Le XXe siècle: journal d'union et d'action catholique

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s.n. 1916, 29 November. Le XXe siècle: journal d'union et d'action catholique. Konsultiert 25 Oktober 2020, https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/de/pid/xw47p8vq3z/
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ANN^F» _ Qêrte Nouvelle - N° 749 LeNuméro lO Centimes (5 0<5ïVfc*TY>eg em FVon-fc) "'V. t x ' % * Mercredi 29 Novembre 1916 RÉDACTION & ADMINISTRATION 83, rue Jean-Jacques-Rousseau, 33 PAR IS Téléphone : Gutenberg 139.6B PU*2AUX AU HAVRE: 28 m-', tua de la Eonrsi — LE HAVRE TÉLÉPHONE in'64BELOB LONDON OFFICES 21, panton stheet Leicester Square, S. W. Directeur : FSRKÀND KSÏÏHÀT LEXXESIECLE Quotidien belge paraissant au Havre et à Paris ABONNEMENTS Franc* 2 fr. 60 par mol» 7 fr. so par trimaitr* ânglaterr».. 2 sh 8 0. par mois • 7 an e d. par trimastf# Autraa paya. 3 fr. — par mol* ■ . 9 fr. — par trimaatr* PUBLICITÉ S'adresser à KAdministratioa du Jonrsil ou à l'Office de Londrea Les petites annonces stnt tgatememt reçvrs a la Société Sorapcenn* d« Publicité, 10 rue de la Victoire. Paria, fut en a le monopole pour Paris EMILE VERHAEREN Notre grand poète Emile Verhaeren vient de mourir, victime d'un accident stu-pide.Ainsi la mort pousse d'un même pied, à deux ans d'intervalle, Charles Péguy sur le champ de bataille et Verhaeren dans une gare de chemin de fer, l'un à l'aube de la gloire, l'autre dans l'épanouissement magnifique de son génie. ;mile Verhaeren avait atteint la soixantaine. Né à Saint-Amand-lez-Puers, au bord de l'Escaut qu'il a si souvent magnifié dans ses vers, il - passa son enfance, évoquée 'dans maints poèmes. Ses parents le mirent au collège Sainte-Barbe à Gand où Georges Rodenbach, quelque peu son aîné, se trouvait déjà et où Maurice Maeterlinck fit ses études, lui aussi, ainsi que le poète Charles Van Lorberghe, mort il y a quelques années. Ses humanités terminées, Emile Verhaeren alla faire son droit à l'Université ue Louvain dont les Allemands ont réduit en cendres la bibliothèque d une valeur inestimable. C'est 'là qu'il fit ses premières ar-I, mes littéraires en compagnie de feu Max \\ aller, du beau poète Albert Giraud et d'Ivan Gilkin, avec qui il fonda, quelques années plus tard à Bruxelles, la Jenne Belgique. On a> fait dater à cette époque la naissance d'une littérature française en Belgique; ce n'est point exact. Nous avions eu auparavant des écrivains Sîstingués, [ écrivant une langue solide, mais ils étaient restés isolés: le mouvement de la Jeune Belgique marqua plutôt l'éclosion d'une littérature d'art envisageant sa finalité en soi. L'art pour l'art fut sa devise. Mais ce programme ne pouvait suffire longtemps à un tempérament d'une envergure pareille à celui de Verhaeren qui aspirait à tout aimer, à tout comprendre, à embrasser l'univers à la fois dans son identité et ses métamorphoses. _,e premier recueil de vers qu il publia : les Flamandes, attira sur lui l'attention ries artistes. Aujourd'hui encore, il ne dépare pas son œuvre; un souffle épique le traverse. Les maîtres de la peinture fla-! mande Rubens, leniers, Jordaen? Breu-I ghel, Braekenberg.Jean Steen, avaient trou-| vé pour les célébrer, un poète à leur tadJle. ! C'était le premier chapitre de l'ép r.iée fla-f mande à laquelle Verhaeren reviendra toute sa vie après chacune des œuvres où il aura chanté la grandeur du monde contemporain et magnifié la multiple splendeur des forces tumultueuses. La '.Le contemplative séduisit ensuite I 1s poète fit il écrivit les Moines. Puis il eut i line 7^ode noire. où il composa une sor.: j fie trilogie : Les Soirs, les Débâcles, les ! Flambeaux noirs. Déjà pourtant, des té m* ! fcres fulgurantes par lui é\oquées, une I nube surgissait : la beauté du iormidable [ machinisme moderne lui était apparue et ttllait devenir l'idée force de ses poèmes I du lendemain. De jeunes poètes français l'avaient deviné el L. -groupe des Symbolistes l'accueillit et lui fit ? te : Henri âe Régnier, Frrîleia VielA-Griffin, René j Ghii, Stuart Merriu, Gustave Kahn, Charles Morice, le réclamèrent comme un des leurs; il donnait des vertèbres à l'amor-phisme du vers libre; il arrivait dans la ! mode nouvelle avec un rythme puissant, j personnel et sauvage qui forçait l'attention et peu à peu l'admiration. Ceux qui s'illusionnaient le moins sur ses défauts ne pouvaient cependant méconnaître la grandeur de Verhaeren. Un poète belge | avait retrouvé le 1 ne de Hugo pour l'appliquer à des manifestations nouvelles de la vie. Personne n'avait encore fait apparaître en littérature la grardeur de la fie industrielle contemporaine ; seul, en Sculpture, un autre Belge, Constantin Meu. oier l'avait exprimée en des chefs-d'œuvre devenus aujourd'hui presque classiques. Et bientôt Emile Verhaeren sortait les limites trop restreintes 'le sa petite patrie, franchissait les frontières étendues 3e la France pour uevenir un poète européen, un poète mondial. Ses œuvres, traduites' en langues étrangères, se rémn-flaient dans les autres continents où elles «tscitaient une admiration plus fervente ?u'au pays natal. Pourtant la Belgique, qui s'occupait as-^ez peu de ses écrivains, fut fière de Ver-, baeren, dès qu'elle le vit consacré par la renommée universelle. Elle le considéra en ïuelque sorte comme son poète officiel Cependant Verhaeren n'eut jamais rien d'offi-sie.l; son talent ne s'accommodait a aucune livrée ni d'aucune lisière. Mais telle fyt îa fortune littéraire, que beaucoup purent j Se reconnaître en lui'et l'adopter, alors i qu'il était au-dessus de tous et n'apparte-j nait qu'à l'humanité. Le grand poète so-îial, le poète de la "science et du machinis-| çne contemporain,n'eut jamais de parti pris lue celui d'aimer et d'admirer; aussi son teuvre considérable ne contient-elle aucune | légation, aucune démolition, si ce n'est | telle de la routine et de la médiocrité L'homme soutint l'œuvre, car l'homme toit infiniment bon et accueillant; la for-îe naturelle qui jaillissait dans ses poèmes | Apparaissait en sa personne cordiale; il ; 'avait faire naître l'enthousiasme; dans a conversation, il vibrait comme une lyre *t la générosité de son caractère vous enveloppait d'une chaude atmosphère. On allait à lui comme à un foyer de vie; tout oe suite il mettait à l'aise son interlocuteur : malgré la grande admiration que suscitait son œuvre et le respect qu'elle commandait, on se trom ait tout de suite «e plainrpied avec lui, tant il Mait bon. On entendait de tout jeunes gens le tutoyer, mais lui ne prêtait aucune attention a cette familiarité de peu de sroût. car il avait pour la jeunesse, d'inépuisables trésors d'indulgence. La jeunesse lui fut fi-"ele. Quand elle se refroidit, à l'égard du symbolisme, elle conserva toute son a.dmi-'ation à l'auteur des Forces tumultueuses, i ^ fîes tentaculaires, de la Multivle pudeur, des Heures claires, des Visaq°s «''ta vie, des Rythmes souverains, des mouvants, de Toute la Flandre. * ■f, I.a guerre laissa d'abord le poète desem-1 p,ré. Il était de ceux qui avaient cru à la maternité universelle née de la science libé- <*>• | ratrice. Et lui qui n'avait jamais eu la I moindre parcelle de haine dans son cœur, il dut apprendre la naine envers un peuple qu'il avait aimé comme avait tant aimé: il dut apprendre les mots qui clouent au pilori de l'histoire le bourreau de l'hv manité. Mais le grand poète, malgré l'atroce secousse, s'était montré à la nau-teur de sa tâche, toujours égal à lui-même; son dernier recue'l : Les Ailes rouges de la guerre, faisait hier son apparition aux étalages bigarrés des libraires. Il y chantait l'horreur monstrueuse du cataclysme déchaîné par la Germanie, la grandeur de la patrie dévastée par la guerre et l'héroïsme de nos soldats : Je recueille en mon cœur votre gloire meurtrie, Je renverse sur vous les feux de mes flambeaux Et je monte la garde autour de vos tombeaux Moi qui suis l'avenir, parce que la Patrie# Verhaeren meurt en pleine force, sans avoir connu la moindre défaillance, il meurt en pleine gloire, mais il meurtt trop tôt, car pour nous il était un drapeau. Jamais le pays n'avait eu plus besoin de lui n'aurait clamé le magnifique poème de son grand verbe lyrique et nul mieux que la délivrance et célébré les ailes radieuses de la Victoire 1 La Belgique est en deuil; un nouveau deuil s'ajoute à tous les autres ! Maurice des Ombiaux. La mort du poète LES CIRCONSTANCES DU TRAGIQUE ACCIDENT Le Journal de Rouen donne des détails sur les circonstances du terrible accident : Emile Verhaeren allait reprendre lundi le rapid» de 18 h. Si pour Paris, en compagnie de Victor Gilsoul. Quelques amis l'avaient conduit à la gare. Il y avait beaucoup de monde sur le quai, et à larrhée du train, il se produisit une certaine bousculade Des voyageurs, avant l'arrêt complet du train, se pré-cip taient vers les wagons M. Emile Verhaeren. malheureusement, suivit ie mouvement. Il se dirigea vers la voiture 7106 pour monter à l'arrière. Il ne put saisir la main courante, mais, au lieu d'attendre que le convoi fût tout-à-fatf arrêté, il se reporta vers le wagon 7107. Ses amis, les employés de la gare et en particulier M. Eugène, chef de gare, voyant le danger grave que le poète • courait, lui crièrent : « Arrêtez 1 Attendez ! » M. Verhaeren qui avait déjà mis le pied sur le marchepied, glissa et tomba entre les deux wagons II fut enlevé sous les roues du boggie du 7107. M. Eugène se précipita vers le poète, pour essayer de ie retenir. Il n'y avait plus rien à faire, ie malheureux était déjà trop engagé sous le wagon. Terrifiés, les témoins de ce drame le virent tourner eux ou trois fois sur lui-même, puis le corps resta coincé entre les deux roues du boggie. Aussitôt le train arrêté, on se pré-cipta vers lui : il avait les deux jambes cou-nées au-dessous du mollit et le reste du corps était serré contre les roues. L'accident avait été très rapide : des voyageurs qu se trouvaient dans la voiture 7107 et oui en descendaient avaient bien vu M. Verhaeren saisir la main courante, mais n'avaient pas eu le temps d'intervenir. M. Engène et le personnel de la gare prirent aussitôt toutes les mesures nécessaires pour dégager le corps. H fallut un cric. 2uand enfin M. Verhaeren put être déposé sur le qua-, il respirait encore, mais binn faiblement. Il eut cependant encore la force de prononcer ces paroles que les témoins rie purent entendre sans une noignante émotion : <( Je meurs Ma femme ! Ma patrie ! » Au moment de mourir, cet omme traduisait ainsi les deux grandes pensées qui l'avaient guidi toute sa vie : le sentiment de la famille et sa pâtr e; dont les mal leurs le faisaient si cruellement souffrir. Bientôt, M. Verhaeren rendait le dernier soupir. M. 'e docteur Peyronx,député de la 3 circonscription de Rouen et M. le docteur Leroy tous deux médecins militaires, se trouvaient sur le quai, attendant aussi pour prendre lem tra'.n • ils s'étaient prodigués auprès de M. Verliaeren, mais n'avaient pu que se rendre compte qu'il n'y avait rien à tenter pour le sauver. La victime avait les deux jambes brisées au-dessous des mollets, et portait en outre de nombreuses contusions sur tout le corps, particulièrement à la figure et aux deux tempes. Le corps fut transporté dans une des salles d'attente de la gare. A huit heures et demie, une voiture venait chercher le corps pour le transporter à l'Hospice-Général, où il a été mis dans une chambre aménagée spécialement.Dans la soirée MM. Alphonse Guilloux et Rose ont été appelés pour prendre le moule de la physionomie du poète. M. Victor Gilsoul et M. Haemers, consul de Belgique sont partis pour Paris, afin de prévenir avec tous les ménagements possibles Mme Emile Verhaeren que le malheur atteint si cruellement. Tout le monde s'inclinera devant sa douleur inconsolable. Les pirates vont continuer ILS N'ADMETTRONT AUCUNE INGERENCE AMERICAINE Rome. 28 novembre. — D'après des informations venues de Berlin, le ministre allemand de la marine a déclaré que le plan le plus sûr pour rompre le blocus et abattre l'hégémonie anglaise, consiste à intensifier l'action des sons-marins contre les navires marchands « qu'ils appartiennent à des puissances alliées ou neutres ». sans admettre aucune ingérence des Etats-Unis, LA CHASSE L'HOMME CONTINUE La population belge est exaspérée Ou redoute les plui graves événem nts Nous recevons de notre correspondant romain la dc'pêche suhante dent il est superflu de souligner le douloureux intérê. '■ Rome, le 27 novembre. Les nouvelles qui arrivent ici de De gigue sont de plus en plus sombres. Or era ni des troubles dans toutes les ré gions du pays et Tetat d'esprit de la population, ex'ispérée de la barbarie dont elle est victime, est tel qu'il sera bien difficile de le calmer. A la suite de ces informations, qu sont de nature à faire redouter le pire, le m'nistre de De1 (ligue près le Saint-Siège a décidé de partir pour Le Havre, afin de conférer avec son gouvernement. M. Jules van den Heuvel est en effe4 arrivé au Havre venant de Rome après un court arrêt à Paris. LES NEGRIERS OE LA KULTUR FLETRSS DU HAÙT DU CAPITOLE Rome. 28 novembre. — Au début de la séance de rentrée du conseil communa' de Rome, M. Tupini, conseiller, dit : » Au moment où l'AVemanne consomme un crime sans nom contre la population belge, du haut du Cav'tole, immortel phare de la civilisation, la représentation du peuple de Rome condamnr et flétrit a traite des blancs et rend hommage à la vaillance et à l'héroïsme des ouvriers et de tous les Belges. » M. Cavaglieri, conseiller, appartenant à la minorité, s'est associé à ces paroles en teJmes très énergiques. Le conseil a accuei.li la motion de M Tupini par des ovations chaleureuses e' le cri répété de : u Vive la Belgique ! » MALGRE LES PR3TESTATI0NS... Loin de se laisser intimider par les pro tentations diplomatiques, les autorités ai lemandes ne font qu'éteiïare leurs razzia--C'es ainsi ou'e'les ont incarcéré ces jours ci de tout jeunes gens de 1G ans à peine en vue d'une déportation ultérieure en Al temagne. La légation des Etats-Unis à Bruxelles est intervenue en leur faveur, mais on ignore encore cruel a été le résultat de cette démarche. Pans l'en^rp-temps ces jeunes Belges étaient déjà enfermés dans des trains prêts à partir pour l'Allemagne... L'Allemagne s'assagit... Encore une élection êdif ante Il vient d'y avoir une élection pour le 'teichstag dans la circonscription <l'Os-hatz-Grim.ina. Le correspondant suis-e de l'Humanité nous apprend que le can-'ida.t ultra-annexionniste de rextrême-'roite, Wildgrule, a été élu par 7.978 voix ontre 0.322 au candidat socialiste Lipins-i qui s'était prononcé en faveur de Haase. " La pressa ultra-annexionniste, panarer-•aniste, consenatrice et cléricale est en ';e », écrit le correspondant du journal ocialis/.e parisien. Nous comprenons cette joie et nous snu-aitons que ses leçons n'échappent pas aux llusionn'stes qui s'imaginent que l'Aile-nagne s'assagit et renonce peu à peu à ia voracité... LE DEPUTE SOCIALISTE BERNSTEIN EXPOSE LES DISTINGUOS DU CHANCELIER Un autre ami de Haase — et non des noindres puisqu'il s'agit d'Edouard Berns-'ein — écrit dans la Gazette Populaire de eipzig que le chancelier Bethmann-Holl-eg n'a jamais renoncé formellement à annexion de la Belgique. Il a simplement 'éclaré qu'actuellement une annexion n'est ias dans son intention. 11 n'a pas dit que )lus tard, il n'envisagerait pas cette éven-' ralité, si les circonstances le permettaient et si cela lui semblait avantageux. Il ne ;s'est donc engagé en rien. Il est certain qu'on ne pense plus à nnexer complètement la Belgique, mais le chancelier n'a jamais retiré ses déclarations du 5 avril 1916 dans lesquelles il ndiquait que la Belgique d'après la guer-e ne sera plus celle d'avant la guerre. On sait ce que cela veut dire... LES S0CIM.ISTE3 ALLEMANDS ET LLÔ DEPOÎITATTÔNS On attend avec curiosité la réponse que ■s socialistes allemands se décideront à "lire à l'énergique sommation de M. Van-lervelde.Le NewYorh Herald écrit à ce propos : P'après des indications de bonne source, la "ocial-Demo'-ratie ainsi mi«e au p'ed du ■nur. se propose de répondra à M. Van^er-■elde qu'elle ne peut rien contre les décl--ions de l'autorité militaire de l'Empire, mais ru'elle voit dans ceî'es-ci une raison urgente our que les socialistes belges et ceux des autres pays se ioirnent à leurs frères d'Ou-■re-Rliin. pour tenter de précipiter la paix — la paix « allemande », bien entendu 1 C'est, en effet, la réponse ou'on peut attendre des socialistes du -Kaiser. DEUX ZEPPELINS ont été abattus au coups du raid sur l'Angleterre L'un d'eux a été mis en flammes par un dirigeable angLii l'autre pa des avions Londres, 28 novembre, 10 h. 45. Officiel Un certain nombre d'aéronefs enneinis se sont approchés de la côte nord-est de l'Angleterre, entre 10 heures et H heures la nuit dernière. Ils ont lancé des bombes sur diverses localités des comtés de Yorks• hire et de Durham. On croil que les dégâts ne sont vas considérables. L'un des dirigeables fut attaqué par un aérostat militaire et s'ç_battit en f ammes dans la mer au large de la côte de Durham.Un autre dirigeable apparut dans les comtés centraux dïi Xord et lança quelques bombes sur vhisieiiri inmiités. A son retour, il fut attaqué à plusieurs reprises par des avions m itaires il vat les canons. Il sembla avoir été endommagé, car il ne poursuivit sa route que très lentement et 7ie put pas atteindre la côte. Dans le voisinage au ndrd de Norfolk, il réussit à effectuer des réparations et reprit sa route d grande vitesse vers l'Est lorsqu'il fut attaqué, à une altitude de plus de 2.0C0 mètres et à quatre milles au large, par quatre avions appartenant aux forces navales et par un chalutier armé. Il s'abattit en flammes d 6 h. 45. On n'a pas encore reçu de rapport com-p et sur les existences perdues et les dégâts subis à la suite de ce raid, mais on estime que les pertes sont légères. UN BEAU a TABLEAU » Ce raid de la dernière nuit était le ' exécuté par des zeppelins sur l'Angleterre. Les deux zeppelins abattus portent à 111 le nombre des navires aériens allemands détruits au cours de raids sur l'Angleterre. De plus, cinq autres zeppelins furent gravement avariés lors de précédents raïus. LES VICTIMES DES ZEPPELINS Du 19 janviei -Oiô au 23 septembre 1916. les zeppelins 1.282 victimes en An gleterre, don , i et 908 blessés. Le raid qui ht i- ^'us de victimes fut celui du 31 janvier 1916 (67 morts et 11" blessés) La guerre vaut aux États-Unis une fabuleuse rit* La guerre amène une richesse inouïe aux Etats-Unis. La meilleure preuve en est dans la statistique de l'impôt sur le revenu, arrêtée au 30 juin dernier : Les recettes des taxes individuelles s'elè-vent à 339.717.800 francs contre 205.180-80C francs pour la période correspondante de 1 année précédente. Celles de l'impôt sur le revenu se chiffrent par 2S4.963.275 francs contre 195 millions 750.475 francs. Le chiffre des contribuables ayant un revenu annuel supérieur à 5 millions de francs a doublé depuis un an. 11 v a 120 Personnes qui dépassent cette fortune et 3.8-2' avec un revenu variant de i,i. COO à 5 millions de francs. Nos prof sseurs en exil Rappelons que c'est aujourd'hui mercredi à • 5 b. 1/2 que SI. le chanoine Noël, professeur à l'Université de Louvain et qui occupe, à titre temporaire, la chaire de logique à l'Institut catholique de Paris, commencera à ce même Institut un cours public sur « le mouvement philosophique à Louvain et le cardl. nal Mercier » En invitant le professeur de Louvain à traiter ce sufet devant l'auditoire d'élite qui s-1 réunit à ces cours, la « Revue de philosophie » qui en est l'organisatrice témoigne une fois de plus la haute estime dont le monde scientifique entoure l'Institut supérieur de PMlosouhie de Louvain. I ire en 2e page nos dernières nouvelles et notre Revue des Journaux de mercredi matin. UNE PIECE BELBE à la Comédie-Francaise Les « Nouveaux pauvres » comédie en un acte de M. /. F.ponscn PauJ, vieux garçon égoïste, un peu maniaque, a invité son neveu Jean, jeune sous-lieutenant d'artillerie, blessé à l'ennemi, à passer quelques jours dans son douillet appartement parisien. Jean est accueil'.i et traité comme un fl's. Avant de îui faire raconter ses exploits, Paul l'attendrit sous ses tribulations à lui, et nous devons à ce monologue, à peine coupé par quelques interjections ironiques du soldat, un portrait nature, un portrait type du héros de l'arrière, qui se croit éprouvé par la guerre parce qu'il a failli manquer le train, avant la Marne, quand il est parti pour le Midi. Pensez donc 1 II a été bousculé dans '.a gare ; mal 'logé et mal nourri à Fleurac — ils mettaient de l'ail jusque dans la crème au chocolat 1 — comb'.e de l'infortune I sa bonne l'abandonne. Tu quoque, Marie ! Elle le servait depuis quinze ans ; elle lui avait promis de garder l'appartement si les Allemands entraient à Paris ; et il lui payait, malgré la guerre, la moitié de ses gages. Hélas ! si la vie n'est pas drôle tous les jours dans les tranchées, elle a manqué de gaîté pour une foi.ile de civils I... Ayant terminé le récit de son martyre, Paul s'occupe à contenter sa curiosité. — Et toi, tu t'es battu ? tu as vu des batai'f'es 1 ce d'ut être très beau? raconte moi ça... Et Jean de raconter 1 histoire de sa blessure. Histoire sobre, émouvante, d'une simp'ieitê toute fhil taire, parfaitement dramatique. La servante infidèle a été remplacée par une réfugiée belge, Mé'anie, adroite, économe, ponctuelle, rudoyée néanmoins par son maître. Jean fit remarquer à celui-ci qu'elle a î'air bien distinguée pour une servante. -r- ya donc la voir travailler à la cuisine, lui dit-il. — Paul revient de na cuisine ébahi : « Figure-toi qu'elle met des «înts pour travailler »... L'incognito de la bonne ne tarde pas à être levé. Paul est sorti pour faire que'ques emplettes. Mé'anie entre dans la salle à manger. Au prix de queilqu-e insistance, Jean lui fait avouer qu'elle est la veuive de M. Vandooren,' en son vivant pre-mw président de la Cour d'appel de Gand. Scène excel lente, scène parfaite, émouvante, patihét'qre, sans l'om!b''e de déclamations ni de fausse sentimentalité. Mme Van-dooren a quitté Gand, avec sa fille, à l'approche des A'iemands. Les deux femmes auraient pu, comme tant d'autres, accepter Wios'Pita'lté an.ff'aise. Leur argent a été vite épuisé. Mais el'es n'ont pas voiiu frustrer de p'us malheureuses qu'e'les ; Madame s'est mise servante, et Madpmoifel'e donne des leçons de piano: Mme Vandooren a un autre enfant, un fi's de 18 ans: il se bat sur l'Yser. ti Nous sommes mobi'isés tous les trois », dit-el'e avec simplicité. Paul apprend le véritable état-civil de sa bene avec des sentiments bien mêlés. Il est b-ave homme dans le fond, et parfaitpment él"'vp. C'est entendu : Jean a raison ; il faut que Mme Vandooren et sa ftl'e soient désormais traitées en hôtes, en amies ; mais c'est b'en ennuyeux de devoir oheroher une autre bonne. Comment va-t-il appeler Mélanie maintenant ? Tantôt, il dit Madame,, et tantôt Mé'anie, en s'excusant, en demandant pardon, et cela nous fait une scène bien amusante, et du meH'eur comique. I.e lecteur a déjà deviné la fin. Il ne se pouvait pas que Mlle Van'dooren, jeune et jolie, ne rencontrât pas le beau lieutenant. F île entre, Jean lui parie, e'ie répond à Jean et nous voyons tout de suite le fond de son &me. Ame honnête, droite, généreuse, cou-rnrreuse. m. Fons^n a dessiné avec amour es portrait de jeune fi le de chez nous. Combien de Be'ges auront évoqué, en écoutant ce dialogue, pré'ude de la chanson d'amour sur quoi devait finir la pièce, la douceur et la va'il'ance de femmes ou de fl'les errantes vers !e chemin de l'exil ou demeurées là bas! Jean est touché, puis épris, puis amoureux. Mais Mme Vandooren a deviné le péril, et sa conscience s'est a'armée. Elle ne veut pss que Monsieur croie qu'e'les ont tramé, sa fille et e'Te, les fl's d'une intr'gue. Et Mademoiselle Ht'lène vient annoncer à Monsieur qu'elle s'en va. rappelée sur le champ par la maladie d'un vieil oncle. Le dénouement est l'œuvre personnel de Pau1, transformé, converti, arraché à son égoïsme par la santé mora'e de son neveu et par l>ilègre courage des deux femmes. Rien qu'il n'ait pas l'air d'une fée, il mène Cendri'lon au bras du prince Charmant, et l'aventure finit par un mariage. Le public a fait à cette delicieuse comédie, jouée à ravir par MM. de Féraudy, Le Roy, Mmes Suzanne Devoyod et Huguette Duflos, l'accueil qu'eue méritait. Joliment écrite, habilement composée, animée d'un mouvement qui ne languit jamais, etl'e évoque, sans artifice et sans effort, toute lUiorreur, toute la beauté du grand drame, et e'ie rend sensible l'action bienfaisante de la guerre vers les cœurs engourdis d'une foule de braves gens. Comme Mme Vandooren, M. Fonson s'est mobilisé pour son p^vs. Outre que ses Nouveaux Pauvres sont un succès et un honneur pour le théâtre be1ge, il a montré aux français ce que sont beaucoup de Belges : courageux, modestes et fiers, et aux Be'ges ce qu'ils devraient être tous,sans exception... F. N. Avalanches sur le front da Trentin ELLES -MPORTENT DEUX CANONS ET FONT 120 VICTIMES Milan 27 novembre. —- De nombreuses avalanches se sont produites dans le Trentin et en CarPÎole. Des baraquements ont été en-t ri'nés. iovx. canons de gros cambre ont été emportés, ;t 120 victimes ont disparu. L'Italie et la Guerre L'INFLATION DE L'OPINION t"i —"Me rnMTPÇ LÇS DEPORTATIONS DE BELGES. - LA MORT DE FRANÇOIS JOSEPH (Correspondance particulière du XX' Siècle) Rome, le 22 novembre. Le gouvernement italien vient de recevoir communication dune énergique protestation du gouvernement beige contre les déportations auxquelles se livrent le» Allemands. Cette protestation remarquable par son élévation et sa documentation a reçu du cabinet de Rome l'accueil le plus sympathique et il^est probable qu'elle'fera l ob-jet d une communication au parlement. Le gouvernement répondra ainsi au vœu de l'opinion italienne, car il règne ici-une indignation extrême contre le traitement barbare dont les Belges sont victimes.L Idea nazionale écrit que cette indignation ne se contentera pas de protestations diplomatiques, d'articles de jouràaiv ou de meetings, mais qu'elle aura une sanction pratique, tangible, efficace dans une action de guerre toujours plus active. Sur tous les fronts, dans une action énergique qui sera le châtiment le plus dur des criminels allemands et de leui'3 complices austro-hongroi3, bulgares, turcs. « Il faut à tout prix enlever à l'Allemagne le pouvoir de nuire » conclut le grand journal romain. Von Bissing a tâché de dissiper l'impression produite partout par les infor-ma'ions touchant la traite des Belges en plaidant par l'organe d'un journaliste américain que l Allemagne n'a en vue que l'intérêt des chômeurs. Les journaux italiens ont souligné le cynisme de cette apologie et le « Corriere délia Sera » a notamment demandé au gouverneur allemand si les 16.COO ouvrie"s belges qu'il avoue employer à la fabrication de tia-vaillent pour la Belgique ou... pour le roi de Prusse. Un phénomène remarquable en cette af-faire est le silence complet de l'organe des socmlaistes officiels, anti-interventionnistes impénitents, 1' « Avanti ». Le sort de milliers d'ouvriers belges emmenés en esclavage ne l'intéresse pa3. Ne lui dites pas que ces ouvriers n'ont voulu aucune guerre, qu'ils ont vu envahir et déva ter leur pays par un ennemi qui a déchiré un traité solennel et que tout leur crime est de refuser d'aider cet ennemi à tuer leurs frères qui défendent leur indépendance. Tout cela laisse indifférent ce journal qui prétend cependant au monopole de la défense des intérêts ouvriers. Heureusement, des journaux comme ce-lui-là ne représentent plus qu'une fraction infime de l'opinion italienne et toutes les manifestations en l'honneur ou en faveur de la Belgique trouvent au contraire un écho empressé dans toutes les classes de la population. On en a eu encore une preuve ces jours-ci dans l'accueil fait à une souscription ouverte par le Corriere d'Ita• lia pour la Noël des petits enfants belges et dont le produit sera remis au cardinaJ Mercier. Mercier. Malgré les difficultés du moment actuel, les souscriptions qui arrivent de toutes les classes et de tous les partis au vaillant journal catholique sont très nombreuses. Parmi les souscripteurs, on remarque une foule d'enfants qui vident de bon cœur leur tirelire au profit de leurs petits ca-marades belges. ♦ * * La mort de François-Joseph a été ap-prise ce matin ici sans grande émotion Dans le peuple, cette nouvelle a même produit une impression de soulagement, car pour lui, le vieil empereur était le symlxlie d'wno longue oppression, d'un martyre presque séculaire de frères italiens.Les journaux romains ont naturellemenE consacré à cet événement de nombreuses colonnes. Le Corriere d'Italia en rappelant la carrière du vieux monarque se demanda si ses manifestations» religieuses extérieures furent bien l'expression d'une îoi'snn. cère. Le journal catholique compare sans indulgence la vie privée de l'empereur défunt à sa vie publique. Il ne croit pas qu'on doive conclure de ce rapprochement que François-Joseph fut un hypocrite, mais il estime que « si le vieux chef de la maison d'Habsbourg a pendant sa longue vie donné des exemples louables de vie catholique, il doit avoir toujours eu conscience de retirer des avantages indiscutables de la profession de catholicisme dont 41 faisait parade. « C'est, sous une forme modérée, le jugement — parfos plus énergique dans l'expression — de l'immense majorité des car-tholiques italiens. Bruzio Romano. Une mission italienne S. M. le Roi a reçu samedi matin an Grand Quartier Générai s. E. M. Çoman-dini, membre du Conseil des ministres d'Italie, chargé de la direction des services d'Assistance civile. M. Comandini était accompagné du comte Cerotti, du docteur Scarpa et de son chef de Caflinet. Le m'nistre italien avait été la veille F hôte ûë M. le baron de Broqueville, ministre de la Guerre. Après l'audience roymle il a fait une courte visite au front et a été retenu à déjeuner par le Teutenant général Wiela-mans, cneî d'Etat-major général.

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Dieses Dokument ist eine Ausgabe mit dem Titel Le XXe siècle: journal d'union et d'action catholique gehört zu der Kategorie Katholieke pers, veröffentlicht in Bruxelles von 1895 bis 1940.

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