L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam

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s.n. 1915, 03 Août. L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam. Accès à 17 octobre 2021, à https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/fr/pid/6h4cn6zz5q/
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««KM» gère «'ctottTsi oo'certiitruïs) L'ECHO BELGE Journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam, l'IIntnn fait la POPCO. Belge est notre nom de Famille. ./ Toutes les lettres doivent être adressées P Hti bureau «Se rédaction : 1 N.Z. VOOBBUSCWAL 234-240 Téléphone: 2797. Rédacteur en Chef: Gustave Jaspaers. I Charles Bernard, Charles Herbiei, >!«é de Rédaction: „ , __ ^ , , ( René Chambry, Emile Painparé. Pour les annonces, abonnements et vente au numéro, s'adresser à l'Administration du journal: N.Z. VOORBURGWAL 234—240. Téléphone: I77S. ^ Abonnement ( En Hollande H. I.SO "par mois, payable par anticipation \ Etranger fi. 2.00 al ,, [paroles inutiles. I On dit que l'empereur d'Allemagne sur L champ de Bataille, en France plia les genoux et pria longtemps en disant. ..Non, je n'ai pas voulu cela. ^ / I L'idée de sa responsabilité l'obsède. 11 no laisse pas passer une occasion sans protester de son innocence. Il éprouvé un besoin continuel de s'excuser, peut-être plus encore vis-à-vis de lui-même que Vis-a-vis des entres. C'est à croire que nous nous trouvons en présence du cas pathologique du coupable pour quoi le commun a trouvé cette formule lapidaire : Qui s'excuse s'accuse. Et c'e:t bien là l'impression que laissera, à tous les neutres le discours qu'il a cru utile <le prononcer le 1er août dernier, anniversaire de la plus effroyable .guerre que l'Europe ait jamais vue. ■ Tout de suite il commence par affirmer : ■MJo n'ai pas voulu la guerre"1 comme s'il voulait écarter de sa personne pourtant Kacrée le maléfice des lamentations des meres et d^s malédictions des veuves. Le iaiser a mauvaise mémoire.' Il y a un an c'est son ambassadeur qu'il chargeait d'aller porter le gant à l'empereur de Russie, ■dont, disait-il, l'Allemagne relevait le -défi. ■Quel'défi?'Parce que la Russie, qui avait ■poussé la Serbie à faire toutes les conces-■fions compatibles avec la dignité d'un Etat «indépendant, demandait à l'Autriche de ne Cas, en fin de compte, étrangler ce petit [peuple dont l'existence gênait ses visées [ambitieuses, l'Allemagne pouvait-elle se [croira insultée au point de tirer l'épée? [C'était se montrer bien jaloux de l'honneur des autres. Car, sans tenir compte de la poli-Itique agressive de l'Allemagne qui a^ conduit l'Èurcpe à sa ruine, l'histoire, à qui Guillaume II fait appel, lui reprochera toujours d'avoir substitué une querelle imaginaire entre lui et l'empereur de Russie au [moment même où l'Autriche, comprenant [enfin la monstruosité de ses prétentions et ïpoyant l'abîme où elle entraînait le monde, Be déclarait prête à négocier. f Le cartel jeté à la face de la Russie, c'est encore Guillaume II qui lance le cartel à Ha France, coupable seulement d'avoir fait [tous ses efforts pour _ prévenir la crise et [détourner l'orage qui devait se déchaîner sur elle la première. Rien ne l'arrête plus, et ce souverain, qui se réclame de Dieu, se laisse emporter jusqu'à fouler aux pieds la sainteté de la foi jurée et le respect dû aux traités : la Belgique se trouvant entre la [France et lui, il supprime la Belgique à qui ses hordes, furieuses d'une résistance qu'elles [n'attendaient pas, font subir le plus effroyable martyre. Et voici le second reproche [qu'il essaie de rejeter loin de lui : cette [guerre injuste qu'il a déchaînée il l'a faite [avec humanité. Car c'est bien cela qu'il tout faire entendre lorsqu'il dit: ,,Pas une. Ides violations du droit des gens commises ■par nos ennemis ne put ébranler ces bases [sur lesquelles nous avons établi les princi- j Ipes qui guident notre conduite de la guerre". ■Comme si ces principes ne constituaient pas p?.r eux-mêmes la plus flagrante des violations du droit international. A moins que |le kaiser n'ait voulu paraphraser la célèbre apostrophe: au nom de vos _ principes je ■vous réclame une liberté que je vous refuse au viorn des miens ! Mais le3 paroles de Guillaume II, fussent-elles gravées sur cent stcles dont chacune dut durer cent fois plus 'longtemps que la fameuse stèle de Mesa, seront tombées- dans la nuit de l'oubli le plus profond, que le sang des fusillés de Visé, de Louvain et de Dînant continuera ■encore d'accuser les bourreaux qui l'ont ■Versé. I Et cependant que Guillaume II para-mhrase ainsi le célèbre précepte d'Avinain ■ qui disait: n avouez jamais, la presse aliie-I mande suppute avec satisfaction tout ce Ëqai'im an de guerre a fait tomber entre les 1 mains de l'Allemagne: la Belgique, le nord ■ de la France et la Pologne, sans compter les ■prisonniers et les canons. Ah ! oui, nous lavons beaucoup à reconquérir, sans compter lia liberté de l'Europe qui ne pourra pous-l^r des racines profondes que le jour ■ où le militarisme allemand se sera ■effondré. Et c'est pourquoi, sans met> Itro en doute l'excellence de pc6- in-Itentians, on peut s'étonner que le pape [ ait choisi précisément l'instant où la for-jtune changeante des armes a donné un avan-[tage momentané à nos ennemis pour lancer Ifon appel à la paix. Certainement, dans la [pensée du pontife, il ne peut être question [que d'une paix fondée sur la justice1 et le [droit imprescriptible des peuples de se gui.-I der eux-mêmes dans l'accomplissement de F leurs destinées. Une paix pareille, l'Alle-f magne ne veut et ne peut pas l'accorder. Cela serait contraire aux bases mêmes sur quoi elle a établi sa politique de proie et de domination. Aussi n'avons-nous jamais été aussi loin que maintenant du jour où la Paix pourra être conclue. Chaque succès de 1 Allemagne nous en éloigne comme chaque succès de nos armes nous en approche. Et vouloir sérieusement la paix c'est vouloir le •tiomphe des alliés. Charlos Bernard. i Il y a un an ! 3 août 191/f. — M. Davignon, immstrt des affaires étrangères, remet la note, suivante à M. de Belowo Sales ke, ministre d'Allemagne, en réponse à Vultimatum do VAllemagne à la Belgique: Bruxelles, le S août 1911/.. (7 heures du; matin.) Par sa note du 2 août 191.£, le Gouvernement allemand a fait connaître que, d'après ■4es nouvelles sures, les forces françaises auraient Vintentio'n de marcher sur la Meuse par Givet et Namiur, et que la kBelgique, malgré sa meilleure volonté, ne serait pas en état de repousser sans'secours mie marche en avant des troupes françaises. Le Gouvernement allemand s'estimerait dans l'obligation de prévenir cette attaque et de violer le territoire belge. Dans ces conditions, l'Allemagne propose an Gouvernement du Roi de prendre vis-à-vis d'elle une attitude amicale et s'engage au moment de la paix à garantir l'intégrité du royaume et de ses possessions dans toute leur étendue. La note ajoute que, si la Belgique fait des difficultés à la marche en avant des troupes allemandes, l'Allemagne sera obligée do la considérer comme ennemie et de laisser le règlement ultérieur des de-wx Etats l'un vis-à-vis de l'autre à Uù décision des armes. Cette note a provoqué chez le Gouvernement du Roi un profond, et douloureux étonne ment. Les intentions qn'elle attribue à la France s mit en contradiction avec les. déclarations formelles qui nous ont été faites le 1er août, au nom du Gouvernement de la République. D'ailleurs, si, contrairement à notre "attente, . une violation de la neutralité belge venait à être commise par la France, la Belgique remplirait tous ses devoirs interna~ tionaux', et son armée opposerait à l'envahisseur la plus vigoureuse résistance. Les traités de 1839 confirmés par les traités de 1870 consacrent l'indépendance et la neutralité de la Belgique sous la garantie des puissances et notamment du. Gouvernement de Sa Majesté le Roi de- Prusse. La Belgique a toujours xté fidèle à ses obligations internationales; elle a acco-mpli ses devoirs dans un esprit de loyale impartialité; elle n'a négligé aucun effort pour maintenir ou faire respecter sa neutralité. L'atteinte à son indépendance dont la menace le Gouvernement allemand constituerait une flagrante violation du. droit des gens. Aucun intérêt stratégique ne justifie la violation du droit. Le Gouvernement belge, en acceptant, les ' propositions qui Ivi sont notifiées, sacrifierait l'hoivneur de la nationu en même temps qu'il trahirait ses devoirs vis-à-vis de l'Europe. Conscient du rôle que la. Belgique joue depuis plus de quatre-vingts ans dans la civilisation du. monde, il se refuse à croire que l'indépendance de la Belgique ne puisse être conservée qu'au prix de la violation de sa neutralité. Si cet espoir était déçu, le Gouvernement belge est fermement décidé à repousser par tous les moyens en son pouvoir toute atteinte à son droit. A 6 h. Jf5 du soir, l'ambassadeur d'Allemagne y à Paris, remet à M. Viviani, président du conseil, la. lettre suivante: M. le Président, Les autorités administratives et militaires allemandes ont constate un certain nombre d'actes d'hostilité caractérisée commis sur le territoire allemand, par des aviateurs militaires français. Plusieurs de ces derniers ont manifestement viole la neutralité de la Belgique,, survolant le territoire de ce pa.0; l'un a essayé de détruire des constructions près, de IVesel, d'autres ont été aperçus sur la région de l'Eiffel, un autre a jeté d,es tiombes sur le chemin de fer près de: Earls-ruhe et de Nuremberg. , Je suis chargé, et j'ai l'hon/neur de faire connaître à Votre Excellence qu'en présence de ces agressions l'empire allemand se considère en état de guerre avee la France, du fait de cette dernière puissance. J'ai en même temps l'honneur d,e porter à la connaissance de Votre Excellence que les autorités allemandes retiendront les navires marchands français dans des ports allemands, mais qu'elles les relâcheront H, dans les quarante-huit heures, la réciprocité complète est assurée. Ma mission diplomatique ayant pi'is fin, il ne me reste plus qu'à prier Votre Excellence de vouloir bien me mAinvir de mes passeports et de prendre les mesures qu'elle jugera utiles pour assurer mon retour en Allemagne avec le persônnel de l'Ambassade, ainsi qu'avec le personnel de la J^égation de Bavière et du Consultât général d'Allemagne à Paris. Veuillez agréer, M. le Président, l'expression de ma très haute considération. Signé: SCHOEN. Pour les sinistres des Flandres L',,Association des sinistrés de la Flandre occidentale" vient de se fonder pour une durée de cinq années, dans lo but: lo. de défendre les intérêts des sinistrés de la guerre et fie réaliser par tous les moyens légaux la réparation intégrale des dommages causés à la propriété sous toutes ses formes; 2o. de travailler au rétablissement de la vie économique en province; 3o. do prêter une assistance mutuelle à ses membres. , L'association a son siège à Paris, rue Vivionne, 51. Ce siège pourra être transféré à Ypres^ par simple décision du Comité, En Belgique. A Bruxelles. Von Bissing vient de faire publier dans les journaux et placarder sur les murs de la ville une affiche invraisemblable dont nou6 reproduisons le texte: Le gouverneur général baron von Bissing, en date du 18 juillet 1915 : La Convention de La Haye concernant les lois et coutumes de la guerre sur terre stipule ce qui suit; Article 42. Un territoire est considéré comme occupé lorsqu'il se trouve placc»de fait sous l'autorité de l'armée ennemie. Article 43. L'autorité du pouvoir légal ayant passé de fait entre les mains de 'l'occupant, celui-ci prendra toutes les mesures qui dépendent de lui en vue de rétablir et d'assurer, autant qu'il est possible, l'ordre et la vie publics en respectant, sauf empêchement absolu, les lois en vigueur dans, le pays. En exécution de ce devoir imposé par le droit des gens, Sa Majesté l'empereur allemand, après l'occupation du royaume de Belgique par "nos troupes victorieuses, m'a confié l'administration de ce pays et m'a chargé d'exécuter les obligations résultant de la Convention de La Haye. En dirigeant l'administration du pays en ma qualité de gouverneur général je n'agis nullement par amour du despotisme ni pour favoriser uniquement les intérêts de l'empire allemand; j'accomplis la mission difficile qui m'a été confiée et les multiples devoirs qu'elle m'impose envers la Belgique occupée.Pour cette raison, je suis en droit d'attendre et j'attends de tout sujet belge, et surtout des autorités du pays qui ont pu (sic) être laissées en fonctions, que tous secondent mes efforts tendant à rétablir et assurer l'ordre et la vie publics. Je reconnais volontiers qu'un nombre relativement considérable de bourgmestres, de fonctionnaires de l'Etat, de membres du clergé, d'habitants des villes et de la campagne et surtout de personnes charitables a su comprendre mes intentions ; je reconnais qu'il en est résulté de sérieux avantages dont l'intérêt public — non leur intérêt personnel — a tire profit. Nombreux sont cependant ceux qui opposent encore une résistance ouverte ou secrète aux mesures que je juge nécessaires d'appliquer. Beaucoup, me semble-t-il, estiment, bien à tort, faire acte de patriotisme ou de courage en contrecarrant les dispositions du. pouvoir occupant; d'aucuns croient qu'en secondant mes efforts, ils s'attireraient des ennuis ou même courraient des dangers si, par la suite, l'ancien régime revenait au pouvoir. Ces deux façons de penser sont très regrettables: l'une provient d'un malentendu fondamental; l'autre est l'indice d'un caractère peu digne. Quelle que soit la destinée que l'avenir réserve à la Belgique, celle-ci est placée à présent sous l'administration allemande, sous mon administration, en vertu du droit des gens. Tout Belge qui obéit à cette administration ou seconde ses efforts ne sert pas le pouvoir occupant, mais sa propre patrie. Tout Belge qui résiste à l'administration établie de fait ne nuit pas à l'empire allemand, mais à son pays, à la Belgique même et une telle manière d'agir n'est ni courageuse ni patriotique. Jamais celui qui, sans réserve, coopérera au bien-être public, avec Je pouvoir ocoupant, ne pourra, équitablement, être accusé de soumission à l'étranger ni de trahison envers sa patrie. Je ne demande à personne de renoncer à ses idéals ou de désavouer hypocritement ses convictions. Mais j'exige que chacun tienne compte de l'état de choses existant; j'exige que tous les èelges reconnaissent que le droit des gens .et le droit do la guerre m'obligent à administrer le pays; j'exige qu'ils comprennent que j'ai légalement le droit de recourir à la collaboration des autorités du pays, do ses chefs intellectuels, religieux et laïques. Tous ceux qui, ayant de l'influence, s'abstiennent, par faux patriotisme, de la mettre au service de la cause commune, desservent la patrie qu'ils prétendent aimer. Je respecte toute conviction ^religieuse, politique ou patriotique, et j'accueille avec plaisir toute collaboration loyale, d'où qu'elle vienne. Mais j'ai le devoir de sévir sans ménagement contre ceux qui troublent ouvertement ou secrètement l'ordre dans le pays et s'efforcent d'empêcher le rétablissement et le développement paisibles de la vie publique. Accomplissant ma mission, je punirai, sans égards pour la personnalité, tous ceux qui résisteront par actes ou par paroles, et, s'ils occupent des fonctions publiques, je les destituerai. J'attends du bon sens de la population belge et de ses dirigeants que mes paroles dissipent certaines idées fausses èt fassent comprendre à tous, sans distinction de classes, que je désire servir les intérêts du pays et que, dans les circonstances présentes, le seul moyen de faire acte de vrai patriotisme est de seconder mes efforts, de contribuer à leur réalisation. Ce document n'appelle aucune discussion. Ce serait perdre son temps. Il est incroyable que M. de Bissing écrivo de telles...., mettons ,,phrases", au sujet de. la compréhension du patriotisme. Par moments il est très amusant. Que penser, par exemple, du „Je respecte toute conviction religieuse, politique ou patriotique". Rappelons en passant que sous l'administration de von Bissing le cardinal Mercier, Mme Carton de "Wiart, Mlle de Jonghe a'Ardojre, des députés, avocats, notaires, religieux, rentiers, ouvriers} etc... ont été condamnes par centaines. Que c'est lui qui est responsable de la tentative d'affamer Malines. Qu'il a écrasé le pays sous des impôts énormes, l'a appauvri par des réquisitions innombrables, qu'il a fait déménager" le matériel de la majorité de nos usines. Qu'il a repris à son compte la taxe -sur les absents. Qu'il a fait fusiller quantité de citoyens, dont M. Lenoir, à Gand, sans qri'il y eut contre ceux-ci des preuves assez j accablantes pour leur valoir la peine do mort. | Nous en passons. Et c'est ce même homme qui jarle des conventions de La Haye?, Mais ce serait à faire pouffer de rire si ce n'était au6si triste et si tant des nôtres n'avaient souffert les pires tortures depuis l'arrivée du gouverneur-geôlier. J'accomplis ma mission difficile, dit-il; j'ai été chargé d'exécuter... etc...." Von Bissing lui-même cherche à s'excuser. Que de comptes il nous devra au jour du règlement final! Cet homme, par ordres supérieurs c'est possible, a fait souffrir la Belgique et les Belges. ,,C'est le duc d'Albe du XXe siècle"", dit-on, au pays. Et croyez que ce nom lui restera. Cette affiche est bien ,,allemande". C'est tout ce que nous avons à en dire. * * On vient do distribuer les billets de contributions de la taxe sur les absents. La police a relevé le nom de 600 personnes, actuellement absentés du pays, et qui paient plus de cent francs de contributions personnelles. Il y a beaucoup de réclamations concernant la taxe, par exemple de la part de personnes qui ont des propriétés en ville et à la campagne où ils passent généralement l'été ou qui possèdent des propriétés à l'étranger. Quelle montagne de paperasseries à l'horizon! A Anvers. Nous avons annoncé qu'un procès était pendant entre le propriétaire du théâtre de la Scala et son locataire actuel, qui réclamait une diminution de loyer. Le cas présent intéresse n>n grand nombre de Belges réfugiés à l'étranger et qui sont locataires de salles de spectacles, de cinémas, de salles de danse. Nous croyons leur être utile en publiant un résumé du -jugement qui vient d'être prononcé. Celui-ci constate que ce n'est, en thèse générale, proclamée par de nombreuses décisions judiciaires, que d'ans le cas de destruction totale ou partielle d.es bâtiments loués qu'est applicable le bénéfice de la disposition légale invoquée. Après avoir constaté certains faits successifs dont il a été fait état: un arrêté du bourgmestre ordonnant là fermeture des établissements a 10 heures du soir, puis la fermeture des salles de spectacle; la réquisition de locaux, dont la Seal a, pour y loger des réfugiés ; l'interdiction des bals du Carnaval (ceux de la Scala ont eu depuis plusieurs animées beaucoup de vogue), etc., faits dont le demandeur inférait nne exonération de ses obligations par force majeure ; après cela, le jugement estime qu'il n'en résulte pas une privation de jouissance; celle-ci n'a jamais existé d'une façbn complète et absolue. Le -demandeur ne démon tre pas qu'il n'ait pu tirer depuis le mois d'août un parti quelconque des lieux loués. Avant le 6 août, il a donné en location la salle pour nne exploitation de cinéma au prix; de 900 francs les trois mois. Depuis lors, d'autres salles de cinéma ont été rouvertes, notamment le 25 octobre, le 8 novembre; aucun restaurant n'a été fermé. L'Odéçm, depuis un certain temps, donne régulièrement des représentations; on y a même monté une revue. L'exploitation des salles die café-conoert et de spectacles n'a donc pas été paralysée. Il faut voir l'intention des parties contractantes et consulter l'usage du pays. En prenant à sa charge l'exploitation de l'immeuble, le demandeur a dû prévoir des périodes d'insuccès. Des diminutions de bénéfices temporaires rentrent dans les aléas de toute entreprise de cette catégorie. Il serait contraire à l'équité, de faire supporter par les propriétaires seuls les conséquences de la crise économique que nous traversons en ce moment. « Par ces motifs, le tribunal abjuge la demande formulée contre la Société du Pôle Nord, de Bruxelles. * * * Voici un ultime écho de la manifestation patriotique du 21 juillet : Place de la Gare se trouvaient deux mitrailleuses, servies par six soldats. Elles auraient pu également atteindre la foule qui se pressait Avenue de Keyzer. Le même jour, 350 arrestations ont eu lieu. Depuis le 21, les tramways ne peuvent plus circuler après 8 heures. Un tramway vicinal est arrivé dans îa soirée de cet inoubliable jour, venant des environs de la ville. Dans trois wagons étaient entassés des prisonniers, braves gens coupables d'avoir manifesté leur patriotisme. Tous chantaient à tue-tête, le , ,Vlaamsclie Leeuw", à la grande colère des Allemands. A IL iége. ,,Le Courrier de la Meuse" raconte en ces termes une affaire tragi-comique qui se 1 déroula dernièrement à Liège: Tous les Liégeois et tous les anciens universitaires connaissent le théâtre im- ] périal de la rue Roture, but § de tant ! d'excursions estudiantines. Or, il vient ' d'en arriver une bien bonne au brave proprio de la scène essentiellement liégeoise et à certain officier allemand... Le théâtre de Roture se désolait 'de ne rien faire... Les célèbres marionnettes languissaient... Un beau jour, le directeur, excellent patriote d'ailleurs, estimant que ses représentations ne pourraient avoir qu'une influence heureuse sur le moral de la population, décida d'ouvrir son théâtre... Par malheur pour lui, il fit part de son idée à quelques amis qui conçurent immédiatement l'idée d'aine zwanze dont on rira longtemps à Liège. Les amis cpnseillèrent au directeur d'adresser une demande d'ouverture à la Kommandantur et s'arrangèrent pour intercepter la lettre. Le surlendemain, on recevait rue Roture la réponse soi-disant officielle, conçue à peu près en ces termes: M. le général-commandant est disposé à accueillir votre demande.- Toutefois, il désire préalablement passer vos „artistes" en revue à l'effet de constater qu'aucun d'eux n'aie une ternie subversive ou ne soit costumé aux couleurs d'un Etat ennemi de l'Allemagne. Veuillez donc vous présentèr à la Kommandantur lundi, à 2 heures de relevée, porteur de la( présente et de vos artistes. Cette lettre était signée X..., adjudant-secrétaire du général, et comportait en post scriptum sur feuillet détaché ce qui suit: P.S. — Confidentiel. — Je connais votre théâtre ayant habité Liège pendant trois ans. Si vous voulez recevoir bon accueil je vous conseille d'arranger Charlemagne sur le portrait du premier d'entre les Allemands.A vrai dire, cette recommandation ne souriait nullement à l'intéressé, par patriotisme d'abord, ensuite, parce qu'il ne voulait pas sacrifier la tête vénérable de sou empereur d'occident pour celle... Aussi, il se refusa à ce travestissement et résolut de tenter le coup avec son Charlemagne. Mais, il avait compté sans ,,les amis" qui, ayant des intelligences dans l'établissement, parvinrent à substituer, à un des serviteurs de l'empereur Charles, une marionnette qui ressemblait à qui vous devinez... Le lundi suivant, à 2 heures, notre directeur était à la Kommandantur ...Ici se placent quelques scènes très drôles qu'il serait trop long de décrire. Quoi qu'il en soit, flairant une affaire louche, l'officier de service introduisit le solliciteur auprès du général; qui é5dgea qu'il soit procédé en sa présence, à un déballage en règle... Notre Liégeois, qui ne perdait pas son aplomb, se promit de faire les choses aussi en règle. Lentement, il sortit son personnage principal sur-le compte duquel il adressa à l'Allemand un de ces petits boniments que les habitués connaissent... ,,Voici le grand empereur Charles • à la barbe fleurie, roi des chevaliers, qui n'e.ut jamais qu'une parole et qu'oneques jamais n'a entendu dire qu'il l'avait violée... Il fit la guerre aux forts, aux puissants, aux Maures et respecta toujours' les faibles... Il fut le grand empereur d'Occident, il n'aura jamais de successeur..." — Passons, dit l'officier nerveux. ,,Et ça?... — Ça, ce sont les guerriers. — Et ça? — Ça, ah! c'est comme qui dirait aujourd'hui le... domestique de l'emp... Notre malheureux compatriote n'avait pas achevé sa phrase que la main du général s'abattait sur sa nuque... C'est que la ressemblance était si frappante que l'officier ne s'y était pas trompé un seul instant. En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, notre directeur était aux fers et l'affaire aurait pu tourner mal si la lettre dont il était p>orteur et qu'il fit remettre au commandant n'eut finit par convaincre ce dernier que le malheureux était victime de zwanzeurs. Il fut relâché.,.. Mais l'histoire ne finit pas ici et c'est ce qu'il y a de plus drôle... La marionnette coupable de lèse-majesté avait été déposée sur le bureau... Quelques jours après, un officier que la chose sans doute avait amusée, la dressa négligemment sur sa table de travail.... Le jour même, un prince allemand, de passage à Liege, traversant le dit fcgureau se trouva nez à nez avec... qui vous pensez!... La. scène qui suivit fut autrement terrible que l'autre. Les officiers de la place de Liège furent cités a comparaître et ce n'est pas sans peine qu'ils parvinrent à se disculper... Quant à la marionnette, on ne sait ce qu'elle est devenue, ils n'auront pas osé se décider à la brûler... Quoiqu'il en soit, elle ne verra jamais la rampe au théâtre de Roture, le directeur l'a déclaré. Il n'ouvrira pas avant la fin de la guerre. D'ici là il va préparer un grand drame: ,,Il n'y a pas deux empereurs en Occident !" A. Namur. Le tribunal allemand fait montre d'une sévérité excessive. C'est ainsi que pour offenses à un ,,sujet" autrichien (nous ne ' disons pas ,,militaire") un pauvre homme a été condamné à 9 mois de prison. D'autre part, les soldats belges Henri Hermant et Dieudonné Dehoubert se sont vu condamner à 8 années de travaux forcés pour tentative de meurtre. Ils avaient, depuis plusieurs mois, vécu dans les bois en compagnie d'un soldat français que les Boches n'ont pas encore retrouvé. Ils enfreignaient donc l'arrêté allemand qui oblige les anciens militaires à faire leur soumission à la kommandantur. Après quoi on les envoie en Allemagne comme prisonniers.... Ce3 deux militaires étaient, en outre, armés de fusils. Ils firent mine d'épauler lorsque des soldats-allemands procédèrent à leur arrestation, mais ne tirèrent aucun coup de feu. Osiras les Namaîrois L'occupation allemande se fait lourdement sentir dans différentes régions du Nain ur ois. A Gembloux, toutes les maisons de commerce ont été dévalisées de leurs marchandises. Pl-usîeuivd'entre-elles ont été dépouil lées de leurs meubles — soigneusement envoyés en Allemagne — et servent de casernes aux troupes d'étapes et de garnison. Près da la gare, l'habitation de M. Warrant, le marchand de chevaux bien connu dans toute la Hesbaye, a été choisie pour servir à l'installation de la ^Kommandantur".Le ravitaillement fonctionne d'une façon satisfaisante, mais le prix des denrées de première nécessité ne cesse d'augmenter. # s * A Tarnine, la malheureuse cité qui fut.le théâtre de tant de crimes abominables, quelques commerçants ont rebâti sommairement leurs magasins. La population a repris peu à peu le chemin du village. * * * A Surice, il ne restait debout que cinq maisons après le passage des Barbares. Aujourd'hui, plusieurs bicoques ont été reconstruites et les villageois tendent à retrouver la vie paisible d'autrefois! P^r contre, à Dinant et à Anthée, les ruines subsistent toujours, et sur les monceaux de décombres, hâtivement assemblés, règne un silence de mort et de désolation. A G a n d. On ne s'est pas peu diverti à la lecture d'une énorme affiche, signée „Her20g Al-brecht von Wurtemberg, Generaloberst ern Oppebevelhebfynr" ! Il y a eu des rassemblements. On crût, puisque le prince lui-même signait l'affiche, qu'il allait se passer de graves événements. Or, savez-vous de quoi traite le papier? De la défense de laisser courir des chiens dians les rues ! Nous ne reproduirons pas les dix articles de cette affiche. > Il suffit d'en signaler l'objet pour qu'on sache à quoi le vaincu de l'Yser passe son temps! «• * * On a amené à Gand, pour y être traduits devant un conseil de guerre, de nombreux déserteurs allemands, appartenant pour la plupart à l'infanterie de marine et Venant du front de l'Yser. Ces déserteurs furent arrêtes non loin de la frontière, vêtus d'habits civils. Des paysans, que l'on soupçonne de leur avoir procuré des vêtements, seront poursuivis. • * • Nous apprenons, et nous nous faisons un plaisir de rectifier notre information, que les usines Carels ne sont pas aux mains des Allemands. Jyes ouvriers belges finissent les commandes dans les ateliers. Mais l'ennemi occupe cependant le vestiaire, le réfectoire des ouvriers et certains bureaux qu'il a transformés en dortoirs. nri I m ^ Croix Rouge de Belgique. Souscriptions reçues au secrétariat du Sous-Comité; d'Oostburg (S7, Nieuwstraat). 17c liste générale de souscriptions: F. Erasmus 1.00 fl. J. R -1.00 ., J. A. B 1.00 ,, S. Fanteyn ". i.oo ., Va/n Domine fr.25 P. Frqas 1.00 ., A . Hannich l .00 ., C. Berxcalet 1J)0 ., G. Krijger Q 25 „ F. Rammeloo ; 0.25 ,. C. G. BalmaT<,crs 0.25 Anonyme 1.00 C. B. .". 1.00 ., N. N 1.00 Divers 1.3$ ,. Brcen 2.00 A. Smidt 1.00 ,, Wed. Scheekr, 0.50 IVed. de Smidt 2.50 ., H. F. de Fu.y i.oo .' Divers 2.60 „ P. Deulens 2.50 ,, J. de Bru/ynè * I 1.87 Divers .',.75 ,, Liste .302 22.35 .. S. Willems 10.00 frs. Mme P. Lebrun 10.00 Pa/iil Wolfs ....(. 5.00 ,, Edga,rd Éavchamps 5.00 .. Edmond. Wolfs » 5.00 .. .1. H.erpels ...— 5.00 Mme L. Bayaux 20.00 Janssens-Fossé 10.00 Constant Louage o.OO J. Lissen i.oo E. Stévaux 2.00 ,, Saeton 2.00 ., Frans VlietincJfx 1.00 Auguste Vlietinelix i 00 G. van Steene J .1.00 F. Gernay ...» i.oo Van Troyen 2.00 J. C 1.50 .. Bruync 2.00 Divers 2.25 A. Stecnhou.t 2.00 Divers 2.50 ,, Louis Poupaert 10.00' Isidore Zaloux r,.00 ,, Dominique Mecrtz 2.00 Julien Van Hove o qq ' C. Dcekers 5.00 Iz. Toussaint l 00 SoeuYs Toussaint 2.00 \\ Mme Toussaint l}00 Wed. A. Koolc 1.00 ,, S. Mouton - 5.00 ., A. Isafontainc 2.00 ,, Dresse 2.00 ,, Vemcidcnaerc — 5.00 ,, Le Corbesier 20.00 ,, Anonyme —2.00 ,, J. De Bruyne 2.52 ,, Schepens * 1.00 ,, Liste S02 5.00 Totaux cm, 20- ju.ïllet du Comité Central de la Iiaye (32. J. P. Cocnstraatyt 71.582,56 /rç. T+' - '17.730,16* fl.

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Cet article est une édition du titre L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam appartenant à la catégorie Oorlogspers, parue à Amsterdam du 1914 au 1918.

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