L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam

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s.n. 1914, 14 Novembre. L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam. Accès à 18 septembre 2019, à https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/fr/pid/959c53g163/
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jère Armé î No. 22, ÎO Centimes Samedi 14 Novembre 1914 L'ECHO BELGE Journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam. L'Union fait la Force. Belge est notre nom de Famille. Toutes les lettres doivent être adressée! «tu bureau de rédaction : N.Z. VOORBUHGWAÏv 234-240. Téléphone: 2797. Rédacteur en Chef : Gustave Jaspacrs. ( Charles Bernard, Charles Herblei, Comité de Rédaction: I Gustave l'eellaert, René Chambry, / 1 a Da3nr«fir>A Pour les annonces, abonnements et vente au numéro, s'adresser à l'Administration du Journal: N.Z. VOORBURGWÂL 234-240. Téléphone: 1775. la fête du Roi Albert. Les nombreux Belges réfugiés au: Pays-Bas qui désirent manifeste leurs sentiments de loyalisme i l'occasion de la fête de Sa Majest< le Roi Albert, comme ils ont cou tuttie de le faire en Belgique, trou veront le 15 de ce mois des registre: déposés à la Légation de Belgique 12 Lange Vijverberg, La Haye, où lit pourront s'inscrire. • — m* mm Le Vernis. Les gens les plus modérés de Belgiqu et de Hollande nous ont souvent répété: „Nous avions grande confiance dans l'actio: „du socialisme qui voulait la paix à tou „prix, qui avait organisé cette grandios „manifestation de Bâle en vue du maintiei „de la paix et dont cent et dix représentant piégeaient au parlement de Berlin". Et nous aussi. Seulement il importe d remarquer tout d'abord que ces partisan de la paix n'étaient pas en majorité, et puis que pour ce qui concerne les Allemands, le socialiste» avaient, 'à part ..quelques hono rables exceptions, subi l'empreinte du miliet et de l'éducation allemands. L'esprit belliqueux, l'esprit de domina tion prime tout dans ce pays. Les conquêtes de l'intelligence et de li science n'y ont de valeur que pour autan qu'elles servent la cause de la conquêti guerrière. Se souvient-on de ce que ce fut l'empereu: lui-même qui ordonna & Koch de rendri publiques ses découvertes sur le bacille di ]a tuberculose et sur son sérum anti-tuber culeux, et cela malgré la résistance du praticier (jui trouvait ses expériences encore insuffi' santés ? On sait à quoi cela aboutit, cette précipitation dictée seulement par l'esprit de domination et non par des sentiments d'humanité. Le milieu avait inévitablement déteint sur les socialistes allemands. Depuis des années on cherchait en vain à leur arracher des déclarations catégoriques au sujet de leurs sentiments et de leurs projets en cas de conflit franco-allemand. Au dernier Congrès international des mineurs, la motion pour ja paix ne fut présentée que malgré eux et grâce à l'intervention d'un Belge, mon ami et collègue Désiré Maroille, qui me donnait les détails de cette affaire au mois de juin de cette année. Le syndicalisme allemand n'était qu'un pâle reflet des organisations ouvrières à idéal socialiste. Les Allemands avaient admirablement bureaucratisé le socialisme. Pour eux, la discipline était tout. Et, avouons le, leur système commode et simpliste avait chez nous des imitateurs et commençait à s'infiltrer dans nos associations, détruisant notre esprit naturel de liberté, supprimant l'âme du sooialisme lui-même. ,,Vous avez de la science, s'écriait Jean Jaurès au Congrès d'Amsterdam, il y a dix ans, en s'adressant aux délégués allemands, mais vous n'avez pas toute la science." Car alors déjà, et dans ce milieu fraternel pourtant, le „Deutschland liber ailes" avait ^ait son apparition. La formule dominatrice et menaçante a imprégné tout en Allemagne. Soience, philosophie, arts, opinions démocratiques, et humanitaires ... tout n'est plus qu'un vernis. Notre pauvre pays belge si génereux, bî accueillant, si confiant en a maintenant fait la triste et douloureuse expérience. Dr. TEKWAGNE, Député d'Anvers. .A I—'»'" Propos de Guerre. Un caporal de l'infanterie légère anglaist a raconté à un journal de son pays la sin [ gulière aventure que voici, et qui lu advint sur le champ de bataille. Il y a quelques années, dit-il, j'assistaij • aù Congrès socialiste de Stuttgart, et, j qualité de délégué du Parti ouvrier indépendant. J'y fus l'hôte d'un Allemand: Haru Wolsselhoeff. Après la bataille de la Manu . je poursuivais, avec ma compagnie, le: i Allemands et me trouvai engagé, certain jour, dans un combat à 1<l baïonnette, avec \ un cavalier ennemi. L'ayant considéré dt \ près... je reconnus mon amphytrion dt jadis! Il m'avait également reconnu et nous laissâmes tomber nos armes. Il sauva . la situation en se rendant, et fut conduit en captivité en Angleterre..." Ce récit extraordinaire ne vous laisse-t-ii pas songeur, en proie aux plus angoissantes pensées? Toute l'horreur inutile du massacre actuel apparaît, soudain, élargie et inexprimable. Quel vent d'aberration a donc a soufflé sur l'Europe, pour que des hommes, hier paisibles et fraternels, entretenant par 1 la parole ou la pensée les plus cordiales : «relations, se ruent soudain, ivres de carnage, les uns contre les autres. C'étaient de placides commerçants, de ponctuels employés, des congressistes convaincus luttant pour un idéal de suprême amour et d'universelle bontéy et parce qu'ils serrent la crosse d'un fusil entre les doigts, les voici mués en fauves tuant et massacrant, sans que la voixr d'une conscience effrayée n'arrête leur bras homicide.,.. Tous ces bourgeois policés d'hier sont devenus d'implacables Caini Et vous oseriez nier encore les forces occultes, formidables, inéluctables qui régissent le monde et qui poussent la pauvre humanité au gré de leur souffle puissant, comme la fetiUle d'automne tourbillonne sous la tempête. Maeterlinck fait dire quelque part à un de ses personnages : —- Si j'étais Dieu, j'aurais pitié du pauvre cœur des hommesl L'heure me parait venue d'avoir pitié...» G. P. —o ' Q - sm Le bonneHe police. Frantz Reichel, chante, en termes heureux, la mode nouvelle du bonnet de police : Il vient à la mode, tout naturellement, le crâne et coquet bonnet de police. C'est logique. Les grands événements ont une influence certaine sur la mode. Après la guerre russo-japonaise, la mode féminine japonisa avec ardeur; après le guerre des Balkans, il y eut une poussée d'orientalisme. Maintenant et sans attendre la fin de la guerre, la mode, — à Paris tout- au moins — prend un cachet militaire. Elle le prend dans un détail, par le bonnet de police qui est bien la plus simple, la plus ravissante des coiffures. Elllo est délicieusement ,,seyante". Elle coiffe parfaitement les hommes; elle coiffe cent fois mieux les femmes. Elle a tous les dons, lo chic et le bon marché. Elle a de l'allure, elle est discrète et si pratique! Le bonnet de police est la coiffure souverain© de la rue. Officiers et soldats, fantassins et cavaliers, artilleurs, aviateurs, automobilistes l'affectionnent. Selon qu'on l'enfonce pli ou moins, elle tient chaud, quand il fait froid ; elle n'accable pas quand il fait chaud. Planté sur le coin de l'oreille, le bonnet dç police donne au visage le plus débonnaire une physionomie délurée, résolue; il cambre l'expressionFrançais. Anglais, Belges, tous le portent; il y en a des bleus, des noirs, des beiges ; ceux des Belges sont les plus coquets, des lisérés en dessinent le mouvement, et un pompon l'orne joliment. La mode du bonnet de police est née dans la rue, le plus simplement du monde. Et c'est aux Anglais c^ue nous la devons. Vous vous rappelez la curiosité affectueuse que l'apparition des Britanniques : Anglais, Gallois, Ecossais, Irlandais provoqua dans Paris quand ils y apparurent, l>ien campés, si remarquablement équipés. On admira et leur adresse et leur tenue.* On leur fit à tous un accueil chaleureux, un accueil dans lequel chacun mettait beaucoup de son coeur afin de témoigner de la joie reconnaissante que tous éprouvaient à- la réalisation effective de la fameuse entente cordiale. A cet accueil, les Britanniques enthousiasmés se montrèrent sensibles, et dans l'élan des effusions, pour témoigner leur amitié pour la France et leur attachement à sa cause, ils se dépouillèrent de tout ce dont ils pouvaient raisonnablement se dépouiller : à ceux et à celles qui les acclamaient, ils distribuèrent leurs cocardes, des insignes, et aussi leurs bonnets de police. Et les premières servies se les campèrent délibérément sur leur brune ou blonde chevelure. On en vit une, dix, vingt, ainsi coiffées; et le bonnet de police prit une allure de mode. Il est si facile à faire; c'est un;jeu pour les doigts admirablement habiles de nos artistes du chapeau^ * En Belgique. flonflxeîîfîS Permefcfcre aux habitants de Bor-gerhout, dont- les immeubles ont été endom- Le maréchal von der Goltz, qui de par magés par lé bombardement, de réparer au la volonté de Guillaume II, règne en maître mieux les dégâts, l'administration commu- sur Bruxelles et ses faubourgs, a décidé La]e ^ <jès la fiii du bombardement, pro- que le mark vaudrait désormais 1 franc 25 cur£ aux intéressés les instructions neces- contre vents et marée. saires. Plus lard, la Commission intercom- On sait qu'un avis placardé par ses soins munale a institué un comité spécial pour sur les murs de la capitale oblige les Bru- évaluer les dégâts. xellois à accepter la monnaie allemande sur lô délégué do ce comité fait ravoir qu'il cette base minimum. On sait également que g0 tient journellement à la disposition de la cet avis fat suivi d'un aqtre ou il était population, à la maison communale dé Bor- déclaré sans ambage que les maisons de g^rhout (bureau de l'architecte) ? entre lÔi commerce qui seraient signalées comme heures (heure de la tour). ayant refusé l'argent allemand en paiement intéressés peuvent y obtenir les ren- séesraient immédiatement fermées par l,auto- seignements et instructions concernant leurs rite militaire. immeubles endommagés. < Or, voici qui est piquant! TJn de nos amis s'est présenté, il y a quelques jours, à la Deutsche Bank pour y faire l'acquisi- j 0 g tion de quelques livres sterling. Au moment derégler le montant qu' on lui réclamait à la Les convois dé blessés continuent d'arri- caisse des monnaies étrangères, il glissa sur le ver sans relâche. Pendant quelques jours, «marbre du guichet des pièces d'or de 20 ces convois devenaient moins nombreux, marks, prétendant, comme de juste, qu'on mais, depuis lundi, une recrudescence se les lui décomptât à raison de 25 francs manifeste. pièce. Mais non seulement on les lui refusa, La cavalerie allemande, venant de France mais on lui rit au nez. Le mark vaut 1.25 et allant vers la Russie a passé, en grande fres. pour les banques, les maisons de.com- masse, à la gare des Guillemins. Tous ces merce et les bourgeois belges. Mais pour la hommes sont persuadés qu'ils devenaient Deutsche Bank, c'est au cours du jour. Or, inutiles sur le front de l'ouest, Paris ayant on sait que la monnaie allemande est dé- été pris par leurs compatriotes. A présent préciée partout. Et toutes les réclamations jjg disent à qui veut les entendre, qu'ils de notre ami furent vaines. . vont à Pétersbcurg. • • •. Je ne pourrais évaluer exactement le Nous pouvons donner à nos concitoyens nombre de régiments qui ont passé Liège, des nouvelles de quelques-uns des artistes mais il devait y en avoir énormément. Un qui font la gloire de la Belgique. Maurice ouvrier, que ses fonctions appelle à la gare, Maetèrlinck est à Nice, où il a coutume de m'affirme avoir compté 768 wagons, hom- passer tous les hivers. nies et chevaux. On atendait encore, dit-il, Emile Verhaeren est à Cardiff. Le sculp- une centaine de trains. Il a vu aussi de la teur Victor Rousseau, séjourne également lourde artillerie autrichienne venant d'An- au Pays de Galles. Quant au peintre Emile vers. Claus, au violoniste Ysaye et au pianiste J'ai personnellement rencontré des oentai- De Greef, ils habitent Londres. nés de uhlans qui contournaient la ville, • • st prenant la direction d'Ai&-la-Chapelle. Une simple, mais combien impressionnante çérémonie réunissait vendredi ^ j dernier, "au cimetière de St.-Josse-ten- •**> c* m*. Noode, les parents et amis de cet héroïque Proclamation. capitaine Van Damme, commandant la . . , , , , compagnie des carabiniers cyclistes, tué »La g«de civique du premier ban et les au combat de fiaelen, le 12 août dernier. <=fP" spéciaux sont appelés a faire partie Le corps de ce brave qui était resté dans d police bourgeoise. A cet effet tous les la sépulture improvisée le soir de la bataille, gardes devront se présenter le 10 octobre avait été ramené ces jours derniers à Bru- entre 8J et midi rue du Bas Polder No. 2 xelles et c'est à l'inhumation définitive que des instructions leur seront commun!- l'on procédait. quees. ^ Avant que le cercueil, euveloppé dans ..Le* gardes rentres en ville qui neglige- un drapeau tricolore, fût descendu dans la raient de se rendre a cet appel s exposent a tombe, M. l'avocat Puttemans prononça des difficultés auxquelles 1 autorité commu- d'émouvantes paroles d'adieu. Il rappela nale ne pourrait les soustraira comment cet officier d'élite, qui s'était Elle est signee par M. Braun, bourg- distingué déjà à plusieurs reprises, mourut oestre de la ville. Nous 1 avions fait pres- à la tête de ses hommes. sentir. dans »>*«> dermere correspondance „Messieurs", dit-il, ne détournons pas les gantoise., yeux de ce soir de bataille .où il est tombé confondu avec ses hommes dans la gloire et 1^>fBîmnÎTîiP' dans la mort: la Victoire voulait qu'elle fût °ailS m conquise avec leur sang. N'oublions jamais! postes-frontières allemands ont saisi Non, n' oublions pas qu'ils nous ont fait toutes les allèges naviguant sur le canal de signe de reconnaître enfin l'image delà Patrie la Campine et les ont déchargées. que tant der querelles impies nous avaient nor(j Lommel, en déchargeant du dérobée. Et à vous, commandant, qui re- gTain, un soldat allemand est tombé par posez maintenant dans ces demeures invi- de5SUS ^ s'est noyé. sibles où sont entrés après vous tant des ~ nôtres, nous ne vous disons pas adieu ! Vous restez parmi nous pour féconder par Ê 6 T O 6 11* votre exemple nos espérances et aussi nos énergies nouvelles, et tandis que nous sommes On se rappellera que les gendarmes bel- penchés sur votre pur linceuil, nous recueil- ge^ après que les Allemands eurent mis le Ions dans notre cœur et dans notre mémoire, feu à 28 fermes situées à Exel, tuèrent un avec votre dernier soupir, votre âme immor- officier et plusieurs soldats allemands. Cet telle!" officier, commandant un détachement d'in- fanterie, était à cheval. Ce qui restait de A m 51 1/ p c ses compatriotes enterra le corps dans un H. V *3 * fossé , voisin et le bourgmestre d'Exel dut Il n'y a plus moyen de se procurer les faire afficher un avis prévenant la popula- journaux hollandais que certains concession- tion que de graves mesures seraient prises naires étaient autorisés à vendre. Un ]a tombe était jamais foulée aux pieds. Bruxellois, rencontré à l'instant, m'affirme Hier, le corps de cet officier a été exhumé que la même situation existe à Bruxelles. envoyé à Berlin. On n'a pu connaître ni Et les habitants de conclure: ,,La situa- son nom ni son titre mais il s'agit apparem- tion doit être favorable aux alliés". ment d'un personnage occupant une haute 11 est vrai qu'il nous reste les quotidiens situation. anversois, mais expurgés consciencieuse- • * * Dans le Pays Wallon. On a appris avec plaisir que plusieurs personnalité^ du monde artiste anversois To»tel les charrettes qu. traversent notre * . . , • récion sont pareilles: montees sur quatre roues prêtaient leur gracieux concours a des con- "8^ cirppnférenC8> peintes en griS) certs de bienfaisance, organises en Angle- de bâches. Ce sont les charrettes que terre. Le ténor Ernest van Dijck notam- j0 gouvernement allemand louait aux fermiers ment doit se faire entendre prochainement pour quelques pfennigs par jour, mais dont au Queens Hall, à Londres, où beaucoup la destination était nettement établie, en cas d'artistes belges sont réfugiés. de guerre. Rappelons-nous les taxis de Berlin L'écho flatteur d'une soirée organisée à V™ ^ ,df« Pol,ce -T0°i?Pw voula.t ^ . ',0 d Une couleur uniforme, gns-verdatre. Cardiff pour les Belges nécessiteux nous u uuw w Ui * * * apprend que les chanteurs Maréchal et , Franz Collignon, le pianiste Leenaerts et , V™ des Sr°s *u®lerf 1U1 _• t» î j» a , les forts avances de Maubeuge avait ete monte Mlle Parys, du Theatre Royal d Anvers se plate-forme en béton, toute prête, sont fait entendre et applaudir. dans les environs de Cerfontairie, entre Beau- Une saison belge va du reste commencer mont et la frontière. Mais avant d'avoir tiré prochainement à Londres sous la direction son premier obus, il était démonté par les 75 de M M. van de Kerckhove et Mouru de français! Huit howitzers ont passé par Gos- la Cotte. Elle recevra l'hospitalité au Cri- selies avant le siège de Maubeuge. terîon Theatre. Les bénéfices de l'exploita- * * * tion seront versés à la caisse de secours des T<ms les soldats, résidant dans la région ni. de Charleroi et qui n'ont qu'une instruction g * * * * élémentaire — ils sont nombreux ceux-là! — .... ,JT> , , , ., , sont -persuadés ( ils le répètent à satiété) que Les habitants de liorgerhout résidant en paTjs est aux mains de leurs compatriotes. Hollande prendront sans doute intérêt à d6Ux d'entre eux voulaient absolument monter lire l'avis suivant/, t^ui épjane du boiixg* sur le toit d'une maison de Marcinelle, pour me6tre Matiiyjsj L apegcwoiâ; 1$ flègha de JJNfgg £eurs ornciers les avaient assures qu 11s garaaieni un village aux portes de Paris! Aux soldats qu'on envoyait vers la Flandre oçcidentale les ,,vicefeldwebelen" assuraienl que, de Nieuport, ils seraient embarqués poui IrfOndres. Et les cavaliers qui ont repris nos routes, venant du front pour se rendre ei: Russie, affirmaient que Paris, était conquis et qu'ils allaient prendre Pétersbourg, dont le£ premiers uhlans n'étaient pas éloignés. Essayez de leur faire voir la vérité, une carte géographique à la main, ils 110 voue croiront pas. Il n'y a rien à faire poui chasser ces idées fausses dont ils seront un jour les premières victimes. • • t Les hommes de la landsturm, lorsqu'ils quittent l'Allemagne, s'imaginent tous qu'ils seront employés à garder des voies ferrées, des villes belges déjà conquises ; bref, que leui poste «ne deviendra jamais périlleux, car, en cas de retraite, ils seront les premiers à rentrer au pays. Et puis, les Allemands à ce moment-là ne pensent qu'à la victoire. Ils ne peuvent s'imaginer que leurs armes seront défaites. Et, de fait, beaucoup d'entre eux sont appelés à des postes sans danger, au moins immédiat. Mais il en est d'autres auxquèls on distribue une médaille et qui doivent laisser là le bonnet de police pour le casque. Alors, ce furent parfois des protestations, — car ceux-là avaient vu Jee trains entiers de blessés, les wagons où les morts s'entassaient — et la répression fut brutale, immédiate, sans appel. Des hommes de la landsturm ont été fusillés, par ordre de leurs chefs, dans notre pays. Et d'autres, qui savaient et qui étaient ^errorisés, Ont déserté. Nous le répétons parce que cela est, que nous en fûmes lo témoin : il y a beaucoup de déserteurs dans les rangs allemands. Comme dit un dicton: quand les rats quittent les bateaux, c'est que ceux-ci font eau. Attendons en toute confiance! Un jour viendra qui tout paiera. Leurs Raisons. Nous lisons dans le ,,Tijd" que le général Letnian, le valeureux defenseur de Liège, avait demandé que sa fille puisse venir lui tenir compagnie dans sa prison de Magde-bourg. Voici la réponse qu'il a reçue de la part du ministère de la guerre allemand : ,,11 est de tradition, dans l'armée allemande, d'honorer tun ennemi courageux et de lui adoucir, autant que possible, son 3ort de prisonnier de guerre. Le ministère de la guerre serait même prêt à faire une exception spéciale en faveur du commandant de Liège et de lui accorder co qu'il désire. Mais, si cette fcis-ci; il nous est impossible d'agir ainsi, le général Léman n'aura qu'à reprocher ce refus à ses compatriotes et leurs alliés. Non seulement la population belge s'est rendue coupable de mauvais traitements et de cruautés à l'égard d'inof-fensifs blessés allemands, mais il a été prouvé encore, d'après des témoignages dignes de foi, que le traitement des prisonniers allemands et principalement des blessés en Belgique et en France est contraire aux conventions internationales. ' ' ,,Nous ne pourrons donc faire suite à votre demande, car ce serait faire une insulte grave aux sentiments équitables du peuple allemand d'apporter de notre côté un adoucissement quelconque au sort de nos prisonniers de guerre." Le morcea-u est (joli et se passe de commentaires. A force d'affirmer que c'est ,,le lapin qui a commencé", l'Allemagne s'ima- fiilif! finira r»a.r -fa.iro orwir#» Sur le Front. Nous extrayons d'uno remarquable correspondance au ,,Temps" ces lignes alertes et vivantes qui donnent une idée bien nette de la vieille bravoure française: Certes, je tiens à le dire: la guerre est une aventure qui ne manquo pas de gaieté. Pour nous, bien entendu, car à l'arriéré on doit beaucoup souffrir. On apprend dans les larmes la (mort des parents et des amis. Nous, nous ne savons rien, nous ne voulons rien savoir. Des camarades tombent: dis partent: ,,Au revoir, vieux, là-bas ou là-haut!" Nous portons sur les youx le voile du bonheur qui permet de marcher en avant, toujours plus avant... La campagne d'automne revêt d'ailleurs ses parures somptueuses pour honorer nos morts, et sa majesté nous défend de la tristesse. Dans l'atmosphèlre ouatée du matin où monte l'encens des labours, les frondaisons lointaines ont da couleur grave des ifs de Toscane. Les peupliers minces, peignés comme des palmes, attendent au port d'arme l'heure de se courber sur lès tombes fraîches. La nature gaspille sa fortune comme si plus rien ne devait compter en face du néant: les chemins sont semés de feuilles d'or, les arbres élèvent des voûtes de gloire et la terre grasse dégorge sa richesse. Les betteraves s'exhument toutes seules, les champs fermentent. De temps à autre on rencontre d'ailleurs un semeur obstiné qui rythme son geste sur la bordée des canons. Il a confiance en ce qui dure, tout comme'nous... Ce bruit du canon, il nous. est devenu si nécessaire qu'on le remarque pour peu qu'il cesse. Mais les plus attentifs ne sont pas encore arrivés à distinguer la voix des pièces. Les 155 allemands, les 120 français, nos 75, leurs 77, autant de tonnerres confus qui ne se différencient guère. Oh! je sais, je sais! Il y a des experts qui déclarent que je n'en ai jamais entendu. J'en ai reçu et de si près qu'en effet je ne les ai point entendus. Quant à ceux dont on perçoit l'arrivée, les uns ont des sifflements vipérins — les 77 — les autres un vrombissement de voyelles, comme dirait Claudel, et ce sont les 155, les plus terribles, le succès de la guerre, ,,lea jnarmitee"* le derme j; "tri de la destr^tiop.., isos aviateurs nous avaient signale un campement fort bien aménagé où nos adversaires menaient joyeuse vie, entre un piano et une - table à jeu. C'est sur ce point soigneusement repéré que dégringola, par une nuit étoilée, une pluie de mélinite qui ne dut pas réveiller pour longtemps les drilles on goguette. Nous n'avons rien vu de cette fête, mais nous l'avons imaginée non 6ans agrément. A la guerre — et je crois bien que nous y sommes — un homme perd sa valeur humaine ou divine, comme vous voudrez. Un homme devient une uniié. L'artilleur qui peut voir les résultats de son tir n'a pas de plus grande satisfaction. Il en parle comme du jeu de quilles. Et parbleu, ne voulez-vous pas qu'il ait une âme de demoiselle? Au reste, il lui est donné bien rarement do savoir ce qu'il fait. Ces exécutions à grande distance se décident avec la froide impassibilité que prévoyait Voltaire quand il assassinait son mandarin à des milliers de lieues, en pressant sur un bouton. On vous dit: ,,Tirez et vous tuerez". On tire sur la carte. C'est de la télépathie infernale. La tranchée! Nous en avons fait dès kilomètres et nos lignes de l'avant ressemblent à une taupinière dont les galeries se recoupent comme dans une cité tracée par les siècles. On y peut vivre, et des hommes — nos hommes.— demeurent jusqu'à deux et trois semaines dans ces fosses détrempées. Le courage continu qui est nécessaire pour résister jour et niiit aux intempéries et aux assauts, en dormant péu, en mangeant mal, qui donc pourra le raconter avec assez do puissance pour en faire comprendre l'incalculable grandeur? Ah! ils les voient, les Prussiens, ceux d'entre nous qui tiennent la tranchée. Je me souviens des impressions du début de la guerre, quand on se battait contre le vide. On fusillait des bois, des vallées, des rivières, des ponts, des fourmis noires que l'on supposait être ennemies. Maintenant on se regarde dans les yeux sans se haïr, non, mais avec le besoin inéluctable de s'assassiner pieusement. Et la guerre prend un caractère nouveau de sauvagerie. On oublie le ,,progrès" pour revenir aux procédés meurtriers d'autrefois. Tout ce que l'imagination des hommes a créé revient à la mode. Non seulement on s'injurie comme les bonshommes de l'Iliade, mais encore on recourt aux balistes d'Archimede pour lancer des projectiles à courte distance. Bombardes de Crécy, grenades de Louis XIV, ce sera bientôt la guerre en dentelles et l'on s'enverra des clys-.tères d'huile bouillante. Les sapeurs exultent. Leur ingéniosité que méprisait la nouvelle ocole est mise à contribution et nous ne parlons plus que parallèles, mines, fourneaux sous-chàrgés et gabions farcis. Bientôt on s'abordera le couteau entre les dents. Et pourtant nous qui depuis des semaines oontenons l'ennemi, nous avons l'impression de ne rien faire. Et nous bâillons comme des grenouilles qui attendraient des obus. Nous ou sommes réduits à écrire le ,,Journal des tranchées", que les hommes de garde se passent sous le manteau. Ils lisent des plaisanteries de ce genre et s'en amusent: ,,Hier soir, MM. les Boches nous ont offert un feu d'artifice de 9 à 10 heures. Eclairage à giorno." Qu'est-ce qu'un journal porte avec lui ? L'idée de la continuité. Elle n'est ^Doint si mauvaise pour des hommes qui doivent demeurer dans un trou, et qo?lques-uns pendant l'éternité. Et puis, il y a les petits paquets, qui arrivent tout ficelés de Paris, du gouvernement, de la présidence de la République, p*?ut-être! Ils sont si solennels! On les transporte en rampant jusqu'à la tranchée d'avant. — C'.que c'est que c'te belle, boîte-là, mon vieux? — Passe voir que j'y tâte. Ça c'est des suc' d'orge. — Des SÙC' d'orge, c'est fameux, mon vieux ! Et l'on ouvre. Et l'on trouve cinq douzaines de brosses à dents expédiées par Mme la mar. quise de Z..., avec la manière de s'en servir en utilisant le permanganate de potasse, à raison d'une paillette par verre d'eau. D'ailleurs, la généreuse donatrice a joint deux grammes de permanganate à l'usage du corps d'armée, en spécifiant par surcroît que cette drogue est excellente pour les bai^is de pieds Et les hommes s'étonnent gravement qu'il y ait pour eux un© fée protectrice capable d* penser, comme Dieu lui-mêi™>, à de si hum bles choses. Leurs pieds! En effet, il y a trois semaines qu'ils n'ont pas retiré leurs brodo quins. Mais s'ils avaient de l'eau propre, ils commenceraient par la boire... ^ c mm Le Jiji" maintient ses affirmations. Les Allemands n'ont pas de chance avec leurs démentis. Us avaient cru bon, un mois après sa publication, de démentir un récit d'un correspondant du ,,Tijd" sur les odieux traitements dont avaient été victimes trois soldats anglais blessés, en gare de Landen. Ces malheureux furent grossièrement insultés et couverts de crachats ; alors qu'ils n'avaient mangé de cinq jours, on leur passa des gamelles pleines sous le nez mais sans leur permettre d'y toucher. A l'observation que fit notre confrère à un sous-officier, celui-ci répondit: ,,Bah, ces Anglais sont des peaux vendues et des cochons payés et non pas des soldats." Devant l'émotion que suscita ce récit, les Allemands" ouvrirent une enquête, et, forts du témoignage de l'inspecteur Huebner et du soldat Krueger, ils firent publier par les agences un démenti officiel. Or, notre confrère le „Tijd" ne se tient pas pour battu. U oppose au démenti allemand des précisions telles qu'il est impossible de ne pas en être frappé. U cite des circonstances de lieu et d'heure, il rapporte des jfropoa précis, enfin il cite des noms de téipoins dont pas un n'a été entendu par les autorités allemandes,

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