L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam

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s.n. 1915, 17 June. L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam. Seen on 22 September 2019, on https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/en/pid/0000000x7m/
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jere Année JXT-23'7 S ccnts tio cemtmctf, iFeucas iv luira 1915 L'ECHO BELGE L'Union fait Sa Foret *Iowrsial quematers. caaa rraatiffi parais®,à Amsterdam Belge est ns>tre nom sle famille. Toutes les lettres doivent être adressées au bureau de rédaction : N.Z. VOORBUROWAL 234-240 Téléphone : 2797. Rédacteur en Ctief: Gustave Jaspae». ( Charles Bernard, Charles Herbiei, Comité de Rédaction: :■!. . .«.-A ( René Chambry, Ensile Pampare. i-oar «es annonces, anonnemems ei vente au numéro, s'adresser à l'Administration du journal: N.Z. VOOHBURGWAL 234-240. Téléphone: 1773. Abonnement I En Hollande fi. I.SO par mois, payable par anticipation l Etranges- fl. 2.00 „ ,, Catholiques belges, gare au piège! Sa Grandeur Mgr. van de Weebering a tni devoir dire toute son admiration pour l'Allemagne. C'est son droit et les Belges qui luttent et souffrent pour la liberté auraient mauvaise grâce de prétendre le coitraire. Aussi nous ^mmes-nous simplement contentés d'exprimer notre étonne-ijjnt sur cette forme de neutralité sans ,ous permettre do la critiquer. Mais, il y a d'autrep «cclésiastiques, infirment moins grands que l'ëvêque d'Otreclit, qui croient très chrétien de pousser cette forte de neutralité à un degré qui nous ré-yolte et que nous ne pouvons laisse# passer éous silence. Certains curés et vicaires hollandais poussent leur admiration pour 1 Allemagne jusqu'à poursuivre les croyants belges chez eux pour mieux pouvoir leur imposer, au nom de Dieu, leur point de vue. C'est ainsi qu'entre plusieurs exemples nous prenons celui d'une de nos lectrices très catholique qui, l'autre jour, reçut chez elle la visite du ,vKapclaan." Ce brave curé, après avoir déclaré qu'il a reçu ordre — de qui? — de visiter les Belges, demanda quelle religion notre lectrice professe. Je suis chrétienne, mais lorsque je vois l'emploi que font les Allemands au nom de Dieu, je suis bien prèï de ne plus croire à rien, fut la réponse. Là-dessus, M. le curé entre en dissertations sur l'Allemagne et entame un panégyrique du kaiser. — lia chère dame, vous avez tort d'en vouloir à l'Allemagne, croyez-moi, celle-ci avait absolument le droit de violer la neutralité de la Belgique. Je vais vous le prouver: Si vous aviez fait un contrat avec votre voisin de ne jamais passer dans son jardin, -îs si on venait vous égorger et que vous puissiez vous sauver en passant par ce jardin, malgré le contrat qui jr°us lie, vous le feriez. Personne ne pourrait vous blâmer et vous-même ne seriez coupable- — M. le curé, qui donc a voulu égorger l'Allemagne 1 — Oh 1 il est de plus en plus prou«é que la Russie mobilisait et c'était pour 1 Allemagne une question de vie ou de mort de frapper rapidement. Et pourquoi devait-elle frapper 'a France 1 » Alors vint cette réponse vraiment par trop naïve: La France e6t un pays athée où presque tout le monde appartient à la loge, „en zij moet geslagcn worden" (sic). _ Monsieur, je préfère un pays athée où l'on a le respect des prêtres qu'un pays qui parle de Dieu en martyrisant les prêtres, en souillant les religieuses. ' Oh, mais tout cela est bien exagère. Heureusement pour notre cause, <^e curé émissaire de l'Allemagne se trouvait en face d'une vraie Belge qui eut tôt fait de le mettre poliment à la porte, mais combien d'autres, plus faibles, ne se laisseraient pjs émouvoir par un de ces prêtres qu'elles ont toujours considéré comme étant le porte- parole de la Vérité. . Aussi avons-nous tenu à transcrire fidèlement cette conversation, si hypocrite d'un côté, si digne de l'autre. L'Allemagne semble préparer une nouvelle arme. Elle cherche a diviser les Belges à l'étranger en.travaillant" leurs convictions religieuses et pour cela exploite une fois de plus le nom de ce Dieu qu e le a fait son complice dans cette guerre effroyable. Cela ne prendra pas et les cures „neu-tres" auront beau faire, ils en seront toujours pour leurs frais. Les Belges ne connaissent pas le Dieu1 allemand, barde d« fer, armé jusqu'aux dents, tramant a sa suite des sous-marins et des mortiers de 42. Les croyants belges ne connaissent qu un Dieu de bonté et de miséricorde, celui^qui dans les temples de Louvain, de Visé, d'Aerechot, de Termonde, d'Ypres et de Reims fit prêcher la Paix et l'Union des peuples. Seul le clergé belge a droit de parler au nom de ce Dieu et il l'a fait de façon admirable par la bouche de Mgr. Mercier et de Mgr. Heylen qui, preuves à l'appui, ont montré au monde entier le martyre de notre clergé et de tout notre pauvre pays f»vagét ■ âuè lôS jçathoHquej _-belges_s souvien nent. Lorsque ces messieurs viendront insulter à leur coeur de Belge, nos femmes doivent se montrer aussi dignes patriotes que notre correspondante et les prier d'aller défendre ailleurs la destruction des églises, l'exécution des prêtres et le viol des non-nettes..Gustave Jaspafers. Politique isaais en Turquie Pourquoi les politiciens purs n'ont-ils pas été surpris du pacte conclu par les Jeunes-Turcs, qui portent allègrement leur patrie en terre, avec l'Allemagne qui galope éper-dument vers la catastrophe inévitable ? Parce que, depuis 1878, l'Allemagne multipliait ses sourires obséquieux aux pachas influents et gras qui gouvernèrent, à tour de drôle, Stamboul. Il faut cependant convenir que l'opinion publique, elle, a perdu de vue — au moment où la corne d'Or abritait les. croiseurs allemands qui avaient près courageusement la fuite à travers la Méditerranée — qu'une alliance pouvait tout naturellement être scellée entre le protestant de Berlin uni au catholique de Vienne, d'une part, et le mahométan du Levant, d'autre part. La Turquie remplaçait l'Italie dans la combinaison triplicienne qui, jusqu'au jour où Rome dénonça le traité, constituait une vraie hérésie- Le Turc associé aux chefs des empires du centre, — c'est, au moins, logique ! Les diplomates financiers de Ccnstanti-nople avaient obtenu jadis de la France et de M. Joseph Caillaux quelque. treize cent millions. Dès lors, que leur importait les suites d'une» attitude aussi traîtreuse que maladroite? La France avait applaudi aux victoires des Balkaniques, - n'est-ce pas 1 Tant pis pour M. Pierre Loti .!'*Ainsi raisonnait-on, en novembre dernier, à Constan-tinople. Et c'est délicieusement jeune-turc : prendre l'argent de la loyal© France pour canonner les soldats de cette puissance et ceux de tes alliés. De tels scrupules sont légers au coeur des Orientaux d'Union et Progrès... En effet, c'est bien en 1378 que les représentants de l'empire germanique font modifier le traité de San Stefano qui consolidait l'influence russe dans la péninsule balkanique. Il faut à tout prix éliminer le slavisme au profit des Machiavels d'Austro-Hongrie. Ce qui fut fait. De cette victoire autour d'un tapis vert datent donc les premiers effets d'une politique dont tous les efforts vont se concentrer sur la Turquie. Efforts d'ailleurs productifs jusqu'à un certain point et qui doivent étonner, car les Turcs ne manquent pas de subtilité. Voilà la lutte déjà circonscrite, à. cette époque, entre les alliés d'aujourd'hui et les empires du centre. Ce sont eux encore cependant qui emportent la manche, eu 1882 : une mission militaire allemande instruira les Turcs- Première entrée à Péra de von der Goltz, devenu pacha, devenu Ghazy, en attendant dt- devenir prophète. Nous assisterons ensuit© au projet de création d'un chemin de fer en Anatolie. C'est Guillaume II qui en obtient la concession, en triomphant, avec aisance, des financiers anglais. Berlin ne. s'en tiendra d'ailleurs pas là et, en 1897, la Wilhelrastr°sse tentera, sans réussir cependant, d'intervenir en faveur de la Turquie, au moment du soulèvement des Crétois» L'année suivante-, les communications allemano-autrichiennes vers l'Orient seront facilitées par un accord conclu avec la Roumanie. Et puis, c'est l'entrée triomphale, théâtrale et victorieuse de l'empereur Wilhelm II en Palestine: ,,L'empereur d'Allemagne sera toujours l'ami des trois cent millions de fidèles qui vénèrent leur sultan, en la personne du calife!" 1899 marque la concession du chemin de fer de Bagdad à une société allemande, concession approuvée en 1902 par un iradié. Une voie ferrée va donc joindre Hambourg et Brème au golfe Persique! Le coup de théâtre, pour ceux qui n'avaient pas prêté à oes manoeuvres l'attention qu'elles méritaient, se produisit donc il y a quelques mois, couronnant une politique de longue haleine et qui est d'ailleurs le seul triomphe diplomatique, de ltAllemagne. Il est mince en réalité. Il eût t*é nul si Je roi Constantin, qui n'a rien *de son célèbre homonyme byzantin, avait consenti à suivre M. Veni-zelos qui projetait de jeter une armée grecque sur Constantinople < sur la près qu'île de Gallipoli. Le résultat ne faisait de doute à personne. Culbutées avant d'avoir terminé leur mobilisation, les bandes d'Enver bey allaient être battues et contraintes, bien vite, de se rendre. D'une signature, Tino pouvait ruiner près de quarante années de politique allemande en Turquie et jeter les bases d'un nouvel empire grec. Mais la partie, rude pour les alliés, n'en sera pas moins gagnée. Qu'on fasse crédit à leurs vaillants soldats. Le rêve longuement échaffaudé par les soldats-diplomates de la Wilhelmstraece s'écroulera dans l'azur limpide des -eaux du Bosphore. Question de mois tout simplement! René Chambra, En Belgique. A Briiselles. On prévoit que la circulation des vélos sera prochainement libre dans la totalité des provinces d'Anvers et du Limbourg et • des arrondissements de Verviers et de Liège, à l'exception d'une bande de terrain longeant la frontière hollandaise. Le> Touring Club demandait aussi que les limites du territoire belge où il est permis de circuler à bicyclette soient reculées vers Tournai et Gand. Mais on croit que le gouvernement allemand répondra par une fin de non-recevoir à cette requête. Le Touring Club avait également demandé pour les photographes amateurs l'autorisation de photographier. Refus formel. Enfin notre vaillant cercle s'est vivement plaint auprès des autorités allemandes du sans-gêne des officiers allemands qui font galoper à plaisir leurs chevaux sur les voies cyclables. Le gouverneur allemand a répondu que c'était la chose défendue pour tjpus les cavaliers, allemands ou belges. » * * Il est bon de savoir ce que pensent les. gens de la Kommandantur qiy. dictent leursj appréciations sur la situation générale à des, miteux salariés belg'es qui essaient, en vain, de représenter notre grande corporation journaiesque. Ces articles 6ont faits de diver-' ses coupures de journaux alliés ou neutres,; commentées à la prussienne. Et c'est cela,' qui est offert aux lecteurs de ces feuilles ignobles? Pauvres lecteurs! Mais, n'anticipons pas et laissons aujourd'hui la parole au ,,Bruxellois" (tirage justifié: 58,000' exemplaires)., une feuille dont les rédacteurs' sont connus. Ceci pour plus tard. ,,La Russie, dit le collaborateur militaire du ,,Daily News", a subi un coup plus, grave encore que les précédents. Pour le; mois de mai, on a compté 300.000 nouveaux i prisonniers russes; 251 canons et 576 mitrailleuses ont été enlevés aux armées du. tsar. La prise de Stryj et de Przemysl, ainsi que le transfert du gouvernement russe, en Galicie, de Lemberg à la frontière, achèvent de caractériser cette situation. Sur mer, environ vingt grands navires de guerre des alliés ont péri, sans compter le menu fretin; et la ,,Morning Post" affirme de nouveau que l'Amirauté britannique a caché, sous l'administration aujourd'hui remplacée de Lord W. Churchill et de Sir John Fisheir, des pertes maritimes qui n'ont pas eu lieu sous les yeux du public. L'apparition des sous-marins allemands dans les Dardanelles, à plus de six mille kilomètres de leur base, a bouleversé tous les plans relatifs à l'expédition entreprise dans cette région. C'est comme si les sous-marins allemands atteignaient New-York. La ,,Home Fleet", c'est-à-dire la flotte destinée à défendre le6 îles britanniques et. surtout à porter l'attaque décisive en prenant la patrie comme base,se garantit contre les torpilles des plongeurs ennemis en se cachant dans ses docks, derrière une triple rangée de mines; la flotte de haute mer, qui empêche le commerce neutre avec l'Allemagne, se sent aujourd'hui menacée ; le prestige britannique est gravement compromis aux yeux des Orientaux par les échecs subis devant les Dardanelles : Si l'Angleterre s'entête, à quels dangers n'ex-pose-t-elle pas sa marine pour un résultat douteux? Si elle renonce à l'expédition d'Orient, quel aveu d'impuissance? Les Turcs annoncent qu'ils vont agir contre le canal de Suez ; pendant 7 mois ils n'ont guère fait que le menacei> et le ,,Nieuwe Rotterdamsohe Courant" annonçait naguère que toute. leur action de ce côté était le plus grand des fiascos, et divers journaux allemands, en vente à Bruxelles, reproduisaient cette appréciation. Mais, en réalité, on voulait ménager l'Italie, qui exigeait le passage libre et paisible du canal pour 6es relations avec sa colonie d'Erythrée. Maintenant que cet Etat a fait volte-face, on n'hésitera plu6 à lui causer quelque contrariété. On dit qu'un chemin de fer a ete construit à travers le désert sinaïtique pour permettre à une artillerie turque de tenir le canal sous son feu et de l'ensabler, tout simplement en empêchant de le draguer et en faisant crouler ses bords.fragiles. La conséquence de cette action, si elle se réalise, serait d'entraver et de rendre plus lentes les relations de l'Angleterre avec l'Inde, au moment où le froment de celle-ci doit être transporté: il devrait faire le grand tour par le Cap de Bonne-Espérance. Il est permis de supposer que les troupes anglaises d'Egypte, plus immobiles encore jusqu'ici, dans leur manque d'offensive, que les troupes turques qui leur ont fait face, seront renforcées dans ce cas pour essayer de déranger la combinaison. Mais si les sous-marins coulent les transports dans la Méditerranée? Il resterait à risquer un débarquement de grand style par la Mer Rouge sur les rivages de l'Arabie et en plein été dans le désert meurtrier.'' Qu'en pensez-vous? A chaque jour, son infamie, n'est-ce pas? jfit comme les rédacteurs du ,,Bruxellois" veulent poser quand même aux honnêtes gens, ils ont le culot (passez-nous le mot) d'insérer cet avis ,,aux lâches anonymes" (sic): ,,Nous recevons, comme tous nos confrères d'ailleurs, des tas de lettres anonymes, des ! dénonciations le plus souvent. Inutile de redire, une fois de plus, tout notre profond mépris pour oes vilenies honteuses et lâches des "dénonciateurs do leurs semblables, ces misérables et odieux individus perdent leur temps. Toutes leurs lettres vont impitoyablement au panier et il n'en est jamais fait usage de quelque façon que ce soit. Aussi feraient-ils mieux de s'épargner la peine de nous écrire." • # » Le Zeppelin que l'escadrille allié a détruit la semaine dernière était le „L. Z. 38"* A Aovers. Donc la grève des journaux que nous avions annoncée, dit notre confrère Monet, n'a pas produit de résultat, bien que quelques directeurs et rédacteurs en chef y eussent sérieusement songé. Grâce à leur initiative, le 1er juin, une réunion fut organisée où, fait caractéristique, n'ont pas pris part les rédactions des feuilles nées sous la terreur allemande. Il fut décidé qu'on essaierait d'abord d'envoyer une protestation au gouvernement temporaire, à Bruxelles. Mais les censeurs d'Anvers et de Bruxelles firent savoir qu'ils avaient reçu des ordres de Berlin et qu'ils devaient les suivre à la lettre. Et les journalistes de leur demander pourquoi tous les' journaux n'étaient pas traités de la même manière et pourquoi des télégrammes peuvent être publiés in extenso dans un journal ou sont impitoyablement coupés dans un autre journal. Or, ce fait se "passe chaque jour et c'est ce qui affecte le plus les ,,journalistes". La censure déclara que le travail n'étant pas fait par une seule personne, il était difficile que chaque censeur ait la même façon de voir sur ce que le public peut savoir et sur ce qu'il doit ignorer (la situation était la même sous la censure belge; la différence consiste en ceoi : que les censeurs coupaient alors ce qui pouvait nuire à la cause de la patrie, alors qu'aujourd'hui toute nouvelle capable d'encourager l'espoir du^ public est sévèrement interdite). Il n'existe pas de baromètre de la situation meilleur et plus fidèle que la censure d'Anvers. Le jour où ils reçoivent de bonnes nouvelles de leur état-major soyez certain que le crayon bleu des censeurs fonctionne moins : les communiqués alliés et les Reu-ter passent. Les Allemands subissent-ils un échec à l'Est ou à l'Ouest, des colonnes entières sont coupées et le baromètre marque ,,tempête' ' 1 Lorsque le temps est invariable le ,,Nieuwe Rotterdamsche Courant" peut se vendre sans les pages du milieu qui publient les nouvelles de guerre. La semaine dernière, il 's'est passé encore à ce sujet un fait assez curieux : seuls les abonnés en Belgique ont reçu leur numéro, mais un article avait été découpé au moyen de ciseaux. * * * Le démocrate Schiff, qui était le chef de la censure depuis l'occupation, est parti le 1er juin. Dans les milieux journalistiques, on est d'avis qu'il n'était pas le plus méchant des censeurs et qu'il aurait donné sa démission précisément parce qu'il n'approuvait pas la façon dont la censure devait être exercée. * * * Les soldats de la garnison qui étaient très surexcités depuis l'intervention de l'Italie sont à peu près calmés. Les autorités sont devenues plus rogues et les militaires plus arrogants. Les premiers jours, on a même craint une mutinerie. Jamais les cafés n'ont été autant fréquentés par la soldatesque. Le soir, une masse de soldats se trouvaient ivres et cherchaient des querelles... d'Allemands aux cfvils belges. Un certain soir cependant chez un mastroquet de la rue Jésus, quatre sous-off. ont entonné la Marseillaise à tue-tête. . Les nouvelles de Flandre et du Limbourg annonçant de nombreuses désertions provoquées par l'entrée en lice de l'Italie ne semblement pas trop exagérées,car à Anvers aussi, ces temps derniers, beaucoup de désertions se sont produites. * * * La semaine dernière on a repêché l'uniforme d'un officier dans l'étang du Parc. Sans doute ce militaire aura-t-il endossé un costume de pékin pour prendre la poudre d'escampette. Les Allemands ont beau faire de la Belgique une cage d'oiseaux, chaque jour des bandes do déserteurs trouvent moyen de s'enfuir. Nous savons fort bien de quels côtés des douzaines de ces hommes passent en Hollande. Récemment, un soldat, ignorant du chemin, a tenté de se suicider à proximité de Putte. Mortellement blessé, il s'est traîné jusqu'à une petite ferme où il pria qu'on le laisse mourir tranquillement. Mais les paysans, effrayés, prévinrent immédiatement le corps de garde voisin. Et les soldats de ramener bientôt leur camarade agonisant. * * « Le trafic des passeports, continue à sévir. Sans ,,passe", on ne peut plus quitter la ville. Chaque jour, de 3 à 400 personnes attendent des heures devant le ,,Passen-Zen-trale". Après trois quarts d'heure d'attente, on trouve leur motif peu sérieux et on lee renvoie toujours d'où ils viennent. Un simple bourgeois ne doit pas «songer à allei se promener à la campagne. A l'improviste, les piquets de soldats reçoivent l'ordre de fouiller minutieusement ceux qui rentrent ou sortent. Tous les paniers, paquets sont bouleversés (jusqu'aux carnassières des écoliers) et chacun de vider prestement ses poches. Ce qui vaut mieux que de vider celles du voisin..» On raconte que d'ici quinze jours les portes de la ville 6erontj fermées à 8 heures du soir et que la ville sera plongée dans une obscurité complète, tout comme ce fut le cas cinq semaines avant le bombardement. Dans Se Kaiiraaiaat, La guerre, en suspendant en bonne partie le trafic des voies ferrées de l'Etat, donne un regain d'activité aux lignes vicinales. Malheureusement, en a trop négligé jusqu'ici de rac-vorder entre elles différentes lignes et un service de ,,diligences" doit être organisé en beaucoup d'endroits pour suppléer à ce trait d'union entre tramways. La situation actuelle nous montre suffisamment qu'il est aussi utile, aussi nécessaire, aussi rationnel de relier les vicinaux entre eux que de raccorder les chemins do fer les uns aux autres. C'est ce que vient de reconnaître la Société Nationale des Chemins de fer vicinaux en décidant le raccordement des lignes du Centre à celles du pays de Charleroi, par l'établisse-* ment d'un tronçon de 5 à 6 kilomètres do longueur entre Fontaine-l'Evêque et Marchîen-ne-au-Pont. Les' travaux vont mareher très rondement de façon à pouvoir exploiter la nouvelle ligne pour la fin du mois d'août. Un autre vicinal d'une grande utilité, projeté naguère par M. Jules Paternotte, au Conseil communal de Seneffe. c'est celui de.Manage à Nivelles, par Seneffe et Feluy-Arquennes, ce qui faciliterait singulièrement les relations entre la capitale, le bassin du Centre et le pays do Charleroi. Enfin, disons qu'on vient de mettre en exploitation la section d'Anderlues à Leval-Trahegnies, de la ligne d'Anderlues à Binche. Quant à la seconde section de Levai à Binche, différentes expropriations judiciaires sont encore en cours et la ligne doit emprunter une nouvelle artère à créer entro Binclie et Res* saix. La ligne électrique d'Anderlues à Binche, appelée à un important trafic, aura une longueur do 10 kilomètres 300 mètres, traversant tout entière dés agglomérations populeuses. Pages de Gloire Sut* f'Ysea* A Dixmude. (Suite) Les premiers groupes de fantassins allemands sont aperçus sortant de Vladsloo, d'où ils cherchent à se porter vers le Sud. Presque simultanément, il en apparaît aux lisières de Beerst, il en sort de chaque ferme, de chaque boqueteau, tout le long de la routo qui réunit ces deux villages. La menace se dessine nettement contre les fronts Nord et Nort-Est de la tête do pont. Lé tir do nos vaillantes batteries, qui déjà tiennent cette région sous leur feu, redouble aussitôt d'intensité. Dans les tranchées qui font face à l'attaque, le 1er bataillon du 12e est à son poste, énergique et résolu. Puis, voici qu'en même temps vers l'Est, dans la région- do Eessen, d'autres troupes ennemies s'avancent, progressant le long du canal et de la voie ferrée vers le front occupé par le 2e bataillon. Ici, comino au Nord, si les coeurs battent plus vite, les âmes sont ardentes et les volontés magnifiques. Pourtant,, sous les volées de mitraille que lancent nos canons, les assaillants s'arrêtent, puis brusquement s'abritent, disparaissant au;c regards. Au même instant, de tout l'horizon menaçant," surgit une canonnade effroyable, qui donne au bombardement poursuivi depuis l'aube une intensité inouïe. Les 'batteries allemandes, — grosses pièces amenées d'Anvers, obusiers et canons de campagne, — déversent sur toute la tête de pont des torrents de fer et do feu. Des trombes d'obus s'abattent sur les tranchées du 12e de ligne, sur Dixmude où le vacarme est assourdissant, sur les positions de la rive gauche que tiennent les fusiliers-marins, sur Caeskerke, où sont les réserves, et dans le voisinage enfin de nos 'batteries. C'est une débauche de munitions sans pareille. Dès le début, certaines unités du 12e sont soumises à cruelle épreuve; à l'extrême gau- j clie, les tranchées creusées do part et d'autre ! de la route de Beerst sont prises d'écharpe; un des premiers, le commandant Pouplier, qui commande la compagnie établie à l'Ouest de la K>ute, est tué net par un éclat d'obus, et s'écroule, sans un râle. A Dixmude, le colonel Jacques, qui, insouciant du danger, se tient sur la Grand' Place, d'où il donne ses instructions, est sérieusement blessé ,au pied. Mais le héros de la campagne arabe en a vu bien d'autres. Un pansement sommaire, une canne pour se soutenir, puis, pour se soulager, quelques malédictions à l'égard des Boches, et voilà le colonel Jacques d'aplomb, plus résolu que jamais à défendre sa position jusqu'à l'extrême limite. Aussi, quand on lui communique l'ordre que vient d'envoyer le Grand Quartier Général: ,,La tête de pont de Dixmude doit être tenue à outrance", il répond simplement: ,,C'est évident!" En envoyant cet ordre à l'amiral, le commandement belge lui annonçait également que toute l'artillerie de la oe division d'armée viendrait soutenir lès défenseurs do Dixmude. Eu égard à la puissance de3 batteries allemandes, ce renfort était particulièrement opportun. Les 47 pièces des quatre groupes en action à ce moment, avaient, en effet, fort à faire pour canonner à la fois le terrain des attaques, empêcher l'infanterie ennemie d'y progresser et combattre les batteries de câm-pagne ennemies, les seules contre lesquelles il pouvait être question d'agir. Pour résister au feu des grosses pièces ennemies, nos artilleurs n'auront d'autre ressource que leur volonté, leur énergie et l'habileté de leurs chefs. Le groupe de la 16e brigade mixte fut le premier a venir, entre midi et 1 heure, se mettre aux ordres du colonel De yieesçhouwer, qui lui prescrivit de prendre position au Nord du groupe Pontus et d'ouvrir immédiatement le feu sur la région septentrionale de Dixmude. Un peu plus tard, le groupe de la Ire brigade mixte arrivait à son tour et s'établissait près du chemin de fer de Nieuport, au Nord du chemin de Oostkerke, d'où il contribuait à canonner à outrance les abords de Beerst. _ Quant aux autres batteries do la oe division, dont on avait annoncé l'arrivée, les événements s'opposeront à ce qu'elles interviennent du côté de Dixmude. C'est que la menace ennemie ne pè'se pas seulement ici. L'action se développe et s'étend sur tout le front de l'Yser, Le Grand Quartier Général doit faire face à tous les dangers, envoyer des renforts partout, et la bataille s'engage à peine.... Quoi qu'il en_ soit, au début de l'après-midi, ce 20 octobre, 71 pièces coopéreront donc à la défense de la tete de pont. Malgré la supériorité numérique des batteries ennemies, elles en auraient peut-être eu raison si seulement elles avaient pu répondre à l'artillerie, de gros calibre. Mais celle-ci, dont le total paraît croître sans cesse, tant le bombardement devient infernal, procure aux assaillants un avantage trop considérable. Aussi, petit à petit, couverte par l'ouragan de fer et de feu qui s'abat toujours* sur nos tranchées, l'infanterie ennemie est à nouveau poussée ou avant, par toutes les voies qui du Nord et de l'Est convergent vers Dixmude. Malgré les rafales ininterrompues de nos 75, l'assaillant gagne du terrain, par vagues toujours plus denses, qui semblent tout devoir submerger sur leur passage. Brusquement, à 15 heures précises, le tir des canons dirigés contre nos tranchées s'allonge, se rejxjrte sur Dixmude et sur tous les chemins que des réserves pourraient utiliser. Au même instant, comme mus par un ressort, les assaillants surgissent de leur dernier abri et, dans la clameur des ,,Hoch!" formidables, se ruent, fusil à la hanclie, contre le secteur que le 12e de ligne occupe au Nord de la voie ferrée. Mais, immédiatement, de nos tranchées, à demi-démolies pourtant par les obus, part un feu implacable et précis. Fusils et mitrailleuses crépitent sans relâche ; des rangs entiers d'Allemands sont fauchés; leur élan est brisé net. Aux ,,Hoch!" éperdus succèdent maintenant des râles et des gémissements. Les officiers ennemis, revolver au poing, ont beau tenter dé faire avancer leur sauvage troupeau, les hommes n'obéissent pas. Ils s'aplatissent dans les champs et se terrent, à 300 mètres environ des nôtres. Le lieutenant-colonel' Van Rolleghem, qui commandait le secteur attaqué, a pu envoyer aux tranchées une compagnie du lie qu'il tenait en réserve. De la Grand' Place le colonel Jacquesv lui en expédie une autre; mais le bombardement de Dixmude et de ses lisières est si violent qu'elle est dispersée par les obus avant d'avoir pu sortir de la ville. Entro-temps, l'ennemi aussi a reçu du renfort; de l'emplacement où il s'est terré devant nous, il fusille rageusement nos positions ; ses mitrailleuses ecrêtent le petit parapet déjà bouleversé, seul abri de nos hommes; les tranchées perpendiculaires à la route de Beerst sont prises d'enfilade ; tous les officiers de la compagnie qui les occupent sont hors de combat. Nombre d'hommes sont tués ou blessés. Alors, vers 16 heu comme le long de la route une nouvelle attaque ^ se prononce, la poignée des survivants privés de chefs pour les maintenir se replie vers une petite tranchée qui barre la route à 200 mètres plus loin. Les Allemands, qui ont aperçu le mouvement en profitent,pour bondir à nouveau: ils croiejt déjà tenir la victoire. Do fait, la situation est critique. L'évacuation des tranchées à . Ouest de la route de Beerst expose toutes celles qui leur sont voisines. Un violent effort y est fait encore pour _ arrêter l'assaillant ; les mitrailleuses françaises et belges pétaradent sans discontinuer ; de leurs tranchées de l'Yser, en dépit de la distance, les fusiliers-marins lancent des salves répétées sur les objectifs qu'ils peuvent atteindre. Malgré tout, l'ennemi progresse, menaçant les tranchées de toutes parts; il fauo céder ; à peine a-t-on le temps de ramener 'les mitrailleuses. ' Mais le repli s'effectue avec ordre ; on n'abandonne que les morts et quelques blessés. Nos batteries, aussitôt, arrosent de projectiles les abords des tranchées évacuées ; à coups de canons et de fusils on maintient encore l'assaillant à distance. Attaqué également de front, et découvert sur sa gauche, le 2e bataillon du 12e. qui est au Sud de la voie ferrée, informe à son tour le colonel Jacques de la situation critique dans laquelle il se trouve. : - Salis s'émouvoir, ce chef admirable va donner ici toute sa mesure. Il n'a plus une seule réserve sous la main ; tout ce qu'il possédait ^st absorbé déjà. Néanmoins, avec un calme impassible, il fait dire au 2e bataillon (sect. Est), de tenir coûte que coûte, qu'il va contre-atta-quer à sa gauche; au 1-ar bataillon (secteur Nord), il envoie l'ordre de reprendre ses tranchées en donnant jusqu'au dernier homme, car — mensonge"héroïque — des renforts arrivent! A la vérité, le colonel Jacques a démandé des renforts au colonel Meiser, mais il ne sait quand ils lui arriveront. N'empêche; l'annonce de leur venue prochaine rendra confiance aux hommes et fera gagner, du temps. D'ailleurs, comme si la Providence lui voulait venir en aide, voici que débouche sur la Grand'Place dé Dixmude où, tualgré ça blessure, le colonel se tient, toujours, la compagnie cycliste de la 3e division, sous les ordres du lieutenant Jacques. Il y a là une centaine *le gaillards résolus;- c'est le Ciel qui les envoie. Le colonel a tôt fait de les diriger au delà de la lisière do Dixmude, sur la route do Beerst où se produit l'effort principal de l'assaillant. A leur chef, il donne l'ordre d'annoncer aux troupes du 12e que d'autres renforts suivent et que si l'on tient seulement vingt minutés, c'est lo succès certain. Et les braves cyclistes s'élanoent dans la fournaise ; leur arrivée produit l'effet voulu ; 1e lieutenant-colonel Van Rolleghem parvieno/ à maintenir énergiquement ses troupes; de son: côté, le 2e bataillon, dans le secteur'du lieuj tenant-colonel Collyns, tient ,,coûte que coûte , comme on l'a prescrit.' L'ennemi n'avance plus L'énergie du colonel Jacques et des troupes sous ses ordres a écarté le danger immédiat. Bien tôt enfin, les renforts attendus arriveront, et la contre-attaque se déclanchcra, ardente et victorieuse. JA suivre).

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This item is a publication of the title L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam belonging to the category Oorlogspers, published in Amsterdam from 1914 to 1918.

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