Journal de Gand: politique, industriel, commercial et littéraire

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s.n. 1915, 03 August. Journal de Gand: politique, industriel, commercial et littéraire. Seen on 22 February 2020, on https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/en/pid/125q817w1b/
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Mardi tî août l9fiT> £3 centimes le numéro 59me année — N° 21S JOURNAL DE GAND ABONNEMENTS : BELGIQUE : W fr. par an ; \ fr. pour six mois ; S fr. pour trois mois Pour l'étranger, le port en sus RÉDACTION & ADMlNIS'l'ilATiON : 3, KTJ t: . ï . Fj_ ' JiÉ, 3, O .' TÉLÉPHONÉ 605 ANNONCES : Voir le tarif au bas de la dernière page du journal. Avis officiels allemands RÈGLEMENT | La venle du beurre et des œufs ne peut se faire que sur les marchés de Gand et de Gavere qui sont sons la survei'lance de la Commandanture. L'envoi de grandes quantités hors de la région I Je la Commandanture de Gand n'est permis que i qliand les provisions nécessaires pour l'année ; sont livrées. L'autorisation de transporter de grandes quan-I \\vésest donnée par la Commandanture. La po-i pulation a suffisamment d'ceufs à conserver i pour couvrir les besoins de l'hiver. Les infractions au présent règlement sont punissables d'une amende de 50 à 1000 mark ou d'un emprisonnement correspondant. Gand, le 30 juillet 1915. Le Commandant de l'Etape. L A G U K K l\ !" Sur la front occidenta! Communiqué olïiciel allemand Berlin, 31 juillet. — (Midi). — Hier, tôt, nous avons pris d'assaut les maisons à la pente ouest d'Hooge, qui étaient encore restées dans les mains (les Anglais, lors de notre attaque du 3juillet contre Hooge, à l'est d'Ypres, ainsi qu'un point d'appui au sud de la route d'Ypres. Dans l'après-midi et dans la nuit, les contres-attaques de l'ennemi ont été repoussées. Nous avons pris 4 mitrailleuses, 5 lance-mines et nous avons fait quelques prisonniers anglais. Le nombre des (nés trouvés dans les tranchées de l'ennemi | démontre ses grandes perles sanglantes. Les Français ont de nouveau attaqué sans succès près de Souciiez avec des grenades à main. Les combats acharnés pour la ligne Lingekopf-Bareukopl sont arrivés à un arrêt. Les Français occupent une partie de notre position au Linge-kopf. Schratzmânnle et Barrenkopf sont de nouveau entre nos mains, après les avoir perclus alternativement. Comme représailles aux divers jets de bombes des Français sur Chauny, Ter-gnier et autres endroits derrière notre front de l'Aisne, la station de Cornpiègne a été bombar-I dée. Eu réponse à l'attaque d'escadrilles d'aéroplanes français qui jetèrent hier des bombes sur Pfalzburg, Saverne, au nord de Hagenau et Freibourg notre escadrille a jeté, l'après-midi, des bombes sur des ports de refuge et fabriquss de Lunéville, sur les installations de chemin de 1er de Saint-Dié et le port de refuge, près de Nancy. Les dégâts causés par l'ennemi sont de peu d'importance. Un aéroplane français a été descendu près de Freibourg par nos canons de défense. Berlin, 1" août. — (Midi). — Une attaque jnglaise contre noire nouvelle position près de Hooge a complètement échoué. Des poussées ta avant de nuit des Français, près de Souchez, n'ont pas eu plus de succès. Dans l'Argonne, il y a eu un violent combat d'artillerie. Le soir tard, nos positions sur le Reichackerskopf.dans les Vosges, ont été attaquées. L'ennemi a éié repoussé. L'activité aérienne a été 1res vive hier également. Le champ d'aviation anglais de Saint-Pol. près de Dunkerque, a été inondé de 31 bombes. Le champ d'aviation de Douai a été attaqué sans succès par une escadrille ennemie. Le champ d'aviation français, près de Nancy a é:é inondé ce matin tôt de 103 bombes. On a constaté 18 pontes dans les tente?. Les aéroplanes ennemis qui s'étaient élevés peur repousser l'attaque ne purent empêcher celle-ci. Six aéroplanes allemands attaquerai. 15 aéroplanes au-dessus, de Château-Salins. Dans un combat ayant duré trois quarts d'heure, plusieurs avions ennemis furent forcés d'a.terrir. Lorsqu'une autre escadrille ennemie intervint, nos aviateurs se retirèrent sans per- .es. Un avion français a dû atterrir au nord je Saargemùnd. Les occupants sont prisonniers. Dans les combats de l'Argonne du 20 juin au 20 juillet, nous avons fait prisonniers 125 officiers ei 6,610 hommes et n.ous avons pris 52 mitrailleuses et un très nombreux matériel. Communiqués officiels français Paris, 30 juillet (après-midi). — En Artois près de Souchez et au Labyrinthe, lutte à coups de grenades et de pétards, de tranchée à tranchée. Entre l'Oise et l'Aisne, sur le plateau de Quetinevières, il y a eu activité continue de l'artillerie et des lance-bombes. Entre Bourreuil-les et Vauquois et au bois de Malencourt, des/ explosions de mines ennemies n'ont produit aucun dégât. Au bois Le Prêtre, une tentative d'attaque ennemie, à la Croix-des-Carmes, a été repoussée. Au Barenkopf, la lutte a continué jusqu'au milieu de la nuit avec un grand acharnement.Paris, 30 juillet (soir). On ne signale, au cours de la journée, aucune action d'infanterie sur notre front. Il y a eu une aclion d'artillerie assez violenle en Belgique, autour de Saint-Georges et de Steenstraete, sur le plateau de Quennevière et en Champagne, dans la région d'Auberive-sur-Suippe. Dans l'Argonne occidentale, la lutte à coups de bombes a élé accompagnée, de part et d'autre, par une vigoureuse canonnade, particulièrement vers Saint-Hubert. Entre Meuse el Moselle, l'activité de l'artillerie s'est concentrée dans la région du bois de Mont-marc et du bois Le Prêtre. Paris, 31 juillet (après midi). — En Artois, autour de Souchez et du Labyrinthe, fusillade et canonnade intermittente au cours de la nuit, sans engagement d'infanterie. Dans l'Argonne, au carrefour de la route Servin-Bagatelle et du Layon de Binarville, l'explosion d'une mine ennemie a été suivie d'une lutte assez vive au cours de laquelle nous avons réussi à occuper l'excavation produite. Le col de la Schlucht a été bombardé. Des avions ennemis ont bombardé le 31 au malin Saint-Pol-sur-Mer et Grave-lines. Quelques bombes ont été lancées par des avions ennemis sur Nancy. Paris, 31 juillet (soir). — La journée s'est passée sans combat d'infanterie. Quelques bombes ont été lancées par des avions ennemis sur Dunkerque. En Artois, d'Angres à Arras, activité habituelle de l'artillerie. Une pièce tirant à longue portée a lancé sur Cornpiègne neuf obus. En Argonne, dans la région de la Fontaine-aux-Charmes et au Four-de-Paris, le bombardement des tranchées de part et d'autre se poursuit d'une façon presque continuelle. Au bois Le Prêtre très vive canonnade. L'ennemi a bombardé nos positions de la côte 627 à la Fontenelle et le village de Metzeral. Ce matin nos avions ont bombardé Fribourg en Brisgau. L'un d'eux a dû atterrir au retour dans les lignes ennemies à la suite d'une panne de moteur. Communiqué officiel anglais Londres, 31 juillet.— Le feldmarçchal French annonce en date du 30 juillet : L'ennemi a pris sous son feu, vendredi matin, les tranchées au nord et au sud de Hooge. 11 prononça alors une attaque en utilisant des grenades à feu, principalement contre les tranchées conquises par nous il y a peu de temps. De cette manière il parvint à pénétrer dans nos premières tranchées sur un front de 450 mètres de largeur. Le combat continue. Sur Se front orients? Communiqués officiels allemands Berlin, 31 juillet.— Au nord-ouest de Lomza et au chemin de fer de Goworno à l'est de Rozan, notre attaque progresse. Hier, nous avons fai; 1,890 Russes prisonniers et pris 3 mitrailleuses. Les troupes du lieutenant général von Wcyisch, qui ont.passé sur la rive droite de la V«'s.u!e,- avancent vers l'est dans des combats acharnés. Toutes les contre-attaques des ren-forrusses amenés en ioute hâte, ont comp'è-,;.rent échoué. Le nombre des prisonniers a atteint 7 officiers, dont un commandant de régime.!. et 1,600 hommes. Aux armées coalisé-: -du jfeMmaréchal von Mackensen, participant à la ponrsuit©} l'adversaire paraît vouloir de nou-ve.Tj résister dans la ligne approximative de Ncwo-Aléxandria, aux hauteurs de la Vistu'e au r:c;d de Lublin (qui a été occupé hier après-midi),-et jout près au sud^ de Cholmr L'enremi ... . a'.tsqué partout. Pendant les, combats des troupes allemandes du 30 juillet, près de B's-kupice-Praska, nous avons fait 4,930 pnson-nie. s et pris 5 canons et 8 mitrailleuses. Berlin, 1" août. — Au nord du Niémen, il y a des combats iocaux. Au nord-est de Rozan, nous avons encore progressé. Des contre-atta- ' ques ennemies ont tté repoussées. En Juii.er, nous avons tait, entre la baliique e: ia iJilica, îv5,023 Russes prisonniers, pris 41 canons dont 2 de gros calibre, 4 lance-mines et 230 mitrailleuses.Nos troupes, qui se sont avancées au delà de la Vistule, au nord d'iwangorod, ont repoussé de violentes contre-aaaques de l'ennemi. Dans notre poussée, nous avons pris les hauteurs pies de Pouzaosc et avons fait plus de 1,000 prisonniers. Entre la Vistule supérieure et le Bug, l'ennemi prit de nouveau position, hier. Des troupes allemandes le chassèrent dans le CQurant de la journée de ses positions près de Kiirew, au sud de Lenozna, au sud-ouest et au sud de Cholm, et au sud-ouest de Dubunka. L'ennemi a alors continué sa retraite des deux cô.és du Bug et sur tout le front entre le Bug et au sud de Lenozna. Cholm est déjà traversé dans la poursuite. Sur le théâtre de la guerre du sud-est sont tombés entre les mains des troupes allemandes : 323 officiers, 75,719 hommes, 10 canons et 126 mitrailleuses. Communiqués officiels autrichiens Vienne, 31 juillet. — Après un intervalle de plusieurs jours, les troupes coalisées procédèrent de nouveau hier à l'a.tr.que sur tout le front. A Pua-est du Wieprz jusque dans la région de Chmiel, l'ennemi a été débordé'sur une largeur de front de plus de 25 km. Lë 17' corps aus.re-hongrois a pris d'assaut au nord de Chmiel les positions russes, après' cinq assau.s. Des troupes allemandes ont pris le soir 'a ligne Piaska-Biskupice et le chemin de fer à l'est de ce le-ci. Près de - Kowola et Belsyce, au nord es. de Krasnq^tow et Wojslawice, les armées balisées pénétrèrent également dans les lignes ennemies. Ce matin tôt les Russes se,- retiré-ient sur tout le front, en dévastant toutes '.efe colonies et en brûlant même les gr?.i::s dans les champs No.re poursui:e suit son cours. Au nord-ouest d'iwangorod, des deux côtés de l'embouchure de la Bndnmka, le passage de !a Vistule a été forcé le 28 juillet sur plusieurs points dans des combats des plus difficiles. Des pionniers allemands et austro-hongrois ont trouvé, dans les circonstances les p'us difficiles, l'occasion de faire à nouveau des preuves de leur habileté merveilleuse et de leur sentiment du devoir plein de sacrifices. Au Bug supérieur les défenseurs de la tête de pont reculèrent leur front méridional-, en raison de l'attaque de forces numériquement supérieures, de quelques centaines de mètres et y repoussèrent plusieurs autres attaques ennemies. Pour le surplus 1? situation dans la Galicie orientale es: inchan gée. Vienne, 31 juillet. — On annonce officielle ment : Ne:re cavalerie est entrée à Lublin ven dredi, peu ?p~ès midi. Vienne, 1er août. — L'armée de l'arch'duc Joseph-Ferdinand a pris hier possession de Lu blin. Dans sa poursuite, son aile gauche franchit la Bystra. Des troupes allemandes ont avancé en aval du Wjeprz et s'approchen; du sud-ouest de la ville de Cholm. L'adversaire essaye d.e résister à nouveau sur différents peints, dans des positions préparées préalablement. 11 est attaqué partout. Au nord-ouest d'iwangorod des forces allemandes ayant avancé sur la rive orientale de la Vistule, repoussent de violentes attaques. Les Russes ont subi des pertes considérables. En Galicie la situation est restée inchangée. Communiqué officiel russe VV. T. B. St-Pétersbourg, 30 juillet. — Entre la Duna et le Njemen, pas de changement. Sur le front du Narew, où des combats violents se poursuivent, rien de changé non plus. Au Prut, violentes canonnades. Dans la région de Serock et Poltusk, sur les deux rives du Narew, batailles d'attaques et contre-attaques. Sur la rive gauche de la Vistule nous avons repoussé des avant-gardes ennemies près de Sera-Calwaria et Grosizy. Eutre la Vistule et le Wieprz, tout est calme. Nous avons repoussé les attaques véhémentes de l'ennemi, entre le Wieprz et le Bug, le 27 juillet, près des villages Majden et Ostrowsky et au nord de Grubieszow, sur le front Teriatni-Annapol.Le 28, attaques isolées ennemies contre Mâjden-Ostrowsky, à l'est de Wojslawice et près du village Fulakowice. Au Bug, en amont de Sokal, nous avons repoussé deux attaques autrichiennes. Près de Kamionka, six régiments autrichiens traversèrent" le Bug et réussirent à s'y"emparer d'une partie de nos tranchées. Sur ia front ïtaio-autrichien Communiqué officiel autrichien Vienne, 31 juillet. — Les attaques persistantes les Italiens au bord du plateau dans le territoire de Gôrz sont des poussées isolées et vaines de détachements ennemis, qui se dirigent contre les points d'appui saillants de nos positions. C'est ainsi que des troupes italiennes tentèrent de gagner encore plus de terrain à l'est de Sagrado et près de Redipuglia; elles furent repoussées partout et toujours. L'ennemi se donna particulièrement de la peine au Monte dei Busi, qui est solidement en notre possession. Aux autres parties du front ou sud-ouest, rien d'essentiel n'est arrivé. Au plateau de Cortnons, un aviateur italien a été descendu ces derniers jours par une portée d'un canon de défense d'un ballon ; le pilote et l'observateur ont été retrouvés sous les débris brûlants de l'aéroplane. Les Italiens ont établi récemment sur l'île de Pelagosa, qui n'est pas occupée militairement par nous, une stalion de télégraphie sans fil. Le 28 juillet, le bâtiment de la station de celle-ci a été détruit par un groupe de nos torpilleurs au moyen d'un feu d'artillerie et le mat grillagé fut renversé. A la suite de estfe opération un pelit détachemeîit de débarquement de nos torpilleurs fut envoyé sur l'île pour faire une reconnaissance sérieuse pour constater l'étendue de l'occupation de l'ennemi. Ce détachement pé-étra, en dépit de la résistance acharnée, en passant sur une tranchée ennemie, jusqu'aux retranchements bé'onnés fortement occupés des Italiens et infligea à ceux-ci, appuyé par un feu d'artillerie dirigé de nos navires, des pertes importantes. C'est ainsi qu'entre autres le commandant de la garnison italienne et un deuxième officier tombèrent. Après la reconnaissance efficace, notre détachement revint aux navires sans peries sen sibles et malgré la grande supériorité numérique de l'adversaire. Des sous-marins ennemis lancèrent vainement plusieurs torpilles contre nos unités. Vienne, l' août. —Les attaques d'infanterie des Italiens dans le territoire de Gûrz ont cessé hier complètement. Contre nos positions au bord du plafeau, l'artillerie ennemie dissipe comme auparavant de grandes quantités de munitions. Dans le territoire de frontière de la Carinthie, il y eut plusieurs violents combats. Trois bataillons italiens attaquèrent, après des préparatifs d'artillerie vigoureux, les positions de nos troupes au Petit Pal. L'ennemi parvint à pénétrer dans une tranchée avancée, mais il fut complètement refoulé, après un combat opiniâtre et avec des pertes des plus considérables; de même une poussée en avant de troupes italiennes près du défilé de Lodimit (au nord de Paularo) a été repoussée à courte distance par une attaque de feu d'infanterie et de grenades à main. A la ci été de frontière, au sud de Malborghet, un de nos détachements avancés a évacué un poste d'observation devant des forces numériquement supérieures. Au Tyrol, l'artillerie italienne bombarda sans succès les plateaux de Folgaria et de Lavarone. Une atlaque de faibles forces ennemies dans le territoire de Monte Cristallo a élé repoussée avec des pertes sanglantes pour l'ennemi. Communiqués oiliciels italiens W. T. B. Rome, 30 juillet. — Dans la vallée de Cordevole, nos attaques ont progressé. Nos troupes ont occupé le versant s'étendant du Col de Lana jusqu'au plateau Nieve et Livin-glogo.Dans la vallée Padola, nous avons repoussé l'ennemi qui s'était avancé le long de la chaussée « Rotabile » avec de grosses forces. En Carinthie, notre artillerie continue ù canon-ner activement les ouvrages ennemis. Au Karst, l'ennemi a engagé de grands effectifs, hier matin. Rome, 29 juillet. —Avec notre attaque au Cordevole, nous avons fait des progrès. L'ennemi avança dans la vallée de Padola. Sur le haut plateau de Karst, l'ennemi avança. Il me parvint toutefois pas à reprendre les positions perdues. Nous continuons lentement noire marche en avant. Rome, 31 juillet. Dans la zone de combat du Tyrol et du Trentin, des combats de petits détachements.A Pregasina, à la rive occidentale du lac de Garda, et au nord-est de Marco, dans la vallée de l'Etsch et à Cadore, l'ennemi attaqua le soir du 27 nos positions au moyen d'un feu d'infanterie et de mitrailleuses. A l'embouchure du ; Traven&e, dans la vallée de Boite, il fut refoulé. ! Dans la vallée de San Pellegrino un autre détachement ennemi tenta le 28 juillet une action ! jmprévue contre nos positions de Costabella. Dans ta vallée de Fella nos détachements d'alpins occupèrent, malgré quelque résistance, quelques saillies qui s'étendent de la hauteur de la pente gauche de la vallée jusqu'à Lusnitz. Au Karst l'ennemi se borna, dans le courant de la journée d'hier, à s'opposer à notre marche en ' avant. Nous avons encore pris quelques mor-; ceaux de tranchées sous le feu violent de l'infanterie et de l'artillerie de l'adversaire. Dans la nuit du 29, des patrouilles ennemies essayèrent d'incendier le bois des Capucins, dans lequel '• nous nous étions retranchés. I Feuilleton du Journal de Gand 56 Le Comte DE Monte-Cristo PAR ALEXANDRE DUMAS i — Cet honnête pourvoyeur du bourreau vous a fait jurer de ne jamais prononcer le nom de Noirtier? — Oui. — Ce Noirtier, pauvre aveugle que vous êtes, savez-vous ce que c'était que ce Noirtier? Ce Noirtier, c'était son përe! La foudre, tombée aux pieds de Dantès et lui creusant un abîme au fond duquel s'ouvrait l'enfer, lui eût produit un effet moins prompt, moins électrique, moins écrasant, que ces paroles inattendues; il se leva, saississant sa tête à deux mains comme pour l'empêcher d'éclater. — Son père! son père! s'écria-t-il. — Oui. son père, qui s'appelle Noirtier de Villcfori, reprit l'abbé. Alors une lumière fulgurante traversa le cerveau fin nri^minior. tout ce oui 1 u i était de meuré obscur fui à l'instant même éclairé d'un jour éclatant. Ces tergiversations de Vi.llefort pendant l'interrogatoire, cette lettre détruite, ce serment exigé, cette voix prseque suppliante du magistrat qui, au lieu de menacer, semblait implorer, tout lui revint à la mémoire^il jeta un cri, chancela un instant comme un homme ivre; puis, s'élançant par l'ouverture qui conduisait de la cellule de l'abbé à la sienne : —Oh ! dit-il, il faut que je sois seul pour penser à tout cela. Et, en arrivant dans son cachot, il tpmba sur son lit. où le porte-clefs le retrouva le soir, assis, les yeux fixes, les traits contractés, mais immobile et muet comme une statue. Pendant ces heures de méditation qui s'étaient écoulées comme des secondes, il avait pris une terrible résolution et fait un formidable serment ! Une voix tira Dantès de cette rêverie, c'était celle de l'abbé Faria, qui. ayant reçu à son tour la visite de son geôlier, venait inviter Dantès à souper avec lui. Sa qualité de fou reconnu, et surtout de fou divertissant, donnait au vieux prisonnier quelques privilèges, comme celui d'avoir du pain un peu plus blanc et un petit flacon de vin le dimanche. Or, on était justement arrivé au dimanche, et l'abbé venait inviter son jeune compagnon à partager son pain et son vin. Dantès le suivit : tou.es les lignes de son visage s'é.aient remises et avaient repris leur place accoutumée; mais avec une raideur e; une fermeté, si l'on peut le dire, qui accusaient-une résolution prise. L'abbé le regarda fixement— Je suis fâché de vous avoir a.'dé dans vos recherches et de vous avoir dit ce que je vous ai dit, fit-il. — Pourquoi cela? demanda Dantès. — Parce que je vous ai infiltré dans le cœur un sentiment qui n'y était point : la vengeance. Dantès sourit. — Parlons d'outre chose, dit-il. L'abbé le regarda encore un instant et hocha tristement la tête; puis, comme l'en avait prié Dantès, il parla d'auire chose. Le vieux prisonnier était un de ces hommes dont la conversation, comme celle des gens qui ont-beaucoup souffert, contient des enseignements nombreux et renferme un intérêt soutenu; mais elle n'était pas égoïste, et ce malheureux ne parlait jamais de ses malheurs. Dantès écoutait chacune de ses paroles avec admiration : les unes correspondaient à. des idées qu'il avait déjà et à des connaissanccsqui étaient du ressort de son état de marin, les autres touchaient à des choses inconnues, et, comme ces aurores boréales qui éclairent les navigateurs dans lc:s latitudes australes, montraient au jeune homme des paysages et des horizons nouveaux, illuminés de lueurs fantastiques. Damés comprit le bonheur qu'il y aurait pour une organisation intelligente à suivre cet esprit élevé sur les hau.eurs morales, philosophiques ou sociales sur lesquelles il avait l'habitude de se jouer. — Vous devriez réapprendre un peu de ce que vous savez, dit Dantès, ne fût-ce que pour ne pas vous ennuyer avec moi. Il me semble maintenant que vous devez préférer la solitude à un compagnon sans éducation et sans portée comme moi. Si vous consentez à ce que je vous demande, je m'engage à ne plus vous parler de fuir. L'abbé sourit. — Hélas! mon enfant, dit-il, la science humaine est bien bornée, et quand je vous aurai appris les mathématiques, la physique, l'histoire et les trois ou quatre langues vivantes que je parle, vous saurez ce que je sais : or, toute cette science,, je serai deux ans à peine à la verser de mon esprit dans le vôtre. — Deux ans ! dit Dantès, vous croyez que je pourrais apprendre toutes ces choses en deux ans? — Dans leur application, non; dans leurs principes, oui ; apprendre n'est pas savoir; il y a les sachants et les savants ; c'est la mémoire i • qui fait les uns, c'est la philosophie qui fait les autres. -— Mais ne peut-on apprendre la philosophie?— La philosophie ne s'apprend pas; la philosophie est la réunion des sciences acquises au génie qui les applique; la philosophie, c'est le nuage éclatant sur lequel le Christ a posé le pied pour remonter au ciel. — Voyons, dit Dantès, que m'apprendrez-vous d'abord? J'ai hâte de commencer, j'ai soif de science. — Tout ! dit l'abbé. En effet, dès le soir les deux prisonniers arrêtèrent un plan d'éducation qui commença de s'exécuter le lendemain. Dantès avait une mémoire prodigieuse, une facilité de conception extrême : la disposition mathématique de son esprit le rendait apte à tout comprendre par le calcul, tandis que la poésie du marin corrigeait tout ce que pouvait avoir de trop matériel la démonstration réduite à la sécheresse des chiffres ou à la rectitude des lignes; il savait déjà d'ailleurs l'italien et un peu de romaïque qu il avait appris dans ses voyages d'Orient. Avec ces deux langues il comprit bientôt le mécanisme de toutes les autres, et, au bout de six mois, il commençait à parler l'espagnol, l'anglais et l'allemand. (A suivre).

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