Journal de Gand: politique, industriel, commercial et littéraire

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s.n. 1915, 19 Juin. Journal de Gand: politique, industriel, commercial et littéraire. Accès à 20 octobre 2019, à https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/fr/pid/4f1mg7k18b/
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Samedi 19 juin 19ir> JES centimes le numéro S9me année - N° 170 JOURNAL DE GAND ABONNEMENTS : BELGIQUE : 8 fr. par ail ; \ fr. pour six mois ; 2 fr. pour trois mois Pour l'étranger, le port en sus rédaction & administration : 3, RTJiï; UE "FjL,A jm i_ JEtE, 3, GaNi TÉLÉPHONÉ 665 ANNONCES : Voir le tarif au bas de la dernière page du journal. LA GUERRE Sur le front occidental Communiqué officiel allemand [ W.T-B. Berlin, 17 juin. - - A l'étang de Bel-lewaerde, nous avons repris presque toutes les tranchées que l'ennemi nous avait enlevées dans la journée du 16. Les Anglais et les Français continuent leurs eHorls en vue de rercer nos lignes au nord du canal de la Bassée. Les Anglais, en état d'infé-Ljorilé dans un combat corps à corps contre les VVestphaliens et les Saxons, ont été forcés de se retirer dans leurs positions. Les Français n'ont pas cessé de diriger leurs attaques contre notre front allant de l'ouest de Liévin à Arras; nous leur avons abandonné une tranchée vide à Lorette. Au sud de Souciiez, ils réussirent à s'établir dans notre position sur une largeur de 600 mètres. Sur tous les autres points ils furent rejetés avec des pertes sanglantes. Ces attaques, dans lesquelles les alliés ont gaspillé d'énormes quantités de munitions et ont sacrifié nombre de soldats, ont fini pour eux par une défaite. Les attaques françaises près de Moulin-sous-Touventont eu le même insuccès. Notre butin de guerre a été de 5 officiers et 300 soldats. Dans les Vosges, de vifs combats ont continué entre le Fechtthal et Lauchtthal. Ils ont maintenant cessé et, à part une petite bande de terrain quenousavons perdue au nord-ouest de Metzeral, nous avons maintenu toutes nos positions et tait 100 prisonniers. Communiqués officiels français Paris, 15 juin (15 heures). — Dans la nuit, une attaque ennemie dirigée contre les tranchées conquises le 6 juin près de Quennevières, a été repoussée. Une pièce allemande à longue portée a lancé deux projectiles sur Compiègne. Paris, 15 juin (23 heures). — Au cours de la nuit du 14 au 15, des actions locales d'infanterie se sont développées dans la région au nord d'Arras (secteurs de Lorette et de Neuville) et ai sud d'Arras (ferme deToutvent). Toutes les contre-attaques ennemies ont été repoussées et nous avons maintenu nos gains. Auuiord de Neuville, nous nous sommes emparés de quelques postes d'écoute allemands. La journée du 15 n'a été marquée dans ces deux régions que par une lutte d'artillerie; nos batteries ont violemment canonné les tranchées allemandes. L'attaque dirigée par l'ennemi, dans la nuitdu 14 au 15, sur les tranchées conquises par nous à Quennevières (est de Tracy-le-Mont), a élé menée par 8 bataillons. Sur la front oriental Communiqué officiel allemand WTB. Berlin, 17 juin. — Nous avons repoussé à l'est plusieurs attaques russes. Pour le reste, pas d'événements importants. Au nord de Sieniawa, nos armées forcèrent les Russes à céder leurs positions et à se retirer sur Tarno-grad. L'armée Mackensen poursuit énergique-ment l'ennemi. Dachnow et Lubaczow ont été pris d'assaut. Au sud de Smolinkaufer la région eslpurifiée d'ennemis. Près de Niemirow la défensive russe fut aisément réduite au silence. Nous avons franchi la route Niemirow-Jaworow. Plus loin vers le sud les Russes se sont retirés sur la Wereszyca. Au sud-ouest des marais du Dniester pas de changement. Communiqué officiel autrichien Vienne, 17 juin. — En Galicie, les Russes e purent se maintenir contre l'attaque générale des armées coalisées,malgré "une résistance des plus opiniâtres. Vigoureusement poursuivi par nos troupes victorieuses, le restant des corps russes défaits se retire par Gewkow, Lubaczow et Jaworow. Au sud de la route de ' Lemberg, l'armée Boehm-Ermolli prit d'assaut celte nuit les positions russes sur tout le front et r--foula l'ennemi sur Sadowa-Wisznia et Rudki. Au Sud du Dnjetr. on se ba; sur le terrain devant des têtes de pont. Les troupes de l'armée Pflanzer ont pris hier tôt Rizniow. Les batailles et les combats du mois de juin ayant eu lieu jusqu'ici ont amené un riche butin. Du I au 15 juin, le total s'élève à 108 officiers, 122,300 hommes, 53 canons, 187 mitrailleuses et 58 wagons de munitions. Sur le front italo-autrichien Communiqué officiel autrichien Les Italiens ont tenté de nouvelles poussées en avant, mais furent repoussés partout, notamment à l'isonzo, près de Monfalcone, Sagrado et Plava, à la frontière de la Carinthie dans la région à l'est de Plocken et dans le territoire de frontière du Tyrol près de Pentelstein. Communiqué oliieiel italien Rome, 15 juin. — Le long de la frontière du Tyrol et du Trentin, rien d'essentiel à signaler. Dans la région de Cadore l'ennemi a poursuivi ses attaques de nuit contre le mont Piano, attaques préparées par endroits pendant toute la journée par le feu d'artillerie des forts. Les attaques furent repoussées. Notre artillerie a provoqué, dans la haute vallée de Cordevole, l'explosion d'un dépôt de munitions, à Corts, et a endommagé les retranchements ennemis. i En Carinthie, nous avons continué le bombardement de Malborghetto. < Aux Dardanelles J Communiqué officiel turc ] Constantinople, 16 juin. — Au front des Dar ] danelles, près d'Ari-Burnu, notre artillerie a < tiré des coups de canon efficaces. On remarqua : que l'ennemi subit des pertes relativement ; considérables par le feu que nous avons ouvert sur ses positions d'artillerie. Nos batteries de la ( côte ont bombardé efficacement les navires- transp rts de l'ennemi, ainsi qu'un camp et des ( hangars d'aéroplanes à la côte près de Sedd-ul-Bahr.Un de nos aviateurs aperçut dans la baie de ' Kefaie, sur Imbros, un cuirassé dont le type 1 rappelle celui de 1' « Agamemnon ». Les ponts ( du cuirassé se trouvaient presqu'uu dessous du 1 riveau de la mer, la cheminée d'arrière et le niât d'arrière étaient complètement sous eau. î Sur les autres théâtres de la guerre, rien I d'essentiel ne s'est passé. ! £n mer * i L'Ecluse, 15 juin. —- Le navire tank anglais j « Desabia » a été coulé à la hauteur de Firth . of Tay. ( • * i Londres, 15 juin. — Les vapeurs de pêche « King James » et « James Leyman », ont été _ détruits samedi par des sous-marins. » * Christiania, 16 juin. — tNorsk Telegrambu-roau.) — D'après des nouvelles de Christian-sand. le vapeur « Verdandi », de Hoegenaes, a été détruit à un mille au sud-est d'Oxee, par un croiseur auxiliaire allemand, au moyen d'une mine et de coups de canons. L'équipage a été pris à bord. D'après une autre nouvelle un sous-marin allemand était également présent sur les lieux. , # Constantinople, 17 juin. D après des nouvelles certaines, non encore confirmées offi- I cieljèment, un grand navire de guerre a coulé !c 9 juin entre l'île de Kalymos et la côte asiatique à la suite d'une explosion. Trois hommes de l'équipage ont péri. p . sieurs capitaines déclarent avoir vu des mine? il l'entrée de la Mer Blanche. S.ockholm, 17 juin. — D'après des nouvel-les arrivées au ministère des affaires étrangè-i es, le vapeur charbonnier anglais « Arndale ». ;n route pour Archangel, a heurté le 12 juin, une mine et a coulé, à '13 milles marins au sud Je Kaperlew. Amsterdam, 17 juin. — Le « Handelsb'ad » snnonce : Le bateau de pêche hollandais «Bres-kens 19 » a heurté une mine près de Knocke ;t a sauté. 4 hommes de l'équipage ont péri. Gothenburg, 16 juin. — Le vapeur suédois ( Thorsten », qui fait régulièrement le trajet ;ntre Gothenbourg et l'Angleterre, a été amené ;e matin tôt près de Vinga par les Allemands. Le vapeur avait à bord des marchandises en ballots et six passagers. Un croiseur auxiliaire allemand a conduit le Vapeur dans la direction 3u Sud, probablement & Swinemiinde. » # Rotterdam, 14 juin.— On annonce de Venise >u d Times » qu'un vapeur grec, avec des vibres pour Trieste, a été amené par les Italiens ;t remorqué à Venise. La puissance des explosifs Quelle est la puissance d'un explosif ? Com-nent la mesure-t-on ? Il faut d'abord bien s'entendre. Tout dépend les circonstances, et un même corps, la poudre loire des ancêtres, par exemple, petit être ex-ilosive dans certaines conditions, ou au con-raire parfaitement anodine. C'est la pression à aquelle a lieu la combustion qui est la chose im->ortante. A l'air libre, la poudre, quelle qu'elle ;oit, poudre noire, de chasse, poudre B ou tutre, brûle bien sagement : on dit qu'elle fuse. 5i au contraire la combustion a lieu dans un ispace fermé, le phénomène change'd'allure, il levienl explosif. D'autres substances, au contraire, mélinite, lynamite, tollyte, lydite, etc., peuvent éclater nême à l'air libre ; mais leur déflagration ne >eut être p#oduite que par l'explosion préalable l'une charge, d'une « amorce », d'une substan-:e convenable qui est, en général, le fulminate le mercure. Dans les deux catégories d'explosifs, le phé-îomêne de décomposition ne se produit pas de a même façon. Prenons d'abord la poudre noire. 5a combustion peut être considérée comme :omplètement achevée avant que le projectile ;oHe du canon de l'arme. 11 y a donc au début ine pression énorme développée dans l'âme de a pièce, et qui décroît rapidement quand le pro-ectile se déplace. Pour augmenter la portée, on :st conduit à mettre une charge plus forte, mais >n est arrêté par la peur de voir éclater l'arme. On a alors cherché à avoir des poudre agis-iant moins brusquement, qui soient plus « processives », brûlent seulement au fur et à me-;ure du déplacement du projectile et, par suite, lui communiquent une plus grande énergie, ians que la pression maximum soit plus élevée lue celle donnée par la poudre noire. On y est irrivé en moulant la poudre, en lui donnant des ormes géométriques, de sorte que les poudres nodernes ne rappellent en rien la structure im-lalpable que l'on pourrait leur attribuer d'après eur nom, et, par exemple, les cartouches de :anon sont chargées avec des lamelles de 2 cen-imètres de large et 15 centimètres environ de ong. Quant à la puissance de l'explosif, elle se compose de deux choses bien différentes : I< pression et le travail. Pour mesurer la pression, on se sert de petit; cylindres de cuivre, dits crushers, de 13 millimètres de haut et 8 millimètres de large. Ces cylindres sont pressés par un piston sur leque agissent les gaz de la poudre. Ils s'écrasent et d'après leur aplatissement, on déduit facilemen la pression qu'ils ont supportée. Quant au travail, on le mesure par la vitesse communiquée au projectile par la déflagration de la poudre. Chose curieuse, il y a peu de différence entre le travail utile des différents explosifs. L'écart entre la poudre noire et la dynamite-gomme n'est guerre que dans le rapporl de 1 à 2. Tous les explosifs se valent-ils donc ? Non, car ce qui importe, comme nous le disions en commençant, c'est la vitesse de propagation de l'explosion, et elle varie dans de; limites extraordinairement grandes, de I à 1 million, par exemple. C'est dans cette direction que doivent être entreprises les recherches. Les chercheurs qui rêvent d'explosifs nouveaux infiniment puissants perdent leur temps ; ce qu'i: faut, c'est perfectionner le mode d'explosion, avoir des déflagrations de plus en plus brusques, de plus en plus violentes et instantanées... -A_ nonne m enta Les personnes qui prendront un abonnement au Journal de Oand pour le trimestre prochain recevront le journal gratuitement jusqu'au 1er juillet. Prix de l'abonnement par trimestre, payable par anticipation : DEUX FRANCS. La greffe humaine Profiter de la mort accidentelle d'un individu sain pour transplanter ses viscères dans le corps d'un individu malade, prolonger la vie aux dépens de la mort même, tel est le rôle de h greffe humaine, ou, plus exactement, de k greffe animale, la plus récente conquête de h chirurgie. Pareille entreprise eût paru absurde il y a ur quart de siècle; on a pu la réaliser avant tou; grâce aux découvertes microbiennes de Pasteui et de Lisrer. Une iechnique poussée à ses der nières limites a permis d'aborder l'opération U plus délicate de toutes, la suture des artères e: des veines, qu'on trouve à la base de toute greffe. En effet, pour qu'un organe puisse vivre dans u;i corps emprunté, il faut qu'il soit nourr par ie sang de ce dernier, que ses vaisseau; soient soudés, « anastomosés » avec ceux dv nouvel organisme. Cette suture vasculaire, tentée dès 1759 par Hailowel, et en 1896 par le professeur Jaboulay, qui devait trouver une fit si tragique dans la catastrophe de Mekin, a pv être enfin réalisée par Alexis Garrel en 1902 Maître ainsi de la circulaton du sang, ce praticien procéda aussitôt à des greffes d'organe; et démontra qu'au point de vue opératoire i£ greffe donnait des résultats aussi excellent qu'immédiats. Un élève de Gairrel, le docteur Voronow, ; complété l'œuvre du maître en réalisant h greffe durable des organes transplantés. Li greffe humaine gagne du terrain tous les jours Ainsi Goebei, de Kiel, remplace les articulations des doigts par celles des orteils; Albee do New-York, traite le mal de Pott par la greffe d'une partie du tibia sur l'épine dorsale; Voro row remplace l'os occipital rongé par une tumeur par une tranche de l'omoplate; Doyen, de Paris, enlève un anévrisn-e de l'artère poplitée qu'il remplace par un fragment d'artère dt mouton, etc. Jaboulay a même tenté, en 1906 de greffer à l'homme les reins d'un porc e d'une chèvre, et Unger, en 1910, craignant h i mort imminente d'une jeune fille atteinte de néphrite chronique, lui a greffé les reins d'un ; macaque de Bornéo!... A vrai dire, ces dernières tentatives n'ont pas été couronnées du succès qu'elles méritaient, mais la voie reste ouverte, et la chirurgie des greffes est appelée à rendre à l'humanité les plus grands services. ÉCHOS Ce que l'on ne peut exporter de Belgique Le Gouverneur général vient de prendre un arrêté concernant l'exportation, arrêté dont nous publions ci-dessous les principales dispositions.Ne peuvent être exportés sans autorisation ; bestiaux, porcs, moulons, chevaux, pigeons, vivres et comestibles de tout genre, fourrages, y compris les succédanés des fourrages-, machines servant à travailler les métaux et moteurs; pièces d'équipement de guerre (automobiles, motocyclettes, vélos, ballons, aéroplanes, de télégraphie et de téléphonie, chemins de fer, récipients d'acier pour gaz liquéfiés, matériaux pour obstacles, harnais, selles, instruments d'optique, projecteurs, fers à chevaux); armes, munitions; gomme brute, caoutchouc brut, articles en caoutchouc et en gomme, gommes usagées, gutta-percha, balata et autres produits analogues au caoutchouc; métaux; minerais, houille et scus-produits; colorants et couleurs à base minérale; toi'e pour pansements et médicaments; produits chimiques; allumettes; engrais, peaux, cuirs, fourrures, pelleteries, matières à tanner de tout genre; lin, chanvre, laine, coton, kapok, jute, soie, fils, tissus, et dé chets de soie, chiffons, sacs; huiles et graisses; sucre; bois (excepté bois de charbonnages); osier; jonc pelé, jonc à canneler; cellulose et papiers. Conseil communal de Gand Séance du 15 juin. Le Conseil accepte un legs de 3.000 fr. de la part de M1™ Gevaert-Pernelle, dont les intérêts seront remis en espèces, comme « prix d'épargne V. Gevaert » à des élèves des écoles communales.— Dans la question de la taxe sur le revenu cadastral, la proposition du Collège est définitivement adoptée. Le Conseil décide la réparation de la façade ancienne du N° 97 quai de la Grue, d'après les pléyis de M. l'architecte Janssens, approuvés par la Commission communale des monuments. Le propriétaire interviendra à concurrence de 350 fr. — Le Conseil décide la création d'une 9" année d'études aux écoles payautes pour jeunes filles rue des Rémouleurs et rue Hippolyte Lammens. — Le Conseil accorde les avances de fonds suivantes, en billets de la ville : Saint-Gilles (Termonde) 6.250 fr.; Bachte-Maria-Leerne ; 5.000 fr. — Il décide que la taxe sur les « loggias » n'est pas applicable à celles situées au-dessus de jardinets, devant les maisons, imposés par l'acte de vente de certains terrains communaux. — 11 accorde un subside de 200 fr. aux concerts des « Artistes Musiciens », au Pathé. — U met à la disposition du Collège un crédit de 2.500 fr. pour le placement, dans la grande salle du rez-de-chaussée, à l'Hôtel de Ville, des verrières du Pavillon de Gand à l'Exposition de 19i3. — Le Conseil vote un crédit de 1,000 tr. pour fournir les ingrédients nécessaires contre la « maladie de pommes de terre » aux ouvriers i qui cultivent certains terrains communaux. Feuilleton du Journal de Gand 45 LE DOCTEUR RAMEAU par GEORGES OHNET Elle se souleva sur son coude et, avec une «pression déchirante : —Je ne voudrais pourtant pas vous quitter !... Je voudrais vivre!... Oh! Papa, toi qui 's toujours sauvé tous tes malades, dis, est-ce lue tu vas laisser mourir ton enfant? A ces mots, le cœur gonflé de Rameau éclata dans un sanglot. Il s'abattit au pied du 'it, comme un chêne brisé par la foudre et, Pkuram les seules bonnes larmes qu'il eût répandues depuis qu'il souffrait tant, il pressa 'enfant contre sa poitrine avec des caresses '"'les, balbutiant ; — Non! Non! ma chérie, ma mignonne, ma seule adoration sur la terre, tu ne mourras Pas... Tu vivras, puor me consoler,... pour ro'aimer ! Elle dit très doucement ; — Oh! C'est toi, maintenant... Je te re-Irouve... c'est toi!... II ne faut plus me laisser dormir, car, vois-tu, j'ai de mauvais songes, où il me semble que tu me repousses et que tu me menaces. — Nu crains plus rien... fu dormiras, mais cl" pour mieux guérir. m Il était debout, redressant sa haute taille, tr. semblant défier la mort, tel qu'il apparaissait A au chevet des malades, ainsi qu'un sauveur, ce Adrienne lui souriait. 11 lui posa les mains sur vi le front, et, au bout d'un instant, calme, les m traits détendus, comme si une volonté souve- A raine eût commandé à son mal, elle reposait. p< Il la contempla, un instant, avec une ivresse ct profonde, puis, s'étant retourné, il se trouva 1° en face de Talvanne qui le regardait. Rameau c' leva un doigt pour lui commander le silence. P Alors l'aliéniste s'approcha de son ami et, le saisissant, il l'embrassa de toute sa force. Les r, deux hommes restèrent, en face l'un de l'autre, ' la main dans la main, le visage illuminé par la 0 joie. Enfin, attirant le docteur dans le salon, Talvanne, les yeux riants, lui murmura, avec un nl soupir d'allégement ; u| — A présent, n'est-ce pas, je orois que '2 à peux aller me coucher? |€ Rameau inclina la tête, répondit tout bas ; ql « A demain » et, quittant son ami, vint se ras- ai seoir au pied du lit d'Adrienne. gi i XII Talvanne, qui faisait d'habitude si bon mar-é de sa science médicale, s'téait montré grand édecin, le jour où il avait déclaré à ses îltus-;s confrères que le mal dont souffrait Irienne, avait son siège dans la pensée et que n'était pas avec des topiques plus ou moins olents qu'il fallait le combattre. A partir du ornent où Rameau s'était installé à son chevet, jrienne, qui, jusque là, semblait 11e pas op-iser de résistance à la maladie, s'était raita lée ardemment à l'existence, et, en quelques urs, avait été hors d'affaire. Sous le regard : son père, elle s'était ranimée, comme une ante frileuse aux rayons du soleil. Mainte -int elle était en convalescence, très faible, ès blanche, brisée encore des violences de la jvre, mais jouissant délicieusement de son re-ur à la vie. Tant que l'enfant avait été en danger, Ra-eau ne l'avait pas quittée, la soignant avec :tte clairvoyance géniale, qui lui avait valu son liverselle renommée. Suivant la maladie pas pas, il l'avait domptée, s'appliquant à devire: s crises, afin de les combattre avant meme l'elles eussent le temps d'éclater. Il avait nsi rendu, à fa santé de la jeune fille, sa 1 îlarité, un instant si gravement troublée, et la voyait, avec bonheur, sortir de cette dan gereuse épreuve, plus développée et plus v! goureuse. Jour et nuit, il s'était prodigué avec Talvanne, Robert et Rosalie, admirant la discrétion avec laquelle ils affectaient tous de ne pas soupçonner le drame, qui avait bouleversé l'existence du père et compromis celle de la fille. Mais quand Adrienne, étendue sur une chaise longue, devant la fenêtre, n'eut plus besoin que de repos et de calme, le docteur rentra dans son cabinet et, seul en face de lui-même, s'efforça de comprendre l'évolution qui s était opérée dans ses idées. Rameau n'était pas de ces esprits vulgaires qui se résignent devant le fait accompli sans tenter d'en découvrir les sauses et d'en mesurer la portée. En une seconde, il avait vu chanceler sa volonté, changer ses résolutions et il prétendait analyser les mouvements de son être qui avaient favorisé cette volte-face inattendue. Il n'éprouvait aucune honte de s'être démenti lui-même, il ne regrettait pas sa capitulation, il en était heureux. Il avait retrouvé la plénitude de sa tendresse pour Adrienne, quoiqu'il eût la certitude qu'elle n'était pas sa fille. Peut-être même l'aimait-il davantage, comme si. par cette conquête morale, elle se fût emparée de lui plus solidement. Un très grand trouble était dans son esprit et toutes ses thories sur l'amativité étaient ren- l&t-.. versées. Son matérialisme était aux prises avec le problème suivant ; voici une enfant, à laquelle je ne suis attaché par aucun lien de la chair, que je devrais haïr, car elle est la preuve matérielle de mon malheur et de ma honte, et une force inconnue et pourtant invincible me lie à elle. Est-ce donc l'habitude de l'aimer, cette occupation constante que j'ai prise d'elle depuis sa naissance? Alors je chérirais en elle ma propre bonté, et je lui saurais gré des soins que je lui ai prodigués? Un si banal attachement, fondé sur des raisons si basses, aurait-il pu résister à l'horreur de la révélation qui m'a été faite, à la colère qu'elle m'a inspirée? Non! Et il demeurait pensif, en face de cette énigme d'un amour pour ainsi dire imposé à son cœur, par un pouvoir inexpliqué et contre l'autorité duquel il ne pouvait réagir. 11 eut un sentiment d'inquiétude. Il lui sembla que l'édifice de ses convictions tremblait sur sa base. Arrivé au déclin de la vie, retiré des luttes, fort de son inébranlable foi, il avait oru posséder une sécurité intellectuelle absolue. Il était sûr d'avoir tout expérimenté, tout examiné, tout jugé, dans le domaine de l'homme. Il s'imaginait donc pouvoir s'arrêter, comme un voyageur au haut d'une colline lentement et laborieusement gravie, jeter un regard paisible sur le chemin suivi et se reposer dans une quiétude complète. (A suivre)..

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Cet article est une édition du titre Journal de Gand: politique, industriel, commercial et littéraire appartenant à la catégorie Liberale pers, parue à Gand du 1856 au 1923.

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