Journal de Gand: politique, industriel, commercial et littéraire

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s.n. 1915, 20 Août. Journal de Gand: politique, industriel, commercial et littéraire. Accès à 07 juillet 2020, à https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/fr/pid/9c6rx96m84/
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Vendredi 20 août 10I.V Xf centimes i numéro 59me année — V° 232 JOURNAL DE GAND ABONNEMENTS : BELGIQUE : 8 fr. par an ; \ fr. pour six mois ; 3 fr. pour trois mois Pour l'étranger, le port en sus REDACTION & ADMINISTRATION : 3, R.TJS DE ITT_i.A.£TLE.E, 3, TÉLÉPHONE 665 m !■■■ aaiiWBWBBroaPKagaaMii«M»awBisagma«BagKgaaiiiS8aapimciiMiit muni m ttaBaaœmjesamTimvmjKmr.iimm!. A NNONCES : Voir le tarif au bas de la dernière page du journal. LA GUERRE Sur le front occidental Communiqué officiel allemand Berlin, 18 août (midi). — Dans les Vosges, des attaques françaises se sont prononcées, après une dépense de munitions considérable, contre Schratzmânnle, au nord de Munster et contre nos positions au sud de Sondernach. Les détachements français qui avaient pénétré dans nos tranchées en ont été chassés par des 1 contre attaques. Au sud-est de Sondernach, de | petits morceaux de tranchées complètement I démolis sont restés dans les mains des Français. Communiqués officiels français Paris, IV août (après-midi). — Au cours de : la nuit canonnade assez vive sur divers points du front, notamment à Boesinghe, à Quenneviè-reseten Lorraine, vers Arracourt et Leintrey; lutte à la grenade dans l'Argonne, à la Fontaine-i aux-Charmes et à la Haute-Chevauchée. Sur ce [ dernier point l'ennemi est sorti hier soir de ses ' tranchées pour passer à l'attaque. Notre feu l'a rejeté dans ses lignes. Paris, 17 août (soir). — Luttes d'artillerie sans incident notable sur la majeure partie du iront. Dans les Vosges nous avons violemment bombardé les positions ennemies dans la région du Linge, au Reichakerskopf et sur la crête entre Sondernach et Landersbach. En ce dernier point notre infanterie est passée à l'attaque, a pris pied sur la crête et s'y est installée ; une contre-attaque de l'ennemi a été repoussée. Monument aux soldats Un projet de loi vient d'être déposé au Parle-i ment français donnantpleins pouvoirsau ministre de ta guerre .pour acquérir, aux frais de l'Etat, les } terrains nécessaires à l'inhumation des soldats anglais et belges tombés sur le sol de la France, j Tous les frais de monuments et d'entretien de i ces tombes seront également à charge de l'Etat. Sur 3e front orientai Communiqués officiels allemands Berlin, 18 août. — Groupe d'armée du géné-- rai teWmaréchal von Hindenburg : La fortification de Kovno, avec tous les forts et un matériel innombrable, parmi lequel plus de 400 canons, est en possession des Allemands, depuis cette nuit. Les armées des généraux von Scholtz et von Gallwitz avancent plus loin, vers l'est. Leurs détachements avancés s'approchent de la i ligne du chemin de fer de Bielostock-Bielsk. I Devant Nowo-Georgiewsk, deux autres forts du I iront nord ont été pris d'assaut. Nous avons fait [ 600 prisonniers et pris 20 canons. Groupe d'armée du général fedmaréchal I prince Léopold de Bavière : L'aile gauche a ■ rencontré de nouveau une forte résistance, hier, I au secteur Kamionka, des deux côtés de Siemia-i tyoze et au Bug, près de Fiirstendorf au sud de [ Siemiatyoze. Le passage des secteurs a été forcé et l'ennemi culbuté. L'aile droite a atteint I la rive sud du Bug. Groupe de l'armée du général feldmaréchal ■ von Mackensen : Le groupe d'armée a refoulé son adversaire au delà du Bug et dans les positions avancées de la fortification Brest-Litowsk, à l'est de Wlodawa, où nos troupes ont traversé la ligne de chemin de fer Cholm-Brest-Litowstk i et s'avancent vers l'est. Berlin, 18 août. — Le 16 août, à 10 heures du soir, cinq navires de nos flottilles de torpillëurs attaquèrent, près du phare Horns-Riff, à la côte-ouest de Jutland, un petit croiseur anglais moderne et huit destroyers et coulèrent un destroyer anglais et le croiseur au moyen de torpilles. Nos forces n'eurent aucune perte. Dans la nuit du 17 au 18 août, nos dirigeables de marine ont de nouveau attaqué Londres. Le Cité de Londres et d'importantes installations à la Tamise ont été inondées de nombreuses bombes. On a constaté des résultats efficaces. Des bombes ont également été jetées avec succès sur les installations d'usines et hauts fourneaux, près de Wordbridge et Ipswich. Les dirigeables, malgré un violent bombardement, revinrent tous indemnes. Communiqué officiel autrichien W. T. A. Vienne, 17 août 1915. — Au co'trs de la vive poursuite de l'ennemi, en retraite incessante, les troupes royales et impériales, sous le commandement du Feldmarchallieutnan von Arz, ont atteint Dobrynka, à 20 kilomètre; au sud-ouest de Brest-Litowsk. L'arrière-gardf russe, qui avait pris position près de Piszczac fut culbutée par le Landwehr hongrois. Les for ces commandées par l'archiduc JoseplvFerdi nand s'avancent vers Janow au Bug. Dans 1; région de Constar.tyno, le général von KOvetz : jeté l'ennemi au-delà du Bug. Au nord du Buj inférieur, la cavalerie allemande et des corps d< cavalerie austro-hongroise combattent en cou tact étroit. Le calme règne à nos fronts près d< Wladinir-Wolynski et en Galicie orientale. Communiqué officiel russe W. T. B. — St-Pétersbourg, 17. août. — Ver: Jacobstadt-Dunaburg pas de changements réels Le bombardement de Kowno se poursuit san relâche. Les Allemands attaquent avec acharne ment les fortifications dans le secteur occidental Entre Narew et Bug, le 14 et 15, il y a eu de: combats très violents. Une série d'attaques enne mies ont été repoussées. Sur la rive gauche du Bug, pas de change ments essentiels. Dans les autres secteurs di l'ensemble du front, feu d'artillerie et fusillade: habituels. Pas de combats de quelque importance Echange d'invalides Le premier transport d'invalides allemand venant de Russie est arrivé à la station d Tornea, où ils vont rester en quarantaine pen dant quelques jours. La plupart de ces homme étaient blessés aux jambes et appartenaien aussi bien à l'armée active qu'à la landsturm. L plupart avait été pris dans les environs de Kutno Ils partiront demain de Tornea pour Haparanda Sur ie front îtaio-auîrichîei Communiqué officiel autrichien W. T. B. Vienne, 17 aoûi 1915. — Le feu d la lourde artillerie italienne contre nos ouvrage du Tyrol s'est poursuivi pendant toute la journé d'hier. Des détachements d'infanterie ennemi plus faibles, qui s'étaient avancés dans la vallé Sugana jusqu'à Carzano (au nord-est d'Horgo furent rejetés au-delà du Masobach. Au front d la côte, les Italiens ont continué leurs poussée en avant, avec des forces importantes, contr nos positions entre le Krn et Tolmein : ils furen partout repoussés de façon sanglante. Le pla teau de Doberdo a été pris hier après-midi, nouveau, sous un feu relativement violent d'ar tillerie. Communiqué officiel italien W. T. B. Rome, 17 août. — Dans la zone d Tonale et dans le secteur de Valdassa (Sett Comuni), le combat d'artillerie a été hier de plus violents. On annonce des progrès dans 1 vallée de Sexte. Notre artillerie a détruit le tranchées ennemies sur le Seikofel et le « Rotei Wand » et, l'artillerie ennemie ayant répondu elle l'a réduite au silence. La nuit de samedi dimanche, nous avons arrêté la tentative enne mie de reprendre la position du Bodenbach. En Carinthie, l'ennemi entreprit la nuit di 14-15 une violente attaque contre nos position du petit Pal, Freikofel et grand Pal. Grâce notre artillerie et à l'énergie de nos troupes nous avons réussi à repousser l'ennemi sur tout le front. Dans la région du Krn, nous avons encore gagné du terrain hier vers Flitsch. Aux Darriianeiies Mort d'un prince hindou Le sultan de Labej est mort récemment, des suites de blessures reçues aux Dardanelles, pendant une attaque des retranchements turcs par un régiment anglais qu'il commandait. £n mer , W. T. B. Londres, 17 août (Reuter). — Un sous-marin allemand a lancé le lû août, le matin tôt, des grenades sur Parton, Harrington et Whitehaven, à la côte occidentale de l'Angle-! terre. Quelques grenades atteignirent au nord de i Parton la ligne de chemin de fer. La circulation fut interrompue. Des incendies se déclarèrent à . Whitehaven et Harington, mais furent éteints. - En France Syndicats anglais et français Des délégués des syndicats ouvriers anglais sont arrivés à Paris. Ils sont chargés d'une mission spéciale et se mettront en rapport avec la Confédération générale du travail. La censure . Paris, 17 août. — L'Homme enchaîné, de Clémenceau, a été suspendu pour quatre jours. En Angleterre Le coton contrebande de guerre Mercredi aura lieu à Londres une nouvelle , assemblée de négociants qui se proposent d'ob-j tenir du gouvernement que celui-ci déclare le 5 coton contrebande de guerre. Des chimistes et ; des spécialistes dans la construction des machines feront partie de cette assemblée. I Chez les mineurs écossais j On n'a pu arriver à un accord en ce qui concerne la demande d'un supplément de guerre de 1 shelling par jour exige par les mineurs écos-, sais. On a décidé de nommer M. Asquith chef du tribunal d'arbitrage. En MoSlande Violents orages ; De nombreux et violents orages ont éclair té depuis deux jours en Hollande et ont occasionné des dégâts très importants; dans " les environs de Groeningue et de Winscho-' ten, les récoltes sont entièrement perdues. Les arbres fruitiers ont également souffert 3 de la tourmente. ' En Grèce à A la Chambre On annonce d'Athènes : La Chambre s'est ouverte avec le cérémonial habituel. On a procédé d'abord à l'élection présidentielle ; 306 députés y ont pris part. Un partisan de Venizelos, M. Zavitzianoî, a obtenu 192 suffrages, contre 93 au candidat du gouvernement Delios, et 7 à ï Varnoglis. 11 y avait 22 sièges vides. 5 Le Gouvernement a offert sa démission, i D'après un télégramme Reuter, Venizelos a eu , avec le Roi un entretien qui a duré deux heures, ï et aurait été mouvementé. Rappel des classes de 1915 et 1916 r Les journaux grecs annoncent que les classes 5 de 1915 et 1916 sont rappelées sous les dra-j peaux par décret royal. Au Danemark Le prince George de Grèce à Copenhague Le prince George de Grèce vient d'arriver à Copenhague. 11 a été reçu par le prince Waldemar de Danemark et ses fils. En Russie Les nationalités L'cctobïiste comte Benkendorf aurait, d'après les « Nowoje Wremia », demandé à la Ciiambre de supprimer les distinctions de nationalité existantes actuellement pour les Lèthes, Lithuaniens, Estes, Arméniens et Russes mahométans, qui se seront distingués à la guer?a, àu Porîuga! Le « Republiea » est considéré perdu On mande de Lisbonne que, contrairement à ce que l'on espérait, le cuirassé portugais « Republiea » n'a pas su être renfloué.On le considère comme perdu, et les canons et les munitions vont être transbordés sur d'autres vaisseaux. âux Etats-Unis L'intervention au Mexique Le président Wilson a décidé de ne pas convoquer le Congrès en session ordinaire avant que l'état de choses au Mexique rende nécessaire des mesures militaires. Le président ne croit toutefois pas qu'il soit nécessaire d'intervenir avec force contre le Mexique. Dans l'Uruguay Les exporteurs de viande Les éleveurs et exportateurs de viande congelée ont reçu la nouvelle que le Conseil municipal de Paris avait demandé au gouvernement français de prendre des mesures afin que les animaux sur p:ed et les viandes en conserves ou congelees puissent etre importées en France avec le minimum de frais Je douane ctdk formalités sanitaires. Les producteurs du Salto et ia grande compagnie Liebig ont pris des dispositions pour acheter immédiatement de grandes quantités d'animaux, [Sans î'Argentine On mande de Buenos-Ayres que le ni.-n'/f des finances, Carbo, a donné sa démission à la suite de l'intention du président de la République de nommer l'ancien président Figuera-Alcorta membre du Tribunal suprême. p tCHO S Le trafic postal A partir de ce jour le trafic postal de Bruxelles, Verviers et Liège et de leur agglomération, et d'Anvers, Hasselt et Welkenraedt, sans leur agglomération, est autorisé avec la Suède et la Norvège. Les conditions sont les mêmes que celles stipulées pour le trafic autorisé avec l'Allemagne, le Luxembourg, les Pays-Bas, l'Autriche-Hongrie, la Bosnie-Herzégovine, le Danemark et la Suisse. Le trafic avec des pays situés au-delà, en transit par laSuède et la Norvège, n'est pas autorisé. Contre les mouches A Anvers on a organisé une exposiiion d'oiseaux insectivores, qui offre à tout le monde l'occasion d'apprendre à connaître et à apprécier ces oiseaux qui, par leur chasse aux mouches. sont les meilleurs- auxiliaires contre le fléau des insectes. Le prix Nobel Le montant des prix Nobel s'élève pour l'année 1915 à la somme de 144.000 couronnes. D'après l'Agence Reuter, il est peu probable qu'ils soient décernés cette année. Secours aux Juifs Le comité israélite de secours à New-York vient d'envoyer une somme de 800,000 dollars , pour secourir les juifs frappés par la guerre dans les différents pays belligérants. Un nouveau sérum On annonce que MM. Leclainche et Vallée, • professeurs à l'école vétérinaire de Alfort, viennent de découvrir un nouveau sérum « polyvalent » grâce auquel de nombreuses maladies infectieuses du bétail et des animaux domestiques ont déjà été guéries à Paris et dans le département de la Seine. Ces deux savants furent les collaborateurs du docteur Dtfyen lorsque celui-ci fit ses expériences pour combattre là fièvre aphteuse en administrant des injections de panphagine aux animaux malades. ruines de radium On annonce des Etats-Unis que l'on vient de découvrir des gisements de radium dans i'Acon-cagua, et qu'une société de capitalistes nord-américains vient de se constituer en vue de leur exploitation. Mot déniant On a dit à Tolo que les enîants ne doivent parler à table que lorsqu'on les interroge, surtout quand il y a des étrangers. Au dessert, on apporte une pièce de pâtisserie. Maman, dit ïoto, est-ce que iu ne vas pas m'inierroger V btqueje veux-tu que je te demande, mon enfant ? Demande-moi si je veux du gâteau. Nécrologie On annonce de Couvain la mort de M. i-èon Vanderkeien, sénateur, échevin de couvain, président de la f édération belge des négociants en vins. Il était né en 1856. -i-©-»-©-<- ©-►©♦©-.-©-►©♦©♦Q^Q*-Q OhPDoiqug ûanioise Airir AIRES communales.—M. ie Bourgmestre s est renau mercredi à Bruxelles, auprès du Lxouverneur générai de la Belgique pour demander, au nom du Collège échevmal, le paiement d'une partie des réquisitions opérées par l'entremise de l'Administration communale. L.eur total s'élève, paraït-il, à environ 28 millions de francs. Une nouvelle entrevue du Bourgmestre avec le Gouverneur générai a été fixéè au lendemain, jeudi. Un certain nombre d'employés communaux ont travailié toute la nuit à dresser les tableaux détaillés des réquisitions. DANS L'INDUSTRIE. — Du Bien public ; a Les ouvriers de certaines usines et fabriques, ont, tous ou en partie, décidé de cesser le travail, mardi. On cite parmi les firmes arrêtées complètement ou partiellement : La Clouterie de Gendbrugge; Par-rnentier-Van Hoegaerde (boulevard de l'Industrie); Jules de Hemptinne (boul. de Plaisance); Charles de Hemptinne, Florida (rue des Meuniers); De Coster-Rousseau (place des Chartreux); La Coriandre (rue de la Coriandre); Veesaert (Gendbrugge); Cruyp-lants (rue du Sentier); lissage du «Vooruit» (rue aux Laines); Uyttendaele Feuilleton du Journal de Gand 71 Le Comte DE Monte-Cristo PAR ALEXANDRE DUMAS Lorsqu'il revint à la surface de la mer I le fallot avait disparu. 11 fallait s'orienter; de toutes les îles qui I entourent le château d'If, Ratonneau et I Pommègue sont les plus proches; mais Ra-f Anneau et Pomègue sont habitées, il en [ est ainsi de la petite île de Daume; l'île la plus sûre était donc celle de Tiboulen ou de Lemaire; les îles de Tiboulen et de Lemaire sont à une lieue du château d'If. Dantès ne résolut pas moins de gagner une de ces deux îles; mais comment trouver ces îles au milieu de la nuit qui s'épaississait à chaque instant autour de lui ! , En ce moment, il vit briller comme une étoile le phare de Planier. Et se dirigeant droit sur ce phare, il lais sait l'île de Tiboulen un peu à gauche; en appuyant un peu à gauche, il devait donc rencontrer cette île sur son chemin. Mais, nous l'avons dit, il y avait une lieue au moins du château d'If à cette île. Souvent, dans la prison, Faria répétait au jeune homme, en le voyant abattu et paresseux : — Dantès, ne vous laissez pas aller à cet amolissement; vous vous noierez, si vous essayez de vous enfuir et que vos forces n'aient pas été entretenues. Sous l'onde lourde et amère, cette parole était venue tinter aux oreilles de Dantès; il avait eu hâte de remonter alors et de fendre les lames pour voir si effectivement il n'avait pas perdu de ses forces; il vit avec joie que son inaction forcée ne lui avait rien ôté de sa puissance et de son agilité, et senti i qu'il était toujours maître de l'élément, où, tout enfant, il s'était joué. D'ailleurs la peur, cette rapide persécutrice, doublait la vigueur de Dantès; il écoutait, penché sur la cime des flots, si aucune rumeur n'arrivait jusqu'à lui. Chaque fois qu'il s'élevait à l'extrémité d'une vague, son rapide regard embrassait l'horizon visible et essayait de plonger dans l'épaisse obscurité; chaque flot un peu plus élevé que les autres flots lui semblait une j barque à sa poursuite, et alors il redoublait d'efforts, qui l'éloignaient sans doute, mais dont la répétition devait promptement user ses forces. Il nageait cependant, et déjà le château terrible s'était un peu fondu dans la vapeur nocturne; il ne le distinguait pas, mais il le sentait toujours. Une heure s'écoula, pendant laquelle Dantès, exalté par le sentiment de la liberté qui avait envahi toute sa personne, continua de fendre les flots dans la direction .qu'il s'était faite. — Vc-yons, se disait-il, voilà bientôt une heure que je nage, mais comme le vent m'est contraire j'ai dû perdre un quart de ma rapidité; cependant, à moins que je ne me sois trompé de ligne, je ne dois pas être loin de Tiboulen maintenant. Mais, si je m'étais trompé ! Un frisson passa par tout le corps du nageur; il essaya de faire un instant la planche pour se reposer; mais la mer devenait de plus en plus forte, et il comprit bientôt que < ce moyen de soulagement, sur lequel il lequel il avait compté, était impossible. — Eh bien! dit-il, soit, j'irai jusqu'au bout, jusqu'à ce que mes bras se lassent, jusqu'à ce que les crampes envahissent mon ■ corps, et alors je coulerai à fond ! < Et il se mit à nager avec la force et 1 in pulsion du désespoir. Tout à coup il lui sembla que le ciel, dé; si obscur, s'assombrissait encore, qu i nuage épais, lourd, compacte s'abaissa vers lui; en même temps, il sentit une vi< lente douleur au genou; l'imagination, ave son incalculable vitesse, lui dit alors qt -'était le choc d'une balle, et qu il alla immédiatement entendre l'explosion d :oup de fusil; mais l'explosion ne retent pas. Dantès allongea la main et sentit ur résistance, il retira son autre jambe à lui i :oucha la terre; il vit alors quel était l'obji iju'il avait pris pour un nuage, A vingt pas de lui s'élevait une masse c rochers bizarres, qu'on prendrait pour u :oyer immense pétrifié au moment de s dIus ardente combustion; c'était l'île de T Doulen. Dantès se releva, fit quelques pas e avant, et s'étendit en remerciant Dieu si ;es pointes de granit, qui lui semblèrent ;ette heure plus douces que ne lui avait je nais paru le ht le plus doux. Puis, malgré le vent, malgré la tempêt< nalgré la pluie, qui commençait à tombe Drisé de fatigue qu'il était, il s endormit c :e délicieux sommeil de 1 homme chez 1< :juel le corps s'engourdit, mais dont 1 ârr 1 veille avec la conscience d'une bonheur inespéré. Au bout d une heure,Edmond se réveilla n sous le grondement d'une immense coup de tonnerre; la tempête était déchaînée dans 1 espace et battait l'air de son vol éclatant; de temps en temps un éclair descendait du e ciel comme un serpent de feu, éclairant les flots et les nuages qui roulaient au-devant les uns des autres comme les vagues d'un immense chaos. Dantès, avec son coup d'oeil de marin, ne s'était pas trompé; il avait abordé à la première des deux îles, qui est effectivement celle de Tiboulen. Il la savait nue, e découverte et n'offrant pas le moindre asile; mais quand la tempête serait calmée il se a remettrait à la mer et gagnerait à la nage 1 l'île Lemaire, aussi aride, mais plus large et par conséquent plus hospitalière. Une roche qui surplombait offrit un abri lvr momentané à Dantès, il s'y réfugia, et près-a que au même instant la tempête éclata dans L~ toute sa fureur. r, e (A s/rrre )

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Cet article est une édition du titre Journal de Gand: politique, industriel, commercial et littéraire appartenant à la catégorie Liberale pers, parue à Gand du 1856 au 1923.

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