L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam

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s.n. 1915, 01 Novembre. L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam. Accès à 21 octobre 2020, à https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/fr/pid/125q815m4k/
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gcnte Sf tlêe N°. 3741 S cents (ÎO Centiuie^) lùundi S novembre ï@SS L'ECHO BELGE I L'Union fait la Fore*. •îourïral caaotidliera <Sm matin paraissant à Amsterdam. Be!ge est notre nom de tamsile. I Toutes les lettres doivent être sitlressé^s au bureau de rédaction : H.Z. VOORBURGWAL 234-240, AMSTERDAM. Téléphone: 27&7. Rédacteti en Chef: Gustave Jaspaers. „ . . ( Chai'les Bernard, Charles Herbiet, Comité de Rédaction: î , ^ . , ( René Chamlbry, Emile Painparé. Pour les annonces, abonnements et vente au numéro, s'adresser à l'Administration du Journal: N.Z. Voorburgwal 234-240, Amsterdam Téléphone: 1775. Abonnements: HolIantJefl.1.50 par mois. Etranger H. 2.CG par mois Annonces! 15 cents la ligne. Réclames; 30 cents ia ligne. Prisonniers La plus belle figure de rhétorique, disait Vapoléon, c'est la répétition. Aussi tous les jours répétons-nous: ,, Songez à 1103 prisonniers de guerre!" L'inconvénient, 1 Lyrtaut, de ce système, c'est trémousser ['attention à cause de l'habitude. A force delo^ir écrit partout on ne doute pas que le savon Machin soit le meilleur, mais on continue tout de même à se servir du savon . Cbcsé- I jyos prisonniers de guerre. Pas n est ! besoin de longs développements pour vous j?irô sentir ce qu'il y a dans ces mots. Hier encore une de nos correspondantes \oiis le criait dans un appel vibrant. Ils se ,ut battus pour nous, ils souffrent pour 1:11s. Notre devoir le plus simple est alléger cette souffrance autant que nous > pouvons. Et nous le pouvons. Imaginez-Vous ce ique c'est qu'un camp ■j prisonniers en Allemagne. Un prisonnier ::l,e évadé de Frederickstadt nous le disait hier. Des baraquements ei^ planches mal jointes. On couche sur un sac de paille, 'fais comme la paille n'est jamais renouve-]ée, le3 malheureux préfèrent jeter cette pourriture et ils dorment, enveloppés dans la toile .grossière, à même le plancher. Pas d'hygiène. On se cotise pour se débarras-' r de ses poux; de6 puces, pas. moyen. Et quelle nourriture! Un semblant de café, le matin. A midi et le soir une manière de brouet dopt un Spartiate n'aurait pas voulu. Et le ventre vide à sonner dessus la diane, il faut travailler et faire l'exercice. L'exercrice se fait'après déjeuner, pendant une ou deux heures. Les sous-officiers belles commandent en allemand sous les ordres do sous'-officiers allemands. Ce système déplaît surtout fort aux Anglais. Comme il n'y a pas moyen de ,,tirer son plan", les Anglais ont pris le parti de comprendre tout de travers. Qu'on commande: halte! et voilà tous les Tommies de courir à perdre haleine. Mais il n'y a que les 6ous-offs boches qui s'essoufflent à le# suivre. Rien n'arrête ce comique et formidable rush. N'imaginez pas ces hommes vêtus de leurs uniformes. Ceux-ci ont été peu à peu remplacés par des habits civils. Et si les prisonniers s'évadent? L'objection est aussi venue aux Boches. Le tailleur .du camp a ; pour devoir de découper un grand trou, 1111e manière de lucarne, au milieu j^u dos, c\<u est ensuite bouché avec un morceau d'élotfe de couleur, rouge, jaune, bleue. Inde de vous révéler les.ruses qu'Arlequin f^loje pour ressembler à tout le monde fcqu'il a réussi à mettre le fil barbelé qui sert de clôture au camp entre ses gardiens ft lui. Par réquipes, le matin et l'après-midi, parfois jtf>ur toute la journée, les honftnes sont envoyés en corvée. Les plus heureux sent ceux qui s'occupent de travaux agricoles. Ils sont parfois bien traités par les' wiculfours dent les fils et les domestiques wnfc au front. Il n'en est pas de même de ceux qui sont employés aux travaux de terrassements, de réfection des routes, de ..largement et de déchargement des wagons o'e chemin de fer. Cependant les choses se ?âtcrent le jour où les Boches voulurent obliger nos gas à tourner des obus, à travailler <^ns les fonderies et les aciéries. Ce fut un refus net. Les pires menaces n'y purent rien. Il plut des 15 jours de prison H des six mois de forteresse. Epuisée inommes, l'Allemagne voudrait que ce ïi:nt les Belges, les Français, les Anglais, •Russes qui lui fabriquent ses canons et ^ mitrailleuses. Par exemple, elle se mo-I^Weri des conventions de La Haye, ici baffle ailleurs. Et l'on imagine, en dehors punitions et des brimades^ les vexations lieuses ou mesquines que les Boches font snbir à des hommes qu'ils- ont pris par er"eur, après tout, et qu'ils auraient mieux lait de massacrer... Le coude à coude les soutient. On supporte plus facilement la'souffrance en commun; surtout, on résiste mieux en commun. Et pourtant il n'est qu'une chose qui puisse tonner à ces hommes le courage nécessaire de vivre jusqu'au bout l'horrible aventure. C'est la conscience que le lien qui les relie au pays, à ce pays peur lequel ils souffrent €t.en qui ils espèrent, n'est pas rompu.C'est rçu'i-B sont toujours les fils aimés et choyés 'le ce pays et qu'i'l y a là-bas, à côte des-êtres chers, d'une nièTe, d'une femme, d'une sosur, à défaut, hélas ! de ces êtres chéris, ■les gens qui songent à eux. Plus encore que 9 secours qu'ils peuvent en recevoir, la I nourriture qui supplée au manque de fiourriture et ces riens qui acquièrent dans felleg circonstances une valeur extraordi-naire, la pensée émue qui accompagne ces Nonus dons les excite à plus de fermeté, fin secourant nos prisonniers de guerre nogs n_e faisons point seulement oeuvre de chanté; nous affirmons notre patriotisme et %tte solidarité qui dépuis le 4 août 1914 kit de tous les Belges les membres d'une seùle famille. Charles Bernard. AVIS. Nous serions reconnaissants à nos abonnés Wi reçoivent leur journal par la poste et dont ''bonnement expira le 1 novembre de bien "Mtoir nous envoyer un mandat poste de M.50 on mentionnant sur le mandat poste:' Renouvellement d'abonnement. | Êi y a a si! 1er novembre 191J/.: Les alliés, 'progressant dans la. région d'Y près, reprennent Tlollebcke et Messines; bombardement par nos aviateurs du quartier général allemand à Thielt ; dans les Vosges, occupation paroles Français des hauteurs dominant le col de Sainte.-Marie-aux-Mines et réoeçupation du Ban-cl c-Sapt. Avance des Pusses en Pologne. Dans le Pas-de-Calais, un sous-marin allemand coule, le croiseur anglais „Her-mès'Sur les côtes du Chili, bataille navale entre Vescadre anglaise et l'escadre allemande du Pacifique ; perte de deux croiseurs anglais, le },Good-Hope" et le ,,Mon-jnouth". Dans la mer Noire, opérations du ,,Goebcn" et du ,,Breslau", sous les ordres d}officiers et avec des équipages allemands. Les ambassadeurs de France, d}Angleterre et de Russie quittent Constantinople. Bavant la barnars iessi Les Austro-Allemands entourent à peine de réticences l'aveu que leur grande offensive de Russie finit daïis les sables, ou, plus exactement, dans d'inextricables boue^. On écrit de Pétrograde que les prisonniers, tous les jours très nombreux, présentent un affreux spectacle à .l'éternelle pitié slave, qui a survécu aux pires atrocités de l'ennemi. Les bottes allemandes n© sont pas appropriées au limon humide ou glacé de la Courlando et du Pripet. Elles y restent. C'est les pieds nus, ensanglantés, déchiquetés, que les prisonniers allemands traversent les villes ou les villa.ges russes, après avoir été ramassés par centaines, vaincus par la glèbe, dans l'impossibilité d'avancer ou de reculer. Les campagnes et les faubourgs des grandes villes allemandes 6ont instruits de tant de misères, comme des grandes hécatombes de Champagne et des Flandres. Les journaux des pays neutres confirment quo la manoeuvre des Balkans, avec d'autres objets do plus longue portée, a celui de distraire les esprits do la déception en Russie. Des combats continrent à l'a Baltique, à la vallée du Dniester, avec des alternatives d'importance-très variables; mais l'offensive est le plus souvent russe, sauf dans la région d© Dwinsk où Hindénburg tente un nouvel effort avec de grosses masses. Ses attaques ont jusqu'à présent échoué, notamment dans la basse région des lacs, avec de très lourdes pertes. Les correspondants allemands signalent que nos alliés sont pourvus très amplement d'armes -et do munitions de toutes sortes, .surtout de fabrications américaine et japonaise. Maokensen n'aura, point quitté sans quelque satisfaction son inutile et cruelle bataille contre les marais du Pripet. S^es successeurs, bien qu'affaiblis des corps d'armée qui ont été emballés pour la Serbie, tiennent encore la petite ville de Pinsk; mais'ils y sont comme dans un cul-de-sac et risquent d'y êtçe enfermés. Les cosaques et les paysans, les ,,loups lacustres",, no se lassent pas do les harceler. Guérilla de jour et de nuit, insaisissable. On en contera par la suite les terribles histoires. Battus sur les routes de Kiew c'est en Wolhynio et devant les bordures, galiciennes qui sont aux mains dés Russes que les Austro-Allemands do fcinsingen sont réduits à la défensive. Linsingen est do tous les généraux autrichiens celui qui a. fait preuve des qualités de beaucoup les plus sérieuses, de fermeté dans les Carpathes et d'habileté manoeuvrière à la tête de l'armée du Bug. Comme on sait, il a pour adversaire le général Ivanof. ^'est une rude partie d'échecs. Bothmer et Pflan-zer, qui sont les deux lieutenants principaux de Linsingen, ont été refoulés sur la Strypa. Les Autrichiens conviennent que la situation est difficile. Tarnopol, qui est aux Russes, constitue une position très forte au sommet du triangle, à peu près isocèle, dont la base va de Lcmberg à Czernowitz. C'est une ville relativement récente, du seizième siècle, «dans une région très riche, quo traverse le Sereth. Les Autrichiens opèrent dans les parties les plus dévastées do la • Wolhynie. Ils les ont ravagées comme des brutes, sans doute avec la pensée qu'ils prendraient à Kiew de bons quartiers d'hiver. Les 6,(XX) prisonniers des récents combats de Loutzk mouraient littéralement de faim, épuisés par des marchés forcées et des nuits sans abri sous des pluies torrentielles. La tête carrée d'Hindénburg ne désespère encore ni do Dwinsk ni de Riga. Pour tout le reste des armées austro-allemandes qui entrèrent triomphalement en Russie, leur ambition s'est réduite à hiverner dans de's tranchées, sur des lignes dénuées de tout intérêt stratégique. Il y faudrait l'agrément des Russes. (>>Le Figaro".) ■ ■ l lut» ■ C *-03=— Réponse à une menace' Un de nos lecteurs nous envoycles considérations suivantes à propos d'une dépêche parue dans les journaux : ,,Le correspondant du ,,Telegraaf" à Londres écrit : Le ministère des affaires étrangères en Russie a informé le gouvernement allemand, par l'intermédiaire de la légation d'Espagne à Berlin, que l'exécution de la menace de l'Allemagne de confisquer les propriétés des réfugiés polonais qui ne retourneront pas dans leurs foyers forcerait le gouvernement russe 0 à agir de même avec les propriétés appartenant à des sujets allemands en Russie et de faire don du produit de la vente aux victimes polonaises de cet édit". Le gouvernement belge aurait dû faire la même menace à propos de la taxe sur les absents; il y a assez de capitaux allemands à saisir dans les banques belges à l'étranger, ou au Congo, ou encore en France et en Angleterre.Il est à espérer que cette menace sera enfin formulée par notre gouvernement, si les Allemands ont recours à de nouvelles mesures financières pour faire rentres les derniers •réfusriés belles. En Belgique. A ©r u x eOes. L'émotion provoquée par le dernier arrêté do M. von Bissing est loin d'être calmée. Pour Bruxelles seulement, plus d« ' 4000 anciens soldats ont été arrêtés et ccn- . duits, dans des camions ' automobiles, à| l'Ecole militaire, en attendant leur départ pour l'Allemagne. M. von Bissing a été très satisfait de son coup de filet. Satisfait et étonné du nombre de soldats qui résidaient encore dans la capitale. D'après ses espions, : il tablait sur le nombre de 1500 à 2000. : Or, voyant' la réussite brillante de son petit arrêté, herr von Bissing est fermement décidé à Rappliquer à toutes les villes du pays. Nous pouvons donc nous attendre à ce qu'un appel ait lieu, dans un très bre" délai, à Anvers, à Liège, à Charleroi, à Na- . mur, à Mons, etc.... Mais une question qui préoccupa tout le monde — lorsqu'on eut appris, comme un coup de tonnerre, l'arrêté en question.— c'est le sort'qui allait être réservé aux gar- , des civiques. Tombaient-ils, eux aussi, sous le coup de l'arrêté? Le correspondant bruxellois du ,,Nieu\ve Rotterclamsche Courant" répond négativement : ,,Vous vous rappelez 9ans doute, dit-il, que, lorsque la mobilisation fut achevée, la garde civique fut convoquée pour faire le service de garnison. La garde civique se distingua au cours de ce service, quoiqu'elle l'accomplit sans faire beaucoup de manières. Mais elle l'a fait consciencieusement, un peu en pantoufles. Les gardes, après les premiers' jours, prirent la chose philosophiquement, un peu comme s'il s'agissait de vacances. Les gardes de Charleroi et de Gand furent envoyés à Bruxelles, 6ar<s se plaindre, et ceux du premier ban exécutèrent courageusement des travaux militaires: creuser de3 tranchées, monter la garde la nuit, etc. C'était nouveau, c'était patriotique, il faisait beau temps et l'on croyait, en génçral, que cela ne durerait que quelques semaines. Lorsque, le 19 août, la nouvelle arriva qu'une armée allemande se trouvait aux portes de Bruxelles et qu'elle pénétrerait le lendemain dans la capitale, on s'aperçut tout à coup de la gravité de la situation. Devant la gare, les gardes civiques du 2e ban furent licenciés tandis qu'on envoyait les gardes du 1er bail à des endroits où ils pouvaient être utiles. Les vieux du 2e ban auraient voulu défendre également le territoire, aux côtés des jeunes. Pourquoi les empêchait-on d'aller se battre après les avoir empêché de travailler et de gagner le pain du ménage, di9aient-ils ? Les gardes du 1er ban firent bientôt métier de soldats et se battirent à côté de ceux-ci. Parfois, il y eut parmi eux de la confusion, mais on entendit souvent aussi parler d'actions d'éclat de la part de vaillants gardes: cela nous remplissait d'admiration.Après la chute d'Anvers, la garde civique fit montre de courage et de qualités militaires devant Gand. Mais le 1er ban fut ensuite licencié à son tour et beaucoup, parmi les intellectuels, s'enrôlèrent dans l'armée. Leg autres sont rentrés, tant bien que mal, après des odyssées bizarres, dans leur foyer et à leur travail qu'ils purent continuer sans difficulté, à condition de se soumettre à la formalité allemande que vous connaissez. Tout à coup arriva le décret du baron von Bissing, ordonnant à tous les soldats belges de se présenter à la Kommandantur. La question se présentait ainsi : la garde civique qui a combattu •aux côtés de l'armée,, mais? qui fut licenciée, était-elle encore considérée comme faisant partie de l'armée belge? Une solution est arrivée qui décide qu'un, garde civique n'est pas un soldat, quels que soient les actes, militaires auxquels il a pu participer au cours de cette guerre. Qefci ressort du jugement d'un procès. Un tribunal belge déclara que l'article 123 de la Constitution estime qu'une loi est' nécessaire pour mobiliser la garde civique, Or, en août 1914, la garde a été mobilisée sans cette formalité. Aucun garde n'appartient donc légalement à l'armée et ne peut être considéré comme soldat ou poursuivi comme tel. Solution radicale, comme on voit. — bien que plus -d'un garde civique se demande en quelle qualité il combattit! Peu importe. L'essentiel est que ces braves gens ne soient pas fenmienés en Allemagne où les prisonniers îwsurent de faim 1 Ajoutons à ces remarques qu'un nouvel avis de von Bissing vient d'être affiohé sur les murs de la ville et rédigé ainsi qu'il suit: ,,A partir du 1er novembre 1915, le contrôle — tel qu'il existe pour les Belges nés de 1892 à 1897 — sera étendu à ceux qui sont nés entre 1885 et 1898. D'autre part, les membres de l'ancienne garde civique (les officiers exceptés) qui ont atteint leur trentième année seront exemptés de ce contrôle. Je rappelle que ce contrôle a été institué dans l'intention de pouvoir se rendre comipte de la présence au pays des Belges et de les empêcher de s'enfuir. Il n'y a donc pas question d'incorpora -i tiou dans l'armée allemande ni de trans fert en Allemagne comme prisonniers de guerre." * A cet avis, ajoutons, respectueusement, quo M. von Bissing avait également promis aux soldats belges séjournant au pays — soit qu'ils aient été licenciés-, soit qu'ils y soient demeurés nour cause de. maladie — de no jamais les inquiéter. On a pu voir, il y a à peine une semaine, comment les Allemands tenaient parole ! Et il est dans le domaine des choses possibles, voire probables, maJBieureiuseme»t, que les gardes civiques, actuellement au pays, verront surgir de grosses difficultés soulevées par les Allemands. Rappelons-nous les promesses, toutes les promessss faites au nom de l'Allemagne aux soldats libérés belges pour qu'ils reviennent au pays. ^ Jugeons impartialement, à présent que nous avons en main les éléments de cette triste -affaire. Les gardes civiques comprendront le danger qui peut- brusquement surgir devant eux... * * * Nouvel arrêté du successeur de von Kracwell : I. Presque journellement, dans les divers quartiers de la ville, on découvre des armes et des munftions, bien quo les habitants aient, à différentes reprises, reçu l'orclro de les remettre à l'autorité allemande. J'ordonne encore une fois que toutes les armes et toutes les munitions désignées dans l'avis du 10 janvier 191-5 de Son Excellence le gouverneur général soient remises aux autorités compétentes, à moins que leurs détenteurs n'aient reçu une dispense spéciale des autorités allemandes. Si, après lé 25 octobre 1915, des habitants sont encore trouvés en possession d'armes ou do munitions du genre susmentionné, je serai porté à croire qu'elles sent destinées à être employées contre les autorités allemandes et les troupes allemandes. Si la conduite du détenteur est considérée comme trahison commise pendant Pétat de guerre, il sera passible do la peine' do mort ou de 10 ans do travaux forcés. On appliquera aussi l'arrêté du 1er octobre 1915 do Son Excellence le gouverneur général, concernant la défense de cacher des explosifs. En outre, tout© commune dans le territoire do laquelle on trouvera, après le 25 octobre 1915, des armes ou des munitions prohibées,, se verra imposer une contribution do guerre pouvant aller jusqu'à 10,000 marks pour chaque cas. o * II. Dans les derniers temps, des aviateurs ennemis ont, à diverses reprises, choisi cdînme but de leurs attaques des bâtiments occupés par des soldats allemands. Il est hovs de doute quo l'emplacement de ces bâtiments et leur occupation par des soldats allemands ont été signalés à l'ennemi par des habitants. Toute la population est responsable d'une telle manière d'agir, car, ne fût-ce que dans leur propre intérêt, les habitants ont l'obligation do se surveiller les uns les autres. Si donc des aviateurs ennemis attaquent encore des bâtiments occupés, ainsi quo les soldats qui les occupent, jo serai obligé, afin de surveiller de plus près les habitants de l'agglomération bruxelloise et d'empêcher l'espionnage, de loger des troupes allemandes dans les maisons particulières. Dans ce cas, la promesse, faite autrefois, do ne pas loger d'officiers ni do soldats allemands chez des particuliers sera annulée. Cetto promesse sera également retirée si, après 1© 25 octobro 1915, des armes ou des munitions prohibées (voir 1er alinéa) sont encore trouvées en possession de certains habitants do l'agglomération bruxelloise. Bruxelles, le 16 octobre 1915. Der gouverneur, Von Sauberzweig, général-major. * * * On lit dans ..Le Quotidien" : D'après l'article 20 do la dernière loi belge 6ur l'enseignement primaire, la langue véhi-culaire, dans cet enseignement, doit être la langue maternelle de l'enfant. t La direction d© l'enseignement a commencé l'application de cette importante prescription de la nouvelle loi et cela dans toutes les écoles communales, les écoles adoptées et adoptables; Aux termes du paragraphe 3, littera 2 do la loi, c'est la déclaration du chef de famille d'albord qui inHiquo la langue maternelle ou usuelle de l'eâfant. L'administration a ordonné dans les communes de l'agglomération bruxelloise une enquête destinée à fixer la langue maternelle des enfants dans les écoles primaires. Dans quelques communes, notamment à Bruxelles, les questionnaires ont été si incomplètement remplis, q\ûon a dû, pour se faire une idée de la proportion entre les deux langues, s'en rapporter aux chiffres du recensement de la population de 1010. Quoi' qu'il en soit, voici les données (sujettes à caution, évidemment) les plus intéressantes de l'enquête : I. Proportion entre les enfants de langue flamande et ceux de langue française. (Nombres basés sur les déclnràtions des parents et abstraction faite do 156 enfants ayant une autre langue maternelle) : Bruxelles (ville): flamand, 619; français, 2,359 ; langue mixte, 729. Faubourgs: flamand, 12,995; français, 10,399 ; langue mixte, 3,227. II. Nombre des habitants pariant flamand et de ceux parlant français. (D'après le recensement de 1910) : Anderlecht : flamand, 38,642; français et autres langues 25,495; Auderqhem, 5,390 et 2,130; Berchem-St-Agathe, 2^177 et 845; Bruxelles, 79,223 et 97,850; Ixelles, 14,760 et 58,231 ; Etterbeek, 13,776 et 19,451 ; Evere, 4,855 et 1,176; Jette, 10,861 et 3,921; Koe-kelberg," 8.389 et 5,361 ; Laeken, 22,726 et 12,298; Molenbeek, 4-3,116 et 29,667; Schaer-beek 35,948 et 46*532 ; St-Josse-ten-Noode, 8,769 et '23.096; St-Gilles, 16,101 et 47,039; Woluwe St-Lambert, 5,452 et 3.431 ; Woluwe-St-Pierre, 3,328 et 1,979; Ucole, 15,739 et 11,240; Vilvorde, 13,328- et 2,598; Forest 9,029 «>t 15,203; "Watermael-Boitsfort 4;6-'7 et 3.956J III. Proportion actuelle entre les classes à langue véhiculaire flamande, à langue véhicu-laire française et à langue mixte : Classes Nombre fran- bilin- fia- d'habi-çais. gues mandes tants flamands Andorlec-ht ..t..... 79 0 124 38,64 Audergliem 5 10 12 5,396 Berchem-Samt-Agathe 0 0 . 8 * 2,17 Bruxelles 513 0 4 79,22 Ixelles 201 11 0 14,760 Etterbeek 73 0 0 13,770 Evero 0 4 7 4,855 Jette 0 3 19 10,861 Koekelberg 4 6 18 8,389 Laeken 33 35 41 22,726 Molenbeek 42 27 103 43J16 Sohaerbeek 177 37 6 35,948' Saint-Josse-ten-Noode 71 0 0 8,769 Saint-Gilles ".. 141 0 0 16,101 Woluwe-'St-Lambert .. 3 9 13 5,432 Woluwe-St-Pierre 0 0 10 3,323. Uocle 18 32. 37 15,739 Yilvorde 0 0 54 13,528 Forès't 21 56 0 9,629 Watermael-Boitsfort 2 15 11 4,667 En moyenne, les classes à langue française ont 19 élèves et celles à langue flamande 35 élèves. Il s'ensuit qu'en exécution de l'article • 20 de la loi scolaire, il reste à augmenter le nombre de ces dernières proportionnellement au nombre d'enfants parlant le flamand. Des mesures vont être prises en ce sens. * * # Les Allemands sont en train de fonder dans notre bonne capitale un théâtre allemand permanent, dont la direction est confiée au herr doktor Jaeschke, directeur de la Bibliothèque. municipale de Dussellorf. La saison durera jusqu'en mars et les représentations auront lieu au théâtre du Parc. Pour l'ouverture, on a monté trois pièces de Hans Sachs: ,,Madame Vérité ne veut loger personne", ^I-^es Ecoliers' voyageant au Paradis", et ,,Le voleur de clie-vàux'tf. Voilà au moins une pièce de circonstance ! Le ,,Reiclispost", qui nous fait part de ces nouvelles palpitantes, critique le choix des pièces et préconise ,,Lohengrin", afin de ressusciter en terre brabançonne la figure d'Eisa de Brabant. ,,Qu'elle vienne alorss!" En Brabant Lorsque les hordes allemandes envahirent le Brabaqt méridional, des officiers allemands s'étaient installés au château de M. Dumont, à Chassart. Selon^ leur habitude, ces gentlemen d'outre-Rhin y avaient- fait ample butin de guerre. Ainsi, Mme Dumont ne retrouvait plus une selle de dame, à laquelle elle tenait beaucoup. Un jour, alors que l'officier supérieur était de bonne humeur, elle lui demande de rentrer en possession de la selle. La de-, mandé fut gracieusement acceptée. Le général envoie un officier avec Mme Dumont, et ils sé dirigent vers la gare de Chassart, où stationnait tout un train de butin de guerre, volé au détriment de la famille Dumont. Après de longues recherches, Mme Dumont découvre sa selle dans un wagon où se trouvent entassés ses toilettes de luxe, chapeaux, chaussures, etc., qui devaient naturellement servir à orner les honorables dames des pilleurs. A L ouvaiîi Vous savez comment, de Bruxelles, on fait le voyage à Louvain ? Le tram électrique de Treu-renberg vous conduit jusqu'à-Tervueren, d'où Ton prend le tramway à vapeur qui vous débarque à la Porte de Bruxelles, à Louvain. L'aspect de Louvain n'est plus toui> à fait le même qu'aux premiers jours de l'occupation. Ce n'est pas que la désolation des ruines no soit pas toujours aussi grande, mais, à présent, les maisons incendiées, avec les briques soigneusement remises en tas réguliers lo long des rues, n'ont plus ce même aspect d'horreur. Par ci par là, on a construit à la hâte des baraquements en bois, où se sont ouverts des débits de bière. Quelques marchands de choucroute ont également installé des échoppes autour des ruines -do l'université et de la Grand' Place. En général, le commerce est absolument nul. Comment d'ailleurs le faire reprendre dans une vilïe à moitié détruite et où la peur de l'Allemand est encore telle que les,-vieilles femmes et , les enfants se cachent au passage des vieux ; landsturm? Les soldats qui sont actuellement en garnison n'ont plus l'air triomphant! Ils cherchent des j excuses et parlent avec la population ; celle-ci leur répète qu'aucun civil n'a tiré] lo dout© finit par entrer dans leur esprit. Lo chômago est toujours presque complet. Des émissaires allemands ont bien essayé à ; plusieurs reprises d'embaucher des ouvriers pour les.envoyer travailler en Allemagne. Aucun n'a i répondu. Au canal, on travaille quelque peu dans les grands moulins, surtout depuis que i l'Amérique nous envoie le. grain et non plus de la farine. Les Ateliers de Dvle et Bacalan sont fermés. A peine quelques petites équipes entretiennent-elles les machines. Le ravitaillement se fait assez régulièrement. Mais au marché" les prix ont augmenté dans des proportions inaccoutumées. Ceci provient des revendeuses qui* courent les campagnes pour acheter directement le bewrre et les oeufs aux paysans et les emportent à Bruxelles. Des' mesures ont été prises; mais comment empêcher j cetto spéculation?. j Le nombre de blessés allemands qu'on nous amène est toujours très grand. Les Allemands font tout pour nous les cacher. Ils défendent l'approch© do la gare pendant certaines heures et 'parfois pendant des journées entières. Le passage d© troupes dans les deux sens est \ toujours considérable, et pas un jour ne se passe sans que nous voyions défiler dans la ville des théories de charrettes plus hétéroclites les unes que les autres, traînées souvent par des haridelles qui n'en peuvent plus. La circulation des autos a beaucoup diminué. Où sont les gros camions automobiles et les autobus que l'on s'amusait à faire passer et repasser nar la ville pour nous éblouir? Tout est relativement calme et nous attendons avec impatience la visite d'aviateurs alliés. Cela nous ferait tant plaisir ! Pourquoi n'y en a-t-il toujours que pour les Bruxellois? 1 1 les pîtspiee les Salhss. D'après le Tchèque Chafarjik, les tribus slaves chassées des rives du Danube par les Huns se seraient établies»clans la péninsule dès le cinquième siècle. Tes Slaves Macédoniens seraient leurs descendants. Au septième siccle, écrit l'„Echo de la Presse , deux peuples slaves, les Croates^ puis ttS- S,erb€s> furent appelés par l'empereur Heraclius pour chasser les Avares, qui avaient envahi ses Etats. Les Croates s'établirent dans les vallées de la Slave et de la Drave, dans P.Istrie orientale et dans la province actuelle do Dalmatie. Leurs descendants disent qu'ils avaient aussi pris possession de la Tcherna-gora,^ de l'Herzégovine et de toute la Bosnie. Les Serbes s'établirent au sud-est des Croates. Leurs tribus les plus aventureuses s'installèrent non loin de Constantinople et de l'Archipel.Les Grecs de l'empire d'Orient, délivrés par les Slaves du voisinage dangereux des Avares, s'efforcèrent bientôt de refouler vers la montagne leurs alliés devenus gênants. Les Serbes durent être quelque peu rejetés sur les'Croates. Les Bulgares, passant le Danube, envahirent les plaines situées au nord et au sud des Balkans,. C'étaient des Touraniens — comme les Huns, les Avares, les Finnois, les Magyares et les Turcs. Ils réclamaient, les armes à la main, la place de leurs frères Avares, prise par les Serbo-Croates. Ils errèrent quelque temps. Puis ils s'établirent dans cette, zono indécise où les Grecs venaient do raréfier la population slave. Les Bulgares ont été, à quelques exceptions près, noyés dans la population slave — comme en France, les Francs parmi les Gallo-Ro-mains. D'où le peuple bulgare actuel, peu différent du peuple serbe et séparé de lui comme 1© peuple serbe du peuple croate — moins par uno question de race que par le souvenir des différents empires jougo-slaves qui se sont succédés et souvent combattus pendant quatre cents ans. Au dixième siècle il, existait deux grands Etats slaves de la montagne. L'empire du tsar bulgare Siméon (892-927) allait d© la frontière hongroise jusqu'à la banlieue de Constantinople. Il écrasa les Serbes. Mais le_ prince croate Tôpiislav prit parti pour les vaincus, dont un grand nombre — nouvelle migration partielle — s'étaient réfugiés dans ses Etats. Tomislav et ses Croates battirent Siméon et ses Bulgares. Au onzième siècle, le tsar bulgare Samuel était maître de • la Macédoine et de l'Albanie. Ocrida, dans la Macédoine occidentale, était sa capitale et sa métropole religieuse. Cet empire fut détruit par les Grecs en' 1018. Tomislav (904-940), après avoir Vaincu les Bulgares, se fit sacrer roi au champ d© Douyno. Les Croates aiment à raconter qu'on vit à sa Cour l'évêque de Bar ou Antivari, port actuel du Monténégro, et le prince do la Zacloumia ou Herzégovine. La puissance croate s'étendait donc alors sur des régions aujourd'hui habitées, l'une exclusivement et l'autre en grande partie par des Serbes. Au début^ du douzième siècle, le royaume do Croatie fut uni au royaume de Hongrie. Au début du treizième siècle, un nouvel empire se fonda. Les historiens l'appellent l'empire valaquo bulgare. On ne sait pas bien si ses tsars étaient des Slaves, des Valaques ou même des Koumàns venus d'au delà du Danube, Tirnovo, dans la Bulgarie actuelle, était sa métropole et sa capitale. Son grand ■empereur fut le tsar Johannitsa le Romaioc-tone, Jean, le tueur de Grecs. Il lutta pour la possession de la Thraco contre l'empereur latin Baudouin, qu'il vainquit à la bataille d'Andrinople (120-5). Au quatorzième siècle, la dynastie serbe arriva au faîte de la puissance, puis assista au désastre do sa nation. En 1346, Stéphane Douchan le grand, dont la métropole était à Petscli ou Ipek, en Vieille Serbie, se fit sacrer tsar serbe à Uskub, dans la Macédoine septentrionale, il fut l'allié des Bulgares. Maître de tous les pays serbes et de la Macédoine, il menaça Constantinople. Son Empire fut partagé en deux royaumes: la Macédoine et la Serbie du Nord. La Macédoine fut conquise par les Turcs après leur victoire do la Ma-, ritza (1371), et les Serbes septentrionaux, renforcés par un contingent bosniaque, furent écrasés au Champ des Merles (Kossovopolié, en Vieille Serbie, 1389). La Bulgarie fut occupée. Constantinople, préalablement dépouillée des dernières provinces qui lui restaient, fut prise en 1453. Tous les Bulgares, tous les Macédoniens, ainsi que la plupart des Serbes, devinrent des raïas, c'est-à-dire des sujets des Turcs. Une petite partie des Serbes, refusant de se soumettre, émigrèrent. encore vers le nord ouest. La noblesse serbe disparût et aucun document ne nous apprend ni où elle alla ni ce qu'elle devint. Au 'sud du Danube, se reconstitua périodiquement une ,,despotie", souvent alliée de la Hongrie, noyau du royaume actuel. Les Croates firent face au Sud. Comme les Monténégrins, ils résistèrent victorieusement aux Turcs, ipême quand leur flanc gauche fut découvert et entamé par suite de l'invasion de la Hongrie, tandis que, sur lo flanc droit, le Vénitien hostile occupait «les ports da-lmates. Les Croates, par leurs rapports intimes avec Rome et par leur union au royaume de Hongrie, devinrent l'avant-garde du catholicisme et de l'Occident Serbes et Bulgares, englobés dans l'empire ottoman, se rattachèrent à la religion grecque. La lutte entre eux pour l'hégémonie balkanique fut interrompue jusqu'au XIXe siècle.

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Cet article est une édition du titre L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam appartenant à la catégorie Oorlogspers, parue à Amsterdam du 1914 au 1918.

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