La Flandre libérale

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s.n. 1918, 29 Novembre. La Flandre libérale. Accès à 20 novembre 2019, à https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/fr/pid/5h7br8nx88/
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14' Année.— Vendredi 29*llove»brt 1918. PRIX i 10 CENTIMES /> r 18. - Vendredi 29 Novembr* 1918.; LA FLANDRE LIBÉRALE ABONNEMENTS Pour la Belgique et l'Union postale, les tarifs seront publiés ultérieurement, RÉDACTION, ADMINISTRATION ET IMPRIMERIE : GAND, i, RUE DU NOUVEAU BOIS ANNONCES Pour le prix des annonces, s,adresser au bureau du journal. On traité à forfait. - Admis par la censure Le Gouvernement censuré par loi-même Aussitôt que le discours du trône a aiy iibncé la création imminente d'une Université flamande à Gand, nous a vont voulu nous faire l'interprète des sentiments de stupéfaction, de tristesse et de colère que cette déclaration a fait naître en Flandre. Nous en avons été empêchés. L'article que nous avons écrit sur l'heure a été supprimé par la censure. Il l'a- été injustement, car il est inadmissible, dans un pays parlementaire, même en état de siège, que le gouvernement annonce une réforme aux Chambres, pose ainsi une question devant le pays et empêche la discussion dans la presse. Aussi l'interdiction a-t-elle été promp-bernent levée et nous voulons oublier, de bonne grâce, l'erreur politique dont la Flandre libérale a été la victime. Nou3 voulons nous rappeler que cen-■ ur.i et censurés sont des Belges fermement attachés à notre nationalité, qu'ensemble noua avons souffert et lutté pour la patrie ; qu'en ces moments troublés ious devons, avant tout, dans la mesure iu possible, aider le gouvernement à accomplir la tache difficile qui lui incombe le maintenir l'unité de là patrie et de travailler à son relèvement matériel- et nora-1. Et c'est précisément parce que nous iommes profondément persuadés de la îécessité de maintenir cette union, l'u-îion sacrée de la nation, que nous ne >ouvons oublier de même et que nous levons, au contraire, souligner avec for-e l'erreur que nos dirigeants ont com. nise en faisant naître nialencontreuse-rient, dès le jour de la libération dû ter-itoire, une discussion sur cettc question rritante, pleine de périls pour l'unité na-ionaie.Cette faute lourde et irréparable qu'ils nt commise nous fait mal augurer de la rudence, de la sagesse et de la maturité ►olitique de certains des hommes qui, ans cet instant critique, sont appelés à i direction du pays. Eh quoi ! on nous a rappelés à l'ordre, n a supprimé un de nos articles en ver-u d'instructions données par le ministè-e. Il ne faut pas être grand clerc pour ëvïrier Quelles étaient ces instructions rises dans l'intérêt de l'imité nationale. Ules recommandaient à coup sûr aux cen-eurs d'empêçher la presse de soulever es débats dangereux, de susciter des dis-ussions passionnées, sur des sujets pou-ant mettre en péril la bonne entente des itoyens si ardemment désirée et si né-essaire à la reconstitution de la patrie. It nous sommes certains de ne pas nous rompe-r en affirmant que parmi les oints spécialement signalés à la censure iguradt précisément la question linguis-ique. En donnant ces instructions, le ouvernement a affirmé de façon non louteuse qu'il était, imprudent, dange-5ux de faire naître dans le pays en ce loment, un débat sur l'emploi de la lan-liô flamande dans renseignement supé-ieur.Et voici que, au moment- où il paraît Bvant le Parlement qui, pour le grand ien de la Belgique, va reprendre ses tra- j lux, la première déclaration importante u'il fait, se rapporte à l'Université de and, à ce sujet dangereux entre tous i ce qu'il touche à la matière si délicate es sphères d'influences. Et cela au mo-ient où la, Belgique naît à une autre vie lternationale, cesse d'être un pays neu-e, entre dans le concert des puissances olitiques; où elle doit se concilier des mitiés, des alliances! Certes, il n'était pas défendu au gou-srnement de parler de l'Université de and, au moment où l'humanité célèbre i victoire du Droit sur la Force bruta-. Et nous avions même espéré à Gand Lie son chef aimé rentrant dans la paie libérée, aurait eu quelques paroles éloges et de remerciements à l'adresse î tous ces professeurs courageux, qui, spectueux de la loi nationale et fidèles leurs serments, ont préféré subir toutes s avanies plutôt que de collaborer à attentat perpétré par l'ennemi contre >tre enseignement supérieur. Nous dons espéré qu'il aurait cité en exem-e an monde civilisé les Pirenne et les rédéricq, qui héroïquement ont subi ^xil plutôt que de se soumettre aux tinqueurs. Hélas ! Nous avons vainement attendu s éloges et en leur place qu'avons-nous îtendu ? Nous avons entendu proclamer l'ur-:nce do créer une université flamande Gand même. Nous rons vu le gouvernemont engager avec re incroyable imprudence la parole du si lui-même dans cette question brû-nte, de nature à susciter les plus vives )lémiques, les plus ardentes discordes. Et cela au lendemain de ce que nous sons vu et éprouvé à GandI Gantois, mes amis, vous vous croyiez jamais délivrés de ces odieux bérets le, la rage au cœur et les poings fer-és, vous avez dû côtoyer chaque jour, . silence, pendant de longs mois. Vous nez tort. Ils vont reparaître triom-îants, plus insolents que jamais. Et >st notre gouvernement qui, comme don ! joyeuse rentrée, va nous les ramener, est eux, qui vont être les vainqueurs ; est nous qui serons les vaincus ! C'est à no pas y croire! Hélas ! que le chef de cabinet n'a-1-il la bonne pensée de rappeler simple-ent à M. Franck, exigeant cette malen-ntreuse déclaration, les instructions sa-s que le gouvernement avait données ix censeurs ! NOS ECHOS OEtivrc de secours aux prisonniers de guerre en Allemagne Les principaux journaux français et anglais publient d émouvants détails au sujet de la rentrée des prisonniers de guerre de ces pays. Sur tous les points du front des armées alliées en marche vers le Rhin, on assiste au retour lamentable des prisonniers de guerre libérés conformément aux clauses de l'armistice. Tous sont dans un état épouvantable, déguenillés, à moitié nus, tremblants de froid et- à demi-morts de faim, après de pénibles étapes qui les ont épuisés! C'est à l'actif des Teutons, un crime cio lèse-humanité de plus à ajouter à tous les autres dont ils se sont rendus coupables!Allons-nous assister, sans frémir d'indignation, au retour de nos malheureux enfants, s'ils nous sont renvoyés dan3 les mêmes conditions? Le cercle philanthropique, " Elk zijn plicht qui, durant la guerre, a travaillé à adoiicir le sort- de nos malheureux exilés en Allemagne, ne considère pas sa tache comme terminée. En prévision de tout ce qui peut arriver, il prend, dès maintenant, ses dispositions afin de secourir, dans la mesure du possible, les prisonniers nécessiteux qui vont rentrer au pays. Les dons cle toute nature, habillements, linge de corps, etc., sont reçus avec reconnaissance à son bureau de renseignements, 14, place St-Bavon, à Gand. D'autre part, la tombola- des prisonnière de guerre continue ses opérations. Les billets sont en vente partout au prix de 10 centimes. Le public n'oubliera pas cette œuvre philanthropique, et par son empressement, contribuera à soulager bien des misères connues et inconnues. Aussi le cercle philanthropique " Elk zijn plicht fait-il iuj pressant appel à tons les cœurs charitables qui voudront l'aider dans l'accomplissement de ce devoir patriotique et leur adresse anti-cipativement un cordial remercîment. —o— A la Chambre des députés Là Chambre des députés se réunit aujourd'hui, jeudi, à 2 heures. A l'ordre du .j-our figurent les points suivants : 1. Validation des mandats de députés suppléante appelés à remplacer les députés décédés, et- nomination de la commission chargée de cette validation ; 2. Election du bureau ; 3. Commission chargée de rédiger l'adresse; 4. Election des ques-teur;4 ; 5. Commissions permanentes ; 6. Tirage au sort des sections. Les membres de la droite se sont réunis ce matin, à 10 heures. Il paraît, d'après le "Vooruit", que M. Carton de Wiart serait élu président. On parle^ de M. Paul Boël pour remplacer M. Warocqué, comme questeur. —o— Les provisions du Comité National lia situation alimentaire a été définie comme suit dans la dernière séance du Comité National : Les- céréales sont abondantes a.u point dé pouvoir réduire le taux de blutage do 97 à 62 p. c. et- porter sous peu la ration à 400 grammes. Du fait de cette augmentation importante, qui sera uniforme, toutes les rations supplémentaires disparaîtront.Les stocks de graisse, de féculents et de vivres divers qui existent dans le pays sont suffisants pour couvrir' les besoins des soupes et des œuvres pondant trois mois, tout en permettant d'assurer les distributions générales de quinzaine. L'importance des quantités de féculents spécialement est telle que nous pourrons peut-être augmenter d'ici peu le rationnement de ces denrées. Le dépôt de Rotterdam et la quantité existante en Belgique accusent à la date du 15 novembre plus de 25,(XX) tonnes de ces produits.Par contre, les stocks de graisse ne sont, pas assez considérables pour qu'il y ait lieu d'augmenter présentement le rationnement. Les stocks, au 13 de- ce mois, s'élèvent à 12,000 tonnes environ. Il y a lieu de tenir compte également que les stocks do produits divers s'élèvent à environ 15,000 tonnes. —o— Le retour Un train spécial est parti, ces jours derniers, du Havre pour la Belgique, emportant quatre cents personnes, soit tout le personnel du ministère des affaires étrangères, de nombreux fonctionnaires des autres ministères belges, les membres du corps diplomatique, sauf les chefs des missions qui, ainsi que tous les ministres, avaient gagné, déjà Bruges et Bruxelles en automobile. Un éloge anglais du maréchal FocB L'historien militaire John Fortescue, oui est aussi bibliothécaire, du château de Windsor, public, dans 1' ''Observer", un long article sur le maréchal Foch. M. Fortescue passe, en revue les magnifiques services que le maréchal Foch a rendus au cours de la guerre actuelle et termine en disant: Telles sont les qualités qui distinguent non seulement un grand général, mais un grand homme. La guerre semblait, jusqu'à ces derniers temps, n'avoir pas produit ce qu'on peut réellement appeler un grand homme, un homme dont le génie était à la hauteur de cette grande epoque. Cet homme, nous l'avions parmi nous depuis le début et c'est seulement maintenant que nous avons découvert ses qualités de géant. " —o— Un geste d'amitié de lT.3pagne L association pour le développement des relations amicales eoifcre la France et l'Espagne, présidée par le duc d'Alba, et dout le siège est à Madrid, enverra à Strasbourg une couronne d'or offerte par souscription populaire. —o— Un monument commémoratif à la France Le projet d'ériger un monument commémoratif de la- reconnaissance belge à la France fut porté récemment à la connaissance de nos compatriotes. Il émane du Comité officiel belge de secours aux réfugiés établis en France. La souscription est.placée sous la haute protection de Mme la duchesse de Vendôme, princesse de Belgique. Le comité d'honneur comprend les mi-' nistres. belges, .sous la présidence de M. G. Cooreman. Le comité organisateur adresse un pressant appel à tous les réfugiés belges pour y prendre part. Les billets de souscription, tous au taux uniforme d'un franc, sont mis en circulation. Il s'agit pour nos compatriotes de faire œuvre de reconnaissance pour la généreuse hospitalité qu'ils ont reçue chez nos amis français. Une héroïne serbe Depuis quelques jours, on signale la présence à Marseille d'une jeune femme portajit- l'uniforme de sergent de l'infanterie serbe, sur lequel est épinglée la croix de la Légion d'honueur, la croix de guerre avec palme et l'ordre de Kara-george-witcli. Cette jeune fille est à peine âgée de 22 ans. Elle se nomme Sacitch Milou-ca et est-née à Nitch, de parents cultivateurs. Elle s'enrôla en 1914, trois mois après la déclaration de guerre, et réussit à se 'fa-ire accepter dans un régiment fa-.meux, dont le colonel était le prince Alexandre. Sayitch Milouca, par son courage, son mépris de la mort, sut conquérir l'estime de ses chefs. Chargée plusieurs fois de missions périlleuses,- elle réussit à les mener à bien. Elle fit toute la campagne d'Orient où.elle fut blessée cinq fois, puis elle demanda à venir combattre en France. Avant son départ, le général Sarrail luiirçmit la Légion d'honneur. Sur le front français, elle participa aux attaques de Champagne et du Chemin des Dames. Elle reçut trois blessures successives. La socîaldémocrâtie allemande et l'invasion de la Belgique Jusqu'à la veille de la guerre mon diale, les socialistes allemands maintin rent, dans leur presse, leurs meetings e) au Reichstag, leur attitude d'opposition prétendument irréductible, vis-à-vis di militarisme prussien... Le 4 août 1914, le Kaiser inaugur; la session extraordinaire du Reichstag convoqué au palais royal à Berlin, pa. un discours qu'il termina par ces meta " Messieurs, je ne connais plus de par tis. Je ne connais plus que des Aille rnands. Pour montrer que sans distinc tion de partis, de classes, de confessions vous êtes fermement résolus à me soute nir envers et contre tous, en bravann toutes les privations et la mort même j'invite les chefs des divers partis t s'avancer, et à s'engager solennellemen envers moi en mettant leur main dani la mienne. " On vit alors, dit le compte-rendu offi. oiel, tous les chefs de partis s'avancer le Kaiser, à chacun d'eux, serra vigou1 rcusement la main. Parmi les chefs de partis, solennelle, ment engagés à soutenir la politique im. périale, dont la guerre mondiale ne de vait être, Selon le mot de Clausewitz que le prolongement, se trouvait le dé. puté Haase, chef de la fraction socia liste du Reichstag. A la séance du Reichstag, qui suivil immédiatement,, le chancelier de IBeth. mann-Hollweg se leva et dit : ■' Nécessité ne connaît' pais de loi! Nof trou]ies ont occupé Luxembourg* et sont déjà, peut-être, entrées en Belgique, contrairement au droit des gens... Lee protestations du gouvernement lîuxem. bourgeois et du gouvernement belge sont légitimes, mais nous sommes forcés dé n'en point tenir compte. La vioïatior du droit, ainsi commise par nous, nous nous efforcerons de la réparer, aussitôt que notre but militaire sera atteint. " Après le chancelier, le député Haase prit seul la parole. Au nom de ses amis, il déclina toute responsabilité au sujet de la guerre. Il déclara qu'ils ne failli, raient point à leur devoir de défendra la patrie en péril, conformément aus principes de l'Internationale, qui a tou. jours reconnu le dlroit des peuples à dé. fendre leur indépendance... Nous vote, rons donc, conclut-il, les crédits de guerre que l'on nous demande. " Pas un mot- de blâme, pas une parole de réserve touchant l'abominable agression commise, par l'Allemagne, au pré. judice du Luxembourg et de la Belgique, ne sortit die la bouche de Haase. A l'unanimité, la fraction socialiste du Reichstag accorda au gouvernement im. périal les cinq milliards de ; marcs qu'il demandait. Et le martyre de la Belgique com. mença... Paul Janet écrit, dans un de ses meiL ileurs livres, quo certaines passions, nobles par elles-mêmes, sont cependant capables d'un emportement fatal et cruel. Le patriotisme, par^exemple, exalté sans mesure, dégénère en fanatisme ETRANGER o—— France Les socialistes français UN MANIFESTE, Nous croyons devoir publier ci-après quelques extraits d'un projet de manifeste qui sera adressé aux travailleurs de France, par un groupe de députés socialistes, connus sous le nom des " Quarante ". Quand nous donnions, dit le projet, tout notre cœur de patriotes et de socialistes à cette œuvre sacrée de régénération du monde qui apparaîtra dans l'histoire comme la plus grande des révolu.ims, que faisaient nos minoritaires ? " Dès 1915, ils réclamaient la paix immédiate, sur les bases du "statu quo". Ils'faisaient campagne contre la conscription anglaise. Ils encourageaient la résistance dos neutralistes italiens. Ils par laient d'aller traiter d'une paix de com promis avec les socialistes ^allemands, traîtres à l'Internationale. Plus tard, il* trouvaient des excuses aux bolchevistes saboteurs de l'idée socialiste, agents con- terrible "Mais, ajoute P. Janet, les passions ne s'emportent pas jusque-là, j sans qu'un trouble de la conscience, une , protestation des autres sentiments de i l'âme ne viennent se mêler à leur fureur. " • 1 A/ueune voix ne se fit entendre à ce s moment décisif, dans le parti socialiste allemand, pour réveiller la conscience, pour calmer le "furor teutonieus"', le fanatisme terrible d'un peuple de 70 millions d'hommes déversant ses hordes cruelles sur uni petit peuple de voi-» sins pacifiques ! Combien différente fuit, en juillet ' 1>870, l'atttude de Bebel et de Guillaume i Liebknecht, dians la question des crédits lj de guerre. ' Bebel, dans ses Mémoires, expose, en ces. termes, la tactique que Liebknecht et lui adoptèrent- alors au Reichstag: /'Jkiebknecht était d'avis que nous devions purement et simplement refuser les crédits, parce, que, selon lui, la France napoléonienne et l'Allemagne étaient l'une et l'autre responsables de la guerre. Je n'approuvai point cette tactique. Sans doute, en l'occurrence, nous ne pouvions appuyer aucune des deux parties en présence. Mais ç'aurait été un acte de partialité envers Napoléon, que d'émettre un vote contraire aux crédits : il ne nous restait qu'une chose à faire, c'était de nous abstenir lors du- vote. "» C'est ce que firent Bebel et Liebknecht. Pour motiver leur abstention, ils rédigèrent une déclaration écrite, qu'ils présentèrent au Reichstag. "Nous sommes, écrivirent-ils, opposés, par principe, à toute guerre dynastique, comme socialistes, comme républicains, comme membres de l'Association internationale des travaillleurs. Comme tels, nous combattons tous les oppresseurs sans distinction do nationalité, nous cherchons à réunir tous 'es < p-primés dans une ligue fraternelle. Ni directement, ni indirectement, NOUS NE POUVONS ADHERER A LA GUERRE ACTUELLE. Nous nous abstiendrons donc au vote relatif aux crédits de guerre... " En^ adhérant, sans une parole de blâme, à l'invasion de la Belgique, par le vote des crédits de guerre, les socialistes allemands de J914 ont délibérément accepté une grosse part de responsabilité dans l'un des plus grands crimes dont 1 .histoire ait à garder le souvenir: part d'autant plus considérable que le groupe socialiste était le plus nombreux parmi toutes les fractions du Reichstag. Complices de Guillaume II, au moment vraiment décisif de l'égorgement de la Belgique, les Ebert, les Schoidemann, les Haase, aujourd'hui mai/très de l'Allemagne, n'ont pas le droit de répudier, le crime consommé, une responsabilité terrible que des protestations, venues l;op tard, beamcoup trop tard, no peuvent plus désormais effaccr... X. scients ou inconscients ' do l'Allemagne, et combattaient l'intervention des alliés en Russie. Enfin, certains d'entre eux regrettaient ouvertement l'entrée en guerre des Etats-Unis qui, d'après eux, devait retarder la paix et qui, en fait, a assuré 1a- victoire et rapproché l'heure de la paix Enfin, les signataires du manifeste font appel " à tous les socialistes qui n'ont pas perdu le sens des réalités ", soit qu ils figurent déjà dans les cadres du parti, soit qu'ils n'aient pas encore adhéré à ses organisations, pour leur venir en aide. Et ils ajoutent : " Ceux qui n'ont rie-n compris au sens de la guerre comprendront-ils les devoirs de la paix? On peut malheureusement en douter. " LE PRESIDENT WILSON A PARIS Pendant son séjour à Paris, le président "VVilson habitera le bel hôtel qui occupe le n° 28 de la rue de Montceau, mis à sa disposition, sur la demande de l'ambassade des Etats-Unis, par la princesse Murât. D'ores et déjà, l'on s'occupe des installations particulières qui répon-i dront aux goûts et aux habitudes personnels de l'hôte éminent que la France tout entière va fêter. Les Barbares en Belgique A BLANKENBERGHE Cette jolie plage, pillée et abandonnée, a aujourd'hui un aspect morne. Blanken-be-rghe n'a pas eu beaucoup à souffrir des bombes. Un engin de cette espèce est tombé sur le garage de M. Hamerlynck, qui fut complètement détruit. L'hôtel P. Devriendt est dévasté. Lei boiseries y ont été mises en pièces à coups de hâche par les Boches. Ils ont emporté tout ce qui était à leur convenance.Les habitants ont, pour la plupart réussi à cacher leur-cuivre et leur laine. Le médaillon du. monument Conscience, le monument •Lippens et De Bruyne, ainsi que celui qui fut érigé en l'honneur du comte de' omet de Naeyer, à Wen-duyne, ont disparu et ont été emportés en Allemagne. Tous les bôtela de la digue ont été fortement endommagés. Dans plusieurs on a lancé des grenades à main. Partout on a enlevé les balustrades et ornements en fer des balcons. Les Boçhes ont fait sauter le grand pont de fer sur le canal. Le curé de, Blankenberghe a déclaré que, .certaine nuit, des soldats allemands vinrent le réveiller en sursaut et le mirent. en demeure dé les suivre à l'église où ils avaient vu des rayons lumineux projetés de 1a tour. Toute l'église fut minutieusement visitée. Il fallut dans la-nuit monter à la tour. Finalement on se rendit compte de la cause du phénomène. Ce que les Boches avaient pris pour des signaux lumineux n'était autre chose qùe la réverbération du clair de lune sur les vitres placées près des ouvertures des cloches... ! A ROULERS ,Quelques maisons îdu centre * de Rou lers ont été totalement détruites. Aux en virons de la gare tout est démoli Au marché, le magasin Do Meester j . été'.incendié. La maison communale es lézardée et devra être reconstruite.- Le petit séminaire a été incendié pa les Boches. L'église de Notre-Dame, qui avait ét minée, est détruite. 4 . Dans tout Roulers il n'y a pas .une mai son .ayant conservé ses portes'.et se. châssis de fenêtres. Tout fut réduit en bois à brûler jîar le: Allemands. La plupart des habitants logent dan leurs caves ou leurs arrière-cuisines. Des prisonniers allemands y travail lent sous la surveillance de soldats fran. çais et de troupes coloniales, à dégage les ruines et à réfecticnner les chaussées Une grande activité règne à la station où le nombre des voies a été doublé. De trains y circulent dans la direction d< Bruges-Ostende et dans celle de la Fran ce par Courtrai. Les soldats français se montrent trè prévenants pour les habitants rentré: dans la ville, et s'efforcent de leur pro curer tout ce qu'ils désirent. Avant leur départ, les Boches ont en levé et emporté toutes les pompes, ains que le zinc des toitures. Toutes les usines, les services du gaz e de l'électricité ont été mis au pillage. I n'y reste plus le moindre morceau de fer Ces actes de banditisme commencèren en novembre 1917, lorsque la populatioi fut obligée d'évacuer la ville*. • • LE COMMIS SARI AT DE LA DEMOBILISATION. Le conseil des ministres doit discutei et décider de la création d'un commissariat chargé de régler toutes les questions concernant la démobilisation. Le commissariat aux effectifs, qui fonctionne actuellement sous la direction d« MM. Le Hérissé et Henry Paté, serait transformé en commissariat de la démobilisation.Angleterre La sitnation électorale Le correspondant du Temps, à Londres, télégraphie: " L'un des traits les plus singulière de la situation actuelle en Angleterre est l'opposition du Labour Party à un gouvernement dont' la programme défini par M. Lloyd George, le 23 novembre, à Wolverhampton, constitue l'exposé le plus complet et le plus hardi qui ait jamais été fait des réformes sociales dont l'Angleterre moderne a l'urgent besoin. Cette opposition apparaîtra tôt ou tard sous son vrai jour. Elle est fondée en partie sur le vif antagonisme personnel de M. Henderson contre M. Lloyd Geor-g!e. Elle est soutenue par l'ambition d'un parti qui aspire à rendre suprême l'influence considérable qu'il possède déià dans l'Etat, et. elle est envenimée par la propagande d'une petite minorité démagogique." Plusieurs symptômes annoncent néanmoins que des.'contre-courants favora-. bles à la politique du gouvernement se dessinent dès maintenant dans les masses ouvrières. C'est ainsi qu'une vaste manifestation, réunissant plusieurs milliers de personnes, a été organisée, le 24 novembre, à Hyde Park, pour exprimer l'indignation produite en Angleterre par les traitements inhumains infligés en Allemagne aux prisonniers anglais. La motion qui a été votée, et qui sera envoyée à M. Lloyd George, réclame le boycottage économique contre les Allemands. Plusieurs personnalités ouvrières importantes, telles que MM. Crooks et Ben Til-lett, ont fait connaître leur adhésion à cette manifestation, qui va directement j encontre de la politique de M. Ilen-ders&n. " LE MARECHAL FOCH CITOYEN DE LONDRES Il est question d'offrir au maréchal Foch le titre de citoyen honoraire de la ville de Londres. LES MARINS ALLEMANDS VOU-LAIENT rRATLRNISIiU AVEC LES MARINS ALLIES. Le correspondant de l'Agence Reuter auprès de la Grande Flotte parle des efforts des officiers et des marins allemands ) pour fraterniser avec les Anglais, et ajoute : " Ces derniers ont refusé catégoriquement d'échanger une seule parole n'ayant pas rapport a la. remise des bâtiments, mais il est juste d'ajouter que les officiers de. la marine anglaise ont agi avec le plus grand tact dans l'accomplissement de leur pénible devoir et ont. fait preuve d'une parfaite impartialité. " Autriche=H ongrie La Bosnie et l'Herzégovine demandent à être rattachées à la Serbie Le gouvernement national bosniaque a adressé au prince-héritier de Serbie une note demandant la réunion immédiate de la Bosnie et de l'Herzégovine au royaume de Serbie. La révolution L' ('Information" publie une longue dépêche d'un de ses collaborateurs qui vient dei parcourir librement la Hongrie et une partie de l'Autriche. Voici quelques-unes des remarques les plus intéressantes qu'il a notées: A Innsbruck siège un conseil na-■ tional tyrolien qui ignore tout ce qui se passe à V'enne et dans le reste de l'em. pire austro-hongrois. La population c ; vile est très calme. Les seuls excès com. mis l'ont été par les soldats et par suit* 1 du manque d ordre. | " Aucun programmo nettement établ: . j n'a été élaboré par le conseil national ; tyrolien, qui manifeste simplement des 1 sentiments antiallemands. L'idée d'ur rapprochement avec la Bavière n'a pas rencontré une majorité. Par contre, l'en, trée de la République du Tyrol dan^ une confédération autrichienne,, est pluÉ populaire. " La démobilisation autrichienne a été. à vrai dire, une affolante déban. î daae. Aujourd'hui, un calme relatif est revenu et on a institué une ligue ayant pour but de recueillir tous les objets abandonnés dans le pays par les soldats. "À Vienne règne la plus grande et la plus triste indifférence quant aux évé. nements actuels. On a faim réellement, puis le soir, dès 5 heures, la ville est plongée dans la plus profonde obscurité. Le peuple ne demande qu'une chose : manger. " Quelques rares fiacres circulent en. core péniblement. Il y a,, parait-il, un« garde rouge à Vienne, mais on ne la voit pas et on ne sait pas où elle est. " J'ai parcouru, en voiture, les quar. tiers ouvriers qui portent des traces d'émeutes paraissant, d'ailleurs, avoii été assez anodines. Quand l'empereuj voulut quitter rAutriene, on lui fit sa. voir qu'il n'y avait aucun danger ni jXmr lui ni pour sa famille. Quant au conseil national autrichien, c'est encore l'ancien parti nationaliste allemand1 qui gouverne et il préconise le maintien de | l'union avec l'Allemagne. Ce conseil na-| tional n'est évidemment pas l'expres-! sion de l'opinion de la population. Mais ! quo peut-on tirer de gens aussi indifférents? Peut-être une fois restaurés et le j ventre plein, auront-ils 'l'énergie d'ex-; primer une idée politique." Hollande LA QUESTION DE L'EX-KAISER 1 La " Weekly Dispatch " dit que la ' présente semaine pourrait bien voir de j nouveaux développements relativement à j la situation de l'ex-Kaiser. " Les Alliés, dit-elle, n'ignorent pas ce qui se passe au château d'Amerongen, et ce qu'ils savent prouve que le Kaiser n'est pas encore un facteur' négligeable dans les affaires de l'Allemagne. Certaines mesures pourraient ne pas être sans effet sur la situation. Le résultat sera probablement connu dans quelques jours." Allemagne NOUVELLE PROTESTATION DU DOCTEUR SOLF Le gouvernement de la république aUe-i mande a adressé une nouvelle note aux | gouvernements ennemis protestant con-; .tre la dureté des conditions de l'armisti-; ce, le retard apporté aux discussions des préliminaires de paix, et les mesures prises par les Français en Alsace-Lorraine, les Polonais dans l'est de l'Allemagne et les peuples non allemands en Autriche-Hongrie, afin d'anticiper par la violence contre les décisions de la conférence do la paix. LE SEPARATISME RHENAN Le Vorwârts" du 23 novembre annonce que, dès maintenant, on a éla-bor un plan précis pour le cas où il devier ( drait nécessaire de proclamer l'aut.onc I mio de la région rhénane. Cette idée.es; fort répandue dans la bourgeoisie et elle j est énergiquennut défendue par le çlergc dont on connaît la vieille hostilité poui tout ce qui est prussien. On redoute par ticulièrement dans ce pays catholique une politique anticléricale du conseil socialiste berlinois. La nouvelle, par exem-! pic, que Adolphe Hoffmann- projette dé séparer l'Eglise et l'Etat par un simplf décret a beaucoup contribué à renctrc

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Cet article est une édition du titre La Flandre libérale appartenant à la catégorie Culturele bladen, parue à Gand du 1874 au 1974.

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