la race flamande trop longtemps opprimée C'est pour punir, probablement, les oppresseurs de la Flandre que les soldats allemands ont saccagé Louyain, incendié Ter-Jiiondfi. traîné en captivité des centaines et des centaines de Flamands. En vérité, il faut être Prussien de Prusse pour s'imaginer qu'on va prendre au filet, avec de vagues promseses dont l'esclavage du peuple polonais atteste aux yeux du monde nrepocrite fausseté, les enfants et les frères de ces martyrs. La Flandre a-t-elle demandé quelque chose à M. de Bethmann-Hollweg ? En dépit de ses journaux, de se» écrivains et de son or, à peine a-t-il recruté, sur quatre millions de Flamands, une douzaine de Judas, tous inconnus notoires, Sltostres seulement dans les estaminets. Toutes ses intrigues de Hollande ont échoué piteusement. Son pseudo-journal flamand est mort, plus encore du mépris public que d'inanition. Son gouverneur général n'a pas su recruter deux professeurs pour TUniversité qu'il s'obstine à vouloir donner ruk Flamands malgré eux. Quand les moines flamands de Tongerloo ont eu un abbé à élire, ils. ont choisi u,n religieux wallon, exRrès pour affirmer l'union des Flamands et des Wallons à la face de l'ennemi. Contre ces faits éclatants, dont nous [pourrions allonger la liste, l'astuce du chancelier du chiffon de papier ne saurait prévaloir. Nous voyons très bien où il vou. cirait en venir. Il ne vise pas seulement i diviser les Belges. S'il pouvait exciter la métfiiance des Français vis-ii-vis d'une Belgique peuplée plus qu'à moitié de Flamands, quelle aubaine 1 Malheureusement pour lui, ses ruses sont trop grossières. Il n'y a qu'une Belgique, une" seule, unie par une commune haine Et il n'y a non plus, en face de l'Allemagne plus qu'à demi battue, qu'un bloc des Alliés, confiants, forts, indivisibles. F. N. Les Belges repoussent une attaque à Steenstraete (Officiel.) 7 avril. —■ Un petit coup de main tenté, le nuit dernière, sur un de nos postes avancés, près de Steenstraete, a été repoussé par notre feu. Cet après-midi, actions d'artillerie asse: violentes dans les secteurs de Ramscap-pelle et de Disuaud#. I ta sitnatioa.de la Belgique dass l'Europe de demain j ENCORE UN AVIS BELGE NETTEMENT EXPRIME Signalant en tête des « Nouvelles » de Maestricht (n° du 30 mars)- des' articles dont, nous avons nous-mêmes noté l'importance, notre confrère F. Olvff fait ces réflexions qui s'accordent parfaitement avec les nôtres : n Le journal suisse a très bien compris que les Belges de bonne foi n'ont aucune ambition territoriale, qu'aucun esprit 4e conquête ne les anime et que la mégalomanie n'est pas du tout leur fait. Avant lo mois d'août 1914,* personne en Belgique n'aurait jamais songé à une extension de territoire. Mais depuis lors, nous avons subi, durement, la leçon des faits. Notre soi patrial brusquement envahi, nos villes et nos villages incendiés, les meilleurs des nôtres massacrés par milliers, nos industries et notre commerce anéantis, nos populations torturées, affamées, soumises à la loi n'un maître d'autant plus implacable qu'il prévoit la brièveté de son règne il n'en fallait pas tant, hélas ! pour que nous fassions un retour sur nous-mêmes et pour que la volonté nous vînt d'accepter de rechercher les seules garanties qui puîssent remédier définitivement à une situation de fait dont nous avons si affreusement et si profondément souffert. La Gazette de Lausanne, comprenant les raisons qui nous poussent, môme malgré nous, dans la voie du salut, s'écriait : « Quel pays a donc mieux » mérité que la Belgique d'être mise à jamais à » l'abri do ces effrayants cataclysmes ?' » L'OPINION DE LA PRESSE ETRANGERE continue d'ailleurs h s'affirmer très favorable aux vœux des patriotes belges. Après tant d'autres journaux que nous avons cités» on nous signale des articles complètement sympathiques aux revendications territoriales belges dans le « Journal d'Indre et Loire » de Téurs (n° du 13 mars), la « Chronique Picarde » d'Amiens (n1 du 30 mars) et la « Liberté du Sud-Ouest » de Bordeaux (n° du <£ avril). D'autres journaux encore ont publié une dépêche de l'agence « Paris-Télégrammes » signalant une conférence où M. Joseph Rei-• nach, parlant de l'Alsace-Lorraine, a adhéré lui aussi à l'idée d'une Belgique plus grande et plus forte. « -Lo principe des nationalités, a dit notamment M. Reinach, ne saurait s'opposer à ce que la contrée rhénane fut réunie â la Belgique. Les Rhénans né sont pas des Germains, mais des Gaulois qui, pendant plus de mille ans, vécurent aveo les Belges. Une' Belgique neutralisée par les traités internationaux dont un des signataires renie sa signature quand bon lui semble, une Belgique naturellement affaiblie par cette neutralité est, on l'a bien vu, une menace perpétuelle pour la France. Une Belgique plus grande et plus forte, capable de défendre (par elle-même son indépendance, (Têot, une garantie de paix pour l'Europe, et la sécurité pour la France. Il faut féliciter M. Maurice des Ombiaux d'avoir exposé avec vigueur et netteté les divers éléments ' de la question. » Hier encore, d'ailleurs, le « Gaulois « publiait un article de M. des Ombiaux exprimant en ces termes les sentiments de la Belgique de l'Yser et de la Belgique envahie : « Cette double Belgique, écrivait-il (n° du 6 avril), cette Beligqrae une et indivisible malgré les menées de quelques germanophiles, est payée pour savoir oe -que vailent les promesses teutonnes et les traités signés par les Allemands. Elle entend que, dans l'avenir, sa neutralité ne dépende plus d'un « chiffon de papier », mais de sa seule volonté. Elle no veut pas que sa neutralité soit opposée à Ta France et'puisse être viplée par l'Allemagne quand celle-ci le-jugera conforme à ses intérêts. La Belgique lutte pour son droit et pas pour autre chose. Mais les traités ; ne pouvant plus être considérés comme suffisants pour garantir à la Belgique son indépendance, il faudra chercher d'autres garanties; il faudra que la Belgique exige des cautions de débiteurs de mauvaise foi. Notre pays ruiné, nos paysans ' et nos ouvriers réduits à la misère, les parents dont les fils sont morts au champ d'honneur, nos « jasses « qui versent leur sang sur les champs 'de bataille pour notre sainte cause n'admettront Î>as que les rêveries juridiques ou fnternationa-istes, les sympatbhies ou les intérêts germanophiles, la phobie de la France de quelques rares égarés l'emportent sur les nécessités d'une défense nationale qui nous protégera seufe' contre le retour de catastrophes comme celle qui a failli nous anéantir. » Ces sentiments sont aussi, nous en recevons chaque jour de nouveaux témoignages» ceux des Belges qui ne sont plus pour longtemps les Belges du dehors... Les Finances de l'Allemagne ——110" UN BILAN SENSATIONNEL DE LA BANQUE D'EMPIRE Le bilan de la Banque d'Empire ajle-mande au 31 mars accuse des changements encore plus sensationnels que n'en avait apportés l'échéance de fin mars 1915. Le portefeuille, qui comprend les bons et les traites du "Hésor escomptés par la n Reichsb.mk », a augmenté en une semaine de 2,214 millions de mark, montant ainsi à 8,112 millions. Les n dépôts des particuliers » ont gTOSSi de 1,654 millions, passant ainsi à 4,357 millions. Cette augmentation, ajoute un communiqué officieux, provient de dépôts effectués pour la plupart en vue d'acquitter les souscriptions à l'emprunt de guerre. Ce que le communiqué ne dit pas, c'est qu'ils sont probablement représentés pour la presque totalité par des bons et des traites du Trésor.La valeur des billets en circulation a augmenté en une semaine de 614 millions, passant à 6,988 millions. L'encaisse-or, par contre, n'a augmenté que d'un demi-million et s'élève à 2,460 millions.—Un mouvement se dessine en Espagne pour que les musicins s'abstiennent de jouer la musique allemande jusqu'à ce que l'Allemagne ait offert une réparation satisfaisante de la mort du compositeur Granados, mort sur te Suum. UNE CEREMONIE EMOUVANTE et t)c vc 'ÂBBiiersaire li loi ; c: I Eaîafcs-Aâïsig® nO" LÀ DISTRIBUTION SIS BÉMRAOTS s M SOLDATS SUSSES J i C'est toujours d'un grand réconfort pour i es Belges qu'une fête nationale à Samtc-idresse. Dans ce cadre charmant qu> rap- f lelle un peu Spa, mais un Spa qui serait , ivec sa colline ajU bord do la mer, nous , Lvans entendu les sonneries de clairon qui t rersent l'héroïsme au cœur des /ouïes et < îous avons vu détiler, l'arme au bras, notre jatailion d'étape. Chacun admirait l'air nartial de nos pioupious qui ont gardé quet-jue chose de l'ancien uniforme mais adapté i In vie do campagne. Ce qu'il y eut de particulièrement émouvant gt qui se pratiquait, à Sainte-Adresse , jour la première fois, fut'la remise des ré-)ompenses militaires aux soldats mutilés. Vlanchots, jambes de bois, borgnes, éclopés 3e tous genres, nos braves recuits aux feux-3e Liège, de Ilaelen, d'Anvers et de l'Yser, rangés le long de la mer reçurent, les uns l'Ordre de Léopold II, la décoration militaire, tous la croix de guerre, tandis que la musique jouait nos vieux airs populaires. On admirait aussi, une fois de plus, la simplicité de ces héros qui ont versé leur ■ sang pour la patrie. Un pays qui produit de tels hommes "peut envisager ses destinées avec sérénité. Tons, nous étions fiers d'eux et en contemplant ces glorieux débris chacun de nous sentait, comme Uylensçiegel, les cendres de Clacs battre sur sa poitrine. La victoire, en chantant, bientôt ouvrira la carrière. LE SALUT AU DRAPEAU La cérémonie du salut au drapeau qui avait lieu à 9 heures, devant le ministère de la guerre, ù Sainte-Adresse,. assembla tous les Belges, qui, dans les glorieux invalides présents, dans les braves soldats de la compagnie d étapes et dans la compngnv des vaillants grenadiers, purent acclamer les soldats valeureux qui se battent sur l'Yser. 11 était 8 h. 1/2, lorsque soldats d'étapes et grenadiers — qui venaient de traverser la ville sous les ordres du major Dethier, clairons en tête et au milieu d'une foule qui les acclama — arrivèrent s'aligner devant le ministère de la guerre, bouievard Albert I". Puis, survinrent, commandés par le commandant Scaillet, les invalides de la guerre, parnfi lesquels, formant un groupe émouvant, une quarantaine de mutilés, amputés d'un bras ou d'une jambe s'installaient sur des chaises... Bientôt arrivaient les autorités . MM. Klolukowski, ministre ' de Frapce accompagné du nouveau secrétaire de la légation M. Clinchaut; sir Francis Hyde Villiers, le jonkeer de Weerde, Alves da Voira; Barres Moreira, Chiyuki Yamanaka, Gulni, Levi-dis, le marquis de Faura, de Hueek; MM. de Cordeiro et de Lances Cordeido; les oon-suls baron Lahure, John Bail Osborn et Hootkens; MM. Beyers, Carton de Wiart, comte Go-blet d'Alviella, HeUeputte, Hymans, Ren-kin; le ministre d'Etat Schollaert, Coore-mans et Uebaert; le député Emile BôvaJ; Le préfet Talon; le contre-amiral Biard; le général de Lallement: 'le général Asser; le sous-préfet Bftnoidst, le maire Morgaad; sir Thomas Barclav; le général Servais; les majors Hublet et Bîondiau; le major'docteur Smets; les - commandants Biaise, Quintin, Dupont, Bernelmans, Marsily, Paquet; Le chanoine van Batte], les aumôniers Brebants et Dubois; les docteurs Goris, Kuf-ferath et Leynen. Des délégations importantes d'officiers français, anglais et belges; les fonctionnaires et employés de tontes les administrations et la foule, considérable, des Belges du Havre, qui se tassent aux abords émergeant des fenêtres, juchés sur les murs, groupés jusque 6ur les toits des maisons voisines. Tandis que les aijipareils photographiques et cinématographiques opèrent avec fureur. sous les rayons du soleil prin-tanier qui éclair le délicieux décor de cette fête patriotique, les clairons sonnent, saluant Tarnvée du lieutenant-généraj Jungbluth. adjudant-général de la Maison du Roi qui passe en revue les troupes présentent les armes et. tes invalides. — Garde ii vous! Au drapeau! commande le colonel comte de Grunne; les t<Hes se découvrent, les officiers portent la main au képi, les soldats présentent les armes et le drapeau s'élève le long du mat du haut duquel il va se déployer sous la-brise du matin.— Vive la Relsique! Vive le Roi reprend le comte de Orunne. De toutes les poftrines, le même cri s'élève allant se répercuter au loin. Puis, au milieu de l'émotion de tous, s'élèvent les accents de la « Brabançonne » qu'exécute la musique des invalides. LA DISTRIBUTION DES DECORATIONS Le général Jungbluth, se plaçant au milieu de l'avenue, lance cet ordre « Ouvrez le ban ». Les clairons sonnent de nouveau et le général, d'une voix forte, prononce l'allocution suivante : Soldats de Liège, Soldats d'Anvers, Soldats de l'Yser, D'apris les ordres du Roi, nous allons avoir rhonn-eur d'attacher sur vos poitrines les décorations qui ont été instituées pour récompenser les services que vous avez rendus en combattant pour le Pays. Portez les lièrerhent ! Qu'elles vous rappellent toujours que vous les avez gagnées en remplissant votre devoir envers le Roi et envers la Patrie, en combattant pour l'honneur, pour (a jtwlice pour le droit. Ce sont de beaux titres dont >us et vos familles pouvez vous honorer et te le Roi vous félicite chaleureusement d'à-rir aussi noblement mérités. A son tour, le colonel comte de Gruirnc rononce en flamand la même allocution, uis la cérémonie de la distribution des roix de l'Ordre de Léopold, de croix mili-lires et de la croix de guerre a lieu. Le capitaine Brouyère faisant l'appel, le énéral Jungbluth, le colonel de Grunne et ï commandant Scaillet attachent des croix ur la poitrine des braves victimes de la ;uerre; M. Schollaert en fait autant pour les nutilés qui ne peuvent se lever. Le ban est fermé. A nouveau,la musique, [ui a joué une série d'airs populaires, en- 1 onne la « Brabançonne » et, au milieu des uaclamations répétées des assistants, les :ompagmes défilent devant le général Jung-)lu-t.h et les autorités présentes. Spectacle émouvant où on n'a regrette [u'une lacune. Espérons qu'à la prochaine >coaision nos musiciens nous feront enten-Ire les hymnes nationaux de nos alliés ou ■out au moins la « Marseillaise » et le « God sare the king ». LES TELEGRAMMES M. Schollaert, président de la Chambre âes représentants, a adressé à Sa Majesté le télégramme suivant a Les membres ds la Chambre des représentants, et avec eux toute la nation belge, offrent au Roi leurs félicitations àl'occasion de l'anniversaire de sa naissance, et prient Sa Majesté d'agréer, pour elle et pour la famille royale, l'expression renouvelée ^ d® leur profond et fidèle attachement, et l'assurance de plus en plus fortifiée de leurs espérances patriotiques. » Le présidant de la Chambre, » F. SCHOLLAERT. » Le Roi a répondu : n Je vous remercie sincèrement de vos vœux patriotiques. » ALBERT. » PRÉCIEUSESjmMPATIÎIES Plusieurs journaux français ont saisi .•ette occasion pour exprimer une fois de plus à la Belgique des sympathies qui nous sont particulièrement précieuses. Signalons particulièrement un article du « Havre-Eclair » portant la signature de notre excellent ccnfrère Gabriel Falaize. En voici le début : a En cette journée du 8 avril, anniversaire de la otudsance du î i Albert, nos pensées vont invinciblement au fier et chevaleresque soldat exilé de son- palais, mais resté le chef de la Nation, au milieu de sa fidèle et bi ;w« armée. Nous joignons — et de quel cœur ! — nos voeux à ceux de nos amis de Belgique pour le souverain auquel la destinée a demandé, depuis vingt mois, le plus d'abnégation, le plus de courage,le plus d'héroïsme, et arnquïl elle donnera demain le plus de gloire. n Ce que nous diésirons surtout exprimer, c'est notre espoir de voir arriver bientôt pour lui le jour du retour triomphal dans sa capitale, au milieu, des acclamations d'un peuple libre et reconnaissant. » Cette journée glorieuse, les Alliés ont soulennellement promis, naguère encore, de la donner à la Belgiquie; ils ont juré de ne déposer les armes et de ne parler de paix qu'aiprès avoir ohassé de son territoire les hordes teutonnes, qu'après avoir obtenu enfin une victoire telle que son indépendance en soit à jamais assurée. » Sans doute ,les Alliés sont résolus à restaurer dans leur intégrité la Serbie, le Monténégro et la Pologne, mais les obligations et les devoirs qu'ils ont contractés envers la Belgique, sont les plus impérieux et les plus eaorési » M. Gabriel Falaize cite ensuite les dernières déclarations du chancelier allemand et montre très bien qu'aucune avance n'aura raison de l'énergique résolution de tous les Belges unis contre l'ennemi : « Aucun procédé allemand ne pourra séduire désormais le peuple de Belgique. Flamands et Wallons n'ont formé qu'une armée pendant La guerre, ils ont versé avec la même générosité leur sang sous les plis du même drapeau, ils ont obéi avec la même discipline et le même amour au même chef, le roi ; ils ne reconnaîtront pas d'autre souveraineté que la sienne ; ils ne souffriront pas que celle-ci soit amoindrie ; ils souscriront même tous volontiers à l'idée d'une Belgique agrandie, mieux assurée de ses frQntieres — telle qiie nous. Français, nous souhaitons la voir un iour sous le sceptre d'Albert Ier glorieusement régnant. » Nos listes de prisonniers L'accueil fait par le publie à la liste des prisonniers que nous avons publiée naguère a montré qu'elle répondait à un besoin. Pour satisfaire au désir qui nous a élc exprimé. nous nous sommes vus obligés de procéder à un tirage supplémentaire. Ce tirage est naturellement réduit et nous engageons tous ceux qui désirent se procura cette brochure à nous envoyer sans retard leur souscription. Rappelons qu'elle contient, en VINGT-QUATRE PAGES DE GRAND FORMAT, les noms de quelques milliers de militaires belges dont les noms sont compris entre la lettre A et DET inclus. ■ ' Cette brochure, d'un si grand intérêt pour les Belges, sera expédiée franco contre 'l'envoi de 9 fr. 60, en un bon postal, au bureau du journal, rus de la Bourse, 28 ter, Le Havre. Pour l'Angleterre, les demandes doivent être adressées à notre London Office, 21 panton Street (Leicester Square) London S. W. Joindre S pence. LESFAITSDUJOUR ! »0(t" ■ 3 Le débat sur la politique de l'empire au Reichslag s'est terminé var, le vote d'une motion qui ne contient iewpTession ni de confiance ni de méfiance envers le gouvernement. Elle proteste centre le blocus anglais et déclare, sans plus, que les <sous- . marins seront employés pour se défendre contre lui, puisque c'est une arme efficace; elle déclare en outre que toute demande e illégale de la part des neutres ne sera pas reconnue». IWVWWWxVI ( Les velléités d'emprise allemande sur j VAutriche-Hongrie rencontrent des rèsis- i ïances de plus en plus vives ; il paraît ■ qu'aujourtfhui le comte Tisza lui-môme et ses collègues du cabinet hongrois se ran- < gent parmi les opposants, et une dépêche de Bucarest au Secolo prétend qu'ils sont '/ la Veille de donner leur démission. M. Wekerle, qui est considéré comme Fins-* trament des milieux politiques et financiers de Vienne, formerait le nouveau cabinet, plus docile à VAllemagne. tVWWWVWVll La tension qui existe entre la Bulgarie et la Roumanie parait se compliquer de manœuvres secrètes destinées à faire tomber le cabinet Bratiano pour le remplacer par un ministère germanophile. Détail significatif : le gouvernement roumain vient de prendra une série de mesures destinées il remédier à la cherté de la vie pendant la durée de la guerre. |\V\V\AWV\AA* :Dans une interview récente, M. Venise-los a déclaré que « la seule garantie, l'unique sécurité pour la Macédoine, c'est le maintien des Franco-Anglais dans cette région. Si la Macédoine était actuellement évacuée par les armées alliées, elle serait à jamais perdue pour la Grèce. iwmwwwi La fraction sociale-démocrate du conseil municipal de Berlin a refusé de voter le budget de la ville, particulièrement à cause de l'augmentaiton du prix du gaz, qui pèse lourdement sur la classe pauvre. Les Allemands, incertains de Vavenir de leurs colonies, liquident levers lignes de navigation ; c'est ainsi que la plupart des actions de la Compagnie Woermann viennent d'être vendues à des Américains. La province chinoise de Kouang-Toung (27 millions d'habitants, capitale Canton) vient de proclamer son indépendance. Notes d'Angleterre LE PATRIOTISME A L'EtCOLE. LE Ilï8 CENTENAIRE de SHAKESPEARE. 7 avriL Voici encore un fait significatif, allongeant ia liste des meetings, élections et autres manifestations en laveur du patriotisme pur : M. Hendenson, ministre de 1 lnistraction pu-uhque (Mini-ster For Ldiucation), vient de recevoir une dépiutation du Comité pour « le patriotisme à enseigner à l'école ». Ce Comité, nouvellement -créé,comprend de grands personnages ayant horreur du « Jingoisme » , o-t des m Ueber Ailes ». Ce sont : lord Syden-ifam, lord Cromer, sir H. Craik, sir W.Grey vVilson, sir H. Neuboit, sir R. Baden Poweli, •ord Millier, l'Evêque de Londres, les doyen© de Westminster, Winchester, Bristol, le« < Headma/îters » des collèges de Harrow. Winchester, Bradfield, etc... Et quels devoirs ces messieurs se sont-ils imposés ? Ils ont pris pour exemple le Danemark et y ont montré une nation sans politiciens et ne voulant qu'une grande chose : inculquer à la jeunesse le cuite du devoir social, l'horreur des partis, des divisions intérieures. Certes, ce n'est pas à la jeune génération de maintenant que ces principes seront • donnés à méditer. Celle-ci écoute émue, gronder le c^non, orier les victimes ; elle vont pleurer les mères et le rire s'est arrêté sur ses lèvres. La jeune génération est à honne école... Eile grandit gravement, consciente de soin avenir... Mais demain, quand elle sera tout occupée au grand travail de la renaissance moderne, il faudra bien qu'à ses fils on dise les plus nobles vérités... Et puisque nous parlons d'enseignement, ne pouvons-nous pas saluer l'admirable exemple- que donnent les maîtres d'écoles et de colièges dons ce pays ? Disons simplement que 11.000 professeurs britanniques de tous les degrés servent sous les drapeaux Il en reste 8.000 qui portent le brassard khaki attendeint leur tour d'entrer au régiment. Aai total 46 0/0 des hommes du personnel enseignant sont ou 6eront soldats du roi George, des Alliés. Au cours du mois d'avril doit se célébrer le Tri-Centenaire de la mort de Shakespeare. 1 e culte du poète national va loin en Anglv terre. Certains de ses plus fervents admirateurs, déplorant gu'il ne puisse y avoir de grandes cérémonies à Stradford-on-Avon à cause de la guerre, voudraient qu'on fasse dans les églises de l'iitat des services spéciaux A. M. Sh.. G. C'est aller un peu loin, n'est-ce pas ? M. William Poel, plus modeste, veut célébrer l'événement en remettant à la scèn-? une satire du Ben Jonson : « The Poetaster » or (i His Arraignment », qui fut joué jadis dans l'ancien FMayhouse du Black Friars, à l'Apothe caries Hall. Ben Jonson écrivit cette pièce — connue seulement des (juelques lettrés, amateurs éhzabethiens, qui la citent pour prouver qu'on employait des trappes au théâtre au début du XVII» siècle — et la fit représente, en 1601. Depuis elle donnait sur des rayons poussiéreux des biWîothèques. Deux phi!-> lfigues français l'ont cependant étudiée en 1907 : MM. Maurice Castelain et Jusserand... Bref, cette fantaisie purement littéraire et-symbolique a pour scène Rome, et pour objet des intrigues, des histoires de poètfe londo-I niens contemporains de l'auteur. On oroit I «'connaître Jonson sous les traits d'Horace, John Marstori en Crispirai®, Thomas Dekker en Demetnus et Shakespeare derrière le masque de Virgile. Ed. P. .a lettre da Cardinal Mercier i provoqué a Rome une vive émotion Notre correspondant particulier nous té-égraphie de Rome, le 8 avril : n Les fournaux italiens publient de larges ■.xtraits du mandement du cardinal Mercier, lette lettre est lue ici aeve un grand intérêt îî on y commente (oui particulièrement les lassages relatifs au séjour du cardinal d; Rome. » Le Giornale d'Italia écrit que rien, dans zelte lettre, n'est de nature à justifier les itupides et méchantes représailles de von Bissing contre le primat de Belgique. » On est d'avis ici que Virritation des AU lemands est surtout duc à ta publication des pensées du Souverain Pontife favorables à la Belgique el on se montre d'autant plus, ému des grossières agressions dont l'illustre prélat a été victime pour avoir rapporté à ion peuple les sentiments du Pape. » L'espoir allemand ■à Verdun APRES L'ECHEC DU PLAN DE 1914, IL S'AGISSAIT DE REPRENDRE TOUTE LA GUERRE SUR UN NOUVEAU PLAN La bataille «le Verdun sera, sans doute, plus encore célèbre dans l'histoire par sa signification stratégique que par 1 énormité des effectifs, engagés ,çt détruits. El'.ç marque, en effet, l'échec du second plan alle-r-i.nd dis guerre contre lu France. Ncus (h-sons, — qu'on veuille bien le remarquer, — le » second plan, allemand »■ et non le « deuxième n, car il y a de'sérieuses raisoi.s de croire maintenant que les états-tnajors alliés ne laisseront pl.'S à l'ennemi ïe loisir, sinon d'en élaborer, du moins d'en exécuter un troisième. Le premier plan de guerre L© premier plan allemand d'attaïque contre la France c'est celui dont nous .nvorifi vu l'exécution matliéma tique se dessiner aux premiers jours de la guerre et qui eût été accompli "jusqu'à lo décision si la poignée de sa;ble belge n'avait fait grincer le méca' n m nie que sabota, oemapiètement la. baiaalte de Ici Marne. Si le second plan allemand esquissé à Verdun rveut, même à la réflexion, surprendre et dérouter, il n'en fut certes point ainsi du premier plan, Celui-tii fut tel en 1914 que lo plus pure tra'dition militaire l'imposait au grand état-major de Berlin. Malgré les apparences, ce pian ne fut qu'une variante ou transposition du plan de 1870. C'est, au lendemain même de Waterloo que Clausewit* étaMit le plan d'inivasion de la France. Ce plan comprenait quatre articles : 1° battit l'armée française; 2» la couper de Paris; S1 prendre Paris; 4» rejeter les débris fiançai; au delà de la Loire. Ce fut, mot pour mot, trait pour trait, le plan qu'adopta von Molt-•ke, qu'il prépara minutieusement pendant de longues années ,qu'il réalisa et fit réussir avec la promptit-ude de la foudre en 1870. Les Allemands ont quelques qualités, à côW d'horribles défauts; l'une des ces qualités, c'est la persistance dans les desseins; cette persistance trouve d'ailleurs, sa source dan? leur manque d'imagination. Le programme politique des Hohenzollern est encore aujourd'hui ce qu'il était sous Frédéric-Guillaume, le Grande Electeur. Leur plan-militaire fut en 1914 ce qu'il avait été déjà en 1370 et sous Clausewitz. 1870 et 1914 En 1870, les forces allemandes furent di> visées en trois armées : la première armés (général Steinmetz) formait l'aile droite, qui servait de pivot et devait garder une attitude défensive devant 1-a Moselle; la 11° armée (pin.ee Frédéric-Charles) formait le centre el devait se livrer à une attaque frontale eB Lorraine; la III» anm'ée (lu-onprinz) formait l'aile gauche en Basse-Alsace; cette aile-ci, c'était l'aile marchante et débordante, destinée à l'offensive et à la maniœiiiv.pe, et qui devait. rabattre l'armée française, la vaincre et la couper die Paris. Ce plan, bien conçu, fut énergiquemeni exécuté. L'aile gauohe écrasa iMac-Mwhon à Woerth, le 6 août, tandis eju« le- rentre se livrait à Forbsch. le même jour, à l'attaque frontale prévue. Puis, ce frit le rabattement de Bazaine sous Metz et de Mac-Mahon souis Sedan, avec les désastres qui consacraient le triomphe de la stratégie de Clausewitz et de von Moltke. La guerre s'acheva par l'imvestissemfent de Paris ; place investie est place prise, et par le rejet des armées françaises improvisées au delà de la Loire. Clamsewitz avait tout prévu: von Molt Ire avait tout exécuté. D'où l'orgueil de l'état-miajw prussien poussé au paroxysme et la conviction qu'il était touché du signe de l'infaillibilité. D'où'aussi la croyance en la vertu souveraine de la .recette de Clausewitz. . Et c'est pourquoi il advint em 1914 la mêm« chose qu'en 1870. Cependant, cqtte année-là, ce fut l'aile gauc.he (ALsa-ce) qui servit de pivot au lieu de l'aile droite. Le centre allemand (Lorraine) fournit, commte en 1870, l'attaque frontale. Mais ce fut l'aile droite qui fut l'aile marc-hante et débordante, chargée de battre les alliés et de les couper de Paris par rabattement. Pour réaliser à nouveau ce plan de .Clausewitz et de Moltke, il fallait nécessairement, vu l'importance des effectifs enigaés dès le début des opérations (500,OOC hommes, en 1870, 1 million 600,000 au moins en 1914), élargir l'aire des opérations, c'est-à-dire étendre le théâtre de la guerre au Luxembourg et à la Belgique, et, dès lors, la transposition du « -pivot » et de 1' « aile marchante « s'imposait, car la Haute-Alsace n'était pas un pays d'offensive. tan,dis que la plaine belge offrait une magnifique route d'invasion. De plus, pour que ce plan etit chance de succès, — et l'on £«jit qu'il fut

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Dieses Dokument ist eine Ausgabe mit dem Titel Le XXe siècle: journal d'union et d'action catholique gehört zu der Kategorie Katholieke pers, veröffentlicht in Bruxelles von 1895 bis 1940.

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