L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam

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s.n. 1915, 27 Octobre. L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam. Accès à 13 novembre 2019, à https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/fr/pid/ns0ks6k920/
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t» ceaitâTfîo centimes) Mercredi 2# dëïptere l&lS L'ECHO BELGE L'Union fait ta Force, Journal quotidien du matin paralssas-il sà Amsterdam., Belge est notre nom de Famille. - - ——.——fa——. Toutes les lettres doivent être adressées au bureau de rédaction: N, z. VOORBURGWAL 234-24O, AMSTERDAM. Téléphone : 2797. Rédactev en Chef: Gustave Jaspeers. Comité de Rédaction: j ,Be*mïrt,' charles Herfoiet, ( René Chainlbrjr, Emile Painparé. Pour les annonces, abonnements et vente au numéro, s'adresser à l'Administration du Journal : N.Z. Voorltmrgwal 234-240, Amsterdam Téléphone: 1775. Abonnements: Hollandefl. 1.50 par mois. Etranger fi. 2.00 par mois Annonces: 15 cents la, ligne. Réclames: 30 cents la ligne. Deux Peuples Nous suivons avec angoisse les événe! uients d'Orient. La Serbie donne en ce mo ment au monde un admirable ■ exemple Comment, quelle que soit, la nationalité i laquelle on appartienne, quels que soien ]es courants qui aient pu entraîner tel 01 tel vers l'un des belligérants, ménager s; sympathie à ce peuple de héros que le< Jâches brigands bulgares sont en traii d'égorger pendant qu'il fait face à l'impla cabîe et formidable invasion des Germant ques. Nul pays au monde ne peut se vantei d'avoir dans son passe le plus profond une page d'histoire pareille à celle que les Ser bel écrivent en ce moment avec tout le eang de leurs veines. 3> comprennent-ilî bien, ceux-là qui vivent pour ainsi dire er mar^e de la guerre, qui sans être meilleurs ni pires que d'autres échappent par un décret du destin à la calamité quasi univer-6elle et, à qui le contraste entre leur bien-être, leur confortable terre à terre où ils édifient leur fortune et le sublime d'épopée où un peuple de cinq millions d'hommes jette son chant du sygné doit cependant inspirer de graves et salutaires pensées. En ce moment où tout un peuple entre dans l'arène comme le gladiateur antique, ^il semble que c'est au monde entier qu'il adresse son salut: ,,Ave, morituri te salu-taiit !" Mais lorsque, tantôt, il sera étendu mourant sur le sable, il n'y aura personne ' ppur demander grâce. Et le Bulgare pourra ; sans inconvénient égorger le brave que le rétiâire germain a pris dans ses filets. Le peuple serbe tout entier est menace de mort. Il n'est plus question maintenant de l'année serbe. Cette convention que _ la guerre lie se fait qu'entre les armées régu-i librement constituées n'existe plus. Les Austro-Boohes qui ont promis au cauteleux Ferdinand de laisser assassiner les Serbes par ses comitadjis élevés à l'école des Turc3 ont aboli ces fictions que le droit des gens avait su imposer jusqu'ici dans la conduite de la guerre. Ces femmes menacées de viol, ces enfants que la bestialité de l'envahisseur ne ménage pas davantage, hé bien, ils & défendront comme se défendent les hommes valides, les adolescents et les vieillards. Qtt'est-il encorè besoin de gardiennes du l ioyer là où il n'y aura bientôt plus _ de foyers ! Ecoutez ce que dit un journaliste longrois : ,,Parmi les prisonniers on trouve souvent des femmes qui marchent dans le rang le fusil sur l'épaule. Elles montrent un orgueil indomptable et 11e craignent pas la mort certaine qui les attend." Quelle lueur, magnifique et atroce, un tel épisode jette sur cette campagne^ de Serbie. Ali ! nous sommes trop habitués à l'humain, à ce qui est conforme à nos petites passions, à nos vertus réduites, à nos instincts prudents. Ceci nous dépasse comme du Corneille et nous ne parvenons pas à élever notre âme à la hauteur d'âme de ces héroïnes. Sans doute leurs bourreaux les admirent également ; on sent oette^ admiration naïve entre les lignes de ces récits qui voudraient plutôt éveiller un sentiment (l'horreur. Et, bien que ces femmes marchent dans le rang, malgré qu'elles combattent face à la mitraille et aux baïonnettes, celles qu'un sort inclément remet vivantes entre les mains >do leurs ennemis sont | fuiiHées sur le champ. Les Allemands ! ' eraient-ils donc les femmes par système, pour supprimer en elles l'exemple gênant d'un héroïsme qui leur fait injure, ou bien paur qu'elles ne procréent pas une race vengeresse qui un jour demandera des' comptes à leur sale race? Mais elles sont légion, et si vite que travaillent les tueurs il n'est pas certain qu'ils en viennent à bout. Enfin le soixante-quin-20 .fait entendre ses aboiements rageurs dans les vallées de la Macédoine. Devant le sol-| dat franc, celui qui depuis mille ans a toujours imposé à l'Orient sa force et son génie, les hyènes bulgares ont pris la fuite. Les Bulgares...- 1 C'est à peine si depuis trente ans ils sont déshabitués à lécher la botte de leurs maires turcs. Là où l'histoire du peuple serbe ! n'est qu'une suite de luttes terribles con- | tre l'oppresseur, le Bulgare n'a dû sa liberté ! la conscience de soi qu'à ces mêmes Rus- ; Scs qu'il trahit aujourd'hui. En 1912, les ; armées de Ferdinand ont su battre les Turcs ! surpris et désorganisés dans la plaine de Lille Bourgas. Mais au premier contrefort ta Tcbataldija, où l'Ottoman avait embus- | que une mitrailleuse, l'.élan bulgare fut brisé. Impuissant devant les murs d'Andri-ncple, c'est au canon serbe que ces piètres vainqueurs durent faire appel. Enfin, quand , mécontent du partage, le Bulgare se jeté à l'improviste ©t par trahison sur alliés serbes et grecs, il fut honteusement battu. Peut-être s'est-il hâté un peu trop de COurir à la curée- L'hallali n'a pas encore ^oné. Sur ces mêmes lieux où, voici deux a^s, les Serbes infligeaient à ses armes un Riront sanglant, les Français sauront in-l!oer une défaite définitive à ce peuple ^ traditions comme sans gloire et qui, i payant pas de passé, n'a que faire de i avenir. Charles Bernard, _ ■ Les Allemands en Belgique. Le régime de la terreur. : Xîlp.r Miss EDITH CAVELL, exécutée à Bruxelles le 12 octobre 1915. ■ Témoignages de sympathie à la famille do M2ss Cavell, LONDRES, 26 octobre. La mère de miss Cavell a reçu une lettre du roi et de la reine par laquelle les souverains lui expriment leurs vives condoléances et leur répugnance pour le verdict terrible qui lui a enlevé son enfant. Dans tout le. monde civilisé, les hommes et les femmes prennent part à la douleur de la mère et pensent avec admiration à la courageuse attitude de sa fille. - LONDRES, 25 octobre. (Reuter.) Le club national libéral vient de voter une motion invitant le roi à fixer un jour spécial où le pays porterait hommage à la mémoire de miss Cavell. M- O'Connor, qui présidait la réunion, a tenu à déclarer que la Hollande, les Etats-Unis et la France ont oritiqué l'exécution de la vaillante femme d'une façon très énergique. PARIS, 26 octobre. (Havas.) Le Conseil municipal de Paris a envoyé un télégramme de condoléances à la mère de miss Cavell. I ■■ i iS' » 9 II y a un m! 27 octobre 19 H: Sur le front de VYser, les Allemands sont refoulés par les alliés qui défendent la voie ferrée entre Nieupo-rt et Dixmude et gagnent du terrain entre Y près et Rouler s; progrès d,c Vartillerie fraivçaÂse dans la région de Soissons et dams celle de Bcrry-au-Bac. A l'est de Nancy, Vennemi est refoulé au delà de la frontière. Le général von Falkenhayn, ancien ministre de la guerrey devient chef de Vétat-major allemand, en remplacement du, général von Moltke, malade. Protestation des anvbassa* deurs de la Triple-Entente auprès de la Tu/rquÀc oal sujet des opérations du ,,Goe-ben" et du ,,Bteslau" contre les villes russes de la mer Noire. Un monitor autrichien coulé dans le Danube. Sur la Manche, ' un paquebot français, V,,Amiral-Ganteaume", qui transporte des réfugiés belges, est torpillé par un sous-marin allemand; trente passagers sont noyés. — P" le légende di pays serbe Mr. Henri Lorin terminait, en novembre 1914, une conférence sur L'Héroïque Serbie par cette magnifique péroraison qui n'a rien perdu de son actualité: "Laissez-moi, pour finir, vous conter une légende du pays serbe; elle est populaire là-bas, et celui qui l'a, le dernier chantée, n'est autre que le roi de Monténégro lui-même: c'est la légende du lac de Scutari. A l'origine, là où miroite au soleil la nappe du lac, on ne voyait qu'un désert de pierres stériles; seule une source jaillissait de' ce triste chaos: elle était admirablement pure,' et une naïade, elle aussi merveilleusement belle, coulait ses jours à se contempler dans les eaux. Un jour, un mauvais génie vint à passer; ne pouvant supporter lé spectacle de ces eaux si limpides, de cette femme si belle, il s'élança sur la naïade et cruellement lui creva les yeux. Traversant longtemps après les lieux de son crime, il s'étonna de les voir transfigurés: un lac s'éployait entre des rives vertes, de grand arbres mêlaient leurs branches au-dessus d'un tapis de fleurs; près de l'eau, une femme était assise, qui pleurait. Le génie reconnut sa victime de jadis et, lui adressant la parole: "Femme, < dit-il, comment ce pays, jadis si farouche, < est-il devenu si riant, si splendide?" Alors , la femme, levant son regard qui ne voyait < pas, mais où brillait quand même une clarté . céleste, répondit: "C'est un miracle de mes < larmes". Je n'ai pas besoin d'insister sur les i allusions contemporaines. Le mauvais génie, c'est le germanisme agressif, père de la i barbarie scientifique. Puissent les larmes de sang qui coulent des blessures ouvertes par : son délire germer, elles aussi, pour l'huma- 1 nité de demain, en une moisson réparatrice < de pais et de liberté!'! ' . : En Belgique. A EruxeHeSi Comme suite à l'information que nous avons publiée concernant le cantonnement éventuel des troupes allemandes chez les habitants de la capitale, nous sommes en mesure de donner la teneur de l'avis publié par von -Bissing et placardé dans toute la yille. ,,Ces derniers temps, les avions ennemis ont choisi fréquemment comme point de mire de leurs attaques les bâtiments occupés par les troupes allemandes. Sans aucun doute, les emplacements de ces bâtiments ont été dévoilés par les civils. La population tout entière est responsable de ces faits, car elle a le devoir, dans son intérêt, de veiller à sa propre sécurité. Au cas où les avions ennemis prendraient à nouveau comme objectif de leurs attaques les bâtiments militaires et leurs occupants, je me verrais forcé — dans l'intérêt des civils même qui habitent le grand Bruxelles et pour empêcher l'espionnage—» de placer des troupes allemandes aux domiciles des civils. La promesse faite naguère que les officiers et les soldats ne seraient pas hébergés dans des maisons privées ne sera pas tenue à cause des faits précités. Cette promesse sera également tenue pour nulle au cas où, d'ici au 25 octobre, on trouverait encore des armes et des munitions chez les habitants."Les. aviateurs alliés savent ce qui leur reste à faire. Il y a des villes en Allemagne où un raid aérien aurait une influence énorme. Ce n'est pas à nous de les citer. Mais il convient que nous relevions ce fait que le grrrand gouverneur général est obligé de retirer la promesse qu'il fit solennellement, parce que les alliés se sont livrés à des actes de guerre parfaitement licites et d'accord avec toutes les lois et les conventions de la guerre. Les Allemands sont devenus absolument inconscients. Où est-ce la frousse qui les tient? * * * Texte de l'arrêté du gouverneur général concernant les soldats restés en Belgique: Il y a encore dans le territoire du gouvernement général des personnes qui se cachent et qui ont appartenu pendant la guerre à une armée ennemie ou sont venues dans le pays sur l'ordre d'un gouvernement ennemi. Je consens à accorder l'impunité à ces personnes, si elles se font connaître et se présentent volontairement à l'autorité allemande dans les vingt-quatre heures; dans ce cas, je me bornerai à les envoyer en Allemagne comme prisonniers de guerre. Ces personnes, si elles ne se sont pas présentées avant l'expiration du délai précité, ainsi que toutes lest autres personnes qui leur viennent en aide d'une manière quelconque, entre autres en les logeant, en les habillant ou en les nourrissant, seront punies de la,, peine de mort ou de fortes peines de travaux forcés et d'emprisonnement en vertu de l'arrêté ci-dessous. J'ai invité les gouverneurs à décréter des dispositions spéciales et des interdictions de nature à assurer la sécurité des installations importantes au point de vue militaire. Quiconque enfreindra ces interdictions s'exposera à être tué sur-le-champ. Voici le texte de l'arrêt susmentionné: Arrêté concernant les personnes appartenant aux armées ennemies et les agents ennemis qui se cachent dans le pay6 ainsi que les personnes qui leur viennent en aide. Article premier. — Quiconque appartient à une armée ennemie ou qui a appartenu à une telle après le début de la guerre, quiconque se trouve au service d'un gouvernement ennemi, sera puni de travaux forcés (à moins que d'autres lois ne prévoient ine peine plus rigoureuse encore) s'il dissi-nule aux autorites allemandes sa présence • lans le territoire du gouvernement général >u s'y tient caché. En cas de circonstances atténuantes, la peine ne pourra -être inférieure à 3 mois. Art. 2 — S'il résulte des circonstances ' jue la personne en question a voulu favori- ( jer une puissance érangère ou nuire aux for- ( ;es militaires de l'empire allemand ou de ses Alliés elle sera punie de la peine de nort. * 1 Art. 3- — Quiconque, en connaissance de ; îause, aide d'une manière quelconque une ;elle personne à dissimuler son séjour, en ire autres en la logeant, en l'habillant ou a nourrissant , est passible des mêmes ïeines. Si, dans les cas prévus à l'article 2, le lomplice bénéficie de circonstances atténuants, la peine de mort pourra être remplacée >ar une peine de travaux forcés qui ne sera )as inférieure à 2 ans. . c Art. 4 — Quiconque connaît le séjour s l'une des personnes désignées à l'art. 1er * >t n'en prévient pas immédiatement une * LUtorité militaire allemande sera puni J L'une peine d'emprisonnement; quiconque, ^ lan® un tel cas, a su qi^e les circonstan- t es prévues à l'article 2 existaient en réali- j é, sera puni de travaux forcés ou d'une c >eine d'emprisonnement qui ne pourra c tre inférieure à, 6 mois. Art. 5. — Ne seront pas punies les per- 3 onnes désignées aux art. 1er et 2 qui se J. rouvent dans le territoire du gouvernement r général et se présentent volontairement à I c 'autorité militaire dans les vingt-auatro i -c heures de l'affichage public du présent arrêté..Bruxelles, 12 octobre 1915- (s.) von Bissing.. * * * Tous les journaux se sont émus de la déportation en masse des jeunes Belges. Empruntons à notre confrère ,,Les Nouvelles" quelques renseignements qui viennent compléter ceux que nons avons publiés hier: ,,ïl est officiel que mardi 19 octobre — et non mercredi — de nombreux jeunes gens réformés de l'armée belge et rentrés fort imprudemment en Belgique ou soldats qui n'avaient pu rejoindre leurs corps, ont été appelés à la Kcxmmandantur de Bruxe^es scrus les menaces les plus sévères et s'y sont présentés. 1500 ont été retenus prisonniers, malgré les pleurs et les supplications de leurs parents, que les soldats ont brutalement dispersés, et emmenés dès le lendemain en Allemagne où ils seront retenus dans les camps de concentration jusqu'à la fin de la guerre, suivant l'avis qui vient d'en être officiellement donné. L'affiche qui ordonnait aux jeunes gens de se présenter dans les 48 heures à la Kom-mandantur menaçait les réfractaires de 10 ans de travaux forcés et même de la peine de mort. Samedi un nouv: contingent de 1500 jeunes gens belges faits prisonniers de la même façon "est passé par Liège se rendant en Allemagne par chemin de fer via Aix-la-Chapelle.Ces arrestations en masse ont produit une sensation énorme dans tout le pays. Elles donnent une idée du régime qui sévira quand l'ennemi sera refoulé et nous permet de crier une fois de plus casse cou à tous les Belges exilés qui veulent rentrer en Belgique."D'autre part, voici la teneur d'un arrêté de von Bissing, affiché dans tout le pays: Dorénavant tous les Belges indistinctement, âgés de 18 à 30 ans, sont obligés de faire acte de présence a la Kommaudantur de leurs ressorts 2 fois par mois. Leurs pièces d'identité — (tous les certificats doivent être renouvelés suivant un nouveau modèle) — seront oblitérées d'un timbre portant les mots.,,-Unter Uberwach-nung". Tous ceux qui seront trouvés avec leurs certificats sans timbre seront amenés à la kommandantur et passibles d'une amende de 3 à 10 marks... pour commencer. On conçoit l'émotion que ces mesures ont produit dans le pays, venant après des 'condamnations d'une sévérité qui sent trop la vengeance. Le même journal apporte quelques renseignements au sujet de M. Philippe Bancq, fusillé par les Boches. Ce brave nomme, marié et père de famille, habitait à Schaerbeek, 49 avenue de Roodebeike. Il avait été président de l'association conservatrice de Linthout. Il fut arrêté, avec beaucoup d'autres, parce que son nom figurait sur une malencontreuse liste de partisans trouvée aux mains d'une imprudente. Une perquisition amena la découverte chez lui d'un gros paquet de numéros de la ,,Libre Belgique", dont il ne put déterminer ni l'origine, ni la destination. C'est le seul grief que l'on articula à sa charge. On lui promit la vie sauve s'il voulait parler. Baucq refusa avec stoïcisme. Il tomba fidèle à la parole donnée et infligea ainsi jusque par sa mort une cinglante leçon à ses bourreaux galonnés. Comme nous l'avons dit, un service funèbre a été célébré. De cette cérémonie inoubliable resté un ,,souvenir mortuaire" qui constituera un * précieux document. C'est un bristol du formai ordinaire à ces pieux imprimés, gravé en taîîie douce, sur lequel figure: les portraits de nos trois rois Léopold 1er, Léopold II, Albert 1er, en dessous desquels se présente, entouré dans les plis du drapeau belge, la photographie du héros. Philippe Baucq, ,,mort pour la Patrie"; au fond, à gauche, en demi-teinte, une vierge, réprésen- 4 tant la Belgique en deuil, prie au pied de ' la Croix. C'est d'un sentiment admirable et 1 ?.'est admirablement exécuté, mais il faut 3tre en Belgique pour comprendre la valeur }ue l'on peut attacher à un tel document... 1 * * * i 1 La fatalité s'acharne contre les grosses c mités aériennes de l'empire, écrit ,,Le XXe s Siècle". Après la mésaventure du „L. Z. 38", incendié dans son hangar d'Evere dans des ïirconstances qui sont encore présentes à tou- p Des les mémoires, voici que le ,,L. Z. 2" vient (] l'être aux trois quarts détruit par la mala- y Iresse de ceux qui avaient mission de le con- j luire. Ce dirigeable n'avait pas moins de 150 T nètres de long, et tous ceux qui ont eu l'oc-:asion de l'approcher à la suite de sa désas- 1 relise équipée nous ont dit avoir été surpris c le*l'importance de son ossature, de la puissance p le son armement et do l'élégance do 6a con- d truction. Le nouveau navire aérien nous était r -ombé du ciel mardi matin, à o heures. On 'avait vu évoluer pendant la matinée du même our au-dessus de la ville et, le soir, le fracas de on moteur avait averti les habitants que 'aérostat était x>arti pour une de ces expédi- S; ions nocturnes qui se terminent généralement P >ar le massacre de quelques enfants, de quel- q [ues femmes et de quelques vieillards sans v léfenso. Mercredi matin, à 7 h. 45, après une nuit a u cours de laquelle les feux convorgents des :hares n'avaient cessé de sonder les profon-leurs du ciel, le Zeppelin a refeiù son àpjpa- & •ition au-dessus de Berchem. Les paysan.-, n iccupéi à la récolte des pommes de terre, l'ont ; ■u divsnp.ndre lentement, effectuer un viraire I 1' Itrès large pour 6e rapprocher du sol, puis s'élever à nouveau pour redescendre après un deuxième vol circulaire. Il revenait cette fois - en droite ligne vers le hangar, évoluant à quelques mètres de hauteur à peine, lorsqu'une panne de moteur, nous a-t-on expliqué, immobilisa une de ses hélices., Le dirigeable, désemparé, poursuivit' sa marche. Une maison de >• maraîcher se dressait là en pleine campagne parmi les champs de betteraves. Le Zeppelin fonça sur l'obstacle. Avertis trop tard par le mugissement do la sirène, les mécaniciens ne réussirent pas à le faire dévier de sa ligne. L'arrière de la nef, ayant rencontré la toiture, s'y accrocha brutalement. Arrêté dans sa L* marche, le dirigeable se cabra, piqua du nez et, se couchant ensuite sur la crête du pignon, - s'empala littéralement. g De toutes parts, dans les champs, les paysans ^ se précipitèrent en curieux, précédant de peu ^ les soldats qui, de la plaine d'aviation où ils e se tenaient, prêts à intervenir,' avaient assisté aux péripéties de cet atterrissage mouvementé. s De la nacelle d'avant, une dizaine d'officiers et ^ de soldats descendirent dès *qu'on eût déployé les échelles mobiles de sauvetage/ La carcasse e éventrée enveloppait à ce moment la maison tout entière intercalée entre les deux cabines centrales et la nacelle d'arrière. Fort heureuse-g ment, la femme du maraîcher, qui se trouvait a seule au logis ,s'était enfuie au moment de l'accrochage. Elle ee tenait à quelques mètres do là, très inquiète sur le sort de 6a vache emprisonnée, avec sa maison, dans la carcasse en s aluminium. Il fallut travailler longtemps pour délivrer ) ce géant des airs de sa situation plus que cri-3 tique. Les hélices durent être démontées, les nacelles descendues. Ainsi délesté, l'avant du dirigeable se souleva, grâce à la force ascensionnelle du gaz, et la maisonnette reparut aux 1 regards, débarrassée enfin de son enveloppe, b II y eut à ce moment un craquement et l'on vit le Zeppelin, comme ooupé en deux, s'affaisser complètement à l'arrière. Il ne fallut pas moins ï de trois cents soldats pour convoyer jusqu'au 5 hangar le monstre aérien frappé à mort et L définitivement hors de service. Ou raconte qu'il y a eu plusieurs victimes. I Maïs les chiffres que l'on donne 6ont contra-3 dictoires, et nous n'avons pas cru devoir interviewer à cet égard M. von Bissing. Il devait d'ailleurs être, à ce moment, d'une humeur 5 détestable.... Esvil besoin de dire que la nouvelle de cette ,,katastrophe" a réjoui toute la population et | ^ que les curieux se sont rendus en foule sur les lioux de l'accident pour contempler do près la maison providentielle à laquelle ét?Jt réservée l'heureuse fortune de pourfendre un Zeppelin ? A Anvers. Nous reproduisons, à titre de curiosité, : un petit poème découpé dans un journal ; paraissant à Wellington (Nouvelle-Zélande)-1 Le coq du, clocher. Un de nos bons amis d'Anvers, ' Par un matin de cet hiver, Regardait onduler la flamme'" allemande sur Notre-Dame ; Quand un Boche vint à passer ( Et, croyant au mieux s'adresser, Lui dit, avec la suffisance De son imbécile inconscience : — ,,Cela, Monsieur, c'est mon drapeau Und ùber ailes le plus beau!" •— Ça, dit l'autre, c'est bien possible Et je ne suis pas insensible De voir ainsi par dessus tout Cet emblème de votre goût. Mais veuillez aussi reconnaître Que celui-ci n'a pu se mettre Qu'au-dessous de îjptre vieux coq, Solide au poste comme un roc. Jamais on ne le vit descendre Et c'est ennuyeux, à tout prendre, N'est-ce pas? N'ayant pas d'pot Il doit le faire sur vot'drapeau. * * * Nous apprenons les. fiançailles de Melle Stéphanie Fisiher, fille de M. Maurice Fis-her, de diamantaire et pttiiianthrope bien connu, avec M. Elie Asscher, de Paris. A. Namiir, Un a.vion allié a 1 ncé des bombes sur les forts de Namur. A BrEi^es» Les Allemands ont installé trois hôpitaux : dans l'Ecole Normale, dans le cloître anglais et dans le bâtiment de l'hôpital militaire..* * * Les offices religieux ont lieu, pour la religion catholique, à l'église des Jésuites, | pour la religion prote**uute dans la salle des Gildes. Les soldats se rendent aux services précédés de fifres et de tambours. * * * ,,Le Telegraaf" nous apprend qu'une partie du cimetière a été réservée aux. soldats boches dont le6 décès, à Bruges, "sont nombreux. C'est le ,,Frie^eshof". Lee Belges et les Français reposent côte à côte. Deux soldats anglais se trouvent couchés 1 un peu plus loin, délaissés pourrait-on croire. Il n'en est rien cependant et des patriotes fleurissent souvent la tombe des deux Tommys. Récemment, sur une couronne déposée sur leur tombe, on pouvait lire ces mots: ,,A nos amis". „ * * * Les Allemands éprouvent encore une vive satisfaction à faire défiler dans les principales rues de la ville des prisonniers — quand ils en ont ! Dernièrement, on a pu voir un Hindou en costume national entre deux Boches, très fiers. Vraiment, il n'y avait pas de quoi, — pour un prisonnier,! — C'e sont ces sauVages-là que les An- j glais' envoient contre nous, s'écria un Aile- { m and. C'est de la civilisation, ça!" Vous pensez si on ricanait autouf do | l'orateur J Tous les soldats espèrent être rentrés pour la Noël. Vain espoir.., * * * Le kominandant von Buttler habite une très belle maison sur le Dyver. Les inscriptions françaises durent, un beau matin, être effacées. Quelques flamingante fous furieux avaient cru le moment venu de prendre des mesures, comme ils disent! Et les Allemands d'emboîter le pas et de devancer, de toute leur lourdeur, les quelques imbéciles qui vivent à Bruges. Ordre fut donné d'effacer le3 inscriptions. Ainsi fut fait. Mais, à présent, sur les plaques indicatrices des noms des rues, on peut lire ; Bahnhofstrasse, Langestrasse, etc.... Et les idiots de rayonner ? Les traits de peinture dont le3 enseignes françaises des magasins avaient été recouvertes ont été effacés... par la pluie! Si bien que les éléments nous donnent raison; * * * Il y a un cinématographe rue des Pierres qui s'appelle ,,Zum Alt Brugge". Plusieurs boutiques boches ont ouvert "leurs volets: échoppe de journaux, bierhallen, tailleurs, etc..., * * * Le Casino des officiers est toujours installé dans un hôtel particulier de la rue des Flamands, celui des sous-offs rue Haute. Il y a aussi des ,,Geschâftszimmer ' pour soldats.\ * *■ La vie est très chère, la misère générale. On paie 7 francs le kilo de cacao, 4.60 le beurre, 14 fres les 100 Kos. de pommes de terre, 1.65 le kilo de savon, 2,25 le litre de pétrole, 70 centimes le kilo de riz. * * * L'heure de la retraite est fixée à 8 heures l'heure belge.) Tous les jours,les musiciens boches nous servent un concert dont tout le monde se passerait. —: ■ Cj». - ■ M lecnsissance bulgare.... Voici une lettre que vient de recevoir M. le député Tenva-gno de son ami le député italien Gava! ini ; R o m e, le 8 oct. 1915. M un Cher, J'ai bien reçu votre lettre et c'est avee plaisir que je vous envoie de temps à autre des nouvelles de la ,,Bolla Itajia", comme vous l'appelez. J-/9 fait qu'on discute le plus ici, c'est la possibilité de l'intervention définitive de la Bulgarie en faiveur de la Turquie. C'est un ïomble et, à ce sujet, laissez-moi vous raconter un entretien qu'un de nos amis a eu, il y a quelques jours, avec le sculpteur Arnoldo Zoc--hi, notre grand artiste, l'auteur du superbe monument dédié au tsar de Russie et érigé à l'occasion de la libération de la Bulgarie du joug de la Turquie. Comment, lui disait Zocchi, la guerre entre a Bulgarie et la Russie, mais c'est impossible! Et l'artiste raconte comment fut accueillie la manifestation en l'honneur du tsar, il y a juelques années. C'était du délire! Le peuplo entier se grou-)ait autour du Grand-Duc entouré de nombreux personnages officiels russes. Le tsar Stait représenté par les 2-50 généraux qui ivaient combattu pour la libération de la Bulgarie. Le tsar avait voulu que les drapeaux le tous les régiments qui s'étaient battus con-re la Turquie fussent présents à la cérémonie! C'était un spectacle inoubliable que celui de :es drapeaux, gardés par la garde impériale, j>ar les cosaques du Don, par les dragons de jitliuanie et les grenadiers de la Garde. Le discoure inaugural fut prononcé par M. >a-nell, qui déclara aux acclamations de la oule que la Russie avait vaincu la barbarie t qu'elle était désormais la mère de la jeuno Julgarie. Le grand-duc Wladimir répondit à e discours que le peuple russe était heureux l'avoir arraché à la barbarie turque un peuple eune et conscient de ses devoirs. Le tsar Ferdinand de Bulgarie assista h la cérémonie t pleurait d'émotion! Et maintenant, Mon her Tervragne? Je ne puis pas m'imaginer ue la population bulgare puisse oublier en ce îoment suprême la barbarie turque et tout ce u'elle doit à la Russie. Nous ne croyons pas ue peuple bulgare suivra Ferdinand I dans ette aventure incroyable. A Rome, personne ne doute du succès des Jliés ; nos soldats feront leur devoir jusqu'au out à l'exemple des braves soldats de la Bel-ique. Nous, du moins, nous savons potîrquoi ous nous battons et nous n'oublions pas que les telges out donné l'exemple du devoir. Tous os soldats tombés sont morts 6ur leur propre )1 en •défendant leur patrie contre l'ennemi, luant aux Allemands, pourquoi sont-ils morts? 'as- un d'entre eux n'aurait pu répondre 'à' 2tte question nu moment de son agonie. Rien e menaçait l'Allemagne! J'aurais voulu vous onner quelques détails de la réunion du parti i»i aura lieu à Turin le 10 octobre ^t dans la-uelle il sera question de l',,Avanti" et de la oiitique de Salandra, mais ma lettre est déjà 'op longue pour vous parler encore do tout îla. Votre tout dévoué, Antonio Cavalinî. Ro. Consolato d'Italie in Amsterdam. Si rende noto che sono cliiamati aile armi segnenti militari di prima e seconda cate-Dria di tutti i Distretti del Regno: 1882 fanteria compresi i provenienti 1883 -dai granatieri. 1882 bersaglieri. 1884 alpini. Gli interessati sono invitati a presentarsi più presto al Ro. Consolato (Keizersgracht >3). Amsterdam 2.6 Ottobre 1915. Il Ro. Console, fi, B. Hgnny.

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Cet article est une édition du titre L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam appartenant à la catégorie Oorlogspers, parue à Amsterdam du 1914 au 1918.

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