La gazette

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19 November 1918
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s.n. 1918, 19 November. La gazette. Seen on 28 November 2020, on https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/en/pid/6m3319sr0t/
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lucuui x tJ lUMCiiiuiu Xf lu j—»v^ J.J. ^ "V'M'V mmBmmm^mtmmmmm^mrnmaamma^Êm ADONNEMENTg : r^lS3*' -, . AMNfOÏWCES î |K ANNONCES sORDINA|REs : Les abonnements sont reçus aux bureaux du | j l'„ ; "A g t '» Xj^ ® s (Après les spectacles) : 2 francs la ligne, journal. Nous en ferons connaître prochaine- &•• ; /,/ y \ is^f^ /|j> \ / / ]P^- (Ctorps duJour™) ?*3 francs la ligne. ; fixer actuellement. I.-• -„./ /^* V 1 \ t I \ «1 ^ 2 francs la ligne. I —— w \ y J ^1 ^ r i Pour tes annonces, s'adresser au service de la publiciU BÉDACTION et ADMINISTRATION : 86, DU MARAIS, BRUXELLES. — Téléphone j : ; ; ; £ t16j27 LA POLITIQUE Le général Boum, de la Grande Duchesse, au chantait : " Dan* les salons après la guerre. Je reparai»... l|, La politique n'a pas attendu que la guerre fût iinie. D'aucuns prétendent qu'elle n'a jamais dis- m paru, même au Havre, même au front, même m, dans les tranchées, même dans les sermons de ti( notre clergé, dont le patriotisme — autrefois à eu l'état latent — s'est révélé avec tant d'éclat de- ()e puis que l'occupation a montré combien il était ]0, une vertu nécessaire — même dans les homé- m, lies de M»' Mercier. Il se peut bien... ré Ici elle recommence à montrer le nez dès la si- ce gnature de l'armistice, d'abord dans la procla- pa nation rouge vif du parti ouvrier et dans les ta discours de la Maison du Peuple, ponctués par Y Internationale chantée en chœur; (mais au- |is jourd'hui celle-ci ne fait plus peur à personne : ri au contraire) ; l'épouvantait d'autrefois s'est m; transformé en talisman, en rameau de paix. na Que ma vie est peineuse! disait le bon Charle- sa magne à la fin de la Chanson de Roland. Notre ce brave et gentil roi Albert a dû se dire cela quel- ce quefuis aussi, le soir, en se mettant au lit, et en ce songeant à toutes les tâches qui l'attendent en ' I Belgique. On a vu que, pour commencer, il est en en train de constituer très sagement un gouver- po nement pratique où nos trois grands partis seront également représenté*. so Par la force majeurs des choses, le gouverne- }"' ment du Havre a accumulé, depuis quatre ans, !?' les illégalités les plus évidentes.Mais on ne songe . point à les lui reprocher; et son activité spon- l0; tanée a sauvé la patrie. ro Bientôt, cependant, il faudra rentrer dans les _ voies constitutionnelles; et la première chose à faire sera de reconstituer le pouvoir législatif. 1 Mais comment? En consultant l'ancien corps électoral, celui du vote plural? Il n'avait pas bonne réputation avant la guerre, ce corps élec-toral-là ; et il est douteux qu'il se soit amélioré pendant les quatre années d'anarchie adminis- de trative et de démoralisation organisée où nous Bi avons vécu. ra Il donnerait plus que jamais sans doute, au- 'a jourd'hui, la suprématie à des classes, à des élé- ot ments de la population dont la conduite n'a su guère été glorieuse. Il serait fort enclin à subir l'influence des particuliers qui se sont livrés à le un honteux trafic avec l'ennemi, qui ont exploité Q1 impudemment la misère publique, qui ont colla- aI boré lucrativement au ravitaillement de l'occu- de pant; de ces nouveaux riches qui ont ramassé A: dans la boue de scandaleuses fortunes. Et il serait déplorable que le Parlement reflétât les ten- P' dances de cette race-là. D'ailleurs, l'établissement des listes électora- v< les selon l'ancien système serait bien ardu, bien dans las circonstances aetuo^ofl, bien sujet ei .iissi aux erreurs et aux fraudes... »' Mais alors, quoi? Faut-il continuer à vinler cette pauvre Constitution en instituant d'office un système électoral nouveau, qui ait au moins " ' le mérite de la sincérité et de la simplicité ? On ne répugnait plus au suffrage universel pur et , simple, même dans les milieux politiques con-servaleurs, au début de la guerre; et le dévoù- j11 ment de l'armée, encore composée en majeure partie des anciens éléments recrutés sous le ré- !, gime du tirage au sort et du remplacement, a fourni alors le meilleur argument en sa faveur : . n'aurait-il pas été inique de refuser le droit de j. suffrage à ceux qui étaient partis, sans marchan- ? der, pour aller se battre ? Quoi! instituer le suffrage universel pur et , simple, par arrêté gouvernemental, même d'ac- .. cord avec tout ce qu'il reste de l'ancien parle- ?, ment? Mais ce serait un coup d'état retentissant, : un acte pareil à ceux des autocraties les plus " conspuées I — Sans doute ! Mais où serait le mal, si personne n'y fait opposition, si la grande majorité ;0 est d'accord pour trouver que ce serait le plus to sage? Tant d'accrocs ont été donnés à la forme n( que ce n'est pas un de plus ou de moins qui fera pi une affaire. Et puis si c'est pour éviter de plus grands malheurs, une agitation, des troubles qui m conduiront tout de même au même résultat? „. — Cependant... hum I hum !... — Bah!... Peuh I Qu'est-ce que vous voulez? Cc Il semble qu'on en est là. r[ Reste à savoir si le suffrage universel, devenu pur et simple, restera monosexuel ou bisexuel. v; Le suffrage inouosexuel est devenu un système v: assez arriéré depuis que les pays les plus éclai- lu rés ont admis les femmes à voter et même à être ce élues. Ceci ne nous choque aucunement. Du moment que le premier lourdaud venu a droit au êl suffrage, nous ne voyons pas bien pourquoi la m femme la plus raisonnable, la plus éclairée doit ri en être exclue; et, dans la classe ouvrière, la m femme qui tient la caisse et gère le ménage a c< souvent beaucoup plus de raison que l'homme. Il est douteux que les femmes puissent commettre plus d'erreurs et de sottises politiques " que les hommes n'en ont accumulé dans le cours des âges. Il ne serait peut-être nullement paradoxal de soutenir que la civilisation est l'œuvre des femmes, bian plus que des hommes. Ea fecit cui prodest. Elles introduiront dans les Parlements un élément nouveau, intéressant, amusant. I1 Elles y représenteront le sentiment : et il n'y aura pas de mal. Les orateurs prendront mieux a garde, en leur présence, d'être dift'us et ennuyeux.Et puis, si on ne leur donne pas de droits politiques, gare aux suffragettes qui créeront une a] nouvelle agitation pour les obtenir. Autant en finir une bonne fois pour être tranquilles. „ — Et le suffrage aux petits enfants? JJ — Patience I On en est déjà au vingt et un ans. On pourra, graduellement, abaisser l'âge y de la capacité électorale jusqu'à sept ou huit, comme celui de la première communion. v ^ L A QUI LA FAUTE? £ Ils redoutent la famine ! Leurs femmes font n un appel désespéré à celles des pays de l'En- (J tente. Ils gémissent parce qu'on va leur pren- lt dre leurs navires, leur enlever des locomotives, ' des autos, des wagons sans lesquels ils ne E pourront pourvoir a leur ravitaillement, assurent-ils.On pourrait leur répondre : — Que n'allez-vous chercher, au fond de l'Océan, tout le blé, d toute la nourriture qui y a été engloutie, avec d les navires sans nombre que vos sous-marins ont coulés avec tant de zèle, tant de dévoùment E patriotique? g Avec quelle satisfaction, quel orgueil insensé f: leurs communiqués n'annonçaient-ils pas, tous les jours : « Nous avons coulé l,ï,000 tonnes, 20,000 tonnes, 30,000 tonnes ! » C'était cela qui devait les sauver, n'est-ce pas? leur assurer la victoire et la domination du monde. Et c'est e, ainsi qu'ils ont imposé, à tous les peuples, le rationnement des subsistances, qu'ils ont fait régner la disette dans une quantité de pays, qu ils nous ont exténués, nous, en particulier, . autant qu'ils ont pu. u' De toutes les abominations qu'ils ont com-s" mises pendant cette guerre, celle-ci a certaine-ne ment été l'une des plus odieuses. Cette destruo-i? tion stupide a été une des choses accomplies par à eux qui criaient vengeance le plus haut. S'ils devaient en subir maintenant la conséquence ùt logique, ce ne serait que stricte justice. Si les é- moyens de transport font défaut, si l'on en est réduit à saisir leurs navires à eux pour rempla->i- cer ceux qu'ils ont systématiquement anéantis a_ par leur « guerre de sous-marins à outrance », cs tant célébrée, à qui la faute? ar Mais ils peuvent se rassurer. Les peuples civi-u_ lisés dont ils poursuivaient la ruine n'ont point 1 : l'intention de les faire périr par la faim. Quelque st mal qu'ils aient fait à leurs adversaires, maintenant qu'ils ont fait leur soumission, ces adver-e- saires entendent ajouter à toutes leurs gloires re celle dj venir en aille aux vaincus. M. Clemen-:1- ceau, qui est un tigre magnanime, a prononcé :n celte belle parole : « Nous faisons la guerre pour ;n l'Humanité non contre l'Humanité ». Et il parait st entendu qu'on les nourrira, dans la mesure du r- possible.s'il le faut. nt Ahl ils peuvent s'estimer heureux que ce soient nos amis et non pas eux qui aient rem-p_ porté la victoire! Si jamais ils étaient arrivés à s leurs fins, c'est le monde entier qui aurait été Tg livré à la faim; et ils n'auraient pas trouvé chez les autres plus que chez eux ce secours qu'ils réclament piteusement. es a L'Explosion machinés On saura sans doute quelle est la cause exacte des deux catastrophes qui se sont produ ites à Bruxelles dimanche. Mais pour le moment il serait malaisé d'enlever à la population bruxelloise la conviction qu'elles ont été machinées par les occupants, désireux de ne pas quitter la ville sans lui laisser cette carte de visite... On fait remarquer combien il est curieux que les explosions aient eu lieu le même jour et qu'elles se soient produites très peu de temps après le départ des occupants. Il y a eu des accidents semblables, annonce-t-on d'autre part, à Assche, à Fleuras, à Capelle-au-Bois. Les Allemands étaient dépités, cela ne fait point de doute, de devoir abandonner des munitions aux Alliés. Pourquoi avaient-ils excité les voyous qui i'ure.nt ici leurs meilleurs amis, à allpr piller ces wagons abandonnés? Il leur avait été facile, sans (W|e, d'aménager dans ces wagons quelque dispositif propre à y provoquer une explosion lorsque l'on en ouvrait les portes ou qu'on essayait de les forcer; ou même d'y disposer quelque mouvement d'horlogerie pouvant en déterminer une à heure fixe. Ajoutez qu'à la gare du Midi, la police a trouvé des mèches de cordite qui ne semblaient pas y avoir été déposées sans raison; et qu'à la Chambre des Représentants, on a découvert des grenades à main qui sans doute n'y avaient pas été laissées pour rien! Les Allemands ne nous aiment point, cela ne fait pas de doute. Ils ne nous pardonnent pas d'avoir si bien contribué à l'échec de leur guerre. Le nez de Cléopàtre, s'il avait été plus court, dit Pascal, la face du monde aurait été changée. Et la résistance initiale de la Belgique, si elle avait été plus courte, la face du monde aurait peut-être été changée —- aujourd'hui comme au temps de Marc Antoine. Ils s'en sont allés d'ici la rage au cœur, soyez en sûr. Et n'était-ce point une vengeance bien allemande de partir en pensant : — Vous croyez que ce jour sera pour vous un jour de joie? Attendez un peu que nous ayons tourné les talons. Vous allez voir la surprise que nous vous avons ménagée. Ce jour de joie sera pour vous un jour de terreur. Justement, on a remarqué l'allure relativement fringante, l'air d'arrogance, qu'avaient gardé les derniers bataillons qui quittèrent la ville, et qui avaient déployé le drapeau aux trois couleurs, le drapeau de l'Empire, sur leurs charrettes. Cela ne présageait rien de bon. De plus, il n'était pas sans intérêt pour les vaincus, peut-être, de contrarier la marche des vainqueurs qu'ils ont sur les talons en mettant hors de service les grandes gares d'un point de communications aussi important que Bruxelles. Soupçons encore insuffisamment établis, peut-être. Mais si ces soupçons venaient à se confirmer, il en pourrait coûter cher à ceux qui auraient organisé cette vengeance. Il faudrait vraiment qu'ils ne se soient pas encore bien rendu compte de leur situation. Ils arrivant C'est, comme on le prévoyait, le 2m* guidos 1 qui a fait le premier son entrée à Bruxelles. Le régiment est arrivé hier, à l'effet, dit-on, de J contribuer au maintien de l'ordre. Casernés au Petit-Château, nos soldats ont l" pris possession des gares, où les attendait le personnel de celles-ci. Partis d'Alost à dix heures du matin, ils sont ® arrivés ici au début de l'après-midi. l" La nouvelle n'a pas tardé à se répandre ; et, quand ils débouchèrent place llogier, venant du boulevard d'Anvers, la foule les attendait. n Les chevaux se cabraient sous les acclama-e tions : « Hourrah! Vivent les Belges! » '• Un petit détachement a mis pied à terre devant la gare. Un soldat a chanté «Vers l'Avenir». La foule a repris en chœur le refrain La place fut bientôt noire de monde. Les gens, surpris, accourent de tous les coins, sans chapeau, en tablier, en veston de toile. Un soldat brandissait un pain blanc; les accla-ît mations redoublèrent : « On aura du pain blanc! î- On aura du pain blanc! » Les réflexions allaient î- leur train. i, — Comme ils sont beaux ! Aut' chose que les ie Boches! 1- — Et bien portants, donc ! — Nous aut', on est des squelettes, mais eux ! 2- On attendait peut-être des soldats hâves et i, décharnés; on retrouve de solides gars, bien ic découplés, joufflus et roses. is Le reste du régiment a remonté le boulevard lt Botanique, le boulevard Bisschoff'sheim, vers la gare du Luxembourg. Ils sonnaient la fameuse ié fanfare des guides. Les vivats la couvraient, du us monde se massait de plus en plus sur le passage, f ;s, certains suivaient au pas des chevaux. On agi- t ui tait des mouchoirs et des drapeaux, tandis que la d'autres couraient prévenir am s et connaissan- t :st ces. Et tout le monde admirait leur équipement e le simple, mais élégant et confortable. d lit Nos sympathiques carabiniers cyclistes sont i rs, arrivés hier vers cinq heures à la gare du Midi, a sr. Ils étaient couverts de boue, trempés de pluie, mais heureux et réconfortés par les acclama- n n- tions. te- —Vivent les Belges! Vivent les carabiniers ! à ic- Comme les autres, ils ont fait peau neuve : d ar c'est le kaki, avec le casque. On les reconnaît au r ils collet vert avec la roue pour les cyclistes, ce Hier les guides, les carabiniers, demain la es ligne, les lanciers, toute l'armée ! ist Qu'ils se hâtent! On les attend depuis si long- J a- temps. ;is ^ i ♦ 1 DANS LE PAYS A GAND bi< NETTOYAGE.— L'autorité militaire vient ' de procéder à l'arrestation de diverses personna-j lités compromises dans le mouvement activiste ^ ; — dont il convient de ne pas s'exagérer l'impor- ~ ~ ' tance, du reste. Un ancien magistrat, professeur de la faculté f" de droit de l'Université flamande; un juge de ac , paix nommé par les Alboches et une couple de ; médecins sont allés goûter les joies de l'isole- r') ( nient, en attendant que justice se fasse. d" s De son côté, le Conseil de discipline de l'ordre f" J des avocats, réuni d'urgence, a entamé des pour-■ suites d'office contre les avocats activistes qu'on accuse d'avoir trahi leur serment d'avocat en pac-Usant avec l'ennemi. Une dizaine de juristes au-• ront à répondre de leurs actes. n' Il y a parmi eux des échevins de Gand.des professeurs de l'ancienne Université flamande et des propagandistes, dont les discours et tracts ont été soigneusement notés. ; Ces messieurs sont cités à comparaître devani J leurs pairs. En attendant leur comparution ou leur disparition définitive, la population a fait > justice sommaire et une quarantaine de maisons -, | ont été saccagées. > Les meubles de ces personnalités ont été mis sur le pavé et incendiés au milieu des manifes- ; talions de joie de la foule qui dansait et chantait lai t autour des brasiers. de i On appelait cela les incendies « flamingants ». - Cet épilogue de l'aventure flaminboche en dit i plus long que tous les discours ; il termine par une véritable purification le soupçon qui a plané ra t a tort sur la population gantoise, qui ne s'est ja- ° . mais associée à ce mouvement antipatriotique le 3 purement factice. i II suffit de faire connaître que lors d'une ma-t nifeslation activiste, les flamingants firent défi- i - 1er, sous les unii' jrmes de soldais belles, des li- 2 [• çur'irits du tneaire allemand^ pour démasquer les X, s fourberies odieuses de leurs menées. ! £ li DECORATION DE LA VILLE -'e M. Mal fait, architecte de la Ville, en sa charmante description, nous a piloté dans une ne capitale nouvelle; une Tille où tout est fleurs as couleurs chatoyantes et guirlandes; où nos •e. soldats sentiront se gonfler de satisfaction lit leur cœur de brave. Jolies seront bien reçues, , Et nos vaillantes troupes, bien reçues aussi les ar- , lit mées alliées. La Ville de Bruxelles a tenu à ex- \ lt- primer sa reconnaissance pour tout cet hé- ] ps roïsme qui s'est dépensé pour notre cause et , ge celle du Droit. '■t® LA 'GRA'ND'PLACE. — Nous partons de l'Hô- t ' tel de Ville. La tour s'élance plus nere que ja-mais vers le ciel où rit la Liberté. A la troisième us plate-forme est un hauban avec les pavillons ] des nations alliées y compris ceux des Tchè- i •ra ques-Slovaques et des Polonais; ces deux der- ] niers peuples n'ont pas été oubliés. N'avons- ] re- nous pas partagé pendant plus de quatre ans mt des souffrances communes? Honneur donc aux (a pays martyrs du despotisme prussien et austro- ' )is hongrois. 1 al Sur la Grand'Place, la « Brabançonne » surgit 1 les 1?dieuse> heureuse de pouvoir faire enlin reten- l. Ies t-ir les accents si longtemps réprimés. in^ « Le Belge sort du tombeau »; ah! oui! il en , de sor^ haute, la face sereine, comme celle ( 2S. (*e ce^e femme à qui le sculpteur JSamuel a j communiqué toute son ardeur de patriote clèii-îr- vré- lu_ Tout autour, des mâts où flottent les dra- : peaux alliés, où des guirlandes bercent nos rë-ves de bonheur Aux façades des maisons les drapeaux des corporations. Devant le PALAIS DU ROI nettoyé, pimpant, heureux de recevoir son hôte,, se dresse le buste de notre souverain, qui nous revient grandi par la victoire. Son armée est là aussi : ce lion, c'est elle, l'armée belge, la belle petite armee les qui joua ce grand rôle dans l'Histoire de donner le premier coup à l'ennemi terrible qui fuit par de nos routes ensoleillées. M. Lagua est le sculpteur à qui nous devons le monument de la place )nt des Palais. Dix-huit grands mâts se dressent là. er- Flottez fanions alliés, sur Bruxelles qui vous attendait aaec confiance ! )nt La RUE ROYALE, PASSAGE DE LA BIBLIOTHEQUE. — M. Delescluze, le décorateur et, bien connu du théâtre de la Monnaie, a décoré du la statue du général Belhard en la pavoisant aux couleurs françaises : aux angles, des lic-ia- teurs avec leurs faisceaux. Devant le PALAIS DE LA NAÎIUN se dresse de- le monument que M. Philippe Wolfers a offert r,)- à la Ville de Bruxelles : monument grandiose, ice dont il est l'auteur : Deux femmes jetant des 'is» fleurs à nos soldats victorieux. en PLACE POELAEKT. — Ici sourit une femme, c'est la Paix ; la Paix vers laquelle aspire le ;la" monde épuisé : une figure du sculpteur Cnana-nc* moulin, est escortée de gentilles statues repré- sentant les arts de Ja paix. « Place iSURLET DE CHOKIER. — Un monu-ment qui présente un double intérêt. Bon sculpteur est M. de Pouilly, qui fut détenu avec no-. tre glorieux bourgmestre à Celle, bujet : la 1X ! « Vague d'as3aut ». La Belgique la repousse, la . e* lame s'avance, des têtes émergent, des têtes que 1®n nous ne reverrons plus, des tètes qu'on a forcées à rentrer dans l'onde, des têtes prussien-nés.> la EMPLACEMENT DE L'AINC1E1NJNE 15UU-use CŒTÏERJIE. — Un monument, à miss Cavell, du j^nlpteur Marin L: au modeste héroïsme d'une , femme, à l'héroïsme du peuple anglais le sculp- - teur a dédié son œuvre. 3 M. Malfait a commandé des monuments des- - tinés à exprimer notre reconnaissance à l'Italie t et à l'Amérique. M. Vandervoorde s'est cliargé de leur édification. A M. Vanham nous devons t une statue « A nos blessés »; à M. Mascré, une . autre : « A nos héros morts pour la patrie ». > On ignore l'emplacement de ces quatre der- - niers ouvrages. , PLACE DES MARTYRS. — Des fleurs, des ; drapeaux jettent une note joyeuse sur la place, • d'où l'on chassa durant quatre ans le pieux 1 pèlerinage du 21 juillet. t La BOURSE. — La décoration du péristyle est due à M. Dubosch. Les écussons de Belgique. des quatre errandes puissances alliées, étalent leur or à la foule délirante. Des drapoaux aussi, sans oublier ceux des . Tchèques-Slovaques et de notre vaillante amie la Serbie. > On voit que M. Maîfait et ses collaborateurs, MM Delescluze et Dubosch, ont paré Bruxelles à souhait. Ils ont fait à nos mutilés un honneur bien mérité en faisant dresser trois estrades d'où ils pourront contempler à loisir le défilé t dus troupes et de la foule en fête. Nous prions nos anciens abonnés de vous } faire connaître le plus tôt possible leur adresse 2 actuelle exacte. 5 D's que la poste aura repris son service I rôqulier et que nous aurons j)u organiser la distribution de La Gazette à. domicile, nous leur a fêtons par vnir le journal. Les conditions actuelles de notre travail ne nous "permettent pas encore de fixer le prix de l'abonnement, qui sera nécessairement majoré dans une certaine mesure, vu. la hausse des matières premières et de la main d'oeuvre. Cependant, comme les anciens abonnés n ont " pas été servis pendant tes derniers m ois de 1914, ^ vous déduirons du p<'ix de leur nouvel abonnement une simme é /aie au montant de quatre mois d?abonnement ancien, soit 4 francs pour 1 Bruxelles et 5 francs pour la province, i LA VILLE s La Questure de la Chambre des représen- t tants et celle du Sénat adressent aux membres A des deux Chambres le communiqué suivant : \ete don J Cher, collègue, lout j. Nous avons l'honneur de porter à votre con- •4 raissance que Sa Majesté le Rot fera sa rentrée , . ti Bruxelles jeudi ou vendredi prochain, et se ( "V rendra au Palais de la .Nation. f|u ( T.es membres des deux Chambres se réuniront ,an! dans la salle des séances de la Chambre des (je " Représentants pour recevoir Sa Majesté. eu " j Vous êtes instamment prié d'être présent à j^'J " .o réunion, et il serait souhaitable que Mes- ' 6C. s aieurs ies sénateurs tussent à Bruxelles dés ihercredi ; ils pourront, pour renseignements L précis, s'adresser de 9 à 12 heures et de ti à 5 mai l eures, à la Questure, installée provisoirement plos au premier étage du * Moniteur belge », 4U, rue dre J de Louvain. em{ Il A J Les Questeurs de la Chambre ^an| Maurice Pirmez, Xavier De Bue. acc( Les Questeurs du Sénat, s el e Vicomte de Jonghe d'Ardoye, vitr 5, Comte de Baillet-Latour. cor] s des ri En signe d'admiration pour la vaillance dyn déployée ot la bonté montrée pendant la A '• guerre par la reine Elisabeth, le gouvernement côtt - de la République française vient de lui décerner cou le grand-cordon de la Légion d'honneur. Le Irai I prince Léopold, en même temps qu'il est nommé que chevalier de la Légion d'Honneur, recevra la san i- Croix de guerre française. A 1 ég e La situation des étrangers et natura- voli s lisés établis en Belgique a été réglée au Havre dui: î- par un arrêté-loi le mois dernier déjà. Comme en i - beaucoup l'ignorent nous en publions ci-dessous 5- le texte. 1 s emi x Art. 1er. — Pendant la durée du temps de ^or guerre, les étrangers et les Belges par natura- dat: lisation sont tenus, dans les quinze jours à par- n^e" tir de l'entrée en vigueur du présent arrête-loi, de faire connaître leur identité à l'administra- ^ l" lion communale de leur résidence. _uç La même obligation est imposée aux Belges ^erj II qui ont acquis cette qualité par l'effet des artï-e cles 6, 7, 8 et 9 de la loi du 8 juin 1909, si leur a nationalité n'est pas celle d'un Etat allié ou i- neutre. u Toute infraction à cette prescription est pu- l- r.ie des peines de police. . S- Art. 2. — Les étrangers ne peuvent séjourner ' en Belgique que s'ils y sont autorisés par le a'J(J .g ministre de la justice. Dans ce cas, un permis de séjour toujours révocable leur est délivré. k- t Les personnes mentionnees à l'article 1" peu- ?ar i vent être contraintes par le ministre de la jus- lrrt ' tiee à s'éloigner d'un certain lieu, â habiter ' dans un lieu déterminé et même être internées. I ' Ces dernières mesures peuvent aussi être prises noi f à l'égard des Belges qui n'ont pas de domicile noi !r fixe en Belgique ou que leurs relations avec org ir l'ennemi rendent suspects. des ; Le ministre de la justice est chargé de l'or- c'e: •e ganisation des lieux d'internement. en ~ 1 13 Le remaniement ministériel dont nous qui acons parlé hier sera réalisé à bref délai; on iml l" annonce que M. Léon Delacroix a été chargé de rat lr former le nouveau Cabinet. seu ré bIe U Le Collège échevinal de Bruxelles et esj les membres du Conseil communal se réuniront a é aujourd'hui après-midi, à deux heures et demie, gn; 50 au cimetière d'Evere, pour rendre hommage à la déf rt mémoire des soldats morts qui y sont enterrés. i e' Ces messieurs se rendront ensuite au Tir natio- 58 nal, où une palme sera déposée sur la tombe des 3 Belges fusillés. viè f' pai Notre Souverain a reçu hier M. Jacqmain, |a ?" échevin de l'Instruction publique à Bruxelles. ma Us ont examiné ensemble certaines questions qU' relatives au retour de notre Roi et de ses troupes g0i u" dans la capitale. uni o lra la tes routes étant libres, tous les évacués ia de localités non entièrement détruites peuvent ] ue regagner leurs foyers. _ vai ,r. Ils doivent se taire inscrire à l'Université, où lei n- il leur sera délivré des bons de pain ainsi qu'une on déclaration qui servira de passeport. déi u- Th 3U Retour de nos prisonniers. — Une confé- tlu ue rence a été tenue à Spa où se trouvait le grand bel - quartier-général allemand. On s'y est occupé du retour de nos soldats, prisonniers en Allemagne. - Plus de quarante mille belges doivent être rapa-? triés dans le délai de trente jours. Le transport i se fera par tous les moyens disponibles — che-s mins de fer, camions-automobiles, bateaux.C'est 3 en grande partie de cette façon que les Allemands nous livreront les wagons dont il est parlé dans . les conditions d'armistice. , Les soldats anglais, français, italiens et russes hospitalisés dans des maisons particuliè-j res doivent se faire inscrire à l'Université. Cette mesure s'impose afin que le Comité central des Réfugiés soit à même de renseigner les 5 divers consulats dès que ceux-ci seront réguliè-" rement rétablis. On nous signale l'état de dénuement pres-8 que complet dans lequel se trouvent les prison-e niers anglais, français et italiens récemment libérés. Si ceux des deux premières nationalités n'ont 3 pas à se plaindre des marques de reconnais-l sance que lui témoigne notre population, il sem-| ble toutefois que les derniers sont quelque peu " négligés. L'exemple donné par le corps enseignant et hs élèves de l'Athénée d'Ixelles à ce point de 1 vue mérite d'être signalé : ceux-ci ont hébergé ; dans leurs locaux quelques Anglais à qui ils ont s en outre fourni du linge, des vêlements, de l'argent et à qui les élèves ont distribué des dons e de toute nalure : cigarettes, chocolat, etc. Nos j plus chaleureuses félicitations. Les personnes habitant l'agglomération . bruxelloise qui sont désireuses de loger gratui-„ tement des officiers belges et alliés, sont priées de se faire inscrire à l'hôtel de ville, salle Gothi-s que, tous les jours, de 10 heures à midi et de 3 à 4 heures de relevée. t Le logement comporterait l'offre gracieuse du déjeuner du matin et éventuellement des autres 1 repas P Le Parquet a fait afficher sur les murs de la ville une proclamation annonçant à la population que la justice, enfin libre, reprenait ses i fonctions. Le procureur du Roi invite tous les citoyens à venir demander réparation des délits ' dont ils ont été victimes dans les différents postes qui ont été créés pour recevoir les plaintes. s Afin de permettre â nos petits écoliers de fêter joyeusement le retour de nos soldats, on a donné un congé d'une semaine dans presque toutes les écoles. ' Une autre chose qui a fait plaisir : y voir clair aux boulevards du centre. C'est la surprise qu'ont eue les Bruxellois hier soir : les deux t rangées de lampes à arc déversaient des torrents B de lumière sur l'ex-obscure grande artère, aux deux côtés de laquelle la plupart des magasins à participaient, dans la mesure de leurs moyens, à l'éclairage public. s s La population bruxelloise ne s est ja-5 mais trouvée sur la ligne de front ; aussi les ex-t plosions des derniers jours lui ont-ellr s fait per-e dre le sang-froid, et des paniques folles se sont emparées de la foule un peu de tous côtés. Au boulevard du Midi, dimanche, les habitants de la rue Blaes et de la rue Haute étaient accourus, attirés par le bruit des tiétonations; ils s'étaient sauvés de leurs maisons dont quelques vitres avaient volé en éclats. Une automobile du corps des pompiers remontait le boulevard : un des occupants crie à la foule : « Sau?ez-vous, la e dynamite va sauter 1 » a "Aussitôt tout le monde se précipite de l'autre it côté du boulevard, vers le danger, puis revient, t court en tous sens; chacun se précipite dans les e tramways, sans s'inquiéter de leur destination ; é quelques-uns de ces affolés ne sont revenus au a sang-froid qu'en débarquant à Uccle ! A Schaerbeek, il y a eu une panique dans l'église Sainte-Marie dont les vitres venaient de i- voler en morceaux ; des poussées terribles se pro-e duisirent, tous les lldèles voulant gagner la porte e en même temps. is Des journaux allemands ont parlé avec emphase de Ce qu'ils ont appelé la « fraternisa-e tion » de la population bruxelloise avec les sol-l" dats allemands bolchevistes, au cours de la jour-née désormais fameuse à Bruxelles, du diman-'• che 11 novembre. Ce qu'ils ont négligé de dire, c'est que, les quelques individus qui se sont promenés « fra-18 ternellement » avec les « rouges », n'étaient, à très peu d'exceptions près, que des représen-lr tants de cette racaille qui, depuis des années, — u attirés surtout par cet avis alléchant : « là, on peut voler, on ne vous dit rien pour ça » — tra-vaillait pour l'ennemi dans Tune ou l'autre ma-nufacture, ou bien attendait les soldats aux e abords des gares, afin de les guider à travers les ls plaisirs de la ville. Si ces lascars n'avaient pas fraternisé avec les i_ barbares pillards, ils eussent donné un démenti s. irréfutable à la loi des affinités. ;r s. Il fallait s'attendre à ce que les Boches ;s nous laissent un souvenir de leur occupation : te nous l'avons eu sous l'espèce de la dévastation ;c organisée, par explosions savamment préparées, des gares de Schaerbeek et du Midi. Mais cela, r- c'est le bochévisme en grand; il y a encore celui en petit, dont il est cent exemples à citer. Entre autres celui concernant les maisons ré-is quisitionnées par 1' « autorité occupante ». Ces >n immeubles ont été abandonnés, dans l'agglomé-ie ration bruxelloise, la plupart dimanche matin seulement. Et elles sont transformées en véritables dépôts d'immondices, de détritus de toutes et espèces accumulés en tas, en tas autour desquels nt a été déposée, à de multiples exemplaires, la si-e, gnature spéciale qui signifie « Allemand » : les là défécations. s. Ah I la « Kultur » ! o- es Le vaillant guerrier Ruprecht de Bavière, terrible tant qu'il s'agissait d'agiter son panache à l'arrière de ses troupes, a fui devant n, la fureur des cohortes rouges. Caché chez le s. marquis de Villalobar, il ne parvint à s'échapper as qu'après de honteuses démarches auprôs de notre es gouvernement. Il est maintenant en Hollande où une voiture portant le pavillon espagnol l'a transporté, és nt La direction du théâtre de la Monnaie est vacante par suite de la mort d'un de ses direc-)ù teurs, M. Guidé. M. Maurice Kufferath, qui était, ne on le sait, co-directeur, sollicite la direction à décerner, en association avec M, Corneille de Thoran, ancien premier chef d'orchestré du 'é- théâtre, et actuellement carabinier à l'armée irl V.nl,rn Autour de Bruxelles Vers Hal Nous sommes allés à Hal, dans l'espoir de rencontrer là les troupes anglaises. Notre route, dans les belles campagnes givrées, passait par Uccle, Calevoet, Beersel, Buysingen. Entre Beersel et Buysingen, un paysan que nous interrogeons sur le chemin à suivre nous répond en français : — Vous êtes de Bruxelles? Bon... Bruxelles est ville flamande. Je ne vous répondrai que si vous consentez à parler flamand, comme à Bruxelles. Nos protestations ne font que l'exaspérer et nous partons, nous fiant au hasard. Nous arrivons tout de même au but, où nous attend une déception. Les Allemands sont toujours là, en petit nombre il est vrai, mais affluant par les routes, musique en tête. En arrivant, nous allons nous présenter à l'Hôtel de Ville, où nous sommes très aimablement reçu par le secrétaire communal, les échevins et le juge de paix. D'après eux, les Anglais sont à Ath au nombre de trois mille. Quelques-uns sont à Ghislenghien. Hier, qualryifliciers anglais et un lieutenant belge sont venus visiter les blessés anglais se trouvant à liai etsont repartis.Sortant de l'Hôtel de Ville, nous avons la bonne fortune de rencontrer des p rsonnes obligeantes qui nous font prei dre contact avec la vie locale. L'atmosphère est assez iniuiétante. La populace, qui n'est p u: maintenue par la police militaire déjà partie, s'est livrée et se livre à des pillages éhontés. La gare, dont les anciens employés reprennent possession, comme d'ailleurs à Buysingen et à Loth, ne possède plus ni bancs, ni pupitres; le 1 tout a été enlevé après le départ des troupes. Il en est de même dans deux fabriquas. Près de la gare se trouvent parqués les ea-' nons lourds et légers dont les alliés doivent prendre possession, par délégation, ce soir ou ; demain, l.a population les a abondamment en-\ dommagés, enlevant les pièces les plus portati-! ves des culasses. Un paysan s'est même emparé .i.un petit canon, qu'il a emporté après y avoir telé son propre cheval! Les Allemands, qui dès i"t présent se désintéressent de tout, laissent : faire. Pendant que nous dînons, entre à l'hôtel qua-1 tre officiers français, libérés de Saint-Gilles. Ils rejoignent les lignes. Des réfugiés nombreux se hâtent aussi vers la : Krance. Cependant, là-bas, les lignes alliées sont : fermées et nul ne passe; plusieurs sont déjà re-i venus sur leurs pas. Nous Quittons bientôt la ville où chacun cs-; père un prompt retour de l'ordre. Chemin faisant, on nous raconte que des enfants, jouant avec des obus, des grenades à mains, des armes que l'on trouve partout, jetées soit le long des routes, soit dans le canal où les bateliers les repêchent, se sont grièvement blessés. L'un a les mains emportées, un autre est aveugle. Nous comprenons de mieux en mieux l'anxiété de la population raisonnable qui n'ignore pas que les enfants et les éléments troubles de la ville possèdent armes et munitions en abondance. Dans la campagne, et jusqu'aux abords de Bruxelles, nous entendons près de nous, autour de nous, partout, des coups de fusil, de revolver; ce sont les paysans et les voyous qui s'amusent. Au loin le canon gronde àprement, sans arrêts. Se bat-on? Fète-t-on la paix au fronl? Qui? Où? Mystère. Nous marchons le long du canal, dans la boue, jusqu'à Loth. De-ci de-là, éventrées, à moitié vidées, gisrn'. des caisses de munitions pour mitrailleuse;, pour fusils. Chaque passant s'y approvisionna largement. Près du pont du canal, sur la route de Buysingen à Hal, des shrapnells chargés, de petit et de moyen calibre, jonchent le sol. Des imprudents s'emparent de ceux qu'ils peuvent porter. Des enfants, que laissent faire les troupes allemandes, allument des feux et y jettent des munitions et des fusées. Après les avoir admonestés, mais bien en vain, nous battons rapidement en retraite, prévoyant quelque catastrophe. Nous coupons les coîunnes allemandes qui défilent au son de leur affreuse musique et gagnons Loth et de là Betr-sel.Ici les coups de feu deviennent de plus en plus rares et cessent bientôt tout à fait. Il résulte de nos renseignements que, selon toutes probabilités, les Anglais seront à Hal, dimanche après-midi, à condition qu'alors les nombreuses troupes allemandes remontant de Mons aient défilé. Notre promenade nous a montré combien il importe qu'une intervention énergique de l'auto rité fasse enlever les munitions de guerre et les armes qui emplissent le canal et sont repêchées par des gens qui n'en feront certainement pas 5 bon usage. : Les bourgeois de Bruxelles feront bien d'at-1 tendre un peu s'ils veulent aller, en toute sécu-■ aité, compter les boulets de Notre-Dame de Hal. [ La Débâcle Sur la route de Louvain. Dans la campagne embrumée, le soleil du ma-s tin glisse ses premiers rayons. Voici les pre-" miers soldats de l'armée en déroute. 1 Ils vont à Munich et viennent ils ne savent trop d'où, de là-bas, disent-ils, en montrant l'ho-s rizon, des abords du canal Gand-Terneuzen. s Voici cinq jours qu'ils marchent. Les bues sont l" lasses. s Ils sont déprimés, sales, sans espoir. Ils s m vont vers l'inconnu,vers le pays quitté, en plein joie, dans l'affolement des premiers succès. Ils n'ont plus de rêves, plus de pensées même, i- Ils marchent et s'arrêtent, comme on lo leur n commande. Ils ne savent plus. t Dix heures. — L'encombrement, maintenant, e est énorme sur la route. Les convois s'éche-r' lonnent, interminables. Des cavaliers s'avancent e en file indienne. Des autos d'officiers devancent ù les lourds camions, à toute vitesse. Des soldats, a qui n'ont pu trouver place dans les chariots pour leurs Dagages, ploient sous le faix de leurs sacs bourrés. Des marchands se hasardent dans it leurs rangs. Voici du savon à un marck la brique, des cigares à 50 pfennigs, des cigarettes t, et du chocolat. à Aux propositions de vente se mêlent les i.ropo-e silions d'achat, d'abord murmurées tout lias un n mauvais allemand, puis lancées plus hardiment, e quand on voit ces hommes, minés au nural comme au physique, prêts à abandonner pou' Mardi 19 "Novembre 191? 31e numéro : T)T2£ CBTiTTTMrBS liàTTbTïT %Tï

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This item is a publication of the title La gazette belonging to the category Liberale pers, published in Bruxelles from 1871 to 1940.

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