Journal de Gand: politique, industriel, commercial et littéraire

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s.n. 1914, 06 Octobre. Journal de Gand: politique, industriel, commercial et littéraire. Accès à 17 janvrier 2021, à https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/fr/pid/5717m05b7z/
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;#ardi 6 octobre 1914 5 cemiKïes le numéro 58me année N° 279 I ABONNEMENTS : BKLÔIQDM: 15 franc* par an ; 7-50 fnuMSfMrrixmoi*; 4fraoa»fourtrefe ta*» Pour f étranger, le port en sus RÉDACTION & ADMINISTRATION : & RUE DE FLANDRE, 3. GAND TÉLÉPHONE «65 " ANNONCES» Toir le tarif au ba3 de la dernière page du Journal. fia Guerre I Européen [ En France ILa grande bataille Communiqué officiel de l'état-majo français ■ 4 Octobre, 23 h. — A notre aile gai Hic, la lutte bat son plein dans la régio f (l'Arras, sans qu'aucune décision ait ét ^Bniore obtenue. I L'action a été moins violente entre 1 gSrivallée supérieure de l'Ancre, Somme e ^fcomme-Oise. ■ Nous avons progressé dans la régio ■c Soisssons où des tranchées ennemie Boni été prises. I Sur presque tout le reste du froni ^■'accalmie déjà signalée persiste. I En Woevre, nous avons fait quelque ^Rrogrès entre Apremont, la Meùse et i I Un front de 350 kilomètres ■ Paris, 4 octobre. — Par dépêche d ^correspondant du « Matin » (l'Anvers ■- Un ordre du jour constate qui ^fcepuis l'allongement de la ligne de batail I Hvers Arras, le front, en France, mesui Heu ce moment plus de 350 kilomètres. [ Le désastre de la Garde prussienn Un régiment entier anéanti I Paris, 4 octobre. — Les journaux d province racontent comment un déta jg»Aeœent des troupes d'Afrique a ané. x Jusqu'au dernier homme un régiment il Ha Garde prussienne, précédemment con ■mandée par le prince héritier. ■ Profitant du brouillard, une brigac Hic la Garde prussienne s'avança inape: Rue vers les lignes françaises. Soudan f Ile soleil perça le brouillard, éclairant le Rasques pointus. I L'infanterie française reste immobil ■attendant le commandement. Trompé H>ar le silence, les ennemis avançèrer Bonjours. Tout à coup, la note d'un cla I bon se fit entendre, immédiatement su ^Bic par une salve. Le premier rang de ^ftllemands tomba. La seconde ligne s (•.«iplia malgré les encouragements de ^■fficiers. Sur un point, la Garde charge son des fifres et des tambours. A ^Commandement sec : Vonvarts ! » ri ^Bondirent les détonations des Lebel Hnalgré une résistance désespérée la Ga («le ne put tenir devant le terrible feu qi ^■'accueillait de toutes parts. I Bientôt il ne resta plus qu'une compi I Igoie de tout le régiment. Puis la compi Iknie devint une poignée d'hommes. I Enfin, un beau lieutenant, portai ■monocle, se trouva seul debout, brandi «lissant son revolver. Quelques second» ■plus tard il était couché, lui-même, sv Hc terrain. (Times). A Lille ■ Dans la matinée de dimanche, de Butrouilles allemandes ont circulé dar ■s environs de Lille, qui a été attaqué midi. La fusillade était surtou ^■irigée vers la gare, avec des alternative r felus ou moins prolongées d'interruj ^Bjons. Elle dura jusque vers six heure: fcRuelques obus éclatèrent dans Lille e ^Bans les environs. I En même temps les Allemands, qi Bivaient pénétré à Eives, ont incendi ■îuelques maisons. La population a vit ■épris son calme et a repris ses promt Biades coutumières du dimanche. A Mouseron I Dimanche matin vers 10 heure: B'ingt-trois soldats allemands sont arr à vélo de la direction de Luingui ■ont longé la voie ferrée de la station c ■'a passerelle au pont du Bornovill ■fn'ils ont traversé pour de là descend] ■a gare par la rue du Phénix. I A 10 heures et 10 minutes, la p: ■'rouille quittait la gare et enfilait la ri ■l'e la Station vers la Place. A ce momen ■Débouchaient de Luingue,parla rue pri ■citée, d'autres soldats cyclistes, innni ■iliatement suivis d'un escadron de tro cents dragons, défilant par deux. ♦ Les officiers cartes en mains, s'infoi Maient de la direction de la chausse de Menin par où cette troupe se dirige su pas. Réfugiés hospitalisés à Marseill Marseille, 3 octobre. — De nombreu réfugiés belges ou des régions du Non de la France sont arrivés à Marseille. » Ils ont été hospitalisés élans le dépar I tement. ' En Allemagne Suprême effort Londres, 4 octobre. — Il est offi ciellement rapporté que l'Allemagn appelle sous les drapeaux les enfant r de 16 ans. En Autriche ! Le nouveau commandant des troupes austro-allemandes. t Rome, 4 octobre. — Le général voi j Hindenbourg a été nommé commanelan en chef de l'armée austro-allemande composée d'environ un million d'hom mes et qui va essayer d'arrêter l'oifen sive russe sous les murs do Cracovie. Les Russes, croit-on, sont au nombr d'un million et demi. (Echo de Paris) : Sur le front russe En Prusse orientale La bataille d'Augustov. — Un< vraie débâcle allemande. — L'artillerie allemande embour bée. e Communiqué officiel élu granel état major russe : Pétrograd, 5 octobre. — La bataill j d'Augustov s'est terminée le 3 octobr par la victoire des armées russes et J défaite complète eles Allemands. e La voie de retraite des Allemand est encombrée par leurs cadavres. I De cette façon, l'invasion allemand e du côté de la Prusse orientale en Russie _ a échoué complètement. L'ennemi quitte maintenant définiti 0 veinent les limites des provinces cl Souvalki et de Lomja. ! A Ossovetz, le combat a duré 36 heu ,s res et s'est terminé par la elébâcle ele Allemands; celle-ci a dégénéré en uni e déroute désordonnée. ,s Sur la route de Graevo, les Russe t se sont emparés de toute l'artilleri ■ embourbée. ■ Les communiqués de l'attaché mili s taire de Russie à Anvers et du ministr 0 de Russie à Anvers confirment ces nou velles. (Ha vas.) En Galicie Habile stratégie De la New-York Tribune du 26 sep j tembre : <s La campagne de la Russie en Galici est un modèle de parfaite stratégie. Pa t l'intelligence de sa conception et l'énei gie de son exécution, elle dépasse tou j. ce que les Allemands ont accompli dan , leur invasion de la France. Une foi ,a Cracovie entre les mains des Russes les Allemands vont avoir à soutenir tou le torrent de l'attaque russe. » Serajevo est complètement investi. e Florence, 4 octobre. — Un télé t gramme parvenu du front dit que le >s Serbo-Monténégrins ont complètenien i- investi Serajevo. i. A l'est de la place, fès troupes on t enlevé d'importantes positions. Les communications de chemin de- te ù avec l'Ouest et le Nord ont été coupées é de sorte que Serajevo est eléfinitivemen e' isolé. En Roumanie Le roi Carol abdiquerait j Paris, 4 octobre. — Le Temps, di i- qu'un télégramme adressé ele Bukares S) à Genève présente les rapports sur 1 e maladie du roi Carol comme une fàço de préparer sa très prochaine abdicatioi •e en faveur du prince Ferdinand, clou l'avènement ne tarderait plus guère i- être annoncé d'une façon officielle, [e (Cette nouvelle semble annoncer l'ei t, trée en action de la Roumanie, le priiic j. Ferdinand étant nettement favorable >_ l'annexion do la Transylvanie). Sur Mer ,e Le bombardement de Cattaro. a Milan, 4 octobre. — (Visée). — I flotte anglo-française a renouvelé i 3 bombardement de Cattaro et détruit. £ on partie, la forteresse de Kabella, en j dommageant fortement la station de télégraphie sans fil de Luscica. Le bombardement continue, les Autrichiens répliquent sans vigueur. (Fournier). En Belgique Autour d'Anvers Devant la Nèthe Du Matin, en date du 5 octobre : 3 Nous pouvons annoncer et nous le faisons avec une réelle joie : les Allemands barbotent désespérément devant la Nèthe. Partout nous retrouvons nos batteries aux mêmes emplacements que dès le début de l'attaque. A Duffel nos canons tonnent sans discontinuer et déjà deux batteries alle-1 mandes ont été atteintes, tandis qu'une t troisième est en fuite. L'on n'entend que nos pièces. L'ennemi ne répond presque pas. Dans les tranchése nos hommes attendent l'arme au pied et nous pensons c|u'ils attendront quelque temps les Allemands, 3 car l'artillerie les tient à une grande distance. Sur tout le front d'attaque du 3me secteur les Allemands n'ont pas fait un pas en avant depuis six jours. Partout ils sont maintenus avec de très grosses pertes de j l'autre côté de la Nèthe. " * * * 3 Du Bien -public : Un télégramme de dernière heure nous annonce que lundi soir la situation est stationnaire. Les Allemands sont toujours derrière la Nèthe. Ils ont même été repoussés de deux kilomètres dans la direction d'I-Ieyst-op-den-Berg. „ Nous avons reçu cjuelques renforts Anglais. L'élan de nos troupes en a été accru. 1 Sur la rive droite de l'Escaut, les Allemands ont, pendant la nuit de dimanche 3 à lundi, bombardé les communes de Ber-laere et de Moerzeke. Au sujet des dégâts, on n'est pas encore fixé. On a l'impression que la situation ne fait que s'améliorer, par le fait que, depui:: lundi matin, les trains ont circulé jusqu'à Puers. î Les pertes allemandes devant Anvers Un armisticj pour enterrer les morts Anvers, 4 octobre. — L'impression générale est que les pertes allemandes autoui 3 d'Anvers ont été énormes, plus spéciale-3 ment dans l'attaque de nuit. On croit qu'elles dépassent les pertes belges dans la proportion de 10 à 1. Après l'attaque de nuit de vendredi contre le fort de VVavre-Sainte-Catherine, les Allemands furent obligés de demandei un armistice pour enterrer leurs morts. Ils demandèrent aux paysans de les aider dans cette tâche. (Daily Mail.) Lede réoccupé par nos troupes La commune de Lede a été réoccupée - par les troupes belges, dimanche après-midi.3 Du côté d'Alost, les Allemands se J, retranchent. Les Allemands à Tournai t Saisie de trente otages 3 Leur mise en liberté 3 Après le passage des troupes allemandes , samedi soir, l'état-major a réclamé la prise t' de trente otages, destinés à garantir les soldats allemands contre un attentat éven-, tuel de la population. Parmi les otages qui se sont livrés, et dont les uns ont été gardés à vue à l'Hôtel-de-Ville, et les autres à l'Hôtel de la Belle-Vue, place Crombez citons notamment M. Soil dç Moriamé président du Tribunal; M. Dupré de Cour-tray, avocat; MM. Grosjeau et Pirson g industriels; M. Duvivier, architecte, etc. j. En présence du calme de la populatior les otages ont été relâchés dimanche matin r Notes de la journée 0 l' Lundi, 5 octobre 1914. Anvers ! Tous les regards, à l'heure qu'il est, sont tournés vers la ville qui hier encore, était notre métropole corn merciale et qui, aujourd'hui, est conver tie en un vaste camp retranché ! Que d'espoirs et eî'inquiétudes à la fois I sont renfermés en 'cette enceinte ! 51 On 11e parle plus que d'Anvers ! Qu'j II fait-On ? La place tiendra-t-elle ? El !> combien de temps? Et que fait le Roi, le ^ Gouvernement, les chefs de notre armée a nos soldats? Viendra-t-on au secours de la ville ? Y arrêtera-t-on les Allemand: jusqu'à cette défaite finale qui présente-0 ment no fait plus de doutes pour per a sonne? Et mille autres questions son sur les lèvres d'un chacun. Disons tout de suite que les nouvelle: d'Anvers sont excellentes, et que l'or peut fonder les plus vifs espoirs sur h résistance de notre réduit national, a Oh ! nous le savons. Des esprits timo e rés qu'avaient influencés encore les mille et uai racontars des réfugiés — avaient répandu eléjà mille bruits aussi absurdes epie faux : reddition de forts, bombardement de la ville, départ des autorités civiles, et quelles autres absurdités encore.Les nouvelles que nous avons recueillies de quelqu'un qui « savait » et epii venait de là-bas en droite ligne, sont toutes différentes. Nonobstant les attaques forcenées et répétées des Allemands, les forts tiennent bon. La résistance de notre vaillante armée est admirable et elle défend avec autant d'énergie que de bravoure les espaces libres entre les positions avancées. Encore « libres » est une façon ele parler, car dans ces espaces on a accumulé tous les moyens de défense, tous les travaux d'art que la science de nos ingénieurs militaires pouvait noter à la disposition de la garnison. Et puis il y a autre chose ; nos frères belges 11e sont plus seuls; il leur est venu des renforts en hommes, en pièces et en munitions — d'une nation amie — et à l'aide de tout cela, on peut avoir la ferme espoir, non seulement de tenir tête vaillamment à l'assaillant, mais de le repousser victorieusement,' avec des pertes énormes. Allez donc voir, si cela vous est possible, le monde qu'il a laissé sur le terrain depuis huit jours ! Et dès lors — ceci pour répondre à toutes les appréhensions et faire taire tous les découragements — peut-01: raisonnablement admettre un seulinstanl cjue nos alliés iraient risquer dans la position d'Anvers des hommes, des canons et tout le reste s'ils n'avaient la certitude absolue qu'il n'y a rien à craindre pour ceux qui, avec tant de courage e! de sollicitude, viennent au secours de la petite Belgique et des héroïejues dé fenseurs de la place d'Anvers? * * * Nous parlions hier dos prisonniers de guerre. Est-il permis de les tuer? Nous dirons carrément non; pas plus que de les molesterl Par le fait même qu'ils sont prisonniers et désarmés, ils ont droit au respect.C'est notre sentiment très net. Et ce 11'est pas pareo que les masses alleman dos se sont conduites en bandits que nous avons le droit de méconnaître les droits sacrés de l'individu. Si plus tare il est acquis que l'un ou l'autre a commis une action criminelle, il sera jugé d'après les lois et les codes. Ce n'est pas parce que les autres so conduisent en « sau vages », que nous avons le droit de mé connaître les lois ele la civilisation e1 ele l'humanité. Du reste, on nous dit que l'on faii de moins en "moins de prisonniers! Ei pour cause.... * "Ci * * Cinq avions — des biplans — oni survolé Gand lundi vers 10 y2 heure: du matin. Leur forme et leur structure dénotaient que c'étaient des amis; auss quelques acclamations sont-elles mon tées à leur adresse, vers les cieux! Roger Th. ABONNEMENTS Le prix d'abonnemem au Journal de Gand, pour 1< dernier trimestre de ranné< courante, est RÉDUIT / DEUX FRANCS. Les abonnements doiven être pris dans nos bureaux rue de Flandre, 3. Chronique gantoise PENSIONS. — Les certificats de vi ' pour les pensions à charge de l'Etat se ; ront délivrés au Bureau de PEtat-Civ ' (entrée par la rue Haut-Port) le mare' G de ce mois et jours suivants., de 9 liei les à midi. ' Afin ei'éviter une course inutile au personnes dont la pension est supérieui ' à 2000 francs, on délivrera, dans e L même 'bureau, les formules timbrée !• contre remboursement du prix du tin bre (0,50 centimes). Mais oui, voisine, mon cixîé est toajoui > bon,car j'emploie la Trappistes Vinca rt. NOUVEAUX TRAIN DE BLESSÉS ARRIVE A GAND. — Un deuxième train contenant de six à sept cents blessés, sortant dès hôpitaux d'Anvers, est arrivé à Gand l'avant-dernière nuit, à 2 heures du matin. Les blessés ont été répartis entre les différents hôpitaux et ambulances de la ville. La Chocolat Hardy, Verviers, es1 «xcellent. Goûtez et comparez. BANQUE DE FLANDRE Société Anonyme 33, Place d'Armes COMPTES CHÈQUES (à vue) 3 •/«• COMPTES A (avec préavis de 15 jours 4,00 COMPTES DE QUINZAINE pour la période en cours 3,50 °/0 Pavillon de la Lys. De Bleyo fr3. Restaur recomm. Dîners. Matelotte. Waterzooi, etc. Poudres P. Parmentier, pharmacien à Morianwelz. Voir annonces 4° Daee. DÉMENCE. Un homme d'Etat anglais prononçail naguère publiquement une paiole qui, z mon sens, n'a pas été assez remarquée ; Il disait sans hésiter que la kaiser étai en proie à une véritable aliénatioi mentale, et il ajoutait que si la folie étai toujours affreuse et dangereuse, c'est ui péril intolérable quand elle dirige le: affaires d'un grand Etat. Cette parole l'a d'autant plus frappé qu'elle Venait d'un homme tenu à la ré serve, investi d'une haute situation offi cielle, respectueux des convenances mo narchiques et ministre d'un proche pa rent du kaiser. Quelle horreur au moment où des millions d'hommes s'entre-tuent, où les villes brûlent, où l'on massacre les fem mes et les enfants, où l'on se elétruit, de la Vistule à la Marne, sur terre, sur mei et jusque dans les nuages, où le monde entier est en proie à des puissances de ravage et d'extermination dont l'huma nité n'avait jusque-là pas d'exemples, s tous cela est le résultat d'un accès de fo lie individuel ! | Mais une réflexion me vient : c'est que s'il est vrai que le kaiser est fou, sa ma laelie est devenue endémique. Ce n'esl pas un homme, c'est toute une natior qui semble prise de démence. J'ai toujours été un pacifiste résolu avec de fortes tendances internationalis ' tes; je suis porté à détester les haines di nations à nations, et à croire qu'il es monstreux de les jeter les unes sur le: autres les armes à la main, et qu'il doit 3 ' avoir ensuite des heures d'apaisement e ! de réconciliation. Mais le spectacle qui ' nous avons sous les yeux renverse tout 1 nos idées d'hier. Je ne lui connais pa de précédent, dans l'Histoire, moi qui a beaucoup, peut-être trop, admiré la cul ture allemande... Il me semble avoir devant moi un peu pie de fous, aucjuel il n'est plus possi ble d'appliquer la commune mesure de choses humaines. Les lettres trouvée k sur les champs de bataille, le langag de la presse d'outre-Rhin, autant que le ) actes sauvages qui font la stupeur e l'indignation du monde civilisé, révèlen î un transport d'orgueil et de férocité qu 1 semble avoir gagné, chose effroyable cinquante ou soixante millions el'être humains ! Nul ne semble y échapper, t L'idée insensée que l'Allemand a reç du ciel la mission de broyer le reste d ' l'espèce humaine, que pour cela tout h est permis, la mise à sac des villes et de villages, l'éventrement des femmes et de vieillards, le vol à main armée, se r< tiouve avec un cynisme naïf dans le nctes et dans les lettres découvertes si les blessés et les cadavres, et dans le e instructions des chefs comme dans les h deux exploits ele Louvain, de Tormone 1 et de Reims, comme clans les innombri i bles récits des horreurs commises de toi côtés. Et comme il est impossible de croi: x qu'il ait jamais existé toute une natic o do scélérats, il faut bien croire à ui 0 sorte d'accès de folie nationale. ;s L'Histoire a noté l'espèce de malad mentale qui s'abattit sur les Césars r> mains. Pris de vertige à se sentir maîtr ■s élu monde, affolés par la pensée que toi N leur était permis et qu'il n'y avait pli de loi morale pour eux, et en même temps exaspérés par le soupçon et la crainte, liantes de la terreur des conspirations, ils étaient vite déséquilibrés par leur propre grandeur, et le monde était à la merci d'un Néron, d'un Caligula ou d'un Héliogabale. Mais tout un peuple en proie à la maladie des Césars, le moindre coiffeur, le moindre savet er persuadés que le genre humain doit leur appartenir, qu'ils doivent le soumettre et l'écraser dans le sang et dans le feu, quelle hideuse vision et quel péril mondial!Par quel monstrueux dressage, par quelle infâme contagion a-t-on pu répandre une telle démence dans des millions de cerveaux, et cela de telle façon que nul n'y échappe! O11 me racontait un détail dont vous avez peut-être entendu parler et que je me serais refusé à croire si je ne l'avais tenu de source certaine. U11 blessé allemand recueilli dans une^ ambulance reçoit de la dame qui le soignait une tasse de tisane. 'Il en jette à terre le contenu avec colère, en criant : — Ce n'est pas cela qu'il me faut pour I guérir, c'est une tasse de sang français. N'est-ce pas là, je vous le demande, un acte de folie furieuse? Un tel étai" d'esprit détruit toutes les idées qu'on se faisait de l'humanité. Que croire devant de tels transports de sauvagerie? On compare les Allemands aux Huns, aux Tartares, aux Mongols; comparaisons inexactes. Les hordes qui suivaient. Attila ou Gengis-Khan étaient composées de sauvages de proie n'ayant dans leur étroit cerveau que des idées do massacre et qui étaient poussés à leurs œuvres de destruction par une façon d'instinot aveugle. Mais ici, tous ces bandits étaient hier des civilisés; ce Hun est peut-être le garçon qui vous a servi avec empressement dans une hôtellerie des bords du Rhin; ce Tartare est le paisible commerçant avec lequel vous étiez naguère en relations d'affaires ■ et peut-être d'amitié; ce Mongol, vous l'avez connu dans l'usine de France où il était employé. Ces sauvages étaient en apparence i des Européens pareils à d'autres Euro-' péens, peut-être plus humblement ser-viables, et les voici en un instant revenus i de quinze ou seize siècles en arrière, • féroces, altérés de sang et de ravage. plus bestialement implacables que leurs : ancêtres qui ont mis à sac l'empire romain. Et quand vous les connaissiez, la folle pensée qui les rend aujourd'hui monstrueusement sauvages dormait déjà cachée dans leur cerveau, derrière leurs lunettes, dans tout le développement de son orgueil féroce! Ce sont des fous! Il faut ou les détruire, ou les guérii' radicalement à force de douches de fer et de feu. Camille Pelletan, Sénateur des Bouches-du-Rhône. L'Italie et l'Autriche. De tous les Etats neutres, l'Italie se trouve certainement dans la situation " la plus délicate. Les liens — purement " politiques — qui l'attachent à l'Allema-s magne et à l'Autriche subsistent tou-3 jours, mais la pression à laquelle ils sont B soumis augmente à tel point qu'on peut s se demander s'il sera possible d'éviter t la rupture définitive. t Les incidents de toute espèce se multi -i plient et chaque jour qui s'écoule voit > augmenter les griefs de l'Italie contre s son alliée. Les récents méfaits des mines flottantes posées par l'Autriche dans les II eaux de l'Adriatique ont suscité en Ita-e lie une indignation profonde, qui s'est ù traduite aussitôt par une énergique pro-;s testation auprès du gouvernement aus->s tro-hongrois. La Consulta, nous dit-on, ne se serait pas bornée à attirer l'atten-« tion du gouvernement de la monarchie u dualiste sur cette violation de la con-ss vention de La Haye, mais aurait parlé i- de réparations et de mesures immédiate tes à prendre pour empêcher le renouvell-1- lement de pareils incidents. is Quels que soient les termes dans, lesquels le duc d'Avarna a présenté la note 'e de son gouvernement au Ballplatz, les n arguments n'ont pas dû lui manquer s'il te est vrai, comme le disent certaines dépêches, que l'incident des mines, outre ie qu'il a fait 17 victimes, a eu pour résul-3- tat immédiat de jeter la terreur tout le 3s long de la côte ele l'Adriatique où la it navigation serait, pour ainsi dire, tota-is lement interrompue.

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Cet article est une édition du titre Journal de Gand: politique, industriel, commercial et littéraire appartenant à la catégorie Liberale pers, parue à Gand du 1856 au 1923.

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