L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam

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s.n. 1914, 18 Decembre. L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam. Accès à 25 janvrier 2020, à https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/fr/pid/s17sn02886/
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S cents (tO Centimes) Vendredi 18 Décembre 1934 L'ECHO BELGE t'Uninn fait la Force. Journal Quotidien du matin paraissant à Amsterdam, Belge est notre nom de Famille. Toutes les lettres doivent être adressées «m bureau de rédaction: NZ. VOOHBUHGWAL 234-240. Téléphone : 2797. Rédacteur en Chef : Gustave Jaspaers. ( Charles Bernard, Charles Herbiet, Comité de Rédaction: ; Gustave Peellaert, René Chambry, { Emile Painparé. Pour les annonces, abonnements et vente au numéro, s'adresser à l'Administration du Journal: IS.Z. VOORBUBOWAl. 234-240. Téléphone: 1775. Abonnement ( En Hollande fl. 1.50 par mois. Des Faits. L'Allemagne voudrait tant n'avoir pas violé'la neutralité de la Belgique! Non pas qu'elle regrette le passé et que les spectres des hommes, des femmes et dos enfants fusillés — un tiers, exactement, de la population civile, comme c'est écrit dans les proclamations — l'emprêchent de dormir. Je ne crois pas beaucoup au remords, un sentiment dont les dramaturges ont beaucoup exagéré l'importance. Mais une mauvaise action porte sa condamnation en soi et l'Allemagne ambitionne de se taire absoudre par le tribunal de l'opion publique. Nous connaissons le thème: c'est la Belgique qui a commencé. Cent fois déjà 1 absurdité en a été démontrée. Mais qu importe! La meilleure figure de rhétorique c'est la répétition, a dit Napoléon. Lie tout est de savoir si les Allemands réussiront mieux ici que dans leur application de la stratégie napoléonienne. Aussi, panant d'un point de vue absurde, il faut leur accorder qu'ils mettent une singulière ténacité à. le défendre. Chaque fois que leur raisonnement a été réfuté ils le reprennent sur nouveaux frais, et l'on doit bien reconnaître qu'à défaut de sa justesse 1 insistance avec laquelle il est représenté frappe vivement l'esprit des gens non éclairés. . Donc, c'est l'officielle , orddeutscher 'Allgemeine Zeitung" qui l'affirme encore une fois, c'est nous qui avons viole noa-e neutralité au profit de l'Angleterre. L arrestation du secrétaire de légation _M. Grant Watson, surpris au moment ou il tentait de faire disparaître des pièces oonfi-dentielles sur 1 a mobilisation belge et la défense d'Anvers, en fournit un© preuve do plus! Comment ces pièces se trouvaient-elks à la légation d'Angleterre ? Cette question nà nous embarrasse guère et si l'allégation. de la ,,Norddeutsclie Allgemeine" est exacts nous dirons feulement que M. Grant Watson a eu tort de vouloir détruire ces pièces s'il est vrai qu'elles existent. Car tout ceci, n'est-ce pas, ne change rien aux faits? Ces faits, les voici: Le 23 j juillet, rAutriche-Hongrie, de connivence 3 avec l'Allemagne mais à l'insu de; l'Italie, • envoyait à la Serbie un ultimatum dont aucune nation libre, ayant le souci de son honneur, n'aurait pu accepter les termes ni l'esprit. C'était la guerre. Aussi le lendemain 24, M. Davignon, ministre des affaires étrangères, adressait aux ministres du Roi à Paris, Berlin, Londres, Vienne et Pétrograde des instructions relatives à une déclaration de neutralité qu'ils au- , raient à faire aux gouvernements auprès desquels ils sent accrédités, le jour où ils .en seraient avisés télégraphiquement. 29 juillet: Note de M. Davignon aux ministres belges expliquant la portée de la mesure que le gouvernement avait prise de mettre l'armée sur le pied de paix renforcé, Cette mesure ne contenait de menace pour personne et consistait à mettre nos forces en rapport avec celles que nos voisins, Allemands et Français, entretiennent habituellement à proximité de nos frontières. Elle était- commandée par la sauvegarde de notre neutralité. 31 juillet: Note de M. Davignon à nos ( ministres à l'étranger les informant de la j communication de M. Klobukowski qu'aucune incursion des troupes françaises n'aurait j lieu en Belgique. 1 Le même jour, M. Davignon leur fait < part d'une démarche de 6ir Francis Vil- 1 îiers : l'Angleterre s'attend à ce que la Belgique fasse son devoir de neutre. Au cours J de cette conversation sir Francis Villiers s'est étonné de la rapidité avec laquelle la ] Belgique a mobilisé. Il lui fut répondu que les Pays-Bas avaient mobilisé avant nous. Et le même jour M. Davignon rend compte encore d'une entrevue entre M. van der J Elst, secrétaire général aux Affaires Etran- ^ gères, avec M. de Below, ministre d'Aile- ^ magne, qui dit ,,être certain que les sentiments de l'Allemagne n'ont pas changé " depuis le jour où M. de Jagow fit à la. Commission du budget du Reichstag des déclarations rassurantes concernant le respect de notre neutralité." Le lr août, 1® Baron Beyens, notre mi- h nistre à Berlin, avise M. Davignon qu'en réponse à une question de l'ambassadeur d'Angleterre, si l'Allemagne respecterait h neutralité de la Belgique, M. de Jagow j, a dit qu'il ne pouvait pas répoudre. A la même date, M. Davignon envoie une note à nos représentants à l'étranger à leur faisant part de la déclaration que M. Klobukowski lui a faite au nom du gou- ^ vernement français. La France respectera M ja neutralité de la Belgique. M. Davignon (j télégraphié à nos ministres de faire la dé-marche dont il est parlé dans sa note du s< *4 juillet. ei Le 2 août, M. Davignon fait part à nos représentants à l'étranger d'une conversation avec M. de Below auprès de qui il a insisté pour avoir une déclaration formelle de pon gouvernement au sujet de notre neutralité. Ce jour-là, à 7 heures du soir, M. de Below remettait à M. Davignon l'ultimatum de l'Allemagne. P( On sait le reste... ti Il s'ensuit que même si contre toute évi- 3i dence la France avait eu l'intention de N •Violer noirs neutralité, il eût au moins v< ' ' fallu que cette intention eût été manifestée par un acte quelconque pour autoriser # les armées du kaiser à franchir notre frontière. Or, celles-ci n'ont même pas attendu le plus léger prétexte. Elles ont. pénétré dans la province de Liège, non pour soi-disant défendre notre neutralité menacée par la France mais par mesure de sécurité 'pour l'Empire allemand lui-même. Il n'importe donc plus de savoir ce que les autres auraient pu ou voulu faire: l'Allemagne elle, a. délibérément foulé aux pieds l'engagement signé par elle de respecter notre territoire. Voilà le fait. Ce fait était prévu. Personne, tant soit peu au courant des questions d'ordre international et militaire qui ne fut persuadé qu'il devait se produire. Il fallait être un imbécile ou un criminel pour croire le contraire et que ceux-là qui, chez nous, se sont fait les apôtres de l'antimilitarisme choisissent entre les deux épithètes. La force prime le droit est une maxime allemande. Ce n'est pas un ,,chiffon de papier" qu'il fallait opposer à l'envahisseur, c'est cinq cent mille baïonnettes. Nous aurions pu, par conséquent nous aurions dû les avoir. Et un bon traité militaire avec l'Angleterre et la France, comprenant un j plan de campagne commun serait venu admirablement à point pour nous mettre à l'abri d'une agression. Qu'en pense la ;;Norddeutsche Allgemeine Zeitung" ? CHARLES BERNARD. — . . Pour la Saint-Nicolas et la Noël de nos soldais. Notre souscription est donc close; le résultat obtenu est des plus brillants et nous devons, une fois encore, remercier tous ceux qui nous ont aidé à l'atteindre. Le total définitif est de 3 702.Ô0 fr. 1315.94 fl. Soit,-en frs., la somme de: 4458.35 francs. Ce total a été obtenu en calculant le change au taux de 47 fl. 75. Nous venons d'envoyer ladite somme à Son Excellence, Monsieur le baron Failon, ministre :1e Belgique à La Haye, qui veut bien, comme nous l'avons dit déjà, se charger de la faire parvenir à Sa Majesté le Roi Albert, au nom des souscripteurs do ,,l'Echo Belge". Voici le détail do la souscription des soldats >elges internés à Zeist au Camp No. 2 dont ions avrils publié hier le montant qui s'élève i, 371.17 francs soit 159.69 florins: Baraque 1, 20.12; id. 2, 13.53; id. 3, 16.38; d. 4, 19.61; id 5, 26.39: id. 6. 27.36; id. 7, .5.02; id. 8, 24.42: id. 9. 16.19; id. 10, 15.19; d 11, 17.69; id. 13, 16.15: id. 14. 15.85; id. 5. 14.87: id. 16, 16.59; id. 17, 12.56; id. 18, 2.42; id. 19. 12.16; id. 20. 13.97; id. 21, .4.92; id. 22. 15.34; id. 23, 14.44. Pour la Noël des enfants pauvres d'Anvers. Vous souvient-il de cette scène touchante, par quoi débute ,,l'Oiseau bleu" de Maeterlinck. Deux petits enfants pauvres quittent leur couchette, pendant la nuit de Noël, et ront se coller la lace contre les vitres do leur humble demeure pour regarder, d'un œil résigné — éblouis par le bonheur des autres mais non travaillés par la noire envie — aux Fenêtres d'en face, les petits riches se bourrer le friandises et casser leurs jouets fastueux. Le doux philosophe n'a pas l'amertume d'un Vfirbeau, mais il n'en éveille pas moins, en fious, les remords d'une conscience droite, "'a r les biens de ce monde sont, en vérité, bien njustement répartis. C'est pourquoi vous tous qui fêterez le grand our, réunis autour du sapin rayonnant qu'en-oureront, en criant de joie, vos petits, insou-:iants et heureux, n'oubliez pas les petits >auvres qu'un geste charitable de votre part peut conduire, pour quelques heures, aux >aradis bleus et roses de la Légende ?otal des 4 listes précédentes ... 95.00 fr. + 15.25 fl. ,es cinq enfants H., d'Anvers, résidant à Bentveld-Aerden-hout, pensent aux enfants pauvres d'Anvers 5.00 fr. (es parents H. également 5.00 fr. I. L. Du mont 5.00 fr. A. Mailiei 2.00 fr. t. André Laude 1.75 fl. — ■ —— ■ % ■-<»■ : Le peuple italien veut la guerre immédiate. M. Maurice Maeterlinck vien» d'adresser la ttre suivante au directeur du ,,Figaro" ; Mon cher directeur. La lecture des pages que jo vous ai envoyées été interdite au dernier moment par le préfet e» Milan. On craignait des troubles graves dans rue, tant les sympathies de la foule sont ar-sntes et no cherchent qu'une occasion de for-;r la main au gouvernement et le <;»ntraindre Ja guerre immédiate contre l'on nom i de tous. On a si vivement protesté contre cette in-«•diction, qu'on me permettra de lire demain s mêmes pages dans un autre théâtre. On 110 se rend pas compte en France de l'état esprit italien. Si on ne retenait pas le peuple toute force et par tous les moyens, la guerre rait déclarée demain. C'est une ardeur, un vt'housiasme magnifique! Votre tout dévoué. Maurice Maeterlinck- Avis important. Toutes les personnes désirant, envoyer des < iquets ou de l'argent à des soldats belges se i ouvant en campagne sont priées de les adres- £ r au Comité belge, Nassau Dillenburgstraat 1 o. 25 à la Haye, qui se chargera de les faire ( ir venir* < En Belgique. A Bruxelles. Le général Von Bissing le nouveau gouverneur que le kaiser a offert à la, Belgique peur sa St. Nicolas, fera, si cela continue regretter Von der Goltz-Pacha. A peine installé, il a trouvé bon d'annoncer à la population bruxelloise qu'il se substituait à toutes les autorités belges existantes. Désormais, il régnerait sur toutes les administrations, il étendrait sa haute" domination sur les conseils communaux et provinciaux, bref il serait le Maître, avec un M. majuscule! Et depuis, nos braves ,,garde-villes" qui jusqu'ici ne relevaient que du bourgmestre, ce trouvent directement sous l'autorité de ces messieurs de la Kommandantur. L'officier de police Giller, qui compte vingt ans de loyaux services, en a fait la triste expérience, tout récemment. Il vient d'être destitué et condamné à un mois de prison. Pourquoi? Je vous le donne eu mille ! Pour avoir, à ce que prétend une ca-baretière dont il avait fait fermer l'établissement qui restait ouvert après dix heures du soir, traité les Allemands de ,,smeerlap-pen". Et notez que la sentence a été prononcée sur cette simple dénonciation. Ce système de la délation fleurit depuis toujours en Allemagne et nos ennemis essaj'ent de l'acclimater chez nous. * * * Les étrangers résidant encore à Bruxelles, j ne sont pas. inquiétés, même s'ils sont français, serbes en russes. Seule les Anglais, ont à souffrir. On les expédie maintenant en ! Allemagne tout simplement. * * * Notre compatriote, le célèbre violoniste Thomson organise une tournée de concerts en Italie au profit des Belges nécessiteux. Il se produira à Lugano, Milan, Turin, Gènes et Rome. * * * Nous avons offert l'hospitalité de nos colonnes aux officiers de la garde civique que la population bruxelloise accuse d'avoir signé l'engagement imposé par l'autorité temporaire allemande. Il est toujours pénible d'apprendre une défection, quelle qu'elle soit et c'est pourquoi, doutant quand même, — ce en quoi nous avons eu raison — nous voulions provoquer un démenti. Ce démenti nous parvient aujourd'hui, au moins en ce oui concerne l'un des trois officiers incriminés, et nous l'enregistrons avec un sentiment de vive satisfaction. M. Bareel nous écrit, en effet: ,,Le colonel Berckmans a quitté Bruxelles et ensuite la Belgique, dès le jour où il ne lui était plus possible d'y remplir honorablement ses fonctions. Il est actuellement en Angleterre." Puisqu'il en est ainsi, félicitons le colonel Berckmans de sa patriotique détermination. Puissions-nous enregistrer à bref délai d'autres démentis, non moins catégoriques.Nous ouvrons nos colonnes aux officiers dont les noms, à Bruxelles, sont sur toutes les bouches. • • • Les souverains étrangers, qu'ils soient de Prusse, de Saxe ou d'autres lieux, princes de sang, comtes et ducs, sont reçus — à condition, bien entendu, qu'ils ne soient pas Belges — à l'hôtel du duc d'Arenberg, au Petit Sablon. L'hospitalité y est touchante; la maîtresse de céans est une très grande dame et, en l'absence de son mari qui s'occupe de tuer les nôtres ou nos alliés, elle s'entend fort civilement à rendre à ses hôtes le séjour de la capitale agréable. La chère est bonne au logis, les vins y sont savoureux. L'hôtel du Petit Sablon est, en somme, l'endroit huppé et qui, le mieux, pouvait servir de palais temporaire aux têtes couronnées allemandes. Nous l'avons visité jadis, un jour que les Belges, les vrais Belges y avaient accès. La princesse Clémentine était l'hôtesse du duc et de la duchesse et tout l'armoriai belge avait été convié à cette soirée vraiment princiére. Je peux vous assurer que l'hôtel est richement meut lé et qu'il contient ou mieux, contenait des tableaux d'une valeur inestimable. La statuaire antique, aussi bien, était très artistement représentée. Le duc d'Arenberg venait, précisément d'apprendre, et son humeur en était toute joviale, que le procès commencé par ses aïeux contre le gouvernement allemand à propos de certaines propriétés et de terrains miniers venait d'aboutir à la condamnation de celui-ci à payer une somme fabuleuse de millions de marcs. On comprend dès lors que la réunion fut animée et que le duc remit à chacune de ses invitées des ombrelles en véritable Bruxelles Mais, peu avant la déclaration de guerre, des tapissièras avaient emmené vers l'Allemagne les plus riches pièces de sa îollection dont fait partie notamment un juste antique précieusement gardé dans un ïoffre-fort aux parois doublées de /elours pourpre et qui est admirablement îclairé, électriquement. Le duc, fort riche, a d'autres propriétés, l'autres trésors. C'est ainsi qu'à Héverlé, ipr.àa avoir coupé les plus beaux arbres de îou parc et déménagé du château les ta-nsseries anciennes, les tableaux de prix il y a de ceci re'ativement longtemps), le lue loua sa propriété au çrince de Lieue. La troisième propriété qu'il possède, dans le pays wallon, était à son tour louée au banquier Empain, pour un terme de quatre-vingt dix-neuf années. Il reste aux d'Arenberg leur demeure seigneuriale de Bruxelles. C'est suffisant pour y recevoir rois et princes. Et c'est à quoi s'évertue à présent la duchesse, avec un tact touchant. Seulement à Bruxelles, où l'on n'oublie pas, on dit que le jour où les Allemands devront battre en retraite, les d'Arenbeig feront bien de partir avec eux et de ne plus remettre le pied sur notre chère terre belge. Le fait que les Allemands ont respecté, lors du sac de Louvain, toutes les propriétés du duc suffit à condamner celui-ci. Et les invitations aux chefs ennemis ont fait débor-! der la coupe. * * La navigation sur le canal de Bruxelles à Oharleroi est rétablie. On affrète à 12.50 fres. par tonne de Tamines à Bruxelles, alors que le prix normal est de 3 f. 75. A Anvers. On mande au „Weekblad van de A. N. D. B.:!: L'Association des Unions Professionnelles socialistes (vakbonden) avait reçu des autorités allemandes l'autorisation de réunir, le dimanche 13 courant, tous les sans travail, afin de les mettre au courant des efforts tentés pour l'amélioration de leur sort. La réunion eut lieu à 10 heures à l'El-Bardo. Sur l'estrade : les orateurs I. van Berckelaer et G. Eeckeleers ; le président était M. G. Laroche. Un officier et un soldat allemands en armes encadraient ces messieurs. Il avait été convenu au préalable qu'on ne pourrait fournir que des renseignements intéressant les sans travail, avec défense de la part de ceux-ci de poser des questions et de donner des marques d'approbation ou de désapprobation. Il était défendu également de parler de l'organisation elle-même et de l'avenir* de celle-ci. La salle était bondée. La masse écouta les orateurs dans le calme le plus grand. Les orateurs donnèrent des explications très1 complètes et insistèrent sur la nécessité de ne pas donner créance aux bruits nombreux qui se colportaient en ville. Us ajoutèrent que dans les locaux du „A. D. B." et du „Werker" se trouvent à la disposition des sans travail tous les journaux autorisés par l'administration allemande. Les chefs se tiennent en tous temps à l'entière disposition des ouvriers. Le conseil donné de se disperser sitôt la réunion termiuée fut suivi à la lettre. En se conformant de la sorte aux conseils de leurs dirigeants les ouvriers ont favorisé leur tâche. • « # On colporte, à la Haye, dit le Daily Express, des incidents graves sur lesquels on s'efforce de faire le silence à Anvers. Des officiers de la Landsturm prussienne auraient refusé de partir pour l'Yser. „Nous appartenons à la landsturm, dirent-ils, nous sommes des pères de famille. Nous ne sommes pas ici pour nous battre. mais seulement pour faire un service de garde dans les villes. Si l'armée régulière est épuisée, et bien, que l'Allemagne fasse la paix! „Le fait fut immédiatement rapporté au gouverneur militaire d'Anvers, qui demanda par télégramme des instructions au quartier général. Hier soir, un message du quartier général est arrivé à Anvers: ,,Les officiers rebelles doivent être renvoyés dans leurs dépôts où leur cas sera jugé". Tous sont immédiatement paVtis par train spécial pour Cologne.L'ordre a été également donné de changer complètement les garnisons de Bruxelles, Anvers et Malines. La landsturm, qui, depuis deux mois, fait le service do garde dans ces villes,* a été renvoyée en Allemagne et remplacée par la landwehr bavaroise, qui, espère- l t-on, consentira" à se battre quand on le lui demandera". * * » C'est toujours la nuit qu'ont lieu les mouvements de troupes. Les forts du secteur nord sont vides, mais il y a depuis les environs immédiats de la ville et jusqu'à la frontière des milliers de soldats, parmi lesquels beaucoup de jeunes et solides gaillards. Les cavaliers surveillent toutes les routes et gare au cycliste qui prend clandestinement le chemin d^ la Hollande ! S'il ne rencontre pas de postes dans les chemins peu fréquentés, il n'est pas rare qu'un uhlan pique des deux et l'arrête bientôt après. A Anvers, l'odyssée des directeurs de la prison, gardiens et prisonniers prit des allures véritablement tragiques d'après le récit que publie le ,,XXe Siècle". La prison, ou le sait, fut un des premiers bâtiments publics sur lesquels se mit à pleuvoir la grêle des obus. Une première „marmite" tombant sur une cellule y avait fait un trou de 80 centimètres de diamètre; par un vrai miracle, le détenu qui s'y trouvait échappa à la mort ; on le retrouva indemne au milieu des débris de l'explosion. Aussitôt, un des sous-directeurs fit descendre tous les prisonniers dans les pièces du rez-de-chaussée. Mais la pluie des obus continuait, incessante ; 43 cellules sur 60 durent être évacuées. Bientôt, on fit descendre les 200 détenus que contenait la prison dans les caves. Mais les obus traversèrent celles-ci. C'est alors que les commis et les .gardiens décidèrent de mettre les prisonniers en liberté, les engageant à chercher leur salut dans la fuite. Il n'y eût donc que les prisonniers de Ter- £ monde et d'Anvers qui, par le fait du bombai- { dement, durent être relâchés. 1 A Bruxelles, quelques voleurs de nationalité i i itajauic allemande furent mis en liberté. Mais les autres prisonniers sont toujours là, et parmi eux le célèbre escroc Nestor Wilmart. Il faut ajouter, car le détail est piquant, qu'il y a, à Saint-Gilles, parmi les nouveaux prisonniers, quelque 160 Bavarois, qui ont commis des actes d'indiscipline ou qui ont refusé, soit de se battre contre les Belges, soit de s'associer à certains actes de pillage. A Malines. On bombardait la ville depuis cinq jours. Le directeur de la prison avait donné l'ordre de faire descendre dans les caves les gardiens, leurs familles et les soixante-cinq prisonniers. Ils furent nourris pendant tout ce temps de riz bouilli. Il se passa là de toiles scènes de terreur que le petit garçon d'un des gardiens, à peine âgé de quatre ans, devint fou!... Le 1er septembre, le bombardement devint terrible; les obus pleuvaient sur la prison; il n'y avait plus qu'un parti à prendre: fuir au plus tôt. C'est ce que décida le directeur. Profitant d'une accalmie, il fit sortir tout le monde et, par la chaussée, les trains no roulant plus, on se mit en route vers Duffel. Ce que fut cette marche au milieu des obus qui no cessaient de pleuvoir, on peut s'en douter; après quelques kilomètres, le danger disparut, et c'est très paisiblement que le voyage se continua jusqu'à Duffel. Celui qui aurait rencontre cette caravane ne se serait guère douté que ces hommes qui s'avançaient docilement avec quelques gardiens étaient des prisonniers! Pas un d'eux, en effet, no chercha à fuir et tous furent bientôt incarcérés à Anvers. A Termonde. L'odyssée des hôtes de la prison de Termonde fut plus tragique. Après le rude combat du 4 septembre, les Prussiens entrèrent dans la ville. Des obus étaient tombés à diverses reprises sur la prison et les détenus qu'on avait fait descendre dans les caves poussaient ces cris d'épouvante, implorant pour qu'on leur permit de fuir. Il fallut toute l'énergie du directeur et le courage dse gardiens pour que des incidents dramatiques no se • produisissent' pas. Dans l'après-midi, la canonnade fit trêve ét une bande do 400 Allemands se présenta devant la prison. L'officier qui les commandait fut. reçu par le directeur, M. Deridder, qui avait revêtu son uniforme. — C'est une forteresse, ici ; livrez-moi d'abord tous vos soldats! clama l'officier. — C'est une prison, répondit le directeur. — Non, c'est mie forteresse!" Finalement, le'directeur ayant livré la liste do ses prisonniers, le Prussien fit appeler un Allemand qui figurait parmi les détenus, entama une conversation avec lui et le fit ramoner en prison en lui disant: ,,A demain!" Et il emmena le directeur comme otage. — Si le directeur 110 rentre pas ce soir, lâchez tous les prisonniers, dit-il aux gardiens qui avaient assisté à l'entrevue, car le bombardement commencera. Après trois heures de détention, M. Deridder fut appelé devant une sorte de tribunal, et 011 lui dit: — Le conseil a décidé de vous laisser rentrer chez vous. Mais, dans une heure,. nous allons bombarder la ville, de telle sorte qu'il n'en restera plus pierre sur pierre (ces paroles sont textuelles). Aussi, nous vous ordonnons de fuir avec votre personnel avant une heure d'ici. — Kt les détenus? - vous en ferez ce que bon vous semblera."i Centré à la prison, le directeur fit aussitôt ouvrir toutes larges les portes et annonça aux détenus qu'ils devaient fuir au plus vite s'ils voulaient échapper au bombardement. Comme bien 011 pense, ils ne se le firent-pas répéter et, une demi-heure plus tard, la prison était évacuée. La plupart des prisonniers étaient des gens de la contrée qui, aussi-:ôt, rentrèrent chez eux. Le directeur et les gardiens s'en allèrent à pied jusqu'au village de Zele, où ils trouvèrent un train. Ils étaient à peine en route que e bombardement de la ville, froidement prémédité, ainsi qu'on le voit, commença. ■«■ ■ 1 —■ Ç ■» Leurs mensonges. Dans la bagarre des idées qui nous séparent le nos ennemis autant que les canons nous tieu-lent à distance l'un de l'autre il faudrait que ions puissions conserver le sang-froid et la érénité qui font que les coups que l'on porte ;ont plus nets et plus puissants, fctant plus salculçs. Qu'avons-nous besoin, en somme, do îous exalter? N'avons-nous pas à notre dévo-ion la force irrésistible des preuves et de la 101111e foi? A l'abri du bon droit, 11'est-on pas put puissant? Mais allez donc demander à 'épéisto le plus imperturbablement calme do >e pas éprouver un bouillonnement intérieur l'indignation lorsque le hasard des rencontres e met en face d'un adversaire maître en pro-édés sournois et dont l'incorrection égale la >erfid'ie. Tel est notre état d'âme devant nos >nnemis. A nos accusations de cruautés commises par es soldats sur des femmes, des enfants et des ieillards, de destructions inutiles, les Alle-uands répondent par les abominations, les -trocités dont les civils belges se seraient ren-lus coupables tant à l'égard des soldats envahisseurs que des Allemands qui résidaient en Belgique et durent quitter le pays lorsque la guerre fut déchaînée. Il a paru en Allemagne une brochure: ,,Die lelgischen Greueltaten", recueil do rapports ,officiels" et .,authentiques", dit la couver-ure. A la feuilleter, on s'aperçoit que ces rap-iort officiels et authentiques sont des repro-luctions des racontars de journaux: ,,Ham-»urger Fremdenblatt", ,,Leipziger Neuéste ïachrichten", ,,Berliner Tageblatt". ,,Kôlni-oie'Zeitung", colportés au début de la guerre, L»rsqae la tactique imposait de faire croire aux oldats allemands aussi bien qu'aux bourgeois allemands que la Belgique était un peuple de •rutes dont la destruction serait un service endu à l'humanité. N'oubliez pas que ni sol- 9 "■ ZaUU *■ n dats ini bourgeois_ n'avaient de haine contre nous et qu'il fallait que les autorités allemandes fissent naître cette haine pour que leur attitude inouïe à. notre égard fût soutenue par l'assentiment national. Citons un de ces faits divers qui aux yeux du monde prétendent faire figure de rapports officiels. On connaît l'histoire ridicule de ce patron d'hôtel à Anvers, qui, afin d'échapper à l'arrêté d'expulsion, s'était dissimulé dans les immenses caves de son établissement avec des provisions abondantes. Pour s'épargner des peines inutiles, les gendarmes employèrent le procédé classique : brûler du soufre. Après quelques instants, toussant, pleurant, crachant, Weber fit son apparition, fut mené k l'état-| major, qui l'expédia par delà la frontière. La brochure officielle allemande consigne, ceci : Assassinat de VAllemand Weber. — Poursuivi par la populace, il se réfugie dans la cave de sa maison. Ne le découvrant pas, la foule en furie enfuma, sa maison, Varracha de la cave et l'assassinaL'assassina, vous entendez bien ! Aujourd'hui, les Allemands maîtres provisoires d'Anvers, Weber est revenu, plus rondouillard, de trogne plus fleurie que jamais. 11 administre avec son brio d'antan les beuveries de ses compatriotes. Pensez-vous que 1 histoire insensée a disparu de la brochure, qu'on a voulu précipiter dans l'oubli le stupide mensonge ,,officiel" comme un enfant dissimule tant bien que mal le larcin dont il s'est rendu coupable. Que non pas! Lue nouvelle édition de la brochure vient de paraître. Elle est en vente dans toutes les librairies de Hollande. Le rapport ,,officiel" et ..authentique" de l'assassinat de v.eber y figure toujours. Qu'importe! se disent les éditeurs. Il y a si peu d'Allemands qui s'aper-çoivent que nous mentons. S'il en est, ils se tairont, patriotiquement. Les autres, qui -ignorent, continueront à croire, dur comme fer, notre rapport „officiel" de l'assassinat de n eber. A ces procédés, qu'opposo la Belgique? Tenant compte que les nouvelles abominables qui lui arrivaient de partout devaient être triées, vérifiées, appuyées de témoignages irrécusables, elle a. institué une commission d'enquête, composée d'hommes d'honneur qui prennent . la responsabilité de leurs rapports, qui, avec méthode et circonspection, sans haine et sans peur, consignent pour 1 histoire ce que leur apprend la vérité contrôlée. Leurs rapports ont valeur de parchemin revêtu d'un sceau. C'est ainsi que les a accueillis le président 'Wilson. Tous, tant que nous sommes, nous osons dire: „Ces hommes 11e mentent pas! Nulle passion ne les emporte! Les faits qu'ils rappor-; tout, après les avoir soumis au crible de l'examen le plus minutieux, à l'épreuve de la critique la plus aiguë, nous nous en portons garants". Ln Allemagne, que fait-on? Une commission fonctionne et recueille des dépositions faites squs serment. Copions l'une d'elles./Elle a pain dans 1 organe officiel du gouvernement prussien: la ,,Norddeu/tsche Allgemeine Zeitnng". yMme A".... servante, dépose: — Au début, .,'je fus traitée convenablement par mes niaî-}}tres, les époux M— Lorsque la■ déclaration ,,de guerre de la Belgique à l'Allemagne eût ,,eu. heu, cela changea. Monsieur tout coihme ,,Madame me maltraita à coups de cônne, ce „dont j'emportai une bossa-à la tempe droite. „Ils m'insultèrent, mï traitant de ,,vieille rate .,allemande" et ainsi de suite.. J'ai eu plu-,,sieurs blessures peu graves aux mains, du > J ait de leurs coups de bûion. Finalement, ils ,,m'ont enfermée dans le séchoir de leur maison, ,,ine laissant absolument, sans nourriture. .Je ,,11'ai même pas reçu cl'eau ni de pain. Après „cinq jours, j'ai été délivrée par les soldats ,,allemands. J'étais si épuisée que je ne tenais ,,plus debout. En quittant Liège, sur mon chemin in vers la gare, j'ai vu un ou deux petits ,f enfants de quatre à cinq ans qu'on avait tués , et qui gisaient en rue les yeux crevés. ,,suite, ^ j'ai vu à la gare deux femmes qui ,,n'avaient pour tout vêtement que leur che-,,mise. J'ai fait une partie du voyage avec „elles. C'étaient des Allemandes qui, d'après ce ,,qu'elles, m'ont dit, avaient été attaquées par ,,des Belges et auxquelles on avait volé leurs ,,effets d'habillement." Eh bien! cette déposition est un mensonge fait ,,sous serment" Comment s'appelle cette femme qu'on ne désigne que par la première lettre de son nom? Chez qui était-elle servante ? Et puis! non! ne posons pas de questions! O11 ne nous répondrait pas. Cette histoire de bandits est forgée pour les besoins de la cause, pour faire croire, malgré tout, *u pouple allemand, que la Belgique mérite son soft. Qu'une mission officielle aille donc soumettre ces f\agots.de cuisinière au Président "Wilson ou à n'importe quel chef de pays neutre, pour juger de l'effet qu'ils produiraient! Le témoignage de cette servante — mais il est un acte d'accusation naïf et inconsciemment enregistré, contre les Allemands eux-mêmes. Il les accuse, premièrement de tromper le peuple: ,,Lorsque la déclaration d<s guerre de la Belgique à VAllemagne eût eu lieu....' Secondement: la servante dit avoir vu des enfants morts en rue, les yeux crevés. Sans doute massacrés par les soldats allemands qui étaient à Liège, puisque la'servante dit avoir été délivrée par des soldats allemands. En troisième lieu-: les femmes en chemise attaquées paj- des Bélges. Le bon billet! Admettons un instant que des Belges, aient maltraité et dévalisé des femmes; l'eussent-ils fait lorsque les soldats allemands étaient là? Cela leur eût-il été possible. quelque'envie qii'ilè en aient eue? Voyons plutôt en ces' pauvresses, qu'on ne nomme pas, qui n'ont pas déposé plainte contre le • Belges auprès des autorités allemandes, des victimes de la luxure do leurs compatriote.-armés.Les Allemands prennent-iis donc le monde entier pour une réunion de crétins. Et n'est-ce pas pousser le cj'nisme un peu loin que de prétendre comme l'ose lo ,,Berlinér Tageblatt": que des témoignages de.ee genre précis et détaillés s'opposent victorieusement aux affirmations, d'un caractèro général et ne reposant sur aucune preuve, des Belges. Allez, allez. Messieurs les Allemands! n'oubliez pas qu'en maniant des armes empoisonnées on se pique parfois mortellement soi-même ! CHARLES HERBERT. —

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Cet article est une édition du titre L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam appartenant à la catégorie Oorlogspers, parue à Amsterdam du 1914 au 1918.

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