L'indépendance belge

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13 February 1917
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s.n. 1917, 13 February. L'indépendance belge. Seen on 17 October 2019, on https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/en/pid/g44hm53m8j/
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SSème année* N© 33 L'INDÉPENDANCE ROYAUME-UNI: ONE PENNY BELGE. CONTINENT: 15 CENTIMES IHOLLANDE: 6 CENTS} I ADMINISTRATION ET REDACTION: 11, PLACE DE LA BOURSE. MARRI 1*5 FEVRIER 1917 f3 MOTS. 9 SHILLINGS. 1 ,, ,, „ . ÏUDOR HOUSE, ÏUDOR ST., LONDON, E.C. aUBùAL A PAE.S • WIAKU1 W PfcVKI ABONNEMENTS :] 6 MOIS. ;17 SHILLINGS, t CONSERVATION PAR LE 1 ROGRb^ TELEPHONE: CITY 3960. TELEPH :| 23^75 En vente à Londres à 3 li. le lundi 12 fev« 11 an. S2 shillings. j LA SITUATION. Lundi, midi. compromettant gravement 1 avenir éco- La liste des navires coulés s'est accrue nçaiique du monde entier, et s'il était I depuis samedi de quatorze dont dix bri- preuve qu'aucun des belligérants n'est à I lâuniques et quatre neutres. Le tonnage mêira de léduire l'autre par la faim, il I perdu représente un total de 23,750 y aus.ait avantage mutuel à laisser eir- I tonnes et parmi les victimes se trouve 1: eule-r librement les navires ravitaillant I transatlantique ''Mantola,'' un vapeur les populations belligérantes et neutres. le 8,253 tonnes construit en 1916 et qui L'Allemagne, qui doit se rendre I était en route p?.ur les Indes. Tous les compte qu'il est impossible d'affamer la I passagers, heureusement, ont pu être Grande-Bretagne, serait certainement I sauvés, mais sept liommes de l'équipage prête à faire des concessions, en échange I manquent à l'appel. d'une levée partielle du blocus.' Le "Japanese Prince," qui se trouve Le renvoi dans leurs foyers des dépor- I également sur la liste "noire" publiée tés civils belges et français serait, nous I par Lloyd's, a été coulé dans la Manche, semble-t-il, une concession qui serait de I C'était un vapeur de 4.876 tonnes,, cou- nature à justifier une modification par- I struit en 1911, et qui avait à bord tic-Ile dit blocus des Empires Centraux. (rente çowboys américains qui tous, ainsi Mais il est sans doute encore trop tôt I que l'équipage, ont été sauvés. peur que pareille proposition puisse être I C'est le seul " incident " survenu psn- prise sérieusement <eâ considération, et I dant ces deux jours, qui iutéresse, plus ce n'est que si la, guerre est appelée à se I au moins directement, les Etats-Unis, prolonger qu'en en arrivera peut-être a | Jusqu'à présent aucune atteinte directe un compromis de ce genre. | ?,l'honneur de/la granda république n'a Tout dépend, évidemment, du cléve- I été portée par les pirates, .mais il est loppement futur des opérations militai- I justa de dire que depuis la déclaration rss et l'activité que nos Alliés britanm- lu nouveau blocus allemand, très peu de ques continuent dé déployer sur le front bateaux américains ont pris la mer, et de la Somme et de l'Ancre, ainsi qu'en beaucoup d'armateurs hésitent à courir Mésopotamie, indique que la campagne ! ies risques de voir leurs navires coulés. de 1917 sera plus sévère et certainement Cependant, samedi, deux vapeurs de j^113 décisive que les précédentes. | commerce, 1'/''Orléans'' et le "Roches- Les Tommics ne laissent pas leurs ad- I ter," tous les deux non-armés, et sans versaircs au repos et les raids fructueux I porter les signes distinctifs "exigés" par dans les lignes ennemies reportés ces Allemagne, ont quitté New-York h jours derniers ont été suivis hier par une I destination de Bordeaux. attaque contre les ouvrages défensifs al- C'est là, en quelque sorte, un défi aux lemauds. devant Serra (entre Beau mont pirates allemands et le voyage des deux et Hébuterne), qui fut un nouveau suc-I cargo-boats est suivi avec le plus vif i ois pour nos vaillants Alliés. I intérêt. j Ils capturèrent 1,200 mètres de tran- Bien que le gouvernement américain1 chées* ainsi que 215 prisonniers et ce der- ! continue ses préparatifs en vue d'une nier chiffre dépasse de beaucoup, comme | guerre éventuelle, les pacifistes n'ont pas l'annonce sirl). ïïaig, les pertes totales perclu l'espoir de voir les choses s'arran- subies par les troupes britanniques dans I ^er. cette opération. II. Bryan et ses partisans, soutenus En Mésopotamie, les troupes du géné- H par les pangermailistes, se remuent, ral 3Iauds? oui fait de'ucuveaux progrès W /«Wffcoup. dans la. direction de Kufc qu'-élléa iuves- Leurs efforts tendent, actuellement, à tissent maintenant de trois côtes. Les , renouer la conversation entre Washing- Turcs sont enfermés dans la boucle for- ■ . ton et Berlin. On dît que, par l'entre- mée par le Tigre et leurs, pertes ont été I mise ds la légation suisse, l'Allemagne très sévères au cours des derniers com- I -e serait déclarés prête à négocier un bais. "compromis" en ce qui concerne la Un communiqué de- Vienne parle I guerre sous-marine, ci l'activité de M. d'une effen-'ve locale fructueuse exécu- I Bryan ne.serait pas étrangère à cette sug- fée contre les positions italiennes à l'est I gestion. On fait remarquer qu'il a. vu, le do Gcrizia, où les Autrichiens affirment 3 février, avant l'expédition d'un im- avoir capturé en deux jours plusieurs portant message à Berlin, M. Stone, pré- tranchées ainsi que près de mille priàon- -ident de la Commission des affaires niers. étrangères et le comte Bernstorff, et en Le1 communiqué italien reconnaît la croit que Berlin essayera de se servir de perte de quelques éléments de tranchées M. Bryan pour convoquer une Confé- perdus à la suite d'une attaque en force lence qui aurait pour objet de reviser 'e précédée'd'un bombardement intensif, et I < ode international réglant la question du annonce également la capture de 70 pri- blocus maritime. sonniers. C'est là du moins ce que laisse entre- Rien de particulier n'est signalé des [ voir un long cablogramme du correspon- autres fronts. dant du "Times" à Washington, dans Actions locales sur les fronts russo-rou- i equel il est également fait allusion à main, raids sur le front occidental fran- I une proposition de conférence à Madrid, çais, et calme plat sur le' front macéd-o- En réalité les Allemands, qui savent nien. Le dernier espoir du roi Tino d-s | tirer parti do tout, essayent en ce mo- pouvoir collaborer avec les troupes de [ ment de se servir des pacifistes comme son impérial beau-frère s'est évanoui et 1 ils se sont servi déjà des socialistes, pour le Kaiser, clans un message au Roi de I' créer un mouvement en faveur d'une Grèce avoue qu'il ne saurait lui venir er levée générale du blocus. aide contre les Alliés en Macédoine, et Il est incontestable que le blocus, pra- que tout ce qu'il lui démande, c'est de f tiqué comme il l'est actuellement, est une "' conserver son trône." arme à double tranchant qui finit par Le Kaiser ne demanderait sans doute faire retomber sur les populations civiles pas mieux que de pouvoir en faire e principal fardeau de la guerre tout eu autant. LES CONTROVERSES ITALO-YOUGOSLAVES. Par M. Hincovic, ex-député au Parlement croate, membre du Comité Yougoslave. M. Onorato Mer eu, l'éminent colla- la-nôtre, nous n'avons plus à donner des horateur de T " Indépendance Belge," preuves de notre solidarité avec eux. Or m'a presque, invité à continuer notre dis- vous, Italiens, vous faites In guerre cussion sur la question italo-yougoslavc. avec le but de conquérir des pays eth On me permettra donc quelques obser* niquement Yougoslaves. Par cette con valions, suggérées par son article, très voitisc vous nous forcez à nous oppo courtois dans la forme, du 22 janvier. ser à vos armées, vous nous empêche; j de nous rendre à \ous comme nou: T l'avons fait et le faisons sur les autre: Les Croates contre les îtanens. fronts. Vous compromettez donc 1; Mon honorable contradicteur revient cause des Allies. L'Italie n'aurait qu'; a son reproche capital : que les Yougo- déclarer qu'elle vient au^ pays yougo slaves, qui s'étaient rendus en masse slaves en libératrice, et non comme con fuix Russes—et aurait-il dû ajouter aux quérante, et la route de Trieste et di Serbes—se battent avec acharnement Vienne s'ouvrirait de suite. sur le Carso. Mon explication que les On pourrait penser qu'il devrait nou Yougoslaves défendent leur sol natal Être parfaitement égal d'être mangés ; ('f>ntre le conquérant ne lui semble la sauce autrichienne ou italienne. Mai î'u un P'être sophisme. En combattant nous nous obstinons à ne pas nous fair Italiens, réplique-t-il, les Croates manger du tout. La victoire des Allié < unibattent les Alliés de îa Serbie et les aura comme suite nécessaire îa décorn tnemis de ! Autriche. Ils luttent donc position de l'Autriche-Hong rie. Or, s l'out celle-ci et contre cclle-la. notre territoire, avant le cataclysme d leur tour les \ougoslaves pour- cet Etat, tombait aux mains du conque plient riposter : Après nos immenses sa- rant italien, il le garderait, c'est sûr. E ' iiUees pour la cause des Alliés, qui est cas contraire, nous pouvons espérer un solution plus juste. Vous voyez la nuance. Ah, que les Italiens ne veulent pas entendre les conseils profondément sages du grand 'fondateur de la "Jeune Italie" ! En vue d'une guerre de l'Italie contre l'Autriche, Guisepfie Mazzini s'adressa déjà en 1866isioni d'Avve-nire," Milan 1915, p. 45) à ses compatriotes dans ces termes : "Dirigez-vous, leur conscillc-t-ilr directement sur Vienne, et, à un moment donné, descendez sur la côte orientale de l'Adriatique. Qu'un manifeste vous précédé annonçant l'heure de l'émancipation aux populations subjuguées de l'Autriche et de la Turquie, en leur offrant... l'alliance italienne !" Le grand patriote italien s'est donc déclaré, il y a un demi-siècle, dans une vision prophétique, pour le Droit des Yougoslaves et contre le I ort des impérialistes italiens d'aujourd'hui. ' 'Antagonisme' ' croato=serbe. Les impérialistes italiens, opposés à l'établissement d'un Etat embrassant toute là race yougoslave, nient sa vitalité a cause d'un prétendu antagonisme entre Croates et Serbes. Cet antagonisme aurait sa' racine dans l'attachement _ des Croates à leurs oppresseurs séculaires : les Habsbourg. M. Mereu voit une preuve de ces accointances croato-autri-cliiennes dans ce que, en Serbie, "on retire des écoles tous les livres en langue serbe et les remplace par des livres en langue croate." Cette chicanerie des autorités autrichiennes est aussi odieuse qu'elle est idiote. C'est comme si, en Allemagne, on interdisait les caractères gothiques au bénéfice des lettres latines. Le Croate ou le Serbe, qu il soit écrit en lettres cyrilliques ou latines, est absolument la même langue. On pourrait dire que les Croates parlent serbe et à l'envers. C'est entendu que le but évident de cette chicanerie, en protégeant les lettres latines dont se servent les Croates contre les lettres cyrilliques en Usage chez • 1er- bçrbeo* _ est faire croire à une complicité des Croates avec cette 'mesure, c-'est-. à-dire de tâcher de compromettre les Croates aux yeux des Serbes. C est précisément la pensée de M. Mereu aussi, malgré l'évidence, que les Croates ne peuvent pas être rendus responsable -des infamies autrichiennes. 'Si, dans le passé, il y a eu des différends entre Croates et Serbes, artificiellement soulevés et .excités par nos oppresseurs austro-magyars, ces différends ont entièrement disparu dès les magnifiques victoires serbes dans les guerres balkaniques, dans lesqueile-toute la race a salué avec enthousiasme l'aube de sa résurrection. Ecoutez à ce sujet plutôt la voix de Virginio Gavda qui ne vous sera pas suspect. Voilà comme, dans son livre 1' "Austria di Francesco Giuseppe,' publié avant la guerre actuelle, i! décrit la fermentation parmi les Yougoslave-austro-hongrois à propos de la mobili ' sation contre la Serbie. ; "Des réservistes serbes et croates ■ écrit-il, appelés sous les drapeaux, dé sertent, des compagnies de soldats transportés vers les frontières chanten '• des airs nationaux de révolte et refuseiv de marcher contre les Serbes. De: Bouches de Cattaro aux villages croate: • de la Dalmatie, de tous les pays yougo ; slaves, partent des jeunes qui devraien servir dans les armées de l'empire e vont au contraire s'unir avec entho.u siasme aux armées d'opérations serbe: et monténégrines.- C'est un mouvemen qui donne à penser : c'est déjà même ui irrédentisme qui donne de graves cause: d'anxiété. En Bosnie et en Slavonie, le: autorités militaires s'en sont déjà telle ment préoccupé que, pendant la cris: balkanique, elles avaient mis des trou pes allemandes pour garder les ligne de chemin de fer, et en Dalmatie elle; ; avaient peuplé toutes les îles de soldat • pour surveiller les cables sous-marins.' ' Ce témoignage impartial démontr r.ue les guerres balkaniques ont eu un • double répercussion sur les Yougo ' slaves: d'un côté elles effacèrent toute : ie s traces des anciennes querelles enfr 5 Croates et Serbes, et de I autre eli ■ - portèrent au point extrême l'ardent dési 1 de toute la race yougoslave de s'unir 1 II n'y a pas de force au monde capabf ' de faire échouer un tel mouvemen • national. Le même sang. ; Que, de grâce, on cesse donc de s'at i tendrir pour le prétendu antagonjsm 9 entre Croates et Serbes, qui rendrai ; pour jamais impossible leur union. Dan s nos veines coule le même sang. L'His - toire a pu nous .éloigner, des malenter! i dus ont pu surgir, mais l'avenir nou i réunira. Est-ce que nos amis italien - qui. s'occupent si soucieusement de notr i bonheur ne pensent pas, qu'entre h c habitants de la Loipbardie et de la Ci labre qui parlent des langues mutuellement incompréhensibles, il n y a pas de liens ethniques du tout , et qu ils représentent même des races anthropologi-quement différentes. Est-ce que cela a empêché la formation de l'unité italienne?Italiens anti-irrédentistes. Mon honorable contradicteur s'obstine à s'indigner "de la fidélité de la Croatie au régime des Habsbourg," malgré les preuves du contraire que je lui ai fournies. Et pour faire mieux sauter aux yeux la différence entre les Italiens-Autrichiens et les Croates, il invoque l'exemple de la ville de Trieste (la même qui avait fait déposer sur le cercueil de François-Joseph une couronne avec ure inscription latine d'une bassesse de sentiments peu commune) "dont presque tous les habitants italiens sont en ce moment ou dans les camps d'internement, ou réfugiés en Italie, ou enrôlés dans l'armée el la marine italiennes." Je suppose que ces éloges valent également pour "presque" tous les Italiens de tous les pays "irrédimés. " Comment expliquez-vous alors que 1' "Eco del Litorale" de Trieste, du 4 janvier, publie une interminable liste d'Italiens-Autrichiens décorés par l'empereur Charles pour leur patriotisme — croyez-vous italien? L'rr autre journal dalmatc, "Nase Jcdinstvo," du 2 janvier, signale la décoration d'un des leaders du parti italien en Dalmatie, M. le docteur Delupis (de Yis-Lissa), avec la croix de guerre, pour services civils. Disons-le franchement. L'irrédentisme est une plante importée qui n'a pas pris de racines profondes. II n'y a même pas longtemps qu'elle est cultivée en Italie. Pensez que le ministre actuel italien des affaires étrangères, M. le baron Sidney Sonnino, a pu, le 29 nia 1881, écrire dans sa revue "Rassegna settimanale" au sujet de Trieste : "... sa population est mixte comme toute celle qui s'approche de nos frontières orientales. Revendiquer Trieste comme un droit serait une exagération du principe des nationalités." S'il , parlé ainsi de Trieste, qu'est-ce xju'il a dû penser de la Dalmatie avec ses 3 p.c. d'Italiens? En ce qui concerne la Dalmatie, or confond délibérément l'ancien parti autonomiste avec l'irrédentisme. Les autonomistes (qui s'appelaient etix-même-Slaves dalmates) dont les irrédentiste actuels se disent -les successeurs s'étaient opposés à la réunion de la Dalmatie au Royaume de Croatie pour gar der leurs privilèges d'hégémonie muni 1 cipaux. .Selon eux, "la langue italienne 1 n'est qu'un hôte bien accueilli sur le rivage dalmatc." Mais ils reconnais saient le caractère slave du pays et se déclaraient franchement pour l'Autriche contre l'Italie. Les Italiens des pays "irrédimés" ni sont qu'en petite minorité irrédentistes Ceux de la Dalmatie notamment ont, pendant la guerre, prodigué des manifestations de leur loyalisme autrichien aussi bien par la voix de leur chef, ?>!• Ziliotto, que par l'organe de leur journal "11 Dalmata." Ce dernier écrivit au moment de l'entrée de l'Italie en g'uerrc : "Nous avons hérité de nos pères la fidélité envers notre vénéré empereur et envers les institutions de cet Etat (l'Autriche) dont nous sommes les citoyens dévoués. Cette fidélité, nous !,i maintiendrons inébranlable de la façon la plus loyale." La minorité italienne. Lors des dernières élections autrichiennes, en 1911, les Italiens du Trcn-tin, de Gradisca-Goritsa, de Trieste C de l'Islrie nommaient douze députes (dix cléricaux et deux socialistes) nettement dévoués à l'Autriche et hostiles a l'Italie. Seulement six libéraux-n.i-tionaux et un socialiste, le docteur Ba!-tisti, du Trentin, étaient pro-itaiiens. Aussi d'aucun côté' ne furent proférés tant d'outrages à l'adresse de l'Italie que de la part des représentants des Italiens autrichiens, M. P'ttoni, chei des socialistes italiens à Trieste, et AI M Faidv.tti et Bugatto, chefs du parti catholique-italien de Goritsa-Gradisca. Les Italiens "irrédimés" se sont.battus avec ardeur, non seulement sur les fronts russe et serbe, mais aussi contre leurs frères libérateurs. Voici comment le grand journal milanais "Secolo," dans son numéro du 11 août 1916, se plaint de l'accueil fait aux troupes italiennes du Frioul : "Ce n'est pas un mystère.pour personne que, à l'exception de Cervignano et Monfalcone, nos soldats ont été accueillis, au delà de l'ancienne frontière, par des démonstrations tout autres qu'enthousiastes par la population rurale. L'étonnement et la désillusion de nos soldats, qui s'attendaient de la part des frôre>s-irrédimés. parlant -ous notre langue, à un accuvil ÊnthOusifiste, furent vraiment très grands. " Et voici ce que, dans le même journal, le publiciste connu, M. Angelo Scoechi, raconte sur ses impressions après sa visite des camps de prisonniers autrichiens du Trentin et du Frioul, de nationalité italienne : "Les paysans du . Frioul et du Trentin qui ont été sous l'influence, des prêtres et des gendarmes , n'ont peut-être jamais eu conscience de leur italianité. 11 y a parmi ces Friou-lains plusieurs qui se considèrent en . toute sincérité des Allemands, quoiqu'ils . ne sachent pas le premier mot d'alle-. mand. " Que les impérialistes italiens cesscn! . donc de s'acharner contre la paille au.v trophile dans les yeux de quelques . Croates égarés et de ne pas s'aperccvoi -, de la poutre autrichienne dans ceux de leurs compatriotes irrédimés. > • HINCOVIC. (.1 suivre.) LETTRE DE RUSSIE. » ■» (De notre correspondant.) Une paix victorieuse. La réponse aux propositions de paix allemandes ne s'est pas fait attendre. L'Empereur, le grand-duc, les ministres, le Conseil de l'Empire, la Douma d'Empire ont clairement exprimé leur refus de négocier avant îa victoire complète. A la Douma, seuls quelques députés d'extrême-gauche se sont retirés 1 pour ne pas prendre part au vote. On i peut donc les considérer comme s'étant - abstenus. Ils n'auraient pas osé émettre ■i un vote favorable aux propositions allc- - mandes. 11 y a eu unanimité complète à 1 la Douma comme au Conseil d'Empire. - ("est significatif ! Même le congrès de ï l'industrie charbonnière de la Russie > Méridionale, réuni fin novembre à Khar-5 kov, et le congrès de l'industrie naph-' tifère, réuni au début de décembre à : Bakou, ont voté à l'unanimité des féli-i citations aux corps constitués et un - vœu en faveur de la lutte jusqu'à la vic-s toire finale. » La grande nation slave s'est ainsi - prononcée nettement pour la lutte com-r mune avec les Alliés jusqu'au triomphe . définitif. Aucun doute n'est possible. ; Il ne pouvait d'ailleurs en être autre-t ment. Ce n'est pa'S au moment où les Alliés vont posséder les armées les plus fortes qui aient jamais existé, les armements les plus puissants et les plus forts - stocks de munitions, qu'ils vont enta-e mer des pourparlers de paix avec les t ennemis qui, évidemment, ne font, les\ s premiers, des ouvertures que parce qu'ils - sentent le formidable aléa qui se dresse - devant eux et la partie perdue à brève s échéance. Les adversaires ont pu avoir s des succès sur terre, envahir et occuper c' les petits pays, mais ils n'ont détruit ni s les armées russe, française, anglaise, - belge, italienne, serbe, roumaine, por tugaise, japonaise, ni les flottes d'-guerre russe, anglaise, française, italienne et japonaise. Comment, dans ces conditions, les Alliés seraient-ils assez naïfs pour renoncer au bénéfice certain de leurs efforts énormes, de leur persévérance, assez niais .pour permettre aux ennemis d'échapper au châtiment dû à à leurs forfaits ? Le bons-sens indique qu'il faut aller jusqu'au bout pour éviter le retour d: pareilles calamités. Les autorités militaires et tous ceux qui ont eu l'occasion d'aller au front sont absolument optimistes. Là-bas, la confiance rèene. La vie chère. C'est dans l'élément civil que l'on constate parfois des vagues de pessimisme, de découragement, de méfiance. La \ ie est devenue plus chère. Les vivres s'obtiennent moins aisément. Quoi d'étonnant? Quinze à vingt millions de pay.-ans et d'ouvriers remplissent leur devoir militaire. Il en résulte forcément une diminution de production et par conséquent un surenchérissement de la valeur. Par contre, population des villes a plutôt augmenté, à cause de l'arrivée des réfugiés es provinces occidentales. Les citadins en général cherchent plutôt à obtenir des sursis. On voit des étudiants, employés, intellectuels, continuer leur existence banale, sans relief, sans utilité pour le bien commun; Et c'est dans ces milieux que l'on colporte les bruits les plus invraisemblables, les racontars les plus absurdes. Des copies, d'une authenticité douteuse, de discours politiques circulent dans l'ombre. C'est comme une inondation, une épidémie. Ceux qui ai-teint: le fléau ne réfléchissent pas que de soi-disant faits, basés sur les journaux et les socialistes bochêâ—soumis à un»;

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This item is a publication of the title L'indépendance belge belonging to the category Liberale pers, published in Bruxelles from 1843 to 1940.

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