Journal de Gand: politique, industriel, commercial et littéraire

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s.n. 1915, 27 Juillet. Journal de Gand: politique, industriel, commercial et littéraire. Accès à 28 juin 2022, à https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/fr/pid/7w6736qb7c/
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Mardi 27 juillet lî)l«'> iE5> centimes le numéro 59me année - Nn 208 JOURNAL DE GAND r ABONNEMENTS : BELGIQUE : M fr. par an ; rt fr. pour six mois ; 3 fr. pour trois mois Pour Vélranger, le port en sus RÉDACTION & ADMINISTRATION : 3, IRTTIE] IDE FLANEEE, 3, Q-AINT TELEPHONE 665 ANNONCES : Voir le tarif au bas de la dernière page du journal. (Avis officiels allemands >s les personnes des deux sexes ayant l'âg isus de X5 ans, des nations qui sont e • avec l'Allemagne, y compris les Italiens rant à Gand, sont obligées de se présente urs annoncés ci-dessous à la«Meldeamt commandanture, Place d'Armes, n" 12 e, pour s'annoncer, oillet, 9 b. matin (Beffroi) pour les Fran juillet, 9 h. matin (Beffroi) pour les Russes jajs, Italiens, Japonais, Serbes et Monté jers d'identité etc. à apporter ainsi qu lir exactement le domicile, rue et N° d contrevenants seront sévèrement punis Le Commandant de l'Etappe VON WICK, Oberstlieutenant. ■pour les Distributions de prh Monsieur le Directeur, J'ai lu avec intérêt les trois articles que votr jllaborateur H. a consacrés à la question de istributions de prix. Dans les deux derniers d is articles l'auteur déclare qu'il ne réclame pa suppression des prix aux élèves des école imaires, mais pourtant toute son argumenta on du début semble viser les enfants bien plu ne les jeunes gens. D'ailleurs, si les distribu ons de récompenses sont vraiment aus; angereuses que ne le dit M. H., il serait funest e les maintenir, même et surtout, pour le elils. Mais sont-elles dangereuses ? Pour m art, je n'en crois rien. Parmi les reproches qu'adresse votre collabo ileurà l'antique usage des Prix, les uns son liés, mais imputables aux « compositions en plus qu'aux « prix », les autres me sembler snériques. Reprenons ces reproches un à un I « Beaucoup de prétendus cancres ne soi: ides paresseux, mais des anormaux et de àîades ». Eh ! sans doute, mais est-ce un ison pour rabaisser à leur niveau les bon ijets ? Je ne sais quel philosophe a dit : « 1 itié est la plaie de notre époque. » On n inrait trop protester contre cette fausse senti entalité qui, sous couleur de pitié pour le Mes et les incapables, ne tend à rien moin l'au nivellement inférieur, au sacrifice de l'élit la médiocrité. lu A ces causes d'insuccès il faut en ajoute faire, qui résulte des procédés trop méca Squesdes compositions ». — D'accord. Réfor msles «compositions», organisons les ave «sd'intelligence et de discernement.... Mais ceci r.ous éloigne de la question. 3>« On apprend, non pour savoir, mais pou re prêt à l'examen ». Distinguons : est-ce le slributions de prix que l'on veut supprimer, o sexamens? — J'avoue d'ailleurs que, pourvi l'on « apprenne », je me tiens.pour satisfait. 4" « Enfin la chance peut exercer une tro] ande influence dans la lutte ». — Cela auss ouve que les examens ou les composition int mal organisés. S'il en était autrement, 1 lance serait là un facteur beaucoup plus rédui «e dans n'importe quelle circonstance de 1: ie. N'est-ce pas une chance aussi de tomber su imaître intelligent ou sur un cuistre ? Va-t-oi iposer le même maître à tous les enfants oi tpprimer les maîtres ? 5' « Les succès d'école sont des promesse: » peuvent ne pas s'accomplir ». Encore uni is, ceci déplace la question. Les succès uni J versitaires ne -sont pas non plus garants des succès de carrière. Il faudrait donc abolir examens et diplômes. e 6° « Ces cérémonies présentent au point de „ vue « moral » des dangers si graves qu'ils devraient convaincre de la nécessité de chercher r une nouvelle sanction des études ». — De „ quelque nom qu'on habille cette sanction, ses dangers, si dangers il y a, seront les mêmes. Quels sont ces prétendus dangers ? « Le surmenage, la rivalité et l'envie ». Le surmenage ! Avez-vous- vu déjà des enfants surmenés? Moi pas. L'enfant possède contre le surmenage l'antidote merveilleux de son insouciance et de son indolence. Et ce sont précisément ces dons divins qui le garan-6 tissent contre la rivalité et l'envie. L'enfant est 1 incapable des calculs, de l'esprit de suite que supposent ces inclinations. Qu'au moment de son succès l'élève ait un ' fugitif éclair d'orgueil, que le désir d'arriver « premier » stimule pendant quelques jours son zèle à l'étude, où est le mal? Le monde est à ceux qui savent le conquérir. 7° « Mais est-ce un bien que les enfants l'ap-i prennent déjà à l'école ?» — L'école pour la vie ! « Non scholse sed vitas discimus » (Journal de Gand du 16 juillet : « A propos de la suppres-3 sion des distributions de prix. ») s 8° « Il vaudrait mieux leur laisser jusqu'à 18 î ans la joie de vivre dans un milieu idéal...» Pour-s quoi « jusqu'à 18 », plutôt que « jusqu'à 17 ou s 19»? Mystère! Qu'est-ce que ce milieu «idéal»? L'école? «Quelques élèves... ne peuvent se s soumettre au régime de nos établissements scolaires, lequel — on l'a démontré souvent — n'est i pas celui qui convient le mieux au déve'oppe-î ment des enfants. » (Journal de Gand du 15 s juillet : « A propos de la suppression des distri-a butions de prix », 1"' colonne). Et pourquoi veut-on qu'à 18 ans les pauvres gosses tombent brusquement de ce « milieu t idéal » dans la dure réalité? Ne voit on pas qu'ils .> risquent de se rompre les os ? t 9" «... que d'en faire avant l'âge des gens : insupportables de prétention. » 11 y a donc un j âge où il est nécessaire de devenir « insuppor-s table de prétention » ? Ou bien, un âge où la prétention devient supportable V Et cet âge est.. s dix-huit ans ? 10° « Un autre argument, non moins décisif (? ?), c.'est que l'émulation excitée par les prix n'agit d'ordinaire que sur un nombre fort 3 restreint d'élèves.» Cet argument serait, en effet, décisif, s'il était prouvé que les prix ne peuvent a être répartis autrement qu'ils ne le sont dans nos athénées. Mais « supprimer » n'est pas « cor-riger ». 11° «Eh que dire des rivalités et des conflits d'amour propre entre les parents?» - Rien! on n'en finirait pas. Mais il serait naïf de croire : que ces rivalités et ces conflits attendent l'occasion des distributions de prix pour se manifester.r 12° « Qu'on interroge à ce sujet les mallieu-3 reux instituteurs... ». Ils vous diront que la i vanité des mères est inépuisable et que les i auteurs de « fruits secs » sont généralement les plus entichés de leur progéniture ! ) Dans son deuxième article, M. H. invoque, à i • l'appui de sa thèse, l'exemple de divers pays où i les distributions de prix ont été abolies, mais on i pourrait lui opposer celui des pays où elles ont t été maintenues et conclure, pour le moins, à la i légitimité des deux points de vue. r 11 est bien certain que l'enseignement supé-i rieur et moyen peut se passer du stimulant i qu'apportent les distributions de prix à l'émulation des élèves. Dans nos universités, dans nos ; écoles normales, dans nos écoles profession-; nelles, il n'est pas besoin de récompense immé-. diate. La perspective du succès final, du gagne-pain assuré, suffit à entretenir le zèle des jeunes gens, .mais comment veut-on qu'un but lointain attire de jeunes enfants? A ceux-là il faut une sanction, une récompense, et quelle autre pourrait-on inventer dont la vertu fût supérieure à celle du beau livre « relié en rouge, en vert, en bleu, et doré sur tranche »? Aucune, je vous le dis en vérité. Vous connaissez ce « mot de la fin » où une candidate bonne-d'enfants, invitée à donner ses titres, dit : J'ai été enfant, moi aussi !» Eh ! bien, je crois que ceux qui réclament l'abolition des « prix » n'ont jamais été enfants, eux, ou qu'ils n'ont jamais eu de prix... ou qu'ils ne les ont jamais ouverts ! Le « livre de prix » ce n'est pas seulement pour l'enfant«le premier fonds de bibliothèque», comme le dit le « Bien public », c'est souvent le livre unique, le livre sacré, dont le rayonnement illumine ses jours, qui l'initie au monde mystérieux de la poésie et du rêve, aux joies de l'âme, aux enivrements de l'esprit, — et dont peut-êfre l'influence sur sa vie sera décisive ! La valeur exceptionnelle du livre de prix tient à plus d'une cause : c'est un cadeau rare : — l'enfant du peuple ou de la petite bourgeoisie ne reçoit guère de livres; — magnifique : — il est rouge, bleu, doré;— solennel : — reçu de mains augustes tandis que résonnait la Brabançonne ! — glorieux : — il atteste une longue année de sagesse et de bonne volonté. Quelle puissance n'acquiert pas, dans ces conditions, la pensée enclose dans le livre ! Et c'est cette puissance que l'on veut annihiler, en remplaçant, sous prétexte d'économie, les « livres de prix » par des ouvrages de bibliothèque... Le « livre de prix », c'est le livre précieux, bien à soi, que l'on caresse et que l'on admire, qu'on feuillette, qu'on délaisse, qu'on reprend, qu'on relit, et dont on finit pas savoir par cœur des mots, des lignes, des pages, autour desquels l'imagination brode des arabesques sans fin. Le « livre de prix » c'est le livre inutile, absurde et charmant ! Le livre de bibliothèque, c'est le livre banal, laid et décevant, qui sent la discipline et la moisissure scolaires. 11 est gris, terne, maculé, numéroté, il y traîne des relents de poussière, de graillon el de chlorure de chaux ; sa lecture est imposée, ou, du moins, « recommandée », et sa possession est impitoyablement limitée. Si, en dépit de cela, l'enfant s'y attache, il faut presque aussitôt qu'il s'en sépare pour jamais. Avec le livre de bibliothèque, pas de flânerie, pas de retours, pas de caprice, pas de délectation possible, et surtout aucune jouissance de propriété ni de liberté. Dans les premiers jours du mois d'août dernier, je traversais en hâte une ruelle sordide menant à l'Université. L'anxiété et la douleur étaient dans tous les coeurs; sur le pas des portes des hommes gesticulaient, des mégères voriféraient, un piou-piou aviné braillait, el les tristesses de l'heure rendaient plus horrible les laideurs et les misères des taudis entrevus. Mais des petits-enfants étaient assis dans une en-cognure; ils levèrent à mon passage des yeux rayonnants de bonheur, et je vis, ouverts sur leurs genoux, les beaux livres de prix à couverture rouge, à tranche dorée, à images multicolores....Cette année-ci les petits enfants n'auront pas de prix, ils n'auront pas de vacances. Soit : il faut bien qu'eux aussi pâtissent un peu de la guerre. Mais qu'on n'aille pas les priver à jamais des deux choses qui corrigent la monotonie de la vie d'école, car elle deviendrait, cette école, la « geôle de jeunesse captive » où les âmes s'étioleraient dans l'assujettissement et l'ennui. Un fidèle abonné. LA GlJEKKi: Sur le front occidental Communiqués officiels allemands Berlin, 24 juillet (midi). — Pies de Souchez les Français ont encore renouvelé hier leurs ;i,aques inefficaces au moyen de grenades à main. Lors des explosions en Champagne, annoncées hier, e, d'après des affirmations autorisées, ils y ont subi des pertes considérables. Leurs tentatives de nous chasser des positions conquises ont échoué. Au sud de Leintrey. nos avan;-postes ont repoussé des poussées en avant ennemies. Le déiachement considérable refoulé au delà de la Seille, dont fart mention le communiqué de la direction de l'armée française du 22 juillet, 11 heures du soir, se composait de 5 hommes qui ont coupé l'obstacle ennemi et qui se sont retirés sans perdre un seul hemme. Dans la région de Miinsier, il y a eu hier des combats moins violents. Après les combats des derniers jours, environ 2,600 Français tués y sont restés devant notre front. Berlin, 25 juillet (midi).— A la lisière est de l'Argonne, nous avons fait sauter un blockhaus de l'ennemi. Près de Launois, au sud de Ban-de-Sapt. les Français se sont établis dans une petite partie de nos tranchées. Plusieurs bombes ont été jetées sur la forteresse de Dunker-que.Communiqués officiels français Paris, 23 juillet (après-midi). — Sur plusieurs points du front la nuit a été agitée. En Artois, dans les environs de Souciiez, violente canonnade et combats à coups de pétards. Entre l'Oise et l'Aisne, dans la région de Quennevières et du plateau de Wouvron, sur la rive droite de l'Aisne, près de Soupire et sur le front de Champagne on signale également plusieurs actions d'artillerie. En Argonne, fusillade et canonnade dans la région de Bagatelle. Pont-à-Mousson a élé bombardé par intermittence au cours de la nuit. Dans la région d'Ar-racourt. une forte reconnaissance ennemie, appuyée par un tir d'artillerie, s'est repliée devant nos feux d'infanterie et d'artillerie. Dans les Vosges, une tentative d'attaque ennemie conlre nos positions au sud de la Faye a été repoussée. Sur la crête du Linge et les bois du Barrenkopf 1res violent bombardement des positions conquises par nous. A l'est de Metzeral, l'ennemi, après avoir réussi momentanément à pénétrer dans une partie de nos lignes, en a été rejeté par une contre-attaque énergique de notre part. Paris, 23 juillet (soir). — La journée a été relativement calme sur tout le front. En Artois activité habituelle de l'artillerie de part et d'autre. Quelques obus ont été lancés sur les faubourgs de Soissons et sur Reims. Au bois Le Prêtre, au cours de la nuit du 22 au 23, nous avons repris pied dans une ligne de tranchées antérieurement perdues; deux contre-attaques ennemies ont été repoussées. Sur le front orientai Communiqués officiels allemands Berlin, 24 juillet. — L'armée du général von Below a vaincu la 5'' armé'e russe près de Schaulen. Depuis dix jours, combattant, marchant et poursuivant constamment, les troupes allemandes sont parvenues hier de pressed, de bat'.re et de disperser les, Russes dans la région de Rozalin et de Szadow. Le rapport a atteint, depuis le commencement de ces opérations, c'est-à-dire le 14 juillet, 27,000 prisonniers, 25 canons, 40 mitrailleuses, plus de 100 voitures de munitions attelées, de nombreux bagage^ et au'.re matériel de guerre. Au Narew les forteresses Rozan et Pultusk ont été prises, dans un assaut tenace, irrésistible de l'armée du lieu- ienant-general von Gallwitz et le passage sur ce fleuve forcé entre ces deux localités. Des forces considérables sont déjà établies sur la rive méridionale. Plus loin au nord et au sud nos troupes avancent vers le fleuve. Dans les combats entre le Njemen et la Vistule, nous avons fait, depuis le 14 juillet 41,000 prisonniers et pris 14 canons. 90 mitrailleuses. Ce qui a été pris à Rozan et à Pultusk en matériel de guerre ne peut encore être établi. Près de Varsovie, au cours des petits combats de ces derniers jours,, 1,750 prisonniers et 2 mitrailleuses sont tombés dans nos mains. Au nord de l'embouchure de la Pilica nos troupes ont atteint la Vistule. Depuis l'embouchure de la Pilica jusqu'à Ko-zienici (au nord-ouest d'Iwangorod) l'ennemi a été refoulé au delà de la Vistule. Devant Iwan-gorod nos troupes se sont avancées encore plus près du front ouest de la forteresse. Entre la Vistule et le Bug le combat continue avec acharnement. Dans la région de Sokal des attaques russes contre la position de la tête de pon. ont été repoussées. Un régiment thurin-gois s'est spécialement distingué ici. Environ 50.000 prisonniers sont tombés depuis le 14 juillet dans les mains des troupes allemandes et austro-hongroises de l'armée du lieutenant-général von Woyrsch et des armées du général fëldmaréchal von Mackensen. Le chiffre exact e; la quantité du bu;in en matériel ne peuvent encore être établis. ( Rozalyn est situé à 17 km. au nord-ouest de Szadow). Berlin, 26 juillet. — L'armte du général von 3e.ow a eu des combats avec l'arrière-garde de l'adversaire. Hier, 6,000 prisonniers ont encore été amenés. Lors d'une poussée en avant, a la Icsia, au sud de Kowno et dans la région Je Dembrowo, à 10 km. au nord-est de Suwai-ki, des tranchées russes ont été prises. Le Na-.ew est passé sur tout le front du sud d'Ostra-enka jusqu'à Putulsk. Au sud-est de Putulsk .ics .roupes s'approchent du Bug. Au sud-ouest de celte forteresse, la ligne Nasielsk-Gzowo a été a.sein'.e malgré la résistance opiniâtre de l'ennemi. A l'ouest de Blonie plusieurs posi-ions de l'adversaire oni été prises et au sud de Varsovie les localités de Ustanow, Lbiska et jazgarzew ont été prises d'assaut. Sur le théâtre de la guerre du Sud-Est, la situation des troupes allemandes est inchangée.N. B. — Les localités d'Us.anow, d'Ibeska lî Jazgarzew sont situées à environ 25 km. au •ud du poinv central de Varsovie; Szowo est situé à 10 km. au sud de Pultusk ii la route de Pultusk-Serock. Communiqués officiels autrichiens W. T. B. — Vienne, 23 juillet. — Les com-® oats en Pologne méridionale, en Volhynie et au Bug supérieur continuent à se développer. L'ennemi a amené de très grandes forces dans ia région du Bug Kamionka-Strumilowa-Krysty-iMpcl-Sokal, où nous avons organisé quelques positions en tè:c de pont sur la rive orientale du fleuve. L'ennemi avança à quelques endroits jusqu'à environ 300 pas de nos tranchées. A d'autres points, on en vint jusqu'au corps-à-corps. Partout les Russes furent refoulés après avoir subi de grosses pertes. Au sud-esi de Sokal, au cours d'une énergique attaque de flanc, le bataillon de chasseurs Kapal n" 10 fit prisonniers 3 officiers e-t 342 .îommes. Au n.-o. de Grubieszow les troupes allemandes ont gagné du terrain notablement. Entre la Bystryca et la Vistule les troupes de i'archiduc Joseph Ferdinand ont repoussé l'ennemi vers Belzyce et au-delà de Mronow. A l'ouest de la Vistule, en amont de l'embouchure de la Pilitza, les Alliés se sont avanrés jusqu'au fleuve et à l'enceinte d'Iwangorod. Près de Ko-/i^iec nos troupes ont encore combattu avec des arrières-gardes ennemies. B^Uetoî^cl^ Gand 50 Le Comte DE MONTE-CRISTO PAR ALEXANDRE DUMAS ~ Mais savez-vous ce que j'ai fait pour par-r ainsi de recommencer? Savez-vous qu'il l'a fallu uatre ans pour faire les outils que je ®ède? savez-vous que depuis deux ans je ["te et creuse une terre dure comme le gra-savez-vous qu'il m'a fallu déchausser des lefres qu'autrefois je n'aurais pas cru pouvoir :muec, que des journées tout entières se sont ,ssées dans ce labeur titanique et que parfois, so'r, jetais heureux quand j'avais enlevé un Mce carré de ce vieux ciment, devenu aussi Jr la pierre elle-même? Savez-vous, sa-ez-vous que pour loger toute cette terre et '"tes ces pierres que j'enterrais, il m'a fallu :rccr la voûte d'un escalier, dans le tambour "?uel tous ces décombres ont été tour à tour "sevelis; si bien qu'aujourd'hui le tambour est — plein, et que 'je ne saurais plus où mettre une poignée de poussière? savez-vous, enfin, que je croyais toucher au but de tous mes travaux, que je me sentais juste la force d'accomplir cette tâche, et que voilà que Dieu non-seulement recule ce but, mais le transporte je ne sais où? Ah ! je vous le dis, je vous le répète, je ne ferai plus rien désormais pour essayer de reconquérir ma liberté, puisque la volonté de Dieu esi qu'elle soit perdue à tout jamais. Edmond baissa la tête pour ne pas avouer à cet homme que la joie d'avoir un compagnon l'empêchait de compatir comme il l'eût dû à la douleur qu'éprouvait le prisonnier de n'avoir pu se sauver. L'abbé Faria se laissa aller sur le lit d'Edmond, et Edmond resta debout. Le jeune homme n'avait jamais songé à la fuite. Il y a de ces choses qui semblent tellement impossibles qu'on n'a pas même l'idte de les tenter et qu'on les évite d'instinct. Creuser cinquante pieds sous la terre, consacrer à cette opération un travail de trois ans pour arriver, si on réussit, à un précipice donnant à pic sur la mer; se précipiter de cinquante, de soixante, de cent pieds peut-être, pour s'écraser, en tombant, la tête sur quelque rocher, si la balle des sentinelles ne vous a point déjà tué auparavant; être obligé, si l'on échappe à tous ces dangers, de faire en nageant une lieue, c'en était trop pour qu'on ne se résignât point, £ nous avons vu que Dantès avait failli pousse cette résignation jusqu'à la mort. Mais maintenant que le jeune homme ava vu un vieillard se cramponner à la vie avec tar d'énergie et lui donner l'exemple des résoli tions désespérées, il se mit à réfléchir et à me surer son courage. Un autre avait tenté ce qu' n'avait pas eu l'idée de faire; un autre moin jeune, moins fort, moins adroit que lui, s'éta procuré, à force d'adresses et de patience, tou les instruments dont il avait eu besoin pou cette incroyable opération, qu'une mesure ni£ prise avait pu seule faire échouer; un autr avait fait tout cela, rien n'éiait donc impossibl à Dantès ; Faria avait percé cinquante pieds, en percerait cent; Faria, à cinquante ans, avai mis trois ans à son œuvre; il n'avait que 1 moitié de l'âge de Faria, lui. il en mettrait six Faria, abbé, savant, homme d'église, n'avait pa craint de risquer la traversée du château d'If l'île de Daume, de Ratonneau ou de Lemaire lui. Edmond le marin, lui Dantès le hardi pion geur.qni avait été si couvent chercher une bran che de corail au fond de la mer, hésiterait-i donc à faire une lieue en nageant? Que fallail il pour faire une lieue en nageant? une heure Eh bien! n'était-il donc pas resté des heure entières à la mer sans reprendre pied sur 1 rivage ! Non, non; Dantès n'avait besoin qu % ■ ——————————— t d'être encouragé par un exemple. Tout ce r qu'un autre a fait ou aurait pu faire. Dantès le fera. t Le jeune homme réfléchit un instant, t — J'ai trouvé ce que vous cherchiez, dit-il au vieillard. Faria tressaillit. I — Vous? dit-il, et en relevant la tête d'un air s qui indiquai; que si Dantès disait la vérité, le t découragement de son compagnon ne serait pas s de longue durée; vous, voyons, qu'avez-vous r trouvé? 1 — Le corridor que vous avez percé pour ve- 3 nir de chez vous ici s'étend dans le même sens ; que la galerie extérieure, n'est-ce pas? 1 — Oui. t — Il doit n'en être éloigné que d'une quin- a zaine de pas? ; — Tout au plus. 3 — Eh bien ! vers le milieu du corridor nous i perçons un chemin formant comme la branche ; d'une croix. Cette fois vous prenez mieux vos - mesures. Nous débouchons sur la galerie exté- - rieure. Nous tuons la sentinelle et nous nous 1 évadons. Il ne faut, pour que ce plan réusisse. que du courage, vous en avez; que de la vi- ? gueur, je n'en manque pas. Je ne parle pas de s la patience, vous avez fait vos preuves et je ' ferai les miennes. ; — Un instant, répondit l'abbé; vous n'avez pas su, mon cher compagnon, de quelle espèce est mon courage, et quel emploi je compte faire de ma force. Quant à la patience, je crois avoir été assez patient en recommençant chaque matin la tâche de la nuit et chaque nuit la tâche du jour. Mais alors, écoutez-moi-bien, jeune homme, c'est qu'il me semblait que je servais Dieu en délivrant une de ses créatures qui, étant innocente, n'avait pu être condamnée. — Eh bien! demanda Dantès, la chose n'en est-elle pas au même point, et vous êtes vous reconnu coupable depuis, que vous m'avez rencontré. dites? — Non, mais je ne veux pas le devenir. Jusqu'ici je croyais n'avoir affaire qu'aux choses, voilà que vous me proposez d'avoir affaire aux hommes. J'ai pu percer un mur et détruire un escalier, mais je ne percerai pas une poitrine et ne détruirai pas une existence. Dantès fît un léger mouvement de surprise. — Comment, dit-il, pouvant être libre, vous seriez retenu par un semblable scrupule? — Mais, vous-même, dit Faria. pourquoi n'avez-vous pas un soir assommé votre geôlier avec le pied de votre table, revêtu ses habits et essayé de fuir? — C'est que l'idée ne m'en est pas venue, dit Dantès. (A suivre).

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Cet article est une édition du titre Journal de Gand: politique, industriel, commercial et littéraire appartenant à la catégorie Liberale pers, parue à Gand du 1856 au 1923.

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