La gazette

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25 November 1918
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s.n. 1918, 25 November. La gazette. Seen on 05 December 2020, on https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/en/pid/sb3ws8jc44/
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Lundi 25 Novembre 1918 Le numéro : Dis: CEJSTTIMmJS partout en Belgique. 48* année. — N° 8. ABONNEUENTg: Les abonnements sont reçus aux bureaux du journal. Nous en ferons connaître prochainement les conditions que nous ne pouvons encore fixer actuellement. LA GAZETTE AIWWOÏW2ES : ANNONCES ORDINAIRES 5 50 centimes la petite ligne. * RECLAMES (Après les spectacles) : 2 francs la ligne. FAITS DIVERS (Corps du journal) : 3 francs la ligne. (Fin du journal) : 2 francs la ligne. NÉCROLOGIE : 2 francs la ligne. Pour Us annonce), s'adresser au service de la publidU RÉDACTION et ADMINISTRATION : 86, RUE DU MARAIS, BRUXELLES. — Téléphone j ration : n ,'eîr LES BONS BERGERS Quand nous sommes arrivés, vendredi, à la porte de Flandre, où s'étaient réunis les bourgmestres, les échevins, les conseillers communaux qui altendaient le Roi, nous nous sommes demandé ce que nous serions devenus, pendant les quatre années terribles, sans nos autorités communales. Elles étaient bien à leur place, pour attendre le Roi, en ce point curieux de Bruxelles où les hautes maisons de la ville neuve voisinent avec les petites maisons de la ville d'autrefois, où la variélé et l'indépendance des architectures affirment lp puissance qu'a conservée chez nous le caractère individuel. Nos Conseils communaux sont des créations vivaces aussi de noire esprit Jocal ; et bien nous a pris de leur avoir conservé jusqu'à nos jours leurs importantes fonctions ! Quand nous accl'a-îr.io s M. Max, quand nous saluions avec un affectueux respect MM. Lemonnier et Jacqmain, ces deux autres victimes de l'arbitraire allemand, c'est à la magistrature communale tout entière qu'allaient nos hommages. Nous sentions que c'était elle qu'ils avaient incarnée avec tant de bravoure, et qu'elle avait été une de nos grandes protectrices dans notre affliction. Nous la criiiquions souvent, cette autorité ; et nous la critiquerons encore dans l'avenir, apparemment, parce qu'il est dans notre nature de dire librement ce que nous pensons, parce que, de toules nos autorités constituées, c'est celle avec qui nous avons les contacts les plus intimes ; parce qu'elle est mêlée à presque tous les actes de notre vie quotidienne ; et peut-être aussi parce que nous nous faisons d'elle une très haute opinion...Mais oui! Si nous lui demandons beaucoup, c'est que nous sommes persuadés qu'elle peut beaucoup pour noire bien. Et elle a assez brillamment confirmé cette opinion. Nous savons aussi que ce ne sont passeulement notre bourgmestre et nos échevins bruxellois qui ont souffert pour nous. Dans tous nos faubourgs, toutes nos villes, dans nos villages aussi, combien d'élus des communes ont été persécutés, tourmentés^ vexés de toutes les façons imaginables ! Combien ont été jetés en prison, déportés, ont même payé de la vie l'affirmation de leur courage et de leur loyauté I Nous le saurons sans doute mieux encore plus tard. Leur martyrologe sera dressé : les noms des victimes qu'ils ont fournies au devoir ne manqueront pas d'"être officiellement publiés. Quand le gouvernement eut été forcé, pour conserver sa liberté d'action, de passer avec l'armée de l'autre côlé de l'Yser; quand, plus tard, les autorités provinciales durent se résoudre aussi à la retraite, il ne resta, pour régler les rapports inévitables de la population avec l'ennemi, que les conseils communaux avec les col'êges rchevinanx; et leur tache fut rude et pénible plus qu'aucune autre. Sans doute, ils auraient pu se réfugier dans l'abstention, donner leur démission, 'déclarer qu'ils ne voulaient pas négocier avec des tyrans odieux, s'assurer le repos par un geste théâtral et prestigieux. Mais combien nous devons les remercier de ne point l'avoir fait et d'avoir assumé courageusement les charges et les responsabilités pesantes de la situation! A certains moments, nous avons vu l'administration de Bruxelles sur le point d'être forcée d'abandonner son poste devant les exigences intolérables de l'ennemi. Quelles angoisses avons-nous éprouvées, alors, en songeant que nous devions être livrés, sans merci, au bon plaisir du l'occupant, — régentés, c'est-à-dire pillés, grugés, accablés par des commissaires allemands qui allaient prendre sa place! Avec quel soulage; ment nous avons appris que nos oppresseurs même avaient cédé devant l'attitude énergique de nos élus, reculé eux-mêmes devant les conséquences de la violence qu'ils méditaient, du gâchis qui en serait la suite. Combien pénible cependant a été la tâche de ces bourgmestres, de ces échevins et de ces conseils forcés de défendre quotidiennement nos intérêts et ce qui restait de nos libertés contre la malveillance féroce, la perfidie, la brutalité des représentants fourbes ou stupides du gouvernement allemand 1 Quelles corvées abominables n'ont-ils pas eu à accomplir I Quelles nausées ont-ils dû surmonter pour ne pas jeter avec exaspération le manche après la cognée! Quelles luttes ils ont dû soutenir, leurs valises bouclées, toujours prêts à être enfermés, expédiés dans les camps i De quel héroisme quotidien n'ont-ils pas fait preuve 1 Certes, la plupart d'entre eux ne se seraient pas résignés à tout cela s'il ne s'était agi que de leurs propres intérêts, de leurs propres convenances et avantages. Ils y ont consenti, cependant, pour leurs administrés, pour ces congrégations dont ils se considéraient comme les pasteurs, pour le personnel de ces administrations locales auquel leur énergie permettait de continuer dignement sa tâche, pour la conservation de tous les services dont nous avions si grand besoin. , Ils ont fait tout ce qu'il était possible de faire dans des circonstances désastreuses, tenu tête à la force majeure même. Ils ont été les bons bergers, défendant avec intrépidité leurs pauvres troupeaux. Ils ont sacrifié leur repos, leur santé à cette tâche, sans marchander. Il n'y avait qu'à regarder certains d'entre eux, à constater les traces que la fatigue et les soucis avaient laissées sur leurs visages pour voir combien elle a été épuisante. Ils ont démontré que si parfois, comme le veut notre esprit moqueur, l'amour du panache avait conduit quelques-uns d'entre eux à bri- A.M.V.B. li\.%UN guer des mandats, ils ont tous su accomplir ave< une fermeté admirable, les plus répugnantes ta ches que puisse exiger le bien public. Et si d'aventure, il s'en est rencontré, en cer tains endroits, quelques-uns qui ont failli, il: n'ont fait que mieux ressortir les vertus civique: de tous les autres. o- L'Œuvre du Comité Nationa ni LES VÊTEMENTS Nous avons donné un bref historique d< l'œuvre accomplie par le Comité National ei matière d'alimentation et de secours. Un' des formes de secours les plus efficaces fu bien le secours vêtements, qui permit au Co mité National de venir en aide, sous uni forme très discrète, à de nombreuses famille éprouvées par la guerre. La division du vêtement qui, depuis quel ques mois, avait été contrainte, par le man que d'importation de tissus, à une relativ inactivité, a pu se remettre au travail, grâc aux arrivages de vêtements usagés. Au mo ment où elle assume cette nouvelle mission il est intéressant de dresser le bilan de c qu'elle a jusqu'à présent accompli. Des chiffres globaux tout d'abord donne ront une idée de l'effort fourni par la Divi sion : le Vestiaire central avait emmagasiné à fin septembre, 18,92-1,454 objets d'habillé ment, d'une valeur totale (prix de revient) d> 65,432,991 fr. 53; il était sorti du vestiain 16,475,965 objets, représentant une valeur d< 54,499,111 fr. 42. La Division du Vêtement occupe à Bruxel les 43 locaux. Le dépôt des tissus avait reçu, au 30 sep tembre, 8,300,000 mètres de tissus importés PQur une valeur de 16,000,000 fr. ; 16,250,001 mètres de tissus indigènes pour une valeu de 18,850,000 francs, soit, au total, 24,550,00i mètres pour une valeur de 34,850,000 francs Il était sorti du dépôt, à la même date 7,810,000 mètres de tissus importés, valan 14,200,000 francs et 16,150,000 mètres de tissu; indigènes, valant 18,570,000 francs. Les ateliers de coupe avaient traité en viron 20,000,000 de mètres de tissus; leur tra vail avait fourni aux comptoirs de confec tion 1,800,000 paquets contenant de quoi con fectionner 11,300,000 objets. Ateliers de coupi et comptoirs avaient payé pour 6,000,000 di francs de salaires. Elle a donc pu accorde ainsi, dans une large mesure, le secours e] travail. L'atelier de cordonnerie, quoique fort ir régulièrement alimenté de matières premiè res, a cependant fourni une production im portante : il a réparé plus de 80,000 paires d< chaussures; il a confectionné 25,000 paires d> chaussures neuves de cuir et 140,000 paires di chaussures diverses. L'atelier de galoches, créé il y a un an seu lement, a produit 170,000 paires de galoches L'atelier de tricotage, ouvert en févrie 1918 (avant cette date, les tricoteuses travail laient à domicile) a fourni déjà 16,500 paire de bas et chaussettes. Les divers ateliers, qui tous ont permis d< pratiquer utilement le secours en travail, on en même temps contribué largement à per fectionner certains ouvriers dans la connais sance de leur métier, quelquefois même à ini tier à ce métier. Au mois de juillet dernier, alors que la pé nurie de vêtements devenait si grave et qui l'on appréhendait lourdement le prochain hi ver, la nouvelle arriva de l'expédition d 12,000,000 d'objets d'habillement usagés en voyés par les Etats-Unis d'Amérique. C'es alors que l'œuvre a pu décider la créatioi de la carte de vêtements dont pourront bén^ ficier certaines catégories de personnes no: secourues. 16,900 ballots sont déjà parvenus à Bruxe] les, d'un poids total de 1,267,000 kilogs. A l'heure présente, l'atelier de triage a reç 5,900 de ces ballots. Il en a inventorié 5,230 qui contenaient ensemble 1,025,000 objets L'atelier de triage inventorie chaque jou 150 ballots. Un grand nombre des objets qu contiennent ceux-ci sont envoyés à la buar derie, qui en a traité déjà environ 50,000. E: fin, 130,000 ont été jusqu'à ce jour remis e: état par l'atelier de réparations. 141,955 de ces vêtements ont été livréf après nettoyage et réparation, au Vestiair central. Les mesures prises permettent d prévoir qu'il pourra lui en être remis enviro: 300,000 par mois. Les organismes divers de la Division d vêtement, à Bruxelles, occupent 3,000 eir ployés,ouvriers et ouvrières d'atelier et 24,OC ouvriers à domicile, soit 27,000 personnes tout un monde auquel sont fournis de moyens d'existence par \% travail. A ce 27,000 personnes, il a été payé, en salaires secours, 11,000,000 de francs. Le Comité National a, en outre, soutenu le ateliers d'apprentissage de couture patror nés par l'Etat. Ont bénéficié de cette intei vention, 33 ateliers, occupant 1,700 ouvrière et apprenties. Les subsides accordés à ce ateliers s'élèvent, non comprise la valeu cfes tissus, à 4-30,000 francs. Le Comité Natic nal a créé huit ateliers d'apprentissage Bruxelles, à Mons, Charleroi, Malines, Liège Anvers, Louvain et Nivelles, qui occupen 970 ouvrières et apprenties. Ces ateliers ai; ront grandement contribué à mieux armei pour gagner leur vie et pour servir leur fa mille, les jeunes filles du peuple qui les fr^ quentent. Ce n'est pas à Bruxelles seulement que 1 Division du vêtemenfPa donné le secours-tra vail. Elle a réservé une partie du travail d confection à d'autres villes, en accordant des ouvriers des crédits en matières pre mières : Dans le Brabant, 7 ouvroirs ont reçu pou 600,000 francs de tissus: Dans la province d'Anvers, 7 ouvroirs on reçu pour 800,000 francs de tissus; Dans le Luxembourg, 1 ouvroir a reçu pou 167,000 francs de tissus; Dans la province de Liège, 4 ouvroirs on reçu pour 700,000 francs de tissus; Dans le Limbourg, 1 ouvroir a reçu pou 90_,000 francs de tissus; ; Dans le Hainaut, 6 ouvroirs ont reçu pour . 970,000 francs de tissus; Dans la province de Namur, 1 ouvroir a reçu pour 140,000 francs de tissus; Dans la Flandre orientale, 11 ouvroirs ont ' reçu pour 1,000,000 de francs de tissus. Ajoutons que, pour la réparation des vêtement usagés reçus d'Amérique, on a créé * d'importants ateliers de réparation à Anvers et à Liège. Les ateliers d'Anvers ont déjà remis en état 90,000 objets. Ceux de ^ Liège travailleront bientôt. Aussi, on pourra faire cet hiver des distributions régulières et remédier sérieusement au dénuement qui, avant que fussent annoncés les envois des Etats-Unis, constituait une si grave menace. i l GRISE INTELLECTUELLE î Les longues vacances que la guerre a oc-3 troyées à la plupart de nos institutions d'ensei gnement supérieur comptent parmi les calami- - tés qui se sont abattues sur le pays. La Belgique se trouve menacée de perdre une 3 génération d'intellectuels, et l'on peut se de-3 mander avec angoisse quelle sera la valeur de _ l'autre moitié. Le désarroi que l'activisme et les mesures ar-3 bitraires de l'occupant provoquèrent dans l'enseignement secondaire, ne fait pas espérer _ grand'chose des générations plus jeunes. Les corps professoraux sont eux-mêmes fort ébré-chés. D'où nous viendra cette impulsion de l'es-' prit, sans laquelle la richesse et l'abondance ne comptent pas? Il est facile de répondre dans tous les tons: — Ça ira ! ça ira ! Encore faut-il savoir comment les autorités compétentes s'occupent de trouver des remèdes. On propose la suppression des délais légaux, quatre sessions en un an... Or, ce remède même ne semble qu'un pis ' aller. Trois mois d'études ne remplaceront ja-) mais un an, surtout dans les facultés où la pratique est indispensable et le seul résultat d'une ) pareille mesure ne serait que la formation d'une jeunesse intellectuelle très peu à la hauteur de i la tâche écrasante qui l'attend. t Une autre réforme qui s'impose, c'est la sim-} plification des programmes. Mais cette simplification ne peut se faire sans mûres ré- - flexions. Tout cela nous promet une période de tSton-. nements et un bouleversement complet des raé-. thodes. Un bon coup de balai ne fera peut-être pas mauvais effet dans celles-ci. Quoi qu'il arrive, cette question requiert l'attention de chacun ; un pays ne se relève pas x sans intellectuels, et si cette question ne se résolvait pas, la Belgique passerait par une situation très critique qui équivaudrait à un recul de. cinquante ans. Nous prions nos anciens abonnés de nous faire connaître le plus tôt possible leur adresse actuelle exacte. D s que la poste aura repris son service régulier et que nous aurons pu organiser la r distribution de La Gazette à domicile, nous leur . ferons parvenir le journal. 3 Les conditions actuelles de notre travail ne nous permettent pas encore de fixer le prix de , i a bonnement, qui sera nécessairement mijoré l dans une certaine mesure, vu la hausse des matières premières et de la main d'œuvre. Cependant, comme les anciens abonnés n'ont pas été servis pen dant les dern iers m ois de 1914, i ou s déduirons' du prix de leur nouvel abonnement une S')mme é ;afe au montant de quatre j mois d'abonnement ancien, soit 4 francs pour ' Bruxelles et 5 francs pour la province. LA VILLE ^ La date de la visite du Roi et de la Reine à Paris, dit l'Echo de Paris, n'est pas encore of-. ficiellement fixée, bien qu'on paraisse devoir s'arrêter à celle du 6 décembre. j Nos souverains ont, d'abord, à faire le « tour , du propriétaire » en Belgique. Us commenceront probablement cette semaine r par Mons ; suivront Charleroi, Namur et Liège. s Nous aurons l'cccaslon, ainsi que la Oa-i zette l'a fait prévoir, d'acclamer les chefs des a nations alliées à Bruxelles. Après la visite du Roi d'Angleterre, viendra ;, celle du président Wilson, puis du président e Poincaré, ensuite celle du roi d'Italie, qui pré-e cédera de peu celle des rois de Serbie et de i Grèce. Quelques « semaines aux trois dimanches » en a perspective donc. 0 Les Alliés, desirant rendre un nouvel hom-> mage à la Belgique et lui faire prendre rang s parmi les puissances coinpteut donner à leurs s missions diplomatiques accréditées à Bruxelles une importance égale à celle des grandes ambassades de Paris, Loudres et Washington. s Les légations prendront donc en Belgique la qualité d'ambassades. Nous en retirerons pour nos rapports avec s l'étranger, la diffusion de notre vie économique s et internationale, des avantages appréciables. r Nous devons exprimer notre gratitude aux ; Etals de l'Entente pour cette nouvelle marque de ' haute sympathie. t Le Sénat ne se réunira que vendredi. Un - service d'automobiles sera organisé afin de per-', mettre aux députés et sénateurs de province - d'assister aux séances du Parlement. Le gouvernement anglais voulant ren- 1 dre hommage à l'armée belge a décerné à son chef, le lieutenant-général Giilain, chef de l'état- ■ m ijor général, le «ÎHstinguisher service Order». 1 C'est la plus haute décoration militaire anglaise. Une « fête nationale interaUiée » sera célébrée dorénavant, chaque année, le 11 novem-r bre, dans tous les pays qui ont collaboré à chà-, tier l'Allemagne. Ainsi du moins vient d'en décider la Chambre française. t M. Jules Ingenbleeck, secrétaire du Roi et de la Reine, vient d'être nommé par le Roi r administrateur de la Liste Civile, en remplacement de M. Renaud de Briey, démissionnaire. Le secrétaire du général Jungbluth, aide de camp du Roi, vient d'être désigné également ; ce sera le commandant Delvaux. Quatre divisions de notre armée, les première, deuxième, troisième et sixième, réoccuperont leurs garnisons d'avant la guerre, c'est-a-diie Gand, Anvers, Liège et Bruxelles. Avant de réintégrer leurs garnisons de Mons et Namur les cuatrième et cinquième divisions collabore-rontà la garde du Rhin. U le compagnie du génie, la troisième, appartenant au bataillon spécial des chemins de feju-soit qualre cents hommes, est arrivée à la Gqre du Nord venant de Gand ; la quatrième compagnie se trouve dans les environs de Ma-liiier- La première et la deuxième compagnie ont commencé à Gand la remise en état des pofits. La ligne Bruxelles-Anvers avait élé essayée, samedi matin, par un train militaire. Ui un train ordinaire a roulé entre la capitale et iVttropole. Dajns la dirction du Sud, on espère pouvoir faiije'jiarlir un train pour Mons mardi. Ajoutons un renseignement de grande importa n /(j :ïu point de vue du ravitaillement du pays et ne) la repiise^tlu commerce : le port d'Anvers et nfs canaux ont, en général, fort peu souffert de 1 occupation et.de la retraite allemandes; aussi les villes belges reliées par des canaux pourront être ;:\ant peu ravitaillées de toutes façons. La poste étend tous les jours son service : des lettres de Gand sont arrivées à Bruxelles hier, elles étaient affranchies à dix centimes, à l'aide des nouveaux timbres belges qui ont été créés au Havre. Le nouveau ministère du ravitaillement,, ou plutôt ses bureaux, ont élé installés dans l'immeuble qu'occupait l'IIôtel de France, au coin de la rue Royale et de la Montagne du Parc. Au, nombre des arrestations importantes effectuées ces derniers jours, signalons celle de Dufer directeur de la « Deutsche Bank ». Le nombre des mandats d'arrêt exécutés par MM. Bi-laut et Devos et ayant été confirmés s'élève à une quarantaine. Remise ou rupture ? Qui le dira ? Toujours est-il qu'on annonce, de source officielle, que le maria4e de l'ex-prince héritier de Bavière, Rup-prechi, avec la princesse Antoinette de Luxembourg est renvoyé au mois de février. Osp,ions-nous, à ce propos, répéter une boutade cfe M. Clemenceau? Quajlid on apprit au « Tigre » les fiançailles du prince sexagénaire avec une jeune princesse, M. Clemenreau s'exclama, avec un ges'e apitoyé: — Le malheureux I 11 va avoir deux fronts à défendre 1 Il était à craindre que les réquisitions,«et autres moyens employés par les Allemands pour dépouiller la Belgique, n'eussent porté atteinte sérieuse à l'industrie nationale de l'élevage des fameux' chevaux de trait belges. Heureusement, en 1914, la plupart des meilleurs étalons et poulinières avaient été emmenés e i France. C'était une bonne précaution ; mais ce n'est pas tout ce qui a été fait. Dans te traité d'armistice, il a été stipulé que tous les chevaux — ainsi que le bétail — appartenant au gouvernement allemand mais acquis par ce dernier en Belgique et en France, ne pourraient être emmenés en Allemagne et deviendraient la propriété de l'Etat belge. Joie! la distribution diurne du gaz pourra vraisemblablement être reprise plus tôt qu'on ne croyait. Dans la précipitation de leur retraite, les Allemands avaient abandonné sur le quai, à Anvers, et dans le port, environ, vingt mille tonnes de charbon, vingt chalands chargés chacun de trois cents tonnes et une cinquantaine de remorqueurs. Or, dix-neuf des chalands en question sont arrivés hier matin à Bruxelles, à destination des usines à gaz de l'agglomération. Les étudiants de l'Université Libre, de l'Université Nouvelle, de l'Ecole des Mines de Mons, de l'Institut Agricole de Gembloux, ainsi que des Universités de Louvain, de Gand et de Liège, représentés à une réunion préparatoire qui s'est tenue le samedi 23 courant, où assistaient également les rhétoriciens sortis de divers établissements d'enseignement moyen du pays, ont d cidé la convocation d'une assemblée générale où sera examinée la situation de la jeunesse intellectuelle belge. Tous les étudiants universitaires et rhétoriciens de Bruxelles et de province sont convoqués à cette assemblée, où la constitution d'une Fédération nationale, décidée en principe, sera minutieusement examinée. Outre cette proposition, l'ordre du jour comporte : Organisation d'une cérémonie en l'honneur des étudiants morts pour la Patrie, — une fête aux survivants, — la reprise des cours et le passage des examens. Il y a lieu d'espérer que celte réunion importante amènera la présence de tous les étudiants. La restauration morale et matérielle du pays exige que des dispositions favorables soient prises pour permettre à la jeunesse de rattraper les quatre années de stagnation intellectuelle à laquelle elle s'est vue astreinte pendant l'occupation allemande. • Cette réunion définitive est fixée au mercredi 27 courant, à 7 h. précises du soir, au Château d'Or, rue Antoine Dansaert. L'Association des étudiants russes de Bruxelles a voté des félicitations chaleureuses à la nation belge à l'occasion de la délivrance du joug odieux de l'ennemi. Elle rend hommage, dit-elle, aux vaillants soldats de tous les pays qui ont combattu pour le triomphe de la liberté et de la justice. Elle vénère la mémoire des étudiants russes qui se sont engagés dans l'armée belge pour défendre la Belgique hospitalière et innocente. Elle remercie cordialement tous les organismes qui ont porté une aide fraternelle aux étudiants russes durant les terribles années de guerre et qui leur ont rendu plus légers ces temps passés loin de leur foyers. Reçu le premier numéro du Compte-rendu analytique des discussions des Chambres législatives de Belgique. Il publie la séance royale du vendredi 22 novembre, Chambres réunies, qui ouvre la session ordinaire 1918-1919. Encore une des petites choses qui font plaisir 1 On est chez soi, maintenant 1 Grand Bruxelles... N'avons-nous pas lu l'expression dans un document officiel. Ne pas oublier que c'est une invention allemande. C'était les occupants qui l'avaient imaginée et imposée pour désigner l'ensemble de la ville et des faubourgs : Gross-Brûssel. Si partisan que l'on soit de l'unification des services communaux, on peut souhaiter la chose sans cette étiquette teutonne. C'est un souvenir de trop encore du passage de ceux qui se croyaient devenus nos maîtres. Bruxelles suffit.. Le cacao, le café, le s:avon qui se trouvent encore dans les magasins des Comités d'alimentation vont être répartis sous peu entre la population. Puisse cett? mesure accentuer la baisse de prix des denrées alimentaires. Bruxelles a revu hier son premier soldat noir : c'était un des braves Congolais qui se trouvaient ici au début de la guerre et qui se sont engagés aux carabiniers. On lui a fait fête. Nos tramways continuent à être bondés ; les voyageurs ne se contentent plus de s'entasser à l'intérieur des voitures : ils se tiennent sur les marchepieds et s'accrochent aux bultoirs. On croyait que le maximum de capacité des voitures était atteint. Des soldats français nous ont hardiment démontré qu'il n'en est rien. Nous en avons vu, hier, qui s'étaient juchés sur l'impériale d'une voiture ouverte. Mais ces places-là ne sont pas à la portée de tout le monde. 11 faut être agile 1 Défions-nous des accusations émanant de ces sales personnages qui, voyant des femmes et des jeunes filles se refuser à leurs désirs, ne trouvent rien de mieux que de les accuser de .. germanophilie.Des erreurs déplorables se sont déjà produites à ce sujet. 11 est trop facile de faire appel aux pires passions en se couvrant du masque du patriotisme.Les fonctionnaires et professeurs mis en disponibilité par les Allemands à l'instigation des activistes s'étonnent de voir encore se promener en liberté force individus qui, par leur attitude durant l'occupation, méritent largement la prison..La justice qui est d<5jà aux prises SVeC (les centaines de dossiers, s'efforcera certainement de régler rapidement le compte de ces jolis personnages.Leurs derniers gestes chez nous auront partout été des actes de pillage éhonté, dans les campagnes surtout. Où ils se sont particulièrement distingués dans ce genre de manifestations de la Kul'tur, c'est dans 1 Entre-Sambre-el-Meuse, où ils n'ont rien laissé, en fait de fourrage', pour le bétail qu'ils n'ont pas emporté. Pendant que vendredi la ville aspirait toute la foule, le"s faubourgs se vidaient et s'endormaient dans une solitude de cités mortes. Il n'arrivait jusqu' à eux qu'un vague murmure en sourdine. Un vent agitait les drapeaux, tandis que le soleil les dorait. De modestes arcs de triomphe en feuilles de lierre ornaient l'entrée des rues où habitait un soldat. Mais maintenant elles ressemblaient à de longues voies funèbres, pavoisées pour ou ne savait quelle fête macabre. Seuls des chats patriotes, un ruban tricolore au cou, glissaient au long des façades en chantant des hymnes et des cantiques de leur façon. C'est très bien d'honorer nos grands citoyens. Mais ne pourrait-on pas en trouver un moyen plus pratique que de donner leurs noms à des voies publiques connues de la population entière sous d'autres désignations? Cela trouble et déconcerte fort les gens qui n'ont pas une excellente mémoire et les étrangers qui ont affaire dans la ville et qui ne sont pas au courant de ces métamorphoses... Surtout quand elles s'appliquent aux voies les plus fréquentées. Les noms des rues sont faits — o'n ferait bien de ne pas l'oublier — pour guider, aider la circulation, non pour l'égarer. Qu'on élève aux grands citoyens des monuments commémoratifs; qu'on mette leurs statues, leurs bustes dans les carrefours; ou bien des plaques rappelant leurs mérites. A la bonne heure I Mais donner seulement leur nom à une rue, c'est, semble-t-il, vouloir s'acquitter de la reconnaissance qu'on leur doit au plus juste prix : c'est pingre I Qu'est-ce que ça peut valoir, une nouvelle plaque de rue? Cent sous? Dix francs ? Les grands citoyens valent mieux que ça... Ceci pour revenir sur une précédente observation dix fois faite ici déjà avant la guerre, La note mélancolique perce aussi çà et là. Une dizaine de soldats se promènent au milieu de la foule en délire. Ils restent calmes et causent tranquillem- nt entre eux. Ils viennent sans doute d'un coin éloigné du pays. Dans la sympathie et la joie universelle, ils restent indifférents. Une vague de .danseurs cherche à les entraîner, mais ils r sistent et s'arc-boutent comme de vrais terriens. — Qu'est-ce que cela me fait, tout ça, dit l'un. — Ce qu'il faudrait, dit l'autre, c'est retourner; alors on pourrait vraiment rire I — Si on était seulement tous dix ans plus vieux, murmure un autre, en hochant la tète, comme s'il voulait pleurer. Plus loin, au contraire, des soldats français au bras de quelques Bruxelloises dansent çt chantent sans arrière-pensée. — Ce qu'on f si bien reçu ici, c'est rien de le dire, s'extasient-ils. — Mais v'Ià, se plaint quelqu'autre, on nous fait une injustice. On nous avait désignés pour Cologne. Maintenant, parait qu'on r'tourne au dépôt I Ça se devrait pas 1 Depuis le retour des Alliés, on ne voit plus que vélos, motocyclettes et automobiles s'eatrecroisant en tous sens. Nous ne sommes plus guère habitués i tout ca mouvement et 11 nous faudra quelque temps pour rapprendre à circuler dans cette fourmihère I D'autant plus que les automobiles alliées sont des machines merveilleuses qui circulent silencieusement et sont sur vous sans qu'on s'en doute. Quand il y a quelque temps une auto allemande arrivait, suant et crachant, elle faisait un tel vacarme que même les sourds avaient tout le temps de se garer; mais maintenant 11 s'agit d'ouvrir l'oeil et le bon 1 Soyons prudents, recommandons surtout la prudence à nos enfants, sinon gare aux écrasés. Il paraît que les mutilés belges de la guerre ! ont une musique. Cette musique, nous racontait quelqu'un qui revenait du Havre, arrive le jour de la signature de l'armistice à l'hôpital de la rue Lancelot, dans cette ville... Cet hôpital abrite nombre de nos mutilés qui ne sont point musiciens. Et voilà qu'à la vue des autres qui venaient les réjouir en soufflant dans leurs instruments, ceux de l'hôpital sont pris d'une joie folle et se mettent à improviser un ballet fantastique! Il parait que l'on a rarement vu quetque chose de plus inattendu, de plus drolatique que ce chahut d'amputés, de boiteux, d'incomplets et de déformés, s'agitant follement au son d'une musique d'autres malheureux comme eux. Et leur gaité était si franche, si c nimunica-tive qu'elle gagnait les assislants malgré tout ce que le spectacle offrait de douloureux et d'api-tuyant.Et cela est consolant, parce que cela montre la belle santé morale dont jouissent nos amputés. Après les batailles redoutables, c'est un bonheur encore d'avoir conservé la douce vie, même avec un membre au deux de moins. Autre suite à notre article «Méfions-nous» : H est certain que les industriels allemands feront des sacrifices, au début, pour essayer de reconquérir la clientèle perdue en Belgique ; il est hélas 1 certain également qu'ils trouveront des commerçants tout disposés à leur donner la préférence pour une minime différence de prix ; et il est connu de plus, que certains Belges, moyennant des avantages pécuniaires, se feront, comme il y en a déjà qui l'ont fait, prête-nom de fabricants allemands. La cupidité est un vice répandu partout. Mais c'est au public à faire lui-même sa police ; s'il n'achète plus rien dans les magasins où se vend n'importe quel produit « made in Ger-mania » les relations commerciales avec des fournisseurs allemands du négociant mis ainsi à l'index seront vite rompues. Evidemment, évidemment. Mais il faudra tout de même, comme l'expliquait la lettre que nous donnions hier,veiller à faire mieux et à meilleur compte que les Allemands. Ce ne doit pas être si difficile ; et ce serait plus sur. -o. MACARONI Macaroni, embrasse ma femme ; embrasse ma femme, Macaroni. Ainsi s'exprimait ce monsieur à l'aspect sévère, mais à l'allure exaltée, dans l'un de nos plus grands cafés de Bruxelles. Et la foule d'applaudir ; et le palmier planté dans le.tonneau où s'était juché cet homme de balancer languissamment ses feuilles en signe d'approbation. Macaroni n'était autre qu'un soldat italien, un vrai, à la face bistrée, aux yeux noirs et brillants sous une épaisse tignasse de cheveux bouclés.'Macaroni était exubérant de joie communi-cativp. Monté sur l'estrade de l'orchestre, il chantait t Funiculi, Funicula » avec un entrain endiablé qui électrisait l'auditoire. Ses pestes vastes et souples, sa mimique verveuse, tout en lui se complétait heureusement. Aussi ce monsieur voulut-il voir les lèvres rouges et fortes du ténor entrer en conjonction étroite avec les joues pleines et roses de sa moitié. Et l'assistance qui n'était pas discrète de rugir son enthousiasme et de témoicrnpr. par de nombreux bans, son entière approbation. Rappelé, Macaroni ténorise encore : «t O Sole Mio * pour la plus grande joie dos personnes sentimentales. Nouveaux et triples bans, et Macaroni, fatigué mais glorieux, regagna sa chaise. L'orchestre, plein d'un beau zèle, commpnça immédiatement : « To tipperary ». Nouvel incident, nouvel enthousiasme. Un soldat, belge cette fois, escalada l'estrade des musiciens et chanta avec un entrain militaire le célèbre « Two Step d que l'assistance reprit au refrain à pleine voix. Succès, tumulte, cris : Encore! encore ! » Voici maintenant, par le même soldat, la chanson favorite des troupiers français : « Ma-delon », dont le refrain, vite connu, fut vivifié par le chœur du public. Bans simples et triples. Il était tard, les voix étaient fatiguées. Nous évacuâmes au son de la c Marche Lorraine », et des cris lointains et étouffés du monsieur qui, juché sur le tonneau du palmier, brandissant sa canne, adjure encore Macaroni fourbu d'embrasser sa femme. lES CARABINIERS BELGES La foule a tressailli de joie, en entendant, vendredi, retentir, sur le passage du cortège, la marche des Carabiniers beljes. Que de' souvenirs elle évoquait I Elle ne date pas d'hier-cette marche martiale et fameuse, qui fit fureur en son temps, qui nous anime encore si bien aujourd'hui et qui tient, comme le Valeureux Liéyeois et la marche de Van Artevelde de Gevaert une place en vue dans noire répertoire populaire national. Se souvient-on au moins de son auteur. Alexis Ermel? C'était un bon pianiste, 111s d'un facteur de piano établi à Ixclles, à l'entrée de la chaussée de Wnvre. 11 était allé, dans sa jeunesse, travailler à Paris, sous la direction de Thalberg. I'uis, rentré à Bruxelles, il était devenu le pianiste particulier de Léopold 1er, auquel il allait, tous les jours, faire de la musique pendant qu'il dînait. Alexis Ermel était aussi le directeur musical d'une réunion plus ou moins chantante, la célèbre Société vocale d'Ixclles qui n'acquit pas grande réputation comme organisme musical mais qui se distingua autrement. C'était un groupe de cinquante particuliers, ni plus, ni moins, artistes connus pour la plupart : Paul Lauters, Kourmois, de Schampheleer, Dil-lens, Van Seben, Bourré, Armand Cattier, bien

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This item is a publication of the title La gazette belonging to the category Liberale pers, published in Bruxelles from 1871 to 1940.

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