La Belgique: journal des réfugiés

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s.n. 1916, 15 May. La Belgique: journal des réfugiés. Seen on 18 November 2019, on https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/en/pid/k35m902w8g/
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LA BELGIQUE DROITS ET DEVOIRS (Réponse à l'article «Belges de diverses catégories" publié dans «La Belgique" du 4 mai 1916.) Quelle .douloureuse révélation fut pour nous l'article cité plus haut! Etait-il possible qu'il y eût encore en Hollande des soldats belges autres que lds internés et ceux dont la santé précaire n'a pas permis le retour au front? Depuis dix-neuf mois qu'Anvers est tombé, des malheureux auraient, en terre d'exil, cherché péniblement à vivre sans avoir conscience de la faute qu'ils commettaitent, sans qu'un compatriote les éclairât sur ce qui constitue leur devoir absolu? Incroyable à première vue, la chose est pourtant vraie: une enquête personnelle m a prouvé qu'il y a encore de ces «inconscients" .... je ne trouve pas d'autres termes pour les qualifier, car co ne sont pas des lâches, n'est-ce pas? Et c'est pourquoi, avant qu'il soit trop tard, j'estime qu'il faut tâcher do ramener ces égarés dans la seule voie qui puisse les conduire au rachat de leur faut». Il ne s'agit pas de plaider les circonstances atténuantes avant de se remettre entre les mains de ses juges! Je n'ai nulle intention de critiquer le geste de Monsieur Marteling: en demandant qu'on use de clémence envers ces malheureux il a obéi à lîn sentiment de générer, e pitié dont j'apprécie toute la valeur. Mais, puisqu'il s'est, avec franchise, déclaré incompétent en matière de lois militaires, qu'il veuille bien me permettre de lui dire qu'aucun mot, autre qtie celui de «désertion" ne peut qualifier la faute que ces hommes ont commise et dans laquelle ils persévèrent sous des prétextes fallacieux. Qu'il me soit permis aussi de protester contre cette inconcevable prétention#1 qu'ils ont de vouloir rentrer la tête haute, sans que l'on inscrive sur leurs papiers la mention infamante que leur conduite a méritée! Vit-on jamais coupable dicter des conditions à 3es j.uges? Ces malheureux Sont-ils à ce point bornés qu'ils ignorent que, depuis le jour où le gouvernement belge a pu établir la liste des tués, blessés, prisonnier? ou internés, partout où leurs noms figurent dans les registres de leurs unités, on leur a accolé cette mention ..désèr-teur" qui les effraie avec raison car elle les souillera d'une tache ineffaçable s'ils laissent passer l'occasion de se réhabiliter! Un soldat n'abandonne sos armes et son uniforme pour revêtir des habits civils et passer en territoire neutre que dans deux intentions: déserter ou garder sa liberté pour rejoindre, après un détour forcé, los camarades au feu. Il n'y a pas d'autres motifs à invoquer. Comme les égarés dont nous parlons n'ont pas quitté la Hollande, tjue faut-il conclure? Hé! qu'ils le disent sans faiblesse, sinon sans honte: dans le désarroi de lai chute d'Anvers, quand tout semblait perdu, quand les ruines du dernier fort' eurent enseveli leur dernier espoir de sauver le pays, ils perdirent la tête c'était la fin de tout! A quoi bon suivre le régiment qui n'avait, plus d'autre alternative que de se rendre à l'ennemi ou de se faire interner en pays neutre? Etre libre avant tout! fuir ces horreurs puis qu'ils étaient impuissants à les empêcher et voilà le fusil lâché, la fuite éperdue dans la nuit en vêtements de rencontre, obligeamment prêtés. Première faute, il leur fallait se joindre aux camarades, partager leur 'sort, quel qu'il fût. Faute peu gravé; car il est admissible quç, seuls, les officiers qui savaient que l'armée* de campagne en retraite se reformerait quelque part, se souderait aux forces alliées pour continuer la lutte, aient eu l'idée de profiter de ce moyen pour traverser la Hollande «incognito" et rejoindre le front nouveau. Mêlés à la foule des réfugiés, perdus parmi leurs flots incessants, nos «manquants" cherchent à subsister sur le sol hollandais jusqu'au jour, où, trop las ou pris de remords, ils veulent se faire interner.... ce qu'on leur refuse - et- pour cause. Nouvelle faute plus grave cette I fois, car à ce moment ils ont dû apprendre ta magnifique résistance de leurs frères d'armes sur l'Yser et comprendre qu'ils ont — non j pas le droit — mais le devoir de rejoindre J le front. Qu'ils aient pensé, comme le dit Mon-3 sieur Marteling à rentrer au pays- envahi, n'y 1 renonçant que par crainte d'être faits prisonniers, je ne puis le croire: encore une fois ne 1 nous occupons pas des lâches, mais bien des ! dévoyés et ceux là savent bien qu'un soldat ne ■ se cache pas derrière les baïonnettes ennemies. ' Dans leurs courses en terre d'exil, à la re- ■ cherche de travail pour nourrir leufe famil-1 les qui les ont rejoints, ils apprennent que l'héroïsme de notre armée a eu raison de la puissance des vainqueurs.... que là-bas sur l'Yser tout se reforme, que tout n'est pas per-! du comme ils l'avaient cru: la chute d'Anvers ^ n'a été qu'un douloureux épisode et non l'ef-: fondrement total! Dans les gens qu'ils frôlent 1 parfois, ils devinent des frères d'armes: des • internés qui se sont sauvés là-bas, vers cette ' gloire qui les attire, ou des compatriotes, jeu-' nés gens restés au pays et qui bravant l'élec-1 trocution ou les balles des gardes-frontières : ont, au prix de mille difficultés, échappé à la ' poigne de fer de l'occupant et courent aussi ' à ce devoir lumineux dont eux, les anciens soldats, semblent n'avoir pas discerné les rayons. Pourquoi n'ont-ils pas suivi de tels ' exemples, comment leurs coeurs n'ont-ils pa3 1 frémi sous ce souffle d'enthousiasme. Vous me direz qu'ils ont pu voir aussi deis jeunes gens riches, menant ici une existence fastueu-j se et qui „menacés" d'un appel sous les armes repassèrent la frontière et mirent entre ; leur devoir et leur personne d'infranchissables obstacles. Mais n'ont-ils pas compris que malgré leur révoltante lâ'cheté, ces réfractaî-res qui ignoraient tout des devoirs du soldat | étaient moins coupables qu'eux? . Vous me direz aussi qu'à la vue d'une foule . de bourgeois aisés, exonérés du service et . traînant leur inutilité présente en d'intermi-, nables flâneries, ils ont fait des réflexions . sur l'injustice du sort, réflexions que l'on peut résumer en une phrase: «Pourquoi moi i et pas eux!" laquelle peut servir d'excuse aux : pires crimes! Oserait-on jamais invoquer pareille raison? «Pourquoi^moi et pat. eux" dira le petit, bossu en contemplant d'un oeil d'envie ses camarades bien bâris qu'il es.-aieva : méchamment d'estropier! Pourquoi moi • et pas eux «dira aussi le malheureux qu'un . incendie vient de ruine>- et il mettra le feu chez 'ses voisins fortunés!.... Il y a des lois t bien injustes, c'est vrai, mais la nature est plus injuste encore! Ces lois mauvaises qui ont fp.it. pendant de nombreuses années la honte de notre pays, on les a abrogées enfin! Esit-ce le moment d'invoquer le prétexte de leur injustice reconnue pour essayer d'excu-; ser la plus lourde des fautes, quand on sait tenir un fusil en mains, qu'on se 'sent encore robuste et bien portant et que l'ennemi après avoir saccagé le domaine patrial, mas-saçré femmes, vieillards et enfants poursuit, ftiéthodiquement .son oeuvre de ruine et de mort! Est-ce le moment de discutailler ses droits quand i] ne faut songer qu'à Ses devoirs!!Droits et devoirs, tout 9e résume en cela, et sera-t-il donc éternellement vrai que les hommes, si chatouilleux quand il s'agit de leurs droits qu'ils connaissent à fond, semblent tout ignorer de leurs devoirs. Il n'est pire» sourd pourtant, que celui qui. ne veut pas entendre cette voix de la conscience qui parle haut et dicte leurs devoirs aux âmes les plus simples! Les droits sont quelque chose, les devoirs sont plus encore! Les premiers sont du domaine de la raison, on peut les discuter, ergôter, s'enfoncer dans un maquis où le cerveau d'un homme peu cultivé s'égare facilement. Les seconds s'imposent à tous par la toute puissance du sentiment, au/ k domaine duquel ils appartiennent. Le devoir, c'est la ligne droite, fière et nue comme une lame d'épée. On peut hésiter entre deux devoirs, mais on n'hésitera jamais entre ce que conseille ]a froide raison et ce que commande l'impérieux devoir Les premiers mois de la e guerre n'avaient-ils pas fourni aux malheu-a reux qui nous occupent assez d'exemples suis hlimes pour éveiller leur conscience! Un ex-a omple, un seul, aurait pu suffire: celui de ce e Roi, de ce chef sur qui pesaient tant de [. responsabilité et qui au devoir de ménager y sa précieuse existence, indispensable au triom-[- phe de la bonne cause, a préféré cet autre e devoir, plus en harmonie avec sa nature cou-s rageuse, son héroïsme tranquille: entraîner i les hésitants ou les pusillanimes en payant s. de sa personne, faire de chaque soldat un héros, en lui montrant comment on regarde [- l'ennemi en face, sans qu'un musiclé tres-t> saille, sous les rafales meurtrières; comment a on meurt, au besoin, quand il 1$ faut pour le r salut des autres! Cet admirable exemple n'a-- t-il pas créé l'immortelle épopée dont les ta-s bleaux héroïques se déroulent de Liège à l'Yser, où se produit le miracle sauveur: la t coulée lente et paisible des eaux d'un petit s fleuve ignoré se figeant soudain en un bloc e d'acier: muraille indestructible contre laquel-l- le vient se désagréger ]a plus formidable machine de guerre que le génie humain ait j jamais enfantée! t Certes de trop nombreux Belges, hélas — I comme le candidat notaire dont parle Mon-s sieur Marteling — .semblent n'avoir pas en-s core compris que ' lorsqu'ils ont payé seize s cents francs à l'époque où l'on «jouait soldat" 3 pour rire, dans la certitude que le solennel s „chiffon de papier" nous protégeait contre s toute agression, c'était uniquement pour se _ dispenser d'une corvée constituant une réelle •- nuisance pour leurs études. Dans Jes circon-e stances actuelles, croire que, moyennant une somme d'argent un homme peut en envoyer e un autre, peut être soutien de famille, se . faire trouer la peau à sa place, est la pire t des monstruosités! Evidemment ces «remplacés" d'autrefois ont le droit de ne pas mar-, cher, mais qui oserait prétendre qu'en assis-J tant les bras (croisés au martyre de leur pays, _ ils ne manquent pas au plus sacré de tous les 5 devoirs. Et n'aura-t-on pas aussi le droit, J après la guerre, de sourire avec quelque mé-. pris "au souvenir des prouesses qu'ils auront accomplies, en exil.... au bridge ou au bil- r Si tous ceux qui sont en âge do servir et I qui ne laissent, pas, en ca» do mort, une feitt-, me ou dog enfants dans la misère n'ont pas ï couru aux armes tint pis, pour eux sur- tout! il ]Séur en restera aussi une ta.çrhe inef-; façable. Mais que d'exemple réconfortants „ par contre: des nobles, des bourgeois, aban-^ donnant même femme.j et enfants pour coif-/ fer le bonnet de police, courant joindre leurs poitrines à celles des hommes du peuple, pour j former rempart contrée l'agresseur! ■ Anciens soldats d'Anvers qui hésitez enco-' re, méditez ce dernier exemple dont je puis " vous garantir la véracité, car il me touche de très près: un étudiant, enfant unique, ré-formé il y a peu d'années pour une légère in-' firmité aux pieds, empêchant des longues mar-" ches, s'est néanmoins engagé 'dès les premiers J jours de la guerre, à l'artillerie do forteresse, ' pour faire son devoir quand même. Lors de ' la retraite d'Anvers et bien qu'il fût encore à l'instruction il a suivi à vélo l'armée de campagne et lorsque la guerre de tranchées fit . place à la guerre de mouvement, certain cette fois de pouvoir faire intégralement Son service de «piotte" il se fit verser dans l'infanterie où il a conquis, sur le champ de bataille les galons de sergent. Il ira sans doute plus haut encore! Ce fils de bourgeois avait le droit de ne pas prendre le fusil; bien plus; il avait le devoir de De pas abandonner des parents dont il est l'unique consolation, mais il a entendu une voix plus haute qui lui ordonnait de se jeter dans la mêlée! En parlant de lui 3 tde ceux qui combattent à ses côtés sur l'Yser, dans la boue des tranchées, sous la pluie des marmites; en songeant à > vos camarades moins fortunés encore, qui de- ', puis de longs mois attendent, derrière pïu- e sieurs 'rangées de • fil de fer barbelé, l'heure - de la délivrance, répétez donc: «pourquoi eux 3 .... et pas nous?...." Rendez-vous bien e compte de ce qu'entre deux exemples, il vous a fallait choisir le bon. Votre conscience ne .- s'émouvra-t-elle point à la lecture de ces li- - gnes, n'écouterez-vous point la parole d'un' an-cien chef qui s'est toujours considéré comme e le frère aîné de ses soldats et n'a jamais eu 8 recours à la manière forte què dans l'intérêt r de ses subordonnés. îtfexigez rien, ne deman- - dez rien! Avant toutes choses, soumettez-vous; s on pardonne souvent aux enfants repentants, - jamais aux révoltés. Acceptez momentané-r ment l'humiliation d'être qualifiés de dései-t teurs" et retournez prendre place dans le i rang. Dgs journées de gloire attendent' encore 3 notre armée dont la tâche n'est pas finie. Con- - duisez-vous en bons soldats, rien de plus — t tout le monde n'a' pas l'âme d'un héros — et s cela suffira pour effacer le souvenir même de - de la faute, pour faire biffer la mention dê- - shonorante qui vous épouvante à juste titre.' i Si vous avez gardé quelque doute, écrivez-moi: i je vous conseillerai et consacrerai avec joie t tous mes instants à la noble tâche de vous ra-j mener dans la bonne voie. Que tous les Bel- - ges de Hollande me prêtent leur concours afin 3 de dissiper les incroyables illusions que se t font certains de ce4 malheureux. L'un d'entre eux, tranquillement installé avec Son mé- - nage dans "une coquette localité plus belge - que hollandaise, ne disait-il pas dernièrement - à un de mes amis: «Mais on ne peut rien 3 me faire!.... Quand les Belges rentreront en ' Belgique, j'irai me remettre- dans le rang et 1 on ne s'apercevra même pas de mon absence!" » Conçoit-on pareil aveuglement? Sans doute 3 s'attend-il, le malheureux, à ce que le régi-3 ment assemblé lui rende les honneurs dus aux - braves, alors qu'il mérite plutôt le conseil de s guerre et le peloton d'exécution prévus pai r les règlements. A ces gens du peuple, habl-j tués aux proverbes que créa leur gros bon ; sens, je dirai: mieux vaut tard que jamais, - ou s'ils préfèrent:"* il n'est jamais trop tard - pour bien faire. Qu'ils se décident donc alors - qu'il en est temps encore. Persévérer à se ca-i, cher en pays neutre, c'est se déshonorer à 3 jamais! L'épithète de déserteur" restera ac-:, colée à leur nom, les condamnant à manger - toujours le pain amer de l'exil s'ils veulent t se soustraire à l'inévitable punition. Et si plus - tard leurs enfants, pris de la nostalgie de revoir l'es lieux familiers à leurs premières t années, retournant au village natal, la faute - du père les y poursuivra: pour tous, ce se-s ront toui'ours l'es enfants du «déserteur"! Pour avoir oublié leurs devoirs — car il - n'est pas possible qu'ils les ignorent — cea s hommes auront perdu leur honneur de sol- - dat, l'honneur! Seule richesse du pauvre! Mais qu'ils se rappellent donc le frémis- s sement qui secoua la Belgique toute entière r lors de la remise de l'ultimatum allemand! S'est-il trouvé quelqu'un pour protester contre - le sacrifice consenti, cette immolation cer-s taine à laquelle nous nous condamnions pour s garder intact notre honneur. Ce n'est pas - nous pourtant qùe les hordes du Kaiser vou- - laient frapper à mort mais bien nos voisins: - Français et Anglais. L'avez-vous entendu pro-s férer une seule fois, ce cri si bien légitime , pourtant, en semblables circonstances: 3 Pourquoi nous?.... et pas eux,!!.... 3 Domburg, ce 10 mai 1916. t Commandant LÉON ROTTENBURG. Le coin du Soldat Théâtre du Camp d'Harderwijk «Miquette et sa mère"; „Mon Bébé'-'; «Mademoiselle Josette, ma femme".... trinité charmante et reposante, spectacle d'esprit bien français! Décidément nous aurions mauvaise grâc.3 de nous plaindre et d'accuser Mr de Névry 'de ne pas choisir judicieusement ses pièces. Qu'il reçoive ici tous nos remerciements et qu'il - soit bien persuadé que nous tous, internés, i nous suivons avec un -intérêt toujours gran-c disaant les efforts vaillants de sa troupe qui i aspire à un idéal de plus grand, de plus noble, s de plus beau. e Dans «Mademoiselle Josette, ma femme", - un triomphe, la troupe fut elle-même; c'est - a.-.sez dire avec quelle verve, a,vec quelle con-e science; avec quel art l'action fut menée. • x Mlle F. Gerbeau, Mr de Névry (Josette, An- t dré Ternay) — au début couple pour „rire", - finalement couple pour aimer, mais dans l'in-: terprétation toujours couple pour rire et qu'on aime, — la délicieuse petite liégeoise, le ser- - gent-Directeur furent oelon l'habitude les - héros de la soirée. Mlle Gerbeau ayait toujours i sa fraîcheur, son innocence câline et sa ten-s dresse; Mr. de Névry ses puissants moyens - d'artiste parfait. Mlle -Carmen De Barcy également très t connue et prisée des Belges, à la grande joie 3 de tous tenait un rôle, le rôle de «Myrianne" - qui exige des qualités scéniques peu commu-f nés. Félicitons-la hautement de son inter-: prétation juste. Très sympathique, voix har-3 monieuse, sincère, de la «planche" elle con- - tribua largement au gros succès. Mme Dozin a beaucoup de personnalité et i d'entrain et Mme Ondret est une brave mère 3 qui, comme toutes les mèreis aspire à devenir - grand'mère. - * Landresse fut un Panard très chic d'un s comique irrésistivle; l'ami trop serviable „t t trop consciencieux, l'ami à la bouche malheu-i reuse, l'ami s'empêtrant, à plaisir. i Rasson dans le rôle difficile de ,,Joë Jack- t son" incarna bien l'Anglais rigide, l'hommt»- " business; Bergen tout nouveau sur la scène fait 3 d'étonnants progrès; Rousseau grave et ohic; - Godart naturellement comique; Harvengt 1 t cabotin imposant; Graindorge mari complai- 3 sant d'une femme furieusement flirtée; Van t Eimenade papa bien bourgeois qui connait le - prix de l'argent; Job, L. Etienne, Armand, i Jourdain.... toute la troupe, tous donnèrent , le meilleur d'eux pour le plus grand bien 1 général. s 0. DARLON. i Demandes diverses t. Jean Heyman, camp d'Oldebroek, baraque t Léopold, demande l'adresse de MM. Henri et Edouard Heyman, professeur à Gand, et de Mr. Florent Heyman, agent d'assurances. Cam. Jolly, bar. 11, camp 2, Zeist, demande quelques timbrés pour sa collection. ^ Victor Detroye, bar. 30, camp I, Zeist, demande timbres-poste pour collection. [ Henri Larbie, bar. 1, Harderwijk, demande , gants pour jouer à la balle. Lieutenant Jos, Illme division, camp I, Zeist, demande timbres-poste pour collection. J. Hellemans, trompette d'artillerie, bloc 5, Harderwijk, désire recevoir journaux français et flamands pour le expédier au front et dans les hôpitaux. Abonnements „militaires" A' la demande de nombreux internés belges qui ont quitté les camps et qui se sont procuré du travail en Hollande, nous gênons de créer des «ABONNEMENTS MILITAIRES" au prix ' réduit de 75 cents par mois, payables d'avance, en man-at-poste. Nous espérons que cette nouvelle mesure, qn» nous prenons dans l'intérêt de nos soldats, sera favorablement accueillie par tous ceux qui seront encore appelés à quitter les camps. Pour être abonné, il suffit d'inscrire très li-, siblement, sur la souche du mandat de 75 cents, le nom, le numéro matricule belge, et la ' nouvelle adresse du soldat (bien complète, s v. p.) N.B. Nous prions nos abonnés-soldats de vouloir bien se. souvenir exactement du jour d'échéance de leur abonnement; nous devons leur demander en effet de nous faire tenir périodiquement le prix de leur abonnement par mandat-postal, afin d'éviter des retard* : dans l'envoi du journal. I Prenez un abonnement de trois mois I DEUX FLORINS. LES TROIS MOUSQUETAIRES PAR 64 ALEXANDRE DUMAS D'Artagnan demanda à la pauvre fille ce qu'elle avait; mais celle-ci, pour toute réponse, tira une lettre de sa poche et la lui remit. Cette lettre était de l'écriture de Milady: seulement .cette fois elle était bien à l'adresse de d'Artagnan et non à celle de M. de Warde». Il l'ouvrit et lut ce qui suit: «Cher monsieur d'Artagnan, c'est mal -de négliger ainsi ses amis, surtout au moment où l'on va les quitter pour si longtemps. Mon beau-frère et moi vous 'avons attendu hier et avant-hier inutilement. En sera-t-il de même ce soir? Votre bien reconnaissante, Lady CLAR1CK." ' — C'est tout simple, dit d'Artagnan, et je m'attendais à cette lettre. Mon crédit hausse de la baisse du comte de Wardes. — Est-ce que vous irez? demanda Ketty. — Écoute, ma chère enfant, dit le Gascon, qui cherchait à s'excuser à ses propres yeux de manquer à la promesse qu'il avait faite à Athos, tit comprends qu'il serait impolitique de ne pas se rendre à une invitation si positive. Milady, en' ne me voyant pas revenir, ne comprendrait rien à l'interruption de mes visites, elle pourrait 'se douter do quelque chose, et qui peut dire jusqu'où irait la vengeance d'une femme de cette trempe? — Oh! mon Dieu! dit Ketty, vous savez présenter les choses de façon que vous avez toujours raison. Mais vous allez enéore lu faire la cour; et si c^ette fois vous alliez lu plaire sous votre véritable nom et votre vra visage, ce serait bien pis que la premièr< * fois! % L'instinct faisait deviner à la pauvre fill; une partie de ce qui allait arriver. D'Arta gnan la rassura du mieux qu'il put et lui promit de rester insensible aux séductions de Milady. Il lui fit répondre qu'il était on ne peul plus reconnaissant de ses bontés et, qu'il s« rendrait à ses ordres; mais il n'osa lui écrire de peur de ne pouvoir, à des yeux aussi exer->e cés que ceux de Milady, s,déguiser suffisam-e, ment son écriture. A neuf heures sonnant, d'Artagnan était r. place Royale. Il était évident que les domes-so tiques qui attendaient dans l'antichambre o. étaient prévenus, car ausitôt que d'Arta gnan parut, avant même qu'il eût demandé le si Milady était visible, un d'eux courut l'an-noncer.n — Faites entrer, dit Milady d'une voix brè-vé, mais si perçante que d'Artagnan l'ynteh-0 dit de l'antichambre. On l'introduisit. — Je n'y suis pour personne, dit Milady; entendez-vous, pour personne. Le laquais sortit. e D'Artagnan jeta un regard curieux sur Mi-e lady: elle'était pâle et avait les yetix «fatigués, soit par les larmes, soit par l'insomnie. Oh avait avec intention diminué le nombre ij habituel des lumières, et cependant la jeune x femme ne pouvait arriver à cacher les tra-à ces de la fièvre qui l'avait dévorée depuis e deux jours. f D'Artagnan s'approcha d'elle avec sa ga-lanterie ordinaire; elle fit- alors un effort su-s prême pour le recevoir, mais jamais physio1 e nomie plus bouleversée ne démentit sourire .- plus : 'mable. Aux questions que d'Artagnan lui fit sur z sa santé: z — Mauvaise, répondit-elle, très mauv-' ,—.— i — Mais alors, dit d'Artagnan, je 'suis indis i cret, vous avez besoin de repos sans doute e i je vais me retirer. 3 — Nort pas, dit Milady, au contraire restez, monsieur d'Artagnan, votre aimablt 3 compagnie me distraira. - — Oh! oh! pensa d'Artagnan, elle n'a ja i. mais été si charmante, défions-nous, s ' Milady prit l'air le plus affectueux qu'elli put prendre, et donna tout l'éclat possible i : sa conversation. En même temps cette fièvri : qui l'avait abandonnée un instant revenai ! rendre l'éclat à ses yeux, le coloris à ses joues ■ le carmin à ses lèvres. D'Artagnan retrouva îi Circé qui l'avait déjà enveloppé de ses enchan tements. Son amour, qu'il croyait éteint e' : qui n'était qu'assoupi,- se réveilla dans soi • effeur. Milady souriait et d'Artagnan sentar ; qu'il se damnerait pour ce sourire. Il y eut un moment où il Sçntit quelque : chose comme un remords. Peu à peu Milady devint plus communica' tive. Elle demanda à d'Artagnan s'il avait une maîtresse. — Hélas! dit d'Artagnan de l'air le plu; sentimental qu'il put prendre, pouvez-vous être assez cruelle pour me faire une pareille question, à moi qui, depuis que je vous ai vue ne respire et ne soupire que par vous et poui vous! Milady sourit d'un étrange sourire. — Ainsi vous m'aimez dit-elle. '/ — Ai-je besoin de vous le dire, et ne. vou; en êtes-vous point aperçue? — Si fait; mais, vous le savez, plus les coeurs sont fiers, plus ils sont diffieùl'es è prendre. — Oh! les difficultés ne m'effrayent pas dit d'Artagnan; il n'y a que les impossibilité; qui m'épouvantent. — Rien n'est impossible, dit Milady, à uç véritable amour. - Rien, madame? -— llien, reprit Milady. — Diable! reprit d'Artagnan à part lui, la rote est changée. Deviendrait-elle amoureuse ■ de moi, p^r hasard, la capricieuse, et serait-elle ; disposée a me donner à moi-même quelque autre saphir pareil à celui qu'elle m'a donné , me prenant pour de Wardes? ! D'Artagnan rapprocha vivement son siège de celui de Milady. ' — Voyons, dit-elle, que feriez-vous bien pour prouver cet amdur dont vous parlez? ; — Tout ce qu'on exigerait de moi. Qu'on l ordonne et je suis prêt. j 7- A tout? ; — A tout! s'écria d'Artagnan qui savait , d'avance qu'il n'avait pas grand'chose à risquer i en s'engageant ainsi. — Eh bifen! causons un peu, dit à son tour ; Milady en rapprochant son fauteuil de la i chaise de d'Artagnan. ; — Je vous écoute, madame, dit celui-ci. Milady, resta un instant Soucieuse et comme ; indécise; puis paraissant prendre une résolution:— J'ai un ennemi, dit-elle. — Vous, madame! s'écria D'Artagnan jouant la surprise, est-ce possible, mon Dieu? belle i et bonne comme vous l'êtes! — Un ennemi mortel. — En vérité? — Un ennemi qui m'a insultée si cruellement quS c'est entre lui et moi une guerre à mort. Puis-je compter sur vous comme auxiliaire?D'Artagnan comprit sur-le-champ où la vindicative créature en voulait venir. — Vous le pouvez, madame, dit-il avec emphase, mon bras et ma vie vous appartiennent comme mon amour. — Alors, dit Milady, puisque vous êtes aussi généreux qu'aiiioureux.... Elle s'arrêta. — Eh bien? demanda d'Artagnan. — Eh bien! reprit Milady après un moment de sileMce, cessez dès aujourd'hui de parler d'impossibilités. — Ne m'accablez pas de mon bonheur, s'écria d'Artagnan en se pEécipitant à genoux et en couvrant de baisers les mains qu'on lui aban- e donnait. e — Venge-moi de cet infâme de Wardes. di-é sait Milady entre ses dents, et je saurai bien me débarrasser de tjoi ensuite, double sot, lame a d'épée vivante! — Tombe volontairement, entre mes bra» r après pi'avoir raillé si effrontément, hypocrite et dangereuse femme, disait d'Artagnan à part i .lui, et ensuite je rirai de toi avec celui que tu veux tuer par mâ main. D'Artagnan releva la tête. t — Je suis prêt, dit-il. r — Vous m'avez donc comprise, cher monsieur d'Artagnan! élit Milady. r — Je devinerais un de vos regards, a — Ainsi vous emploieriez pour moi votre bras, qui s'est déjà acquis tant de renommée? — A l'instant ' même. 3 — Mais moi, dit Milady, comment payerai-je - un pareil service; je connais les amourenc, .* sont des gens qui ne font rien pour rien? — Voùs savez la Seule réponse que je désire, t dit d'Artagnan, la seule qui soit digne de verao 3 et de moi! Et il l'attira doucement vers lui. Elle résista à peine à peine. — Intéressé! dit-elle en souriant. — Ah! s'écria d'Artagnan véritablement em-1 porté par la passion que cette femme avait " le don d'allumer dans son coeur, ah! c'est que mon bonheur me paraît invraisemblable, et - qu'ayant toujours peur de le voir s'envoler comme un rêve, j'ai hâte d'en faire une réalité. — Eh bien! méritez donc ce prétendu bon-1 heur. Je suis à vos ordres, dit d'Artagnan. ' — Bien sûr? fit Milady avec un dernier doute. — Nommez-moi l'infâme qui a pu faire pleurer vos beaux yeux. — Qui vous dit que j'ai pleuré? dit-elle. — Il me semblait — Les f"Tnrr>- fmme moi ne pleurent pan i dit W i t (A suivre.) Lundi, 15 Mai 1916 SUPPLEMENT 2- Année. No. 180*

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