L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam

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17 November 1917
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s.n. 1917, 17 November. L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam. Seen on 24 October 2020, on https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/en/pid/183416tx6z/
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4«me Année 7%°. ïiSO «s cetiîs &§^meeiî 17 îîoverrcîbre S©ff? L'ECHO BELGE L'Union fait la Force. «Journal QsioticSIera dis tsraalâin paraissant en HoSlancSe Belge est notre nom de Famille. — „U.„ M,..- —» ^ Il ■ "g- ' ———— , I Toutes les lettres cSosvesii être adressées a ta boareaajî de rédaction: Ptf. Z. VOORBURGWAL* 234-240, AMSTERDAM. Téléphones: 2797 et 177S. Rédacteur 'en Chefi : Gustave Jaspaers. rSr» . < Charlles Bernard, Louis Piérard, té de R^actaon.| ^^ e^arrclbry, g^nr^Be g»gaîlaTOz->.s»é. •Abonnements: Hollande II. 1.50 par mois. Etranger I!. 2.00 par mois. Pour les militaires au front et les militaires internés en Hollande tî. 0.75 par mois payable par anticipation. Annonces: US cents la ligne. Réclames: 30 cents la ligne. ïers l'Italie en guerre. Carnet de Route. Londres, fin octobre 1917. Ce serait exagérer assurément -— comnn le font certains Français — que de croin la Hollande plus éloignée de Paris en c< moment que le Tliibet ou le Béloutcliistan En nous pressant un peu, nous aurions pi venir de La Haye au Havre en six ou 6ep-jours. La Hollande est bien loin tout d< même... Heureux qui, comme Ulysse, a fail un beau voyage, malgré le mal de mer e1 les tempêtes d'équinoxe. Les mystériem esquifs qui maintiennent un cordon ornbi lical entre la Hollande tranquile et l'univers civilisé, dont la Bochie s'est exclue; transportent un monde curieux de prisonniers évadés, de businessmen impérieux et d'exilés plaintifs. C'est un peu un microcosme où toutes les race3 et toutes les civilisations se rencontrent. A un an de distance c'est à peine» si nous trouvons quelque chose de changé à la vie de Londres, à part ce renchérissement de toutes choses qui est un phénomène universel. Mais on a de tout, à l'exception de sucre (c'est la seule pénurie que j'aie constatée à Londres comme à Paris). Même vie intense dans Baby-lonc-City, même ,,business as usual" et : même fringale de plaisir et de spectacles j fastueux ou grivois chez Tommis Àtkins, les Canadiens ou les Anzaca en permission, cm leave. Quant aux raids d'avions ou de ! Zeppelins, ils viennent à point pour raviver, s'il en était besoin, la ferme volonté britannique de mettre à jamais hors d'état de nuire la nation- qui montre dans l'horreur du crime cette stupidité têtue. En dépit de quelques doux mystiques qu'on laisse pérorer à Hyde-Park, la haine de l'Allemand tueur de gosses s'installe tout doucement . au coeur du peuple anglais et c'est à peine si la nécessité des représailles sur les villes d'outre-Rhin est encore discutée. Et puis, les Boche3 ont suscité un militarisme anglais, un esprit guerrier britannico-améri-cain qu'on voit à l'oeuvre dès à présent. Quel peuple imbécile que ce peuple allemand si instruit! Le Havre. —1 La traversée de Southamp-tou au Havre se fait par une nuit merveilleusement ealme et pure, sur une mer* d'huile. Long bavardage sur le pont, avant le dodo, avec le confrère Claes, directeur de la Métropole, un catholique à qui la guerre, comme à Neuray, du XXe Siècle, semble avoir appris quelque chose et tout au moins que personne n'est tabou dans le personnel gouvernemental et politique. Hé! oui : il faudra qu'en Belgique Messieurs les politiciens s'accommodent d'une presse indépendante, ayant son franc-parier— Nous prenons plaisir tous les deux à entendre les récits de notre compatriote Me Gaston de Levai, qui, étant attaché à la légation d'Amérique à Bruxelles, fit des efforts désespérés pour tâcher de sauver Miss Ecîdth Cavell. Celle-ci, atteinte de somnanbulisme, parla dans son sommeil, cependant que des mouchards allemands l'épiaient. D& Levai rentre d'Amérique où il a été reçu par le président •Wflson et fêté par ses confrères du barreau. Il nous confirme par cent détails que les sympathies pour notre malheureux pays sont aussi vives là-bas qu'aux premiers jours de la guerre et n'ont d'égales que l'admiration pour la France de la Marne et de Verdun.Quelle joie, au matin, quand pénètre 'dans ma chambre d'hôtel, par les fenêtres toutes grandes ouvertes, un bon soleil, le dernier avant les brumes glacées de novembre, quelle joie de contempler l'admirable passage de l'estuaire de la Seine, le port qu'anime le va-et-vient des remorqueurs ou des rapides bâtiments de guerre et tout là-bas, à l'horizon, la ligne gris-bleu de la côte avec Honfleur et Trouviile'... Joie aussi.de se retrouver, de se savoir sur cette terre de France, meurtrie, mutilée, mais dont le peuple, au milieu de ses souffrances, de sa grande Passion, a gardé sa grâce et sa fantaisie adorable. Que •nous voilà loin de la Hollande austère, sage, régulière, où la vie s'écoule heureuse, tranquille, toujours pareille! Il m'amuse, à ma première emplette dans un bureau de tabac où je demande des timbres, de m'en-tendre tutoyer par la marchande qui me dit: ,,J'en ai pus, mon petit. Vas-dono au [bureau de poste, dans la rue d'Paris!" Le tramway qui m'emmène à Sainte-Adresse stoppe un temps infini à je ne sais quel fatal croisement. Finalement arrive le tramway attendu, dont le conducteur est vivement pris à partie par le nôtre: ,,Eh bien! qu'est qu'tu fais? Vlà 10 minutes qu'on t'attend." La réponse est adorable: ,,Ah! oui et quand ça serait un quart d'heure, fvingt minutes?" Confessons-le: nous aimions chez les Français cette fantaisie et ce laisser-aller qu'ils mettaient dans beaucoup de choses de l'existence. Le malheur est que de telles moeurs \ne sont point de mise eai temps de guerre... Je suis descendu dans un hôtel pittoresque, admirablement situé, mais dont le confort est rudimentaire. C'est toute juste s'il est propre. Il n'a pas dû changer depuis le temps où Laurence Sterne colligeait des impressions pour son Sentimental Jour-•ney. Le premier 6oir je rentre quand les douze coups de minuit sonnent à une église voisine. Pendant vingt minutes, je presse en vain le bouton électrique à la porte. On n'ouvre pas. Il ne me reste plus qu'à me rendre, comme on dit à Bruxelles, ,,sur un plus grand'"... Soàtrvto-Adressé. ■—• Deux jours employés à observer une fois de plue le monde officiel belge _ incrusté sur le rocher de Sainte-Adresse, sur la ,,colline inspirée"... par Dufayel. Quelques hommes seulement — ministres ou fonctionnaires — GOgsgfeefc par leur largeur de vues, leur patriotisme éclairé, de la me: quinérie courante, de l'esprit d'intrigi qui rappelle d'une façon touchante les ph saintes traditions de la rue de la Loi. U esprit nouveau, de bon alci, semble rajeun: excellemment le ministère des affaires étrai gères où naguère encore les Greindl et Ei satz-Greindl faisaient la loi. La nominatio ^ de Destrée à Pétrograde a montré aus: j qu'on voulait, chez nous cornîne en Franoe , renouveler le personnel diplomatique qi en avait bien besoin. On conte cent anec L dotes savoureuses, drôles et tristes à la fois , sur l'incurie ei; l'incapacité que, chez nous j comme en beaucoup de pays, ont révélée , nombre de beaux messieurs de la carrier ; qui se sont chargés durant cette guerre d démontrer la faillite, non point de la di plomatie eecrète, comme le disent mes ami socialistes, mais, dans bien des cas, de L diplomatie tout court. Telle l'histoire d cet ancien ministre de Belgique dans ui pays que les Alliés pouvaient espérer avoi avec eux et qui est actuellement au nernbr de nos ennemis. Quelqu'un demandait ; ce ministre comment il se faisait que, dan la période pathétique qui précéda l'entré en guerre du pays en question, il n'avai pas envoyé à Sainte Adresse un seul rap port: ,,Mais il ne se passait rien, n'est-o pas?" répondit-il ingénuement. Son inter locuteur, stupéfait, le regarda un instan puis, se ressaisissant, lui dit ironiquement : ,,Au fait, vous avez raison". Il semble bien que de plus en plus, ai sein de notre gouvernement, deux groupes bien distincts se forment: d'une part, les ministres réellement et exclusivement dé-voués au bien de la patrie (ils sont six ou sept et leurs noms sont sur toutes les lèvres) et, d'autre part, ceux qui n'ont rien appris, les politiciens indécrottables qui font de l'électoralisme en ce moment! Parmi ces derniers, quelques flamingants tortueux à qui nous devrions, si j'ai bien compris, la coupable mollesse dont on a fait preuve jusqu'ici vis-à-vis des traîtres ,,akti-vistes". N'est-il pas inouï qu'un Borms, instigateur de la démarche des sept à Berlin, fondateur du Conseil des Flandres, organisateur au camp flamand de Gottingen de la propagande la plus dissolvante en attendant < qu'il fonde la légion flamande (dix hommes et un caporal), que cet homme soit actuellement encore membre de l'enseignement moyen et décoré de l'ordre de Léopold II que portent tant de braves, mutilés à l'Yser? (1) Je sais derrière .quel pretexte facile d'aucuns se réfugient: ,,Nous ne voulons pas faire des martyrs?" Borms martyr? Vraiment, après tout ce qui s'est passé.... Les palines seraient bon marché cette» année. Quelle joie ce me fut' de revoir Van -derveldo, Louis de Brouckère, Auguste Dewinne, Emile Brunet, Gaspar, d'autres camarades socialistes belges réfugiés en France. Aucun ne parle sans indignation, tristesse ou dégoût de la dégradante campagne menée en Hollande par certain journal qui déshonore les noms de socialiste et de belge, encore qu'ils n'aient pas tout vu et ne connaissent pas tout. Vandervelde, très occupé par son ministère de l'intendance, et Louis de Brouckère, ce noble caractère, droit comme une lame d'épée, me paraissent toujours dans un état d'esprit excellent en ce qui concerne la reprise des relations avec les socialistes allemands et les palabres à Stockholm ou ailleurs. J'entends quelques histoires, d'où il ressort que la cohabitation de Belges et de Français, au Havre, ne va pas sans quelques heurts, ni quelques frottements. Qui s'en étonnera? A la longue, on finit par voir toutes sortes de défauts à d'excellents cousins qu'on aime beaucoup mais qui sont depuis trop longtemps sous votre toit. Les Belges du Havre ou de Rouen, un peu aigris par cet exil qui se prolonge au delà de toutes prévisions, se plaignent du Normand revêcihe, peu liant, âpre au gain. Les Français, qui ont terriblement souffert de cette guerre monstrueuse, reprochent aux Belges, leurs hôtes, certains travers que nous considérons comme des qualités et parfois aussi certaines maladresses que nous pourrions éviter. Le tout est de ne pas prendre ces frictions au tragique, de ne point grossir démesurément do petits incidents locaux et sporadiques qui, après tout, n'entament en rien l'admiration que nous éprouvons pour la France de Verdun,ni l'inmense gratitude que les Français nous savent pour le sacrifice que nous avons' fait sans hésiter. Aux autorités belges et françaises d'agir à l'occasion avec la vigilance et le tact voulus pour que ces petites affaires sans importance ne s'enveniment pas inutilement. Rouen. — Il faut la croix et la bannière aujourd'hui pour s'arrêter dans l'adorable ville-musée où il faisait si bon flâner aux jours bénis de la paix, où Ton découvrait 1 une merveille à chaque coin de rue. La guerre l'a transformée, lui a donné des éléments de pittoresque nouveaux, infiniment savoureux parmi la grâce ou la noblesse des vieilles pierres. Quel tableau amusant des highlanders écessais aux jambes nues ou les derniers hindous aux .turbans bleus composent tout à coup en pas-taine de Lisieux, en s'attardant dans la cour du délicieux hôtel Bourgthéroulde, ou bien à l'ombre de Saint-Ouen, à regarder la belle statue équestre de Canova! Mais rien dans Rouen, où traîne partout l'arôme du tabac anglais, rien ne vaut aujourd'hui le spectacle du port, d'une activité magnifique qui n'est sans doute égalée que par Bordeaux ou Marseille. Longuement, longuement j'ai regardé dans le g are de l'Allée verte la place où notre pauvre Verhaeren fut broyé, réduit en bouillie.... (à suivre.) Louis Pîérard. (1) Nos lecteurs auront appris par l',,Echo Belge" que Borms a été rayé de l'Ordre de Léopold II depuis que cette lettre j nous a, été envoyée, N.D.L.R., En Belgique. r L" A Bruxelles 11 Un journal clandestin belge, ,,Revue d< la Presse", paraissant depuis près de troi* 1 ans en Belgique occupée, sous le nez et à le barbe des gouverneurs généraux qui se sonl ' succédés à Bruxelles, publie dans son no. ' 112 du 14 août 1917, 3e année, pages b 543-544, le texte commenté d'une afficha 0 allemande qui condamne, par elle-même, lej 3 agissements du gouvernement de l'empire. L'article est intitulé: ,,Une affiche bien alle-3 mande." En voici la reproduction intégrale: 1 Nous avons sous les yeux l'original d'une 3 affiche apposée dans les chantiers allemands 1 où avaient été répartis nos ouvriers dépor- * tés. C'est un vrai chef-d'oeuvre d'hypocrisie 3 et de mensonge. En voici la copie: L Conformément à l'arrêt du gouvemeur-5 général en Belgique du 15 mai 1916 conoer-3 nant les sans-travail, le traitement des civils J belges réfractaires au travail et amenés d'office en Allemagne sera réglé comme suit: * 1. Le travail obligatoire cessera entièrement ; 2. Les Belges ayant jusqu'ici été" obligés de travailleir et qui consentiront à un nouvel engagement pour une durée minimum de quatre mois en Allemagne jouiront des avantages suivants: a) Il sera octroyé un congé de 14 jours pour la Belgique qui pourra être accordé tout de suite. Les frais de déplacement du lieru de travail jusqu'au domicile, seront à la charge des travailleurs belges. En cas d'indigènes, ils ne puurront (sic) en profiter. b) Il sera payé une prime de Fr. 50 en espèces à la famille de l'ouvrier en question. c) Il sera accordé une allocation suivie à la. famille du dit ouvrier marié s'élevant à Fr. 10 par mois pour l'épouse et en sus de Fr. 5 par enfant au-dessous de 14 ans. L'allocation consistera, si possible, en vivres. d) Livraison gratuite de charbons de ménage aux familles des hommes mariés, du mois d'octobre au mois de mars, d'une valeur de Fr. 17.50 et de Fr. 7.50 pour les mois d'avril à septembre. e) Traitement médical gratuit aux bureaux de secours de la Croix Rouge belge pour les membres de famille des hommes mariés. f ) Ils seront traités comme tous les autres étrangers non militarisés vivant librement en Allemagne et ne seront sujets qu'aux restrictions en vigueur pour ces derniers. Ils ne seront donc plus surveillés ni logés en commun."ils ne seront plus obligés à des versements destinés pour leurs familles et pourront, par la voie ordinaire, librement, correspondre avec le^Meurs. g) Après l'expiration de leur* engagement, ils pourront rentrer chez eux s'ils ne préfèrent (sic) pas contracter un nouvel engagement en Allemagne à prendre cours immédiatement. Dans es dernier cas, il leu sera accordé, à la place de la susdite prim de Fr. 50, une prime de Fr. 100, payable ; ) leur famille en Belgique. ; 3. Ceux des travailleurs belges qui n> consentiront pas de plein (sic) gré à l'enga ( gement, avec un patrôn allemand, pour uni durée de quatre mois, seront immédiatemen ramenés au camp de répartition et si là en core ils ne prendront (sic) pas libremen travail en Allemagne ils seront déportés. (a) Ceux originaires des arrondissement de Mens et d'Arien au camp des prison riîers civils de Maubeuge. (b) Les autres, originaires des territoi-res du gouvernement actuel, à Liège, où jis seront pour leur occupation ultérieure à la disposition du gouvernement général. 4. Les ouvriers belges ayant contracté un engagement seront obligés de l'exécuter. En cas • de refus de remplir leurs "obligations au cours de l'engagement ils seront sujets à l'a juridiction des tribunaux compétents.A l'expiration de leur peine ils seront ramenés pour le camp de répartition et s'ils insistent sur leur refus de continuer à travailler ou de contracter un nouvel engagement ils seront traités comme dit sous chiffre 3. 5. Le traitement des civils se trouvant encore au camp de répartition, des ouvriers travaillant actuellement obligatoirement, ainsi que des hommes travaillant actuellement de plein gré, se réglera sur les conditions actuelles jusqu'au moment de leur arrivée au camp de répartition ou jusqu'à la signature du nouveau contrat. Tout homme refusant de remplir les obligations imposées sera puni par les tribunaux compétents. Ce document contient l'aveu officiel des. méthodes employées par les Allemands pour s'assurer à tout prix la main-d''oeuvre belge. On commence par faire à l'ouvrier les promesses les plus alléchantes: congés, primes, allocations de toutes espèces!. S'il résiste, on le menace; s'il persiste dans son refus de travailler, on le déporte. Mais, ce qui dépasse toutes les bornes, c'est le cynisme avec lequel s'étale dans cette v affiche le mensonge le plus éhonté. L'article I déclare que le travail obligatoire cessera entièrement et... l'article 3 menace de la déportation les ouvriers qui ne travaillent pas de plein gré ! ! ! Est-il possible de mentir plus effronté-^încnt... et plus maladroitement? Non, décidément, les cerveaux boches ne sont pas faits .comme les nôtres ! * // y a un an 17 novembre 1916: l'Jn Macédoine 7es troupes alliées occupent BaraJcli, Prosenik, Kumli, Neyst'm et le couvent de Jaratsk. La crise ministérielle en France» Le cabinet Clemenceau. Un résumé des premières négociations de M. Poincaré avec les leaders politiques. — La presse française. — La formation du cabinet Clemenceau. — Sa composition. » Zi : .i.-ivc: ,.:i - La crise ministérielle, PARIS, 16 novembre. (Hâves.) La première journée de la crise ministérielle ouverte par la démission du cabinet Pain-levé n'a pas apporté d'indication précise er ce qui concerne la personnalité politique à laquelle le président de la République demandera de former le nouveau cabinet. M. Poincaré a procédé pendant toute la journée à des consultations traditionnelles d'hommes politiques et il n'a pas paru que les consultations lui permissent de fixer son choix. M. Poincaré a reçu dans la matinée notamment les présidents du Sénat et de lu Chambre. Il conféra l'après-midi avec M. Clemenceau, qu'il consulta comme président des deux grandes commissions sénatoriales de l'année et des affaires étrangères, avec M.M. Viviani, Briand, llibot, anciens présidents du conseil, Léon Bourgeois, René Renoult, président du groupe radical socialiste de la Chambre, et Georges Leygues, président de la' commission des affaires étrangères.Vers la fin do l'après-midi il eut une entrevue, d'abord avec M. Albert Thomas, ensuite avec M. Marcel Sembat, anciens ministres appartenant au groupe socialiste unifié de la Chambre. Au cours des conversations le président de la République s'informa de l'état d'esprit parlementaire et recueillit les opinions diverses que ces hommes politiques pouvaient émettre. Aucune résolution n'est prise encore. Tous les journaux, commentant la" crise, s'accordent à réclamer le renforcement de l'action gouvernementale et une vigoureuse politique de guerre. L',,Echo de Paris" écrit: NCe n'est pas une question d'ordre politique qui se pose, c'est une question d'intérêt national en laquelle il ne s'agit point de considérer les hommes ou les étiquettes, mais seulement les garanties indispensables de l'oeuvre du salut public qui sera l'oeuvre du ministère de demain. M. Clemenceau écrit dans 1',,Homme enchaîné": Les gouvernants et les Chambres ont eu trop longtemps peur les uns des autres. Il faut désormais, s'ils veulent obtenir le maximum d'une heureuse activité continue, qu'ils se fassent mutuellement confiance sous les regards de tous et qu'aux conditions posées de part et d'autre chacun «achei [tenir invariablement-, Qui sait? Ce ~ l-"*0 «UM1 ^Ci- tains ont pu le croire. Car, depuis les grands ! jours de Valmy, les plus lumineux dans l'histoire, — mais d'un, terrible passage — à aucune heure peut-être ne vit-on si magnifiquement transparaître à travers les inévitables querelles de personnes la majestueuse figure de la France historique à sauver. i ) M. Renaudel écrit dans 1',,Humanité": Les membres du gouvernement n'ont pas à être distraits de leur tâche qui doit être ! permanente, qui doit les rassembler d'une façon constante et pas seulement d'une manière intermittente. Qu'ils veillent à l'exécution des décisions quand celles-ci auront été prises et transmises aux sous-secrétaires techniques et administratifs; si les décisions ne sont pas appliquées dans les délais fixés par eux, qu'ils brisent les lenteurs, recherchent les responsabilités, édictent des sanctions, qui rappellent à tous que nous sommes en guerre et que nul n'a le droit de s'endormir sur ses dossiers. i La constitution du nouveau cabinet. PARIS, 16 novembre. (Reuter.) Le nouveau cabinet sera probablement constitué comme suit: Clemenceau (président du conseil, guerre, avec le sénateur Jeanneny comme sous-secrétai-ro d'Etat,' t Pams (intérieur), Pichon (affaires étrangères), Peret (finances), Lebrun ou Klotz (commerce), Clementel (colonies), Àugagneur (agriculture), Dariao (instruction publique), Laffere (marine), Dounier (ravitaillement), Louçheur (travaux publics), Claveille (aviation) . Le ministère Clemenceau, PARIS, 16 nov. (Ilavas.) Le ministère est ainsi constitué: Présidence du conseil et guerre, M. Clemenceau; justice, M. Nail; affaires étrangères, M. Pichon; intérieur, M. Pams; finances, M. Klotz; marine, M. Georges Leygues; commerce, M. Clementel ; travaux publics, M. Claveille; armement, M. Loucheur; instruction publique, M. Lafferre; colonies, Henri Simon. Les portefeuilles du ravitaillement, de l'agriculture et du travail seront attribués ultérieurement. M. Jeanneney ira au ministère de la guerre comme sous-sfecrétaire d'Etat. M. Cols sera 60us-secrétaire d'Etat à la marine. Les autres sous-secrétariats seront attribués cetts après-midi, j M. Clemenceau présentera le nouveau ministère à trois heures de l'après-midi à | M. Poincaré^ L© 12Hme Joyr de la giserre- , Activité d'artillerie à l'Ouest i 1 Les Britanniques repoussent deux attaques en Flandre. — Bom-, bardemsnt des positions de l'ennemi sur le front macédonien. ) Sur le front occidental. Vaines tentatives allemandes en Flandre, (Communiqué officiel) » LONDRES, 15 novembre. Ce matin, de bonne heure, l'ennemi bombarda violemment les positions britannique au nord de la route de Menin et peu après son infanterie tenta -vne i attaque. L'action fut repoussée par le feu britannique.Un autre détachement ennemi qui tentait d'aborder no3 lignes au nord-est de Passchen-daele fut également refoulé. L'artillerie ennemie, montra à nouveau une grande activité aux environs de Passcliendaele et dans la région au nord et au sud du village. Vifs combats d'artillerie, (Communiqué officiel.) PARIS, 15 novembre. Assez vifs oombats d'artillerie dans la région au nord de Braye en La'onnois et sur la rive droite de la Meuse. Les pertes allemandes, LONDRES, lô novembre* Le correspondant de Reuter au front écrit: Les pertes subies par les Allemands sur le front occidental dans la lutte contre les troupes franco-britanniques dépassent un million, et probablement même .un million et quart d'hommes.Même si toutes les allégations des Allemands concernant leur succès en Italie sont exactes, les pertes des Italiens sont minimes en comparaison avec les pertes subies par les Allemands, rien que sur lo front occidental. , Il faut se dire aussi que ces pertes n'ont pas été subies dans une guerre do mouvement, qu'elles- ne constituent pas les conséquences d'une panique au sein dos armées allemandes, mais qu'elles sont le résultat de la pression ininterrompue exercee par les troupes alliees sur les solides positions allemandes. Nos desnières attaques ont anéanti l'ancien principe d'après lequel, dans la lutte contre des positions fortifiées, les pertes de l'assaillant doivent être toujours plus fortes que celles du défenseur. Sur !e front macédonien. Combats de patrouille. (Communiqué officiel) PARIS, 15 novembre. Sur tout le front en Macédoine actions d'artillerie modérées. Combats de patrouille dans la région des lacs. Sur tous les fronts Depuis le début de la guerre les Britanniques ont fait 166.000 prisonniers et capturé 800 canons. LONDRES, 15 novembre. (Reuter.) !À] la Chambre des Communes M. Forster, le. secrétaire financier du ministère de la. guerre, déclara que, depuis le 1er Juillet 1916, les troupes britanniques ont conquis ou reconquis, sur tous les fronts, un terri-* toire total de 128.000 milles carrés. Depuis la même date elles ont fait 30,197, prisonniers turcs et capturé 186 canons, tandis que le butin capturé sur le front en Palestine n'a pas encore été complètement dénombré. Sur le front occidental elles firent, depuis le 1er juillet 1916, 101.534 prisonnier» (ovations) et capturèrent 519 canons. Depuis le début de la guerre les armées britanniques firent 166.000 prisonniers et capturèrent plus de 800 canons sur tous lee fronts. LBUni©âi sacrée en Italie, lue Importante Séance à la Chambre italienne. Discours patriotiques d'Orlando, Bosel/i, SioSitti, Salandra, Luz« zatL — Les sôoialisies ne demandent pas la discussion de la question des responsabilités. — La guerre sera poursuivie à outrance. La Séance du Sénat. Discours de Wl. Orlando Le chef du cabinet a prononcé au cou] de l'importante séance qui vient d'avoir lie à la Chambre italienne un très long et tri important discours. Dans l'examen de la situation militain le président du Conseil déclara que la mas.-des assaillants avait suffi à créer une situ; tion militaire très difficile, d'autant pli difficile que d'autres événements malhei reux concoururent à déterminer la retrait afin de sauver le gros de .l'armée. C'est don par un motif stratégique que nous abandbr nâmes sans combattre les positions arrachéc à l'ennemi et les portes orientales de l'Ita lie. Nous avons acclamé cette armée au heures de victoire, nous l'acclamons au heures d'adversité. Après avoir magnifi l'armée italienne, Orlando examina les me sures que le gouvernement comptait prou dre pour parer à la situation difficile pre sente. Orlando adressa aux députés un près sant appel en vue de resserrer l'union sacré et de lutter, toutes forces réunies, contr l'envahisseur. Orlando déclara que le gouvernement pleine conscienoe de la gravite de l'heure c désire promptement une ample discussion d la situation. Cependant, pendant que l'in vasion ennemie exerco encore sa menaçant pression, il faut agir et non pas discuter, ca la discussion retarderait l'action. 11 parai plus opportun d'établir immédiatement ui contact plus intime avec les alliés. Or, quel que rapide qu'ait été notre décision à c sujet, il nous est agréable de constate qu'elle fut prévenue avec empressement pa les gouvernements alliés. La France et l'An gleterre entreprirent en hâte l'envoi de trou pes en Italie, afin de rejeter l'ennemi com mun. Toute la nation italienne leur en ser; reconnaissante. La question de la solidarité et de l orga nisatien pratique de la défense avait déj; été examinée au <>ours de la récente entre vue de Rapollo. Il fut décidé de créer m conseil suprême entre alliés, qui aurait h tâche essentielle de coordonner plus intime ment l'action militaire dans les différence: zones de guerre du front occidental. Ui comité militaire consultatif permanent, qu assistera le conseil suprême, fut égalemen constitué. Ce furent de sages mesures. Orlando rend ensuite un vibrant h.om mage à l'appui des Etats-Unis qui donna £ l'Italie des preuves solennelles de sa cordiale sympathie. Le gouvernement, l'armée et h nation italiens sont unis par une seule volonté, un seul devoir: vaincre par la force des armes et la résistance intérieure l'ennemi qui s'avance. Cet ennemi poursuivait deux buts: briser l'armée, décourager 1* pays. Or, nous pouvons affirmer que le deuxième objectif ne sera pas atteint. Nou; sommes prêts à donner tout pour la victoire et l'honneur de l'Italie! Maintenant, devant l'invasion ennemie et la pression qu: persiste, aucune hésitation n'est plus possible. Celui qui reste en dehors de l'ensemble de la nation renie la qualité d'Italien e( celui-là est un ennemi. Le gouvernement est conscient de l'acte qu'il pose relativement à l'union nationale. 11 .croit que le parlement peut seul donner l'affirmation solennelle da la volonté du peuple italien devant l'ennemi 's ainsi que vis-à-vis de nos alliés et proclamer 11 devant le monde et l'histoire que le peuple iS italien consacre de nouveau son unité dans le malheur en affirmant une -nouvelle fois son inébranlable volonté à supporter tout sacrifice, à subir tout déchirement, mais à ~ garder la teto haute et à rester inébranlable s au milieu de l'adversité, fidèle aux engagements d'honneur qu'il assuma lorsqu'il dé-6 cida de participer à la lutte pour le triomphe c du droit et de la justice. L'unité de notre patrie ne se fit pas dans les victoires et dans s la joie, mais dans l'angoisse des attentes et ~ des renonciations temporaires, dans les dou-£ leurs. Ici, au sein de ce parlement, se trouve ^ le foyer de la patrie'd'où, aux heures de dan-û ger, rayonne la chaleur et la flamme de la " Foi. Dans cette idée le parlement comprend - et met même à la première place le chef ^ auguste dont la parole d'espoir retentit aujourd'hui. & Le gouvernement a senti en outre qu'il 3 était de son devoir essentiel de se tenir constamment en contact avec l'armée et le com-i- mandement suprême. Il ne faillira pas à sou t devoir. - Ce discours, fréquemment coupé d'ap- - plaudissements, 6'acheva sous une ovation 2 délirante; L Discours de M. Boselli 1 Boselli développa ensuite l'ordre du jour suivant: ,,La Chambre affirme la nécessité ^ de l'union nationale et la fusion de toutes les énergie? pour faire face à. l'invasion ennemie. ,Nous avons loi dans la bravoure do l'armée et dans le secours des alliés". L'an-" I cien chef du cabinet, dans son discours, dit que l'heure du danger sera passagère pour L l'Italie si elle reste unie. A l'invasion ennemie répond avec hardiesse l'âme éternelle de Rome,* l'âme de Venise qui surent toujenirs L semffrir pour l'Italie et son glorieux avenir. " Tous les Italiens s'inclinent, émus et recoin L naissants, devant la Vénétie douloureuse. 1 (Vives approbations). , Boselli insiste en outre sur la pleine con-1 corde qui doit réguer afin de répondre à ; l'appel du roi qui oppcse> fièrement à -l'en-L nemi envahisseur le sentiment italien et la ■ tradition d'actes merveilleux qui se renouvelleront. Le vote de la Chambre, dit-il en terminant, sera l'affirmation de la foi dans ' les alliés avec qui nous combattons pe;ir la liberté des nations. L'ennemi se trompe s'îl croit nous déprimer et nous diviser. Du palais royal aux plus humbles maisons de tou-' tes les villes et de toutes les bourgades, dans les fabriques et dans les champs, la pensée ' de foi patriotique est unanime. (Ovations). Discours de M. Giolitti Giolitti monta ensuite à la tribune. ,,Ce n'est pas le moment des discours, dit-il. Il I ' faut envisager avec calme la réalité et agir rapidement et avec énergie. Nous pouvons sûrement compter sur la bravoure de nos soldats. Tous les citoyens doivent être prêts à tous les sacrifices. Il faut donner l'exemple à n-os braves et fidèles alliés qui viennent combattre à nos côtés et qui doivent i trouver l'Italie virile, debout, digne do son

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This item is a publication of the title L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam belonging to the category Oorlogspers, published in Amsterdam from 1914 to 1918.

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