L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam

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s.n. 1914, 09 Decembre. L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam. Accès à 11 juillet 2020, à https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/fr/pid/2j6833nv99/
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i«» annee pt. *y' S cents (lO Centimes) Mercredi 9 Oécerrr >re 1914 L'ECHO BELGE L'Union fait la Force. Journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam Belge est notre nom de Famille. Toutes les lettres doivent être adressées nu bureau de rédaction: N.Z. VOORBUBGWAL 234-240. Téléphone: 2797. Rédacteur en Chef : Gustave Jaspaers. ( Charles Bernard, Charles Herbiet, Comité de Rédaction: J Gustave Peellaert, René Chambry, ( Emile Painparé. Pour les annonces, abonnements et vente au numéro, s'adresser à l'Administration du Journal: N.Z. VOORBURGWAL 234-240. Téléphone: 1775. Abonnement / En Hollande fl. 1.50 par mois, payable par anticipation I Etranger fl. 2.00 ,, „ De Coblence à Anvers. M. E. Castelein, marchand, président de m que l'on appelait communément le conseil d'administration de la ,,Métropole", est fort en colère contre les rédacteurs de o© que l'on appelait communément le con-dres. Une qu&relle où nous n'avons rien à voir- Mais M. Castelein touche à certains points d'ordre général et il s'en prend aussi indirectement à nous-mêmes. C'est pourquoi, sans nous mêler de choses qui ne nous regardent pas (ce qui est toujours impoli), •nous nous permettons, non point de répondre à M. Castelein, mais d'émettre quelques considérations qui trouvent tout naturellement leur place dans le cadre de ce journal.Et qu'on ne nous accuse pas tout d'abord d'entretenir de stériles polémique®, (nous avons bien mieux à faire) ni de vouloir creuser plus profond le gouffre — pourquoi existe-t-il. au fait? — entre ceux qui restent et ceux qui sont partis. On connaît notre point de vue: l'intérêt supérieur de la Belgique exigeait le sacrifice d'Anvers. Mais il est dit que l'exemple de Moscou restera unique dans l'histoire. Anvers n'a pas été sacrifiée. Le tas de briques qu'elle représente sous le ciel a été sauvé par MM. I4>uis Franck et consorts. Ils se sont également efforcés de rappeler à Anvers ^ les Anversois et de ranimer autant que possible la vie dans la cité morte. Ne nous occupons pas de savoir jusqu'à quel point ceci était conforme aux intérêts de l'ennemi, contraire par conséquent aux intérêts de la Belgique. Il existait — et on a créé — à Anvers des situations, pour employer l'expression que M. Castelein a probablement empruntée à la langue flamande, dont on ne poujvait pas ne pas tenir compte. Il fallait bien vivre et pour vivre il était besoin de composer avec le vainqueur. On a donc composé. Nous n'examinerons point si on n'a pas été un peu trop avant dans la composition, et si on n'a pas exécuté de trop bonne grâce ce qu'on ne pouvait pas faire autrement. Tout ceci sont des points de détail et nous sommes les premiers à rendra hommage à cette sorte d'héroïsme de seconde classe qu'il a fallu à ces messieurs pour mener leur œuvre à bien. Sans aller jusqu'à suspendre des couronnes au piédestal où ils se sont complaisamment hissés nous ne tenterons rien, non plus, pour les en déboulonner. Cela ne nous intéresse pas. Nç>s yeux sont tournés vers l'Yser, là où combattent notre Roi et notre armée. Il n'f^t point de héros en dehors d'eux. Il n'y a qu'une chose que ncus leur re-prcii-ioi.s: c'est d'avoir attenté.à l'honneur de notre corporation. Est-il vrai, oui ou non, qu'ils aient incité les journaux à reparaître? Est-il vrai, oui ou non, qu'en l'absence d'aucun autre journal ils aient aidé à la création de ces „Antwerpsclie Tijdingen" que le peuple d'Anvers, ce peuple honnête et fier dont l'instinct ne se trompe pas, a tout de suite baptisé: ,,Het blad van den Duts" ? En se cas ils ont eu tort. En ce cas M. E. Castelein, puisque c'est lui qui est en cause, a eu tort de considérer qu'un journal est une marchandise comme le sucre, par exemple — M. E. Castelein, je crois* est négociant en sucre? — que l'on achète bon marché et que l'on vend cher. Je n'ignore pas cependant que ceci est une conception du journalisme, la conception qu? s'en font les marchands de papier. Mais il y en a une autre, celle des journalistes, dignes de ce nom, et pour qui le journal est. une idée qu'on répand, un instrument de lutte et de propagande. Or, M. E. Castelein savait bien que sous le régime allemand cette lutte était devenue impossible et que notre propagande patriotique devait prendre fin. Notre place, à nous, ouvriers de la plume, n'était plus à Anvers. Je sais : le public désire avoir des nouvelles. D'abord est-ce une raison pour lui en donner ? Ensuite comme ce6 nouvelles ne peuvent être que favorables aux Allemands, n'est-ce pas contribuer à aider le conquérant «dans sa conquête que de publier et de ne publier que de6 nouvelles favorables à ses armes, ou, tout au moins présentées de telle façon qu'elles ne puissent point nuire à son prestige ni ranimer chez le public l'espoir d'une prompte délivrance? Car M-. E. Castelein — il ne s'agit pas ici de jouer sur les mots — avance sciemment une contre-vérité lorsqu'il affirme que les journaux, à Anvers, ne sont pas soumis à la censure. Aussi lorsque lui et ses amis, sans peut-être avoir réfléchi aux conséquences de leurs •ctes, ont incité certaines feuieles à reparaître, ils ont engagé la responsabilité des journalistes en général, j le répète, ils ont fait bon marché de notre honneur. Et ici nous protestons avec énergie, je protes.e en compagnie de tous me6 confrères de Bruxelles, de Liège et d'Anvers dont 1 immense majorité et parmi eux tous ceux qui portent un nom honoré dans les lettres ^il n'y a pas que dans les sucres qu'on puisse se faire un nom honoré, M. Caste-Ifein — sont avec nous qui ne voulons pas exercer notre profession avec la tolérance j de l'autorité allemande. Pour le reste, je regrette que fr pamphlet de M. E. Castelein nous ait obligé à sur un t*n peu plu» vif ce 311e j nous avions déjà écrit ici même sur l'indépendance et la dignité de Ja presse^ Il nous suffit que le ,,XXe Siècle", qui paraît au Havre, ait bien voulu reproduire ces quelques considérât ons en les approuvant, pour que nous fassions fi des injures du „Handelsblad" qui auront certainement reçu l'approbation des officiers allemands chargés de le contrôler. Je ne relèverai plu6 qu'un mot dans le pro domo de M. E. Castelein. Il parle, visiblement satisfait de ses connaissances littéraires et historiques, des ,,petits Coblence" de Hollande et d'Angleterre. Veut-il dire • par là qu'un jour nous reviendrons ,,dans les fourgons de l'étranger"? Nous en ac- j ceptons l'augure. Mais cet ,,étranger" ce sont les Français et le6 Anglais avec qui se trouvent notre Roi et notre arméë. Ce jour-là, tout au bonheur, nous n'en voudrons pas à ceux qui ont préféré la servi- ! tude de cet autre étranger qui a.pris notre territoire, ruiné notre pays et tué le6 meilleurs de nos fils. CHARLES BERNARD. . I- -TTFTI i m » Pour la St. M'isolas et la Moël de nos soldats. D'abord, merci de tout coeur à ceux, déjà si nombreux, qui nous envoyèrent leur obole, opulente ou modeste, -pour les braves soldats qui continuent, au front, la tâche glorieuse et difficile. Parmi les lettres qui accompagnent ces envois, il en est d'exaltées, de patriotiques, d'émouvantes. Nulle pourtant ne remue autant que ce simple mot, si admi- j rablcment belge, en sa sobre et sincère çom- '■ passion. Nous le reproduisons ici, sans y changer un iota. Il amènera, soyons en persuadés, plus d'une larme aux bords des paupières de ceux qui ont, là-bas, une affection, une amitié; il touchera profondément tout coeur sensible, tout coeur véritablement belge. Voici: ,,Pour la Noël de nos ,,soldats, une Belge qui regrette de ne pou- • ,,voir donner beaucoup à nos .brxiv.es —J ,,seulement je ne possède plus, ni maison, ' ,,ni meubles, ni vêtements. Mais il me reste ,,le courage de travailler pour eux, soit . ,,coudre ou tricoter Rappelons, pour la dernière fors, que | notre DERNIÈRE liste de souscription paraître JEUDI 10 DÉCEMBRE. Nous prions j donc, no* lecteurs d'en vrendre bonne note. Montant des 6 listes précéd 520.30 fr. • 341.52 fi. M. Carpentiers 1-00 ,, M. Eug. Van Hoove 8.00 fr. Pour que mon fils et la Belgique nous soient rendus 50.00 ,, Anonyme,'un paquet de bas et... 20.00 „ Jules Lahaye 2.00 „ Famille Moulleron, pour soulager nos vaillants soldats 1.00 fl. , Un officier interné à Amersfoort 5.00 fr. Albert Stainier nous envoye sa solde de dix jours qu'il offre de tout coeur pour la St. Nicolas et la Noël de ses lrères. u'ar- mes au front 1.00 fl. Deux familles, hôpital Caritas lioosendaal lO.OO ,, . 14.8 internés do Kampen, pour la Noël de leurs valeureux frères d'armes et pour le succès de notre vaillante armée de campagne (voir les noms de cette . souscrip. en 2e page) 15.30 ,, M. H. Houben—Lo Clerc pour l'oeuvre de la St. Nicolas et la Noël de nos soldats 10.00 ,, Les sept inséparables du manège de Kampen et la femme de l'un d'eux 3.75 „ De la part d'un groupe de sous-officiers belges internés à la caserne d'Harderwijk 11.62 Une Belge: je regrette de ne pouvoir donner beaucoup à nos. braves, seulement je ne possède plus ni maison ni meubles ni vêtements, mais il me .reste le courage de travailler pour eux, soit coudre, soit tricoter 1,00 „ Les internés du 14e de ligne à Harderwijk (camp) pensent à la St. Nicolas de leurs frères d'armes qui luttent si vaillamment sur le front 13.66^ ,, Mme Ten Kate, Doorn 2.50 ,, N. N. pour la Noël des vaillants. conquérants du sol natal . 5.00 ,, Pour la Noël de nos soldats. Jean. 1 et Hélène Moisse . 2.00 „ I.-S V> n Tôliers et soldats de la 3e batterie montée de forteresse, internés, chambres D. 12 et D. 16 à Lecuwarden n'oublient pas leurs frères d'armes .; 13.00 ,, [ Pour notre frnve aux vaillantes ! batteries à Schoorbakke 1.00 ,, Mme Florent Jaspar 20.00 fr. Melle Marianne Jaspar 5.00 ,, M. et Mme. Léon Fischer - 2-5.00 ,, , M. Ch. Raeymaeker ■ l.'OO fl. | Pour que la Belgique garde son ! indépendance Marc Kubens ...... 1.00 .. S. Bennie ....„ ..." 0.50 ,, Hollandaise de naissance, Belge de j coeur 0.50 ,, | Pour la St Nicolas des militaires. 0.20 fr. Hélène et Jules 0.25-fl. Allons, postiers belges, un bon ! mouvement 1.00 fr Anonyme 2.00 ,, A. W. D. .; 1.00 fl. Nous souhaitons que l'année prochaine la fête de Noël sera célébrée par nos vaillants soldats belges dans leur chère patrie. Cercle ,,Antwerpia", La Haye ... 25.00 ,, Pour la St. Nicolas de nos soldats au f>ojit de la part de Frantje... 2.04 fl. i En Belgique. A Bruxelles. Les paroles d'adieu du général von Lutt-wittz au collège échevinal dè Bruxelles ont été celles-ci: ,,J'espère, a-t-il dit, que la population bruxelloise ne gardera pas de moi un trop mauvais souvenir, car j'ai tout fait pour adoucir( ?) les ordres sévères, qui m'étaient transmis de Berlin." Que réserye-t-on donc aux Bruxellois? Car il ne faut pas oublier que le général von Luttwitz a fait interner de vaillant Max, qu'il a fait signer aux gardes-civiques bruxeLois une renonciation aux prises d'armes, alors qu'ils doivent fidélité au Roi. Même, il avait proposé de faire ceux-ci prisonniers et de les expédier en Allemagne. Sera-ce là le don de joyeuse-entrée de son succeseur ? Nous ne le pensons pas cependant, car les gardes faits prisonniers à Hasselt ont été récemment renvoyés dans leurs foyers. Parmi les premiers gardes-civiques qui sont ailés signer l'appel allemand figure un général ! Il est vraiment malheureux que l'exemple soit parti de haut dans de telles circonstances. On tient, en haut-lieu, la liste de 193. prêtres belges tués, blessés, quelques-uns mêmes mutilés. * * * Nous trouvons dans la ,,Kôlnische Zei-tung" du 24 octobre 1914, no. 1166, 4e page, 1ère colonne, l'annonce d'une vente publique de ,,chevaux de butin" (Verkauf von Beutepferden). Le butin croyons-nous n'est pas légal lorsqu'il ne s'applique pas exclusivement à des impedimenta militaires, cannons, = fusils, costumes, munitions, chevaux pris sur le champ de bataille. Par l'énumération des espèces chevalines mises en vente, on se rendra compte qu'il s'agit de chevaux razziés à des éleveurs, propriétaires et fermiers. Nous traduisons aussi scrupuleusement que possible, car ce document à sa valeur, les Allemands ayant toujours niés qu'ils faisaient du butin dans les pays envahis par leurs soldats : Vente de chevaux de butin par les soins de la Chambre d'Agriculture sous le contrôle de la Centrale chevaiine rhénane, le mardi 27 octobre et mercredi 28 octobre, à partir de 10 heures, à l'abattoir de Cologne. On mettra aux enchères 400 chevaux de butin (Poulains d'un an, Poulains de deux ans, Chevaux d'usage, 8 Etalons). Comme acheteurs sont admis seulement les agriculteurs de la province rhénane et des provinces limitrophes, qui peuvent démontrer cette qualité par un cerficat administratif et qui s'engagent par écrit à n'emp.oyer les chevaux que dans leur propre exploitation agricole. Il sera donné lecture, avant l'ouverture des enchères, des conditions formelles de la vente. La vente se fera sans garantie, seulement contre paiement comptant. Au local des enchères n'ont accès que les agriculteurs, lésquels devront prouver leur telle qualité par un certificat administratif. Il semble bien, la vente ayant eu lieu à Cologne, que ces chevaux ont été pris en Belgique. Les Allemands, partout où ils ont passés chez nous, ont d'ailleurs réquisitionné' les chevaux, jeunes ou vieux, et même les superbes bêtes employées par les ,,Nations" d'Anvers. Les hôpitaux regorgent de blessés. Les soldats allemands hospitalisés y sont dans 1$ proportion de 8J à un Belge. Après le combat de l'Yser, 27 trains, dit ,,L'Alge-meen Handelsblad" d'Amsterdam, passèrent par Bruxelles, remplis de cadavres qui allaient être brûlés aux environs de Namur. * * * Il y a 12.000 soldats allemands en ville, appartenant tous à la landwehr et à la landsturm. * * * Les Français habitant Bruxelles, tout comme les Anglais, ont été fait prisonniers. * * * La qualité du pain ne s'améliore pas. De plus, il coûte quarante centimes par kilo ! Le lait, le beurre et le fromage nous arrivent de Hollande. A Anvers. Notre concitoyen Jacques Pecher, tué à l'ennemi, était un brave dans toute l'acception du mot. Toujours et partout, il était au premier rang, entraînant ses camarades. Le colonel Verbist du 10e de ligne rendit hommage à son courage. A l'issue du combat où il trouva la mort, Jacques Pecher devait être porté à l'ordre du jour de son régiment et proposé pour la médaille militaire ! Les Allemands ont décidé dorénavant de sceller tous les fûts de genièvre qui pourraient se trouver encore chez les liquoristes ou cafetiers, afin de mettre fin, une fois pour toutes, au débit de boissons fortes. * * * Un brave homme rencontré eu rue, après 8 heures du soir, a écopé de 30 fres d'amende. * * * Il y a eu dernièrement une très violente tempête qui a renversé les murs de plusieurs maisons, atteintes par le bombardement. L'autorité a donc décidé, pour éviter que ces chutes de pans de murs entraînent mort d'hommes, qu'ils seront abattus très prochainement.* * * Plusieurs cafés — pourquoi ? on ne sait — ont fermé leurs portes. Parmi ceux-ci l'Habis, Avenue de Keyser. * * * Les Allemands ont retenu à hauteur du fort Ste Marie plusieurs bateaux faisant le service entre Anvers et la Hollande. Des perquisitions minutieuses ont été faites «t les passagers furent fouillés soigneusement. » • • Au sujet des racontars qui ont couru concernant une réapparition éventuelle du journal le „Matin" à Anvers, nous sommes autorisés.à dire ce qui suit: Jamais le directeur, ni aucun des rédacteurs de ce journal n'a envisagé l'éventualité de reparaître sous la censure allemande. Les Allemands se sont montrés, à Anvers, fort mécontents, mais n'ayant pu contraindre le „Matin" à paraître, ils ont piis le parti de .., l'interdire. On sait que cette méthode leur est familière. Ils se sont donc mis en quête d'un rédacteur, et, à défaut, d'un employé ; ils ont fini par trouver une personne ayant des rapports avec l'administration du journal. Ils lui ont signifié qu'il était interdit au „Matin" de paraître sous peine d'une amende de 1000 marks par jour. Enfin deux officiers allemands, accompagnés de deux agents de police anversois, sont venus perquisitionner dans les bureaux du j journal, où ils ont saisi quelques documents j Aucun des journaux anversois qui paraissent . en ce moment,... en toute liberté, n'a si-j gnalé ce fait. Pourquoi ? La police a dû, I cependant, en aviser l'organe officiel de la Commission intercommunale—ces ,,Ant"werp-sche Tijdingen" qui n'ont été créés—par j décision collégiale—que dans le seul but de menacer les petits journaux d'Anvers dans i leur clientèle et de les contraindre de la : sorte à reparaître sous peine de se voir couper l'herbe sous le pied par le journal de , l'hôtel de ville. Ces menus faits de douce persuasion ne s'oublieront pas.—,,La Belgique". * * * j Je puis vous en raconter une bien bonne . qui a fait la joie des Anversois et la rage ! des Allemands. Elle concerne la construc-i tion du pont sur l'Escaut, sur lequel un : aviateur anglais vient de jeter des bombes j qui ont manqué le but. j Donc, après avoir fait, à trois reprises, i des efforts vains, (ils n'avaient pas compté | sur la marée), il fut fait appel aux lumiè-' res d'un sergents d'un soldat du génie, forits prisonniers. — Ces braves gens avaient donné toutes les instructions nécessaires, mais I après 3 jours, lorsque la construction devait commencer... . nos deux soldats étaient j parvenus à s'échapper et les Allemands ex-| périmentèrent à leurs dépens que les données 1 étaient absolument fausses, quoi qu'elles parussent logiques en théorie. Les plus beaux bois d'ébénisterie ont été employés pour les essais de construction: acajou, cèdre etc. alors que le bois de construction, beaucoup moins coûteux, s'amoncelle sur les quais d'Anvers! * * * A Halsteren, près B ^rgen-op-Zoom, se trouve le peintre René Bosiers; Jan de Graef est à Bréda et Joseph Posenaer à Domburg, près Middolburg. * * * Il y a eu cette semaine d'importants enlèvements de bois et d'ivoire par les Allemands; une partie de ces marchandises appartenait à des maisons de commerce norvégiennes et sué 'oises. Les consuls, au nom de leurs nationaux, eurent beau protester; aucune protestation, sur place, ne fut admise.... * * * Le Tribunal de Commerce a adopté l'heure allemande. Mais on n'y plaide pas encore en allemand! , * * * Un officier a déclaré à l'un de nos amis ' qu'en cas de retraite, — tout ^st possible en temps de guerre, ajoutait-il —'es gardes civiques seraient emmenés en Allemagne comme prisonniers de guerre afin que, malgré l'engagement signé, quelques-uns d'entre eux ne soient pas tentés de prendre du service dans l'armée belge ! * * » Où sont les représentants de la métropole ? MM. Delvaux, Duysters, Franck, Henderickx et de Meester sont restés à Anvers ; le Dr. Terwagno, Frans Van Cauwelaert et De Schut-ter en Hollande; Van Kerkhoven d'Exaerde, le ; Dr. Van de Perre, Van Reeth 'résident en j Angleterre de même que le sénateur Koch. Le ! comte do Ramais est au Luxembourg, le ministre Papl Segers et Edouard Pecher au Havre, MM. Lechef, Van der Molen, Rijck-mans, Van Peborgh et le baron Cogels à Anvers.* * * On parlait en ville de la mort du ténor , Girod, du Théâtre Royal, tombé au champ d'honneur. Nous n'avons pas confirmation de cette nouvelle .11 convient du reste dé n'accueiller ces avis mortuaires que sous toutes réserves. Combien de nos amis soi- disant tués et qui se portent fort bien! * * * Les jeudi, vendredi et samedi, de chaque semaine on paie, par - soins de la ville, la solde aux femmes des soldats domiciliés à i Anvers, A Louvain. Le ,,Tijd'' reproduit une lettre que le Dr. Sandt écrit au professeur Adolf Har-nack, directeur-général de la Bibliothèque Royale de Berlin, concernant les fouilles entreprises parmi les ruines de l'Université de Louvain. Reproduisons le texte de sa j lettre: Excellence. En réponse à votre honorée du 21 octobre 1914, je puis vous confirmer qu'il résulte | de l'examen des ruines de la Bibliothèque j de l'Université de Louvain qu'il n'y a, 1 hélas !, plus aucun espoir de retrouver des pages de livres ou certains manuscrits qui pourraient être encore utilisés. Les [ fouilles des ruines se font sous la surveillan-j ce constante du bourgmestre actuel M. le I Dr. Neerinckx, professeur à l'Université, qui prendrait, le cas échéant, toutes mesures utiles pour mettre en lieu sur, les livres qui ! pourraient être retrouvés. Jusqu'à présent, j on n'a rien découvert et tout espoir sem-1 ble même perdu de rien retrouver. Agréez, etc.... Dr. SANDT. Ceci est évidemment un document que les Allemands ne pourront réfuter, alors qu'ils prétendent que la Bibliothèque n'a été détruite que partiellement. Parmi les volumes brûlés, dit le ,,Zen-tralbladt fiir Bibliothekswesen", figurent : quelques manuscrits appartenant à l'Université de Leiden et plusieurs exemplaires de la Bibliothèque Royale de Dresde, j Ce journal essaie d'endosser la faute de 1 cet acte inqualifiable— aux employés de la bibliothèque de Louvain, qui ne se seraient pas trouvés à .leur poste lorsque les soldats firent irruption dans le local ! Nous rappellerons aux rédacteurs du ,,Zentral-blaat" que les soldats avaient fait évacuer ( une partie de la ville et que l'incendie commença à une heure où la bibliothèque est depuis longtemps fermée. Faisonsrlui aussi remarquer qu'il n'y avait pas moyen de traverser les rues parce que les soldats tiraient de droite et de gauche des coups de feu et ne laissaient sortir les habitants que pour les massacrer ou les emmener en captivité. Quant à l'argument qui tend à amoindrir la valeur de la bibliothèque de Louvain, il est tout simplement odieux. ^ Il n'y a pas d'exemple qu'une nation civilisée ait : jamais incendié sciemment, en toute con-j naissance de cause, un bâtiment renfer-! mant des livres précieux et qui ne pourront jamais être remplacés. ! Interview de M. Berryer.miRistre de l'intérieur de Belgique. La question du Ravitaillement. M. Berryer d'honorable Ministro d» l'Intérieur, étant venu pour quelques jours à^ Londres, "dans le but de s'occuper des intérêts de la nartion, un de nos confrères a pu l'interviewer.i II nous a dit que le sort des populations • restées en Belgique intéressait passonnément Gouvernement. ,,Elles ne doivent pas supposer que son émigration forcée en France lui fait oublier aucune de ses charges. Il sent aussi toutes ses responsabilités. Et il est sans cesse d'esprit et de coeur avec nos compatriotes. I Personnellement, ajoute M. Berryer, je préférerais comme Sénateur me trouver à Liège, et partager la vie dos Liégeois avec tous leurs soucis, leurs ennuis et leurs souffrances morales, que de me trouver au Havre. Mais : oomme membre du Gouvernement, je dois obéir, î avant tout, à ma mission. Et elle consiste surtout à soulager les misère des populations, à améliorer leur sort actuellement si dur". Ave^ M. Van de Vvvere Ministre des Finances M. Berryer s'efforce de résoudre le problème important, essentiel pour la vie nationale, du i ravitaillement. L'intervention américaine. ! A Londres, l'honorable Ministre de l'Inté-: rieur a eu de longues oonférences avec des ! membres du Gouvernement anglais et l'ambassadeur des Etats-TTnis pour solutioner cettx-question; Elles ont donné les meilleurs résultats. Et déjà de nombreux vivres sont entrés j en Belgique, beaucoup d'autres suivront. Ils s'acheminent vers notre pays, f Cl ils seront distribués sous la protection ô?s consuls américains." Le ravitaillement exige une dépense de vingt-cinq millions par mois. A propos de cette denrée, notre confrère demande, a M. Berryer ce qu'il pense de la mesure prise par les autorités allemandes prélevant un impôt de dix francs sur chaque sac de farine. D'où vous vient la nouvelle? De Bruxelles, et elle datée de lundi dernier. Le Ministre s'en indigne. ,,Si l'écho est exact, oe serait monstrueux, abominable, contraire aux engagements pris par l'Allemagne. Elle violerait la convention qu'elle a signée avec les Etats-Unis, et où elle affirme qu'elle ne touchera en rien aux vivres envoyés, qu'elle ne les frappera pas de droits d'entrée ou autres taxations, qu'ils seront distribués aux habitants, tels qu'ils arrivent. Les Etats-Unis ne sauraient tolérer pareil manquement à la parole donnée. ,,Cela dit, M. i Berryer fait l'éloge de l'ambassadeur de la j Grande République, à Londres, un diplomate loyal, un homme juste, qui tout en ayant le souci fort respectable de la neutral"té; à laquelle tient 6on pays, a pitié d'une nation qui ( souffre, et entend obéir aux lois de l'humanité, en l'arrachant aux affres de la faim. Il fut entendu qu'avec le produit des dons, tous les vivres seraient achetés aux Etats-Unis, d'où on les expédiera en Belgique. La protection américaine ne se contente pas de s'exercer quand ils sont dans le magasin central, elle i s'attache du magasin central au magasin com-! munal et elle existe toujours du magasin communal au consommateur. I^es Allemands en prélevant un impôt sur les denrés envoyées non seulement violeront les engaements pris, mais ils se moqueront des Américains. La lutte contre le misère. * ,,Le Gouvernement entend organiser danp notre malheureux pays, ajoute M. Berryer d'une voix émue, la lutte contre la faim, la lutte contre le froid et la lutte contre le manque <l'argent. Contre la faim avec l'appui de» Etat» Unis et les dons en vivres, il est assuré de la victoire. ,,Contre le froid, des mesures seront prises aussi. Il sera possible avec les ressources connues d'envoyer des vêtements chauds aux Belges restés au pays. ,,Contre la privation d'argent? ,,Si c'est nécessaire, nous sommes disposés à prêter aux communes la somme qui leur serait absolument indispensable pour acheter ce que la sauvegarde des indigents exigerait. 11 faut absolument atténuer les souffrances de nos malheureux compatriotes. Nous devons les aider avec tout le zèle possible. Le Gouvernement ne manquera pas à sa mission". ,,En reparlant encore de l'impôt de 10 frs. par sac de farine envoyé en Belgique aux victimes de la terrible guerre, taxe monstrueuse à laquelle il croit malaisément, l'honorable Ministre de l'Intérieur suppose, avec infiniment de raison, que jamais les Etats-Unis, en dépit de leur neutralité, ne toléreront cette mesure de famine. I ,,La neutralité n'oblige personne à laisser un peuple mourir de fa'm. ■■ -53 . g , Ci ■ . ■■■■ . ■ — Comment procurerde l'argent aux bourgeois réfugiés en Hollande. Les Belges, actuellement réfugiés en Hollande, peuvent, au point de vue des ressources dont ils . disposent, se diviser en trois catégories. Au haut de l'échelle, il y a les privilégiés qui ont été assez heureux pour pouvoir emporter de quoi vivre dé leur capital propre jusqu' à la fin de la guerre. En bas il y a les pauvres gens qui n'avaient rien, ou qui ont tout perdu, et qui sont entretenus dans les camps de réfugiés par la générosité inépuisable de nos amis hollandais. Mais entre ces deux extrêmes, et sur tous les ' degrés de l'échelle, se placent les bourgeois, j modestes ou aisés, . qui ont actuellement encore de quoi subsister mais qui voient déjà arriver avec terreur le moment où ils devront entamer ; leur dernier billet de cent francs. i Ces bourgeois, va-t-on les laisser aller à la dérive, traînant leur besoin d'argent d'une | antichambre à l'autre, pour finir par tomber, ! eux aussi, au triste rang d'assistés ? Non, n'est ce pas? Mais il est temps d'agir. ' Sans doute, les réfugiés de cette classe ont quelque bien en Belgique, des immeubles, des titres ou un commerce antrefois florissant. Avant de tendre la main et faute de pouvoir travailler — car cela est presque impossible pour les professions libérales— ces personnes vou raient emprunter. En temps normal et dans leur pays, elles le pourraient. Mais à l'étranger et en ce moment quelle garantie offrir et où s'adresser ? i Pour découvrir une solution, rappelons nous [ le proverbe: „Aide-toi, le ciel t'aidera" et aussi notre devise toujours vivante: ^L'union fait la force." Pour trouver du crédit en Hollande, il faut que les intéressés se groupent et se solidarisent de façon à constituer, grâce à une sélection réciproque; une masse qui inspire confiance aux prêteurs. Dans notre pensée, il faudrait donc constituer, sous le régime des lois hollandaises, une société coopérative de crédit, qui emprunterait en gros, pour prêter en détail. Chaque participant souscrirait un certain nombre de parts dont la moitié serait versée comptant en espèces et qui lui donnerait droit à des avances successives pouvant atteindre au maximum le quintuple du montant versé. Les avances devraient être remboursées dans les mAmes délais, à partir de la date où la paix sera ! conclue, et le solde non versé du capital ne i pourrait pas être appelé avant six nSois de la même date. Pour prendre un exemple: un associé qui aurait souscrit 10 parts, disons de 100 frans, devrait verser 500 francs et pourrait obtenir, mettons tous les quinze jours pendant cinq mois, une avance de 250 francs. La paix conclue, l'intéressé devra rembourser 250 francs par quinzaine, à concurence des 2500 francs avancés. Son versement initial de 50 > francs lui sera restitué quand la Société coopérative elle-même aura remboursé ses propres prêteurs. Et si certains des associés ne s'exécutent pas, elle devra intervenir pour eux mais seulement à concurrence de 1000 francs eu tout, montant de sa souscription complète et ceci pas avant t-ix mois révolus depuis la conclusion de la paix. Cette garantie, fixée au double de la mise — dans les ^Unions de Crédit" elle s'élève généralement au décuple — est un risque, que chacun court au profit des autres. Il faut donc le limiter par des procédés appropriés. En premier lieu, comme dans toutes les sociétés coopératives, il faudra un comité d'admission, qui devra s'entourer de renseignements et de références. Ceux qui pourront fournir des garanties individuelles telles que des titres, même non I négociables, ou des cautions, seront les plus favorisés. Le crédit réellement à découvert devra être mesuré très sévèrement. Ensuite, l'emploi des avances sera étroitement contrôlé et soumis à la production de pièces ; justifiant les dépenses telles que des factures acquittées. L'intérêt à payer par le» associés sera naturellement élevé, vue la rareté de l'argent, ! son taux dépendra de celui auquel la Société ; coopérative elle-même en trouvera. j Mais, où en trouvera-t-elle? ! Ne croyons pas que ce sera facile. L'auteur de ces lignes qui, en temps de paix, appartient à la direction d'une banque bruxelloise, entend d'avance toutes J es objections d'ordre technique que pourront faire des banquiers: crédit non-productif, sans o'jet commercial, immobilisation pour un temps indéterminé, réalisation difficile, incertaine.... Mais alors? — Ne rien faire, laisser aller? Ne pas même essayer ? Nous allons essayer. Et pour cela nous comptons que chaCun de ceux que ce projet intéresse en principe — les détails, on les discutera plus tard — voudra bien envoyer son nom et son adi'esse, avec l'indication de sa profession et de son domicile en Belgique, au bureau de l'„Echo belge". Si nous sommes assez nom breux on se réunira à Amsterdanj ou k La Haye et puis nous nous mettrons en route, sans fausse honte, pour tâcher de trouver de W»» 11.1 a

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Cet article est une édition du titre L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam appartenant à la catégorie Oorlogspers, parue à Amsterdam du 1914 au 1918.

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