Jozef Simons. Écrivain, soldat et flamingant

Jozef Simons. Écrivain, soldat et flamingant

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Redactie 22 mai 2017 31

La Première Guerre mondiale constitua rapidement après l'armistice une précieuse source d'inspiration pour les artistes et écrivains. Les auteurs flamands se faisaient un plaisir de dresser le portrait du soldat du front tragique, qui, outre l'artillerie ennemie, le froid et la vermine, devait faire face à d'hautains officiers incapables de parler néerlandais. Un des écrivains à publier sur la rude vie au front fut Jozef Simons (1888-1948). Il pouvait puiser dans ses expériences personnelles de soldat et d'interprète sur le front de l'Yser.

L'écrivain d'Oelegem publia ses premières nouvelles peu avant la Première Guerre mondiale. Il écrivait principalement sur des personnes et lieux de son propre environnement. Et c'est ce qu'il continuerait de faire quand cet environnement allait radicalement changer lorsqu'il fut mobilisé en 1916. 

Jozef Simons, Letterenhuis Antwerpen
Jozef Simons, photo par Jef Jansen, Letterenhuis Antwerpen

L'affable Simons, qui avait toujours nourri des convictions flamingantes, se radicalisa au front. Il y développa une profonde aversion vis-à-vis des officiers, le plus souvent francophones, qui se comportaient de façon arrogante et égoïste avec les soldats ordinaires. Il entra en contact avec le Frontbeweging et écrivit sous le pseudonyme « Yzer » la Frontlied, qui devint la chanson favorite du mouvement. Le texte, qui fustigeait l'inégalité linguistique au sein de l'armée belge, fut diffusé en secret à partir de juin 1918.

Les expériences du front continuèrent de coller à Jozef Simons après la guerre. La vie de soldat l'avait changé et il voulait partager ses impressions et idées avec les lecteurs. La vie du front forma le décor de différentes publications d'après-guerre, dont son œuvre la plus connue Eer Vlaanderen Vergaat. Il s'agit d'un roman fictif, truffé de ses propres expériences de guerre. Il avait un objectif précis en tête avec sa publication : « Difuser la pensée nationaliste flamande au sein du peuple ». Ses frustrations quant aux rapports linguistiques dans l'armée belge et à l'attitude arrogante de certains officiers sont décrites de manière détaillée dans le livre.

 

L'exposition ambulante Professeur, écrivain, interprète, soldat du front. Jozef Simons et la Première Guerre mondiale sera visible à plusieurs endroits les prochains mois. Plus d'informations sur www.jozefsimons.be

Coverphoto par Eugenia Preud'Homme