L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam

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s.n. 1914, 25 Octobre. L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam. Accès à 24 septembre 2020, à https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/fr/pid/x34mk66h13/
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|êre Année N°. 3. ÎO Centimes Dimanche 25 Octobre 1914 L'ECHO BELGE L'Union fait la Force. «Journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam. Belge est notre nom de Famille. Toutes le» lettres doivent être adressées eu bureau de rédaction: N.Z. VOORBUROWAL 234-240. Téléphone: 2797. Rédacteur en Clieî : Gustave Jaspaers. ( Charles Bernard, Louis Leblanc, Comité de Rédaction: < Gustave Peellaert, René Chambrr, ( Emile Palnparé. Pour les annonces, abonnements et vente au numéro, s'adresser A l'Administration du Journal: N.Z. VOORBURGWAL, 234-240. Téléphone: 1773. Notre Patrie. ■ t A mesure que les péripéties d'une guei ■infâme accumulent sur notre boI dévasté I poussière de nos plus beaux monumen' - alignent, à perte de vue, dans les vallées c Ardennes et de Hesbaye et dans les plaii de la Campine et des Flandres, des toml où repose, espoir mort, mais honneur vivai .1% fleur de notre jeunesse, ne prenons-nc pas de plus en plus conscience des lie subtils et forts qui nous font partie in1 riante de la patrie. L'âme belge! La voilà qui s'affirme, plein vol, autrement noble et plus haï ;'que la médiocre mécanique que le géi ^artificieux d'Edmond Picard avait comj îîsée. L'âme belge, avouons-le, nous i pCioyions pas. Notre patrie, ce n'étaient j. Iles manuels des historiens ni des événemei fvieux de plusieurs siècles qui pouvaient ne la révéler; ce n'étaient pas même la célébo ition de notr.e indépendance qui la dress; ■vivante et palpitante devant nos yei 'chaque trait, chaque fait ne nous montr ci action qu'une partie des peuples asse blés sous le patronyme belge,qu'un fragme des territoires composant par la vertu c conventions internationales notre unité B ;gique. Jusqu*au seuil de la guerre n'avioi [nous pas, pour désespérer d'une union, po prévoir qu'un faisceau péniblement forr fallait rompre, des discussions politiques ' i cl i g ieuses, des dissensions de races pousse à leur conble d'acuité? Il semblait enf ••qHo Je même sang ne fluât pas daus 1 [veines et les artères de la terre belge. Aujourd'hui, par un sacrifice consenti des nécessités souveraines, sacrifice où bou: lonnent les plus viriles volontés et les pl pures essences de leurs races jointes, FI mands et Wallons forment enfin ce cor complet, qu'irrigue une même isèv qu'échauffent des ardeurs parallèles mélangées. Cette oertitude, nous la paye un gros prix. Il n'est pas trop élevé po les abondances profitables dans le pl, idéal qu'elle apporte avec elle. Aujourd' hui je ne crois pas que de sentir Belge ne soit une source de fiert pour quiconque porte ce nom. Désormais je m'en parerai avec le seni ment que le peuple dont je suis vaut da l'histoire des peuples. J'oublierai qu'il : fut jusqu'à présent connu, dans son enti actuelle, que comme un peuple pratiqu terre à terre, bonhomme, vulgaire à suf sonoe, de vertus pot au feu et mesquin* Les souffrances ont sublimé ses qualités, est . devenu autre chose et mieux qu'i négociant âpre au gain quoiqu' lionnêt II peut porter l'épée du gentilhomme. A vrai dire, depuis longtemps déjà 1 éducateurs belges s'étaient évertués à éve 1er ou plutôt à créer parmi la jeunesse \ sentiment patriotique. Discours, tra< leçons. Mais le préau d'école et la salle « réunion» sont des étouffoirs. Etions-no beaucoup naguère à nous'émouvoir à l'étra ger des couleurs belges apparues par hasan Qui se serait levé jadis lorsque retentissa la Brabançonne. Les Anglais nous firent leçon. Leur piété se découvrait aux accen des chants nationaux et nous devions 1 imiter bon gTé mal gré. Mais on trous enfin une gymnastique du sentiment p notique dans les fêtes civiques à l'occasic iu 21 Juillet. Tout d'abord la foule moqua. Elle se tut ensuite pour examine e»lle s'emballa enfin. On pleurait, lorsqu'à Bourse, sous le fracas des trompettes théba nés, la pucelle d'Anvers venait apporter £ pied de la statue de la Patrie, les ros symboliques blanches et ranges. Par cet figuration théâtrale quoique sobre < moyens, se déclancha une grande foroc l'effervescence d'une nation qui se rei enfin compte qu'elle existe pour aut: chose que pour vivre, travailler et cherclu un maximum de félicités dans le minimu de tracas. Et voilà qu'au moment oritiquo de cet' crise, au moment ou peut être, sans aut: &uq serbe. Je souvenir et 1 images du passé, la fièvre eut baissé, l'êtr belge eut repris ses habitudes d'atonie, l'ennemi est venu. U a précipité ainsi notre ascension. Il & contribué pour notre plus grand bien, dans la plus affreuse et la plus imméritée des désolations, à nous donnei ^ impérissables et actifs, un coeur, une âme et une oonscieuce. .es Charles Herbiet. es >es • 1 * - Notre Ligne de Conduite. ns. ® incertains confrères Hollandais s'inquiètent de la situation difficile que pourrait créei aux Pays-Bas, pays neutre, la parution -te d'organes destinés â travailler l'opinion lie publique pour, ou plutôt contre, un des >o_ belligérants. Jusqu' ici la presse hollandaise unie dans un haut devoir patriotique, cons-1 y ciente de ses droits mais aussi de ses obli-as gâtions, n'a pas donné lieu à la moindre , critique. Et ce ne sera pas la première fois I S que des Belges auront rendu à la presse ,us hollandaise l'hommage qui lui est due pour a- son tact et son impartialité. ^ •i. Aussi de notre part serait-il mal recon- II naitre la large hospitalité dont nous jouissons sur le sol hollandais que d'en abuser pour lit nous livrer à des attaques déplacées contre un pays ami de la Hollande au même titre que nous. Notre journal rédigé en français, par des Belges, ne peut certes être soupçonné es de vouloir exercer une action quelconque sur l'opinion publique aux Pays-Bas. Mais si nous ne croyons pas abuser d'une liberté ls" si généreusement accordée, en entretenant 11 nos espoirs légitimes et notre confiance iné-ié branlable dans l'avenir de notre patrie, nous ej. nous garderons bien de donner au ressentiment profond que nous avons gardé d'une 63 attaque, dont l'adversaire lui-toême a reconnu in qu'elle constituait une violation du droit des gens, telle forme qui pourrait paraître blessante à quiconque s'est fait un devoir de garder devant 1' effroyable conflit qui bouleverse à l'Europe, l'attitude d'un spectateur impar-j tial et dont le jugement même demeure réservé. us L'Echo Belge. *- — ps Propos de Guerre. na | ■ ur m Tous les Anversois que je rencontre me tiennent à peu près le même langage. A les qq entendre, ee sont les journaux qui ont fait tout le mal. Au lieu d'avertir la population du danger qu'elle courait, ils Vont, jusqu'à la fin, nourrie de chimères Mon as Dieu, ces mécontents n'ont peut-être pas ^ tout à fait tort. Si l'on avait loyalement ^ exposé la situation aux habitants de la cité e menacée, la panique des dernières heures eut pu être atténuée, sinon tout à fait évitée. Mais leur mauvaise humeur se trompe ^ d'adresse. Ils oublient VEtat-Major et la in Censure. Ils oublient que pas une seule & phrase, pas une lettre ne passaient dans un journal anversois, sans avoir été, au préalable, passé au crible par une Censure inexo-■j rable, qui porte une grave responsabilité. Même des informations du Ministre de la , Guerre; même des communiquép officiels de 'WJ VEtat-Major furent censurés. Non contents , d'exercer leur sévère contrôle en vertu le d'une violation de la Constitution belge — 118 . violation que les événements et le souci de a- . j ^ masquer les mouvements de troupes justi- ^ fiaient jusqu' à un certain point •— ces Messieurs exagérèrent et abusèrent sans La vergogne. Personnellement, je dois avouer n'avoir pas eu trop à souffrir de leurs coups de ciseauxt quoique j'aie cru pouvoir, à plus d'une reprise, exprimer assez librement mes opinions; mais nombreux furent les confrères que l'émasculation incessante et se , _ , injustifiée de leurs textes desespera jusqu au r' découragement. II ne faut donc pas leur en vouloir, à ces l~ confrères, s'ils arrivèrent, finalement, à 11 n'être plus que les dociles instruments d'une 53 autorité malavisée, qui crut entretenir l'élan patriotique belge en l'abreuvant aux sources impures des fausses nouvelles. Cette 1 • autorité fut certes de bonne foi; peut-être L<^ était-elle mal conseillée. Toujours est-il que "e cette conduite déplorable a créé bien de ^ l'amertume chez un peuple, qui vraimentt m méritait qu'on lui accordât ■ plus de con- fiance< F% >e •e m • » En Belgique. A Anvers. Les dégâts du bombardement. Du ,Telegraaf ". Toutes les maisons situées entre la Place Verte et le marché aux œufs sont détruites, notamment celles habitées pai MM. Suys (agent de change), Melillo (ganterie), Bossijns (boulanger), Blumer (pâtisserie), Crahay (chemisier), Westende (articles de fantaisie), Samdam ^gantier), Berbigette (dentelles), Fishman (manufacture). Au coin de la rue aux Lits la blanchisserie Plog est détruite en partie. Du côté opposé ; de la rue on voit les ruines des grands magasins des Quatre-Saisons, et plus loin, vers la place de Meir, celles de la bijouterie Govaert, du magasin de gravures Zazzarini, de la caoutchouterie Cornet-Vidal, duDiorama international, de l'American Shoe-dépôt etc. Sont également détruites l'imprimerie Bel-lemans (marché aux œufs) l'hôtel de l'Europe et très endommagée la Taverne Royale (place Verte), le local du journal la „Métropole". Le coin de la rue du Peuple et de la rue Nationale ont été totalement détruits. De toutes les maisons portant les numéros de 21 à 41 de l'avenue du Sud, il ne reste que les façades. La rue du Palais a égalemeut beaucoup souffert. Un certain nombre d'autres bâtiments avec les maisons avoisinnantes de la rue des Peignes, notamment la chapelle de la Congrégation Saint Vincent de Paul et le magasin de vêtements pour les pauvres ont subi de grands dégâts. Bue Kronenburg, sept maisons ont brûlé. Deux bombes sont tombées dans la salle des pas-perdus du Palais de justice. Le feu a détruit le coin de la rue Brand et de la rue de Bom. Une bombe a atteint le 3e étage de l'hospice des vieillards Bogaerts-Torfs, rue van Schoonboke. On dirait que les Allemands ont tout particulièrement visé les établissements de charité puisque les instituts Sainte Camille, Saint Erasme, et Saint Marie de Berchem ont été atteints. On a relevé jusque treize bombes sur ce dernier édifice où se trouvaient encore soixante-dix malades qu'on dut transporter, en hâte, dans les caves. L'arrière de l'hôpital sainte Elisabeth a été brûlé. Un homme fut atteint mortellement par un obus dans la rue Saint Willibrord, alors qu'il sauvait un de ses voisins, dont la maison brûlait. Enfin, il y aurait cent victimes du bombardement d'Anvers et 400 immeubles totalement détruits. Dans les cafés du centre, il y a quelques consommateurs l'après-midi. Les affaires sont nulles, bien entendu. Seuls, les magasins d'alimentation voient revenir leur clientèle.On ignore ce qui se passe sur le front, mais on constate que la plupart des soldats qui se trouvaient en ville, sont partis brusquement pour une destination inoonnue. Un grand nombre de drapeaux allemands qu'on avait arboré à différents établissements publics de la ville ont été retirés. L'état-major allemand aurait également quitté la ville. On se demande ce que cette mesure signifie. Le moral de la population reste excellent. Tout le monde est optimiste et se rend compte que l'occupation allemande ne saurait durer longtemps. Aussi les bruits les plus optimistes reçoivent un accueil enthousiaste et sont acceptés sans contrôle. C'est ainsi qu'on racontait que les Français étaient à Namur et à Charleroi et qu'on se battait dans les rues de Bruxelles. Tout cela est évidemment prématuré. • • ft Les communications téléphoniques ne sont pas rétablies. * • * Tous les deux jours, des autobus circulent entre Anvers et Bruxelles. Us sont généralement bondés. Prix du voyage : 25 francs. * • # Il est question de la réouverture des écoles dans deux ou trois semaines. * * * Nous venons de lire une lettre écrite par un de nos vaillants petits pioupious belges, qui participa à l'héroïque défense d'Anvers — car on s'est un peu exagéré la facile chute de notre camp retranché. Lomgtemps avant que Waelhem ne fut tombé, les années allemandes essayaient d'entamer la ligne des forts extérieurs de la métropole belge. Voici quelques extraits intéressants de cette lettre: Borsbeeck, 30 sept. 1914. Après avoir logé avec toute la compagnie une centaine d'hommes — au Couvent, je trouve un bon lit pour la nuit. A 3 heures, réveil et départ sur Waerloos. Le bruit du eanon se fait de plus en plus entendre, et déjà sur la route on voit des incendies. Ça fait de plus en plus réfléchir*! Vieux-Dieu. A peine a-t-on quitté le village que la horde des fuyards se tasse de plus en plus Ces pauvres gens ont donna à la belle é&ile CÊ ftefflkkftfe &ou$ désempa rés. Une auto ! En travers, sur un brancard un blessé. Sale impression que ce premie frère qu'on voit emporter. Plus loin, mo: lieutenant arrête un Monsieur muni d'u: appareil photographique. A la gendarme rie!.... Arche! Le Monsieur a plutôt l'ai embêté. j Contich. Sapristi! On approche du ca non ; quelle danse. Mais il est trop loi: pour nous. Encore un blessé, à du 80 I l'heure. On songe qu'un jour aussi on nou emportera à cette vitesse. Enfin Waerloos ' Alerte.... un ,,Taube" — cachons-nous ! Aïe ; les shrapnells éclatent tout près. Mai I un grand bougre nous rassure: ,,Les shrap l nells, dit-il, c'est du sucre en morceaux ; ç; : ne perce même pas la capote 1 Regardez ce j trous dans mes bottines. C'est tout shrap l nells cela — le cuir n'est même pas percé !' Après quelques heures d'attente, le ! ordres arrivent. On distribue les hommes j Je reste auprès du chef, avec mon vélo : Quelle pétarade ! A nos réflexions, un vieu: ; qui revient, riposte en gouaillant: ,,Eh! le lapine, il est passé, celui-là. Tâchez de tou jours les entendre, et vous resterez saufs On m'envoie sur la gauche, surveiller de hommes. Brr.... il en tombe des shrapnell par là. Mais l'ordre est donné— En route A travers l'enfer, j'arrive où l'on m'avai envoyé. Un premier sergent, retour de l'ar mée de campagne, m'avait donné le consei de me flanquer par terre à chaque shrap nell. Mauvaise méthode pour aller vite La preuve... Le premier qui manque l i l'appel est... mon sergent. Bah! Le lieute I nant est là. Pour un début, ça chauffe. Ui jvobus à dix mètres de nous— une maisoi s'écroule. Non lieutenant n'a pas bronché — et dire, qu'entre-ncus nous le traitions d< froussard. D ranime notre courage, qu. subit de rudes épreuves, à vrai dire. Oi retrouve le sei'gent qui s'est mis à l'abri On se f copieusement de lui, et il file pas très fier. Nous voici, mon lieutenani et moi, en route à toutes pédales vers Waelhem. Nous devisons sous la mitraille Les mitrailleuses, seront-elles bien posteés Voici une section admirablement placée. E toujours le canon, devant, derrière, 1 gauche et à droite. Mais où diable nichent ils, ces Alboches ? Et malgré tout on pense bien souvent tout de même, qu'on sera bien heureux d< reprendre la bonne petite vie après h guerre car on en reviendra, nous er avons tous, ici, la certitude ardente et c'esi notre douceur, nos petits châteaux er Espagne.... le rêve! (Un obus vient de passer, la route est balayée). Allons un pet vers la gauche — trois obus arrivent un peu à droite; ils ne répondent plus, reprenons notre place...." L'on comprend, à lire ces lignes flamboyantes et fermes, que les AJlemands aien' eu tant de mal avec les bons petits soldats de Belgique. Les braves gens, en vérité 1.... * * * On nous écrit des Campines, que les nombreux militaires qui occupent cette région appellent sous les armes les levées de 1914— l 1915 et 1916; aussi beaucoup de parents, j dont les fils se sont réfugiés en Hollande3 croient prudent de fuir également, étan' rendus responsables de l'appel sous lee armes de leurs enfants. Nous n'accueillons I cette nouvelle que sous les plus expresses réserves, d'autant plus qu'une récente in-: formation allemande, sujette à caution ! également, attribuait au Gouvernement 1 belge l'intention d'appeler sous les arme! • ses recrues des trois dernières levées, habitant le tenitoire envahi. * • » Le ,,Daily Mail" affirme que les Allemands élèvent trois hangars pour Zeppelins à Bruxelles, et quatre à- Anvers. • • * Il serait impossible de mentionner tous les traits d'héroïsme que cette guerre abo minable a fait germer de toutes parts comme une floraison de sang et de gloire Les hommes du commandant Delfoss( méritent cependant une place spéciale dânî les annales immortelles de notre malheureux pays. Avant d'être internés en Hollande, où ils ne se réfugièrent que pour éviter une inorl certaine ou la dure captivité chez l'ennemi cette petite troupe isolée de soldats résoluî et de simples héros harcela sans répit les communications allemandes par Aix-la-Chapelle. Elle fit- sauter plusieurs trains militaires ennemis, et sut se maintenii dans un petit coin de la Belgique envahie sans aucune communication avec Anvers ni avec l'armée de campagne. 9. • a La synagogue de la rue des Architectes a été atteinte par un obus. Les services ont donc lieu dorénavant rue des Jardiniers 49. *. • • C'est M. Hubert Mélis, secrétaire du Bourgmestre Jan de Vos qui tait fonction de secrétairecommunal. 11 * „L' Antwerpsohe tijdingen", la feuille d< M.M. Weyler, Mauw et Verhulst, public un écho: „In 't Vlaamsch a. u. b. „qui es véritablement grotesque. Les rédacteurs d« ce papier s' étonnent que les journaux hollandais désignent les noms des rues d'Anvers sous une dénomination française. Ces messieurs ne peuvent ooncevoir qu'er Hollande on ait plus de largeur de vues qu'eux. Quel crime! appeler le Groote Markt Grand'Place! Alors que l'ennemi a envahi leur pays el mis la main sur leur ville, alors que se déroule le plus terrifiant drame militaire 1 que l'Histoire ait enregistré et qui peu" 1 modifier toute la carte d'Europe, — les s plaisantins de la rue Houblonnière s'occupent de pareilles niaiseries. * * « Parmi les victimes civiles du bombardement, nous mentionnerons: l'épouse Constant Francken, 24 ans, 48 rue de la Paix à Berchem; Prudence Van den Bril, 12 ans domiciliée à Boom, mais blessée alors qu'elle se sauvait à travers les rues d'Anvers Mathieu Beens, 96 rue de Deurne, 14 ans. l'épouse Henri Wolput, 22 ans, rue Delarey l'épouse Jules Van Hinderdael, 24 ans, domiciliée à Mortsel, Jules Mobels, 27 ans habitant rue de la Brasserie à Deurne. Il y a évidemment de nombreuses autres victimes, tuées ou blessées, et dont nous es-' sayerons de connaître les noms. Plusieurs victimes sont totalement inconnues et ne portaient sur elles aucune pièce d'identité, * * * De nombreux vols se commettent journellement à Anvers. La lie de la population, ainsi qu'il fallait s'y attendre, s'en donne à coeur joie. * * * Le commandant De Witte, commandant du fort de Waelhem qui, durant toute la guerre, a fait preuve de tant de bravoure et de courage, s'est fait sauter avec sou fort. Le nom du commandant De Witte est celui d'un, héros. Les Belges sauront s'en souvenir. Au moment où la situation apparut désespérée, le commandant fit évacuer les 85 hommes restant de la garnison, qui en comportait 520 primitivement et se fit héroïquement sauter. A Gand. . L'agence Vaz-Dias nous communique la lettre ci-dessous qu'elle reçoit de son correspondant de Gand. Gand, le 20—10—'14; Le calme règne toujours à Gand et la physionomie de la ville n'a guère changé. Les vivres, contrairement à certains bruits qui courent au-delà de la frontière hollandaise n'ont pas augmenté et on ne prévoit pas que l'on puisse en manquer bientôt. Le lail et le beurre seulement, étant donnée la grande consommation que l'on en fait dans les hôpitaux, sont livrés en moins grandes quantités aux particuliers. La façon dont se conduisent les Allemands jusqu'ici est correcte. Il y eut bien quelques algarades dans certains quartiers de cabarets mal famés, mais elles furent rapidement réprimées. Pour en éviter le retour, le général Jung a décidé que les soldats allemands devaient rentrer à 8 heures du soir. ■t Les restaurants ne désemplissent pas du matin au soir et dans certains d'entre eux on a dû, pour faire face aux exigences de ce service intensif, faire aider le personnel par des soldats. Les journaux ne paraissant plus, la population est surtout avide de nouvelles et ceux qui reviennent de Hollande sont interrogés ; sur ce qu'apprennent les journaux de là-bas. On conçoit de la sorte que des bruits puissent prendre naissance. C'est ainsi qu'il y a 3 ou 4 jours, tout le monde disa t ici que les Français, en une avance formidable, avaient rejfris Mau-beuge, qu'ils s'étaient emparés de rMetz, Cependant, bien que moins foudroyantes, le« nouvelles officielles françaises qui sont parvenues à la connaissance des officiers allemands semblent avoir amené un certain malaise parmi eux. Un banquet de plusieurs centaines de couverts avait été commandé dans un des meilleurs restaurants do la ville et de nombreux toasts devaient y être portés au succès des armées allemandes. A la réception de certaines nouvelles du front français, ce banquet a été décommandé. Dans la nuit de samedi à dimanche, un haut officier allemand s'est suicidé et a, paraît-il, fait connaître dans une lettre qu'il avait perdu tout espoir dans la victoire. D'autre part, il y a certainement de nombreux combats dans la région.^ Nous avons entendu ici plusieurs fois la voix du canon et, dans la journée de dimanche, plusieurs autos remplies de blessés sont arrivées. Il faudrait croire que la retraite des alliés ne s'est pas effectuée si précipitamment qu'on l'avait pensé tout d'abord: il semble qu'ils se sont retranchés solidement sur des positions du côté de Bruges et qu'ils soient maintenant à même de résister efficacement aux attaques enne-mies. . , ... . En tout cas il est certain que les officiers ont perdu de leur belle confiance : ils parlent beaucoup moins haut, boivent beaucoup moins de ohampagne et il arrive même à certains 1 d'entr© eux d'être polis. , i Les soldats, eux, continuent à dire que dans 3 jours les Allemands auront pris Paris et à chanter par bandes; Alléluia, Gloria etc... Les Allemands sont occupés à rétablir les voies endommagées du chemin# de fer, entre Bruxelles et Liège nous avons pu voir déjà il y a deux jours des locomotives et des trains i allemands. Ils ont rais sur les pendules des gares l'heure allemande. Egalement^ ils ont rétabli en partie les lignes téléphoniques et >télégraj>hi<iue§4 Je vous ai dit que M. de Moor, directeur du „Bien Public" avait été arrêté. Voici dans quelles circonstances. L'autorité militaire allemande avait jugé trop violent un article de ce journal au sujet d'atrocités commises par les Allemands. Bien que cet article datât d'une quinzaine do jours, elle fit appeler l'éditeur et le somma de donner le nom du rédacteur responsable. L'éditeur s'y refusa et fut gardé prisonnier. Le lëndomain quatre hommes, baïonnette au canon, et un sous-officier s'en vinrent rue aux Tripes et emmenèrent M. De Moor. Les explications qu'ail donna à l'autorité furent sans doute jugées satisfaisantes car il fut relâché en même temps que l'éditeur. Interdiction avait été faite aux journaux de paraître: il appert maintenant que l'on s'occupe de réglementer les conditions dans lesquelles les journaux pourront paraître à nouveau. En tous cas les rédacteurs sont tous restés à leur poste. Beaucoup de maisons de commerce #t des usines qui avaient fermé leurs portes à l'arrivée des Allemands s'ouvrent actuellement. La cité n'est pas morte, loin de là et il s'est même créé une profession nouvelle : celle de la vente de cartes postales aux soldats qui les achètent par dizaines pour que les leurs puissent juger du pays qu'ils ont envahi après une si héroïque résistance. Lors de l'arrivée des Allemands, il y avait à Gand, plusieurs milliers de fugitifs des villes bombardées. A l'heure actuelle il n'en reste presque plus, ils ont tous pris le chemin de leurs demeures. Les autorités facilitent du Veste leur retour en mettant à leur disposition des convois spéciaux pour leurs bagages. Les Allemands ont d'ailleurs fait afficher que tous les habitants des provinces de l'est pouvaient regagner leurs habitations et qu'ils n'avaient plus aucune crainte à avoir. Des fugitifs rentrent également de Hollande. v * • Contre les Anglais "X Gand. Le correspondant de l'agence Vaz-Dias signale l'animosité violente, que les Allemands affichent à l'égard des Anglais, à preuve la façon scandaleuse dont ils traitèrent six: prisonniers anglais. Ces malheureux sans défense étaient escortés de 150 allemands, baïonnette au canon. La foule donna des signes manifestes de son écœurement en voyant ce triste spectacle. Les Anglais eux, gardèrent leur flegme britannique et se contentaient de manifester leur dédain. En général, les prisonniers français et belges ne sont pas" traités de cette faç-on, — du moins pour autant que j'ai pu m'en rendre compte. En d'autres circonstances aussi les Anglais sont assujettis à un régime très rude. Les autorités allemandes inondent la ville avec des proclamations qui semblent accorder comme une faveur ce qui en réalité ne peut être refusé. Les Allemands semblent ainsi vouloir s'attirer la sympathie du public. Dans les premiers jours, beaucoup s'y sont laissé prendre, mais actuellement tous y voyent clair et déjà les mécontentements se manifestent. Aussi prévoit-on que si l'occupation de Gand perdure, l'ordre ne régnera pas longtemps car de jour en jour les relations entre civils et militaires deviennent de plus en plus tendues. mm 9 i Le Retour des Réfugiés. Le retour des réfugiés continue, très doucement. Hier, 2000 Belges ont quitté Fles-singue à destination d'Anvers. Mais il en reste encore quelques 10,000 daps la petite ville des bords de l'Escaut. De Bréda, on compta environ 1500 . départs, de Rotterdam 900, de Roosendael près de 5000 et 200 seulement d'Ajnsterdam. Mais, d'un autre côté, le premier train qui, hier, revint d'Anvers à Rotterdam- ramenait un gros millier de Belges. Durant toute la journée d'ailleurs, des trains devaient en ramener, si bien qu'il en passa plus de 5000 en moins de douze heures ! Ajoutons pourtant qu'un grand nombre d'entre eux, s étant rendu compte do la situation à Anvers, viennent rechercher leurs familles, mais il en est d'autres qui se sont trouvés en face des débris de leur maison et qui n'ont aucun moyen d'existence. Les Allemands ne leur ayant pas offert l'hospitalité, ils s'en sont revenus d'où ils étaient partis! La ville est calme, disent-ils. La plupart des magasins ont rouvert leurs portes. Les soldats allemands se conduisent correctement, jusqu'ici. Us n'ont encore oommis aucun excès, aucune vexation. Mais il ne faut pas encore trop se réjouir. Pensons à Louvain où ils furent corrects durant une semaine jusqu'à ce qu'une rixe entre eux détermina la destruction inutile et féroce d'une partie de la ville." • » * D'Angleterre, une somme de 7.200 florins a été adressée aux réfugiés qui se trouvent en Zélande. * • * Mad. Jan de Vos et M. Coetermans, consul de Perse à Anvers, se proposent de faire ériger un stèle commémorant l'hospitalité hollandaise. Le monument serait, probablement érigé à Bergen-op-Zoom. Les souscriptions sont ouvertes.

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Cet article est une édition du titre L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam appartenant à la catégorie Oorlogspers, parue à Amsterdam du 1914 au 1918.

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