L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam

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04 September 1915
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s.n. 1915, 04 September. L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam. Seen on 02 December 2022, on https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/en/pid/rx93777468/
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I 1ère Anitee w®» âss S cënis'no centimes1) gameâi -c? sepsemore 1923 L'ECHO BELGE L'Union fait la Forcer •Jourcaal Quotidien e£u matin paraissant â Amstsî^am Belge est noirs nom de Famille. ■ SSP—— < . . 1 ————~~ Toutes les lettres doivent être adressées I au bureau die rédaction: N.Z. VOOHBURGWÂL 234-240 Téléphone: 2797. Rédacteur en Chef: Gustave Jaspaers. _ , _ _ _, . . ( Charles Bernard, Charles Herbjeî, Comité de Rédaction: „ . „ ,, , , l René Chambry, Emile Palnparé. Pour les annonces, abonnements et vente au numéro, s'adresser à l'Administration du journal: N.Z. VOOHBURGWAL, 234-240. Téléphone: 177S. Abonnement f En Hollande fl. 1.50 par mois, payable par anticipation l Etranger fl. 2.80 „ Notre Souci I Pas un instant nos regards lie peuvent ■se détacher des opérations militaires. Que ■des neutres n'aient plus qu'une pensée: ■qu'importe le résultat, pourvu que ça finis- ■ gç et s'ils trouvent spirituel d'arborer à ■leur boutonnière un bouton d'émail avec ■cette inscription: ,,ne me parlez plus de la Iguerre", à leur aise. Nous autres, nous avons ■tout sacrifié pour l'honneur, oui, si vous ■entendez qu'avec l'honneur nous voulons ■aussi toutes les réparations matérielles et ■morales, surtout morales, que nous sommés ■en droit d'attendre de nos sacrifices. Le ■ jfloria victis" ne saurait nous convenir; ■nous en avons assez d'être plaints et nous ■voulons que vienne enfin le temps où l'on nous respectera. Et nous n'aurons le respect ■qu'avec la victoire. ■ Cette victoire finale nous l'espérons, oui, ■mais nous ne pouvons l'espérer efficacement ■que si nous la voulons. Nous, c'est-à-dire ■tous les Belges, nos poilus qui sont au front, ■d'abord, nous autres qui sommes à l'arrière, ensuite. Nous devons la vouloir obstinément^ jet, la voulant, nous devons y appliquer toutes nos facultés et tout notre temps. I On a dit justement que le pessimisme des civils équivaut à la désertion chez les militaires. Il y a pis encore que le pessimisme, ■'est l'indifférence ou, plutôt, l'apathie, ■cette maladie qu'on pourrait appeler l'à-Iquoi-bonisme. Elle se résume dans cet ■aperçu: les Français n'avancent pas, les Russes reculent et il n'y a rien à faire aux Dardanelles. ■ Les Français n'avancent pas ! Savez-vous qu'a coûté la terrible retraite de Belgique et des départements du Nord? Savez-*vous ce qu'a coûté l'héroïque résistance en Lorraine qui rendit possible l'adipirable manoeuvre qui permit à Joffre de rejeter deux millions de Boches à cent kilomètres ien arrière1 Savez-vous ce qu'a coûté la bataille de Ja Marne elle-même, cette bataille jui fut une victoire et qui valut son prix ? ies femmes françaises dont le deuil assombrit les villes de France — où le Café du Commerce est désert et où le mail se jonche des feuilles que septembre arrache sans que nul promeneur ne les foule — ces nobles femmes vous le diront. Et ce qu'a coûté la Bataille de Champagne, l'hiver dernier, et la bataille d'Arras? Et songez-vous que ■ions, Belges, nous combattons sur le même Iront et que lorsque vous dites: les Français n'avancent pas, vous dites en même ■temps que les Belges n'avancent pas davantage,les Belges, les nôtres dont des dizaines de milliers ont rougi de leur sang les bords de la Meuse, les champs de Louvain, les ■lignes de la Nèthe et l'Yser fameux ? | Les Russes reculent. Demandez donc aux Boches ce qu'il leur en a coûté de les faire ■eculer. Cette fois ce sont les femmes allemandes, les Gretchen, si heureuses au début de la guerre "de recevoir des lettres de leur Michel pleines de détails 6ur les massacres \de nos mères et de nos soeurs, qui vous ■épondjont. Les Russes reculent, oui, mais les pièces de 42, les 30 et les 28, devant quoi j|>as une citadelle ne résiste, ont-elles réussi à ébranler cette infanterie admirable dont «'est en vain qu'elles ont battu en brèche les murs vivants ? ■ Il n'y a rien à faire aux Dardanelles? Hé oui, les Dardanelles sont une position ■ormidable. Dès un an avant la guerre les ■ulemands avaient fait transformer par leurs ingénieurs et leurs pionniers tout le Baesif montagneux que constitue la presqu'île de Gallipoli en un immense fort, Présentant un inextricable fouillis d'abris Souterrains bétonnés. Mais les Anglo-Fran-ffiais ont déjà réussi à prendre pied sur trois Joints de ce réduit jugé non seulement inexpugnable mais encore inaccessible. Depuis Bw mois, pas un jour, pas une nuit ne se Passe sans qu'on s'y batte en de terribles iorps à corps dans l'éclatement des shrap-■ells. Les Turcs se vantent que dans les lemiers combats près ' d'Anaforta les Anglais ont eu dix mille tués, soit. Mais les ■nglais ont pris les tranchées turques et Bs sont un peu plus près du succès final, ph! 6i les Tommies de sir Jan Hamilton, fi les poilus du général Sarrail pensaient |omme vous, croyez-vous qpu'ils iraient se faire mitrailler par dizaines ae mille à la [ois pour un simple leurre? Vous qui n'exposez rien, qui ne devez pas marcher à l'assaut sous un soleil de plomb avec la mort Rui hurle, qui siffle, qui éclaté partout I lutour de vous, partagez donc la vaillante lumeur de ces héros qui savent mieux que r°us la grandeur des résistances à vaincre Cais qui savent surtout mieux que vous juelle est la grandeur de leur puissance et le leur bravoure invincible. . Qu.e de motifs d'espérer I Mais encore laut-il ^ les distinguer, les soupeser et, au pr et à mesure qu'un de ee^ indices iheu-eux s accentue et que se réalise tout ce Ru il ^ contient,, fortifier sa confiance et Pccroitre ainsi notre force morale qui, pas'* poins que notre force matérielle, nous don-L?5a. f1. victoire. Certes notre pire souci e ait bien la retraite de cette armée russe » r iaquelle, naguère, nous avions fondé nt d espérances. Déjà notre esprit inquiet oyait lo pire et refusait d'écouter ceux qui isaient que cette armée n'était pas battue j Çu elle constituait toujours pour l'Alle-rerP! l'Autriche réunie un adversaire iour 69 événements des derniers II «i wo&teent ççiftMej], ils av^nt raison. ' Les Allemands ont appris qu'il y a plus loin de Tnkkum à Pétrograde que de la coupe aux lèvres et voici venir l'hiver russe qui mettra s\ir leur chemin bien d'autres obstacles. Cependant, à l'Ouest, les soldats de Joffre et de French ne voient pas venir ces redoutables phalanges à la Mackensen de deux cent mille hommes chacune, eaica-drées de deux mille canons de gros calibre, et qui, selon le mot de Guillaume II, devaient frapper un coup dont l'Europe entière aurait tremblé. Les Russes, en retenant par devers eux les innombrables légions de la Germanie, permettent aux Anglais de ; parachever leurs préparatifs formidables et, qui sait, de frapper ce coup qui délivrera enfin l'Europe du cauchemar allemand. Charles Bernard. ■ i a ■ • ■ m Si y a un an! Jf. septembre 1914.: Sous Anvers, les Bel-\ g es inondent les rives du Rupel et noient quelques gros canons allemands. Von Kluck, en un large mouvement de conversion, néglige Paris et se dirige en hâte vers le sud-est dans l'espoir d'envelopper les armées françaises. Les AUemanids occupent Meaux, la, Ferté-sous-JovJ&rre, Epernay, Reims, Châlons-sur-Marne, Cler-mont-en-Argon/rie et traversent la Meuse à Conscnvoye,. Bombardement de Mcmbeuge. Violents combats dans les Vosges et en Lorraine. Les alliés signent à Londres la déclaration par laquelle ils s'engagent à ne conclure de paix séparée. La bataille de la Marrie et Ses Beiges H paraît qu'on va célébrer à Paris la fameuse victoire de la Marne, qui compléta l'oeuvre commencée à Liège de la défaite allemande et qui sauv^ Paris de l'invasion. Il n'est pas hors de propos de signaler le rôle de l'armée belge lors de la bataille de la Marne, d'après un correspondant de guerre américain. M. Alexander Powell, correspondant de guerre du World, le grand journal de New-York, était en Belgique pendant les événements qui s'y déroulèrent d'août à . octobre 1914. Les lignes suivantes sont extraites du livre qu'il a publié sous le nom de Fighting in Flanders (New-York, Scribner, 1915) et qu'a magnifiquement traduit notre confrère M. Gérard Harry : „Pour des raisons stratégiques, l'amplitude et la signification de la grande bataille de quatre jours, qui s'est livrée vers la mi-septembre entre l'armée belge de campagne et les forces f llemandes dans le Nord de la Belgique, ont été soigneusement cachées dans toutes les communications officielles du moment et, dans la précipitation des événements, son importance a été perdue de vue. ,,Pourtant, le grand mouvement de flanc des Alliés en France a dû une grande part de son succès à ce mouvement d'offensive déterminée de la part des Belges, qui, ainsi qu'il a été prouvé plus tard, ont agi en étroite collaboration avec l'état-major français. ,,Cette sortie inopinée, qui prit les Allemands complètement par surprise, non seulement les a forcés à concentrer toutes leurs forces disponibles en Belgique, mais,, ce qui était plus important, elle a nécessité le rappel en hâte» de leur 3e et de leur 9e corps d'armée qui se trouvaient tout près de la frontière française et dont l'arrivée sur la ligne de bataille en . France aurait pu faire tourner lés chances du côté allemand. ,,En outre, les Allemands ont dû amener leurs régiments de landwehr et de landsturm du sud^ de Bruxelles et une division navale composée de 15,000 marins fut aussi engagée. ,,Ce n'est donc pas exagéré que de dire que le supcès des Alliés sur la Marne fut en grande partie le résultat des sacrifices faits à ce moment pa«r l'armée belge. Tous les hommes disponibles de l'armée allemande ont été utilisés pour tenir la ligne Sempst, Weerde, Cam-penhout, "VVespelaer et Holsbeek. Les Belges se trouvaient au nord-est de cette ligne, leur droite étant à Aerschot et leur centre à Moer-beek. Entre les deux armées belligérantes, serpentait lo canal de Malines à Louvain, sur toute la longueur duquel se déroula une lutte aussi sanglante que n'importe laquelle au cours de la guerre." M. Alexander Powell a été le témoin oculaire de cette bataille. m m ii Croix Rouge de Belgique. souscriptions reçues au Secrétariat Général de VOeuvre, 86 Lange Voorhout} à La Raye: 21e liste générale de souscriptions: A Bonssat 25.00 1rs. Huyorechs 20 00 Anonyme 2000.00 " Mlle yan Beylen .. 20.00 I. Lipschut "'20.00 " Sous-Comité 'de Breda 16.50 " Anonyme 25.Q0 il. Leunissen 5 qq Del Ccmpo j 10.00 " Vente de cartes .postales (1er vers.) 16.lo P. J. Becker (9e vers.) 19.80 " Mme Servais j^qq " L. de Ridder q^q ' Sous-Comité de Breda 17.50 " Les employés des chemins de fer belges à Utrecht et enviroiis ... 5.00 Biscuiterie ,,Victoria" Bruxelles- Dordrecht 100.00 ■J. Redele, Directeur de la Biscuiterie ,,Victoria" à Dordrecht ... 10.00 P. J. Bccker (10e vers.) 12.\\ Dahmen van Éooren 5.00 Vente de cartes postales (2e vers.) 14.00 " Anonymes 0.20 ,, Les Réfugiés Belges de Roosteren 2.50 ,, A. J. ten Kope ■ 50.00 „ II. van Ingelgem, 0.10 „ Madame P. Wielemans 4.00 „ Dr. Jlellema : 1.10 ,, Totmx au 27. août 1915; 76.139,H frs. En Belgique. A Bruxelles. Le dernier raid aérien au-dessus de la capitale a été accompli par un aviateur français avec une sûreté et un courage qui forcent l'admiration. En dépit du feu des canons allemands, l'hardi pilote survola toute la ville, explorant longuement certains endroits, notamment la plaine des manoeuvres d'Etterbeek, qui, ainsi qu'on sait, est le point d'attache d'un Zeppelin et de nombreux aviatiks. Quant aux casernes des guides et des artilleurs, voisines, elles hébergent des troupes allemandes. On croit à Bruxelles que l'aviateur avait ordre de repérer l'emplacement d'une fabrique de gaz asphyxiants que les Boches ont établie non loin de la plaine. D'après notre correspondant particulier, l'avion français n'a pas jeté de bombes. Il a survolé, en tournoyant lentement, les points qu'il avait mission de repérer. Ceci avec une audace déconcertant^. On était en plein jour, le temps était clair. Les canons spéciaux pour tirs contre aéroplanes installés près de la gare d'Etterbeek ouvrirent bientôt un feu très violent contro le petit point noir qui s'avançait rapidement.Toute la population, dans les rues, suivait avec anxiété le combat contre le calme oiseau. Les shrapnells éclataient autour do lui, sans discontinuer. L'un d'eux faillit l'atteindre. Un remous de l'air fit tanguer l'appareil. Par bonheur, l'obus éclata sans endommager le but que nos ennemis se proposaient d'atteindre. Mais ceux-ci faillirent, ailleurs, tuer quelques inoffensifs promeneurs groupés autour du lac du bois de la Cambre. Leurs shrapnells vinrent tomber près de l'île Robinson et c'est vrai- ; ment miracle que personne n'ait été atteint. Lorsque l'aviateur eût terminé sa mission, il reprit, toujours aussi calmement, le chemin de Gand, accompagné de la détonation des shrapnells qui l'entouraient de petits panaches de fumée. Et ça a donné à tous les Bruxellois — croyez m'en — un regain de confiance. Ce n'est pas celle-ci qui manque, bien entendu. Mais ça fait du bien de recevoir une visite amie. Malgré toutes les victoires en Russie, relatées en des placards dont les Allemands inondent Bruxelles, on est resté aussi confiant qu'au premier-jour. On dit:. ,,Ce n'est pas vrai" et l'on garde le sourire. La colère des Boches est indicible de voir que toutes les nouvelles qu'ils affichent sont sujettes à plaisanteries. Au demeurant, les Bruxellois sont très exactement renseignés par les journaux français- et anglais que de hardis courriers font pénétrer en fraude tous les jours. Il semble qu'on n'ait jamais vu, depuis qu'existe le fameux fil électrique, autant de ,,Times" et de ,,Journal" ! On paie, il est vrai, ces feuilles deux francs pièce généralement. Et ce sont des dispùtes, dans beaucoup de familles, pour savoir qui lira le premier %le journal honnête dan3 les colonnes duquel Wolff ne sévit pas. Je vous ai dit en quelle estime on tenait les journaux bruxellois. A cela de nombreuses raisons que vous savez. Mais parfois — soyons juste — ils mènent une salutaire campagne contre certains abus. Non pas qu'ils n'exagèrent jamais. Témoin ce numéro du ,,Quotidien", où il est dit que le froment se vend fr. 27.50, (il en vaut bien 20) ; l'orge, 45 francs poulies 15 francs qu'elle coûte; le seigle, 25 francs ; il en vaut 12. On demande 300' francs pour un porc au lieu des 100 francs qu'on en demandait l'an dernier. Le reste est à l'avenant. En effet, jie donne 300 francs d'un porc que celui qui le veut bien. Mais tout a augmenté dans des proportions fantastiques du fait que les Allemands ont mis la main sur nos récoltes et sur notre bétail. A cette hausse du prix des vivres qui monte insensiblement et qui s'arrêtera Dieu sait quand ? il conviendrait qu'on mette bon ordre. Il est vraiment insensé que des paysans s'enrichissent à la faveur du cataclysme qui s'est abattu sur notre pays. Le même journal consacre à cet état de choses les lignes suivantes: ,,La! guerre, la guerre c^ui a ruiné tant de gens, serait, pour les cultivateurs, une source féconde sinon pure de richesses. Les fermiers exulteraient tout en thésaurisant avec amour: Il en est parmi eux qui cultivent quarante ares de terre et qui se vantent d'avoir gagné vingt-cinq mille francs en 1914 ! Ils payeraient à leurs ouvriers des salaires do famine allant de fr. 1.50 à 2 francs, quittes à les renvoyer chez eux à la première goutte d'eau tombée du ciel. 1 ,,Scandale! nous écrit un lecteur, l'agriculture fraude et vole. Elle gagne outrageusement sur le pain des pauvres, elle ajoute à la misère régnante, ellle exploite la dureté des temps et la faim populaire." Il ajoute, et ceci est grave : ,,Tous les "bourgmestres des villages sont des fermiers. Dans les réunions des comités de secours, ils sont naturellement portés vers les solutions qui servent leurs intérêts. Et nos députés de province laissent faire!" Je n'invente lien, je ne commente pas, -je ; recopie,.' - ■ - i II1 faut que la lumière se fasse sur ces choses-là. Il ne faut'pas que des gens soient accusés à tort, comme il ne faut pas que le pays soit la proie de quelques fermiers rapaces et traîtres. Il ne faut pas qu'on nous vole. Nous n'avons, Dieu merci ! pas besoin de ce surcroît de béatitude." Si je vous envoie cet extrait de journal, c'est parce qu'il exprime exactement ce qui se dit .ici. Les fermiers profitent un peu trop de notre malheur. Mais comment voulez-vous que les députés de province interviennent? L'Allemand qui nous gouverne temporairement se rirait de leurs réclamations, trop heureux de se servir de ce brandon de discorde. Pourtant il faut que cette hausse, dont sont responsables en partie quelques gros cultivateurs, cesse une fois pour toutes. Avec l'hiver aux portes, la lumière et le chauffage en plus, le nombre des indigents va augmenter. Il ne faut pas qu'il s'ac-croisse du fait que des campagnards avides remplissent leurs bas de laine de marks ou de billete de la S-°<nété générale. Ncfus devons être tous égaux devant le malheur et, comme dit le ,,Quotidien" : ,,Nous n'avons pas besoin qu'on nous vole; ce serait un surcroît de béatitude." A la itommandantur, les censeurs n'ont certainement pas compris la portée de cette phrase ! A A sa vers. Jugement a été prononcé dans l'affaire des ,,Fonderies Anversoises" d'Esschen. Nos lecteurs se souviendront que nos loyaux ennemis avaient fait embaucher deux des leurs dans les usines d'Esschen. Un beau matin, ces espions-mouchards demandèrent au directeur de leur faciliter le passage de la frontière. Une conversation eut lieu, que les infâmes individus s'empressèrent d'aller raconter à leur employeur, le major dont on apprécie si souvent les brutalités à la gare d'Esschen. Lo directeur des ,,Fonderies Anvorsoises', et deux ouvriers furent fait prisonniers sur ïe champ. Mais on ne les a jugés que cette semaine. Le directeur et le contremaître de. l'usine écopèrent de 15 ans de travaux forcés tandis qu'un ouvrier se voyait frappé de trois années de la neine. * * * M. Léon van Peb-or^' 1 ne désirerait pas assumer les fonctions d'échevin des. beaux-arts, s'il faut en croire les nouveaux bruits nés^ autour de cette nomination. S'il en était ainsi, M. Louis Franck briguerait ouvertement la succession de feu Frans Van Kuyck. # * • Avis concernant les limites des ressorts des Commissions provinciales de la récolte à Anvers et à Mons. Avec l'approbation de son Excellence le gouverneur général, la Commission centrale de la récolte a décidé que les dix communes de Bascl, Beveren-Waes, Burght, Calloo, Cruy-beke, Haescjpnck, Melsele, Rupelmonde, Steen-dorp et Zwijndreeht, situées en Flandre orientale, dépendront de la Commission provinciale de la récolte à Anvers, et que les quinze communes d'Aclbeke, Bossuyt, Bolleghem, Coy-ghem, Dottignies, Espierres, Helcliin, Her-seaux, Lauwe, Luinghe. Marcke, Reckem, Mouscron, Rolleghem et Saint-Génois, situées en Flandre occidentale, ressortiront do la Commission provinciale de la réoolte à Mons. Bruxelles, le 9 août 1915. Der Vorsitzende der Zentral-Ernte-Kommission, Graf Rantzau. : Pgï&ns «Je Lâêge La vie continue ici à être lourde de monotonie. Beaucoup de gens ne savent à quoi passer leur temps et font d'interminables causettes. On se rencontre au café, au coin des rues, au hasard des trottoirs, et l'on épilogue sur la guerre, on s'interroge, on échange des nouvelles parfois ultra-fantaisistes, étant faites de tous les potins, de tous les ragots, de tous les racontars modifiés, amplifiés, arrangés à la faveur des cent bouches par où ils ont passé avant de vous parvenir. Actuellement, dit „La Belgique Nouyelle", on s'intéresse tout particulièrement au sort de la Hollande, dont on prédit, avec une conviction profonde, — qui repose, grand Dieu! sur quoi? — la très prochaine entrée en scène. L'anxiété et la peine se lisent généralement sur toutes les figures. On est tous infiniment las. Les plaisirs sont rares; au reste, on n'a pas le cœur à les goûter. Chacun perd du poids. Il convient d'ailleurs de noter que l'alimentation est plutôt frugale et que l'ennui mine les plus solides santés. L'incertitude dans laquelle on vit pèse lourdement sur. les caractères qui se modifient, avec une tendance marquée à l'hypocondrie, chez beaucoup. Ah ! quand le temps sera venu de se venger ! Les journaux français de Hollande sont devenus rares et l'on en souffre. Eux du moins avaient notre confiance et constituaient nos uniques réconforts. Il nous reste, bêlas, les journaux censurés. Liège a, à présent, le sien. On ne se lie guère à ces feuilles qui colportent obligatoirement, avec une complaisance forcée, tous les succès de ['ennemi. Ils sont ainsi un des plus grands éléments de démoralisation qui soit. Et si nême ils dénoncent parfois quelques abus idvninistratifs, s'ils viennent en cela en ûde au public, eu revanche ils faussent l'opinion sur les opérations de guerre et sont les ; propagateurs des idées germanophiles.On parle beaucoup Ravitaillement", A ce propos, disons que quelque chose va être changé dans son organisation générale. Jusqu'à présent, il était organisé par les administrations communales. Or, naguère, l'autorité allemande fit savoir aux administrations communales qu'elle ne pouvait plus tolérer cette collaboration officielle, des pouvoirs publics qui sont sous sa surveillance, à moins qu'elles n'acceptent, dans le comité, un délégué allemand. Nos administrations, auxquelles pareille ingérence déplaisait, ont tourné la difficulté et se sont déchargées de leur mission sur des comités privés et locaux, qui continueront le rôle que les administrations communales avaient rempli jusqu'à présent. Le coût de la vie a continué à augmenter considérablement. Donnons, à titre documentaire, le prix de quelques denréés. Ce que nous donnons chaque fois entre parenthèses est le prhs: d'avant la guerre ; cela servira ainsi de point de comparaison. Beurre, 4 fr. 40 le kilo (3 fr.); savon mou, 1 fr. 40 (0 fr. 45); savon sunlight, 1 fr. 30 (0 fr. 55); café, 2 fr. 80 à 3 fr. 40; malt, 1 fr. 80 (0 fr. 50); pommades pour souliers prix doublés; huile d'olive, prix doublés; pétrole, I fr. 60 le litre (0 fr. 17); pommes de terre, 0 fr. 18 et 0 fr. 20 le kilo (0 fr. 13 et 0 fr. 14); viande de porc. 4 fr. et 4 fr. 50 le kilo (2 fr. 50); boeuf, 4 fr. (2 fr. 50); veau, 4 fr. ^3 fr.); mouton, il n'y en a plus ! — lard, 4 fr. (2 fr.); sucre, 0 fr. 85 (0 fr. 60 et 0 fr. 65); margarine, 3 fr. (1 fr. 90); graisse de boeuf, 3 fr. (1 fr. 80); saindoux, 3 fr. (2 fr.); tomates, 0 fr. 50 la boîte (0 fr. 35); biscuits, 0 fr. 35 la douzaine (0 fr. 15); farine, 1 fr. 90 le kilo (0 fr. 40; allumettes, prix doublés; oeufs, 3 fr. 80 le quarteron (2 fr. 90); le fil menace de manquer; les articles de cordonnerie sont augmentés d'un quart; les fruits sont très abondants et bon marché, à cause de l'inexpor-tation.Le nombre des soldats qui occupaient le pays de Liège est fortement diminué depuis quelque temps. Dans maint villages, non loin de la banlieue, il n'/ en a plus du tout. Maint bureaux , pour la livraison des passeports ont,; été supprimés pour pouvoir en envoyer l'es hommes au feu. Quantité d'endroits, qui étaient dotés de sentinelles, en sont aujourd'hui dépourvus. L'autorité allemande évacue ainsi petit à petit le pays: il lui faut des hommes, beaucoup d'hommes; elle en use beaucoup contre le front des Alliés. C'est bon signe... A NaiT&ssB*. Voici une liste de quelques condamnations „boches" : M. Servais Vrithoff, boucher à Namur, rue de l'Ange, 69, a été puni de 30 fr. d'amende ou bien de 6 jours de détention subsidiaire parce qu'il a, Contrairement aux avis du gouvernement général en Belgique des 1er et 25 février 1915, fait abattre une génisse à Namur le 30 juin 1915. M. Eugène Henry, rue Basse-Neuville, 18, à Namur, a été puni de 3 jours de détention parce que, le 24 juillet 1915, il se trouvait encore en rue après 11 heures du soir. En vertu des ordonnances du gouvernement général en Belgique des 1er avril et 1er juillet 1915, concernant les pa-sseports, M. Jean Stévenart, habitant Namur, rue des Brasseurs, 156, a été puni de 25 marks d'amende ou bien de 5 jours do détention subsidiaire parce qu'il n'a pas rendu, après l'expiration de la validité, un passeport qui lui avait été délivré le 14 juin 1915 pour un voyage de 15 jours à Liège, St-Trond et Hasselt, malgré la notice relative au n. 6 des prescriptions imprimées sur le dos du passeport. En vertu de l'avis du gouvernement général, publié dans l',,Ami de l'Ordre" du 19 mai 1915. M. Edmond Silliard, boucher à Namur, rue de Fer, 7, a été puni de 10 marks d'amende ou bien de 2 jours de détention subsidiaire parce qu'il a, le 11 juillet 1915, à 8 h. 30 do la matinée, laissé errer son chien librement et sans muselière dans la rue de Fer. A Verviers. La semaine dernière les funérailles de M. André Rademecker, le tanneur et fabricant de courroies bien connu, ont eu lieu à Verviers. Les deux fils et le gendre du défunt servent dans l'armée belge. En apprenant la nouvelle de la destruction de sa fabrique à Warneton, il fut frappé d'une attaque d'apoplexie à laquelle il ne survécut que quelques mois Dans les FlamsSres,, Depuis trois semaines, la ville de Roulers est totalement isolée. Nul n'en sort, nul n'y rentre si ce n'est un civil chargé du ravitaillement qui est escorté de deux soldats. * * * La ville est morte, bien morte. N'y passent que des militaires. On n'y vend que des cartes postales et des boissons. II y a quelque temps, le correspondant du ,,Telegraaf" signalait qu'il fallait faire de la place pour 5000 personnes. Par moment, des convois de civils français indigents arrivent. Dans les régions de Lille, de Roubaix, etc. la misère est atroce. Les plus malheureux sont expédiés dans des contrées ' où la situation est moins désespérée. Ne fris-sonne-t-on pas à penser à la situation du Nord de la France pendant l'hiver qui s'approche? En général, on a craint en Flandre que l'Amérique déclare la guerre à l'Allemagne, seul soutien et seul .contrôleur en Belgique. Qu'arriverait-il dans ce cas? L'Amérique a fait beaucoup et fait encore beaucoup. * * * A Courtrai, une fabrique travaille encore. Le long do la Lys, l'industrie linière a repris quelqu'activité. Les rouisseurs ont beaucoup d'ouvrage. On y travail]^ comme en temps do paix. Le lin coûte très cher ; les Allemands ei achètent beaucoiip et certains noms de négo ciants en lin doivent être retenus. Grâce ai travail qui n'eet pas entièrement interrompu ies menagères de la région de la Lys ont pi emmagasiner des pommes de terre et du char bon pour l'hiver. Les Allemands essayent vainement de captei la confiance du peuple. Mais cclui-ci ne veu rien entendre. * * * Les paysans font monter les prix des fruit; d line maniéré, éhontée. De colère, très com-preliensible, des bourgeois. Il serait simple cependant de faire cesser ce; état de choses en boycottaat les marchand, malhonnetes. C est simple. Dans le monde Israélite Les Israélites allemands, à leur tour s( mettent en mouvement pour influencer' lei israeutes des pays qui sont en guerre avec 1 Allemagne. En Belgique, ils travaillent ferme. En Hollande, leur propagande est active et il semble que, d'ici peu 'de temps par des mterme'diaires qui, nous voulon! 1 esperer, ne se rendent pas compte de la vilenie qu on leur fait accomplir, ils vont commencer leur travail de taupe en Frau-ce efc en Angleterre. Les Allemands étaient bien organisés pour entrer en campagne; à présent ils mettent tout en oeuvre pour qu'on leur permette de prendre la porte, sans être tror brimes. Mais leurs manoeuvres, qu'ellef émanent de catholiques, de protestants' a Israélites, de n'importe qui, se heurteront a la volonté inébranlable des Alliés de mener la guerre jusqu'au, moment de la lassitude de l'Allemagne. PÉGOUD. Lorsque, il y un mois, Pégoud, vint à Parii pour changer son appareil, criblé de shrapnells, contre un neuf, il nous dit textuellement, dans son langage imagé : — Les Boches ont juré d'avoir ma peau, mais elle leur coûtera cher. Et, de fait, avant de trouver une mort glorieuse, Pegoud a donné à nos ennemis de nouveaux échantillons de son savoir-faire. C'était peut-être celui de nos pilotes qui pouvais se vanter d avoir détruit le plus d'ennemis, soit ei\ ,,descendant" des avions haches, 6oit en exeoutant des bombardements efficaces. Car Pégoud avait ce,don merveilleux de pouvoir piloter indistinctement des avions de chasse ou des avions de bombardement. Et la plupart du temps il était seul à bord, maniant avec une dextérité admirable ses appareils de direction et 6a mitrailleuse. Il • survolait la ville de... lors du fameux duel d'artillerie. Et comme on lui demandait la* sensation qu'il éprouva: , Ça me dégoûtait d'entendre un tel boucan, répondit simplement Pégoud, qui n'avait pas songé une seconde au danger. A la vérité, l'ancien pilote de Blériot, l'inventeur et le roi du ,,looping" en aéroplane, avait pris l'habitude, même en temps de paix, de vivre avec le danger. Car avant de se mettre dans l'aviation, Pégoud avait servi au 5e chasseurs d'Afrique et il avait fait la campagne du Maroc de 1907-1908. Sa bravoure lui avait valu les galons de •maréchal des logis. C'est seulement au début de 1913 qu'il réussit à faire son apprentissage de pilote; quinze jours après — le 8 février 1913 — il passait son brevet. Au mois d'août il procédait, à Bue, à une expérience de parachute qui rendit son nom célèbre. Enfin, un jour Pégoud vint trouver Blériot et lui dit avec embarras : • — Vous savez, monsieur Blériot, j'ai ,,bou-elo la bouclé". Oui, ayant lu dans iin de vos ouvrages que la chose était possible, je suis allé faire cet essai dans un coin du ciel à moi, et cela a très bien marché. Je recommencerai l'expérience sous vos yeux quand vous m'y autoriserez. Quelques jours plus tard, c'est-à-dire le 6 septembre 1913, Pégoud accomplissait le tour de force sous nos yeux. Depuis il eut beaucoup d'imitateurs, mais personne ne „bouclait" ave£ autant de brio et de sûreté que lui. Il ,,bouclait" pour son plaisir, et après avoir bombardé tel ou toi point stratégique, il ,,bouclait" sans idoute au grand ébahissement des Bot-hes. — C'est comme si je leur faisais un pied de nez, nous disait-il dernièrement. Malheureusement, ,,tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle se casse". L'héroïsme do Pégoud l'a conduit à la chute fatale, et sa perte est, n'essayons pas do le dissimuler, très grande pour l'aviation française. Mais il a fait école et ses collègues vengeront la -mort de leur glorieux camarade. Pégoud avait 28 ans. Il était originaire do Montserrat (Isère), où .certainement une statue s'élèvera un jour qui perpétuera la mémoire d'un grand Français et d'un des conquérants de I'air- ^ gScho de Paria.) Uo Démenti. La légation d'Autriche dément avec l'appui de son gouvernement le rapport du prêtre autrichien si accablant pour les Austro-Allemands et démontî\ant: 1) Que le clergé belge tout entier est innocent des ,,crimes" dont l'Allemagne n'a pas craint de l'accuser; 2) Que le peuple belge 11e s'est pas livré, contrairement aux allégations de la presse allemande, à la guerre de francs-tireurs inventée par cette presse; 3) Que le gouvernement belge, à ce point de vue, a rempli loyalement et scrupuleusement tous ses devoirs. La légation d'Autriche, pas plus que son gouvernement, n'apporte aucune preuve à l'appui de son démenti. Or, il ne suffit d€ dire: ;,I1 n'est p&a *

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This item is a publication of the title L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam belonging to the category Oorlogspers, published in Amsterdam from 1914 to 1918.

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