Le XXe siècle: journal d'union et d'action catholique

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s.n. 1917, 25 Oktober. Le XXe siècle: journal d'union et d'action catholique. Konsultiert 17 August 2022, https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/de/pid/r785h7d67h/
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TROISIEME ANNEE. — N° 109T jg'.l'j ■ " 1 » Le Numépo : ÎO oentimea JEUDI 25 OCTOBRE 1917. PARIS 3, Place des Deux-Écus, 3 Téléphone i Central 33>04 PUBLICITÉ ' S'adresser à l'Administration du Journal Les petites annonces sont également reçues à la Société Européenne de Publicité, 10, rue de la Victoire, Paris, gui en a le monopole pour Paris. LE XXE SIÈCLE QUOTIDIEN BELGE Directeur : Fernand NEURAY LE HAVRE 28ter, Rue de la Bourse, 28** Téléphona i 04 Belge ABONNEMENTS France 2 fr. 50 par mois — 7 fr. 50 par trimestre Angleterre .. 2 sh. 6 d. par mois — .. 7 sh. 6 d. par trim. Autres pays. 3 fr. par mois — . 9 fr. par trimestre LE CONCOURS DU JAPON par JACQUES BAINVILLE A la prochaine conférence des Alliés, qui se tiendra à Paris au mois de novembre, l'Amérique sera représentée et le Japon également. Gomme les Etats-Unis et le Japon se sont déjà mis d'accord en ce qui regarde leurs intérêts spéciaux et leurs relations personnelles, il ne restera plus à envisager que les questions les plus générales de la guerre, celles qui sont communes à tous les Alliés. Or. le bon sens universel se demande d© plus en plus comment il se fait qu'une grande puissance militaire comme le Japon, qui possède une armée glorieuse et redoutable, reste l'arme au pied depuis la prise de Tsing-Tao et ne paraît pas sur les champs de bataille européens. Pourtant, l'Allemagne est, au même titre, l'ennemie de tous. » * * Les Japonais sont un peuple réaliste. Us sont hautement doués pour l'intelligence des problèmes politiques. Ils ont en même temps des traditions chevaleresques. Et ils comprennent très bien qu'un peuple devant calculer son éntérêt, rien ne doit être omis dans le-3 éléments du calcul. Ils savent que le sacrifice constitue parfois un meilleur placement que la considération sordide du bénéfice immédiat. Concilier les intérêts nationaux et les ambitions légitimes du Japon avec ses préoccupationss économiques, tant individuelles que collectives, c'est peut-être la formule qui décidera de la participation japonaise. Ecoutons, d'ailleurs, l'avis des guides spirituels de la nation et des conducteurs de l'opinion publique. Le Jiji Sh'mpo écrivait récemment : « L'apathie de notre peuple à l'égard d'une guerre sanglante où il est engagé lui-même comme belligérant et où se jouent l'avenir de- ses alliés et son propre avenir est véritablement honteuse. Il est plus déplorable encore que certains profiteurs de guerre n'aient même pas la pudeur de dissimuler les vœux qu'ils forment pour que la campagne se prolonge... On devrait pourtant songer que notre position à la Conférence de la paix, aussi bien que le concours économique à ettendre des Alliés après la guerre, seront mesurés à la générosité dont nous aurons fait preuve à leur égard au cours de la présente campagne. » Nous saisissons ici sur le vif les préoccupations dominantes des esprits japonais.Il y a d'abord ceux que la guerre a enrichis dans des proportions et avec un© rapidité fantastiques et qui désirent la prolongation d'un état de choses aussi profitable. Comme l'Etat s'est enrichi en* même temps qu'eux, ils s'efforcent de répandre l'idée que la prospérité nouvelle du Japon ne doit pas être compromise par une expédition lointaine. Mais l'intérêt des hommes d'affaires ne se confond pas avec l'intérêt supérieur de la nation. De plus, les hommes d'affaires ne représentent qu'un tout petit nombre de personnes au milieu de 60 millions de Japonais. Or, au Japon comme ailleurs, la vie est devenue chère. Elle a déjà augmenté de 52 p. 100 par rapport à l avant-guerre. Les masses s'en aperçoivent et en souffrent. Le Séoul Press écrivait il y a trois mois que l'afflux monétaire et les rentrées d'or que l'excédent de ses importations a valus au Japon avaient profité à une faible minorité tandis que l'élévation du prix des denrées causait des plaintes universelles. « Il est à craindre, ajoutait le journal, qu'au lendemain de la guerre, un grand nombre se trouvent en proio à la misère ou à la gêne. » Effectivement, des grèves nombreuses ont déjà éclaté. * * Ainsi c'est l'argument économique lui-même qui pourrait pousser le Japon à prendre part de plus près ,à la guerre pour en hâter la fin. Quant au gouvernement, qui embrasse l'ensemble des intérêts nationaux, c'est également un langage réaliste qu'il conviendra de parler avec lui à la conférence de Paria Nous doutons qu'une certaine phraséologie qui commence d'ailleurs à être un peu moins en vogue chez les Alliés soit propre à convaincre le Japon. Elle pourrait même, si l'on n'y veillait, produire sur lui l'effet contraire. Il convient, par exemple, de méditer ces paroles du Kokumin : « L'affirmation que la lutte actuelle est une lutte pour la liberté est une assertion vide de sens et de portée. La guerre présente n'est pas autre chose qu'une lutte pour Vexislence. Elle n'a pas d'autre but que d'abattre l'ennemi commun et de le mettre hors d'état de nuire à l'avenir. » Voilà des faits et des citations qui nous éclairent sur l'état d'esprit des Japonais. Ce sont des signes de vigueur et de santé morale. Il faudra en tenir compte pour faire quelque chose de pratique avec le Japon à la réunion du mois de novembre. JACQUES BAINVILLE. LA VICTOIRE FRANÇAISK PLUS DE 8,000PRISONNIERS; 70 CANONS «g* Trois états-majors de régiments ont été capturés —sy Le roi Albert exprime son admiraiioi et celle de notre armée S. M. le roi Albert a adressé à M. Poiii caré, président de la République française le télégramme suivant : « A l'occasion du brillant succès qu viennent de remporter les troupes frar< çaises, je tiens à vous adresser, Mor sieur le Président, mes plus chaleur ev ses félicitations, et à vous exprimer Vaa miration que toute l'armée belge pai tage avec moi pour l'incomparabl vaillance des soldats et la haute valeu de leurs chefs. » D'autre part, le lieutenant-général D Ceuninck, ministre de la guerre, a envoy au général Pétain un télégramme ains conçu : « Chaleureuses félicitations pour beat succès remporté par troupes françaises. Le général commandant en chef des ai mées françaises a répondu en ces termes «Je vous remercie sincèrement en moi nom et au nom de l'armée française d l'Aisne de vos cordiales félicitations. » COMMUNIQUES FRANÇAIS 14 heures. La nuit a été généralement calme su tout le front d'attaque. au nord de l'Aisne L'ennemi n'a tenté aucune réaction d'in fanterie est s'est borné à bombarder no nouvelles lignes, notamment dans la ré qicn de Vaudesson. Nos troupes s'organisent sur le terrait conquis. LE CHIFFRE DES PRISONNIERS AC TUELLEMENT DENOMBRES ATTEINS 8.000. DONT 160 OFFICIERS APPARTE NANT A HUIT DIVISIONS DIFFERE?) TES. PARMI LESOUELLES DEUX D1 LA GARDE. LES ETATS-MAJORS DE TROIS RE CIMENTS. Y COMPRIS LES TROIS C0 LONELS, SONT PARMI LES PRISON NIERS. Il se confirme que deux divisions enne mies, placées en réserve en arrière d\ front, ont été engagées dans la journée d\ 23 octobre et très fortement éprouvées. A l'Est et à l'Ouest de Cerny, la lutt d'artillerie a été assez vive au cours de li nuit. Nos reconnaissances ont pénétré en plu sieurs points dans les tranchées alleman des et ramené des prisonniers et deux mi trailleuses. En Champagne, nous avons réussi deu; coups de main : l'un, dans la région de li Lutte de Tahure ; Vautre, à l'ouest d'Au bérive. Sur la rive droite de la Meuse, la soiréi d'hier et la nuit ont été marquées par d< iAves actions d'artillerie. L'ennemi a lancé une violente attaqui une nos positions au Nord-Est de li côte 344. Avrès un combat acharné, nous avon repoussé l'ennemi qui a pu se mainteni dans un oumrage de notre liqne avancée. Une contre-attaque vigoureuse de no, troupes l'en a entièrement chassé. Notre liqne est intégralement rétablie. Une autre tentative allemande t,ur h crête des Caurières a valu aux assaillant des pertes sensibles sans aucun résultat. . 23 heures. Au Nord de l'Aisne, l'artillerie allemandt s'est montrée particulièrement active dan. le secteur La Royère-Les Bovettes et dan. la région du Fort de La Malmaison. Su-, notre nouveau front qui va du Mont de. > Singes, que nous occupons entièrement, i Chavignon, l'ennemi n'a tenté aucune ac tion d'infanterie. Des patrouilles envoyée, par nous dans la région de Chavignon e de Vaudesson ont ramené un grand nom ■ bre de prisonniers. - IL SE CONFIRME QUE LES CHARi. '- D'ASSAUT ONT JOUE UN ROLE IMPOR . TANT DANS L'ATTAOUE D'HIER. e LE CHIFFRE DES PRISONNIER! r FAITS DEPUIS HIER DEPASSE AC TUELLEMENT HUIT MILLE. DU MATE TUEL LAISSE ENTRE NOS MAINS E'1 . OUI NE POURRA ETRE TNVENTORII x AVANT PLUSIEURS JOURS ON N'A PI • JUSQU'A PRESENT DENOMBRER QUI SOIXANTE-DIX CANONS, UNE TREN TAINE DE MINENWEJRFER ET QUATRE i VINGTS MITRAILLEUSES. „ En Champagne, dans la région de. Monts, nous avons exécuté avec succè. - deux coups de main. ' le premier au Nord : Est de Prunay, le second au Mont-Haut, e ramené une quinzaine de prisonniers. 1 Sur la rive droite de la Meuse, vives ac ' tiens d'artillerie dans la réaion de Samo aneux. Vacherauville, du Chaume et < l'Ouest de Douaumont. LE GENERAL PERSHINC A ETE TEMOIN DE LA VICTOIRE r Front français. Après avoir assisté, d'un observai®^ s aux opérations qui se sont déroulées avei . tamit de méthode et un si beau succès poui nos troupes, le général Pershmg a tenu : i se rendre compte par lui-même des effp.ti de notre tir d'artillerie qui avait assuré c: succès. La bataille continuant encore, il s'es rendu, en compagnie du général Franche d'Esperey, sur les positions conquises jus qu'à la deuxième ligne ennemie et a cons taté la précision du tir de nos canons d< touis calibres. — (Radio.) u -VWW-y ■ ■ i ; oi ira mnm n me en France 1 DIX MILLIARDS DEMANDÉS A L'EPARGNE Le gouvernement français déposera au ■ iourd'hui sur le bureau de la Chambre des députés un projet d'emprunt. Aux terme? c du projet, ce troisième emprut de guerre 1 iouissant des privilèges et immunités atta ■ chés aux rentes perpétuelles émises anté rieurement, sera exempt d'impôts, rem ' hoursable en totalité ou nar séries, à partir ' du 1er janvier 1945 et offert au public sous la forme de rente perpétuelle à 4 0/0, de ' manière à produire un capital effectif de 1 10 milliards, y compris les dépenses maté' ri elles qui ne pourront excéder 5 pour mille J du montant. r Un décret fixera le taux d'émission. j — ni ■■■u —■ ■ — -m — Le délégué de Friboung au récent, con grès socialiste allemand a déclaré que le raie 1 aérien français sur Fribourg avait chassé de s la ville toute la population aisée. Il n'y res^ tarait que les membres de la classe ouvrière LE CONFLIT DU CRAVIER Demande d'arbitrale Ho la part de la Hollande Amsterdam, 23 octobre. Le ministre des Affaires étrangères, le Jonkheer Lctudon, a déclaré aujourd'hui, au cours de la séance de la deuxième Chambre, que la Hollande était prête à s'en remettre à un arbitrage pour la réglementation du conflit avec 1 Angleterre. « Les Pays-Bas, a expliqué le ministre, se sont engagés par convention avec l'Allemagne, à laisser passer dans les eaux néerlandaises des quantités de sable et de gravier destinées à être employées par les Allemands à des travaux sans caractère militaire. Il est possible que l'emploi de ces matériaux ne réponde pas aux résultats de l'enquête ouverte par des officiers hollandais envoyés à cet effet en Belgique, mais les recherches ne pouvaient constituer une surveillance incessante, à laquelle il eut été impossible d'échapper. Le gouvernement des Pays-Bas est disposé à examiner toutes les preuves que l'Angleterre lui pourra apporter de l'abus qu'aurait fait 1 Allemagne de l'autorisation par lui donnée. Ces preuves ne sont pas encore parvenues à La Haye. » « La Hollande, a continué le ministre des Affaires étrangères, a protesté contre la suspension des facilités télégraphiques avec la Grande-Bretagne et de l'usage du câble anglais. Elle considère au surplus qu'il ne serait conforme ni à sa dignité, ni à son devoir de neutralité, de céder à la pression d'un pays belligérant pour se soustraire à l'accomplissement des engagements pris envers une des autres puissances en lutte. » La déclaration du Jonkheer Loudon a été vivement applaudie. (Radio.) GRAVE SITUATION EN ESPAGNE Crise ffoiverieieiitale il cri e Se reps? Madrid. 24 octobre. On s'occupe beaucoup à Madrid de la réunion d'un important conseil des ministres qui a duré deux heures. On s y est, dit-on. occupé des questions concernant les transports maritimes et terrestres. Avani la séance, M. Dato président du Conseil avait eu un long entretien avec le prince de Ratibor, ambassadeur d Allemagne. Peu de détails transpirent. On croit généralement à une prochaine crise gouvernementale.Le cercle militaire de Madrid aurait élu des officiers chargés d'aller demander au roi le départ du gouvernement, la dissolution du Parlement et des élections générales libres et sincères. La presse espagnole déclare que ce sont les juntes militaires qui ont obligé le ministre de la guerre maréchal Pinno de Rivera à démissionner. D'après la Epoca, Tournai officieux, la situation est très erave et « l'existence même de l'Espagne est en ieu ». On signale des démissions de généraux. [La censure espagnole retient évidemment certaines dépêches donnant des détails circonstanciés sur cette très grave agitation.] Les Ccmmnnfgués ges Alliés RUSSIE. — Le communiqué russe ne signale que la mésaventure survenue à un ballon captif qui, attaqué par deux avions ennemis, fut incendié. MACEDOINE. — Coup de main britannique dans la vallée de la Struma. LA POLITIQUE FRANÇAISE LA DEMISSION REFUSEE D0 notre chroniqueur parlementaire A quelle préoccupation, M. Painlevé, qui avait obtenu de la Chambre un vote de confiance, a-t-il obéi en portant sa démission au président de la République ? Il a trop lu ecrtains journaux et trop écouté , certains bourdonnements de couloirs. A ; chaque ordre du jour qu'il obtenait, M. ! Marcel Seanbat ripostait spirituellement : ! « Ça ne compte pas ! » D'autres répétaient la même chose avec moins d'esprit mais ■ autant d'insistance. Le .président du Conseil, qui ne s'est pas encore complètement , affranchi de certains préjugés d'avant-1 guerre, a fini par croire que ces voix in-1 téressés lui dictaient son devoir. .^Jaia M Poincaré, gardien de la cons-; titution, l'a rappelé au sentiment de la réalité. Il lui a montré clairement qu'il n'avait pas le droit d© déserter son poste. ; Supposez qu'il ait accepté sa démission : quelles indications politiques et parlementaires auraient pu le guider dans le choix ' du successeur et lui permettre de choisir ; entre MM. Barthou, Briand, René Renoult, / Vivani, Pams et Clemencau, sans compter ; les outsiders qui attendent dans la cou-! lisse ? Quel qu'eût été son choix, ses ennemis l'auraient accusé de faire' du pouvoir personnel. En d'autres temps, M. Painlevé, , qui est un peu dégoûté, aurait pu alléguei , des raisons personnelles pour maintenu . sa démission ; il ne le pouvait pas en ; temps de guerre. La crise a été dénouée rapidement et . heureusement. M. Ribot qui s'en va, esl . remplacé par M. Barthou. L'opinion publi-i que approuvera ce choix qui est l'un des meilleurs que l'on pût faire : mais elle n'oubliera pas las services éminents rendus par le grand vieillard qui a dirigé avec tant de clairvoyance pendant sept mois, la politique extérieure de la France. Est-ce à dire que las tribulations de M. Painlevé soient finies ? Je ne crois pas nue ■ ses adversaires désarment. Lui accorde--•ont-ils même une trêve ? Ce n'est pas sûr. Oue lui renrochent-ils ? Voici la réponse 1 d'un socialiste, M. Maurice Allard, dans la « Lanterne » : On lui reproche d'être modeste, ingénu [ et de ne point savoir, par une éloquence ; harmonieuse et tonitruante, dominer les tumultes de l'arène du Palais-Bourbon. Le tait est que M. Painlevé, à la tribune, res-' semble un peu au chrétien livré aux bêtes 1 dans les amphithéâtres de la vieille Rome. Pour un peu, on lui reprocherait d'être savant et apte à un travail sérieux de cabi-1 net. Le savant est peu en odeur de sainteté à la Chambre, où l'essentiel est de savoir narler. Les députés demandent un charmeui ou un dompteur ; ils veulent qu'on les grise de belles paroles, de discours pompeux et vides, de phrases retentissantes et fières. Peu leur importe le reste. Et le réquisitoire continu© sur ce ton. L'exagération est manifeste. Cependant, l'entends murmurer autour de moi que la Chambre qui ne sut pas garder le « charmeur » pourrait bien faire connaissance avec le « dompteur » • A. VIREY. LIRE EN 2® PAGE : MM. C. DesouGhes et Lenoir, premiers acquéreurs du « Journal », sont arrêtés,La misère en Allemagne. Guynemer au collège. Dans nos Ordres Nationaux. II. .1 ■■ ■ ■ '"WWW" ■"■*" Il SIESTIOI MISE Depuis la girave révolte des Sinn Feiners, provoquée par 1 Allemagne en 1916, la situation est restée troublée en Irlande. Elle tend encore à s'aggraver ainsi que le révélait naguère notre correspondant de Londres. Sous le couvert de lois anglaises dont la candeur nous étonne, les Sinn Feiners ont pu s'organiser en corps de volontaires avec uniforme ; chaque paroisse a sa compagnie et son capitaine. Les agitateurs se déclarent bien fournis d armes et de munitions et annoncent qu'ils en attendent eacore de nouvelles. Ils ont manifestement des fonds important sà leur disposition. D'où viennent ces armes et cet argent ? a demandé à la Chambre des Communes, mardi, M. Duke, ministre pour l'Irlande dans le cabinet Lloyd George. Le débat avait été ouvert par le leader nationaliste sir John Redmond. Celui-oi avait, lui aussi, signalé l'extrême gravité de la tournure prise par la crise irlandaise. Et sir John Redmond demandait à la Chambre de voter une motion désapprouvant la politique suivie actuellement par le gouvernement exécutif de 1 Irlande et les autorités militaires irlandaises- La Chambre anglaise, à une importante majorité, a rejeté la motion. M. Lloyd George a déclaré que jamais l'Angleterre n'acceptera la séparation de l'Irlande ré clamée par les Sinn Feiners. Mais le débat est loin d'être clos. La Convention irlandaise où l'on travaille en silence à élaborer une Constitution acceptable pour tous, noursuit son œuvre et semble devoir la mener à bien. Aussi, cette œuvre qui ne peut être qu'une conciliation, rencontre-t-1 elle l'opposition des partis extrémistes les Uinonistes de 1 Ulster et les Sinn Feiners, partisans de l'indépendance absolue. Et ces deux partis se provoquent dans le but manifeste de causer des conflits. Le Times réclame une action énergique du gouvernement. Il y va, dit-il, de l'unité britannique. &RCY. . wvw\> Lire en quatrième page : LA VIE MILITAIRE L'ANNIVERSAIRE DE L'YSER Un hommage émouvant à nos héros Un hymne patriotique populaire chez les Belges prisonniers en Allemagne En ces joutnées anniversaires de la victoire de l'Yser, nous ne crayons pas pouvoir dédier à nos héros d'hommage plus émouvant que celici qui nous vient de leurs frères prisonniers en Allemagne. Lin de nos compatriotes évacué en Suisse après avoir subi deux ans et demi de captivité dam divers camps d'outre-Rhin nous adresse les strophes suivantes qui, écrites par un Belge qui signe trop modestement J. V. et adap~ tées à 'la majestueuse musique de Gevaert : Vers l'avenir, sont devenues po~ pulaires parmi nos prisonniers : A LA BELGIQUE! Salut, salut, ô terre des aïeux ! Nous lisons, éblouis, ton histoire : » Ton fier effort fit lever jusqu'aux deux Une moisson d'honneur et de gloire ; Ton génie a créé les beffrois, les clochers, Monuments de notre art et de nos libertés I O mon pays, sur ton sol. dévasté, Que de deuils, que de ruines cruelles^ ! Par le sang pair que tes fils ont versé Nous jurons de leur être fidèles ! Et l'on va sur leur tombe prier le Seigneur Pour qu'il rende au drapeau son éclat d'or vainqueur... Debout, sois libre ! Et fixe l'avenir ! ...Tout s'éveille et frémit de jeunesse. Dans l'air qui vibre entends-tu retentir Cette immense clameur d'allégresse ? C'est ton peuple qui vient au-devant des drapeaux Acclamer et fêter nos soldats, nos héros t Refrain Va confiant, peuple énergique, Vers des destins dignes de toi : Dieu protège la libre Belgique Et son Roi ! Quel souffle d'héroïsme cet hymne vengeur fait passer sur nos camps de prisonniers ! « Notre dernière fête patriotique, celle du 21 juillet, nous écrti notre vaillant compatriote, fut particulièrement émouvante. Lorsque,après le Te Deum, suivi d'une touchante « Prière pour la Patrie » récitée en français et en flamand, vibra la musique de Gevaert et que se déroulèrent les strophes évoquant la Belgiqu eaimée, — avec son passé d'honneur et de gloire, avec la tristesse présente de ses deuils et de ses quant la Belgique aimée, — avec son ces en l'avenir qui « s'éveille et frémit de jeunesse » — un tel souffle de pa- , A triotisme entraîna et souleva Vassistam* ce que le refrain finit par retentir com-i me ?j.7i tonnerre ; « Dieu protège la libre Belgique, efi son Roi ! » « Il est bon. que l'on sache, au front el à l'arriére, que l'ardent loyalisme des Belges, dans les camps d'Allemagne, s'affirme hautement — malgré toutes les interdictions — à Voccasion de nos anniversaires patriotiques. Et peut-être tiendra-t-on, pour célébrer la date heureuse du 15 novembre, à s'inspirer des vers de circonstances que fredonnent volontiers, là-bas, dans leurs baraques-taudis, nos chers prisonniers civils et militaires. » a LA VICTOIRE Quelques pages du carne! d'un médecin militaire belge à la bataille de l'Yser A l'hommage émouvant des patriotes cap- ■ tifs, joignons le témoignage d'un de ceux qui vécurent dans les rangs de notre asyuée les grandes journées de l'Yser. ïious le pseudonyme déjà avantageusement connu de Max Deauville, le docteur M. Du-weiz, médecin-adjoint du service de l'armiee belge, volontaire pour la durée de la guerre, publie aujourd'hui chez Calmann Lévy un livre profondément humain : « Jusqu'à l'Ysar »■ M. Duwez y a recueilli ses notes de campagne sur l'héroïque aventure des soldats dont il a partagé les fatigues et les périls. A la bataille de l'Yser, il accompagnait le 1er régiment de carabiniers. Nous détachons de son volume le chapitre intitulé : « La Victoire » : 23 Octobre 1914. Le matin nous recevons l'ordre de nous reporter derrière le chemin de ier. Da-ns la clarté terne nous refaisons le chemin avec un serrement de cœur. Est-cs donc une foils lencore la retraite qui commence ? Dans les prairies, des hommes creusent des tranchéiés qui commandent les débouchés du village. La passerelle du Beveren-Dyk est gluante de toute la boue aceumulée par les pas. Laissant à notre gauche une maisonnette en torchis couverte de chaume, nous allons nous établir dans la grande ferme carrée qui se trouve non loin de la voie. Derrière nous les aièces tirent sans discontinuer. Des sojjâats du 'J* chasseurs passent par petits groupes. Ils vont prendre position derrière le Beveren-Dyk et la petite ferme en torchis située devant le remblai. Notre ferme est un quadrilatère de grands bâtiments, réunis autour d'une cour Les uns ont des toits en tuiles toutes neuves, d'autres sont couverts de chaume. Les propriétaires occupent encore leur lo-"ijs, une vieille bâtisse, voûtée, toute petite au milue des vastes granges. Le plafond est bas, soutenu par de grosses pou-tr,f,s. La fenêtre à petits carreaux donne sur le jardin. Des pots de terre cuite sont alignés sur l'appui; ils contiennent des géraniums rouges, qui se découpent crûment sur les rideaux blancs et sur le fond vert du paysage. Une pénombre -règne dans la place. Les paysans inquiets sont rassemblés autour du feu. Ils sont là six ou sept, des vieux, des femmes, des enfants. Sur la haute planchette de la cheminée sont alignés une vierge et des saints en porcelaine blanche, une croix noire à christ de cuivre, des tasses à fleurs. Parmi les vieux il en est qui ont déjà abandonné leur ferme et rpii se sont réfutés ici. Il n'est pas difficile de répondre à leurs questions : — Allez-vous-en, et le plus vite possible. Derrière nous, sut la gauche, vers Per-vyse, s'élèvent sans interruption des nua-jtaç; imhxr. Ta-* ni&/•-** holooo conti nuellement. Leurs obus, en faisant vibre» l'air avec un bruit strident, passent au-dessus de nos têtes, et parfois leur éclatement prématuré remplit la cour de leurs éclats. La ferme n'a pas encore été bohibardée, mais elle le sera demain ou tantôt. — Allez-vous-en, braves gens, le plus vitej sera le mieux. Autour de la table basse et liarge, noua profitons d'un moment de répit pour déjeuner. Et tout à coup, avec un bruit sec, toute la fenêtre rentre dans la chambre avec une avalanche de mottes de gazon, des éclats de verre, des. débris de rideau. L'air est obscurci par une poussière noire. Tout est sali, la tahle est couverte da terre. Les morceaux de traverses de la fenêtre pendent avec des triangles de vitres cassées, où le jour met des reflets brillants. Dans l'herbe grasse un énorme trou s'est creusé, tout près, là, dans la terra brune et humide, d'où sourd une fumée bleuâtre. Debout nous attendons, l'oreille au guet, nous demandant pour qui sera l'obus suivant. Est-ce nous qui sommes visés ? Est-ce la batterie ? Nous allons le savoir à l'instant.car voilà l'arrivant qui s'annonœ. La voûte vermoulue va-t-elle s'écrouler sur nous ? Déjà involontairement les épaules se haussent, les cous se crispent... Non, il passe. Il va tomber cinquante mètres plus loin. Ils croient sans doute que les canons sont cachés derrière la ferme. C'est pour la batterie. Dans ce cas, il n'y a plus qu'à secouer la nappe et à continuer à déjeuner. Le 17, il a été demandé à l'armée belge de tenir quarante-huit heures pour permettre aux renforts de lui parvenir. Noua sommes le 23, l'armée tient toujours. Les renforts ne sont pas encoire là. Chaque matin il est mis aux ordres qu'il faut tenir vingt-quatre heures encore. Aujourd'hui, il paraît que des territoriaux français sont arrivés à Furnes, mais qu'ils sont partis dans la direction de Nieuport. Cela veut-il dire que la situation est plus mauvaise da ce côté-là que chez nous, ce n'est pas fort encourageant. Enfin, ils arrivent, c'est le plus important. Pour nous, il nous faut tenir vingt-quatre heures comme les autres jours. Quant à demain... demain, c'est si loin ! Entre temps la ligne de feu nous rend les hommes et les officiers qui noua restent les uns après les autres. Toute la journée le canon tonne. Les vi« très qui existent encore tremblent sans arrêt. Les projectiles se croisent dans l'air venant de tant de directions différentes que plus personne n!y fait plus attention. L'ennemi occupe toujours la boucle dei Tervaete, mais les chemins de colonne restent déseirts. Nos hommes tiennent tou-i ours.Les obus tombent à gauche, à droit*,

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