Le clairon: satirique, théatral

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s.n. 1914, 01 March. Le clairon: satirique, théatral. Seen on 18 August 2022, on https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/en/pid/ww76t0j180/
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LECLAIRON g-C^-S Propriétaire-Editeur : E CARIOLAN Il sera rendu compte de tout ouvrage dont un exemplaire sera envoyé à la Rédaction Satirique, Littéraire, Théâtral (ANVERSOIS) Dépôt principal du " Clairon ,, : RUE JÉSUS, 33 g-C^-s AUDACES FCRTUNA JUVAT Les manuscrits ne sont pas rendus. Les articles signés engagent leur auteur. ANNONCES : on traite a forfait Bureau de la Rédaction: rçue du Souci, 28, /\nvers ABONNEMENTS : Belgique Fr. 1.50 DANS CE NUMÉRO : Levée d'Ecrou, conte, par Cariolan. — Le Music-Hall n'est pas l'Hospice, par Emile Léandre. — EST-CE LA FIN DU SCANDALE DE LA PRESSE PÉRIODIQUE ? par Marsyas. — Un sonnet du poète Ursini : « RÉTROSPECTIVE » — Une nouvelle Entreprise artistique : Théâtre pour nos sociétés dramatiques. — Des critiques théâtrales. — Le Tout-Anvers. — Les Cercles. — Fantaisie Bruxelloise : Jefke Beulemans aux « Variétés » etc... CONTE DU CLAIRON. Levée d'Ecrou Assis dans une pénombre propice, Jacques attendait le retour de son frère. Une angoisse douloureuse étreignait toute son âme et abîmé dans les pensées, il écoutait couler, minute par minute, la longueur de ce jour. On sonna, un frisson de terreur secoua Jacques. Il se leva, titubant, ivre de crainte. Maintenant, la nuit implacable encombrait la place de ses tristesses léthifères... Jacques revint accompagné de Charles et, dans les crêpes nocturnes, on eut dit un fantôme suivant une ombre. Jacques n'alluma point la lampe, craignant qu'en pleine lumière, son visage révélât l'infamie. Affalé dans l'obscurité complice, Charles parla-Voix profonde, mélancolique; les derniers mots s'envolaient sur un rythme liturgique. — Et me voilà ! épave parmi les épaves. Je reviens, plus désemparé, fatigué déjà de cette liberté qui me pèse. Je sens sourdre en moi des colères mauvaises... Là, fit-il en battant sa poitrine, là, je sens la poussée des rancœurs inassouvies, elles montent, m'étreignent subitement la gorge, encombrent mon esprit de leur flot impétueux, alors ma tête chavire et je me surprends, la façe haineuse, le poing crispé, le crime vit en moi — Mon pauvre frère, mon Charles-.. Et pourtant cette Jeanne... 11 s'arrêta, on entendit dans l'ombre des soupirs douloureux précurseurs des larmes. Il eut pourtant le courage d'endigueur ses sanglots et continua : — Cette Jeanne, je l'adorais, elle fut mon malheur qu'importe ! C'est pour elle, vois-tu, qu'un soir je volai mon patron. Ce premier faux-pas précipita ma perte. Je volai encore, toujours... Quand on vint me demander de rendre mes comptes, intentionné à me supprimer d'un coup de revolver, je pris mon arme; d'un geste énergique, je l'appliquai sur ma tempe. A cet instant, je vis Jeanne, dans une auréole de beauté, elle me souriait comme un être divin, cette apparition imprévue, affolante, me fit détourner mon arme. Devant moi, la nuque penchée du patron fouillant la caisse, c'en est fait, une idée, un geste, un crime-.. — Assez, mon Charles, assez... — Non ! J'éprouve une jouissance à te dire tout cela, c'était pour elle ! Pour elle aussi les dix années de bagne. Circonstances atténuantes, respon-sabilitée limitée ! Tu vois, l'excuse de la folie m'a sauvé de l'échafaud. Je reviens, je veux reprendre Jeanne, où est-elle ? — Morte.. — Ai-je bien entendu ? Non, tu t'abuses, c'est une épreuve... J ai tant souffert, ne prolonge pas ma torture. Jeanne m'attend, j'ai hâte de l'étreinte réparatrice, qu'importe mes dix ans de bagne, si j'ai le bonheur souhaité- L'homme, dressé dans la nuit, tendait tout son être exhalté vers l'idole que son hallucination lui montrait. — Assis ! Elle est morte, Jeanne ! Calme tes sens. La mort, c'est la délivrance qu'elle attendait., elle ne voulait pas te revoir. Charles restait muet, sans force, assomé. Bientôt, il reprit ses sens, fataliste. — Si elle n'est plus, paix ! Que ne suis-je crevé là-bas ! J'ai supporté les douleurs physiques, morales, j'ai surmonté les dégoûts continuels, je n'avais qu'un but, la revoir... au bout de mon calvaire, le néant-.. — Tu n'es pas seul à souffrir. — Tes souffrances ne peuvent être comparées aux miennes. Ma vie ! Un crime, les remords, le bagne, le martyr et l'amour d'une femme... Au moment de toucher à la réalisation du rêve pour lequel on a combattu, l'évanouissement de tout devant l'inéluctable... Tu vois, maintenant, je me domine, ce n'est plus qu'une grande douleur, mais je suis calme. Le bagne est l'école de l'abnégation. Et, rassuré par l'attitude de son frère, Jacques chercha les allumettes- Maintenant, i! voulait de la lumière, afin d'étaler toute la vérité. Un besoin de révélation l'étouffait, il fallait lui dire... * * * Dans l'éblouissement jaune de la lampe, l'ancien baqnard distingua l'arrangement du logis fraternel. D'un œil inquisiteur, il découvrit des choses nouvelles, il devina dans l'ambiance accueillante du salon, cet arrangement élégant révélant la présence d'une femme. Jacques, engoncé dans l'épaisseur d'un fauteuil, regardait son frère. Quels traits ravagés dans cette face rasée ! La calvitie attaquait ce crâne sous lequel roulait la tempête des idées mauvaises. Les deux frères se dévisagèrent en silence, froidement, il planait un silence horrifiant, que Jacques voulut rompre, il entama : — Moi, j'ai fait ma vie. Quand le scandale fut apaisé, j'ai cherché à me créer un foyer... Charles sursauta, plongeant son regard adamantin dans les yeux fuyants de son frère. — Tu t'es marié ? — J'ai cherché, j'ai voulu me faire admettre dans des familles, mais l'éclaboussure de ton crime souillait mon nom, on me repoussa. La tête dans les mains, plovant sous le poids du désastre, Jacques pleurait. Il avait entraîné son frère dans le malheur... Une voix de femme s'éleva, douce, mélodieuse, modulant son chant comme une mélopée. Jacques, les ye jx exorbités, écoutait. — Ce'te voix, c'est la sienne ! Ce chant, le sien... Charles ! hurla-t-il, menteur ! Qu'as-tu fais ? Charles tremblait, acculé dans un coin, il attendait la colère prochaine. — Pitié ! dit-il, j'ai été lâche, je t'implore, je suis à tes pieds, le courage m'a manqué, je voulais te dire tout... L'autre bondit, il serra la gorge de Charles qui se débattit désespérément, lui cracha au visage ce que dix ans de baerne avait accumulé en lui de haine implacab'e. L'autre tomba sur le sol, un bruit mat souligna !a chute. — La veuve ! maintenant ! hurla le criminel, en se précipitant vers la porte. Le chant montait toujours, chant de vestale d'amour, enivrant de douceur. L'homme) s'arrêta brusquement, un grand rire lui tordit la bouche, il scanda ses phrases, secoué d'un grand frisson de folie : — La veuve est là.-. Je la vois, plus belle dans les crêpes du matin... elle me tend les bras, désireuse de poser sur mon cou son baiser froid et fidèle...Prends-moi, dis... Les deux bras tendus, il se précipita vers la lampe allumée, la brandit au-dessus de sa tête, la broya, dans sa rage de fou, contre le mur, puis tomba épuisé sur le parquet-Maintenant, le feu gagnait les tentures dans sa course échevelée et Jeanne, la prétresse d'amour, chantait, chantait encore, ignorante, heureuse dans sa belle insouciance. CARIOLAN. PROPOS DE LA RUE- Le Music-Hall n'est pas l'Hospice ! Il est convenu que le music-hall doit nous don ner des spectacles légers, courts, attrayants, de façon à ne pas esquinter davantage les méninges empâtées par une journée de travail. Nous aimons que les numéros se succèdent rapidement, que les artistes ne nous servent pas des choses trop compliquées, des chansons chargées de digressions philosophiques. Nous tenons à ce que ces artistes aient un extérieur qui plaît, établissant d'emblée un courant de sympathie entre le public et eux. Il est indéniable que le music-hall tout autant que le théâtre, dont il est en quelque sorte le frère cadet (un frère cadet qui aurait mal tourné) est une école d'esthétique. Ceci dit, ne devons-nous déplorer l'apparition sur les scènes d'un tas de numéros d'estropiés ? T ous les habitués des music-halls connaissent tel chanteur obèse, chauve, décati, presque aphone par l'âge, qui pour comble est estropié et fait suivre son nom du complément " Le boiteux ". Qui n'a vu cette naine ébouriffée, pitoyablement grotesque, dont les allures suscitent des remarques obscènes. Et les duettistes bossus, qui, carrément, annoncent leur infirmité à grands coups d'affiches ? Et les unijambistes dont les exercices acrobatiques navrent plus qu'autre chose ? Et le ténor bossu — encore un ! — dont la voix nasillarde nous affirme qu'il est fini son beau rêve d'amour ? Donner en spectacle toutes ces misères de l'humanité tarée et disgracieuse constitue un abus de confiance ! Le oublie paie non pas pour s'apitoyer sur les malheurs des déshérités de Dame Nature ; il va au music- hall pour ressentir de saines émotions. Admirer l'académie impeccable d'un bel athlète, entendre les romances sentimentales d'une blonde langoureuse, s'emballer à l'audition d'un refrain patriotique lancé à pleins poumons par un diseur bien campé, se dilater la rate à la vue d'un désopilant comique, s'extasier en présence de "tableaux vivants'' groupant esthétiquement une demi-douzaine de jolies femmes, tout ça, voyez-vous, c'est du bon music-hall ! Ce sont des spectacles que l'on applaudit franchement sans réserve, par pur enthousiasme ! Mais, quand, son tour passé, l'estropié rentre honteux dans la coulisse, il peut être convaincu que les bravos espacés qui accueillent son départ sont justifiés par la pitié qu'il vient d'inspirer ou la satisfaction que l'on a de le voir disparaître. .- Non ! non ! amis directeurs, le Music-Hall n'est pas l'hospice ! EMILE LEANDRE. %&&&% Est-ce la fin du scandale de la presse périodique ? POUR UN SYNDICAT DE CRITIQUES DRAM A TIQUES DE LA PRESSE BELGE Notre ami, Raymond Colleye, directeur de " La Lanterne " de Bruxelles, est le promoteur de cette intéressante association. Il est indéniable qu'il convient de distinguer les critiques sérieux de la multitude de galopins qui, sous le couvert de ce mot " critique " s'amusent à nuire à la réputation d'artistes consciencieux ou à élever sur le pavoi des cigales esquintées qui payent en baisers une critique meilleuse. A plus d'une reprise, nous avons pris la plume pour signaler les abus dont étaient malheureusement victimes des gens au talent incontestable, dont le seul défaut était de ne pas " lâcher un louis " à tel ï.cf'be en smoking, ou de ne pas se soumettre à un caprice plus ou moins propre d'un jouvenceau énamouré. Le rôle de la presse périodique est trop important pour qu'il soit confié à des incapables plus aptes à manier le goupillon que le stylo. Un référendum à ce sujet a été ouvert et il y aura ultérieurement une réunion au cours de laquelle seront jetées les bases de cette association dont l'existence est une nécessité. A Paris existe depuis longtemps semblable syndicat et, comme déplorait "otre ami Colleye, chez nous il est encore à créer. EsDérons que cette lacune sera comblée à brève échéance ! MARSYAS. LE NUMERO : ÎO Cmes MARS 1914

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