Journal de Liège et de la province: feuille politique, commerciale et littéraire

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s.n. 1918, 29 Novembre. Journal de Liège et de la province: feuille politique, commerciale et littéraire. Accès à 16 octobre 2019, à https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/fr/pid/x05x63c810/
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Vendredi 29 Novembre 13ftJ» UN NUMERO QUI! ZE CENTIMES Vendredi 29 Novembre 1918 PUBLICITE Annonces la ligne, fr. 0.80 Réclames o> fr. 1.60 Faite divers » fr, 4.00 Ayifc de sociétés ^ u fr. S. 00 (Tarif provisoire) JOURNAL DE LIÉGE / FEUILLE POLITIQUE, LÎTTÉBAiRE ET COMMERCIALE. - FONDÉE El 1184 RÉDACTION ET ADMINISTRATION : 22, RUE DES DOMINICAINS, 22 rucinjCiTE Annonces la lignej fr. 0.80 Réclame» »> fr. 1.60 Faits divors » fr. 4.00 Avis de sociétés i> fr. 2.0.0 (Tarifi pr.ûvismieJ Entrée triomphale des Troupes Belges à Liége LA VISITE DU RÔÎ: ET DE LA FAMILLE ROYALE EST FIXÉE AU SAMEDI 30 NOVEMBRE mmmmamammrnœvrrs. -xaœsœrvsmnrKr; Tir wnwwumuttsxr. :.^>j3rrer:'.i*:'.r otsen-zx a&œarvrtavïK ssK.-.-ysrasvssbck .kt- - vms: .irzzjiJUULW rmM^mmmBtmmaBgzmas.v.eiisKsz'jmmraKns r r-rr.^ ?—*?>- : vmtn • to» -.rmmHr' —-^.rrr.-.rr^r^trni.,^r.^^—nn^rrrrr.. nr.w,<rT,„. le Discours du Roi l l'MgMP-flRl— » Nous croyons être agréable à nos lecteurs en mettant sous leurs yeux l'éloquente harangue que le Roi a prononcée a la Chambre le 22 novembre, au milieu des applaudissements et des ovations de tous les députés. C'est un document historique d'une haute portée politique, qui doit figurer dans la collection de tous los journaux belges. Le Roi s'est exprimé comme suit : LE SALUT DE L'ARMEE Messieurs, Je vous apporte lo salut de l'armée ! Nous arrivons de l'Ysetr, mes soldats et moi, à travers nos villes et nos campagnes libérées. Et me voici devant les représentants du pays. Vousm 'avez confié, il y a quatre ans, l'armée die la Nation pour défendre la Patrie on danger : je viens vous rendre compte de mes actes. Je viens vous dire ce qu'ont été les soldats de la Belgique, l'endurance dont ils ont fait preuve-, le courage et la bravoure qu'ils ont dôoloyés, les grands résultats acquis par leurs efforts. Quelles sont les règles qui ont dirigé ma conduite au cours de cette longue guerre ? D'une part, remplir, en restant toujours dans le domaine du possible, la plénitude de nos obligations internationales et sauvegarder le prestige de la Nation, devoirs auxquels tout peuple qui veut être considéré doit rester fidèle ; d'autre part, ménager le sang de nos soldats, assurer leur bien-Ôtre matériel et moral, alléger leurs souffrances. LE ROLE GLORIEUX DE L'AM'-ÏS BELGE Dans la campagne de 1914, les opérations de l'armée belge furent décisives pour permettre aux grandes armées ailiées d'arrêter la puissante offensive allemande sur la ligne où, pendant près de quatre ans, elle s'est stabilisée. C'est pendant -celte campagne que se joue véritablement la liberté dqv.inon.de: la lutte gigantesque qui se livre en Belgique et en France doit décider si. vrai--ïTétit1;- T'est ùéwKTràis t\';.v.-éîTffrm3fe"*'alîe*-'' mande qui régira l'humanité. Les nations de l'Entente n'étaient pas également prêtes pour soutenir, de toutes leurs forces, le formidable choc qui allait i se produire. Deux d'entre elles seulement, la France et la Russie, étaient en mesure de- s'opposer sur terre, sans grand délai, à l'entreprise d'es Empires centraux qu'une longue et minutieuse préparation avait portés à l'apogée de leur force. A l'armée belge échut le magnifique mais périlleux, destin d'être placée au point où l'état-major allemand, sûr do la décision, allait lancer lo plus gros et le meilleur do ses forces. Luttant seule pendant doux mois et d'e-mi 9ur l'entière profondeur de son territoire, de Liège à Anvers, puis d'Anvers à l'Yser, l'armée belge d'abord brisa les premières et audacieuses tentatives de l'envahisseur ; puis ralentit et modéra les mouvements du puissant assaillant ; elle contribua enfin, par la longue et héroïque bataille qu'elle livra sur les bords de l'Yser, à l'arrêt définitif des troupes allemandes. (Bravos retentissants). La campagne de 1915 s'ouvrit sous de ! meilleurs auspices ; la Grande-Bretagne créait de puissantes armées et l'Italie apportait son important concours à l'Entente. Quatre grands peuples militaires allaient maintenant lutter contre les Etats centraux.Bientôt réorganisée grâce surtout au patriotisme de cette jeunesse ardente qui, bravant tous les dangers, franchit les frontières pour se mettre aux ordres d'e la Patrie (bravos), l'armée commença dans les tranchées boueuses de l'Yser, dernier rempart où elle avait planté le drapeau national, la garde vigilante qu'elle devait monter, sans trêve, inlassablement, pendant près de quatre années. (Nouveaux, bravos). Elle y soutint de nombreux et durs combats pour en maintenir intacte 1a possession, attendant patiemment le jour où il serait enfin possible de sortir de ces positions, de battre l'adversaire et de le chasser. (Longues acclamations). L'année 1918 amena ce jour tant désiré. L'Amérique, nouvel et puissent allié, ayant ajouté le poids de son effort grandiose et enthousiaste à celui des autres nations, le formidable adversaire chancela. C'est ce moment que l'armée belge choisit.Le 28 septembre, à l'aube, tendant toute son énergie, elle bondit à l'assaut des lignes ennemies et, d'un seul mais irrésistible et sublime élan, conquiert cette crête des Fla.ndres qui avait jusqu'alors défié les attaques des troupes les plus valeureuses. (Applaudissements). Après ces journéés mémorables, elle continua d'attaquer et de poursuivre l'ennemi à' côté des armées alliées, jusqu'au jour où celui-ci fut forcé de se déclarer vaincu. En terminant ce court récit do nos opérations militaires, je vous dis à tous : la Belgique peut regarder avec fierté la tâche accomplie par son armée ; au cours de cette lutte sans précédent, l'armée a 'ait pleinement son devoir, elle a porté 6. un haut degré le prestige national et la réputation de nos armes ; elle a rend'u mi monde entier un service inestimable. (Ovation interminable. Cris : «Vive l'armée! Vive le Roi I Vivent no = soldats ! » Les parlementaires sont debout et agitent leurs mouchoirs). HOMMAGE A NOS ALLIES J'ai un autre devoir ;ï remplir, celui de témoigner des belles vertus militaires des troupes alliées qui ont combattu sur le so! de la Patrie (bravos) fraternellement confondues avec les nôtres, toutes animées d'un môme idéal et d'un même esprit de sacrifice. Honneur aux soldats de la Frande, de l'Angleterre et des Etats-Unis qui se sont portés à notre secours ! (« Vive la France ! Vive l'Angleterre ! Vive l'Amérique 1 Hip bip, hourra 1 » Je m'incline respectueusement devant ceux qui sont morts et qui reposent dans notre terre à jamais sacrée : la Belgique reconnaissante entretiendra pieusement leur glorieux souvenir (Bravos.) HONNEUR A NOS MORTS Honneur aussi à nos morts, à nos glorieux morts : à ceux qui sont tombés sur les champs de bataille et devant le peloton d'exécution ; (les parlementaires acclament debout) ; a ceux qui ont succombé dans les fils de fer le long de la frontière hollandaise ; à ceux qui ont été lâchement assassinés ; à ceux qui ont été martyrisés dans les prisons et les camps do concentration atroces ; à ceux qui sont morts de douleur et de misère. Tous ont bien mérité de la Patrie. Que leurs noms soient ajoutés à ceux des combattants de 1830, à notre Panthéon, là-bas, à la place des Martyrs 1 (Très J>ien.) (Bravos.) PATIENCE ET STOÏCISME DE LA POPULATION II me tient à. cœur de féliciter le pays occupé de la noble attitude qu'il a gardée eous le joug allemand. (Acclamations). Une première pensée va d'abord aux parents des soldats qui sont -demeurés presque sans nouvelles pendant quatre ans et demi. Tandis que les combattants des autres armées restaient en contact avec les leurs et qu'ils puisaient les uns et les autres dans l'entretien d'une correspondance affectueuse et, au cours des congés périodiques, un réconfort nécessaire, les Belges du dehors et ceux de l'intérieur se sont trouvés séparés par un mur de plus en plus in franchissable. (Très bien.) En dépit d<es efforts ingénieux, et admirables de ceux qui, au péril de leur liberté, se sont appliqués à -maintenir de fréquentes relations, la guerre a infligé à nos enfants au front et à leurs parents demeurés au foyer le supplice prolongé de vivre et de souffrir sans savoir ce que la destinée leur réservait. Avec quelle vaillance tout lo peuple belge n'a-t-il pas supporté cette épreuve si longue et si cruelle 1 Elle devait/ajouter chaque jour quelque chose d'aigu aux privations e.atérielîes, aux soucis du lendemain, aux atteintes de la misère. ' L'a multiplicité des -œuvres d'assis-, tance,- si '•r-o-0-i>.îiqneinent écloées au fur r' ■ <it *-r~ï1 ù s,~ "a atténuai lu. '.rigueur d'un pareil régime. On a vu toutes les classes de la société animées d'un même souiffle d'entente et d'affection, se rapprocher intimement pour apaiser les souffrances et les infortunes ; les femmes ont montré une fois de plus ce qu'il faut attendre de leur bonté et de cette intuition qui leur fait découvrir la plaie à panser et la peine à soulager. (Cris : « Vive la Reine ! » Acclamations.) Les nobles sentiments de solidarité maintinrent dans tout le pays les liens les plus solides et constituent le témoignage vivant d'une union que l'on ne saurait fbriser dans l'avenir. La souffrance noblement partagée et subie d'un cœur ferme est devenue un patrimoine commun ; elle a maintenu à travers le temps, dans toute la population, cette confiance sereine que les événements ont pleinement justifiée. LE MINISTERE DE L'UNION NATIONALE Messieurs, On ne comprendrait pas que l'union féconde dont les Belges ont donné un si admirable exemple pendant la guerre fît place dès le lendemain de la libération du territoire, à la repris© de querelles stériles. Cette union doit rester une réalité dans les circonstances présentes. (Bravos). Telle est la raison d'être de la composition du nouveau Ministère qui a accepté de reprendre, â son point d'arrêt, la tâche ardue accomplie par les deux Cabinets précédents dans des circonstances angoissantes et avec un patriotisme qui n'a jamais faibli. Le pays sera heureux de voir la représentation nationale reprendre contact avec le Gouvernement en attendant la date prochaine à laquelle il pourra être consulté par la voie électorale après le retour de ceux qui ont été éloignés du pays par la guerre et après l'accomplissement des préliminaires nécessaires. EGALITE DANS LA SOUFFRANCE, EGALITE DES DROITS L'égalité dans la souffrance et dans l'endurance a créé des droits égaux à l'expression des aspirations publiques. (Très bien. Très bien. Ovation). Le Gouvernement proposera d'abaisser, dams un accord patriotique, les anciennes barrières et de réaliser la consultation nationale sur la base du suffrage égal pour tons les hommes dès l'âge de la maturité requise pour l'exercice des droits civils. (Applaudissements répétés).LA RECONSTITUTION NATIONALE En attendant cette consultation, le Parlement sera appelé à voter une série de loils urgentes qui auront pour but de conjurer les effets immédiats de la guerre, spécialement pour assurer le rapatriement rapide de tous ceux que des causes diverses tiennent éloignés du sol patrial. L''administration du pays, bouleversée pendant la longue occupation, doit être reconstituée avec un élan digne de celui dont nos soldats faisaient preuve* dans les heures «critiques. Cette grande œuvre nécessitera lia collaboration — à côté des ministres et de leur département — de commissions gouvernementales de techniciens ou de spécialistes recrutés notamment parmi Ids chefs de notre industrie et de la finance et au sein de la classe ouvrière. De cette coopération étroite des forces vives de la nation, le pays peut attendre le plein essor de sa vitalité et de son expansion économique extérieure. Avec le concours do ses conseillers d'Etat, les ministères compétents assureront, à la classe ouvrière si éprouvée, lcis conditions nécessaires â son développement ohysique. moral et intellectuel, l'observation des principes d'une hygiène sociale bien comprise et des mesures efficaces pour la mettre à l'abri du fléau de l'alcoolisme. (Très bien. Acclamations). La pratique de la religion, qui a été pour les croyants un grand réconfort au:< jours des épreuves douloureuses, n'a jamais été dans l'armée un obstacle à la camaraderie. Comment dès lors des divergences dans ce domaine pourraient-elles être une 'source de divisions dans 'a vie civil© et politique ? Les lois et leur exécution doivent concoairir à faire de ces principes une réalité. (Bravos redoublés). La tâche si complexe du ravitaillement du pays pendant In guerre qui, au milieu difficultés de l'heure' a pu être réalisée grâce au précieux appui des Etats-Unis, de l'Espagne et des Pays-Bas (applaudissements;, devra être poursuivie avec le concours des organismes qui «n ont assumé la charge et qui voudront bien continuer au Gouvernement leurs services si dévoués et si éclairés en se rattachant au Ministère d? l'Industrie et du Travail. De même le Comptoir national d'achat, 1 ui fonctionne sous le contrôle de l'Etat et qui est rattaché au Ministère des Affaires Economiques, devra poursuivre son activité en vue du réoutillage de l'industrie et du )é-approvisionnement en matières premier as. L'HEURE DES REPARATIONS Dans un intérêt collectif, les dommages et les destructions sans précédent causés par la guerre aux particuliers appelleront une réparation intégrale et rapide. Les effets de ces ravages ont démontré combien tout se tient dans jla vie économique ; L'usine est aux ouvriers ce que les ouvriers sont aux commerçants et ce que ceux-ci sont aux professions libérales. La ruine d'un rouage suffit à atrophier tous les autres. Cette solidarité impose une alliance loyale du capital et du travail, alliance de concours et d'efforts avec réparation équitable et méthodique du fruit de ces efforts communs pour mettre un frein à des luttes qui, par leur àpreté même, desservent les intérêts a'es deux partis. (Tris bien !). Lorsque le législateur sera sollicité de sanctionner ces conditions d'intérêts, notamment en vue de faciliter la concurrence sur les marchés étrangers, le Gouvernement veillera à assurer en même temps et par les mêmes sanctions, notamment par la liberté syndicale, l'équilibre des intérêts patronaux et ouvriers qui pourraient être en dissidence. • JA2 PROBLEME DES LANGUES îia Ti'êcéssité ' (i'trtle union" T^ConcTe * exïg© la collaboration sincère de tous les enfants d'une même patrie sans distinction d'origine et de langue ; dans ce domaine des langues, l'éigalité la plus stricte et la justice la plus absolue présideront à l'élaboration des projets que le gouvernement soumettra â la représentation nationale. Ainsi se réalisera un accord destiné à perpétuer l'unité et l'indivisibilité de la Patrie telle qu'elle s'est affirmée pendant la guerre par le sacrifice de tant de sang. U11 respect réciproque des intérêts des Flamands et des Wallons doit imprégner l'administration, donner à chacun la certitude d'être compris en sa langue et lui assurer son plein développement intellectuel, notamment dans l'enseignement supérieur. (Très bien I). Que le fonctionnaire, le magistrat, l'officier doivent connaître la langue de leurs administrés est une règle d'équité élémentaire. L'intérêt même du Pays comporte que chacune de nos deux populations puisse, d'ans sa* langue, développer pleinement sa personnalité, son originalité, ses lions, intellectuels et ses facultés d'art. Lo gouvernement proposera au Parlement de créer, dès à présent, les assises d'une Université flamand" à Gand, sauf à réserver aux Chambres qui suivront la consultation électorale le soin de régler les modalités définitives.' LA BELGIQUE A DEFENDU SON HONNEUR ET SON INDEPENDANCE Messieurs, Par sa constance, son stoïcisme, l'héroïsme de son armée et de son peuple, la Belgique a conquis les sympathies et l'admiration du inonde. (Vives acclamations). Elle est devenue à «es yeux, dès les premiers jours de la crise tragique où elle a été jetée, l'expression sacrée de la cause du Droit. (Bravos répétés). Invariablement fidèle à' ses devoirs et injustement attaquée, elle a pris les armes pour défendre son honneur et son indépendance. Elle sort de la lutte meurtrie, mais fière et couronnée d© gloire. LA BELGIQUE REGLERA SES DESTINEES EN PLEINE SOUVERAINETE La Belgique victorieuse et affranchie de la neutralité que lui imposaient des traités dont la guerre a ébranlé les fondements, jouira d'une complète indépendance. (Très bien ; acclamations nourries). Ces traités, qui déterminaient sa position en Europe, ne l'ont pas protégée contre le plus criminel attentat. (Très juste). Us ne peuvent survivre à la crise dont le Pays a été la victime. La. Belgique, rétablie dans touu ses dr its, réglera ses destinées suivant ses besoins et ses aspirations en pleine souveraineté. (Très bien. Bravos). Elle devra trouver, dans son nouveau statut, des garanties qui la mettront à l'abri du péril des futures agressions. Elle prendra la place qui convient à sa dignité et à son rang dans l'ordre international qui s'an-non. ce, fondé sur la justice. (Très bien). L'invasion et l'occupation étrangères ont infligé au pays, à ses populations et à leurs biens, à son industrie, à son commerce et à son agriculture, d'immenses dommages dont la réparation complète lui est due par l'ennemi. (Très bien). Dès le début des hostilités, la Belgique, en exécution de son devoir international, tenta d'éviter que la guerre s'étendit au territoire du bassin conventionnel du Congo. Ce fut en vain. Ici encore, l'agression de l'Allemagne nous imposa l'obligation de combattre. Notre armée coloniale fit tout son devoir dans des circonstances souvent tirés difficiles. Les événements de la guerro d'Afrique, le loyalisme des populations indigènes, les progrès accomplis ont créé entre la Belgique et le Congo • d'indestructibles lieris. Ainsi que la Belgique l'a solennellement et spontanément proclamé lors de la reprise d'il Congo, la protection et lo bien-être de& indigènes demeureront le premier de nos soucis, comme ils sont du .-este la condition nécessaire du dévelopremeat de la colonie ; et nous sommes rélsolus à nous imposer tous les sacrifices nécessaires pour poursuivre et remplir notre mission civilisatrice on Afrique. (Applaudissements). La nation s'attachera à multiplier dans la colonie des moyens de transport, condition essentielle de la mise en valeur de ses immenses richesses naturelles. Elle considère son domaine colonial comme n ortie intégrante du pays et comme un élément essentiel de son relèvement et de sa grandeur future. .< - -•i.IVlXXi.ILO a. L. U±J.\l\.LVULsl\ L'opinion publique, trop indifférente autrefois à la vie du dehors, s'absorbait dans la discussion des problèmes internes. Instruite par l'expérience cf consciente de la position acquise par la Belgique dans le monde, elle s'intéressera désormais, avec une vigilance patriotique, aux questions extérieures et donnera ainsi un appui solide à l'action gouvernementale. Les puissantes amitiés qui ont entouré la Belgique lui resteront fidèles, j'en o.i l'assurance, dans la paix comme elles l'ont été dans les épreuves dr la guerre. Elles aideront le pays à reconstituer son outillage et ses approvisionnements et à restaurer sa vie économicuc. La Belgique devra, par des conventions commerciales avec les grands pays alliés, obtenir d'eux l'accès large et facile de débouchés nouveaux et assurer l'avenir du port d'Anvers. (Bravos). i :• Nation rend un hommage éclatant et unanime à tous les pays alliés et associés qui, avec elle, ont mené jusqu'à la victoire cette guerre héroïque pour la défense du Droit et de la Liberté : à la France et l'Empire hritanniepie, à. leurs soldats et leurs marins dont les exploits ont fait passer dans le monde des frissons d'admiration ; à la Nation américaine, qui a sauvé la Belgique do la famine (Acclamations) et dont les fils ont traversé l'océan pour mettre la.- Force au service de la Justice ; à l'Italie, où notre cause a suscité de si ardentes sympathies ; au Japon, à la Serbie qui a tant souffert et lutté. (On sa lève et :on ovationne choque pays allié). La communauté des -.orifices, des souf-M 'des espérer' a cimenté entre -~OTx ^"TtTv^ *umr aTn:t: f • solidarité" morale que le temps n'affaiblira pas. (Trôs bien !).« LA VISITE M 801 et de la Famille Royale -irTiî La Ville de Liège aura la joie, ainsi que nous l'annoncions hier, d'acclamer samedi le Roi, chef de nos armées, notre gracieuse Souveraine et les membres de la Famille Royale. Voici le texte de l'affic.he officielle nou3 annonçant cet heureux événement : VILLE DE LIEGE La visite de la Famille Royale étant fixée au samedi 30 novembre, La Grande Manifestation Patriotique DE RECONNAISSANCE organisée par Liége-Attractions, aura lieu le lendemain, dimanche 1er décembre. Le défilé se fera devant les autorités mi-litaiies et civiles. L'Avance des Alliés L'armée .'oetge ti'occupa'jion en Allemagne C'est vers le 2 décembre prochain que/ l'armée belge d'occupation franchira la frontière allemande, en môme temps que les autres armées alliées devant faire, 'e 1 même service. Elle se composera de la 4e j et de la 5e division, chacune de ces divisions comprenant trois régiments d'un effectif de 2.000 hommes environ. Le contingent belge est destiné à la partie septentrion file du territoire à occuper, j d'Aix-la-Chapelle jusqu'en face de Dù&sel-dorf, et, plus au nord, la pointe comprise entre le Rhin et la frontière hollandaise. Les aiEtes n'ont pas autorise Se passage des Allemands er. L<mK>oiurg; hollandais La 'légation des Pays-Bas a communique, le 23 novembre, aux journaux français, une note indiquant que le retour en Allemagne de certaines troupes allemandes à travers le Limbourg a été accordé dans l'intérêt de la population belge et après entente avec les ministres de Belgique, de France et de Grande-Bretagne. Cette allégation est inexacte. Le ministre des affaires étrangères des Pays-Bas avait convoqué, le l.H novembre, les représentants oc la France, de la Belgique, des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne et de l'Italie pour leur demander cie faire connaître à leurs gouvernements les conditions dans lesquelles le gouvernement royal avait été amené à autoriser la traversée élu Limbourg par les troupes allemandes. Les représentants des puissances alliées se sont bornés Ci répondre qu'ils porteraient d'urgence cette communication à la connaissance de leurs gouvernements. Ils n'ont exprimé aucune opinion personnelle, attendu qu'ils étaient mis en présence d'un fait accompli. L'cccupaîion d'Aix-ia-cnapeiio Un député allemand, représentant d'Aix-la-Chapelle, a fait auprès du gouvernement hollandais des démarches en vue d'obtenir qu'il veuille bien prier le commandement militaire de l'Entente de hâter l'occupation d'Aix-la-Chapelle par les troupes alliées. La libération du territoire belge Jeudi, l'ennemi a passé notre frontière I Cinquante coups de canon ont annoncé l'événement à la Belgique libérée. Communique du grand quartier générai belge Devant le iront de l'armée belge, le territoire national est débarrassé d'Allemands. Nos éléments avancés bordent la frontière allemande entre la frontière hollandaise et la Vesdre. Nos troupes sont entrées aujourd'hui à Verviers et à llerve au milieu cL la joie générale. Arrivée des troupes À LIÈGE Enfin, les voici. C'est l'exclamation qui s'échappait de toutes les poitrines. Songez donc, voilà des jours et des jours qu'on les attendait. Loin de se refroidir, l'enthousiasme de la foule ne faisait que grandir, surexcité par une impatience devenue fébrile. Aussitôt la joie de tous a-t-ellc éclaté, bruyante et délirante, en voyant apparaître nos braves. De quelle reconnaissance et de quelle fierté notre cœur ne se gonfie-t-ij pas à l'égard de tous ces vaillants enfants à l'héroïsme de (fui nous devon's de retrouver notre Belgique heurouse et libre comme jadis. Nous ne saurions assez leur dire combien nous les aimons et les admirons pour les prodiges de vaillance qu'ilfe ont prodigués au service de la patrie. La gloire qu'ils ont conquise et que nos puissants alliés ont ratifiée rejaillit sur le pays tout entier. Honneur à nos braves soldats, à' leurs vaillants chefs 1 L'entrée en vill© Cette fois, c'est chose décidée ! Les petits Belges seront dans nos murs ce midi. Nos édiles se sont d'ailleurs chargés d'en faire la communication au public par voie d'affiches. L'itinéraire qu'empruntaient les troupes était arrêté et nous avions le plaisir de les applaudir sur le parcours, c'est-à-dire rues de Hesbaye, Ste-Marguerite, Léon Mignon et enfin place St-Lambert. Bien avant I heure fixée, une foule des plus dense se trouve aux endroits indiqués. Le? trottoirs contiennent à peine les quelques dix rangées de spectateurs venus d'un peu partout pour saluer nos héros. Vers midi et demi, pour voir de plus près, nous nous juchons sur le terre-plein de la place St-Lambert. A ce moment, la pluie tombe drue et pénétrante et l'on patauge dan's un piteux bourbier. Mieli quarante, toujours rien. Cependant, un brouhaha indescriptibde se produit dans la foule et celle-ci, sans coup férir, se rue vers le square Notger. Voici les Belges qui arrivent. En. effet, les mouchoirs s'agitent, des cris de (( Vivent les Belges » partent de toutes les poitrines. Nous apercevons un convoi de trois ou quatre camions et c'est tout. Ceci n'a été donc qu'une alerte, les troupes ne suivent pas. Quelques instants plus tard, même effervescence dans le public, mais cette fois ce sont bien nos soldats. La musique fait entendre une vibrante Brabançonne, mais nos soldats semblent avoir pris une direction autre que celle qui nous est annoncée. On est vite remis de cette surprise, on se porte à la rencontre de l'armée qui débouche élu boulevard de la Sauvenière I ! et s'engage place Verte ! 1 ! Nous jouons des coudes et nous voilà au premier rang. Des clameurs s'élèvent aux balcons et aux fenêtres du Continental et des bain talions se trouvant sur le parcours, c'est du délire. Dans la rue, on fleurit les officiers, on décore les soldats et l'on remet à beaucoup d'entre eux de petits drapeaux aux couleurs alliées. Nos petits Belges apparaissent enfin. Nous les avons là près de nous. Ils respirent le bien-être et la joie, ils sont bien équipés et ont la démarche sûre et fière. Eux aussi semblent être à la fête et répondent aux cris de ce Vivent les Belges » par des « Vive Liège » bien sentis. Ils ne paraissent pas se douter de la tâche énorme qu'ils ont dû accomplir, là derrière l'Yser et rte se doutent pas qu'ils ont été un des facteurs les plu's précieux de l'écrasement définitif du boche. Le défilé, qui se compose du, 4e chasseurs à pied, du 9e de ligne et d'une délégation du génie, est passé en revue, à la hauteur des anciennes installations du Vieux Journal, par le général Merchie, accompagné des commandants Robert et Charelomme, trois valeureux officier^ qui se distinguèrent en 1914 à la prise de Liège par les Teutons. Dès c'u'elles eurent défilé, les troupes se disloquèrent et se rendirent dans leurs différents lieux de casernement. , Regrettons qu'à l'occasion de cet événement, Messire Soleil n'ait pas consenti à nous envoyer les plus maigres de ses rayons. Nous étions à la joie et la pluie glaciale n'a même pas pu refroidir notre enthousiasme. ■K Voici le texte de l'affiche que le bourgmestre avait fait placarder sur les murs de notre ville pour annoncer officiellement la rentrée à Liège des héros de la division d,-? fer, dont la conduite contribua si brillamment à la Victoire finale de nos armes : Le Bourgmestre à la Population. Concitoyens, Le gros des troupes belges désignées pour occuper notre ville fera son entrée solennelle à Liège, les jeudi et vendredi 28 et 2!) novembre, vers midi, sous les ordres du lieutenant-général Jacques, par le-rues de Hesbaye, Ste-Marguerite, Léon Mignon, place St-1 ambert, pour se rendre ensuite dans ses casernements. Le jour de l'arrivée du Roi n'est pas encore connu. Tous nous acclamerons avec enthou siasme les héros de la Division de Fer composée des régiments liégeois, qui ont sup' porté courageusement tant d'épreuves cl rétribué si brillamment à la victoire fi nale. Tous nous fêterons dans l'allégresse le retour triomphal de nos fils et do nos frères qui reviennent en. glorieux vainqueurs. Tous nous manifesterons notre profonde gratitude envers ces braves qui nous ont sauvés de 1 asservissement et ele la misère.Vivent les Valeureux Liégeois ! Vive l'Armée 1 LA BATAILLE DE MERCKEM ■ m m m Nous empruntons à l'Etoile Belge le récit mouvementé de la bataille du 17 avril 1918, dite bataille de Merckem : ' -a bataille c.e Merckem marque la coopération de 1 armée belge dans l'arrêt Je la ruée germanique vers Paris et la mer lors de la grande offensive du printemps lyï^. Elle est ime des phases de la batauie de la Lys, commencée le U avril, et qui avait nettement pour but, pour les Allemands, l'enfoncement du saillant d Ypres, ia prise à revers de l'armée anglaise des Flandres par la percée sur Poperinghe, l'arrachement de l'armée belge des lignes de l'Yser et l'ouverture de la voie vers Dun-kerque. Si l'armée belge avait cédé, la situation eût été critique. L'attaque avait été montée avec une masse de choc comprenant trois divisions allemandes en première ligne, trois autres en deuxième ligne, une septième 1 rête à marcher à une demi-étape en arrière. Après une préparation d'artillerie courte, pour permettre la surprise, mais violente, les divisions allemandes de première ligne s'élancèrent à 1 attaque des deux divisions d'armée belge tenant le front entre le lac Blankaart (Merckem) et le chemin de fer d'Ypres à Thou-îout (nord-est d'Ypres). Elles refoulèrent-nos avant-postes, mais furent arrêtées net devant notre ligne principale de résistance ; puis nos troupes, passant à la contre-attaque, se jetèrent sur les Allemands. Après douze heures d'un combat mené, du côté des Belges, par les seules troupes qui occupaient les lignes et sans qu'il fallût taire appel aux réserves prêtes, l'ennemi fut refoulé et tous les postes qu'il avait occupés reconquis. Il se retira dans ses positions- ayant jerdu plus de 3.000 hommes i.-t laissa entre nos mains plus de 800 prisonniers, dont 2d officiers, et près de 100 mitrailleuses.Les 9e, lie, 12e et lie régiments de ligne, le 1er chasseurs à pied de la 3e division d'armée, et les 13e et 19e de ligne de la 4e division d'armée, qui arrêtèrent, puis refoulèrent l'ennemi dans cette b£L-taille mémorable, portent sur leurs drapeaux l'inscription qui rappelle leurs exploits : « Merckem ». Les 3e, 9e et 15e régiments d'artillerie et la Ire batterie du 1er groupe au 2e régiment d'artillerie lourde portent la même inscription sur leurs boucliers de pièces pour commémorer leur belle conduite au cours des combats du 17 avril 1918. La croix de chevalier de l'Ordre de Léopold fut conférée aux drapeaux du 9e de ligne et du 1er régiment ele chasseurs -à pied', en témoignage (le 1 héroïsme des soldats de ces deux régiments. L'Industrie charbonnière et métallurgique pendant la guerre Nos industries n'ont pas cessé, pendant la durée de la guerre, de se tenir en contact, notamment par fleurs associations. Les rapports annuels présentés chaque année à l'assemblée générale ele l'Union des Charbonnages, mnes et Usines métallurgiques de la Province de Liège par son secrétaire, Ml Emile Trasenster, n'ont pes été publiés, comme d'habitude, eu égard au caractère de ces rapports, qui retracent librement les faits saillants de la situation créée aux industries pendant l'occupation ec qu'il eût fallu présenter à la censure, qui n'eut pas manqué d'y mettre une fin à l'allemande. . Ces rapports constituent un historique des conditions dans lesquelles ont végété nos principales industries jusqu à ce qu'elles furent preseiue complètement dé-pouillées de leur outillage, de leurs matières premières et de leurs produits par un pillage et uno destruction systématiquement organisés. Ils montrent également quelles furent les directives de l'industrie charbonnière et comment leur politique commerciale, subit le contrecoup des formidables événements de la. guerro mondiale, malgré les interventions des organisations allemandes, dans le but d'apporter l'aide la plus efficace aux buts pour^ suivis par la Belgique et ses alliés. Extrait du Rapport sur l'exercice 1914-1915 Messieurs, Par respect des traditions de notre association, nous avons l'honneur de vous présenter, comme chaque année antérieure, un rapport des eruestions erul ont retenu votre attention, quoique le cours normal de ve>s travaux ait été^ brusepiemcnt interrompu, après les premiers mois de cet exercice, par une guerre brutale et désastreuse pour notre pays, pour notre population ouvrière et pour les intérêts que vous représentez. s„a mobilisation Dans la situation difficile qu'une occupation militaire presque complète de la Belgique devait créer, notre association aura été un lien précieux pour vous permettre de coordonner vos efforts, en vue de surmonter les difficultés de toute nature suscitées par l'état de guerro et pai la multiplicité des réquisitions et des me sures décrétées par l'autorité militaire. Qu'il me soit permis d'en retracer briè vcment les phases au point de vue do 1? situation spéciale de nos industries. TV - ia mobilisation de l'armée belge, ir cessation des transports et. la réauisitior dî nos ouvriers 00111* coopérer hâtivemen aux travaux militaires nécessaires à h défense de la position fortifiée de Liég'e, amenèrent l'arrêt presque complet do tous travail de nos mines et usines. L'invasion L'ultimatum de l'Allemagne, sa déclaror lion de guerre et l'envahissement de notra territoire par ses armées suivirent en coups de foudre. Il ne m'appartient pas de tracer l'histoire de ces premières opérations. Elles laissèrent derrière elles des cadavres de non combattants, des ruines fumantes cV maisons, do villages et même de villes incendiées par ordre des envahisseurs. La surprise fit place à la stupeur, et ce ne fut que bien lentement que nos ouvriers se décidèrent à la reprise du léger travail que vous vous êtes efforcé de leur procur-er pour leur permettre de vivre. Votre outillage ne fut d'ailleurs pas complètement épargné ; tel,charbonnage vit se9 bâtiments et son magasin de bois incendiés, tel autre sa me chine d'extraction dynamitée, tel autre les câbles de sa fosse coupés. Sans moyens de transports et sans débouchés pour l'exportation, nos grandes usines sidérurgiques étaient vouées à uno inactivité absolue. La réouverture des voies navigables après dislocation des ponts de bateaux, la remise graduelle en exploitation des chemins de fer vicinaux, la réouverture à un trafic limité des voies ferrées, purent cependant atténuer quelque peu la situation et permirent d'exéo*te* certaines commandes. Situation der usines Ce fut notamment le cas des ateliers de construction, qui purent occuper leurs ouvriers à des travaux pour la Hollande, l'Italie et la Suisse. Plusieurs d'entre eux, fabricants de matériel de guerre, se trouvèrent, au début, dans une situation spéciale, bien inattendue. Leurs fournitures eussent été sans doute fort appréciées par l'autorité militaire allemande, mais c'était faire injure au caractère de notre race que de tenter d'obtenir, même par la menace et l'intimidation, une coopération aussi directe au but militaire de nos ennemis. Cette tentative est allée jusqu'à la. misa sous administration militaire de la Société Cockerill, notre principal établissement do construction, mais elle fut vouée à un échec complet, et cette usine, comme les autres, fut bientôt laissée à sa Direction habituelle. Cela donna malheureusement naissance à certains bruits dont la presse étrangère et même belge accueillit l'écho, en représentant bien à tort nos usines comme occupées à la fabrication de matériel de guerre. Avec le temps, une faible activité put donc renaître dans certaines industries, en même temps que la circulation des personnes et l'échange de la correspondance se faisaient moins difficiles. Mais nouvelles mesures de l'autorité militaire allemand© vinrent bientôt couper court à tout progrès dans la reprise des affaires. Les voyages à l'étranger furent soumis a des dispositions de plus en plus draconiennes allant jusqu'à l'interdiction complète poulies hommes âgés de moins de 40 ans, tanais qu'à l'intérieur du pays les déplacements n'étaient permis que moyennant des laisser-passer, onéreux par la dépensé et par la perte de temps qrue leur obtention nécessite Une extension récente de ce système dans notre région à tout déplacement à plus de 6 kilomètres de la commune de résidence a provoqué votre protostation contre un système si préjudiciable à la classe ouvrière et si vexatoire pour tous. Les entraves apportées au commerce des nations neutres avec lesquelles vous avea pu rester en relations d'affaires peuvent avoir des répercussions plus graves encore. La prohibition qui vient de frapper vos exportations vers la Hollande et la Suisse, amènera fatalement un recul important de l'activité commerciale déjà si réduite de notre bassin. Si elle n'est bientôt rapportée, cette mesure entraînera inévitablement In fermeture do certains établissements indus- D'eiutro part, les réquisitions et les consignations de matériel n'ont pas peu contribué à augmenter la difficulté de votre tâche. Ces réquisitions portèrent sur des matériaux pour une valeur de plusieurs millions de francs et. chose plus grave, sur des machines-outils pour un total de plusieurs centaines de milliers de francs. Ni vos démarches, ni vos protestations que vous avez portées jusquo devant lo Gouvernement Général de Belgique, n'ont pu empêcher que 00s machines fussent enlevées de vos usines, fnanu militari et expo-diéos en Allemagne. Situation des charbonnages Malgré votre opposition, ces réquisition» ont également porté sur une partie de la production de vos charbonnages. Elles soulevaient, par là, la question extrêmement grave de la fermeture éventuelle nés fosses. Mai® le devoir d'humanité qui oblige les nations belligérantes à octroyer une nourriture suffisante à leurs prisonniersf 11e vous permettait pas, à plus forte raison, de priver vos propres ouvriers des maigres ressources qui empêchent leurs familles de tomber dans un complet dénûment. D'autres facteurs rendent également très précaire l'exploitation de nos charLonnoA •ges Ce sont notamment le rationnement extrême des avoines nécessaires à vos chevaux et les difficultés de plus en plus grandes d'approvisionnement en explosifs, en benzine et en nuiles. Il est regrettable, à cet égard, ejue la consignation de certains dépôts n'ait pu être levée en votre faveur* Jusqu'ici, les ouvriers houilleurs furent néanmoins ceux qui ont le moins souffert de la guerre. La. statistique suivante permettra de comparer les productions mensuelles à celles de l'année antérieure. Elle donne pour l'ensemble des charbonnages de la province : pour Août 1914 8,21 % Septembre 17,17 Octobre £4,87 Novembre 35 Décembre • 40 Janvier 1915 44,23 Février 51,02 Mars 59,4{) Si l'on tient compte du renchérissement considérable des vivres, le sort de ces ouvriers paraîtra, peu enviable. Cependant ce sont les privilégiés. Une statistique analogue montrerait, que la production des ateliers de construction atteint à peine le tic. de la production normale, tandis que

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Cet article est une édition du titre Journal de Liège et de la province: feuille politique, commerciale et littéraire appartenant à la catégorie Liberale pers, parue à Anvers du 1832 au 1940.

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