Journal des réfugiés: organe quotidien des réfugiés belges en Hollande

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15 octobre 1914
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s.n. 1914, 15 Octobre. Journal des réfugiés: organe quotidien des réfugiés belges en Hollande. Accès à 17 septembre 2019, à https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/fr/pid/5d8nc5t150/
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Jeudi 15 octobre 1914. 10 centimes. lère année. flo. 1. JOURNAL DES RÉFUGIÉS Organe quotidien des réfugiés belges en Hollande. Service télégraphique spécial par nos correspondants particuliers de Londres, Pétrograde, Paris, Rome et Washington. Administration-Rédaction : 58 Boschstraat — Bergen-op-Zoom. Les annonces et les avis aux réfugiés sont reçus à la rédaction, Boschstraat 68 et chez nos principaux dépositaires à Bergen-op-Zoom. La situation générale. A l'Ouest. Dans ces derniers jours, le lighe de bataille s'est singulièrement allongé© vers le nord où elle se poursuit même ©m, territoire belge sur la frontière de la Flandre Occidentale.Il semble probable qu'elle s'étendra encore au point de gagner le littoral de la mer [du Nord; il est vrai que sur pe point les forces allemandes seront peut-être tenues en respect non plus par des troupes anglo-française, mais par dos navires de la flotte britannique dont les canons à longue portée peuvent aisément balayer la pôte sur une profondeur de dix kilomètres et peut-être même |avori-s©r un mouvement tournant de cavalerie française qui agirait sous la protection de ce feu à grande distance. Ceci ./pour dire qui l'along©-nient de la ligna de bataille nous semble plutôt être en faveur Ides alliés, dont, partout ailleurs, d'après le "dernier communiqué officiel !de Paris, les positions Ise sont . sensiblement améliorées. A l'Est. En Prusse Orientale, les Allemands après leur retraite semblent s'être fortifiés et ils usent |avec intensité de leur réseau de voie ferrée qui, de ce poté, est remarquablement organisé pour le transport de troupes en masse. Mais les aviateurs russes font preuve d'une activité égale pt l'on peut dire que dans une guerre moderne, toute surpris© en force parait devenue impossible. Nous devons donc nous attendre à une nouvelle concentration des forces dont dispose I© général Ren-honkampf, forces qui entreprendront l'assaut des positions porti-fiées en Prusse par les Allemands. En Pologne, des teombats d'avant-postes se multiplient et nous font présager une grande bataille avant peu. En Galici©, la garnison de Przemysl, aurait, d'après les dépêches autrichiennes;, fait preuve d'un© certaine activité. Mais de Pptro-grade, il ne ho vis ©st (arrivé aucune confirmation de ces faits. En Roumanie. La mort du Roi ,Çarol funènera probablement la Roumanie, après les premières heures de deuil, p. changer d'attitude. Le Roi Garol n'avait jcessé d'entretenir d'excellentes relations avec l'Autriche qui lui avait (assuré par traité secret la possession |du triangle de Silistrie cédé par la Bulgarie après la deuxième guerre des Bjalkans. L© prince héritier semble, au contraire, être décidé à appuyer le mouvement pan-roumain, qui porte la Roumanie à annexer la province autrichienne de Transylvanie.G. L- L'ACCUEIL. Un élan de sympathie dans la Hollande entière. On nous disait: „Vous avez des amis en Hollande. Les Hollandais sont gens charmants, mais un peu réservés. Ils n'aiment rien tout que leurs aises et pomme pour eux l'ordre et la propreté sont vertus nationales, mieux vaut n© pas troubler la quiétude de leur bonheur. Et puis c'est pne question de race et de plimat: Je Hollandais est froid et pondéré. Sa jovialité se tempère de prudence ; son enthousiasme de circonspection. Bref, excellent ami loyal jet franc, son atavisme cependant }ui interdit les démonstrations extérieures. C'est en cela qu'il diffère du Flamand et surtout du Wallon..." Que ne disait-on encore? Autant d'erreurs. Le souvenir d'une conversation nous devient à ce propos, que (nous eûmes quelques jours avant le bombardement d'Anvers avec le correspondant d'un grand journal hollandais en cette ville. Aux job-servations que nous avions formulées nous même rélativemlen|t à la publication dans c©i quotidien de. certaines nouvelles qui nous paraissaient tendancieuses, il nous répondit assez vivement: „I1 existe un malentendu entre le public belge et la presse d'outre-Moer-dijk. Vous vous refusez p, Comprendre l'attitude que nous impose le souçi douloureux et constant d'une (absolue neutralité- 7© ponçois fort bien que pour les Belges souffrants, énervés, éprouvés de toutes les manières, la moindre illusion à des succès partiels «de l'ennemi puisse-sembler une offense personnelle. Mais c'est ' l'intention qui constitue l'injure et vous savez trop vous-mêmes que nous n'avons pour vous que commisération et sympathie,. ,Yous avez accepté bra- ^ A AV£AUA2V4V VA.'i&AVA V» . veinent la tâche infiniment honorable que le souci de ivoto' fierté, de votre indépendancei nationales vous imposait. Croyez que dans des circonstances .analogues nous n'eussions pas ;\gi autrement,. D|ites-vous bien qu'au-dessus des apparences, par de-là cei que .vous prenez pour un parti-pris hostile d© notre part, se dressent les grandes lois de la ponscience ,uni-veifeelle. Quels que soient les intérêts, les considérations, les contingences, rien au monde; ne saurait faire que le droit [cesse d'être le droit, ni l'honneur d'un pays> sa première richesse. Nous gavons cela comme vous et nous vous jes-timerons d'autant plus que vous aurez (eu davantage à souffrir pour lia défense de cette vérité. JN'est-elle pas l'essence même des |con-quêteis que la civilisation au cours des siècles remporta Sur la barbarie primitive? Le peuple hollandais se vante à bon jdroit d'une très .ancienne, d'une très aristocratique culture. Si vous suspectiez jamais son sens du bien jet du beau, je le répète, jl existerait entre vous et lui un grave malenr tendu." A ce moment nous avons ,cru Ce que nous affirmait hotr© ami, piais nous l'avons cru sans trop 1© Comprendre. II nous fallait l'expé-reinoe de ces Choses, l'austère piais émouvante leçon des faits. Elle est venue. On ne connaît ses amis, nous dit un vieil adage, que dans l'adversité. Et les .obus Ont plu sur nos foyers (et sur nos villes. Comniie des torches dans le soir nos clochers ont flambé. Les cloches qui avaient sonné toutes les heures de nos allégresses ont chu en tumulte sonore sur le pavé des villes où leur voix s'est brisée pour jamais. Nos campagnes pnt été désertées. Après que nous eûmes de nos nains inondé nos champs et nos fïrés, phassé nos bestiaux, incendia nos propres réserves afin que l'ennemi ne put s'en réjouir, verrouillé nos misons dont nous jetions Jes ;clefs dans le fleuve;, n >us jivons fui du premier au dernier comme des .vagabonds. Ainsi le veut Ja guerre et la défense1 de notre jhonneur. Mais il nous était bien permis, n'est-ce pas, de nous retourner au long du chemin et de pleurer Sur toutes les ruines de nos espérances.C'est alors que le bon peuple de Hollande s'est dressé devant nous les bras tendus. Nous avions rivalisé naguère avec lui dans jtous les combats où le- adversaires s'estiment, commerce^ industrie, science let beaujté. Il p. (vpuluj jqu'aujourd'hui nous ne lussions plus que des frères." Et peci jest (très beau lorsqu'un des égaux d'hier ne peut plus être à l'autre qu'un© charge. Oui, d'aatres jours tiendront où tout sen compensé, hiais aujourd'hui nous • sommes ici „dies parents paavres". C'est la que j'en voulais venir. La délicatesse suprême1 de la Hollande et sa bont ; que personnifie de façon si pari xite Ja gracieuse Reine Wilhelmir e, se sont attachées a nous f lire oublier que) nous n'étions ci ez Elle que des hôtes. Tous les g 'stes de commisération dont nos* réfugiés ont été comblés semblaient nous dire: i;Ne baissez pas h s veux; la souffrance ne fut jamais une honte. Nous Isa-vons qu'en des circonstances pareilles vous eussiez tous agi comme nous faisons." Et nous,,, songeons alors à nos opinions d'autrefois. Où sont fies Hollandais réservés, froids, un peu méfiants que dressait en nous jlè souvenir de lectures périmées? Nous (n'avons trouvé qu'un peuple ému, (vibrant, chaleureux, tendre et apitoyé. Ses maisons Se sont ouvertes comine s'ouvrait devant l'hôte aimé le foyer auguste jet infiniment respecté des anciens Bâta ves. Il a fait plus pour (nous qu'il n'eut fait pour les siens. Advienne à présent que. pourra. Le Belge n'oublie point. Nos campagnes frissonnent encore de Jiaine et de mépris au seul hom du duc d'Albe et de ses monstrueux séides. Elles frisonneront demain d'un sentiment tout aussi fort niais (tant plus doux, au souvenir de Icet accueil que nous ont fait les Pays-Bas. Passe le temps, la Imémoire vivra ! Nos fils dans trois cents ans répéteront ces choses: — C'était en 1914. Nous étions pauvres, nous avions froid, n°us avions faim. Alors d'un bout (à l'autre de la Hollande pe (cri |a retenti: „Nos maisons seront les vôtres, nos foyers seront vos foyers et si peu (1© pain qu'il nous reste voici pour vous la part à Dieu !" Gageons qu'alors comme aujourd'hui les larmes les plus pures que puissent veirser des paupières humaines monteront aux yeux de tous les Belgies dignes de ce nom. JACQUES WAPPERS. Notre Propmmi!. Notre programme tient un peu de mots. Des milliers de Belges fuyant devant l'envahisseur, ont aban-nonné leur loyer pouf gagner la paisible Hollande où partuut l'accueil le plus fraternel leur est réservé. Ainsi la douleur cuisante qu'ils éprouvent ces Belges, pour avoir tout perdu, s'"cndort un peu grâce aux soins dont ils se sentent entourés dans le malheur. Mais il est un mal qui, en Les hostilités en France. Communiqué officiel de 11 heures. Les alliés ont gagné du terrain sur plusieurs points. PARIS, 12 octobre. — (retar-die dans la transmission.) — Voici le texte du communiqué officiel de 11 heures : Des attaques violentes ont en lieu sur tout le front. Sur plusieurs points, nous avons gagné du terrain. Partout ailleurs, nous avons conservé nos positions, sans perdre de terrain nulle part. Rien de particulier à signaler. Communiqué officiel de 3 heures. Nouveaux progrès importants des alliés. (service spécial du „Journal des Réfugiés.) PARIS, 13 octobre. — Par (dé pêche de notre correspondant particulier. — Voici le text© du communiqué officiel de 15 heures1, d'aujourd'hui : A notre aile gauche, nos troupes ont repoussé toutes les attaques dirigées vers Hazebrouck et £>é-thun© par la cavalerie ennemi venue de Ballieue et du .front de La Bassée. Gand et Lille sont occupés par les Allemands. Nous avons à nouveau fait des progrès sérieux entre Arras pt Albert ainsi qu'au centre, dans ïa région de Berry-au-Bac. Sur la rive droite de Ja Meuse, nos troupes tiennent les hauteurs à l'est de Verdun pt (ont avancé au sud de Verdun pur la route de Metz. Dans la région d'Apremont, nous avons g'aJgné du terrain sur la droite et repoussé une attaque .sur la gauche. Les Hostilités en Russie. Communiqué du Quarfciet Général. PETROGRAD, 12 Oct. (retardé en transmission). Du quartiei général de l'armée : Des combats se sont engagés? dimanche sur la rive gauche de la Yistule dans la direction d'Iwangorod et de Varsovie. La situation ne s'est pas modifiée sur les autres points du front. Des divisions de cavalerie russe, après avoir franchi les Carpathes en différents points, sont descendues vers les plaines de Hongrie, En Galicie, les Autrichiens essaient de se reformer à 40 Kilomètres derrière Przemysl. (service spécial du „Journal des Réfugiés.) PETROGRADE;, 13 octobre. — Par dépêche do notre1 .correspondant particulier. — La journée d'hier a été marquée par des progrès appréciables de nos troupes en Galicie. Sur plusieurs points, les Autri- 1 chiens ien retraite essaient de (pe reformer à 40 Kilopiètrles1 à jTou|est de Przemysl. En Pologne, une grande bataille est engagée. 1 (service spécial du „ Journal des Réfugiés.) PETROGRxiDE, 13 octobre, — Par dépêche de notre .correspondant particulier. — Une grande bataille est engagée sur l.a criv© gauchie: Se la Vistule' e;nj Pplogh© Busse. La bataille se développe dès à présent sur un front de 80 kilomètres, et ©lie durera plusieurs semaines, peut-être m,ême des m,ois. En Hongrie, l'avance Russe continue. (service spécial du „Joumal des Réfugiés.) RETROGRADE, 13 octobre. -Par dépêche: de notre .correspondant particulier. — L'avance des Russes 'se poursuit en Hongrie, où les forces russes 'ne rencontrent guère de résistance sérieuse jusqu'à présent- dépit de toute la délicatesse de j le nom seul, prononcé ainsi à nos frères du Nord demeure ir- | quelque distance, nous met des réparable, c'est que les Belges 1 larmes dans les yeux. en exil sont dispersés sur toute Sans doute, nous employerons l'étendue des Pays-Bas. Des fa- tocs nos soins à observer la milles, étroitement unies hier neutralité que nos hôtes savent encore, s'efforçent, mais en vain si loyalement faire respecter, de se refoi mer ; des mères cher- Tout autre attitude de notre chent leurs filles, des maiis cher- part serait une trahison envers client leurs femmes. Entre nous ceux-là mêmes qui ont mis tant tous, ét depuis l'heure cruelle de chaleur à nous accueillir. Maïs où nous avons franchi le seuil il n'est pas un Hollandais au de notre maison pour la der- monde qui songera à nous adres- nière fois, il n'existe plus aucun ser un mot de reproche — de lien. ceci nous sommes bien ferme- Aucun lien ! ment convaincus — s'il nous . Quiconque ne s'est jamais trou- arrive, dans ce journal adressé vé dans cette situation ne sau- exclusivement à des Belges en rait s'imaginer à quel point elle ex 1, de leur parler avec quel- est douloureuse. qu'émotion de la Belgique et de Nous nous sommes donc ef- leur dire, en dépit des mines et forcés de créer un lien nouveau des misères qui les attendent entre tous les exilés belges et ce au retour vers la patrie, qu'ils sera le « Journal des Réfugiés ». n'ont point perdu toute raison Nous aurons ainsi avant tout d'espérer. un organe qui nous permettra Le « Journal des Réfugiés » de crier bien haut à nos frères sera donc le lien suprême unis- hoilandais l'éternelle reconnais- sant tous les Belges rejetés au sance que nous leurs vouons delà de leurs fi ontières et il sera pour l'accueil émouvant que les encore, pour eux, un rayon d'es- Belges ont trouvé parmi eux, poir dans le ciel de feu où Et nous pourrons aussi, grâce achèvent, là-bas vers le sud, de à ce lien nouveau qui vient de se consumer nos foyers. se créer, causer un peu, tous les Georges Landoy. jours, entre nous, de notre pau- Jacques Wappers. vre, chère et grande Patrie, dont Egide Van der Geten.

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Cet article est une édition du titre Journal des réfugiés: organe quotidien des réfugiés belges en Hollande appartenant à la catégorie Oorlogspers, parue à Bergen-op-Zoom du 1914 au indéterminé.

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