L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam

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22 November 1915
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s.n. 1915, 22 November. L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam. Seen on 13 July 2020, on https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/en/pid/b56d21sk3p/
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geme Année 1V°. 395 S cents CIO Centimes) KwuncXi novembre L'ECHO BELGE I L'Union fait la Force, Journal quotidien «lu matin paraissant en Hollande Belge est notre nom de Famille. Toutes les lettres doivent être adressées ■ aU bureau de rédaction: ■ Jj, X. VOORBURGWAL 334-240, AMSTERDAM. Téléphone: 2797. Rédacteur en Chef: Gustave Jaspaers. „ . , , „ ( Charles Bernard, Charles Hcrbici, Comité de Rédaction: , .. , , | René Chambry, Emile Painparé. Pour les annonces, abonnements et vente au numéro, s'adresser à l'Administration du Journal:N.25. Voorburgwal 234-240, Amsterdam Téléphone: 1775. Abonnements: Hollandefl. 1.30 par mois. Etranger {1.2.00 par mois Annonces: 15 cents la ligne. Réclames; 30 cents la ligne. Les Armes qui nous restent La plume, le crayon, le pinceau demeurent encore les plus plus précieux instruments de iorture. Léon B1 o y. Quelle savoureuse anecdote nous vint, feutre semaine, de la frontière allemande! On racontait qu'un soldat boche, stylé par ^ souverain, offrait 25,000 francs à qui capturerait Louis Raemakers, le célèbre dessinateur du ,,Telegraaf". Guillaume II devait, bien cette revanche de mettre à prix une tête qui se paya si souvent la sienne. Tout de même, aux prix où se cotent aujourd'hui les hauts talents, 25,000 francs, c'est pour rien! Si j'avais la galette aussi abondante que le kaiser, j'offrirais au moins le double pour que ce crayon fameux, qui tira une belle vengeance des crimes allemands, fut celui d'un de nos compatriotes. Peut-être vaut-il mieux, après tout, que l'auteur des vengeresses caricatures soit simplement un volontaire étranger, venu d'un pays neutre et engagé parmi les dix ou douze millions de fusils et d'épées mis au service de la patrie belge. Raemakers manie, avec l'aisance d'un preux bardé de fer, l'arme redoutable de Ja haute satire, et ce nous est une précieuse recrue que cet artiste, dont le talent se double de bravoure, et dont le coup de crayon égale un coup d'épée. Il a mis à notre service une puissance que, sans lui, nous n'eussions pas possédée, car, .constatation stupéfiante, la Belgique n'a pas de caricaturiste. Sans doute, nous excellons dans les arts, dans tous les arts. Nous avons eu, et nous avons encore a Seca d'artistes, pour encombrer de chefs-'d'oeuvre tous les musées d'Europe, y compris ceux de la Bochie, et nous ne possédons ^ ni im Forain, ni un Abel Faivre, ni un Willette, ni un Raemakers, ni personne qui excelle-dans cette partie de l'art que j'ap-pellerais volontiers, le maniement à chaud du fer rouge. Nous ne sommes pas plus bêtes (pardonnez-moi cette expression un peu triviale) que les autres peuples. Même à l'heure où j'écris, tout écrasés et endoloris que nous soyons, soua le talon de la lourde botte allemande, nous .affirmons un esprit fertile en ressources d'ironie. Les faits divers attestent notre caractère frondeur, et mille îraits satiriques, tout à l'honneur de notre génie inventif, prouvent que Uylenspiegel, l'Espiègle, court encore, derrière le soudard allemand, les rues de la capitale, l'épigramme aux jèvres, le geste de ga-vropbe au bout du braç, la zwanze au fond du coeur. Malgré la menace perpétuelle, Ja violence toujours prête, le peloton d'exécution jamais désarmé, nos compatriotes savent être gais, quand la vengeance suprême, c'est encore de paraître heureux. Mais soit dédain de ce qui n'est pas l'art pur (nos artistes disent: l'art pour l'art), soit indifférence vis-à-vis de cette forme un peu élémentaire, un peu fruste de la beauté, Uylenspiegel, qui a le mot si prompt, si facile, si jaillissant de source, manque du coup de crayon rapide, net, simple, retentissant comme une claque, méprisant comme un crachat, humiliant comme un coup de pied, qui constitue la caricature. Nous avons, en ce moment, au cher pays, de superbes occasions d'exercer notre esprit to fronde, de satire, de sainte vengeance, la Belgique est livrée tout entière, à une horde de bandits, de voleurs qui oppriment im peuple d'honnêtes gens. La seule arme que l'envahisseur n'ait pas confisquée, parce qu'elle échappe à toute réquisition, c'est: la liberté de penser tout bas, de haïr à plein coeur fermé. Mais qui -donc libérera un jour de ses entraves, ce coeur trop plein, cette tête lourde à éclater? Oih, comme une image Btir du papier, une silhouette en noir sur ■une muraille, quelques coups de pinceau sur une toile, seraient libérateurs. Peut-être quelques artistes préparent-ils, dans 3e secret 'de l'atelier, cette fête de la bonne ^engeance et de la sainte haine ! A d'autres époques, sous d'autres tyrannies, l'esprit a su se libérer des plus sûres fit des plus fortes entraves. Nos artistes du passé ont peint des sabbats, des diableries, des danses des morts, où, mêlées à des personnages de convention, passaient et repassaient les images méprisées des mauvais maîtres ou des mauvais serviteurs. Nous conservons, dans nos musées, des tableaux anciens qui sont de spirituelles et mordantes satires. Le bon imagier de jadis ne dédaignait pas de sculpter, dans la pierre ou dans le "bois, sous la livrée méprisante du ''°ti ou de l'esclave, voire sous l'apparence l'a "bête ou le masque du diable, tel prince, tel argentier, tel moine, tel personnage digne de mésestime ou de mépris. On m'a désigné du doigt, au has de je ne sais quel piédestal de l'hôtel de ville de Lou-ivain, une scène satirique que n'eut pas 'lépavoué Forain ou Willette. Les "bons artisans du temps jadis ont usé largement du droit de railler les vices de leurs contemporains.Je le répète, quels beaux sujets de srail-leri»?, de satire, d'épigramme chez les Bcches odieux qui infestent notre cher pays. -Puissent nos artistes, prisonniers dans la Belgique encerclée de fer, n'avoir pas perdu ^occasion qui leur fut si libéralement of-1 à de la Germanie, les masques des barbares, le6 visages des chefs et des soldats de Guillaume. A notre retour, qu'ils nous ouvrent leurs cartons, qu'ils nous montrent leurs croquis, afin que nous puissions comparer ce qu'ils auront vu de leurs yeux avec les planches tragiques que dessina Raemakers. Puisque tout renaîtra dans la Patrie, que renaisse aussi la caricature, l'art cher aux artistes et aux imagiers du temps psssé. Il sera bon, utile et profitable aussi, au patriotisme de demain, de se.rappeler, même dans Ja joie retrouvée, ce que nous avons souffert et par qui, afin de mieux se souvenir, et surtout de ne jamais oublier- Auger de Busbeck., •mmx» ■ . , Pour nos soldats au front St Nicolas, Noël et Ctrennes Malgré la durée des épreuves qui nous accablent; malgré la dépression morale que la nostalgie, à la longue, a nécessairement provoquée chez le plus grand nombre, d'entre nous en ces tristes heures d'exil; malgré nos propres inquiétudes et nos souffrances morales, nous restons le peuple sensible et généreux avant tout, fraternel et solidaire, prêt aux plus grand-s sacrifices pour défendre ses droits sacrés maris prompt à ouvrir les bras à ceux qui-souffrent, à leur apporter les secours matériels et moraux que leur détresse réclame. Aussi, songeons en ce moment à la St- I Nicolas de nos braves à l'Yser; la moindre j obole fera des heureux. * Montant des Ustes précédentes. 695.661; fl. \ 715.10 frs. M. À. Tayart de Jiorms, souscription identique à celle envoyée au ,,'Belgisch Da.gblad" 125.00 ,, . M. Démoulin 1.50 fl. i Pour que Tino de Grèce et sa femme suivent Vadmirable exemple dû- notre, valerureAuv Roi et notre Reine bien-aimée, * 2.00 fl. mrn % — ^ La eharts dis vivres m Aliénai» Le groupe parlementaire du parti socialiste a demandé au ohancelier la convocation immédiate du Parlement, la question des vivres et de l'état de siège devant être résolue sans délai. En faisant cette demande, le parti socialiste n'interprète pas uniquement la volonté des ouvriers et du peuple, mais celle de la nation tout entière. C'est qu'à l'heure actuelle, non seulement la classe ouvrière, mais aussi la bourgeoise, la classe moyenne et toutes les couches de la société souffrent du manque de provisions, du renchérissement général et des mille et mille inconvénients de d'état de siège. Bien des propositions ont été faites par les différentes corporations économiques et frac- | tiens politiques; elles n'ont abouti à aucun résultat. Loin de diminuer, les prix des denrées de première nécessité n'ont fait qu'augmenter depuis et la misère devient de jour en jour plus grande. C'est que, tout en consentano — sous la pression de l'opinion publique — à prendre quelques dispositions apparemment efficaces le gouvernement hésite et recule devant les mesures radicales qui seules pourraient véritablement améliorer l'état • matériel de la grande masse. Le résultat en est que même les pommes de terre, l'aliment le plus précaire et le plus simple qu'on puisse 6'imaginer, atteignent des prix exorbitants, ce qui est d'autant plus regrettable qu'elles sont a présent l'aliment principal et le seul moyen de subsistance du penple. Pour y remédier, il faudrait saisir immédiatement tous les stocks existants de pommes de terre et en même temps ceux de 3a viande, en relation étroite avec les fluctuations devS prix des autres aliments, qu'on devrait de plus taxer et rationner. Il faudrait agir de la même manière pour l'approvisionnement en graisse, en beurre, en poisson,, en fromage, en oeufs, en légumes et en fruits, qui renchérissent aussi et deviennent do plus en plus rares. Ni la commission centrale de l'approvisionnement, ni le oonseil fédéral, ni le chancelier n'ayant voulu en assumer la responsabilité, la nation elle-même doit le faire. Voilà pourquoi le Parlement, qui la représente et la personnifie, doit être convoqué tout de suite. Nous espérons qu'il n'a pas encore été corrompu par la. despotique intervention habituelle des facteurs, dont les aspirations et les intérêts 6ont diamétralement opposés à ceux de la masse du public des consommateurs. C'est aussi la seule voie pour atténuer les graves dangers du régime de l'état de siège et surtout de la censure, — qui n'en est qu'une conséquence, — laquelle abusant de son pouvoir ne se borne pas au contrôle des informations militaires . et diplomatiques, mais réprime systématiquement toute discussion politique et économique. Et nous ne savons que trop que l'effet Certain et immédiat — pour ne pas dire le but calculé et prémédité -— de cette défense de dis-xuter nos affaires économiques, j'entends le renchérissement, la limitation de certaines productions, l'approvisionnement "et d'autres questions analogues touchant uniquement nos intérêts matériels et nullement la politique, est de nous livrer poings liés à la rapacité des grands producteurs, capitalistes et accapareurs qui, mettant à profit les circonstances critiques extraordinaires de la guerre, veulent nous exploiter davantage et nous asservir complè--ÎSffiîSfe, En Belgique. A Bruxelles. La Cour d'appel de Bruxelles a été saisie d'un recours, qu'elle a écarté, contre l'administration des contributions directes, —- à propos de la taxe sur les absents, dont les | rôles, applicables à plus de trois mille personnes, atteignent un total de près de cinq millions de francs. Voici le texte intégral de l'arrêt, daté du 22 juin: Vu la requête adressée à la Cour par Victor Maistriau (avocat à Mons) pour Albert Wanderpepen contre Favertissement-extrait du rôle de l'impôt additionnel extraordinaire, établi à charge des absents par arrêté da gouverneur général allemand en Belgique du 16 janvier 1915, le dit avertissement délivré à Wanderpepen le 26 avril 1915 par le receveur des contributions à Mons: Vu l'exploit de notification de cette requête tant à Wanderpepen qu'au directeur des contributions du ïïainaut: Ouï, à l'audience publique*du 16 juin 1915, M. le conseiller Nys en son rapport et M. l'avocat général de Hoon en son avis conforme ; Attendu que, pur son recours tel qu'il est formé, et sans qu'il le dise expressément, le réclamant demande en réalité à la Cour de faire application de l'article 32, 2°,. et des articles suivants de la loi du 12 avril 1894 (Code électoral), avec cette conséquence que, si cette loi était applicable, le siège aurait dû être composé sur pied de l'article 39, c'est-à-dire comme en matière électorale; Mais attendu qu'il n'en est nullement ainsi, et que le recours n'est pas de nature à être soumis à la juridiction instituée par ce dernier texte; Qu'en effet la question de savoir si l'intéressé Wanderpepen se trouve, ou non, soumis au payement de la taxe spéciale dont, s'agit ne saurait exercer aucune influence, ni directe, ni indirecte, sur le nombre des voix auxquelles peut avoir droit le dit Wanderpepen en qualité d'électeur; Attendu que l'action populaire consacrée' par l'article 82, 2°, de la loi du 12 avril 1894, n'est applicable qu'aux cas où il s'agit d'apprécier si l'intéressé a, ou n'a pas la possession des bases d'un cens électoral prétendu; que toutes les autres réclamations relatives aux cotisations fiscales en matière d'impôts directs sont régies, quant à 1? forme, par la loi du 6 septembre 1895 ; qu'aux termes de cette loi, c'est une décision préalable du directeur des contributions qui peut seule faire l'objet d'un recours devant la Cour d'appel; Attendu qu aucune décision du directeur des contributions du Hainaut n'est produite et ne paraît être intervenue dans l'espèce; Que la Cour se trouve donc en présente d'un recours qui, à quelque point de vue que l'on se place, est tout à la fois irrecevable, sans objet, dépourvu de toute base légale; Par ces motifs, et sans rien préjuger quant au point de savoir si la taxe dont s'agit est une contribution proprement dite, ou ne constitue pas plutôt une pénalité, et si la Cour d'appel serait compétente comme juge fiscal pour connaître des réclamations, même régulières en la forme, qui pourraient éventuellement se produire contre l'application de cette taxe, déclare le recours non rece-vable et sans objet ; dit, en conséquence, n'y avoir lieu de statuer plus avant sur les fins du dit recours ; dépens à charge du réclamant. « « * .M. Marcel Laoureux, le distingué pianiste bruxellois, professeur de piano des enfants royaux, vient de prendre un engagement dans l'armée. a * * . Les délégués à la conférence intercommunale des oeuvres de protection de la première enfance se sont réunis à l'hôtel de ville de Bruxelles. Après avoir pris connaissance des statistiques dressées à leur intention par les services de l'administration communale, ils ont entendu de nombreux rapports» sur l'activité des oeuvres de création récente, et sur la marche de celles qui fonctionnent déjà régulièrement dans l'agglomération bruxelloise. En règle générale, il a été constaté que la centralisation de toutes les oeuvres, éparses dans les dix-sept communes du Grand Bruxelles, avait donné les plus heureux résultats et que la voie dans laquelle les différentes communes s'étaient engagées, en se groupant, était incontestablement la meilleure. . Parmi les objets à l'ordre du jour de la conférence intercommunale figurait notamment la question du lait, qui a donné lieu à d'intéressants échanges de vues. Des mesures énergiques ont été préconisées pour lutter contre la fraude et la falsification qui offrent tant de danger pour la santé publique, et qui ont une si grande influence sur la mortalité infantile. Les délégués intercommunaux se sont également occupés de l'organisation et de la réglementation des cantines maternelles. Toutes les communes du Grand Bruxelles étaient représentées à la séance. * # * On nous fait part du décès de Mme Paul Le Boeuf, née Julia Yandergihem, épouse du dircteur général honoraire au ministère des finances et la mère du docteur Louis Le Boeuf, médecin du Roi. La défynt^ >vait soixante-treize ans,, On a trouvé dans le pain fabriqué par un boulanger de St. Gilles plus de crate moulue que de farine. Ohaimant ! À Anvers. La 4e chambre correctionnelle s'est occu-pée de la poursuite à charge de deux personnes, un homme et une femme, du chef d'avoir, tel est le point pricipal de la prévention, aux mois de janvier, février et mars de cette année, comme auteurs ou co-auteurs, commis 278 faux en écriture privée en apposant de fausses signatures sur sept listes de souscription qu'ils s'étaient chargés de présenter à diverses personnes en faveur du Comité anversois de secours et d'alimentation, ou tout au moins d'avoir, sur les listes en question, effacé ou altéré les sommes souscrites par 278 personnes, et d'avoir fait usage de ces faux; subsidiai-rement, d'avoir frauduleusement détourné ou dissipé en tout ou en partie les sommes souscrites. Etant données les circonstances dans lesquelles ont été opérés ces méfaits et l'indigne exploitation qu'ils constituent, cette affaire a c^usé beaucoup d'émotion, encore que le chiffre du préjudice ne soit pas1 très important: il s'élève à un millier de francs1. Le premier prévenu est un marin, nommé Auguste V..., né en 1878 à Borgerhout et domicilié à Anvers; la femme se nomme Marie S..., masseuse de profession, née en 1865 à Brasschaet, et domiciliée à Anvers. Ils avaient fait auprès du Comité diverses démarches pour être chargés de recueillir les souscriptions. On demandait à cette époque des personnes de bonne volonté. La masseuse, présentant des certificats qui attestaient une bonne conduite et étant d'un âge rassis, obtint l'autorisation de quêter; le premier prévenu prétend que c'est à la prière de la seconde qu'il a consenti à l'accompagner. Les rapports entre ces deux personnes étaient, paraît-il, occasionnels, Lors du bombardement, la masseuse avait pris le chemin de l'exil en compagnie d'un journaliste flamand, M. V. E...; celui-ci mourut au bout de peu de temps en Hollande. Sur son lit de mort, soucieux de ne pas laisser sans protection sa compagne, il lui donna l'adresse d'un homme qu'il connaissait à Anvers: c'était le premier prévenu. La masseuse lui écrivit, et V... partit pour la Hollande à l'effet de ramener la délaissée. On voit que, en dehors du caractère spécial qu'elle emprunte aux circonstances actuelles, raffaire dont nous nous occupons est en outre imprégnée d'une légère teinte de romantisme. Comment les fraudes ont-elles été découvertes? Par le plus curieux des hasards. Le Comité faisait publier les listes de souscription dans la but d'encourager la générosité de la population; une femme oui avait souscrit pour une somme de 1 franc eut la curiosité de chercher son nom sur la liste et fut toute saisie de ne s'y voir figurer que pour fr. 0.60! Elle en parla à d'autres, des réclamations se produisirent, et alors on examina de près les listes et l'on remarqua les altérations. Dans les listes' de souscriptions ainsi falsifiées, on rencontre des souscriptions de 50 c., de 75 c., de 1 fr. de 1.5Q, de 2, de 5, de 10, de 15, de 20 fr., par-ci par-là il y en "a de 50 fr. ; il y en a une aussi de 100 francs. Celle-ci a été raflée du coup . le nom du souscripteur n'y figure pas. Plusieurs autres sont dans le même cas. Des chiffres de 5 francs sont changés en 2 fr., des chiffres de 2 fr. en 1 franc, etc. Bref, la différence totale que les'prévenus ont empochée est die fr. 905.75. On n'a pas jugé nécessaire de convoquer les 278 témoins qu'on aurait pu produire à charge; ils ont été entendus au cours de l'instruction. Pour l'audience, on a fait un triage; on n'a fait comparaître que 22 personnes. Quelques-uns de ces témoins reconnaissent formellement les prévenus ; d'autres ne se souviennent plus des physionomies. La masseuse a produit de son coté quelques témoins à décharge : ce sont notamment deux femmes qui ont été servantes dans l'estaminet que ses parents exploitaient près "du polygone et que la prévenue n'a quitté que lorsque 6es parents moururent, il y a quelque quatre ans, pour venir s'établir à Anvers. Ces anciennes servantes font un éloge compleifc de l'honnêteté et de la bonne conduite de Marie S... Celle-ci, pendant toute la partie de l'audition des témoins qui la concerne spécialement, pleure abondamment en protestant tout le temps de ses ,,bonnes intentions". Le président lui demande ce qu'elle entend par ses bonnes intentions, quand il s'agit de fraudes manifestes qu'elle ne peut pas même nier. Elle déolare qu'elle est allée deux fois avec V..! pour recueillir des souscriptions, mais qu'ensuite elle n'est plus intervenue, ayant été prise d'indisposition: elle ignore ce qu'a fait V... ; elle n'a pas profité des fraudes. Elle déclare en outre que, lorsqu'elle a sollicité l'autorisation de quêter, c'était uniquement pour participer à une bonne oeuvre. Elle n'a sollicité aucun profit pour elle, pas même la prime de 5 p. c. des sommes recueillies par ceux qui vont de porte en porte pour réciter des souscriptions. •—- Mais vous n'aviez rien vous-même, vous viviez de la charité ; vous avez reconnu que votre profession ne vous rapportant rien par le temps qui court, une femme charitable vous fournissait le logement et Ja nourriture. Comment, sans espérer un avantage, pouviez-vous vous consacrer à des oeuvres philanthropiques? La prévenue ne répond que par des pleurs. Après que M, le cubsitut Boucquey a réclamé une sévère application de la loi, Me Van Bladel défend habilement le premier prévenu. Celui-ci est détenu depuis le 10 juin ; il est déjà bien puni. Pendant douze ans il a servi sur 'les steamers de la Red Star; il a d'excellents certificats. 11 est sans emploi par suite de la guerre. Il a un fils au front. Ce n'est qu'occasionnellement qu'il a été amené à opérer des soustractions et l'instruction n'a rien démontré quant à la part exacte qu'il a prise dans l'affaire: voilà bien des cil-constances qui doivent lui être une cau3e d'atténuation de culpabilité. Me Geuens plaide pour la masseuse : les lacunes dç l'instruction signalées par mon confrère, dit-il, peuvent être invoquées aussi pour ma cliente. Oelle-ci a 50 ans, un passé irréprochable : ce n'est pas à cet âge qu'on devient tout à coup une délinquante. Après un <}uart d'heure de délibération, le tribunal, présidé par le juge Godding, condamne V. à une année et Marie S. à six mois de prison. • * * Le ,-Telegraaf" apprend que plusieurs centaines d'habitants de Roulers sont arrivés à Anvers, chassés par les Allemands de leurs demeures. On pense donc que les Boches sont prêts à faire évacuer par la population civile toute la partie arrière de leur front en Flandre. L'administration communale anversoise pourvoit aux besoins des malheureux West-flamands arrivés1 ici sans ressoures. A Liéie. La ,,question des boulangers", comme on dit ici, est près d'être résolue. L'éche-vin Tombeur a formellement promis de faire travailler quarante-quatre nouveaux boulangers pour le service du ravitaillement.A Louvain Le Comité, de secours u pris les mesures suivantes: lo) Chaque personne qui a un enfant en âge de suivre les cours d'une école doit, à chaque visite à la caisse de secours, prouver que l'enfant fréquente régulièrement l'école. 2o.) Les cours du soir sont obligatoires pour tous les chômeurs secourus, âgés de 16 à 30 ans. A. Déjà, au mois de novembre 1914, bien avant qu'il fut question de cantines, le Comité Central de la Croix Rouge de Belgique installa à Bruges un bureau de Secours aux prisonniers de guerre de la Flandre occidentale. Dès le début, l'oeuvre rencontra de nombreuses et vives sympathies. Quelques mois après, à la demande de l'Agence générale de Bruxelles, la Cantine du Soldat flamand y fut annexée. Depuis cette date, les bureaux de la rue de l'Equerre, 10, expédient à nos prisonniers par la voie de Bruxelles, chaque mois, avec de nombreux envois de mandats et de paquets variés, pour plus de 1.200 francs de cantines et de colis postaux. Le public brugeois ne se désintéresse pas de la ,,Cantine" et l'on a pu adminer le dévouement inlassable des épouses et des mères pour nos chers soldats prisonniers; souvent même les familles les plus pauvres se montrèrent les plus noblement généreuses. A Tournai. Le pays wallon n'est pas toujours bien partagé en ce qui concerne lo ravitaillement. Aussi, comme on avait annonce à Tournai un arrivage de saindoux, vendu à raison de 2.40 francs le kilo, il y eut un tel empressement, une telle cohue, une si forte bousculade que des femmes devinrent malades et que d'autres furent écrasées. Spectacle poignant que'celui do cette foule ruée vers le magasin pour se disputer quelques kilos de saindoux ! A. m Pays W^aiors. Les miliciens de 1917 do La Louvière, arrêtés al y a un an, sont rentrés dans leur ville ■natale. Ils étaient au nombre d'une douzaine. * * * Une agence de renseignements sur les prisonniers de guerre et les internés existe à Charleroi, au no. 8 de la rue de l'Abattoir. Le bureau comprend : 1. Un service de renseignements sur les blessés et prisonniers de guerre belges et français, qui a établi à ce jour 230.000 fiches. 2. Un service postal qui met à la disposition du publio des cartes et enveloppes spéciales pour la correspondance avec les prisonniers. Un membre du personnel se charge de rédiger la correspondance des illettrés. Chaque^ jour, le courrier est trié, groupé et expédié directement au Bureau de Censure des Camps. (Lo nombre en dépasse les soixante-dix.) A ce jour il a été expédié plus de 20.000 lettres et près de 30.000 cartes, tant à nos prisonniers en Allemagne, .qu'à nos internés en Hollande. 3. Un 6ervioe d'envois de fonds, qui au 1er septembre avait délivré pr£s de 50.000 francs aux prisonniers en Allemagne et environ 2.500 francs aux. internés en Hollande. 4. Un service d'expédition des colis qui se charge du groupement de l'envoi des colis de 5 kilogrammes en Allemagne. Le nombre de colis expédiés au 1er septembre est de 11.301. Entre autre l'expédition d'environ 5.000 colis postaux de 500 gr. a été assurée. • 5. (Jne section de secours. Cette section, à cause de ses maigres ressources, n'a pu envoyer aux prisonniers nécessiteux que 550 colis et 1500 frs. en secours discrets pour compléter les colis des nécessiteux de seconde catégorie. il y a un an! 22 novembre 101Jf: Bombarde ml: nt et destruction, sans nécessité stratégique, de l'hôtel de ville, de la cathédrale et de la halle aux drapiers d'Y près. En Pologne, avance allemande sur la. Wartha, près de Lodz. En Galicie, évacuation de Nova-Sanz dek pcir les Autrichiens, qui perdent 6,000 prisonniers. Sur la côte de Syrie, débarquement et occupation de Jaffa jxir les Anglais. Sur la mer Noire, bombardement d'un petit port russe, Tuapsse, par le • croiseur turc Hamidieh. Noies du front Vols de nuit. Les aviateurs, qui sont les yeux des formidables masses de troupe aux prises sur les divers fronts, ne se contentent pas de surveiller en plein jour les mouvements de l'ennemi. Par les nuits sereines qu'éclaire quelque peu la lune, ils s'en vont aussi reconnaître les positions de l'adversaire et les déplacements de ses troupes.Ils s'en vont' aussi souvent, la nuit, bombarder soit un point stratégique important, tel une bifurcation de chemin de fer, soit un cantonnement de troupes ou un dépôt de munitions.La nuit, l'emploi des appareils rapides n'est pas nécessaire. Un bon appareil à la papa, un taxi, comme disent nos aviateyrs, convient généralement beaucoup mieux. Allant moins vite, il permet d'atteindre plus sûrement le but vise et de transporter un plus grand poids d'explosif s# Quant à la vitesse elle a peu d'importance, car il n'y a pas à craindre d'être pris en chasse, la"nuit,..par un appareil plus rapide. Connaissant admirablement le pays — leur - pays — qu'ils survolent depuis plus d'un an, nos aviateurs se risquent sans la moindre crainte dans la nuit, au clair de lune. Les .routes, les canaux, les villages, les lignes d'arbres, les chemins de fer, la mer et les dunes sont autant de points de repère archi-connus qui les guident aussi bien qu'en plein jour. C'est un peu à cause de cette connaissance du terrain, que nos aviateurs sont infiniment supérieurs aux Allemands dans ce genro de sport. Leur audace fait le reste. Nos hommes choisissent, avant de partir, lo genre de projectiles qui leur conviennent le mieux pour exécuter le bombardement qui leur a été ordonné. Ce choix leur est dicte par le but à atteindre. S'il s'agit d'un but de grande surface, ramassé, de grosses bombes font l'affaire. S'ils ont en vue des buts allongés, tels une série de hangars d'avions, des bombes de grosseur moyenne valent mieux. Et les voilà s'apprêtant à quitter le sol. Pendant qu'ils roulent sur le terrain en accentuant leur vitesse, on ressent une angoisse toute particulière: on 6e demande si l'obscurité ne pèse pas sur leurs ailes et ne va pas les empêcher de s'élever de terre. Mais tout h coup, souvent sans qu'on ait pu s'apercevoir du mouvement du gouvernail, l'avion quitte le sol. La pétarade du moteur semble plus sonore que durant le jour. Pondant dix ou vingt secondes on peut le suivre des yeux. Brusquement il disparaît. On n'entend plus que lo vrombissement de la machine. Elle s'en va là-bas, semer la terreur et les bombes parmi les troupes allemandes. * *- * Les lignes sont passées, souvent au milieu de la fusillade. L'avion suit une route ou un canal. Soudain on aperçoit des tâches noires et espacées le long d'une route. C'est un convoi de ravitaillement sans doute, qui s'est arrêté en entendant venir l'oiseau de nuit. L'appareil descend jusqu'à frôler les arbres pour reconnaître bien souvent que ce n'était que l'ombre de ceux-ci qu'il a aperçue. Parfois l'observateur ne s'est pas trompé et les bombes s'abattent & quelques secondes d'intervalle, éclairant brusquement la course éperdue de ces hommes^ et do ces chevaux, fuyant devant la mort qui a déià frappé quelques-uns d'entre eux. Mais l'oiseau monstrueux avance et l'ombre qu'il projette vient jeter un voile passager sur cette scène de guerre* Plus loin on voit de petites -tâches se toou- Ivoir, puis s'agglomérer, formant groupe. Do ce groupe partent aussitôt des feux de 6alve. A proximité des points stratégiques ou des aérodromes ennemis, dès que le ronronnement des cylindres a décelé leur approche, l'ennemi «e met à rechercher l'audacieux qui vient l'attaquer. Les rayons blafards des projecteurs, comme les longues pattes d'un faucheur, battent spasmodiquement la mesure dans l'obscurité. Des fusées éclairantes montent très haut dans le ciel. Ces lumières viennent éblouir parfois le pilote et l'observateur, enfin découverts. Aussitôt les canons, 6 ou 8 parfois, Crachent leurs proiectiles qui, presoue toujours, vont éclater trop haut. La bouche des mitrailleuses qui caquètent sans discontinuer et crachent avec régularité le feu avec les cartouches ressemble, vue du haut de l'avion, à un scintillement d'étoiles. Les fusils forit entendre leur pétarade fantaisiste. Des sifflements remplissent les oreilles des aviateurs. Froidement, comme s'ils étaient sur le point d'atterrir à leur propre champ d'aviation, nos hommes manoeuvrant. L'observateur crie au pilo+e: A gauche! Encore à ga.u'che 1 Feu!! Le pilote, faisant manoeuvrer sa , soupape, laisse successivement tomber Ses bofnbes sur les cont.ruction« surto^es. An cours de certains de ces bombardements-les Allemand* ont ^ perdu iusque 50 ou fiO hommes, dont la moitié t-u£s. Et certains de nos aviateurs ont accompli jusque eu Ulle se"1'"' ^ | (..XXo Siècle?'! Matagne.

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This item is a publication of the title L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam belonging to the category Oorlogspers, published in Amsterdam from 1914 to 1918.

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