Le clairon: satirique, théatral

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01 February 1914
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s.n. 1914, 01 February. Le clairon: satirique, théatral. Seen on 14 July 2020, on https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/en/pid/s46h12w86p/
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Le Clairon Propriétaire-Editeur : E CARIOLAN (fklpï; SATIRIQUE, THEATRAL g-C^-S AUDACES FORTUNA JUVAT r^_p-s ANNONCES: Bureau de la Rédaction : ABONNEMENTS: on traite a forfait ^lie du Souci- 28, /Envers Belgique Fr. 1.50 A nos Lecteurs ! Ce premier coup de clairon que nous lançons avant d'entamer la bataille, est encore timide, c'est un simple avertissement. Nous ne doutons pas des dévoûments qui nous ont été spontanément offerts et, >puissamment secondés ■par de très compétents collaborateurs, solidement soutenus par nos nombreux amis, nous ne négligerons rien pour nous faire une percée dans la mêlée journalistique. Notre programme ? Bien simple ! Egratigner l'un et l'autre, dévoiler les potina de la vie anversoise, donner de la *•■>•itipue théâtrale, publier des articles littéraires. Nous saurons garder à notre satire le bon ton indispensable, nos polémiques ne perdront jamais cette note de courtoisie sans laquelle il n'y a pas de bonne polémique, en résumé, notre " Clairon " sera bien embouché. Espérons qu'il nous sera donné de déchirer l'aii longtemps et souvent, de la joyeuse sonnerie de notre cher " Clairon " ! LA REDACTION. CONTE DU CLAIRON. LE DROIT CHEMIN Chaque soir, il descendait vers le Faubourg ai moment de la poussée fiévreuse vers les théâtres Il logeait tout là haut, près de la Place Blanche dans un de ces ihôtels montmartois où tout es: faux, depuis le nom que l'on inscrit sur le granc registre crasseux, jusqu'aux murs en papier qu trahissent les voisins. C'était un long adolescen rasé, à la figure fraîche, encadrée de cheveuj châtains, peut-être un peu trop longs. Les femmes l'aimaient, non pas qu'il eut la prétentior d'être aimé, rapport à une beauté extraordinaire ou à une carrure de lutteur, mais simplement pai un charme indicible fait de la grâce élégante que décellait tout son être et d'une expression câline de sa fine physionomie- Quoiqu'il fut d'une tail le au-dessus de la moyenne on l'appelait " le p'tit ", ce qui rendait bien l'idée qu'en avaien les femmes. Il dormait tard et ne travaillait point non pas qu'il eut des rentes, mais parce qu'une âme généreuse s'était érigée! en protectrice de ce beau page. Cette douce protectrice appartenait è l'armée des odalisques emplumées que le Mont martre fêtard se dispute, elle s'était follemen éprise du " p'tit " parce qu'il l'avait consolée ur soir de saoûlerie, révèliant une âme prête aux ex pansions généreuses. La passion des premier) temps calmée, il perdurait pourtant un fort senti ment d'attachement mutuel qui entraînait une fidélité à toute épreuve. Le " p'tit " ne manquai de rien, partait le soir vers le Faubourg, en fai sant sonner, au fond de sa poche, quelques thu nés. Il vivait paisible et calme, trop calme, sûre ment trop heureux; comme on se lasse d'un bijoi trop longtemps porté, le bonheur parfait lui pe sa et, certain soir, il remarqua une grande brune qui montait en voiture, ils se lancèrent un souri re... première flèche envoyée contre l'édifice de tranquillité que lui valait sa liaison rémunératri ce. Dès lors, la " grande brune " occupa ses pen sées et comme sa vie oisive lui permettait la rê verie à discrétion, une idée s'ancra: Changer de maîtresse ! Le vent de la trahison souffla au) oreilles de la protectrice, il y eut des cris, des in suites, une porte qu'on ouvre, des vêtements que l'on lance dans les escaliers... Le " p'tit " qu i au fond était une sorte de phylosophe, fit un paquet de ses fringues, les transporta chez un ami et se mit en route pour retrouver la grande brune- Il la rencontra près de " Tabarin vers les heures du matin, elle sentait le champagne, sa bouche gardait une expresion de gaîté, elle devait avoir ri aux larmes, la Tande brune, car le ri-mels de ses cils s'était dissout et, coulant, avait laissé de petits sillons noirs. Elle le reconnut à peine, mais il se fit si caressant, si enjôleur, qu'elle se laissa enlacer et reconduire jusqu'à la Place Pigalle. Elle lui passa sa clef pour qu'il ouvrit la porte, quand elle fut à l'intérieur, l'air frais de la nuit ne tint plus ses sens un peu en éveil, elle fut docile et chavira dans les rêves à côté du p'tit qui, lui, trouvait tout celà si simple, si inéluctable, qu'il ne pensa même pas à lui . sceller la bouche d'un bafeer. * * *• Ils se mirent en ménage, façon de parler bien entendu, car ces associations consistent simplement à avoir un repère dams l'existence... bouée à la laquelle, épave de la noce, on revient s'accrocher pour quelques heures avant de reprendre la lutte. La grandb brune ne pouvait supporter qu'un homme fût loisif, elle envoyai le " p'tit " faire un p«u de boulot danfe un bureau. Il ne 1 s'esquintait pas, gagnait quelques pièces et, de plus, nie battait pas le bitume éternellement. La 1 grande brune fut heureuse, car elle s'aperçut ai-' le "p'tit" l'aimait sans réserve, sincèrement. Le ' soir, elle le retrouvait seul dans le grand lit d'Hôtel, dormant sans rêves comme un être heureux. 1 Elle qui rentrait les oreilles encore bourdonnantes des valses tziganes, des rires nerveux, des chants obscènes: les yeux fatigués des éblouissantes clare-L tés électriques, elle contemplait longuement le beau petit page dont la tête brune reposait délicieusement sur l'oreiller dans l'oréo^ sombre des cheveux en désordre. Elle l'aimait maintenant éperdûment, de tout son être d'amante heureuse répudiant les étreintes forcées, les caresses vendues. Elle trouvait en sa présence un regain de pudeur, un be:soin d'ef-' facer la trace des péchés par la) sincérité des baisers. Elle trouvait en lui toute l'illusion du moment et le gardait près d'elle longuement, sans 1 rien] 'lui dire, posant) de tempsi en temps ses lèvres contre les siennes, éprouvant à ce contact une griserie jusqu'alors insoupçonnée- Elle sentait qu'auprès de cet être jeune, beau, aimant, elle découvrait une raison de lutter, une force de vi-' vre, un but... * * * t Au bout de quelques moi®, le " p'tit " devint - un peu plus calme, se détachant même d'elle - d'un mouvement progressif. Il l'aimait toujours, mais le travail façonnait son Caractère, le senti- - ment de se suffire à lui-même, de pouvoir se dis-i penser d'un soutien, lui donnait une force qui - parfois engendrait de la rudessel à l'égard de celle dont il était toute la raison de vivre... Les toilettes de la grande brune, les bijoux lui faisaient sentir le poids du sacrifice ! Quand elle revenait, la sace>che garnie de billets et de pièces d'or, il se retournait sur l'oreiller pour ne pas voir la récompense d'un sacrifice qui lui torturait le cœur. Il naissait en lui des désirs bourgeois de possession intégrale de l'être aimé, les principes d'antan cédaient le pas à une jalousie féroce. Il lui reprochait tout, depuis le chasseur du bar à i qui elle frappait sur la joue au passage, jusqu'au I baron qui payait dix louis une étreinte fugitive-Elle avait voulu le ramener à des vues moins mesquines, glissant de temps en temps un louis dans son porte-monnaie, mais le " petit " se fâchait. Elle pleurait souvent, repentante, aspirant à rénover sa vie à reprendre le droit chemin dans lequel elle avait remis le petit. Elle préférait lâcher tout, reprendre une vie modeste et garder son amant. Lui s'était épris d'une ouvrière qu'il croisait chaque matin, il se sentait poussé vers elle par une certitude de l'avoir toute à lui, de ne plus douter des étreintes qu'il saurait sans partage.Certain soir, il dit à son ouvrière : On se mariera, veux-tu? Tu vois, j'ai mon bureau, t'as ton atelier, il v a moyen d'être heureux... Elle dit oui, et il l'embrassa tendrement. * * * Quand la grande brune rentra, elle trouva le lit non-défait. Elle avait un peu bu et voyait tout dans un brouillard. Il lui sembla pourtant qu'un bout de papier! errait sur la table, elle lut que le "p'tit" lui disait adieu .pour toujours-.. alors elle pleura, pleura longuement... Sa pauvre tête semblait prête à éclater, elle voulut prendre une bouteille d'éther, mais la Renversa. La chambre s'emplit d'une odeur forte qui la grisa, elle eut l'impression! d'une jouissance prolongée, d'un rêve berceur. Elle était étendue près du réchaud à gaz ; comme une sensation de fraîcheur lui donna un frisson, elle tourna la clef du réchaud. Elle voulut allumer une allumette, mais ses forces la trahirent. Le gaz maintenant, sifflait, son odeur se mêlait à celle de l'éther, sentant sa tête s a-lourdir, elle ferma les yeux; il lui semblait que le plancher bougeait, elle entrouvrit les paupières et se croyant encore près de son] petit amant, elle dit: On est (heureux, n'est-ce pas, mon petit ? Puis elle s'endormit pour le sommeil éternel avec l'impression d'un grand bonheur... CARIOLAN. Paris, Juin 1912. LES JOURS QUI SUIVENT. CARNAVAL Bientôt les hordes hurlantes de masqués envahiront les rues et ce sera, pendant quelques soirées, le défilé grotesque d'individus cachant sous le carton d'un masque la honte d'être publiquement stupides, lâches, voire même obscènes- lis partiront de chez eux hâtivement, désireux de se noyer dans le flot propice des promeneurs désabusés. Esseulés, il leur semblera que leurs oripeaux défraîchis sont' tramés d'un ridicule pesant, tin regret leur fera envier le passant paisible sous le costume des dimanches. Les premières trompettes fausses, les refrains stupides, toujours amputés de leur finale, les masques sans joie Croisés en chemin, ranimeront une lueur d'espoir dans la nuit de leur désillusion. — On va s'amuser... Ils se glisseront lâchement dans une troupe de braillards, dans une " chaîne " de déguisés aux mimiques d'épileptiques et là, ils se sentiront moins niais, cnoyant me supporter qu'une part de l'écrasante imbécilité dans l'ambiance de laquelle évoluera la masse dont ils feront partie. Ils se rueront à la curée du plaisir insaisissable, s'engouffreront dans l'étude attroce d'une " Sca-la " aux puanteurs fortes des plèbes en folie. Là, dans le hurlement rauque des cuivres esquintés, dans la rumeur déferlante d'une humanité affolée de joie factice il y jîiura de brutales étreintes sans volupté, des amours sans tendresse. Et cette débauche basse d'une 'foule livrée à ses in- LE NUMÉRO : FÉVRIER 1914 ÎO Cmes

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