L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam

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s.n. 1914, 24 Octobre. L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam. Accès à 19 septembre 2020, à https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/fr/pid/5m6251gk50/
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|ôre Année n°. a. lO Centimes Samedi 24 Octobre 1954 L'ECHO BELGE L'Union fait la Force. Journal Quotidien du matin paraissant à Amsterdam. Belge est notre nom de Famille. Tn„,»K ies lettres doivent être adressées au bureau de rédaction: N-Z. VOORBURQWAL 334-240. Téléphone: 2797. Rédacteur en Chef : Gustave Jaspaers. ( Charles Bernard, Louis Leblanc, Comité de Rédaction: . Gustave Peéllaert, René Chambry, ( Emile Painparé. Pour les annonces, abonnements et ven au numéro, s'adresser à l'Administration c journal: N.Z. VOORBURGWAL 234-240. Téléphone: 1775. La Défense de notre Neutralité. I,es journaux allemands continuent à faire grand cas de pétendus documents seorete découverts dans les archives du ministère de la guerre à Bruxelles, relatifs à une coopération militaire anglo-belge dans l'éventualité d'une attaque de la part de l'Allemagne. ,,Vous voyez, disent-ils, c'est la Belgique qui a commencé. Voila beau temps que le fabuliste a écrit son apologue du loup efc de 1 agneau ; mais jamais il u'a trouvé son application cemmt dans le cas qui nous occupe. Car en admettant qu'il soit vrai que notre état-major ait amorcé avec l'état-major amglais une discussion au sujet de l'élaboration d'un tel plan de campagne, il est impossible, de bonn< foi, d'y voir une intention agressive de l£ petite et paisible Belgique contre l'état militaire le plus puissant de l'Europe. Soit. Encore faut il voir si nous u'avom pas inconsciemment obéi à des suggestion* anglaises et servi en quelque sorte de truche ment à l'Angleterre qui ne cherchait qu ur motif peur déclarer la guerre à 1 Empire Allemand! Voilà une thèse qu'il nous a semblé voir rencontrer quelque crédit auprès des neutres. Elle appelle une réfutation immediate. Toute l'histoire de notre pays depuis son existence comme état indépendant proteste contre de telles ^légations. Le seul sonci de notre politique extérieuse a toujours été de maintenir notre neutralité conventuelle. Peudant la période de tension notamment qui précéda la guerre de 1870, c'est vers la France qu'étaient tournés nos regards auxieux, la France impérialiste et conquérante d'où pouvait venir le d-nger, et non vers la Prusse. Le rôle de notre armée, mobilisée le long de la frontierè du Luxembourg, se borna heurensement à désarmer quelques groupes de soldats français égarés sur notre territoire, à recueillir et à soignei des blessés sans distinguer entre la nationalité des belligérants. Mais quelles que fussent nés sympathies pour un pays dont la langue est celle de la moitié de notre population, dent la culture et la civilisation sont nôtres, nous n'ecussions pas hésité un moment, alers comme aujourd hui, a opposer à ses armées envahissantes une résiàtanee désespérée. Depuis, le danger d'une conquête par l'étranger n'avait pas disparu. Pour venir de l'Est il n'en était pas mains pressant, au contraire ! Cependant l'Allemagne procédait méthodiquement à une absorption économique de notre marché; Anvers était devenu un port allemand où le pavillon allemanc était prépondérant. Eu éprouvions nous ur sentiment de dépit, de jalousie, d inquiétude? Non pas. Les allemands, chez nous étaient accueillis à bras ouverts. Et 1 Aile magne industrielle, organisée, ayant conquis l'admiration du Belge ami de l'ordre, conquit aussi nos sympathies. Qu'avait-elh encore besoin de procéder à une conquête par les armes? De l'aveu, dailleurs nor dépourvu de cynisme, des allemands eux-nièmes, la Belgique allait tomber comme un fruit mûr dans le vaste giron du Deut-schum.Mais cette conquête, cette invasion à main armée plutôt, inutile au point de vue économique, ■ l'était-elle aussi au point de vue stratégique ? Ceci, évidemment, ne préoccupait ni de loin ni de près l'homme d'affaires, encore moins le bourgeois ei l'ouvrier, c'est à dire l'immense majorité de: Belles. Cependant Tanger en 1905, Agadii en 1911 enfin les secousses Balkanques qu: aboutirent à la guerre de 1912 ouvrirent le; yeux de tous ceux que les questions de poli tique extérieure ne ponvaient laisser indif férents. Un grand conflit Européen devenar de plus en plus imminent. Tt, dans c< conflit, quelle serait la situation de lî Belgique ? Une fois de plus notre malheureur pay semblait destiné à servir de champ d< botaille aux armeés Européennes. Les pre paratifs gigantesques de l'Allemague, l'éta bli&semonii d'un réseau de voies ferrées i destination purement stratégique qui convergeaient vers notre frontière,, la double théorie de l'offensive et de l'enveloppement professeé par tous les écrivains militaires allemands, devaient nous faire envisager la possibilité d'un grand mouvement tournant de l'aile droite allemande à travers notre pays. A cet effet, l'Allemagne avait à sa disposition la supériorité numérique et une mobilisation foudroyante, deux facteurs qui faisaiont défaut à l'état majer français, s'il est vrai que la gouvérnement de la République, essentiellement pacifiste, ent pu estimer que la signature de la France, même souscrite par un roi, ent pu être considérée comme nulle et nou avenue. Pour nous résumer, de l'enseignement des professeurs de droit public dans les universités comme de celui des théoriciens militaires, *il résultait que l'Allemagne, d'avance, légitimait et préparait le passage de la Belgique par ses armées.! Nous avions donc le droit, plus, le devoir de nous en préoccuper. Seulement Une chose est regrettable: c'est que ce plan de défense de notre neutralité, de moitié avec l'état major anglais, n'ait pas- pu être préparé de telle sorte de rendre vaine, dés-le début, toute tentative des allemands à violer notre sol. Aujeurd'hui, hélas! les événements n'out donné que trop raison aux rares esprits clairvoyants qui avaient prédit l'invasion allemande. C« que, d'ailleurs, même les plus pessimistes n'auraient pu prévoir, c'est que cette invasion était préparée de longue main par un service d'espionnage savamment organise. Ce n'est pas nous, à ce que nous sachions, qui avons poussé nos mesures!., défensives jusqu'à installer d'avance les plaques de béton destinées à recevoir nos gros canons, devant les forts de Cologne! Nos gros canous, à nous, sont toujours chez Krupp. Ce qui prouve1 bien, n'est ce pas? l'intention que nous avions de les aller cherchez... C. B. « » A P.S. La légation de Belgique nous envoie à ce meme sujet l'interessant communiqué qu'on lira plus loin. ■— % mm Propos de Guerre. —On ne trouve pas', dans les gazettes aile-mandes, que des récits imaginaires de Vagence Wolff, ou des accès de rage impuissante contre la ,,perfide Albion". On y rencontre aussi des notes qui semblent démontrer, que le peuple germain tout entier n'a pas des entrailles de pierre et le bon sens d'Outre-Rhin n'a pas sombré tout à fait dans l'effrayant cliquetis de sabre, dont sa caste militaire bouleverse l'Ewrope. —Ces lignes de la ,,Kôlnische Zeitung"me paraissent dénoter autant de coeur que d'avisée clairvoyance. Je les livre à votre méditation; vous devrez convenir avec moi qu'elles expriment avec force, toute l'horreur instinctive ou philosophique que la Guerre doit nécessairement inspirer à tout homme civilisé. Un officier allemand, dit le Journal en ,,question, a désapprouvé Venvoi, aux sol-},dats sur le front, de cartes illustrées soi-disant humoristiques. Ces cartes représen-,,tent la caricature de français, de russes y,et d'anglais fuyant à toutes jambes. Ce ,,la est déplacé. Au front, .de pareilles ,,images paraissent éc urantes. On sait là ,,comment, et au prix de. quels sacrifices, ,,les moindres avantages spnt obtenus. On ,,voit de ses propres yeux l'inexprimable ,,misère du champ de bataille. La plupart ,,de nos ennemis ne méritent pas non plus, ,,d'être ainsi ridiculisés. S'ils ne s'etaient ,,si vaillamment défendus, les allemands ,,n'auraient pas subi les effrayantes pertes ,,que l'on sait. De pareilles cartes-postales < ,,vous donnent l'impression d'un clown qui ,, fer ait des cabrioles au milieu d'un cor-,,tège funèbre.-' Eh! bien, je ne crois pas trahir mon jrays en affirniant ici, bien haut, que j'approuve en tous points ce judicieux et si humain langage. Mais ce ton, singulièrement ra-1 douci, qu'adopte depuis peu là Presse allemande, n'est il pas wn symptôme rassurant. Déjà on y .plaint notre pauvre pays -si injustement mis à feu et à sang. On n'osa '• célébrer qu'en sourdine, la chute d'Anvers. } Les hommes seraient près de sortir du cauchemar rouge, apercevraient-ils enfin 1 Joute l'aberration de leur sanguinaire démenceî 5 Et sur tant de ruines et de larmes, le rameau d'olivier serait-il prêt à éclore? 5 Pourrons nous espérer le triomophe de la ■ civilisation'sur Vinstinct, sur la barbarie?... r. , — «. En Belgique. Notre Armee. Certes le cœur de nos compatriotes auri-. battu à la lecture des derniers communiqués officiels du théâtre de la guerre, ou il est fait mention de la ténacité avec laquelle nos troupes ont disputé à l'ennemi le dernier lambeau de notre territoire- Noua y avons trouvé un sujet de fierté et de réconfort. Il n'est pas vrai comme d'aucuns se plaisaient à le répéter que notre armée était démoraliseé et que sa valeur combative avait diminué au point de la rendre complètement négligeable. C'est vrai que dans les tranchées d'Anvers, exposés an feu des gros mortiers allemands auquel notre artillerie était impuissante à répondre, il a pu venir une heure de découragement. Cette heure est passe. D'autre part, n'oublions pas que les soldats qui combattent aujourd'hui sons le commandement de notre admirable roi ne sont pas les vaincus d'Anvers mais les vainqueurs de Liège, de Haelen, d'Aerschot, de Termonde et d'Alost. C'est notre vaillante armée de campagne qui, dès la fin de septembre, avait donné la main aux troupes alliées dont la pression, dès lors, se faisait sentir au nord . d'Arras et dans le sud de notre pays. A combien peut ou évaluer le nombre ! de ces héros? Il va sans dire que nous n'avons point à ce sujet de renseignements officiels; les eussions novs que nous jugerions inutile de les publier. Certes nous avous subi des pertes terribles. Mais ■ le fait que notre armée se bat victorieuse- ; ment sur un front de 30 kilomètres contre j des forces supérieures doit pleinement j nous rassurer. Encadrée ou plutôt appuyée l par les troupes des alliés, bien approvisionnée en vivres et munitions, nul doute que notre armée, rompue à la guerre par . une campagee de trois mois, admirablement j entrainée, n' accomplisse encore maints pro- j diges de valeur. Les Allemands, plus que jamais, auront à compter avec elle. A Anvers. La „ Commission Intercommunale" constituée à Anvers, aux fine de se renare en Hollande engager les fugitifs à regagner la métropole, — 6e compose du député Louis Franck, du poëte Verhulst, de Willem Verelst, des avocats Palmans, Lebon , et Leclair. ^ ^ j On remarquera que le député Franck, j depuis l'arrivée des Allemands à l'Hôtel de Ville, est à la tête de toutes les commis- i sions et sous-commissions qui se consti- 1 tuent. Il a pris pied à l'Hôtel de Ville et Jan De Vos n'est plus à proprement parler qu'aide-bourgmestre. Le6 amis de Louis Frandk ne caohent pas leur tristesse de voir l'éminent député bourgemestre ; — c'était le rêve qu'ils caressaient, cependant, mais bourgmestre belge, libre de tous ses actes et non 60us le contrôle de l'autorité allemande.» » * On est encore obligé de boire la détestable eau de l'Escaut, en attendant que les canalisations soient rétablies avec Wael- | hem, ce qui ne saurait tarder, paraît-il. Mais on ne sait encore s'il ne vaut pas mieux l'eau salée de l'Escaut à l'eau de la Nèthe, qui a charrié des centaines de cadavres durant ces dernières semaines. Mais elle sera filtrée, bien entendu. * * * Le bourgmestre de Borgerhout, l'avocat Matthys et M. De Raedemaeker échevin des travaux-publics, n'ont pas quitté leur poste. M. Pol de Vries, membre du conseil communal de Berchem, fait fonction de bourgmestre dans cette même commune. A Ho-boken, c'est le docteur Coen qui remplit les mêmes fonctions, à Deurne, M. van Not, architecte, à Eeckeren le docteur Tie- lemans, à Capellen M. Edw. Guyot. * * * Par ordre du maréchal von der Goltz, gouverneur de Belgique, l'argent allemand ne peut pas être refusé, mais le matfk doit équivaloir au moins a 1,25 franc. * * * Le café Flora, l'établissement allemand de la rue Anneessens, a rouvert ses portes. De nombreux Allemands expulsés sont d'ailleurs revenus à la suite de l'armée assiégeante et ont pris possession de. leurs ancien nés demeures. * * * Dimanche dernier le premier service divin a été célébré à la Cathédrale, pour les soldats allemands. C'est un aumônier allemand qui célébrait la messe, assisté de marins. La musique de marine donna un concert. Il yeut ensuite un prêche de l'aumonier. * * * Quelques cinémas se proposent de rouvrir leurs portes. Ce seront l'Odéon, l'Alhambra et le Prince Albert. * * * Le tram vicinal Breda—Anvers roiilcra sous peu. * * * Le Baron von Bodenhause est gouverneur d'Anvers; le général d'infanterie von Hune est commandant de la ville. Le major ; Schwabe est chef de la police. A part çà, dit très sérieusement: ,,L'Ant- i werpsche Tijdingen" l'administration allemande laisse à l'administration communale toute liberté dans la direction des affaires publiques. Décisions et Ordonnances aSIemandes à Anvers. Nous croyons être utile à nos lecteurs en donnant un résumé des principales décisions et ordonnances qui ont été affichées depuis l'occupation d'Anvers par les troupes allemandes. Le Comité Central d'ordre et de sécurité publique (secrétariat: rue Jardin des Alba-létriers No. 11) a fait parvenir aux habitants le résumé ci dêssous de la proclamation publiée par de Collège des Bourgmestre et Echevins et la Commission Intercommunale de Consultation. lo. Dignité et Calme. Politesse envers les Allemands. 2o. Garantie de la Personne et des Propriétés. Personne ne peut se faire justice soi-même: pour toute plainte, s'adresser aux signataires de la proclamation du 12 Octobre ou aux membres du Comité Central. 3o. Administration Communale. — Le Collège des Bourgmestre et. Echevins continue à remplir ses fontions, avec l'aide du Conseil Communal. Le Comité des Notables de tous les partis (Commission des Quinze,) reste en fonction. 4o. Garde-Civique. — Désarmée; ne sera pas inquiétée. La garde civique pourra être rappelée, afin d'assurer, mais sans armes, le service d'ordre. 5o. Soldats. L'autorité allemande déclare sans fondement le bruit signalant^ que les jeunes gens belges seraient appelés à faire du service militaire en l'Allemagne. 6o. Réquisitions et logements. Ils devront être approuvés par le conseil communal. 7o. Police-maintien de l'Ordre Public. Police ordinaire et Police civile: les volon-taies pour la Police civile doivent se présenter chez le bourgmestre. Formation de comités de section pour engager la population au calme. Les rassemblements de plus de cinq personnes sont interdits. 8o. Armes. La conservation ou le port d'armes sont très strictement défendus Il est obligatoire que les armes soient remises aux autorités endéans les deux jours. L'autorité militaire s'assurera sous peu, par des perquisitions, si cet ordre a été strictement éxécuté et, le cas échéant, des peines sévères seront édictées. 9o. Débits de Boissons Tous les débits de boissons doivent être fermés à 8 heures du soir (heure belge.) et toutes les lumières doivent être ■ éteintes. Les étalages et la vente d'alcools et de liqueurs de tout genre sont interdits. Les contrevenants^ sont menacés de fermeture. Défense de circuler dans la rue après 8 heures du soir, à moins d'absolue nécessité: maladie, vol, incendie. Cette fiiesure n'est pas applicable à la police ou au personnel des services publics. 10. Couleurs Nationales et Drapeaux. Les agents .de la police bourgeoise et autres employés porteront sur la voie publique un brassard aux couleurs belges. D'autres employés de la ville porteront un brassard blanc avec l'inscription: „Service de la Ville". llo. Journaux: Certains journaux paraîtront sous peu. 1 12o. Reprise des occupations habituelles: Bouchers, boulangers, épiciers et autres magasins d'alimentation devront être ouverts endéans les quatre jours, faute de quoi des mesures spéciales seront prises. lBo. Fugitifs: Des mesures spéciales seront prises pour faciliter le retour des fugitifs. 14o. Nuit. Les portes des maisons pourront rester fermées. Il ne faudra pas davantage laisser les maisons éclairées. 15o. Monnaie. Le marc vaut 1 / 25. Nous n'ajouterons pas de longs commentaires à cette proclamation. Qu'on nous permette toutefois de rappeler qu' à ^ouvain, les Allemands se comportèrent correctement durant huit jours. Eux aussi firent appel i aux gardes-civiques désarmés, soi-disant ! pour maintenir l'ordre. On omit de dire ! où ils allaient maintenir l'ordre: ce fut en Allemagne! Jusqu'ici, aucun d'entre-ceux qui furent convoqués ne sont revenus et leurs parents ignorent toujours où ils sont! Quant aux soldats que le Gouvernement Allemand ne fait pas combattre sous ses drapeaux, il envoya certains d'entre eux 1 aider à la moisson, en Allemagne. Il «emble que les autorités oiviles d'Anvers prennent les paroles des Allemands pour de I evau^ue. -caui-u ioui icippoioi ^u.o ^*■. le brave bourgmestre de Bruxelles, le vaillant patriote auquel nos alliés ont rendu un vibrant hommage, fut incarcéré un Deau jour dans une forteresse? On lui avait pourtant promis la liberté. On lui avait permis de continuer à exercer ses fonctious. Tout çà n'a pas empêché qu' il soit enfermé en Allemagne, à présent. Et tant d'autres faits donnent à réfléchir sur la valeur des engagements pris par l'envahisseur! 11 convient donc d'attendre avant de prendre des promesses pour de l'argent comptant. La prudence est la mère de toutes les vertus! Hygiène Publique Avis — lo Dans le cas où des maladies contagieuses se déclareraient dans la population, afin d'empêcher la contagion, il est ebligatoire d'appeler un médecin. 2o. L' eau de la ville n' étant pas encore rétablie, il est nécessaire de faire bouillir ['eau avant de l'employer. Il faudra faire le même avec l'eau de la ville, durant les premiers jours. Anvers, 18 Octobre 19,14. Pour le Bourgmestre, L' Echevin-Délégué VICTOR DESGUIN. En Flandres. L'agence Vaz Diaz apprend de Oostburg qu'il arrive en cette localité beaucoup de Belges, venant de la direction d'Eecloo. Tous les avis concordent à dire qu'il arrive de la côte un grand nombre de blessés. A Gand les soldats ont fait de la place pour les recevoir. Il en est arrivé plus de 1800 dans la" journeé de jeudi. Le6 bruits qui ont couru sur le sac des boutiques d'orfèvrerie semblent exagérés. Il est certain, toutefois, que les rapports entre la population civile et les troupes d'occupation, eont assez tendus. Il régne beaucoup, d'agitation à la Kommandatur. Pour ce qui est. de Bruges la. population se tient prêté à quitter la ville. Le bombardement à la côte devient de plus en plus violent. A Middelkerke et à Dixmude on a aperçu la lueur des coups de canon dont le ciel semblait tout illuminé. Un fuyard de Middelkerke racontait que les cris d'effroi des oiseaux de mer, le bruit du canon et les feux des projecteurs des vaisseaux anglais font effet 6;nistre et terrifiant. Les soldats allemands cantonnés à la frontière Hollandaise se montrent particulièrement affables ; mais ils ne caohent pas un sentiment général d'indifférence ou de résignation en face des événements, A Gand. Le correspondant de la même agence signale du Sas de' Gand : Les soldats qui occupaient Gand sont partis en majeure partie. De petits détachements de troupes nouvelles, composées de soldats d'anciennes levées les remplacent. Tous ont une confiance absolue dans l'issue des opérations. Ils sont d'ailleurs complètement ignorants de la situation. Ils disent communément que la paix ayant été conclue entre la Belgique et l'Allemagne, ils craignent les Anglais et les Français d'autant moins que l'Italie vient de déclairer la guerre à ces deux puissances. Ils ne doutent point qu'avant peu les Allemands n'entrent dans Paris. Il est certain que c'est l'autorité allemande qui fait répondre ces fausses nouvelles peur soutenir le moral de l'année. Impressions is bombardement. Cette nuit, précédant la nuit du bombardement, avec sa nouvelle brutale : la situation à Anvers est grave et le conseil de quitter la ville, cette, journée, durant laquelle, en même temps que se précipitait la re traite, s'enfiévrait la panique" mêlant pauvres et riches, nivelant dans un même typhon les classes sociales, parmi l'encombrement des véhicules, des colis, et des êtres, sur qui planait un concert d'appels, de cris, de pleurs, de sifflements, de rauquements de trompes, vingt quatre heures que nous marquerons . dans l'histoire de la cité d'une pierre noire. Avec les troupes, les artilleries, les ravitaillements, les convois innombrables, s'en allaient notre force et notre courage, nos raisons d'espérer. On .avait été si fier du ,,réduit national" inexpugnable. On se croyait en sûreté... On avait accueilli des réfugiés d'autres villes. Chateaux de cartes." II fallait songer à se garantir soi même. Les heures ont défilé, lentes ou précipitées selon des manvais bruits ou les bonnes rumeurs qui déferlaient en courants alternés sur la ville anxieuse. Cependant, on sentait, dominant la situation, tapi dans le lointain, mais déjà à portée pour nuire, grondant de plus en plus près, un monstre qu'on ne musélera point. C'est ja l'angoisse au masque déforme: merci du coup de fourche d'un mauvais démon. Ce grand silence qui dure une heure, deux heures, trois heures, que présage-t-il ? Commenceront-ils et quand ? Peut être demain oeulement! Peut-être bien qu'un miracle renversera la force néfaste à l'affût. La détresse croit aux miracles. Voici l'instant de reposer les nerfs exténués. Une dernière visite aux chambres olières : celles des, livres où les persiennes Daissées et les rideaux tirés font l'atmosphère assourdie, celle des musiques tues depuis trop de semaines pour qu'un écho encore y résonne. Le piano luit dans l'ombre. ' Les personnages officiels qui dirigent nos destinées ont solennellement déclaré: on défendra la ville jusqu'à la dernière extrémité. Choses auxquelles j'attache ma vie, je vous -everrai donc cendres ou décombres. Recevez un adieu que vous ne pouvez me rendre. Déjà dans la cave? Non. Le doux lit encore, afin d'y jouir, des dernières minutes de paix avant le sabbat. Puis l'ensevelissement dans le néant du sommeil. Repos suave, je n'ai jamais éprouvé avec la même puissance votre accueil apaisant. Recevez moi qui suis isolé dans la grande foule, élément insignifiant, qu'elle ignore, tout comme elle ferait du plus beau génie, pen-^fnt que la travaille cette malaxeuse sans pitié : la peur. Repos, durez, durez longtemps ! Jo m'accroche à vous! Engloutissez moi, bercez moi ! L'enfant qui nait et réclame dans un °;rand cri le souffle qui le fera vivant n'est pas plus avide d'air que je ne désire votre torpeur bienfaisante. Construisez auteur io moi des Eldorados somptueux et paisibles, qu'une source murmure en douoes caresses, qu'un rossignol épande dans une nuit auguste de printemps ses notes d'or Repos... mais faut-il déjà vous quitter? Je n'ai pas entendu la détonation, mais au dessus de mon toit, c'est le passage sifflant d'une fusée de mauvais augure qui éclate à quelque distance et 'en une gerbe senore de pierres écroulées, de bois qui craque, de verre tintant. 'Maintenant, je perçois la . détonation, nette, sans écho, suivie du cortège de chiens hurlants dans l'air et d'un écroulement. D'autres, d'autres encore qui rythment le temps à intervalles irréguliers. C'est le moment de plonger vers la cave. ,,Nous sommes, dans le'champ de tir, c'est bien notre veine !" bougonne l'oncle quime suit à pas précipités. Déjà les servantes ont pris leurs quartiers dans la cave amenagée à la hâte. Couchons nous tant bien que mal, à la lueur d'une bougie et puis, que le destin s'accomplisse! Toujours ces coups, ces pifflements et ces chutes Mon cousin écrivait après quelques jours de tranchée: ,,11 y a qui sont devenus fous. On 6'y fait cependant et plus vite qu'on ne croit". Il a raison; au début, c'est à chaque fois une contraction: ainsi l'esclave dans l'attente d'un coup de fouet courbe la tète et bombe le dos. Puis c'est la détente, la confiance qui renait, l'apaisement Autour de moi, déjà, on s'est endormi. Ce ne sera, en somme, qu'une vilaine nuit à vivre!... Soudain, un ébranlement, l'obscurité, un grand silence avec des frôlements de fuite. J'appelle, tout le monde répond. Quelqu'un trouve le commutateur de l'électricité dans le réduit voisin. Lumière bénie! L'air jaillit froid. Un obus est tombé dans la cuisine de plein pied, creusant un grand trou, détruisant le dallage dont des fragments ont été projetés dans la cave avec des éclat de boiseries et ur? panneau de porte, enlevé, en dirait, par un homme de métier. J'entends couler le robinet de l'évier. Un oiseau dans le jardin s'affole à menus pépiements... Voilà, nous sommes dans une cave, attendant le coup de grâce, cibles immobiles et impuissantes, points possibles d'une trajectoire d'obus qui composera de nous un amalgame boueux ou nous transformera en débris dont la vie s'écoule comme une petite source. Combien a duré cette nuit d'agonie? A-t elle suivi son cours normal? J'ai somnolé dans l'acceptation de tous les mauvais hasards, entendant après un temps qui m'a semblé court s'écrouler une maison voisine, puis d'autres Enfin, c'a été le petit jour, gris, rouge et or, rouge et or par l'incendie qui détruisait une habitation d'en face, grise par le ciel et un haut panache de fumée, point "de mire pour le6 exercices ennemis. Des gens fuyaient par les . rues. J'ai, comme eux, abandonné une maison que je n'avais pas le moyen de protéger. Après de longs jours d'un exil tramé, er soies changeantes de regTets, de souvenirs, d'aimables surprises à l'attitude des nobles habitants de Hollande, j'ai enfin appris qu'elle n'avait plus subi d'injure. Les dieux en soient loués ! Je retrouverai donc — mais quand? — mes livres, mes musiques, mes mille babioles, mes faisans d'or, mes oiseaux au ramage léger, présences nécessaires aux méditations dans le grand fauteuil dont Je confort est doux comme une étreinte d'infante voluptueuse. CHARLES.HERBIET.

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