L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam

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s.n. 1918, 03 Août. L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam. Accès à 20 octobre 2019, à https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/fr/pid/dn3zs2mc6h/
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4ôtne Année FW° 1379 s cents SSa-rrsieicâ-î 3 août î@5© L'ECHO BELGE L'Union fait la Force. .ïourhal QMnoîtlclSeTa du matin is^sraissarat en Mollaisaafe Belge est notre nom do Famille. Toutes les lettres doivent être adressées «ata hureaude rédaction: N. Z. VOOBBURBWAL 334-240, ÀMSTEBDAM. iréjépîîoioes: 2797 et l"3"7&. j Rédacteur erj CSneS : Gustave Jaspaeirs. Comitéde Rédaction : < Charles Bernard, Keoé Chamfory, ^ Abonnements: Hollande fl, 1.50 par mois. Etranger fl. 2.00 par mois. Pour (es militaires au front et les militaires internés en Hollande fl. 0.75 par meis pavablo par anticipation. Annonces: 15-cents la ligne. Réclames: 30 cents la ligne. Lettre de Parle. Une grèïe dans la région parisienne (De notre corresp. part.) Il n'y a. plus à en faire mystère, puisque la censuré, finalement, a levé les consignes : bous avons eu pendant trois ou quatre jours [ da mai dans les usines de guerre d© là région parisienne une grève importante, [' Inriobant plus de 150.000 ouvriers des deux 'sexes On craignait de voir le mouvement s'étendre au Creusot et à Saint-Etienne II n'en a rien été. Tout est reste calme la-bas, cependant que se tenait un congres de syndicalistes minoritaires qui comporte plus < d'une leçon. Dans ce congrès, que lo comité de la C G. T. a condamné commo un acte d'indiscipline ouvrière, on a, parait-il, for-i tenant pris à partie et houspille les cama-fc rades Jouhaux et Merrheim. Pour ce qui | est de Jouhaux, cela ne nous étonne guère: ■ cet exoelleat organisateur, d'esprit calme et f.lucide, plein de bon sens, qui a toujours eu lune claire vision de la dure réalité, a jamais donné de gages à la démagogie, n'a (jamais voulu entraîner la classe ouvriers ' dans des mouvements inconsidérés qui n'auraient profité qu'à l'envahisseur allemand, niais Merrheim, le secrétaire de la Fédération des Métaux, minoritaire de la pre-: mière heure, qui n'a oessé de ruiner la saine ! influença de Jouhaux, le voilà aujourd'hui, ; à son tour, accusé de tiédeur ! C'^t pain ïbéni. L'histoire de la Russie, depuis un an", | doiis prouve, que os n'est jamais en vain ? qu'on donne une prime au chantage déma-t'gôgique.i; Un pur trouve toujours un plus pur qui V épure. Que $Ierrheim médite aujourd'hui la leçon contenue dans ce vers classique. La grève de' la région. parisienne a été assez rapidement ,,résorbee", terminée, après quelques entrevues des militante socialistes et syndicalistes avec MM.- Loue heur, ministre de l'armement, et Clemenceau. L'origine de la grève, c'est la relève, l'application de la loi Mourier. Il y a, dans les j usines de guerre, des ouvriers de 28, 29 et 30 ans qui, en vertu de cette loi, doivent être récupérés pour le front. On comprend que, gagnant des salaires de 25 à 30 francs par jour, certains de ces hommes renâclent un peu quand on leur demande d'aller exposer leur vie dans les tranchées pour cinq sous par jour. Mais jamais, les paysans, les intellectuels, les petits bourgeois, les employés qui sont au front n'en auraient admis •l'aveu. La cause des grévistes, ainsi présentée, aurait donc été extrêmement impopulaire. Mais un bruit àbsurde, stupide a été répandu (par qui?). On a raconté que des Américains viendraient prendre la place des ouvriers français envoyés au front. C'est une grossière invention. Elle a pris naissance sans doute du fait que les Américains créent des usines en France pour les besoins propres de leur armée. Mais cette histoire à dormir debout, que Clemenceau a démolie d'un mot, n'était pas encore suffisante pour entraîner la masse dans une grève de solidarité. On essaya de donner àu mouvement un caractère politique. Les délégués déclarèrent à Cle-ronènceau que la classe ouvrière voulait la [paix dans la phis brève échéance possible. Là encore, Clemenceau eut beau jeu à ré-fpondre: ,,Mci aussi", car la formule était jrague. i Enfin, les délégués interrogèrent Clemen-;oeau sur la politique étrangère du gouvernement français et sur les buts de guerre. ;Les déclarations récentes de Balfour à la Chambro des Communes prouvent qu'au .moment ou les Boches sont toujours à Noyon la France ne mène qu'une guerre de défense. Le gouvernement le répétera sans nul doute à la Chambre dans quelques jours. Il n'est pas responsable des opinions individuelles de certains publicist-es, doux -rêveurs qui continuent à réclamer la rive gauche du Rhin en s'appuyant sur des considérations historiques vraiment puériles pour qui sait de quelle façon, depuis cinquante ans, les habitants de Cologne et d'Es-Ben ont été embochés, et se sont laissés inoculer le virus pangermanisme. Peut-être pourrait-on s'arranger pour aviter dans l'avenir des prétextes fallacieux î certains bolschév-isam ts qui essaient de souffler à la classe ouvrière de mauvaises inspirations. Il y a quelques jours, dans 1'^,Humanité", le capitaine Renaud rappelait que Napoléon, en préparant ses plus belles vic-oires militaires, ne cessait de faire tâter l'en-lemi^par ses diplomates. Et dans l',,Opd-îicn ^ quelqu'un qui signe d'Audilly disait ort justement qu'il ne suffit pas de crier: lu piège! chaque fois que l'ennemi tente tn coup comme celui de la lettre de Charles r au prince Sixte. Il faut tâcher de retour-ler le piège contre ceux qui nous l'ont endu. Il faut faire une oontre-oiffensive diplomatique.Louis Piérard. Ih patrouille belge dans les lignes : allemandes. ^ (D'un témoin oculaire: Front bel^e ! evrier). Le 5 janvier dernier, l'Ordre journa- î de l'Armée portait la nomination de Che- \ aller de l'Ordre de la Couronne du lieutenant eorges Maroy, du ...me de ligne, avec cette ( itation : 1 très bon officier, allant et courageux, s'of- ^ raot toujours pour les missions périlleuses 1 I est. particulièrement distingué dans la nuit 1 II U au 2o décembre 1917, en s'aventurant " ivec. de ses hommes dans les lignes envies, dans le but d'enlever une sentinelle; •st parvenu à la découvrir, l'a attaquée à l'arme J anche et Fa ramenée dans nos lignes. Pécore e la Croix de guerre. A déjà été l'objet de 1 ■u*tre citations. " < Celle de l'O. J. A. était, la cinquième citation du lieutenant Maroy. Quelques jours après, il était de nouveau cité à l'ordre de son régiment et je crois bien qu'il va obtenir un nouveau témoignage de satisfaction de la part de ses chefs pour ce qu'il a fait dans la nuit du 30 au 31 janvier. Mais avant de vous raconter comment, avec quatre hommes, il a maîtrisé treize Allemands et comment il a ramené deux prisonniers, permettez-moi de vous présenter le héros do cette aventure, peu ordinaire. Georges Maroy a 23 ans. Il est originaire de Saint-Amand, près de Fleurus, d'une famille de fermiers, do ,,censi" comme on dit en wallon. Au moment où éclata la guerre, il était étudiant à l'Ecole supérieure d'Agriculture de Louvain et soldat de la compagnie universitaire.Il fit son devoir pendant la première partie de la campagne et gagna les galons de sergent à la bataille de l'Yser. En T915, après avoir passé par lo centre d'instruction de Gaillon, il revint au front comme officier. Il* ne cessa de se distinguer comme ,,patrouilleur". On ne compte plus ses reconnaissances hardies dans 'les lignes ennemies. Ramener des prisonniers est devenu pour lui im ,,sport" excitant. C'est, d'ailleurs, un chasseur de race. Il en. a le sang-froid, le coup d'oeil aigu, la décision prompte; la patience aussi et le courage. Son régiment occupe un secteur de la région de Merckem, qui a été reconquise sur les Allemands, où les lignes -adverses ne sont pas constituées, comme ailleurs sur le front belge, par des tranchées continues ou par l'inondation. Le tçrrain est chaotique. Le sol a été profondément fouillé et complètement bouleversé par les projectiles. Ce né sont que fonds et bosses. Les trous d'obus qui criblent tout le pays sont pour la plupart remplis d'eau. C'est dans des trous d'obus et dans des abris, enlevés aux Allemands en octobre dernier, que se tiennent nos hommes. Les ennemis se trouvent à une centaine de mètres, défendus par un triple barrage de fils de fer barbelés. — . \ ous traversiez ces barrages et vous exploriez les trous des .Allemands, lieutenant? — Oui, assez fréquemment, pour me rendre compte de l'emplacement de leurs sentinelles et. de leurs petits, pestes. Mais il y avait sur la route de Kippe un blockhaus et j© voulais savoir ce qu'il y'avait dedans. Après avoir repère exactement la veille lès sentinelles dont je devais traverser la ligne, je suis parti le 30 janvier, à 6 heures du soir, avec un sergent, un | caporal et deux hommes. Ncus ajvons traversé | nos lignes.de fils de fer, puis les cent ou les cent cinquante mètre^ en avant des fils de fer boches, en rampant dans la boue, en zigzaguant. parmi les bordures d'entonnoirs. Il fallait alors | se frayer un chemin dans la ^riple rangée do fils barbelés, entre deux postes de sentinelles doubles. Nous avons bien cisaillé ainsi pendant une heure, attentifs à ne pas faire do bruit et à ne pas déceler notre présence. Le travail était assez dur, mais nous l'aivons mené à bien. Les gardes n'avaient rien vu, rien entendu. En route pour le blockhaus. Tandis que nous rampions, quatre ombres s'avancent, vers nous. C'était une patrouille allemande. J'aurais pu l'enlever et rentrer chek nous, mais j'espérais trouver uir officier dans l'abri. J'ai négligence menu fretin, souhaitant la grosso pièce. Je suis chasseur... Nous nous sommes terrés <fons des trous. La patrouille a passé sans se douter que nous fussions si près d'elle... Aussitôt après, nous nous sommes redressés. Comme nous étions en arrière de la première ligne boche, s'il y avait une sentinelle à la porte de l'abri, mieux valait l'aborder franchement. Elle devait croire que nous étions la patrouille qui rentrait... mais il n'y avait personne, ce qui nous permit d'explorer les abords-du blockhaus et de constater que les Allemands avaient déposé leurs fusils et leurs grenades à l'entrée. En^ un tour de main, les armes furent précipitées dans un trcu plein d'eau. Puis j'ouvris la porte, tenant mon poignard de la main droite — j'avais perdu mon revolver en rampant dans la boue — et une grenade dans la main gauche. J'étais flanqué de mon sergent, qui parle l'allemand, et qui somma les hommes de se rendre. Ils étaient treize, dent un sous-officier, un vice-feldwebeî, installés autour d'-uno table ronde, fumant la pipe et buvant un quelconque ersatz-Kaffee.; la cafetière chauffait sur un réchaud à alcool. Les Boches étaient littéralement abasourdis. Ils se croyaient en sûreté derrière leur triple barrage barbelé gardé par des sentinellos doubles. Un surPr^se • >iEs sind Belgier (ce sont des Belges)." Puis: ,,Nicht schiessen (ne tirez I pas!)" et 28 mains en l'air. — Un joli coup de filet! Oui, mais il s'agissait de ramener tout /lion monde, et voilà où les difficultés commen- ( cèrent. D'abord nous avons fait sortir les prisonniers de l'abri. Ensuite ils /devaient escalader un parapet qui couvrait l'entrée. Je venais de former la colonne et d'en prendre la tête, tenant le sous-officier par le bras. Mais celui- < ci, qui Avait cru à la présence d'un peloton ou 1 ■d'une compagnie, s'était aperçu que nous ] n'étions que cinq, alors qu'ils étaient treize. En j route, il se laisse tomber dans un trou et m'entraîne daus sa chute. Nous voilà dans la boue, -couchés l'un sur l'autre. Il immobilise ' mon bras droit pour éviter 1e poignard. Je ( lui flanque des -coups de poing de la main i gauche. i Les autres boches essaient de s'échapper \ aussi. Une bataille générale s'engage. Mes 1 hommes jouent^du poignard. Ils n'osent faire î usage de grenades, de peui- de se tuer les uns -i les autres. Voilà, qui fait pas mal de bruit. L'éveil est 1 donné aux Boches. En avant de nous, les sen- * bine Lie s se mettent à lancer des grenades au i petit bonheur. En arrière, des fusées éclairantes montent dans le ciel, les mitrailleuses j baquetaquent avec rage. Les officiers qui se 7 tiennent dans une deuxième ligne d'abris ^mènent des renforts. Je les entends crier: * Vorwàrts! Vorwiirts! (En avant!) Il y a de c a fusillade aussi. € Vrai! c'était le tintamarre d'une défense c énergique contre une attaque en force. Et tout c :ela pour le!> cinq peits Belges que nous étions, r'en rigolais de plaisir... Cependant, il était ernps de .rentrer. Nous avens laissé des Allemands tués ou bles-;és sur le terrain. Il en est peut-être qui sont parvenus à s'enfuir. Toujours est-il que nous ,vons ramené deux prisonniers, que nous avons a ait passer rapidement à travers le chemin 8 isaillé per nous dans leurs défenses barbelées, t mr le no man's land et par la chicane" pré- a tarée dans nos propres lignes. Quant à nous lous n'avions perdu personne; nous n'avions t lême pas une égratignure... € ■ In1 r 1 ■■■ | // y a an an 3 août 1917: Les Britanniques réoccupent laint-Julicn et -prorfrestent au sud <VHolle-iske et à l'est de Monchy le Freux. a En Belgique. Hommage à M. van Voilenhoven De source autorisée nous apprenons avec plaisir que le sympathique et très dévoué M. M. van Volenhoven, ministre résident de S. M. la reine des Pays-Bas à Bruxelles^ a été de nouveau l'objet des marques- da sympathie de la part de nos compatriotes en Belgique occupée. La province de Limbourg, pour services rendus, a offert à Son1 Excellence il y a quelque temps un meuble ravissant en chêne" sculpté avec l'inscription ,,Le Limbourg reconnaissant". Ostende est certainement l'une des villes belges qui aura le plus souffert do la guerre. Elle est en partie détruite ; et il faudra des millions et des années pour «réparer'les immenses dégâts que les bombardements lui ont occasionnés.On sait que son port est un des points de la côte que, avec celui de'Zeebrùgge, visent lo plus spécialement les attaques des hydro-aéroplanes alliés. Depuis deux ou trois mois, c'est presque quotidiennement que ceux-ci viennent lancer leurs obus incendiaires sur les différentes parties dû port, les quais, le chenal, les jetées, les ateliers de la marine, etc., etc. C'est journellement qu'on signale des patrouilles exécutées par les escadres aériennes anglaises et que les batteries dë défense allemandes dirigent sur elles un feu nourri, qui fait, au moins, autant de degtt, sinon plus, que les projectiles alliés. A plusieurs reprises, .des batailles ont eu lieu, entre aéroplanes des deux partis, à quelques milliers de pieds au-dessus de ;la ville. Au cours d'un de ces combats, au début de. la se-* conde quinzaine do juin, une machine allemande, abattue par son adversaire, est tombée en flammes sur le Hazegras, au risque d'écraser des habitants ; naturellement les deux aviateurs étaient morts. On n'a relevé que'des cadavres brisés et à moitié carbonisés. Lo port lui-même est presque entièrement bouché ;et inutilisable depuis que, dans, les héroïques circonstances que tout lo. inonde connaît, le ,,Vindictive" est venu s'échouer- à l'entrée, où il se trouve encore» actuellement de biais entre-'les deux .,piers", gênant ainsi considérablement la circulation. Les docks ont été détruits dans plusieurs, de leurs parties, et la gare maritime n'existe pour ainsi dire plus. Plusieurs vastes bâtiments, qu'utilisaient les Allemands entre le bassin -do la Marine et le bassin de retenue de l'écluse Léopold, ont été incendiés et réduits en cendres.Malheureusement, la ville elle-même a, paraît-il, beaucoup souffert : beaucoup de maisons, villas et hôtels, .particulièrement le long de la digue, ne sont plus que des ruines. Le Grand-Hôtel, l'hôtel du Littoral, l'hôtel Beau-Site, l'hôtel des Bains sont dans ce cas. Le magnifique et monumental Kursaal est très abîmé. Daiis- la rue Longue, dans les rues Christine et de la Chapelle, au boulevard van Iseglierr,, dans toutes ces voies jadis si animées et si brillantes pendant la saison, les dégâts sont énor mes. Le quartier de la place Vanderzvreep et | de-s l'avenue dé Smet de Naeyer a, lui aussi, ! pâti des bombardements. ; J Même les maisons qui n'ont pas reçu d'obus sont très abîmées-Mais ici ce sont les Allemands . eux-mêmes qui les ont causés volontairement, j en prenant tout le bois de la construction afin : de s'en servir pour faire des étais dans leurs .'tranchées, ou tout simplement pour se chauf-V fer pendant l'hiver. Des planchers ont ainsi • disparu. 'i L'église Saint-Pierre et Saint-Paul est très endommagée, et la fameuse Halle-au-poisson a été littéralement aplatie par la chute 'd'un projectile. Dans l'avenue de la Reine et dans le vaste square, qui est en face de l'hôpital, les Allemands ont élevé des baraquements én planches, dont plusieurs servent à abriter leurs • blessés, lesquels sont très . nombreux. L'hôpital civil a été atteint par des shrap-nolls allemands des tbatteries de défense anti-aérienne, et plusieurs malades ont été j. tués dans leur lit. Avec leur bonne foi habi-' tuelle, les hoches ont rejeté la faute sur les avions alliés, mais les habitants savent ce qu'il en faut penser. Dans de telles conditions, on devine ce que peut être l'existence à Ostende. Tous ceux qui ont pu quitter la ville l'ont fait; mais ceux qui n'ont pas pu partir vivent dans des angoisses continuelles et connaissent la famine, ou presque. Malgré' le dévouement et l'activité : de 66s .dirigeants, le comité de ravitaillement j n'arrive qu'au prix de mille difficultés à assu-j rer à la population de quoi ne pas mourir com-; plètement de faim. j *La viande n'est plus qu'un souvenir loin-1 tain ; on vit de légumes secs et surtout de pomme^ de terre. Les quelques légumes frais j qu'on peut récolter à_ l'heure 'qu'il est dans j les environs sont réquisitionnes par nos .enne-1 mis; il ne reste pas un pois, pas une carotté, pas un haricot vert pour les habitants. Ostende étant séparé du reste du pays par une teorte de muraille de Chine, rien, ou presque, ne peut y arriver" du .dehors : 011 y vit à pou près sans autres nouvelles du monde entier ou même de la Belgique que ce qu'en •feulent bien laisser passer les envahisseurs. Un Ostendais qui a, en raison de ses fonc-tionp, obtenu l'autorisation, extrêmement difficile à avoir, de venir à Bfuzelles, comparaît dans une conversation notre grande station balnéaire à une sorte d'île lointaine, isolée au milieu des océans, et dont les rares habitants en seraient réduits à vivre côte à côte avec des tribus d'anthropophages ! Il n'y a pas que la nourriture qui soit rare et chère: tout le reste est à l'avenant. On peut encore de temps à autre trouver à acheter une paire de vieux draps de lit pour 30 à 35 francs. Il ne faut pas espérer payer les bas en coton moins de 80 francs la paire! Il y a, quelque temps, un habitant, qui voulait faire du luxe, s'est rendu acquéreur d'une paire de gants de peau: ça lui a coûté la bagatelle de 250 francs! Une boîte d'allumettes vant 2 francs 50 et., une pelote de fil 12 francs. Mais les^ marchands ne trouvent pas le moyen ; de s'enrichir, Car les clients sont rares. I Malgré les_ horreurs de la guerre et la du-I rete de l'existence, le moral reste pourtant excellent. Les opérations Les Âiiemancls r©jetés. Au nord de l'Ourcq les Franco-Britanniques restent l'ennemi des positions où il se cramponnait — Depuis le début de i'offensive les alliés ont fait 33.400 prisonniers, dont 674 officiers, sur le front de la ftfSarne et en Champagne. — Les Britanniques descendent 35 appareils allemands. — €ommsnt les Américains ont battu la garde prussienne. La situation sur les autres fronts. La corure-ifïïensiVB isbs âmes. ,es Français dépassent Beugneux, atteignent Cramoiselle et GramaiHe, enlèvent Cierges, Je bois Meunière et Romigny. Dans la dernière quinzaine ïe juillet les alliés ont fait 33.400 prisonniers, dent 674 officiers'. (Communiqué officiel.) PARIS, lr août. ( Rente r.) 'Au nord le rOurcq les troupes françaises, en iaison avec des unifiés britanniques, ont -©jeté les Allemands des positions où ls se cramponnaient» avec" énergie, entre la "égion du Plessier-Huleu et la rivière. Les français ont enlevé la hauteur au nord de irand-Rozoy, dépassé le village de Beu-^neux, atteint CramoiseUe et Cramaille, éalisant sur ce point une avance d'environ rois kilomètres. Six cents prisonniers sont ■estes entre leur mains. Pius_ au sud- les français se sont emparés de Cierges et du vois Meunière. Au nord -d'6 la route de Dor-uans à Reims les Français ont conquis, .près un combat acharné, lo village de _Ro-aigny et fait une centaine des prisonniers. Le nombre total des . prisonniers alle-nands, faits sur le front de bataille de la ,Iarne et de Champagne dans la période emprise entre le quinze juillet, date du éb.ut de l'offensive allemande, et le trente-t-un, s'élève à trente trois mille quatre ents, dont six cent soixante quatorze offi-iers.Les Britanniques mettent hors combat 35 appareils allemands. (Communiqué officiel.) LONDRES, 1er août. Les Britanniques battirent 26 appareils ennemis et contrai- : nirent 9 autres d'atterrir désemparés. Qua- ; l-e avions britanniques ne rentrèrent pas u camp. Nous lançâmes avec de bous résultats 38 onnes de bombes. Plusieurs voies ferrées, ntre autres près de Cambrai et dé Lille, urent gravement endommagées. xpéditions de bombardement en Allemagne. Duren et Trêves attaqués. t (Jo-mm unique officiel. ; LONDRES, 1er août. Le 1er août les yions britanniques bombardèrent les usines yu -l un v,uiiôLctta, et es incendies. Tous nos appareils rentrèrent indemnes. Une seconde escadrille attaqua les établissements du chemin de fer à Trêves et abattit trois appareils ennemis. Un avion britannique ne rentra pas au camp, En juillet les Britanniques firent 4503 prisonniers. (Communiqué officiel.) LONDRES, 1er août. Rien à signaler. Le nombre des prisonniers faits par les Britanniques en juillet comporte 4503 dont 89 officiers. Les Américains concourent à la prise de Cierges et dépassent le village, (Communiqué officiel.) LONDRES, 2 août. Sur FÔurcq les Américains exécutèrent des attaques et les Allemands entreprirent des contre-attaques sur divers poins. Nous conquîmes et dépassâmes le village de Cierges. Situation stationnaire sur le reste du front. Zeebrugge et Bruges bombardés. Suivant une dépêche Vaz Dias une forte escadrille aérienne attaqua jeudi, vers 4^ h., Zeêbrugge et Bruges. Comment les Américains ont battu Ja garde , prussienne. LONDRES, 1 août. Uii_ correspondant ; du ,,Times" décrit comment les Américains ( firent tomber mardi matin la garde prussienne dans une embuscade à Seringes. Les ; Américains, qui se trouvaient en face d'une division de réserve bavaroise ainsi que de la garde prussienne, passèrent à l'attaque à 9 < heures du matin. Les mitrailleuse^, cachées * le long de la crête près de Sergy, sur les , pentes de la cote 200 et dans le village de \ Flanchette, ouvrirent immédiatement le < feu et l'artillerie prit p^art à la lutte. Néan- ] moins les Américains avancèrent de 500 yards.; à ce moment les Prussiens offrirent une résistance acharnée. Les Américains passèrent à l'assaut des mitrailleuses mais les Prussiens poursuivirent leur tir. On ne « fit point de quartier des deux côtés. j 1 _ Près de la ferme Meuroy la baïonnette seule parvint à faire taire les mitrailleuses allemandes. Malgré la pluie de projectiles les Américains poursuivirent avec opiniâtreté leur marche en avant jusqu'à ce qu'ils eussent atteint les versante de la crête, où I ils se retranchèrent et purent prendre ha-i leine un instant. Les Prussiens entreprirent ensuite, spécialement près de Seringes, une contre-attaque avec de grands effectifs ; les Allemands tombèrent par dizaines 60us le feu des fusils et des mitrailleuses que les Américains dirigèrent sur leurs colonnes en masses compacts. Lorsque l'ennemi s'approcha les Américains attaquèrent à la baïonnette; un corps à corps acharné eut lieu et les Prussiens furent repoussés. Il était alors 6 heures du soir. Une seconde attaque de la garde prussienne suivit, tout. aussi vaine. Lors de la troisième attaque les Américains firent tomber l'ennemi dans une embuscade ; celui-ci pénétra, sans craindre un piège, dans le village de Seringes, qui était encercle par les Américains. Un combat désespéré se déroula en vue de pouvoir trouver une issue; aucun Allemand ne fut fait prisonnier, les rues étaient remplies de cadavres et de mourants ; tous avaient lutté comme des tigres sans songer à se rendre. Les Prussiens sans pitié avaient appris à connaître ici les lutteurs sans miséricorde de la jeune Amérique ! Lorsque la nuit vint à tomber après la journée sanglante les Américains savaient qu'ils avaient maintenu toutes leurs positions près de Sergy. A deux reprises le combat reprit encore ensuite, mais les Américains, qui peuvent dominer de la'cote 184 le village de Serin-geô ainsi que la région jusqu'à la cote 212, conservèrent leurs lignes. D'autres détachements smérifcains s'emparèrent djU. bois au sud de Cierges et capturèrent une poignée de prisonniers qui déclarèrent avoir reçu l'ordre de conserver le bois à tout prix. Les plans allemands, LONDRES, 1er août. (Reuter). Au cours de leur retraite les Allemands n'ont pas perdu beaucoup de canons, mais ils furent forcés d'abandonner une grande quantité de matériel et de munitions, notamment un nombreux matériel de pontonniers concentrerai! nord de la Marne. Le fait montre .que l'ennemi espérait passer de gros effectifs sur la rivière et poursuivre ensuite sa marche sur Paris. Pour le-moment il semble que l'ennemi compte se maintenir sur la ligne actuelle, mais il n'est pas probable qu'il l'occupera longtemps. En. effet l'ennemi ne. dispose plus que de huit routes, soit quatre pour le trafic d'aller efc quatre pour celui du retour. C'est insuffisant pour le maintien de gros effecifs dans la "poche. On peut supposer que les Allemands se retireront vers la Vesle et peut-être même au' delà de l'Aisne. Depuis le 15 juillet les Allemands employèrent 71 divisions. Le prince Rup-precht ne dispose plus que d'une vingtaine de divisions fraîches. Pour la première fois depuis le 21 mars, début de l'offensive, les réserves fraîches des alliés sont notablement plus fortes que celles de l'ennemi, malgré le fait que l'ennemi possède encore une supériorité numérique notable sur tout le front. Les Allemands n'ont pas encore perdu complètement l'initiative et, bien qu'ils lie scient pas en mesure d'entreprendre une < nouvelle cffenàive sur le front Ouest, ils peuvent expédier des troupes vers d'autres , fronts et il demeure encore possible qu'ils passent à l'attaque dans les mois prochains en Italie ou aux Balkans. < Dans la Russie septentrionale on constate des indices que les Allemands entrepren- ' dront sous peu, en coopération avec les Finlandais, une offensive dans la partie 1 méridionale de la voie ferrie du Mourman. £ En Finlande la population manifeste une forte hostilité _ contre les Allemands. Il ] règne également! une grande pénurie de vivres. A ce point de vue la population dépend totalement des Alliés. Mais le gouvernement et l'armée se trou- -vent sous le contrôle absolu des Allemands, t On peut donc supposer qu'ils coopéreront à i l'offensive allemande. O11 évalue à 60.000 1 hommes l'armée finlandaise, mais le nom- < bre de soldats en mesure de participer à une a offensive ne dépasse pas 30.000. < A\i Caucase la situation demeure assez é embrouillée. De graves conflits éclatèrent i entre Allemands et Turcs. Les premiers < tentent d'empêcher l'occupation de Bakou par les Turcs. < Les sources pétrolifères et les navires f mouillés dans la mer Caspienne forment < ['objet du litige. 1 Les Allemands négligent les protestations 1 turques; l'attaque de Bakou par les Turcs semble imminente. Une grande force grecque se trouve prête 1 Salonique; on mobilise encore quelques c livisions grecques. . 1 La force de l'armée grecque atteinti ictuellement 150,000 hommes. Les Bulgares 1 >nt déjà plusieurs fois fait preuve d'une t recrudescence de découragement, grâosf à £ a façon dont ils sont exploités par les Aile- I nands. Ceux-ci ont actuellement 201 divisions c ;ur le front occidental; il ne semble pas pœ- c ible qu'ils puissent encore transporter plus f lo troupes de la Russie. Au contraire, tout ndique qu'il .est plus que probable qu'ils i eront obligés de transporter, des troupes de 'Ouest vers l'Ést. <• < Les succès das armées Mangin, c LONDRES, 2 août. Le correspondant de l ïveuter au front français télégraphia le 1er c loût: ' s L'avance triomphale des armées Mangin £ entre le Plessier-Huleu et Fère-en-Tarde-nois est d'une haute importance, car elle nous assure des vues sur l'arrière des lignes ennemies jusqu'à Fismes et elle met dans une position critique les Allemands engagés dans la poche vers Hartennes et Croisy. ° La prise de Buzancy Le coirresponidan t de Reuter au front français écrit: Une division éoossaise, engagée depuis le 28 mars dans le secteur d'Arras, fut expédiée le 22 juillet vers le front de la Marne pour relever une division américain©. Après une longue marche, les Ecossais arrivèrent vers minuit sur le plateau de Chau-dun, où il n'y avait pour ainsi dire pa3 d abris et où les Allemands disposaient de plus de canons que partout ailleurs. Appuyés par l'artillerie américaine, Isa Ecossais se portèrent en avant et consolidèrent le nouveau front. Us demeurèrent trois jours sous uni violent bombardement. Le 28 ils^ s'élancèrent à l'assaut du village et du chatea-u de Buzancy. Ils s'emparèrent de ces deux points garnis d'abondantes mitrailleur ses. La tactique de l'ennemi PARTS, 2 août. (Plavas). Par ses réactions l'ennemi ne fait qu'augmenter ses partes sans réaliser des gain® quelque peu importants. Il semble que les Allemands veulent gagner du temps pour provoquer l'impression que leur retraite se serait arrêtés et pour- transporter leurs énormes stocka de matériel et de munitions. La concours des divisions britanniques, PARIS, 2 août. Le correspondant d'Havas au front britannique fait ressortir le rôle important accompli par les divisions anglaises placés sous les ordres des généraux Berthelot et Magnin. Ces divisions arrivèrent en Champagne le 20. Elles firent 1160 prisonniers, oapturèrent. 150 mitrailleuses et 32 canons sur la ligne Churton—Marfaux—Chamuzy—Bligny et progressèrent de 5 milles. Suivant le ,,Morning Post" le général Berthelot lança un ordre du jour déclarant que l'armée britannique s'était couverte d'une gloire immortelle dans ces Opérations. Attaques aériennes sur îe Havre et Rouen. ROUEN, 2 août. (Reuter). Dans la nuit du 31 juillet des aviateurs ennemis survolèrent Rouen et le Havre. A Rouen il n'y eut pas de victimes; au Havre il y eut 1T mort et 4 blessés* Les Italiens sur le front français. PARIS, 2 août. A la suite d'une no^> velle avance de l'armée italo-frânçaise dans la direction de Fismes et dans la vallée de l'Ardre le drapeau italien flotte à nouveau sur la hauteur de Bligny, que les Allemands prirent plusieurs fois aux troupes italiens nés et que celles-ci reconquirent à leur tour au prix de combats très durs et très acharnés. Les troupes italiennes ont rendu les honneurs funèbres aux corps, de leurs can marades tombés dan* cette région et retrouvés. au cours de l'avance. Sur [e front iialieîi. Les italiens enlèvent un poste avancé sur l'Asolone. (Communiqué officiel.) ,0 ROME, 1er août. Sur quelques points.du front l'activité de combat- redoubla au jours de la nuit et de la journée d'hier: ♦ Dans le val d"u Ledro une patrouille i£a-ienne mit en fuite un détachement ennemi supérieur en nombre et fit quelques prison-liers.Sur le Como (Vallarsa) et le Cornonel 'Sasso Rasso) nos troupes repoussèrent desi lét-aohememts ennemis qui tentèrent d'à-. Dorder nos lignes après un violent bombar-lement.Sur l'Asolone le6 Italiens enlevèrent uni ^oste avancé de l'ennemi et firent 14 pri-: onniers, dont 2 officiers. .es succès des pilotes britanniques en Italie, LONDRES, 1er août. Sur le front ita-ien 'les aviateurs britanniques abattirent, m juillet, 66 appareils ennemis. Quatre avions britanniques ne rentrèrent >as au camp. Une cérémonie au front italien. ROME, 2 août. Dans une localité à pro-< :imité de la ligne de feu on a procédé hier l la remise aux soldats de la 3me armée talienne do la médaille commémorative de a bataille de la Piave et -d'une centaine de roix de guerre. Assistaient à cette cérémo-lie: le duc d'Aoste, )e comté de Turin, les iommandants do corps d'année, les ministres 5acohi et Gallinga, les représentants de la nunicipalité de Venise et de plusieurs villes le la Vénét-ie. Le duc d'Aoste a, dans son discours, -xalté les vétérans de la 3me armée qui se ont couverts de gloire sur l'Isonzo, sur le }arso, dans la. conquête de Gorizia, dans la «.traite du mois d'octobre dernier et dans a victoire récente. Hommage aux troupss américaines en ïtalie. ROME, 2 août. A l'occasion de l'arrivée les troupes américaines ' le général Diaz ança l'ordre du jour suivant: La grande nation qui participe à la guer-e pour défendre les droits de l'humanité ransporta au delà de l'Océan une puisante armée. Le fait constitue une entreprise sans précédent dans l'histoire. Aujourd'hui ces troupes, auxquelles j'a-[resse un salut fraternel, combattent aux ôtés des nôtres pour assurer Ja victoire dé-initive et le progrès des nations libres. Le général Diaz adressa également au énéral Persiling un télégramme disant : Le roi d'Italie exprima son admiration ur l'attitude brillante des troupes améri-aines arrivées dans son pays et m'a chargé !e vous transmettre sa grande satisfaction , ce sujet. L'armée italienne s'enorgueillit 6 pouvoir partager, dans cette guerre, le ort de ces soldats, dignes en tous points du ;rand idéal pour lequel ils luttent,

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Cet article est une édition du titre L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam appartenant à la catégorie Oorlogspers, parue à Amsterdam du 1914 au 1918.

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