L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam

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11 December 1914
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s.n. 1914, 11 December. L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam. Seen on 08 July 2020, on https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/en/pid/t14th8cs71/
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jôre Anné( e N°. 49. S cents (io centimes] Vendredi II Décembre 1914 L'ECHO BELGE L'Union fait la Force. «Journal Quotidien du matin paraissant à Amsterdam. Belae est notre nom de Famille. Toutes les lettres doivent être adressées au bureau de rédaction : N.Z. VOORBURGWAL 234-240. Téléphone: 2797. Rédacteur en Chef: Gustave Jaspaers. 1 Charles Bernard, Charles Herbiei Comité de Rédaction: ! Gustave Peellaert, René Chambry, ( Emile Painparé. BJUByo ont nuii G UUIII un i amure. Pour les annonces, abonnements et vente au numéro, s'adresser à l'Administration du Journal: N.Z. VOORBURGWAL 234-240. Téléphone: 1775. Abonnement f En Hollande fl. t.50 par mois, payable par anticipation \ Etranger fi. 2.00 „ „ Ciniit d'sisi „iliebtelin|". En écoutant de la musique sacrée. Dans la nouvelle église luthérienne d'Am-•terdam, la vaute, austère et froide Koepel-kerk du Singel... C'est un dimanche de décembre, après-midi. Une grise lumière qui bientôt ne sera plus que de la nuit coule du lanterneau sur cette foule qui écoute, recueilli», les chanteurs invisibles. Où sont-ils? Quelque part, là-haut, «us la coupole, comme les choeurs célestes de Parsifal dont le mysticisme théâtral et artificiel sonnerait si faux à oôté de ces motets do Palestrina et de Roland de Lassus. (Ce que nous disons là de Parsifal, nous le pensions avant la guerre... D'ailleurs, il y a dans cette oeuvre, à côté de la ,,mauvaise messe", des tableux symplio-niques et des scènes d'une humaine et simple beauté qu'on peut encore admirer...) Ces amateurs d'Amsterdam, -dirigés par M. Averkamp, chantent a capclla la plus belle musique du monde, avec cette conscience qui fait la gloire des grandes interprétations hollandaises. L'impression est extraordinaire. Voix de l'homme, instrument idéal, o merveille!... Dans ce temple protestant très nu, où l'attention n'est distraite ni par les interprètes, ni par le public, il n'y a de place que pour la divine musique, que pour une grave Beauté. S'y absorber ,,sans fin", oublier tout, sera-ce possible? Eh bien non! Il se fait que le programme a et' composé en harmonie avec les tragiques circonstances que nous traversons. Voici deux motets d'Orlando di Lasso : „Da paceni, Domine, in diebus nostris" (Donne-nous la paix, seigneur, dans ers jours qui sont nôtres) et: ,,Media vita in morte sumus" (au milieu de la vio nous som-xitcs menacés par la mort). ~'t puis un Salve Jlegina de Palestrina dont les paroles sont en partie de Bernard de Clairvaux et devaient, dans l'esprit de ce grand chef de foules, réveiller le courage et l'espoir des croisés. En vain, je tâche do no prêter nul intérêt a ces mots latins que prononcent î.'S voix mystérieuses. Je voudrais n'accorder de valeur qu'à la sublime architecture musicale j do ces deux motets, à l'admirable trame ignore.... Mais comment ne pas entendre ces cris, ces appels suppliants: ,;Ad te clamamus, exulos, filii Evae". Et puis, nous pensons à cet Oi-lando di Lasso, à ce Roland de Lassus, ,,prince dos musiciens" que le programme appelle ,,de MùncJioner componist". Il vécut longtemps en effet à la cour d'un roi de Bavière, ami des arts ; mais il était Wallon d'origine comme Jost|uins des Près et Dufay. Tout comme à Munich, il a sa statue clans Mons, sa ville natale, où il fut enfant de choeur à Saint^Nicolas-èn-IIavré. Il devait, on Allemagne, jeter les bases de la musique des temps modernes, Avant Jean Sébastien Bach et Beethoven.Aujourd'hui, le Hainaut du ,,Prince des musiciens", après les affres et les angoisses de la bataille, souffre la faim, mille tortures morales, gémit sous la botte des soldats allemands qui célèbrent leur triomphe momentané ©n entonnant des chants belliqueux, pleins d'un orgueil insensé, mais qui ressemblent à des cantiques, à des motets de la Réforme... Dans ce pays aujourd'hui ravagé et opprimé, dans cette Wallonie du fer et du charbon, aux forêts profondes, aux collines mélodieuses, où naquirent César Franck et Grétry, 1 amour de la musique est grand parmi les simples gens du peuple. Il est des sociétés chorales célèbres, nombreuses, comme en Hollande. Une ou deux fois par semaine, le mineur, le métallurgiste, l'armurier, quand il a fini sa journée, se débarbouille soigneusement, endosse la chemise amidonnée à petites fleurs bleues ou noires et se rend à la répétition de sa chorale, de sa „musique". C'est là souvent son unique plaisir. A présent, que font-ils pour tromper leur angoisse, le lourd ennui de ces jours d'oppression? On ne chante plus depuis quatre mois au pays do Grétry ot de Roland de Lattre...'.t. Voici que s'élèye, fîûre, puissante, pure, insensible, pareille au chant de quelque flûte prodigieuse dans le mugissement de l'orgue, la voix de Mme. Noordevier—Reddingius. Elle aussi chante des choses de circonstance, des airs de liasse, Stradella, Scarl&tti et puis une cantate de Mozart, qui rappelle un peu l'air de Zarastro de la Flûte Enchantée. La musique du divin enfant, cette musique „qui suspend en 1 air des guirlandes de roses", accompagne d«« |*aroles de paix et de fraternité : Liebt eueh selbst und cure Briider In Eolter schmiedet um das Eisen... Et à ces paroles d'une douceur ^vangé-liQue j'entends répondre, en écho, l'Allemagne sauvage d'aujourd'hui : nVeutschlg^id liber ailes in <ter Welt!'' a * * Torreats de pluie. t)*Tlr lAIint + il n nln nn irillnnn Tous les cliemins sont détrompés, je vois sous un ciel sinistre d'immenses flaques d'eau, ridées par le vent, piquées par les hallebardes qui tombent sans discontinuer, d'entre les arbres du ,,brink". Invinciblement, je pense à l'Yser, aux tranchées inondées, à la terre grasse des polders saturée d'eau, aux inondations que l'on tend et détend à volonté, sans rien attendre des éléments déchaînés. Malgré toutes les tristesses que cela évoque, on ne peut s'empêcher de dire1: ,,Que d'eau! Que d'eau! Comment Guillaume, par ce tc-mps-là, fait-il pour garder sa poudre sèche?" LOUIS PIERARD. Pour Sa SL Nicolas et Sa Noël d& nos soldats. Nous nous voyons forcés, devant le fl»t continu de dons qui nous assaillent,, de reculer d'un jour la clôture de cette liste. Mais ce sera le tout extrême délai. Nous ne pourrons, à notre grand regret,• le "prolonger davantage. Nous tenons encore à remercier en notre nom et au nom de ceux à qui ces envois apporteront un adoucissement bien mérité aux horreurs de la guerre, tous ceux, humbles ou riches, qui nous envoyèrent leur obole, dam un même et patriotique élan. Montant des 8 listes précéd 847.75 frs. + 601.07 fl. A. M. Bruxelles 10.00 ,, Paul, Madge, Marcel 1.50 ,, Anonyme 1.00 ,, Dieu et Patrie! 1.00 ,, Charles Pirlet et Toussaint Fas- sotte internés à Zeist 1.00 ,, M. Couvreur 1.00 ,, Pour le triomphe du Droit et des opprimés M. V. C 0.25 ,, Pour retrouver le sous-lieutenant Louis Fernand Lemaire, sous-lieutenant, 2e division d'armée, 6e Brigade mixte, 23e batterie. Prière adr. renseig. à Kools, Blamvhandstr. 157 A, Bergen- op-Zoora 20.00 frs. Uu officier belge en résidence à Zwolle 5.00 ,, La 3e du-3e bat. du 6e et 26e de ligne internés à Zeist n'oublient pas leurs camarades qui se battent si héroïquement dans les tranchées 17.00 „ Anonyme un paquet de chaussettes et 10.00 ,, M. Victor Matheys d'Ostende pour la St. Nicolas de nos si braves soldats parmi lesquels trois des miens sont morts. Pour le moment il en reste deux encore ... 2.50 fl La famille De Vogelaere, d'Over-pelt, pour nos braves soldats belges qui combattent pour leur Patrie 5.00 frs M. P. van Iiumbeeck, vice-prés. do la Société de Bienfaisance Belge 10.00 fl. Deux sous-officiers du 9e de ligne internés à Harderwijk 1.00 ,, Pour la délivrance de la Belgique et l'écrasement complet des Allemands 1.00 ,, De tout coeur 2.50 ,, Le petit llaj-mond Habib ayant été gâté par St. Nicolas pense aussi à ses grands amis les braves soldats belges 5.00 fr. D'une Belge pour que Dieu protège son frère 1.00 ,, D'une Hollandaise qui à beaucoup de sympathie pour les Belges ... 1.00 ,, Que la Ste Vierge rende nos armes victorieuses 5.00 fl. Surplus de la collecte pour la St. Nicolas des réfugiés belges à Fauquemont 6.55 „ Les militaires des 2e, 3e, 4e et 6e batteries de siège internés à Zeist, baraque 24, coopérant pour la St. Nicolas des soldats belges sur le front (nous publierons le détail demain) 20.18 „ Aan de kameraden in het veldleger ter gelegenheid van St. Niko-laas, door de geïnterneerden van de 4e compagnie te Kampeu 20.90 ,, Voor onze kameraden in het . veldleger ter gçlegenheid van St. Nikolaas, geschonken door do geïnterneerden van de 7e en de 9e compagnie te Kampeu 33.80 ,, Afin que l'on se souvienne plus tard que des Polonais autrichiens ne sont toujours que des Polonais 0.85 „ Meurice Léopoldf 0.50'; Campons P. 0.50; Delattre A. 0.50 ; Lo-vinfosse A. 0.50 ; Vanhouden-hovou 0.50 ; Paternoster V. 0.50; Van Lint 0 50; G. De-francq 0.50; E. Vanderslejen 0.50 ; soldats internés à Harderwijk 4.50 frs. D'un Suisse, M. L. R. pour l'héroïque armée belge. 10.00 fl. M. et Mme. L. Q., deux Belges qui pensent à leurs petits soldats 10.00',, Le petit Coco ; 1.00 ., De la part dés réfugiés belges de l'H. v. D. Heeze : 5.00 „ — Avâs Important. Administration des Chemins de Fer, Postes, Télégraphes et Téléphones. Samedi prochain (12 courant)-à 9 h 40 payement à Alkmaar des salaires d'octobre et des traitements cle novembre aux agents commissionnés.. et .employés d'Alkmaar et environs. En Belgoque. A Bruxelles. Von Luttwitz est remplacé par von Kraweel, qui a annoncé qu'il reprenait les affaires de celui-ci (die Geschaefte ii bernommen), . rappelé au service actii, c'est-à-dire disgracié., on ne sait pourquoi, i Von der Golt/. est remplacé par Von Bissiug ; cependant on continue à publier des arrêtés signés par lui, mais datés des derniers jours de novembre. Aujourd'hui (5 déc.) ou en a encore placardé un concernant la nomination de ,,commissaires de surveillance auprès des entreprises et des succursales d'entreprises établies sur le territoire occupé de la Belg.que, dont la direction ou la surveillance se trouve dans un pays en état de guerre avec l'Allemagne". C'est le commissaire général pour les banques en Belgique qui aura mission de les nommer. * * * Une nouveauté qui semble devoir être l'oeuvre du nouveau gouverneur général est que les communications au sujet de la guerre sont publiées texte français à droite, au lieu d'être, comme précédemment placé entre le texte allemand et flamand. Ce n'est que dans le texte allemand qu'il a été question de la succesion de M. von Kraweel. Dans les proclamations française et flamande, sa nomination en remplacement de von Luttwitz a été simplement annoncée sans commentaires. * * * Il paraît qu'en haut lieu à Berlin on a trouvé excessif de réclamer 300 millions de marks à la Belgique. L'appréciation portée par la presse américaine sur cet étranglement, appréciation unanime de vive indignation, n'a peut-être pas été étrangère à oe revirement subit. * * * Tous les jours, la garde montante quitte le Palais de Justice, précédée de fifres et de tambours et d'une musique qui joue faux, et s'en va relever la garde de la Kômmandantur. La populace accompagne les musiciens jusqu'à la rue de la Loi. * * * Les horloges des églises, qui s'étaient obstinées à marquer l'heure belge, ont toutes été obligées de donner l'heure de l'Europe oèh-trale"..• • .• On a placardé un ^eu partout des indications pour les autos militaires quant à la route à suiver pour telle ou telle v.ile, p. ex : A 1 o s t, G a n .d à la place de la Bourse ; Nivelles, Uharleroi, à l'entrée de l'avenue Louise, etc. Le Parc, notre beau parc, sert à la.fois d'en trepôt d'essence pour lesJ autos militaires (Tankstelle),. de manège pour les chevaux de cavalerie et de garage aux autes du gouvernement militaire. A Anvers. Le Gouverneur Freiherr von Huene, général d'infanterie, dans une de ses nombreuses proclamations fait savoir à ses administrés qui se trouveraient en possession d'armes à feu, de balles, de pouare, de canons (sic) et de parties de canons, — qu'ils ont à remettre ceux-ci et celles-ci au dépôt d artillerie, présentement à l'Atkenée Royal. Trois cents mark d'amende à qui ne se soumettrait pas à cette proclamation.Non, mais! les personnes qui détiendraient des canons ! Ne trouvez vous pas que c'est assez amusant? • • • Le conseiller communal Van Geel, pour motifs de santé, a adressé sa démission au bourgmestre. • # • On nous a demandé si le gouverneur de la province continuait de résider à Anvers. Nous en avons la formelle assurance. M. le baron van do Werve et de S^hîlde n'a pas quitté la métropole. Les journaux ont ..^.jooup parlé de la villa appartenant à dos Allemands, située à Coxyde, à une dizaine de kilomètres des forts extérieurs de Dunkerque et construite sur un bloc de maçonnerie de près de 40 mètres cubes, recouvert d'une plate-forme en béton armé, do quarante centimètres d'épaisseur, dit ,,Le XXe Siècle". On sait aussi que le génie belge l'a fait sauter. Mais ce que le public ignore, sans doute, c'est que deux plates-formes de même espèce se trouvaient à Anvers, à l'intérieur du jardin de la villa Rieth, Vieux-Dieu. Ces plates-formes étaient recouvertes d'une couche de terre do près de 2 mètres ; elles avaient 4 mètres do côté et environ 50 centimètres d'épaisseur. Le fils de ce Rieth sert dans l'armée allemande. Il occupait un certain grade au début de l'occupation de la capitale belge, ajouterons-nous aux quelques ligues que consacre notre confrère au sieur Rieth. Après avoir tenu riiez nous le haut du pavé, y avoir amassé une fortune considérable et acquis envers les Belges une indéniable dette de reconnaissance, le Rieth. en question trouva le moyen de s'exprimer sur le compte de ses hôtes en termes... mettons malheureux ! Un fait qui donnera une idée de l'individu: lorsqu'il fut expulsé d'Anvers, — après avoir protesté avec une grossièreté sans pareille contre l'ordre des autorités belges qui devaient, par raison d'utilité, militaire, faire sauter sa villa de Vieux-Dieu (avait-il peur qu'on y découvrit, dès ce moment, la preuve de sa culpabilité?), Rieth quitta — nvers en voiture. Il s'arrêta à Esschen, y changea de véhiculé. Il „ était pâle et tremblant, la mine toute décomposée, nous raconte la personne qui fut chargée de le surveiller durant son passage au village frontière. Mais lorsqu'il eût franchi le territoire hollandais et qu'il fut absolument certain qu'il ne courrait plus aucun risque, il se retourna et brandit le poing dans la direction de la terre bel're! Relie menace, en vérité. Un petit con- consorts, il ne remette jamais plus les pieds à Anvers lorsque l'envahisseur en aura été ches-sé. Les ,,sinjoren" savent quelle fut sa conduite et leur mémoire est longue. * * * La police a fait une raflo de jeunes et jolies personnes qui se croyaient autorisées à stationner sur les trottoirs après huit heures du soir. * * * On ferait mieux, nous dit un Anversois qui a réussi à quitter la ville malgré l'active surveillance dont les postes allemands font montre, on ferait mieux d'afficher ce qu'il est permis da fairo que ce que les Allemands interdisent. On n'en sort plus de ces proclamations, avis, défenses! Voici qu'à présent il est défendu de transporter des vivres sans une carte d'identité délivrée par le commissaire de police de la section qu'on habite. Et comme on comprend bien à présent la haine des Alsaciens-Lorrains pour leurs oppresseurs! Il faut être un fantoche ou un individu sans foi ni loi pour ne pas cruellement souffrir de cette façon de police qui veille constamment sur vos moindres actes, qui écoute vos moindres paroles. L'air, franchement, est devenu irrespirable. Et j'ai préféré tout abandonner, fit-il en terminant. * * * ,,L'Handelsblad" qui s'est accommodé si facilement de la censure des ennemis de son pays reparaît sous son titre complet: Het ,,Handelsblad van Antwerpen", mais le ,,van Antwerpen", logé dans un coin de la manchette, est si petit qu'il faut regarder à deux fois avant de le découvrir. * * * La fille de M. A. Van den Bergh, le dévoué . consiH des Pays-Bas à Anvers," a épousé samedi dernier M. C. Van Griethuysen. * * * Les exercices de tir se multiplient, on jour c'est le secteur nord qui est infranchissable, l'autre jour les forts de l'Escaut font grand tapage. Un avis de l'autorité, annonce pour domain 12 décembre des exercices au fort St. Philippe.. * * * Le service du tram vicinal Brasschaet-Anvers est complètement suspendu. Nous convenons volontiers que la ,',Vlaam-sche Gazet" qui reparait à Anvers a su "virer parti de la tolérance de l'autorité allemande avec beaucoup d'à propos. Le tact et l'esprit de patriotisme de ses rédacteurs ont su éviter le piège où les Allemands ont fait tomber la grande majorité de leurs confrères qui, consciemment ou non, font le jeu de l'ennemi. C'est ainsi, pour n'en citer qu'un exemple, que le ,,Handelsblad" — dont nous méprisons ce qu'on appellera désormais dans le peuple la ,,Dutsche coieire'* ! — dans son no. du 3 décembre, publie un résumé des nouvelles accusations contre la Belgique contenues dans la ,,Norddeutsche Algemeine Zeitung" et que nos lecteurs connaissent. Or, comment un jour-I liai belge peut-il faire part à ses lecteurs d'un | pareil morceau si ce n'est pour le réfuter? On peut trouver insuffisante la timide réserve I dont la rédaction du ,,Handelsblad" fait suivre cêt^e publication bien faite pour jeter le trouble et le découragement dans l'esprit , de la malheureuse poulation anversoise, privée de direction et de saution. Nous tenons à la disposition de notre confrère la note que nous à adressée la légation de Belgique à La Haye, en réponse aux imputations de ,,1'Allgemeine".... A L< £ ê e. Lors du bombardement de Liège par les Ail t. mands, dans les premiers 'jours du mois d'août, un obus tomba rue Luloy, sur une chapellerie joignant le local de la ,,Légia". Dans ce local se trouvent tous les trophées remportés par cette célèbre société chorale liégoise. Par une bizarre coïnoidence un grand vase chancela et vint se briser sur le sol. C'était un vase offert par l'empereur allemand, en 1883, à un concours de chant et gagné par la „Lé-gia".Le fait est d'autant plus curieux que dans cette salle se trouve une grande quantité d'objets semblables et surtout moins stables. A Andenne. Les Allemands, lorsqu'ils pénétrèrent dans notre ville, connaissaient les moindres sentiers mieux que nous-mêmes, nous écrit un habitant de Seilles. Ils connaissaient aussi bien les noms des r.otables de la ville que ceux des fermiers des environs. L'un de ceux-ci — pour préciser : à Eingens, près de Namèche — a reçu la visite d'un do ses anciens bergers, appartenant aujourd'hui à l'armée alle/mande et chargé, grâce à sa connaissance approfondie du pays,' d'indiquer les endroits où des canons pourraient être braqués. Autre exemple de préméditation et d'espionnage. Un Allemand avait travaillé pendant trois mois à la nouvelle usine des Vein-nes à Seilles. Il tombe malade (il faut, aux termes du règlement être employé depuis , trois mois, au moins, pour jouir d'une partie de sou traitement en cas de maladie), il tombe donc malade trois mois après sou entrée en fonctions et, pour hâter sa convalescence, se promène beaucoup. L'air de la Meuse est précisément salubre et réconfortant. Que fait-il pour se distraire? Il dessine. Il a appris dans le temps à dessiner, dit-il à qui veut l'entendre, et cela l'amusera de reprendre ses crayons. Ce qu'il fit ! Mais c'est aujourd'hui seulement qu'on se souvient, dans la localité, qu'il prenait des croquis du pont qu'il allait devoir franchir bientôt, avec ses frères d'armes, dès les premiers jours d'août. Et l'on s'est rappelé également qu'il s'était enquis à plusieurs reprises des nom* et de la situation de A Seilles, Le passage des Allemands, malheureuse ment, n'a pas été sans fusillades ni destruc tions. Grâce à l'obligeance d'un patriote, qu< nous ne pouvons citer et qui a enquêté sui place, — après avoir été lui-même prison nier de l'envahisseur, — nous sommes ei n.esure de publier la liste des Seillais, vie times du sac d'Andenne et de ses environs Ce sont : MM. Alfred Piette, Lemoke (per< et fils) Charles, Désiré et Auguste Genicot Paul Camus et fils, Edmond Matelot, Al bert Blampain, Léon Lecomte, Victor e Camille Jamart, Maurice Robert, Léor Launay, Paul Rubaux, Hubert Jacquemin Arthur et Jules Duchâteau, François Ram j beau, Walter Preudhomme, Armand el Clément Gendebion, Joseph Willems, Ed moud Tiriet, Désiré Guillote et Mesdames Geminne Melon et Pasgreif Tourneur. Li jeune Merlin, âgé de 16 ans, est porté com . me disparu. Deux habitants figurent encore parmi les morts, mais leurs noms sonl illisibles. A Dînant De toutes les villes ravagées, Dinant a 1« plus souffert. Le ,,XXe Siècle", à côté des fait actés par la Commission d'Enquête et cjui for ment bien le plus terrible réquisitoire qui puiss' être dressé contre une nation, preuves à l'appui, lè ,,XXe Siècle" reproduit ces quelque lignes au sujet de quelques notables de la ville Lorsque commença le bombardement, l'avoca dinantais bien connu, M. Eugène Poncelet j dont la mère était tombée morte d'émotion était parti pour mettre en sécurité sa femme gravement malade, laissant chez lui deux de se jeunes enfants, des jumeaux, sous la gard< I •d'une bonne. Lorsqu'il revint chez l\ii, les deux pauvre petits, pour lesquels la servante n'avait pi trouver aucun aliment, étaient morts de faim De plus, le frère de M. Poncelet, M. \ icto: Poncelet, avait été fusillé par les Prussien-dans le vestibule de sa maison. ! Ajoutons que les Allemands avaient pris el garûent encore comme otages MJVI. Tscnoffen procureur du Roi ; Emile Laurent, juge d'in struction ; Herbecq, juge; Georges Cousot fils et Frédéric Cousot. Au Pays WaSlomi, • J'ai rencontré, écrit un de nos correspon dants, près d'Andenne des femmes d< • Revin qui revenaient de Narnur portant ! sur le des des hottes bourrées de pain. Le< malheureuses avaient dû parcourir quatre j vingts kilomètres à pied pour se procure] i ce pain, introuvable dans la région de Re-j vin ! Elles m'ont raconté que les population* de Haibe et de Vinalccurt avaient été trèi malmenées par les troupes allemandes. I> bilan du passage des envahisseurs dans cett* région s'établit par : destruction des habi ta tions, civils emmenés en Allemagne. Or; ces mesures concernent des population; françaises et non belges. Ceci en réponse i la ,,Kolnische Zeitur.g" qui affirme qui les Allemands ne se. sont jamais attaqué: aux paysans, de France. Une enquête dan: les Ariennes et le département de la Meus* confondrait les rédacteurs du journal di Cologne. Au surplus, les journaux de Parii sont remplis de faits atroces qui ont eu pou: théâtre ces deux départements. * * • Le jour de la fête du Roi, dans tout 1< pays wallon, les troupes allemandes furenl . consignées et prêtes à intervenir en cas d< j manifestation patriotique de la part -ûe< populations restées fidèles à leur Roi. ! — Les militaires de la légion de Beaurainj sont informés que la vie y est calme e que cette contrée n'a pas souffert du passage des troupes allemandes. * * * — Des habitants de Spontin sont réfu giés à Ciney, par suite de la destruction d< leur habitation. I ! Dans un village condruzien, les Allemand: ont réuni les facteurs des postes et les on conduits à Andenne escortés de troupes i cheval. Ensuite, ils ont été relâchés, j * * * * ' Un de nos correspondants nous écrit: J< reviens de Givet, occupé par les troupe: allemandes. La ville a dû payer un impô de guerre assez modeste. Un civil, nomun Dahom t, a été tué. Il n'y a aucun dégâ matériel à Gineteaux, Beauraing, Winenne etc.... Au Limbourg. Proclamations de l'autorité temporair< allemande: ,,Les bourgmestres de la région sont re quis d'informer les autorités des quantité: de bestiaux, d'avoine, de paille, de pomme de terre, de vin, de rhum, de cognac et d< sucre se trouvant dans leurs commune respectives. ,,Tous blés et fourrages seront confis qués." i ' ,,Quinconque colportera des bruits defa ' voràb.les sera sévèrement puni." I ^ • • • ,,Sera également everement puni qui conque tentera d'obéir à l'ordre du Havr< qui appelle sous les drapeaux les homme de 18 à 32 ans et qui leur conseille de quit fov la "R-al tnniiû rvatcanf nar les nfl.V La vieille coquette. Sous la couche de fard dont elle maquille ses traits fânée, l'Autriche-Hongrie tourne aujourd'hui son plus graeieux sourire vers la jeune Roumanie. Démarche chancelante et chef branlant, elle s'avance au bras du comte Etienne Tisza lui-même, inspirateur de l'ultimatum à la Serbie. Quiconque a suivi la politique à coups de sabre du président du conseil hongrois, s'étonnera de le voir en conversation galante avec les peuples roumains. Au moins n'est-ce là qu'une tentative... La nouvelle attitude du politicien de Budapest a de q*uoi surprendre, e* effet. Elle ne peut être, en tous cas, sincère. Car qui donc combattit avec plus d'acharnement la langue roumaine en Autriche-Hongrie? Qui interdit le port des couleurs nationales des Transylvaniens et des Buko-viens ? Fut-il jamais adversaire plus inflexible de leur représentation équitable au Parlement ? Mais le voici tout à coup amadoué. Le poing de fer devient main de velours. Belle évolution- au pied des oliviers symboliques et qui serait touchante, en vérité, si les Roumains ne jaugeaient l'homme à sa juste valeur, eux dont les plaies saignent depuis bientôt cinqante ans. Ce n'est pas avec des phrases, fussent-elles fleuries de l'amitié la plus prometteuse qu'on panse une blessure ouverte. Trop de sourires, Tisza ! Envoyés ! par dessus l'épaule des opprimés de la Transylvanie et de la Bukovine, ils se îige-ront devant le masque pensif de notre sentinelle latine ern Orient. Bucharest «st fermée au débordement des sentiments douteux. Et sa réponse ne s'est pas fait attendre ! Tantôt un des * plus puissants cercles acclame les alliés au lendemain d'une victoire, tantôt une société savante invite à sa tribune le Belge Georges Lorand. Il y a . mieux! Les professeurs de l'Université de la capitale remettent à leur roi un mémoire où les plus fiers accents se mêlent à l'élan patriotique. ,^Nous sommes persuadés, y est-il dit en substance, que le 6ort 1 de notre race dépend uniquement de la • force de sacrifice dont nous sommes capables. Lorsque tous les peuples : sacrifient leurs forces vives et le | meilleur de la nation à défendre leurs droits et leurs aspirations nationales, la Roumanie serait coupable de laisser échapper l'occasion unique de réaliser un idéal dont le moment a toujours été attendu. La race roumaine d'outre-monts? Mais elle succombera au conflit qui force ses enfants à combattre au premier rang pour un pays qui n'est point le leur. Le principe des nationalités ne peut que bénéficier de notre action puissante et des sacrifices que la , Roumanie saura 6'imposer." I Cette réponse a la force d'un soufflet. L3 ! vieille coquette et son mentor ne sont pas au bout de leurs peines! | Aussi bien,-l'heure est-elle venue de reconstituer le bloc balkanique contre l'en-1 îlemi héréditaire: le Turc. Le Wolff-bureau ne trouve plus que peu de crédit en terre roumaine. Le Bulgare pleure une Macé-I doine perdue par l'appétit imprudent de ses diplomates, où ses frères vivent sous une tutelle étrangère. La Grècef n'a jamais eu autant le désir d'exproprier entièrement sa voisine que depuis l'occupation de Salo-nique. Et l'on sait le Twc perdu! Pour-j quoi le bloc balkanique se désintéresserait-il J du conflit allumé par les prétentions immodérées autrichiennes? Renoncerait-il tacitement au partage d'une Turquie dont le sort est, dès à présent, jeté? Faudra-t-il laisser J le géant russe résoudre son seul profit la question ardue d'Orient? La Croix de Ste Sophie liante son esprit; Constantimople, pour lui, est déjà Tsargrad. Or, l'entente est possible, actuellement. Sans doute, l'Italie, puissance méditerranéenne, ne se désintéressera-t-elle pas d'un partage qui modifierait sensiblement l'équilibre dans la grande bleue. Mais la compensation serait certainement appréciable de Trieste, du Trentin, voire du royaume albanais. Toute élaboration de traité de paix voit naître fatalement pleurs et grincements de dents. Il n'en est pas moins vrai que, cette ; fois, les pays favorisés devront avoir par-| ticipé efficacement à la solution de cette guerre sanglante pour en tirer compensations et bénéfioes. La formation du bloc balkanique, d'accord avec une Italie consentante et passive, — pour autant que la volonté de ses gouvernants s'oppose à une action directe — mettrait fin aux hostilités. Peut-être l'Autriche prévoit-elle une coalition qui aurait facilement raison de son astuce et de ses ambitions, qu'elle prétend aujourd'hui se réserver. An gage la Serbie, à l'instar de la mainmise allemande sur la Belgique? Car l'intervention de3 Jeunes-Turc3 dans la bagarre n'a été provoquée, de toute évidence, que pour détourner de Berlin et de Vienne, au jour du jugement, la juste colère des vainqueurs.- La Turquie paierait les frais de la guerre... La vieille coquette, avec le flair que donne l'âge, essaie donc de retarder une catastrophe inévitable, en multipliant les politesses au Roumain méprisé R. C. ,imagj qi >- qrni —

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This item is a publication of the title L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam belonging to the category Oorlogspers, published in Amsterdam from 1914 to 1918.

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