L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam

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s.n. 1916, 16 Juin. L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam. Accès à 22 octobre 2020, à https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/fr/pid/7m03x84m9x/
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£dme Anneë ÏV». GOâ s «ara no centimes) Vendredi !6 juin 1916 L'ECHO BELGE L'Union fait la Forcer Journal «aaaotistiesi du trailn paraissant en Hollande.. A Belge est notre nom de Famille. Toutes les lettres doivent être adressées au bureau de rédaction: N. Z. VOORBUHGWAL 234-240, AMSTERDAM. Téléphone: 2797. Rédacteur en Chel: Gustave Jaspaers. Comité de Rédaction: V ferles Bernard, Charles HerbleC, ( René Chambry, Emile Patoparé., Pour les annonces, abonnements et vente au numéro, s'adresser à l'Administration du journal : \.Z. Voortaurgwal 234-24», Amsterdam Téléphone: 1775. Abonnements! Hollandefl.l.SOpar mois. Etranger H. 2.00 par mois Annonces: 15 cents la ligne. Réclamesi 30 cants la ligne. La question du Luxembourg M. Pierre Nothomb Le nom de M. Pierre Nothomb" a été souvent mêlé à des polémiques de journaux hollandais. Ceux-ci lui reprochent ses visées annexionnistes en des termes sévères, sans doute, mais certainement moins outrageants que certains de nos compatriote^* qui ont oublié qu'il existe encore une Belgique. Ces injures ne peuvent l'atteindre, et, si lui-même et ses amis s'en affligent à cause de la bassesse d'âme dont elles sont la marque, il convient de les ignorer. Ce que nous ne pouvons pas ignorer c'est ■ l'ardeur généreuse, le souffle large et vivifiant qui anime les écrits de M. Pierre Npthomb. Ah! détournons-nous des sentines sur quoi, à travers les terribles événements qui nous emportent, nous avons été obligés de nous pencher trop souvent. Voici un esprit dont on peut ne pas partager toutes les idées ; au moins avec lui on respire. U.ne intellectualité suraiguë, nulle sécheresse de coeur. Dans un pays tel que le nôtre avant la guerre, un Pierre Nothomb mettra sa coquetterie à bien écrire et dépensera son activité dans ces discussions où le Jeune Barreau de Bruxelles s'évadait de l'insignifiance du prétoire et se vengeait de la médiocrité» de la tribune. Depuis plusieurs années, à l'avènement do la politique congolaise et militariste, c'est-à-dire la politique de la prospérité et de la dignité nationale, ces jeunes hommes, où des esprits courts ne voyaient que des dilettantes parce qu'ils avaient le dégoût des sentines électorales, cherchaient à gagner à leurs idées le peuple actif, laborieux, réfléchi, qui ne fait pas toujours la majorité dans les clubs mais qui fait la force de la nation. Les appréhensions de ces intellectuels sur l'insuffisance de notre préparation militaire ne se sont trouvées que trop justifiées le 2 août 1914. A ce moment-plus rien ne servait de philosopher, il fallait agir. Par exemple, la période de l'action n'est pas encore terminée mais elle s'est prolongée d'une façon 6i anormale quo, dans les longs intervalles d'une action, qui, provisoirement, apparaît comme sporadique, la réflexion a repris ses droits. Et Pierre Nothomb est de ceux qui se sont posés cette question: s'il est vrai que l'armée belge lutte pour reconquérir ses foyers perdus, pour restituer notre pays dans l'intégrité de son territoire et de son indépendance, ne serait-ce pas faire un marché de dupes que-de ne pas exiger dans le prochain remaniement de la carte de l'Europe, sinon une compensation, tout au moins une garantie comme prix du sang versé et des sacrifices consentis. Nous reforgeons la Belgique sur le champ de bataille, au moins reforgeons-la tout entière. Qu'elle soit, sinon plus grande, tout au moins plus forte, capable de par sa constitution géographique et les traités futurs de mieux utiliser les merveilleuses ressources de son sol et les qualités plus merveilleuses encore de son peuple industrieux; et qu'elle soit également en état d^ mieux déiendre contre une agression future et son peuple, et ses richesses, et son honneur. Hé! oui, nous y touchons enfin à ce fameux point des annexions.'Point délicat et qu'il est difficile, voire impossible, à un Belge résidant en Hollande, de traiter même objectivement. Nous nous y sommes, pour notre part, toujours refusé. Mais les antiannexionnistes ont fait dans ce p^ys une telle propagande pour les théories... annexionnistes, que les plus réservés de ceux-là même qui sont enclins à condamner ceux-ci, mais non sans les entendre, n'éprouvent plus aucun scrupule à exposer les idées de celui-là même que ses adversaires font passer pour le chef des partisans d'une plus grande Belgique: M. Pierre Nothomb. M. Pierre Nothomb est l'auteur d'un petit livre: ,,Histoire belge du Grand-Duché du Luxembourg" où l'on découvre l'amorce d'une campagne en vue de rattacher à la mère patrie cette terre qui est incontestablement belge. Cet opuscule a fait sensation en Hollande. M. le lieutenant général F. de Bas y a répondu dans une brochure qu'il intitule: ,,Yalsche Staatkunde, Bestrijding van Pierre Nothomb's Histoire belge du Grand-Duché du Luxembourg", et dont beaucoup de journaux hollandais ont publié le résumé. M. Pierre Nothomb ayant répliqué à son tour dans une lettre ouverte au lieutenant général de Bas, lettre que nous avons reproduite dans notre no. du 13 mai dernier, le général de Bas nous fait l'honneur de nous envoyer Un mémoire assez long où, très souvent, l'historien prend le ton du polémiste» Ce sera au lecteur à démêler jusqu'à quel point celui-ci fait tort à celui- ' ià. Mais, avant de publier la lettre de notre éminent correspondant, nous avons tenu, en 1 deux traits, à esquisser le canevas histori- ■ que qui sert de fond à l'étude de M. Pierre Nothomb. Un mot encore: Il plaît a M. le lieutenant , général de Bas d'établir un parallèle entre M. Pierre Nothomb et son grand-oncle. Voici les lignes liminaires de sa brochure: ,,Valsche Staatkunde": ,,Les homonymes ne sont pas des synonymes. Combien peu les j enfants et les petits-enfants ressemblent à j leur père ou à leur grand-père ! Quelle dif- ' férence entre l'auteur de l'écrit ,,Histoire du Grand-Duché du,Luxembourg' son grand-père Jean Baptiste Nothomb qui, avec van de Weyer, Goblet, Lebau et d'autres conseillers du Roi Léopold 1er, a collaboré si puissamment au grandiose développement économique, industriel et commercial de la Belgique." M. le lieutenant général de Bas écrase facilement M. Pierre Nothomb sous le poids d'une ascendance illustre... Pour nous, qui le connaissons, les hautes aptitudes de son esprit, portées sur les nobles mouvements d'une âme ardente et généreuse, font ce jeune homme digne du nom qu'il porte. Et nous nous inclinons devant la magnifique ambition du petit-neveu dont le coeur souhaite si ardemment de voir revenir à sa patrie ce même Luxembourg dont son grand-oncle — Luxembourgeois — dut, la mort dans l'âme, demander l'abandon à la Châm-bre belge dans la séance la plus tragique de son histoire. ,,La Patrie, pour moi, s'écriait Jean-Baptiste Nothomb dans cette séance mémorable, la Patrie, pour moi, n'est pas le village où j'ai été élevé, c'est l'être moral, c'est la Belgique. J'ai pris une part trop active à tous les événements, depuis 1830, pour que je consente légèrement à sacrifier le résultat national qui doit nous justifier dans l'avenir." C'est dans cette formule que la pensée du petit-neveu et de l'aïeul se rejoignent. Charles Bernard. Pour nos „BSessés de la Tuberculose" A la suite de l'appel dit Phalanstère Belge de Katwijk a/Zee que nous avons publié dans notre No. du 11 juin en faveur de nos malheureux soldats réformés et atteints de la tuberculose, nous avons reçu les dons suivants: F. C... 100.00 frs. Une famille belge, Alkmaar s.t 2.00 fl. Pour les Professeurs Pirenne et Fredericq Nous avons reçu encore les dons suivants pour l'oeuvre du livre et la cigarette des professeurs Pirenne Frede-ricq.F. C.... 20.00 frs. Mme Ziane, Cokaifagne (Bour-nemouth, Angleterre) hom* mage à M. Pireyne 10 sh. Pour nos prisonniers de guerre De quelqu'un qui tient le part que le plus fougueux des par-* tisans du droit du plus fort changerait d'avis après qu'il aurait été rossé par un plus fort que lui. Th. Ver 1.00 fl. Pour que nies fils Emile et Jean puissent me revenir sains et saufs du front, Vve Alph. DeckerSy Nunspeet.... '1.00 „ luffrouwen Verwaets, van Antwerpen, te Nunspeet 1.00 ,, Mt Sam. Lermusicaux 0Jj.0 frs. i —— ^ w— La haine le l'ÂHemiid Ecoutez ce qu'en dit dans la ,,Gazette de Lausanne" du 28 mai dernier un confrère sur'sse jui revient du front belge: ,,Pendant le déjeuner, on parle de toute sorte 3e choses. Que la conversation tombe sur les Allemands et tous ces visages se relèvent et l'on sent dans le regard do ces hommes la volonté Froide, affreusement calme, de no plus avoir de i rapport avec ,,eux'' même après la victoire. Ah! i ;es protestations, combien en avons-nous enten-iu sortir de la bouche de cléricaux, de libéraux, ] île socialistes! Pour eux, les Allemands sont : .'ennemi irréductible. Les Belges ont trop souffert."( -j* ■ « S! y a un m 16 juin 1915 : A u nord d'Y près, les A n- 3 glais s'emparent d'une ligne de tranchées j allemandes. A l'est de Notre-Dame-de- ( Lorette, au sud-ouest et au sud de Souciiez ( ?£ dans le Labyrinthe, nous gagnorûs du ter- } rain. De même, à la ferme Quennevières,, t 7Ù nous repoussons plusieurs contre-atta- lues. Bombardement de Reims. Dans les i Vosges, avance française importante sur la r Uaute-Fecht; sur la rive nord, occupation 7 hi Braunkopf. Des Taubes bombardent ( Nancy, Saint-Dié et Belfort. Front italien: ] ■es attaques des Autrichiens en Carniole < lont repoussées; combats importants au g Monte-Nero, d'où les Autrichiens sont ç :hassçs. ( j J1 -U-U ■im f A V J S. | Nous serions reconnaissants à nos abonnés ; jui reçoivent leur journal par la poste et dont J 'abonnement expire le 15 juin de bien , vouloir nous envoyer un mandat poste de ( il. 1 50 en mentionnant sur le mandat poste : Renouvellement d'abonnement. , En Belgique. Le Régime de la Terreur i A Roulers, les Allemands ont jeté en prison MM. Ferdinand et Oscar van der Haeghen. Après quelques jours de détention, on leur a fait prendre le chemin de l'Allemagne. * * # Les Boches, après avoir arrêté le révérend père Devroye, recteur du Collège St. Michel à Bruxelles, l'avaient remis en liberté. Pas pour longtemps. Il vient d'être de nouveau mis sous les verrous. On ignore le motif de cette nouvelle manifestation du terrorisme allemand. Bissing iiber BsSgiën Nous sommes obligé d'ajouter quelques lignes à l'article consacré hier, à cette : même place, au gouverneur général et j temporaire de Belgique. Il y a, en effet, plus d'une erreur d'appréciation commise volontairement par le baron von Bissing. Il est dans son rôle. Et nous restons dans le nôtre, lorsque nous les relevons et que nous disons à M. Raymond Swing — qui prit l'interview — que M. Swing, journaliste américain, sert la cause allemande en télégraphiant au ,,Chicago Daily News" tout ce qu'il plaît à M. von Bissing de voir imprimer. Cet article induira donc en erreur plus d'un Américain. L'office belge ,,Patrie et Liberté" relève, avec beaucoup d'à propos, une inexactitude frappante. En parlant de son action sanitaire en Belgique, von Bissing déclara en effet: ,,Nous avons découvert que les instru-,,ments les plus indispensables, tels que ,,microscopes, n'étaient pas à trouver et ,,nous avons dû les faire^ venir d'Allemagne."Mr. von Bissing sait que, si les microscopes font défaut en Belgique, c'est uniquement parce que les Allemands les ont e-ile-vés. L'Université de Liège a été dépouillée de tout son matériel d'enseignement: microscopes et autres instruments ont pris le chemin de l'Allemagne. Le gouverneur allemand pourra s'en convaincre à nouveau s'il veut relire la réponse que lui firent les autorités académiques lorsqu'il voulut faire reprendre les cours de l'Université. Outre les raisons patriotiques qui sont exposées dans ce document magnifique — que les Allemands ne publieront pas — il y est dit que les instruments, microscopes, etc. ayant été ,,utilisés" par les Allemands, il était matériellement impossible de donner des cours. A l'Université de Bruxelles, on s'est contenté d'enlever les capsules en platine, c. à d. des objets représentant une valeur de trente mille francs. Mr. le gouverneur von Bissing a donc calomnié les Belges, après les avoir laissé piller. Nous faisons l'opinion publique juge du procédé. A Bruxelles (De notre correspondant particulier.) Bruxelles est en deuil. Ou, pour dire mieux, Bruxelles a été en deuil, car les labitants de la capitale, — comme Lakmé, — ont retrouvé leur sourire. C'est à M. von Bissing qu'ils durent leurs alarmes et c'est mcore à lui qu'ils doivent cet apaisement ies nerfs survenu brusquement à la lecture iu papier de Marc de Salm, annonçant joyeusement l'imminent retour de son Excellence Monsieur le Baron. Brave général! Bon général ! Cher général ! Que nous avons le bonheur à:. ,,Contempler ton visage!" Quand tu es parti (excuse cette forme familière permise à la fois aux dieux et lux poètes) ,,quand tu es parti, il semble jue Bruxelles est vide, que Bruxelles est norne, que-Bruxelles est mort. Alors Wert-îeiriier est sourd et le comte Woeste est •étif!" Mais, lorsque nous connûmes la raison le ton périlleux voyage, au jour de fête carillonnée de ton brusqué retour nos :oeurs de Belges s'enflammèrent d'une iveugle admiration. Toi, au moins, tu dmes ton pays. Toi, tu es gouverneur pour 'amour du roi de Prusse (indépendam-nent du traitement copieux qu'on t'alloue), jour l'amour aussi de la Prusse, et enfin le l'Allemagne et tu es un vieillard sin-:èrement austère. Fi de ces grands d'Alle-nagne, dis-tu, qui passèrent dans nos rues ljjx bras de filles de cabaret emplumées et apageuses ! Fi de ces jeunes gens qui oulent les établissements louches du soir. es, toi, le gardien des moeurs, la /estale du Schloss des Trois-Fontaines et l'autres lieux de chasteté. Tu as été cava-ier. Tu sais te garder des coups de pied le Mars et de Vénus et tu veux que s'en [ardent aussi tes subordonnés, les sbires, tes spions, tes dactylographes et toute l'armée le tes feldgrauen, de tous âges et de tous >oils, qui paraissent les ignorer complète-nent. C'est donc en père de famille nquiet que, délaissant tes chers enfants l'adoption: les Belges, tu t'en fus à Berlin, , la Chambre des Seigneurs de Prusse, dont u es l'inperfectible membre, présenter une [lotion dont le comte Woeste, lui-même, iut être jaloux: ,,Je vous prie (as-tu dit), hers et honorés collègues, d'adopter la notion que j'ai l'honneur de présente^ à i votre mûr examen et qui a trait à la ,,sexual padagogie," — que mes larbins du ,,Bruxellois" voudront bien traduire par: questions vénériennes." Excellence, il faut qu'ici je m'interrompe et prie mes lecteurs, réfugiés en Hollande, d'excuser ce que çette question a, peut-être, de trop intime. On n'est pas accoutumé à parler de ces choses, aussi graves que légères, dans ,,L'Echo" dont je me flatte d'être le correspondant impartial. Seulement, si tu parles ouvertement de cette question à une séance publique de la Chambre des Seigneurs de Prusse, mes lecteurs voudront bien m'excuser de leur en toucher deux mots dans le journal auquel ils sont habitués. Et .je note scrupuleusement -quelques notes que ton secrétaire rapporte de cette séance, à jamais mémorable. Ainsi, tu commençais: ,,Chers et honorés collègues, la ,,sexual padagogie" est une question qui hante mes nuits. Ayant été chargé par notre très noble Souverain de gouverner un pays conquis (erobert, disent les notes), je suis mieux à même que personne de savoir le danger qui menace l'Allemagne au retour de nos-troupes victorieuses. Il faut donc que, d'urgence, des mesures soient prises pour enrayer le fléau qui se dessine et que je connais mieux que vous tous, Messieurs et collègues honorés, sans quoi je ne vôus en parlerais pas. Nous avons perdu, il y a peu de temps, notre grand sauveur, le Professeur Erlich, inventeur à jamais célèbre du sérum 606, mais nous pouvons facilement réparer cette perte, car, vous le savez, Messieurs, en Allemagne nous sommes tous- herrlich." •Ici, je lis que des applaudissements nourris accueillirent cette boutade aussi spirituelle que spontanée. Un médecin, qui avait peut-être aussi quelques raisons cle prendre la parole, se leva ensuite et tint un discours en trois éprouvettes que le secrétaire de M. von Bissing, encore sous le coup de l'émotion, oublia, évidemment, de noter. Enfin, comme tout ce qin va par trois est parfait, ,,omne trinum p^rfectum", herr Trott zu Stolz, ministre des cultes, très versé " aussi dans cette matière, termina l'interpellation par une admirable péroraiso"n, chaude, nerveuse et précise, qui fit couler les larmes des assistants sexagénaires en soulevant leurs applaudissements unanimes. La motion de M. von Bissing était donc adoptée haut les mains. Le cénacle des chauves rayonnait. On ne npus fera pas l'injure, j'espère, de ne pas nous croire. Sous une forme anecdo-tique, nous avons relaté l'intervention de M. von Bissing dans un débat public, à la Chambre des Seigneurs, sur la question vénérienne. C'est de stricte vérité. Voilà donc à quoi notre bon gouverneur passe son temps et vraisemblablement M. Raymond Swing, l'interviewer brevété de M. von Bissing, pourra câbler au ,,Chicago Daily News" que M. von Bissing, flamingant et général-la-Pudeur, parla, comme, on lit dans les contes orientaux, ,,en faveur des bonnes moeurs et contre les mauvaises maladies", ce qui est bien, ce qui est même : très bien. Ce qui l'est moins, c'est qu'il fit croire que les feldgrauen auraient contracté des , maladies dans les territoires occupés, soit en Pologne, en Belgique ou en France. Et nous protestons. Il ne faut pas qu'il fasse croire auxAllemands que ces maladies, d'un ordre spécial, sont plus fréquentes chez nous qu'en Germanie. Cela est faux et j'en appèlle à tous les médecins compétents. L'Allemagne est le pays où fleurit la maladie' qu'Erlich rêva de guérir. Mais au fait, n'a-t-il pas fini de nous calomnier, ce vieil homme? Car, après la guerre, on publiera la statistique des malades allemands qui ont défilé dans nos hôpitaux et de ceux qui étaient souffrants parmi les prisonniers. Ce jour-là, M. von Bissing sera peut-être convaincu. Tèrminons. ici ce débat, après notre formelle protestation. Et notons les nouveaux ennuis — sans en éprouver de chagrin 1 — qui accablent le gouverneur : Son université flamande de Gand ne peut s'ouvrir faute de professeurs et... d'élèves! Le peuple flamand tout entier boude à l'innovation boche. Même un professeur de Leyden, auquel on offrit un traitement remarquable (que le budget belge aurait dû payer), refusa catégoriquement ce déshonneur. De ce côté donc, M. von Bissing ne sait plus où donner du casque. Or, pour donner l'apparence que des élèves sont déjà inscrits, il a fait savoir à tous les soldats belges prisonniers en Allemagne que ceux qui voudraient parmi eux suivre les cours de l'Université gantoise seront transportés tout de suite en Belgique. Seulement, comme l'Allemagne est acculée à la banqueroute, les frais de voyage et de minerval seront à charge des parents ! L'offre est tentante: échapper à la geôle et rentrer au pays, combien d'entre ces malheureux ne se laisseront pas séduire? Mais, seraient-ils vingt mille ;— et M. Bissing *se contenterait de moins... —, nous savons par quels moyens l'Université flamande se sera procuré ses élèves. Ce n'est pas à ceux-ci que nous pourrons imputer à grief un manque de fermeté. Les pauvres gens sont si à plaindre, ert effet. L'amusant de cette histoire, car toute histoire a un côté triste et un côté gai, c'est que, devant le manque de professeurs sérieux, von Bissing devra s'adresse^ en désespoir de cause; aux Ja cob et aux Van Roy. Et ce sera le châtiment pour lui et pour eux ! Pour ceux que la question intéresse particulièrement il est peut-être bon que nous ajoutions que le gouvernement belge ne reconnaîtra aucune valeur aux diplômes délivrés aux élèves de l'Université flamande de Gand. J A Anvers La ville de New-York a décidé de pourvoir le Jardin Zoologique de fauves. Ceux-ci i remplaceront ceux qu'il fallut tuer avant le bombardement. Tous les exemplaires dont le Zoo de New-York pourra se priver seront dirigés sur Anvers, aussitôt que les circonstances le permettront. ^ * * Les Boches sont sans-gêne. Ils accaparent tout et encombrent tous les locaux de leur indésirable présence. C'est ainsi que le gouverneur de la ville a donné ordre au tribunal de commerce de quitter les locaux qu'il occupait au premier étage de la Bourse. Messieurs les Boches désirent simplement s'y installer. Ça suffit et, comme ils sont encore les maîtres, il a fallu leur obéir et installer le tribunal consulaire dans une dépendance du Palais de Justice de l'Avenue de l'Industrie. Il est vrai que, depuis longtemps, tous les services de la justice auraient dû être réunis dans un même bâtiment. La question est de savoir si la place ne fera pas défaut dans le temple — très encombré — do Thémis. * * * Le prix de la viande est devenu inabordable. C'est pourquoi on réclame du poisson frais. Mais les accapareurs se sont jetés sur celui-ci et tout de suite le schelvisen et le cabillaud ont atteint des prix exhorbi-tants.On demande donc — et l'on a raison — que les accapareurs soient remis à leur place et que le Comité d'alimentation se charge de traiter directement avec les pêcheurs. Pourquoi la population doit-elle enrichir quelques fainéants qui s'offrent des pommes de terre nouvelles et des' primeurs avec notre malheureux argent? # *. * A la suite de la disette qui règne et des manoeuvres éhontées des falsificateurs, la mortalité infantile a atteint des proportions étonnantes. Cependant, depuis quelques | mois, il semble qu'un abaissement ait été | constaté dans le chiffre des décès. La statistique renseigne 1.014 décès d'enfants i âgés de moins d'un an en 1914. Ce chiffre serait moindre cette année,, si la santé des enfants se maintient bonne et à condition qu'on puisse tabler sur les quatre premiers mois écoulés. Parmi les enfants naturels, la mortalité j est beaucoup plus grande que £>armi les enfants légitimes. * .* * La ration de café est de 200 grammes. A As*loai (D'un de nos correspondants.) On a fêté, à Arlon, comme on a pu — ,,on", ce sont les Boches — l'anniversaire de la naissance du roi de Saxe. A chaque fête de ces petits roitelets, ce sont bombances à n'en plus finir et beuveries vraiment allemandes. Et c'est tout dire. Cette année, le Kreischef de l'endroit avait pensé qu'il serait désirable qu'une conférence fut organisée. Les Arlonnais connaissent tous plus ou moins la langue de Goethe, s'était dit ce guerrier belliqueux. Mais il s'est trompé une fois de plus. Car les Arlonnais sont restés tranquillement chez eux, dédaignant les phrases creuses qu'un boche quelconque aurait pu leur servir. En l'occurrence, celui-ci, venu tout exprès de Gladbach et docteur commo tout Allemand qui se respecte .et tout flamingant qui ne se respecte pas (cf: de Clercq, Jacob, etc.) —, celui-ci parla du travail de l'Allemagne, de sa force, de son triomphe et de mille autres balivernes plus ridicules encore. Je vous laisse à penser ce qu'on a applaudi. Car il n'y avait dans la salle que des Boches et la quantité suppléait nécessairement à la qualité. Ces militaires s'ennuient d'ailleurs passablement dans notre ville qui leur reste hostile et ce fut un délassement pour ces lourds soudards d'entendre la parole brusque et, l'éloquence maigre (était-ce vetlossetag, ce jour-là, en Bochie?) du docteur Sonnenschein. Lorsqu'il eût terminé sa péroraison sur le triomphe de la plus grande Allemagne, ce furent des bravos et des ,,hochs". On est content de peu par le temps qui court. Et dame, il vaut mieux être parqué dans une salle malodorante, à entendre un Sonnenschein patriote, que de se trouver devant Verdun. C'est apparemment le raisonnement que se sont tenus les feldgrauen qui remercièrent chaleureusement, par des bans et des vivats, le docteur phraseur d'être venu leur apporter un peu de courage et d'énergie. Vraiment, le moral flanche un peu parmi ces rudes gaillards. Que d'espoirs ensevelis dans le tombeafa des illusions! Il faut voir dans cette nostalgie et ce pessimisme la raison de l'arrivée au Luxembourg du docteur gladbachois. D'ailleurs, celui-ci ne sévit pas seulement à Arlon. On le fit parler à Libramont, à Virton, à Neufchâteau et aux Amerois, où logent plusieurs officiers, fils à papa. On raconte que sonjuccès fut très vif par tout. Comme il n'avait que des Allemands ' comme auditeurs, le contraire eût été étonnant. Et c'est une satisfaction réelle de constater qu'aucun Belge n'assista à ces causeries. Le Kreischef d'Arlon sait à quoi s'en tenir, à présent. Si c'est pour nous, il ne doit plus déranger aucun Sonnenschein. L expérience a dû être concluante. * * * 1 La, nouvelle de la mort de M. Jacques Mjchaehs, ancien bâtonnier du barreau d Arlon, vient de nous parvenir. Le défunt avait 72 ans. A Arlon également est décédé M. Emile Laurent, géomètre du cadastre. iras ieips à la Guerre de Trente-Êns •Le Comte de Buoquoy, IV. La chance, qui avait penché à Nadelit» du coté des Impériaux, conti nuait à les lavoriser ; ies tt allons leur avaient apporté la veine. En quelques jours, Bucquoy avait cueilli quel-ques villes: Fraueoberg. Budolplistadt, Teyn, btrackonitz. Novigrod. Avec une partie du tercio wallon du comte de Havnin il assièco heures ^ Capitul0 ttU bout do vingt-quatre Les 400 Wallons qui formaient le reste du tercio de Haynin escaladent, la nuit, les murailles . , m et s emparent de la o:tè*. Ils prennent gout à oes entreprises nocturnes. L'armée impériale bloquait Pisek; plusieurs combats avaient été livrés sans grand résultat i n soir, quand tout le reste du camp dormait, i a so glissent avec une échello à travers les tentes, arri vent aux murs de la ville ; l'un d'eux grimpe et égorge une sentinelle; tous les autres montent à sa suite et envahissent les rues. Il n'y ®u,t do Wessé que M. de Carondelet, seigneur cie bolre-sur-Sambre. ^ Le lendemain, Maximilien do Bavière voit s'ouvrir devant lui les portes do la ville et s abaisser les ponts-levis; mais, aussitôt qu'apparaissent les hommes qui viennent pour 1© recevoir, il se met à rire avec les officiers de ©on etat-major en drsant : ,,Ce sont encore ces diables incarnes de Wallons qui nous ont ouvert les portes!,) Des diables,\en effet! Do toutes les entreprises, toujours au premier rang, agiles comme des écureuils, durs commo pierre, joj'eux, boute-en-tram, chantant et amusant les autres; grâce à eux la fortune des armes souriait partout au Saint-Empire. Aussi résolut-on de reprendre Prague. Les forces autrichiennes se mirent en marche sous le commandement du duc Maximilien de Bavière, do "Bucquoy et do Tilly. Lo comte de Bucquoy dirigeait l'avant-garde, balayant tout devant lui. Il trouva l'ennemi dans les environs de lîadnitz et le chargea avec impétuosité; il le mit en fuite, mais, dans la môlée, il avait été gravement blessé au ventre. En toute circonstance il payait de sa personne commo un simple capitaine de dragons, ce qui est un défaut chez un -général en chef ; mais c'était le soul qu'on lui connut. Bucquoy était le soldat le plus brave do toute son armée, personne n'en doutait; aussi était-il aimé de tous les Wallons qu'il avait avec luiv La blessure, qui le faisait cruellement souffrir, l'empêchant de monter à cheval, il continua sa marche en se faisant porter dans une chaise. Jusqu'en vue de Prague, il ne rencontra plus aucune résistance. Il y eut conseil de guerre où Bucquoy et Tilly discutèrent leurs projets ; pour l'un, la position des ennemis était tellement avantageuse sur la Montagne Blanche qu'il fallait chercher à les vaincre en s'omparant par surprise de leur capitale ; pour' l'autre, il fallait livrer la bataille. Commo on discutait, le discours de Bucquoy ayant été interrompu par la canonnade, il se laissa aller à l'enthousiasme qui s'était emparé de tous et leva la séance ®n disant : „ Allons, Messieurs, puisqu'il le faut, au lieu de remuer la langue, jouons des mains." Et l'on se sépara pour se préparer à la "bataille du lendemain, suivant l'avis de Tilly, et aussi à un coup de main nocturne, selon la proposition de Bucquoy et le goût des Wallons. C'est à Gaucher Le Bourguignon, colonel des cuirassiers wallons, que fut confiée l'entreprise. Il se concerta avec les capitaines Eus-tache d'Arlois, Jean de Harchies, Gilles de Martigny et Georges Petrifrais. Ils prévinrent leurs hommes qu'il s'agissait do surprendre le quartier de cavalerie hongroise qui occupait le village, au pied de la Montagne Blanche. Leur enthousiasme promit merveille. On eût dit que ^s Wallons, se souvenant des 600 Franchimontois, so sentaient prodestinés pour ce genre d'opérations. Se glisser clans l'ombre, se guider, comme les chats, dans les ténèbres opaques, s'approcher des vedettes sans éveiller leur attention et les égorger sans qu'elles pussent proférer un cri, telles étaient les spécialités do ces hommes redoutés; et, depuis Charles le Téméraire, ils avaient perfectionné la manière, leur précision s'était accrue; ils atteignaient à la perfection du genre. Cette première partie du programme s'accomplit comme le colonel l'avait prévu; ainsi les Wallons purent pénétrer dans lo cantonnement des Hongrois de plusieurs côtés à la fois; ils s'élancèrent en poussant de grandes clamours ; l'ennemi réveillé voulut fuir et le carnage commença.Pour mieux y voir, les Wallons mirent le feu à quelques toits. Quand leurs bras furent fatigués de frapper, ils détachèrent un millier d'excellents chevaux et les emmenèrent pour leur remonte. L'incendie, qui se propageait do maison en maison, découvrant parfois le féerique décor de la Montagne Blanche, avec ses jardins, ses terrasses et son château, éclaira leur retraite, tandis qu'on entendait enoore au loin, dans la nuit, des cris de terreur: ,,Les Wallons! Ce sont les Wallons î'* (,,Le Courrier do TArmée".) jMawica des Ombiaux, (A^uivre.),

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Cet article est une édition du titre L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam appartenant à la catégorie Oorlogspers, parue à Amsterdam du 1914 au 1918.

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