L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam

331 0
14 January 1915
close

Why do you want to report this item?

Remarks

Send
s.n. 1915, 14 January. L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam. Seen on 31 May 2020, on https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/en/pid/pz51g0k33j/
Show text

Over deze tekst

Onderstaande tekst is geautomatiseerd gemaakt met OCR (Optical Character Recognition). Deze techniek levert geen 100% correct resultaat op. Dit komt mede doordat oude drukken moeilijker te lezen zijn met software dan moderne. Dat betekent dat er onjuiste tekens in de tekst kunnen voorkomen. Er wordt gewerkt aan verbetering van de OCR software. 

Année IV°. 83. S cents (ÎO Centimes) «leucSi 14 janvier 1915 L'ECHO BELGE L'Union fait la Force. Journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam. Belge est notre nom de Famille. Toutes les lettres doivent être adressées au bureau de rédaction : N.Z. VOORBURGWAL 234-240. Téléphone: 2797. Rédacteur en Chef : Gustave Jaspaers. ( Charles Bernard, Charles Hcrbiei, Comité de Rédaction : s Gustave Peellaert, René Chamhry, ( Emile Painparé. Pour les annonces, abonnements et vente au numéro, s'adresser à l'Administration du Journal: N.Z. VOORBURGWAL 234-240. Téléphone: 177 G. Abonnement / En HoSlande fl. ! .50 pan mois, payable par anticipation { Etranger fl. 2.00 ,, „ La voix du sang. A M. Charles JBernard En ïaîsant l'éloge du glaive latin, protecteur du droit et de la liberté, vous rendez un juste et modeste hommage aux César, aux Condé, aux Bonaparte, aux Victor Emmanuel, aux Joffre, à ceux qui entreront dans la carrière.... En faisant l'éloge d*} la voix du sang, que rien ne saurait suffoquer, vous allez trop loin. Il est vrai que ni les traités politiques, ni les intérêts économiques ne peuvent lui imposer le silence, mais ne croyez pas que les nations justes et généreuses, voyant qu'un peuple parenté souille l'honneur et la dignité de la famille commune, se résignent. Ne croyez pas qu'elles se contenteront de dire: ,,Hélas! il a péclié, mon cher cousin, mais puisque nous sommes de lia même famille il faut bien lui pardonner."La Scandinavie, la Hollande, la Suisse iae pardonneront jamais à l'insultbur de leur raoe. Pendant des siècles et des siècles ces nations ont laborieusement travaillé pour établir une culture qui, mariée à la culture des Latins, était devenue leur honneur et leur gloire. D'un seul coup l'Allemagne, s'étant brutalement proclamée grand-maître de cette culture, par un coup de force sans pareil ni précédent brise le temple dé ja civilisation germanique, érigé par nous et nos amis du Nord» Dans le passé la Hollande, le Danemark, la Suède ont combattu, tout seuls, les nations les plus puissantes et ils l'ont fait suivant les règles de l'honneur guerrier. Cet honneur du passé, dont nous nous enor-geuillissons encore aujourd'hui, a été compromis par l'usurpateur de la culture germanique.Vous croyez que jamais nous lui pardonnerons ? Toute notre réputation nationale est en jeu. La voix du sang même se révolte, se relève contre ce membre de notre famille qui nous a injurié plus mortelleiAent qu'il ne l'a fait à la Belgique et à la France. Nous n'avons pas l'imagination ardente des peuples latins, mais nous avons le sentiment très net de ce qui est juste. Notre froideur est l'expression d'une fierté hautaine : l'Allemagne nous trouvera glacés. Cette froideur n'aime pas Je bluff d'outre-Rhin, elle d'à toujours détesté. S'il y a quelques rares compatriotes qui disent : Oui, •mais VAllemagne c'est toujours VAllemagne, ce sont des Hollandais que l'écrasante majorité du peuple mésestime autant que vous mésestimez certains ,,Belges". Nous n'ignorons pas qu'en Belgique et en France on persiste à nous identifier avec les Allemands. Nous n'ignorons pas que nous passons aux yeux des Latins comme des demi-Allemands. Nous savons que nous devons partager la responsabilité des envahisseurs de votre sol natal parce que quelques gouttes de leur sang coulent dans nos veines. J'avoue que je tiens à la bonne opinion •des Français et que je ne veux pas qu'on dise là-bas : Leur déshonneur est le vôtre. Si l'Italie, si l'a Roumanie attendent avec impatience l'heure où leurs augustes souverains feront appel au patriotisme de leurs sujets, c'est que leurs âmes latines abondent de fierté, c'est que leurs coeurs tremblent d'émotion sacrée, maitenant que J'épée française s'est de nouveau mise au service du Droit. C'est la voix du sang qui parle.... Si notre sympathie est moins ardente, elle n'en est pas moins profonde. Vous qui I connaissez les sentiments qui dominent dans notre pays, croyez-vous' qu'ils sont nombreux, les Hollandais qui sont assez lâches pour dire: Oui, mais l'Allemagne c'est toujours VAllemagne, Est-ce que nous aurions le culte de la force stupide et barbare ? .s Non! nous rendons hommage à la furia francese, déchaînée et irrésistible, invincible et oependant humaine. Nous sommes • beureux de savoir que le glorieux drapeau ' de ces grands et véritables représentants j de notre raee que sons les Anglais flotte a coté des étendards belge et français et que lepr noble sang abreuve les tranchées ' ie ceux qui luttent pour là Liberté. Nous n'exprimons pas trop bruyamment ios sympathies, vous croyez ? Evidemment oas ! Nous autres peuples du Nord, apparentés à ceux dont le crime immense nous fait rougir, nous gardons le silence. Nous nous taisOne parce que nous aurions i>rop » dire, à» H, Boas, En lisant la „Revue des Deux Mondes"... Lisez-vous la ,,Revue des Deux Mondes"? Si c'est non, vous avez tort, car c'est bien la publication la -plus riche et la plus instructive qui e&iste en langue française. Et puis on y découvre constamment des choses si intéressantes/...Un excellent ami de ,,l'Echo Belge" a bien voulu nous signaler un* numéro de la fameuse revue de Bùloz, un numéro de Vannée 1872, et, dans ce numéro, un article de M. Charles Giraud, membre de l'Institut, consacré à l'histoire de la famille des tlohcn-zollern. Je n'ai pas besoin de présenter à nos lecteurs le très distingué historien que fut Charles Giraud; ce fut un homme sérieux et grave, et qui n'écrivait que lorsqu'il avait quelque chose à dire; ce qui est déjà une manière d'originalité. Charles Giraud, d-onc, a décrit avec une simplicité et une hauteur de vues qui révèlent Vhistorien-né, ce qye fut cette famille des Hohenzollern. Et son récit est édifiant. Les premiers Hohenzollern furent ce que nous appelons aujourd'hui des ,,arrivistes". Leur histoire, qui est très longue, est très monotone aussi: elle ne constitue qu'une longue suite de violences et d'attentats, et ce fut toujours par la force brutale comme par la trahison et la fourberie que les petits comtes d-c ZoUern, simpl.es et obscurs dy-nastes au Xle siècle, s'élevèrent lentement vers les destins glorieux où nous les verrons plus tard! Cela — c'est de l'histoire, et non d-es histoires. Et l'histoire, comme vous allez le voir, est, un éternel recommencement. a * • De l'an 1000 à 1700, les Hohenzollern ne firent que s'agrandir — par le fer, par le feu, par le mensonge et par le mépris des traités et des serments. A cette époque, les ,,chiffons d'C papier" étaient dxs chiffons de parchemins ; mais c'était tout comme! Et le vieux Magnum des Burgraves disait vrai lorsqu'il définissait la valeur des serments d-es princes teutons par ces vers vengeurs : Mais aujourd'hui, la foi, l'honneur et les paroles Ont pris le irain nouveau des modes espa- gnoles,- Velours, soie..» Un serment, avec ou sans témoins Dure autoMt qu'un pourpoint, — parfois plus, souvent moins, S'use vite, et n'est plus qu'un haillon incommode...Four le détail, je vous renvoie à l'article de Charles Giraud Dans cet article — nous relevons encore ceci, qui est amusant. En 1700, le Grand-Electeur de Brandebourg — un Hohenzollern fieffé — voulut devenir roi. Comme ses sujets se prêtaient sans joie à cette promotion qui devait égayer toute l'Europet il s'adressa à Vempereur d'Autriche qui guerroyait-alors contre Louis XIV. L'empereur lui fit signer un pacte par lequel le Hohenzollern s'engageait à soutenir avec son armée de 10.000 hommes de guerre les intérêts militaires de la. maison d'Autriche — moyennant quoi Vempereur le reconnaissait comme roi sous le nom de Frédéric I. Et le Grand-Electeur devint roi. M a/, s roi de quoi? Roi de qui? ,,La création de cette royauté, écrit M. Charles Giraud, n'a pas échappé aux sarcasmes du grand Frédéric lui-même, autant par le caractère peu digne que montra son aïeul en cette affaire, que par la singularité de l'embarras où l'on se vit pour lui, donner une qualification territoriale. Il fut , sérieusement question d'appeler le nouveau souverain du nom de Roi des Vandales. La prétention du dite de Mecklenburg à ce titre fut une des considérations qui décidèrent à y renoncer". Et l'historien français ajoute : ,,0n s'arrêta alors an titre de ,,roi en F russe." Donc, ce n'est que par l'effet d'une hasardeuse protestation d'un d/u,c d* M ecklenburg — que Guillaume 11, descendant direct de, Frédéric 1 doit d-e n'être pas ,,roi des Vandales"m On conviendra que c'est amusant!René Herbert. I— % I mmi Payement de l'indemnité due aux parents des miliciens belges. Mr. le Consul Général de Belgique à Amsterdam fait savoir aux parents des miliciens belges, actuellement en service, qui mt droit à l'indemnité prévue par les lois les 30-8-1913 et 4 août 1914 et qui résident ictuellement à Amsterdam, qu'ils sont priés le se présenter à la Bourse d'Amsterdam [entrée Oudebrugsteeg) les lundi 18 et, mardi 19 janvier 1915 de 10 à 12 heures ît de 2 à 5 heures. Les intéressés doivent être munis, de. toutes les pièces justificatives, ainsi que l'un certificat d'inscription au bureau de la population, avec mention de la date de leur arrivée. L'inscription des intéressées résidant dans [es autres communes des arrondissements: Amterdam, Haarlem et TJtrecht, se fera ultérieurement, le lieu et la date de ['inscription seront annoncés nar la ypie des En Belgique. Monteur Belge. Los contributions. Le gouvernement belge continue à faire paraître le Moniteur Belge au Havre. Mais en Belgique, M. von Bissing a jugé bon de remplacer notre journal officiel, ainsi|qu'il appert de l'ordonnance suivante: ,}Tous les avis officiels qui, d'après la loi belge devaient paraître au Moniteur belge ou dans ses suppléments doivent être insérés, à partir de ce jour, dans le „Gesetz und Ver-ordnungsblatt" (Journal de la loi et des ordonnances pour le territoire occupé , de Belgique). Bruxelles, 23 décembre 1914, Voici les corrolaires qui confirment la disposition illégale prise par. le gouvernement temporaire allemand: • Art. I. Les contributions directes et indirectes,-en principals et en centimes additionnels, ou profit de *'Etat, qui existaient au 31 décembre 1914, seront perçues durant l'année 1915, d'après les lois et 1-es barèmes qui réglaient leurs perceptions auparavant. Art. II: Cette loi entrera, en vigueur à partir du 1er janvier 1915. „Le Tijd" fait suivre cette proclamation des commentaires suivants la question de savoir où les Belges chercheront l'argent liquide nécesaire à payer ces contributions va soulever un problème particulièrement; ardu à solutionner! D'autant qu'il est interdit aux Belges de se consulter et de se réunir dans -le but de délibérer, les réunions publiques ayant été réglementées, à Gand notamment, par une ordonnance allemande du 5 Janvier: „I1 est interdit de tenir des réunions publiques de quelque nature qu'elles soient, aussi bien en local privé que dans des endroits publics, sans en avoir au préalable, obtenu l'autorisation. En cas de contravention, ceux qui ont provoqué cette réunion, ainsi que les participants, seront tous frappés d'une amende de mille mark ou d'une peine de prison. Mais ceux qui connaissent les Belges, sauront que toutes ces ordonnances ne modifieront pas leur façon de penser. Ils subiront le joug momentané et se soumettront en murmurant, parce qu'il leur faut reculer devant le canon des fusils tenus en joue,, — mais leurs sentiments seront fortifiés par ces rudes épreuves. Et ils se sentent d'ailleurs d'autant plus belges que le territoire belge s'est rapetisse!. A Bruxelles. Ainsi qn'on sait, la contribution de guerre de 480 millions frappera les neuf provinces belges. Ci-dessous, quelques détails rétrospectifs qui ne manquent pas d'intérêt. Comme nous l'avons dit, nos ennemis n'ont accepté aucune discussion sur l'opportunité d'épuiser un pays ravagé. Ils ont simplement consenti à porter de 420 à 480 millions ce ruineux impôt, en stipulant qu'ils paieraient dorénavaut en argent les réquisitions à faire. Mais on sait aussi que depuis lors ils n'ont plus rien réquisitionné, parce que le pays est veuf de marchandises et de vivres. Toutefois, ainsi que nous le fait savoir notre correspondant bruxellois, il fallut envisager trois différents modes de paiement avant de s'arrêter à un moyen définitif: pour le premier, c'étaient les Allemands eux-mêmes qui frappaientles contribuables belges à leur guise, ainsi que bon leur semblait. Ils allaient donc pouvoir appliquer les moyens de coercition de leur choix. Mode de paiement dangereux, qu'ils ont eux-mêmes laissé tomber, — fait sans précédent de leur part! Puis, ils émirent la prétention- d'émettre eux-mêmes du papier monnaie jusqu' à concurrence de 480 millions. C'était le règne des assignats. Chose plus curieuse, ils ne poussèrent pas plus avant dans cette' voie, afin, paraît-il-de ne pas voir s'élever les véhémentes protestations en Amérique et dans d'autres pays neutres, ce qui eût aggravé leur cas, déjà mauvais, devant la con-cience publique. Et l'on n'ignore pas qu'ils tiennent beaucoup à la considération des neutres! On en vint alors à envisager le mode de paiement qui est aujourd'hui voté par les conseils provinciaux. Si, bien entendu, les Allemands ne devaient plus occuper qu'une seule province, les huit autres continueraient d'être solidaires de la neuvième. Nous avons également écrit que les taxes dont les villes belges avaient été frappées jusqu'à ce jour tomberont le jour de l'échéance du premier versement. Mais toutes les sommes versées iusqu'ici restent cependant aux mains des Allemands ! Nous avons vu enfin que, depuis le vote de cette imposition inique, le système des amendas était mis à la mode et faisait imint diatement sentir ses effets. Â Anvers. Les voyages en Belgique deviennent de plus en plus difficiles, les autorités allemandes entravant de tout leur pouvoir l'exode ou le trafic. Les Belges ne sont d'ailleurs pas seuls victimes de cette façon de faire : les étrangers n'y échappent pas, —; témoin la suivante mésaventure, arrivée à un banquier de nationalité suisse: Il ee rendait de Rotterdam à Bruxelles. Comme le passeport obtenu en Hollande ne lui permettait d'aller que jusqu'à Anvers, arrive dans cette dernière jolie il se rendit à la Kommandantur demander un nouveau passierschein qui lui permette d'atteindre Bruxelles. Comptant recevoir rapidement cette pièce essentielle, il avait laissé sa valise dans un cabaret voisin. Or, cette valise contenait une somme assez importante... Mais, malgré tous les papiers qu'il produisit, attèstant son honorabilité sans contestation possible à moins d'être de parti pris, les autorités allemandes voulurent- voir un espion anglais dans ce citoyen genevois. Protestations, dénégations, — rien n'y fit! Il fut fouillé, bousculé, insulté même et finalement conduit à la prison rue des Béguines, à pied, à travers la ville, entre deux soldats, le fusil chargé sur l'épaule. À la prison, on le dépouilla de tout ce que contenaient ses poches. Ensuite, il dut se déshabiller complètement et on passa à un examen plus approfondi. Pendant ce temps, d'autres soldats, à l'aide d'une lame de couteau, soulevaient les semelles de ses bottines.Ces investigations ne donnèrent aucun résultat, — bien entendu. Le Suisse n'en fut pas moins enfermé dans un cachot obscur et malodorant où, en compagnie de deux louches individus, il passa une nuit épouvantable.Le lendemain, il fut réveillé tôt matin et conduit à la Kommandantur. Trois soldats composaient son escorte. Le pauvre homme marchait péniblement, ses chaussures ouvertes, abimées A la Kommandantur, on lui annonça qu'il était libre. Mais vous vous tromperiez en vous imaginant qu'on lui fit des excuses. On lui remit simplement un papier portant que, soupçonné d'espionnage, il avait été relâché, faute de preuves. Donc, il continnait à être considéré comme espion. Comme bien en pense, il ne resta à Bruxelles, ayant quitté Anvers en toute hâte, — que le temps nécessaire à prendre quelques bagages. Il est reparti pour la Suisse, jurant de ne plus remettre les pieds en Belgique tant que les Allemands y seraient ! * * * L',,Indépendance" tient de source sûre les faits suivants qui concernent l'unsine Minerva: Quand les Allemands sont arrivés à Anvers; ils ont demandé à la Minerva si elle pourrait faire leurs réparations. On a d'abord dit non ; ils ont alors signifié qu'ils réquisitionnaient l'usine et qu'ils s'y installeraient avec des ouvriers à eux. En présence de cette situation et pour ne pas laisser abîmer tout le matériel et, en même temps^ pour pouvoir donner do l'ouvrage aux ouvriers belges, la Minerva a aocepté de faire les réparations pour le compte des Allemands. Il avait été stipulé que les salaires seraient payés par les Allemands. A l'échéance de la première quinzaine, ils ont dit qu'ils n'avaient pas d'argent pour payer et ont demandé à la Minerva d'avancer les salaires. Celle-ci a refusé net disant qu'elle n'avait pas d'argent en caisse et engagea les ouvriers à se mettre immédiatement en grève si les Allemands ne payaient pas eux-mêmes. Le lendemain les Allemands avaient de l'argent pour payer et ce sont eux qui payent maintenant directement les salaires aux ouvriers, mais à un taux fortement réduit. Do cette manière, la Minerva occupe environ 400 ouvriers qui travaillent sous la direction de l'usine. * * * Dès que la situation sera réglée définitivement eutre la Banque Nationale et la Société Générale (ceci est une question de jours), toutes les banques qui, pour le moment, ne sont ouiertes à Anvers que pour le service des coffres-forts recommenceront à. travailler dans une certaine mesure. Depuis une huitaine, toutes les banques ont reçu ordre des Allemands de ne plus laisser pénétrer dans leur coffre-fort que, seuls, ceux qui peuvent prouver leur qualité de Belge ou d'Allemand. *Le locataire seul du coffre-fort a accès à celui-ci, et même une procuration par devant notaire ne vaut pas. D'après ce qu'on m'a dit, cette mesure est prise d'abord pour empêcher les ennemis de l'Allemagne de prendre possession de leur avoir, ensuite pour obliger les Belges qui sont à l'étranger de revenir, s'ils ont besoin de toucher au contenu de leur cof-fre-fort, et, une fois ici, il n'y a plus moyen do par tir v A Liège. La navigation a étc interrompue pendant 8 jours sur le canal de Liège à Maestricht. On croira que cette mesure fut prise, sans doute, par suite d'accident car il faut, en vérité, un motif très sérieux pour empêcher que toute une contrée soit ravitaillée. Il n'en est rien ! Les Allemands avaient simplement trouvé trois jeunes gens cachés dans les soutes à charbon d'un bateau! De là, suspension de tout trafic. Il est vrai qu'aux #étrangers, les von der Goltz et autres essaient de faire croire que ,,la situation est normale en Belgique". La navigation n'a pu reprendre qu'à partir du samedi 9 janvier! * * * Des nouvelles plus précises nous parviennent au sujet de la condamnation prononcée par les juges allemands contre deux officiers belges en' non activité. Ceux-ci étaient convaincus d'avoir favorisé le départ de Liège à des jeunes gens qui voulaient répondre à l'appel du Roi et rejoindre l'armée belge. Les officiers auraient, aux dires de nos ennemis, pris également des croquis des nouvelles positions défensives allemandes autour de la ville. Les deux accuses, dont nous avons parlé en quelques mots dans notre numéro du 11 janvier, sont le général Gustave Fivé et le lieutenant Gilles. Leur belle franchise, la crânerie de leurs réponses, comme nous le disions, leur ont sauvé la vie. »—i Vous êtes convaincu d'avoir ai de dans leur fuite, vers le territoire hollandais, trente-cinq jeunes gens de Liège qui allaient prendre du service dans l'armée belge. Qu'avea-vous à répondre? demanda l'auditeur militaire à M. Fivé. Le vieux général se leva et d'une voix nette et franche répondit ces mots avec une simplicité qui stupéfia les Allemands : — Vous faîtes erreur sur le chiffre, Monsieur. C'est 350 jeunes gens que j'ai aidé à fuir. Je sais ce qiii m'attend. Je'réclame d'ailleurs la peine de mort, ne voulant pas être déporté dans votre pays. Mais les juges en ont décidé autrement. Et le brave général fut condamné à la détention perpétuelle et non à 15 ans de forteresse comme le bruit en avait couru tout d'abord. Les .deux officiers seront donc enfermés à Glatz, ou se trouve déjà le bourgmestre Max. Glatz, prison du capitaine français Lux, décidément la citadelle des braves. Que les amis de nos deux concitoyens compatriotes se rassurent. Cette condamnation sera levée au jour de la signature de la paix, lorsque les alliés feront valoir leurs volontés. Il n'empêche! L'attitude des deux ex-officiers de l'armée belge a ému tout le monde et a communiqué un magnifique élan de patriotisme à tous les Belges. Braves gens, va! * * * Les condamnations continuent à pleuvoir dru! Après le général retraité Gustave Fivé et M. Gilles, voici trois autres peines appliquées, — nous ignorons pourquoi — à Ferdinand l'Homme, de Liège, (5 ans de prison.) Alfred Transquet, de Liège, (5 ans de prison). Guillaume Yerna De Witte, de Liège, (4 ans de prison). Ferdinand Wilde, ouvrier, à Liège, (3 ans de prison). A Ancienne. Le pont jeté par les Allemands a été emporté, dè& les premiers jours de cime, ainsi que nous l'avions prévu, ici-même. Tous les autres ponts sont d'ailleurs condamnés à la destruction. n « * Les distributions de pain à Ancienne, Seilles et environs, n'ont pas augmenté. Les rations ne dépassent pas 350 grammes. Et le travail est nul, par la volonté froide de l'envahisseur, les soldats ennemis ayant enlevé tout le matériel de l'usine Dumont et les carrières ne pouvant être exploitées parce que l'usage de la dynamite est interdit.A Lixhe. On mande de Maestricht que la crue de la Meuse a détruit le pont que les Allemands avaient jeté sur le fleuve, à Lixhe. » i— i 9 tm Lattre ouverte à Monsieur Ulrich Rsuschsr, correspondant rie la „Frankîui1er Zeitung". Si l'on «devait, Monsieur, se borner au point de vue professionnel, si^ en outre, l'on parvenait à faire fi de ces préjugés antédiluviens (il'est-oe pas?) qui ont nom loyauté, honneur, droiture, on n'éprouverait pour les journalistes allemands, vos oonfrères, qu'une admiration extrême. Qu'il doit être malaisé de soutenir l'enthousiasme quotidien d'un peuple qui, malgré tout, s'aperçoit qu'on l'a mené dans un cul-de-sac, d'étouffer l'angoisse qui dresse son cou décharné et sa figure contractée par dessus les masses, do crier à la victoire quand rien ne l'annonce ni ne la confirme. Et cependant, c'est le tour dp force que tous, en Allemagne, vous réalisez avec une virtuosité digne d'un meilleur sujet, avec un ensemble qui fait honneur à la. discipline, ce sont des jongleries que vous réussissez fort bien, depuis tantôt quatre- mois que le sort des armes, sans vous être décisivement défavorable, permet à tout homme renseigné le moins du monde, de se rendre compte que la guerre ne vous apportera plus que des déconvenues successives, jusqu'à la débâcle finale. Si vous vous borniez à ces efforts de police intérieure, personne n'aurait le droit de vous faire le moindre reproche. On admettrait même qu'au service de votre patrie, vous falsifiiez l'histoire. Quelle importance cela peut-il avoir au regard des peuples avertis? Et si cela fait 1» bonheur de vos compatriotes, qu'ils soient heureux! Mais, je vous le demande, Monsieur, d'où vient votre détestable manie do calomnier les Belges? Pourquoi poursuivre d'une haine baveuse des malheureux qui ont eu leur compte de souffrances imméritées. C'est si vilain, la calomnie, si vous saviez, si vous pouviez vous rendre compte ! Ainsi vous! Votre journal vous a dit: ,,Allez donc voir en Hollande ee qui s'y passe de favorable pour nous. Rendez-nous compte." P]t vous êtes parti. Vous êtes venu à 1a. Haye. Votre premier soin a été d'étudier de près l'organisation militaire des Hollandais. Manque de politesse. Est-ce que, lorsqu'on est en visite on s'inquiète des verrous qu'a mis à sa porto un hôte qui craint les voleurs? Vous avez enteudu parler le français. La Haye, ne vous en déplaise, se glorifie d'une forte culture française autant que nationale. Vous avez rencontré des Belges, beaucoup de Belges. Des Belges? Mais oui. des Belges, vous^savez bien, ceux qui ont quitté leur pays parce que des soldats, vos frères, ont tué beaucoup d'êtres inoffensifs qui se trouvaient sur leur chemin et brûlé pas mal de maisons le long de la route, de ces Belges qui préfèrent respirer l'air de l?exil plutôt que l'atmosphère pesante de leur patrie occupée, et où flotte un autre drapeau que le leur. Vous vous êtes dit tout d'abord : ,,Pourquoi restent-ils ici? Pourquoi ne pas rentrer cliez eux sous la garde de nos canons?" Je vais vous répondre. Parce que nous nous méfions, parce que ce sont vos compatriotes eux-mêmes qui nous ont si souvent confessé qu'ils venaient vivre en Belgique, y goûter ^une liberté dont .le caporalisme de leur patrie les privait. Ils disaient cela a.u temps béni de la paix. Jugez alors de nos mefiances à nous, vos ennemis et vos victimes, au temps où votre caporal est le grand manitou rqui jone au maître de nos foyers, de nos cerveaux et de nos coeurs. Puis vous vous êtes dit: ,,Ces Belges ici sont un danger pour notre cause. Par tous le** moyens il faut les rendre odieux!" En effet, Monsieur, notre séjour en Hollande nous a donné de grandes joies parmi nos peines. Nous avons appris à connaître les Hollandais et ils nous connaissent. Les ressemblances, les analogies, les affinités qui devaient nous lier et que nous ignorions se sont révélés. Le sentiment de charité à l'origine de notre détresse s'est mué en une amitié qui nous rapproche de jour en jour. Ces amitiés nous sont précieuses à l'un comme à l'autre et je vous jure que nous, continuerons à les cultiver. 13t je vous souhaite, Monsieur, que le jour où la guerre fera fuir la population de l'Allemagne envahie à son tour, celle-ci par la \seule vertu de son commerce quotidien puisse se créer des sympathies qui sont un baume pour les coeurs les plus meurtris et dont nous avons le droit d'être fiers. Et comment arriver à votre but? Par la ca-lomnie! Alors vous déclarez gravement que tous les Belges réfugiés en Hollande sont dès soldats fuyards. Demandez donc à vos amis sur l'Yser s'ils n'eussent pas désiré que cette invention fût une vérité. Vous constatez ensuite que les Belges font la noce en Hollande. Un garçon de café vous l'a déclaré; ,,Ils boivent du Champagne!" Mensonge! Tous, tant que nous sommes, nous vivons des épaves sauvées do notre capital et, quelque désir que nous en ayons, les moyens do boire du Champagne nous font défaut. D'autant plus que nous n'avons pas, nous, les colliers des environs de Reims à notre disposition.Ce mensonge ne vous suffit pas! Vous ap-puyez. Les Belges prennent en mains la grande vie „dépouillés do leur nationalité, incapables de s'élever à la grandeur de leur destin.'' Et pour le prouver, vous tracez un croquis, non sans talent, d'un five o'clock d'hôtel où, depuis dos années, se réunissent journellement des familles hollandais»?®. La compagnie y est choisie. Vous en faites un autre du vice, un cloaque, une sentine. Prétendant atteindre les Belges, que vous accusez d'avoir amené dans leurs bagages, ces tangos, ces furlanas et ces maxixes, à la façon des émigrés de l'Ancien Régime, qui promenèrent leurs folies à travers l'Europe, vous insultez aux plaisirs décents des Hollandais. La gaffe, Monsieur, la lourde gaffe! Ah! vous oubliez sans doute, dans votre fureur contre nous, que si jamais il y eut,sous la calotte céleste, propagateurs, créateurs et amateurs de vioe, ce sont ceux de votre race-Oubliea-vous vos antres luxueux de Berlin où les visiteurs participent au milieu, y respirent comme oheK eux, ont l'air de ne vivre à leur gré et selon leur nature que dans cette ignominie dorée et trop parfumée. Oubliez-vous, lorsque vous dites que les Belges jouent aux Parisiens, que ce fut, depuis toujours, votre marotte d'être „Pariser", d'être „pikant à la mode de Paris". Les bals de Paris, les tavernes, les bars, mais on n'y rencontrait quo vous. Ce que vous étiez „Pariser" I Et les pauvres filles, presque toutes allemandes ce qu'elles 6'efforçaient à la ..Pariser Pikanterie", vos seules délices! Ainsi Paris a toujours porté le fardeau de vos malpropetés. Paris a été trop accueillant et pas seulement à vos débauches. A nous aussi, l'expérience fut pénible. On ne nous y reprendra plus, allez! Et au jour béni où nous rentrerons chez nous, lorsque vous n'y serez plus, nous aérerons, nous chasserons les miasmes de vos poisons, nous bannirons à jamais le luxe dégradant et déprimant que vos compatriotes y avaient importé. Nous serons chez nous,-bien chez nou Ah quel beau jour que ce jour-là! Seulement, Monsieur, je regrette que vous ne puis-sier en être le spectateur. Charles Herblet. ,rnim ' 9 > ggs— lin appel »i taies belges en Hollande. On a vu, par nos listes de souscriptions ouvertes à l'occasion de la St. Nicolas et de la Noël, que la sollicitude des réfugiés belges va surtout aux braves qui, sur le front, dans la vase, sous la pluie et la tempête, luttent jour et nuit pour recouvrir l'indépendance et délivrer la Patrie. Les privations, les souffrances qu'endurent ces vaillants défenseurs du sol natal ont ému l'âme belge •— l'âme féminine surtout, plus sensible, plus ouverte à la pitié — l'âme des mères, des soeurs, des filles, des promises.... Voici donc un appel qu'on nous prie d'insérer et qui sans doute sera entendu par toutes celles que le sort de nos combattants émeut et attriste. Nous recommandons chaudement l'œuvre charitable que notre correspondante se propose d'accomplir avec l'aide des bonnes volontés qni ne peuvent manquer d'affluer pour seconder cet effort si louable : „Appel aux femmes belges en Hollande. „Nous demandons l'aide de quelques dames belges en Hollande afin de former un comité annexe du comité belge „HeIp to belgian soldiers, (Aide aux soldats belges) établi à Londres et dirigé par Madame Maton, femme du commandant Maton, attaché mili- v taire à Londres. „Ce comité a pour but de procurer à nos „défenseurs les vêtements nécessaires dont „ils ont tant besoin et que S. M. la Reine „leur distribue deux fois par mois. „S'adresser par lettre à Melle Madeleine ,)-Detière, 113 's Gravendijkwal, Rotterdam. Le haut patronage, accordé à cette belle œuvre, par notre gracieuse et révérée Sou!; veraine, dont la présence aux côtés de notre héroïque Roi, au front, constitue un sublime exemple de foi patriotique et de noble dévoûment, ne peut qu'en assurer davantage encore la réussite, et stimuler le zèle charitable des femmes belges — si tant est que ce zèle ait besoin, pour se manifester, d'un quelconaue stimulant.

Over deze tekst

Onderstaande tekst is geautomatiseerd gemaakt met OCR (Optical Character Recognition). Deze techniek levert geen 100% correct resultaat op. Dit komt mede doordat oude drukken moeilijker te lezen zijn met software dan moderne. Dat betekent dat er onjuiste tekens in de tekst kunnen voorkomen. Er wordt gewerkt aan verbetering van de OCR software. 

Er is geen OCR tekst voor deze krant.
This item is a publication of the title L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam belonging to the category Oorlogspers, published in Amsterdam from 1914 to 1918.

Bekijk alle items in deze reeks >>

Add to collection

Location

Subjects

Periods