La gazette

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15 decembre 1918
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s.n. 1918, 15 Decembre. La gazette. Accès à 03 août 2020, à https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/fr/pid/pr7mp4wf1v/
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Dimanche 15 Décembre 1918 H,e numéro : DI3Z CENTIMES partout en Belgique. 48e année. N° 28. POUR TOUT LE PAYS Pour l'année. ....... Fr. 24.CO » six mois » 12.GO » trois mois * » 6.50 Pour le mois de Décembre : 2 francs en plus Les anciens abonnés ont droit à uno déduction de 4 francs sur rabonnoment d'un an ; de 2 francs sur l'abonnement de 6 mois — en compensation des quatre mois d'abonnement qui no leur ont pas été servis en 191-1. LA GAZETTE MMOWCES ï ANNONCES ORDINAIRES S 50 centimes la petite ligne. RECLAMES (Après les spectacles) : 2 francs 1» ligne. FAITS DIVERS (Corps du journt.l) : 3 francs la ligne. (Fin du journal) : 2 francs la ligne. NÉCROLOGIE : 2 francs la ligne. Pour les annonces, s'adresser au servie de la publicité BÉDACTION et ADMINISTRATION : 86, RUE DU MARAIS, BRUXELLES. — Téléphone | f^TJ^rahon '. \ \ Bill* Oú allons-nous? H nous a été donné de parcourir pendant deux jours une des contrées les plus industrielles de notre pays. Nous avons coudoyé dans les trains des gens de toutes classes et surpris leurs conversations. Nous avons interrogé, causé, discuté, et nous nous sommes aperçus que le plus grand mal causé à notre pays par les Allemands, c'est d'avoir ruiné, détruit notre « santé morale ». 'Car la plus grande partie de la classe ouvrière de nos contrées industrielles semble avoir perdu, aussi bien que nos ruraux et nombre d'habitants des grandes villes, toute notion du bien et du mal, de l'honnête et du malhonnête.Avant la guerre, cette classe puisait sa façon de penser, de sentir, de vouloir, dans l'exemple que lui donnaient les classes plus aisées et dans 3e peu d'éducation et d'instruction qu'elle recevait. La nécessité de travailler pour vivre, d'épargner pour les vieux jours, l'obligeait à copier ses méthodes d'action sur les leurs. On peut dire qu'en général, sa situation d'esprit, bien qu'il y eût encore de fortes améliorations à y apporter, et ses mœurs étaient bonnes. Livrés à l'oisiveté pendant la guerre, les gens du peuple ne connurent plus que l'exemple honteux des Allemands volant eux-mêmes leur propre patrie ou des trafiquants et accapareurs s'enrichissant au détriment de tous. Les jours si attendus de l'armistice vinrent enfin. On put croire que la joie allait renaître avec la paix et purifier tout. Non ! Car les Allemands, tandis qu'ils préparaient les explosifs à retardement qui devaient faire sauter nos gares, portaient le dernier coup <à la morale du peuple déjà si ébranlée, en livrant au pillage les gares et les dépôts de vivres. Un nouveau commerce s'organisa ainsi basé basé sur le vol. Aujourd'hui nous dédaignons les étalages des commerçants où tout est trop cher. Mais notre femme ià journée, notre servante, notre ancien ouvrier nous font des offres alléchantes. Us vendent de tout et réalisent sans effort des gains élevés. D'où proviennent ces marchandises que ces gens, naguère honnêtes, ont en leur possession ? Que feront-ils demain quand nous réclamerons leurs services, quand s'ouvrira pour eux ,1a période nouvelle de la vie à gagner^ par un travail honnête et régulier ? Ils nous riront au nez, tout simplement. Travailler un mois, diront-ils, pour gagner cent, deux cents, trois cents francs ! Allons donc ! Il nous suffisait pour gagner davantage de rafler une caisse de bougies ou une bonbonne d'alcool. Telle est la situation morale d'une grande partie de la population laborieuse. Aussi la première des nécessités sociales actuelles est-elle le relèvement moral de la masse. Car on répare les dommages matériels, mais on ne refait pas en un jour l'esprit d'une foule. . — MffS ao ï îbu IV PEHVYSB Notre itinéraire nous amène à nouveau dans la région inondée; cette fois, nous allons la parcourir en tous sens. Nous pourrons voir, pendant des kilomètres et encore des kilomètres, la dévastation s'étaler dans toute son horreur. Les belles prairies du pays de Dixmude, naguère pleine de bétail, qui nous fournissaient le bon beurre, s'étendent à perte de vue, couvertes -encore d'une mince nappe d'eau : l'herbe a disparu sous le limon de la mer charrié par les eaux de l'Yzer. A certains endroits, la couche de limon atteint quarante centimètres d'épaisseur, les infiltrations d'eau salée ont tué toute végétation; les arbres qui n'ont pas été abattus par le bombardement ont été tués par le sel. Les géologues prétendent qu'il faudra douze ans avant qu'une nouvelle couche de terre végétale puisse se former et il faudra au préalable niveler toute la plaine, combler tous les entonnoirs qui se trouvent les uns à côté des autres et sur lesquels on a jeté des planches pour permettre le passage. Certains de ces entonnoirs sont remplis d'une eau verdâtre; on les a entourés de fils barbelés pour empêcher les soldats de venir s'y désaltérer, car ces trous ont été creusés par des obus, à gaz délétères qui sont venus tomber là et les eaux sont empoisonnées.Une végétation nouvelle a envahi la plaine : une espèce de sarrazin sauvage aux épis noirs, venu on ne sait d'où, et que les soldats appellent des roseaux. Ces champs de roseaux s'étendent à l'infini; au loin, des hérons prennent leurs ébats dans ce marécage. Les ouvrages de défense bétonnés construits de-ci de-là sont recouverts d'un tapis de mousse que les botanistes prétendent être de la même famille que celle qui recouvre les terrains primaires.Nous nous arrêtons à la gare de Pervyse, ou plutôt entendons-nous, car ici les mots n'ont plus leur signification exacte, au poteau qui porte l'inscription Pervyse et qu'on a planté sur le tas de briques qui fut jadis la gare. Devant nous on nous jnontre les ruines du château de Vicognej qui appartenait au système fortifié du xviie siècle. A six kilomètres en avant, on aperçoit l'Yser, dans la bouche de Tervaet. L'inondation s'étend jusque-là, l'eau a même envahi les petites tranchées creusées en 1915 et plus d'une fois les hommes y péchèrent des crevettes qu'ils rapportaient triomphants. C'est ici que se livrèrent, en octobre 1914. de terribles combats : les Allemands avaienl franchi la bouche de Tervaet et s'avançaienl dans la plaine; à ce moment on décida de tenir sur le chemin de fer de Dixmude à Nieu port. Les hommes y avaient comme seul abr: le petit talus du chemin de fer; ce n'est qu'ai mois de mai de l'année suivante qu'on par vint à creuser de petites tranchées où les hommes devaient se tenir accroupis. La ligne de défense était une véritable ligne géométri que, sans aucun ouvrage de défense; toute l'artillerie belge fut concentrée dans le sec teur et les Allemands y perdirent beaucoup de monde. Des combats de rue très meurtrier! furent livrés de maison à maison et les trou pes de la 3° division, commandées par le gé néral Jacques, alors colonel, s'y couvrirenl de gloire. Les Allemands, arrêtés dans leur assaut, re nouvelèrent leur attaque trois jours après plus à droite, à Ramscappelle. Us parvinrent dans le village et la situation était très criti que. Mais la nuit, la 2° division, aidée d'un faible contingent français, parvint à rejeter l'ennemi hors de ses positions. Le flot allemand était enrayé. Cependant l'armée belge se trouvait dans une situation très dangereuse, les hommes étaient épuisés par la pénible retraite d'Anvers ils étaient sans chaussures,presque sans manger.Les renforts français promis n'arrivaient que très lentement, car l'artillerie française était engagée dans la bataille de la Marne. On avait demandé à l'armée belge de tenir deux jours; elle en tint six, car ce n'est que le sixième jour au soir qu'une division française vint la renforcer. Le commandant Van Troôyen, qui s'occupait à cette époque du ravitaillement en munitions, nous révèle un détail inconnu et qui montre combien durent être vives les angoisses de l'état-major : Après la bataille de l'Yser, il restait dans chaque batterie à peu près sept ou huit coups par pièce ! Quand on annonçait du Havre l'arrivée d'un train de munitions, il arrivait un wagon avec quatre cents projectiles et on devait s'informer des batteries les plus engagées pour partager les quatre caissons qu'on parvenait à alimenter ainsi. Heureusement, les hommes ne soupçonnèrent jamais cette situation et les Allemands l'ignorèrent toujours, car ils ne déclenchèrent plus de nouvelles attaques et, peu après, l'inondation vint au secours de nos armes.Mais beaucoup de braves périrent en ces journées mémorables. Tout le long de la route on voit des tombes avec des inscriptions navrantes : « Ici repose un soldat inconnu », « A la mémoire de quatre braves artilleurs », plus loin une croix avec ces simples mots : « 115 Allemands », indique l'emplacement d'une fosse commune. Nous nous arrachons à ce triste spectacle et nous nous dirigeons sur Dixmude. DIXMUDE Ici la route n'existe plus, on a construit une route nouvelle sur pilotis. Elle passe au travers du champ d'entonnoirs et nous filons par là à vive allure sur ce plancher merveilleux. Après avoir roulé très longtemps au milieu de ruines de tous genres, notre voiture s'arrête, le commandant nous prie de descendre; il y a, paraît-il, des ruines curieuses à nous montrer. Pendant un bon quart d'heure, nous escaladons des tas de briques, puis brusquement notre cicerone s'arrête et nous dit très sérieusement : « Messieurs, vous êtes sur la grand'place de Dixmude. » Nous nous regardons tous : de place, point d'apparence, de maisons encore moins. Est-ce que, par hasard, on voudrait «nous la faire» 1 Mais non c'est sérieux : quelqu'un vient de découvrir sur la porte d'un abri une trace de l'humour boche : « Burgemeisterei von Dixmude. » Et il nous faut bien nous renefre à l'évidence. Puis on nous invite'à esttolader une petite ôiniuenue qui se dresse devant nous; c'est une ruine que les Allemands ont bétonnée et qui constituait pour eux un excellent observatoire. On découvre en effet de là un magnifique panonrama. « Ce panorama, messieurs, était très connu, nous dit le commandant, on montait très souvent le voir ici avant la guerre, car vous êtes sur la tour de l'église. » Cette fois, la surprise est trop forte. Ce tas de briques méconnaissable ! tout ce qu'il reste d'une tour ! Et il paraît que nous n'avons encore rien vu, on nous ménage pour demain des émotions profondes. Un témoin irrécusable vient d'ailleurs attester l'authenticité de tout ceci : le commissaire de police de Dixmude, son képi galonpé sur l'oreille, vient d'escalader le monticule. Il nous a aperçus de loin et s'est empressé de venir saluer notre petite caravane. Il nous explique très simplement qu'il est revenu dans sa ville depuis qu'elle a été reprise par les Belges; il loge dans un abri et est parvenu à identifier l'emplacement de nombreuses maisons. Il vient en aide aux quelques réfugiés qui, parfois, viennent voir s'il n'y a plus rien à déterrer de l'une ou de l'autre cachette. Jusqu'ici, il n'a qu'un seul administré : là-bas, sur la route, un Dixmudois a bâti une petite cantine en planches; il vend de la bière et du café aux escortes des colonnes automobiles qui,par esprit de réciprocité,s'occupent de ravitailler les deux habitants de cette cité qui, jadis, comptait 3,460 âmes. Le commandant Van Trooyen nous fait un peu d'histoire : il nous remémore la défense de Dixmude par les 6,000 fusiliers marins du contre-amiral Ronarch, en l'honneur duquel le petit village voisin de Caeskerke fut appelé « point d'appui de l'amiral », puis il nous décrit l'incendie des tanks à pétrole situés en face de nous, où l'on avait réuni toute la réserve de pétrole des Flandres. Il nous rappelle l'héroïque conduite des troupes belges et marocaines qui défendirent la place jusqu'au 11 novembre 1915, jôur où les Allemands firent leur entrée dans la ville. C'est avec une grande tristesse qu'on se décida à abandonner à l'ennemi une des dernières villes de la Flandre qu'on possédait encore, mais il eût été criminel de s'entêter par amour-propre : la position était intenable sa défense avait déjà coûté beaucoup de pertes et il valait beaucoup mieux abandonner cette tête de pont qui ne présentait qu'une utilité offensive, et se retirer sur l'autre rive de l'Yser et y attendre de meilleurs jours. On attendit là jusqu'au 29 septembre dernier, jour où Dixmude fut repris par la 4° division, commandée par le général Michel, après d'âpres combats, car les Allemands avaient transformé la ville en un vaste repaire de mitrailleuses.Notre aimable pilote nous indique encore , les ruines de l'Hôtel de Ville et du Béguinage. , Il n'en reste plus rien, et tout cela a été détruit par l'artillerie belge qui, pendant trois ans, a constamment battu ce secteur. Nous qui avons vu les ruines de Nieuport, détruit par les Allemands, nous devons convenir que comme travail de destruction, ceci est beau-; coup plus complet et constitue un indiscutable témoignage de la supériorité du tir de l'artillerie des alliés. Puis on nous désigne encore au loin la fameuse Maison du Passeur, dont il fut tant ' question dans les communiqués, et la minote-; rie dont la possession constituait pour les • Allemands un sérieux avantage et fut la cause ■ de beaucoup de pertes. Aussi l'artillerie s'a-; charna-t-elle à la détruire, mais les obus ne faisaient que remuer ce tas de briques de ■ trente mètres d'épaisseur et le bétonnage éta-, bli en dessous restait intact. ; Enfin, on nous montre le 4 boyau de la • mort » de lugubre mémoire, cette tranchée construite à la sape, qui s'avançait jusqu'à trente mètres des positions allemandes et où l'on se battait toutes les nuits au poignard et à la grenade, sous les feux d'enfilade des mitrailleuses. Avant de quitter ces ruines, le commandant nous engage à visiter un des soixante « pill box » qui constituaient les centres de la défense allemande. Ce sont des abris béton- j nés de deux mètres d'épaisseur, aménagés dans les caves des habitations; on assure que les Allemands les ont fait construire par de malheureuses ouvrières des Flandres qui devaient travailler au risque de se faire massacrer par les obus belges. On y a accès par une petite porte pratiquée à l'arrière. A l'intérieur un homme peut se tenir debout et en contre-bas il y à trois parapets flanqués d'une meurtrière garnie d'une mitrailleuse. Des hommes étaient enfermés là-dedans avec des vivres et des munitions pour un mois; certains furent trouvés enchaînés à leur mitrailleuse et ils racontèrent qu'ils s'étaient fait enchaîner volontairement pour ne pas céder à la tentation de fuir. Le canon ne parvient pas à détruire ces abris, d'où quelques hommes déterminés peuvent flanquer tout le champ de bataille; il y a un seul moyen de les réduire : ramper la nuit jusqu'à une des meurtrières et y jeter une grenade à main. C'est un dispositif de l'espèce qui fit échouer en 1917, avec des pertes épouvantables, l'offensive anglaise dans le secteur d'Ypres. Tous ces « pill box » porte un nom inscrit à la craie. Nous traduisons : « Au Singe Joyeux », « Au Fumeur de Pipes », « A la Croix de Fer »; à l'intérieur se trouve encore la paille pourrie sur laquelle dormaient les Boches et d'autres traces qui ne laissent aucun doute sur la nationalité des occupants. Mais le commandant nous engage à ne pas prolonger notre séjour, ces « boîtes à pilules » sont de véritables repaires de « totos ». Brrr, nous fuyons. Malgré ces défenses redoutables, nos soldats n'hésitaient pas à passer le canal la nuit opération très difficile, car en certains endroits les ruines étaient tombées dans son lit, et cela avait créé des courants assez rapides. Puis ils allaient se battre dans Dixmude; c'est ce qui explique qu'ils ne rapportaient de ces expéditions parfois que trente prisonniers.Lors de la grande offensive, le mordant des troupes fut tel qu'en deux jours tout le système était nettoyé. Nous quittons Dixmude en longeant la voie ferrée; des prisonniers allemands travaillent nonchalamment à la réfection de la voie sous la conduite d'un de leurs sous-officiers; ils semblent n'attacher qu'une médiocre importance à nos personnes, car l'un d'eux jette une pelletée de sable devant les pieds de notre cicerone. Notre pilote est bon enfant, mais cette fois il se fâche et il lance un « Achtung » oui aussitôt fait sursauter tous les JSocbe,/» ils s'empressent de se mettre en position et restent, comme pétrifiés, jusqu'à ce que le dernier d'entre nous soit passé. Voici le pont dont le tablier a santé dans le canal; l'explosion a même détruit les piles et le génie n'a pas pu s'en servir pour construire le grand pont de bois sur lequel un train s'engage précisément. Nous nous garons tant bien que mal, le talus n'est pas large et le convoi nous frôle : il apporte d'autres prisonniers et des wagons de sable. Nous faisons une brève visite aux positions belges, établies sur l'autre rive, en face des tranchées allemandes, puis nous regagnons nos voitures. L'itinéraire du retour nous fait passer à Oostkerke, qui fut un point d'appui de deuxième ligne et à Lampernisse, le berceau de Nicolas Zannekin. Ces deux villages ont beaucoup souffert des bombardements et, à Lampernisse un obus vint tomber une nuit dans l'église où reposaient des chasseurs alpins. La voûte s'écroula, écrasant quarante-cinq d'entre eux. On leur a élevé un monument au cimetière et la place s'appelle : « Place des Alpins », en souvenir de ces victimes obscures. Nous sortons de la zone dévastée par Alve-ringen, où on a garé tout le matériel vicinal que les Belges purent sauver : les coquettes voitures blanches des lignes du littoral sont alignées là. mais dans quel minable état ! Le chauffeur force la vitesse, il.se fait tard; sans doute a-t-on voulu aue nous nous rendions compte de tous les incidents de la vie du soldat, car nous commençons à souffrir des affres de la faim et c'est avec joie que nous retrouvons les premières maisons de La. Panne. LA VILLE La Société belge de chirurgie a tenu hier, à l'hôtel de ville, une séance du plus haut intérêt. La Reine l'honorait de sa présence et y a été chaleureusement applaudie et acclamée. M. le docteur Cheval, président, et M. le professeur Depage y ont prononcé de remarquablês discours dont le manque d'espace ne nous permet pas de parler aujourd'hui, mais sur lesquels nous reviendrons demain. Le sujet choisi par M. Depage, était du reste de haute actualité. Il avait pour objet : Le traitement des plaies de guerre dans les ambulances ou front. - Il était illustré de sensationnelles projections cinématographiques représentant la façon moderne de traiter les plaies de guerre. Le maréchal Douglas Haig a adressé l'aimable lettre suivante au chef de la mission belge au G. Q. G. britannique. J'ai l'honneur de vous prier de vouloir bien faire part aux Autorités Belges de la profonde gratitude éprouvée par toute l'armée britannique en France pour les innombrables actes de bonté manifestés partout par les habitants de Belgique à l'égard des prisonniers de guerre britanniques, rentrant dans nos lignes. l'ensuivant jusqu'au bout les méthodes adoptées à l'égard des soldats tombés en leur pouvoir, les Allemands, contrairement aux termes de l'armistice, ont relâché des milliers de prisonniers de guerre britanniques, sans iruides, sans nourriture et sans équipement convenable', les laissant finHë'oiTU'nt abandonnés ià eux-mê-mes, pour rejoindre leurs camarades. Sans la généreuse intervention du peuple belge, le sort de ces hommes, pendant cette pénible marche, eût été evtrêmement cruel. Que de fois, les habitants sont sortis de chez eux, allant à la rencontre de nos soldats, leur offrant l'hospitalité et leur donnant des vivres et des vêtements, dont, j'en suis certain, ils ne pouvaient que difficilement se passer eux- ] mêmes. Les prisonniers de guerre britanniques, qui ont été en captivité dans votre pays, sont unanimes également à témoigner de la générosité des popubtions belges. Les joihs de captivité sont heureusement passés; mais ce qui subsistera toujours, c'est le souvenir des soins qui ont été prodigués par vos omp^triotes à nos soldats prisonniers. ■Nous a^ons tous été profondément émus. J'ai l'honneur d'être, 1 Votre obéissant serviteur. (Sé) D. HAIS. Maréelial: Commandant en chef les armées britanniques en France. Aux chemins de fer, a déclaré M. le ministre Reikin, dans une interview accordée au Journal Bruxelles, tout irait bien, si l'action ministérielle n'était entravée par l'autorité militaire, san■, l'intervention de laquelle il se fait fort d'assurer tous les transports. Il a, a-'ni dit, à sa disposition S00 locomotives, pluL 900 autres qu'on met en ce moment en ordre te marche. Mais il faut pour cela des courroies de l'huile, quantité de choses qui nous manquent ;ncore,maisqu'ilala certitude d'avoir. Il a des vïigons aussi; tous ceux qui étaient en Hollande >ont rentrés, do même qu'une partie de ceux que'ious possédions en France, et l'Allemagne en livre tous les jours en exécution des condition!, de l'armistice. Puis iHoiïtinue en reprenant ses plaintes sur les entraxes apportées par l'autorité militaire à la reprise du trafic. Aussi cela nous paraît-il ressembler f Tt à une tentative de rejeter toute responsabilité sur l'autor.té militaire, tant alliée que belge. Pourtant, en sa qualité de membre du gouvejnement, M. Renkin doit bien savoir si les mesures dont il se plaint sont nécessaires ou non. Si oiji, il eut pu présenter la question d'une façon mem aigre; si non, qu'il le dise franchement, sari; restriction mentale. Pour Ih. marine, a encore dit le ministre des Chemins Je fer dans la même interview, toutes les questions sont réglées en ce qui concerne Anvers. Le ; a Usage est refait, le pilotage remis sur pied; les basé|ux de 32 pieds de calaison peuvent déjà arriver au port. Mais les quais sont encom-brés de butin de guerre; aussi M. Masson, ministre de la Guerre, s'eet rendu sur place où il prendra les mesures nécessaires pour mettre fin à cet encombrement. La clericalité enflamande, ainsi appelle-t-on dansjles milieux administratifs une sorte de sœur politique de la grippe espagnole. Celte nfiladie de l'esprit... de parti s'étend de plus en pus rapidement dans les départements ministériels, où la plus grosse part, sinon la part entière, dts postes avantageux est octroyée à des cléricaux 1 et cléricaux notoirement connus comme récemment, il en t!*(PWrecuuesaTes namirigants qui, sans m^eclarés « activistes » n'en ont pas moins fait preuve, pendant l'occupation, d'un zèle qui devait les signaler à la bienveillance de von Bis-sing et autres Falkenhausen. Ils ont été repris, sur la plage du flamingan-tisme où ils gisaient, par la « marée du Havre ». L'union patriotique des partis! Quelle belle chose ! Quel beau mot surtout ! Car nous la voyons déjà commencer à craquer, entre socialistes et cléricaux. Ce sont, il faut le dire, les premiers qui ont commencé — ils n'ont pas autant que les seconds l'habitude de dissimuler leurs sentiments — en déclenchant une attaque contre l'aile gauche de l'armée démo-chrétienne qui va faire sa fusion avec le centre de ce parti. Aujourd'hui, en riposte, la Litre Belgique, en-Putriote a des mots aigres pour l'organisation syndicale socialiste. De la à une polémique vive, il n'y a certes qu'un pas qui sera vite franchi. Mais nous, libéraux, méfions-nous des diversions.Des courriers militaires aériens partiront bientôt régulièrement de la plaine*d'Evere pour Liège, Gand et Bruges. Nous aurons peut-être à bref délai, ainsi que les nations alliées, un service postal par avion, accessible au public. On nous apprend qu'à la suite du récent passage de troupes et de matériel allemands à travers le Limbourg hollandais, le gouvernement belge a prié le gouvernement hollandais de lui accorder des facilités pour le transport de matériel de guerre à Anvers, par l'Escaut. A partir de lundi, un train express partira de Bruxelles vers Paris. Il fera le détour par Bruges. On espère que ce service sera bientôt étendu. Sous peu, un service de bateaux à passagers reliera Bruxelles à Amsterdam via Anvers. C'est une entreprise privée. Mourir pour la patiie, attraper pour elle des balles, des obus, des rhumatismes, perdre ses membres à son service, trimer dans les tranchées, soit; on ne s'en plaint pas. On y était résigné en partant pour la guerre. Mais attraper des poux, être dévoré vif par ces sales insectes, c'est ce qui révolte nos soldats; et Dieu sait s'il y en a qui sont en proie à ce iléau I Dans toutes les casernes où ont passé les Allemands, il y a des poux, des poux d'Allemands, qui pis est; et quand les Belges y arrivent, ils les attrapent, et c'est une chose qui les exaspère à bon droit. C'est un supplice honteux pour des jeunes gens qui ont de la délicatesse, des habitudes de propreté, quelque sentiment de leur dignité corporelle.Et notez, avec cela, qu'il y a des garnisons où il n y a pas moyen de prendre un bain, que le savon est rare, qu'on est forcé de subir le supplice passivement. Nous l'avons déjà signalé discrètement; mais nous pensons qu il y faut revenir carrément et réclamer des mesures énergiques. Il doit y avoir — qu'on s'informe auprès des spécialistes — des moyens de se défaire de ces parasites : des bains, des lavages, des fumigations appliquées aux objets de couchage, d'habillement ou autre chose. Et il faut qu'ils soient appliqués. Nos soldats n'ont pas mérité l'outrage d'être dévorés par les poux. Nous sommes persuadés que M. Masson est de notre avis et qu'il exigera l'évacuation de cette engeance. Le ministre du Ravitaillement a décidé d'interdire la fabrication des pâtisseries, en raison de la limitation des réserves de farine. ' Toutefois il semble probable, qu'à l'instar de ce qui se fait en France, la vente des gâteaux secs sera permise: Les distributions de sucre seraient assurées immédiatement. Les Boches, quand ils nous enlevèrent ce qu'ils appelaient des « clinches » nous firent savoir que la fabrication des objets destinés à remplacer celles-ci, était subordonnée à une autorisation spéciale ; et l'on en conclut que cette mesure était destinée à favoriser l'industrie allemande, sans doute. Mais il parait que le monopole de cette fabrication fut accordé à un industriel belge qui aurait fabriqué aussi une quantité de poêles de tranchées. Ce particulier ne devait pas être en mauvais termes avec les Allemands sans doute. On nous demande si, en attendant l'échange des marks, il est permis d'invoquer l'abrogation des lois et arrêtés allemands pour refuser, à un guichet privé, un versement en marks. Il nous semble que non, puisque l'immense majorité des Belges 11e dispose plus d'aucune autre monnaie que les marks, et que le gouvernement, qui ne les a pas encore remplacés par autre chose, ne peut guère en suspendre le cours forcé sans créer, de parti pris, les plus grands embarras à ses administrés. Mais si l'on ne faisait, actuellement, en Belgique, que ce qui est permis, licite, honnête, cela nous changerait fort, n'est-ce pas? Attendons la restauration de la morale, qui era un peu plus malaisée encore que celle des sntérêts économiques, i L'occupation belge en Allemagne, avons-nous dit, se fera par « roulement », c'est-à-dire que les troupes se remplaceront à tour de rôle. Ce sont actuellement nos 3e et i" divisions qui séjournent sur une partie de la rive gauche du Rhin. Vers le 15 janvier, elles seront remplacées par les 2e et 5e divisions. Parmi les navires de la « Commission for Relief in Belgium » arrivés cette semaine à An-vi rs, il en est quatre dont la cargaison est destinée à l'arrondissement de Bruxelles. Le premier, déjà déchargé, nous apportait, entre autres choses, 250,000 kilos de cacao ; un autre ; près de 640,000 kilos de cacao, riz, savon, lait condensé, haricots ; le troisième 150,000 kilos des mêmes marchandises; et, enfin, e quatrième, 650,000 kilos de froment. 1 -—!— La question des loyers présente des aspects multiples et curieux. Ainsi nous entendions poser cette question : Comment indemnisera-t-on le locataire gêné, de bonne foi, qui, pendant la guerre, a été exécuté, en vertu d'un jugement par son propriétaire, et qui a dù, par exemple, abandonner ses affaires, a été ruiné par suite de cette exécution? Il y a des Çelges qui n'ont pas voulu reconnaître l'arrêté von Bissing, qui n'ont pas voulu l'invoquer,*qui se sont présentés devant les tribunaux belges. C'est mon cas, nous écrit l'un d'eux, locataire malheureux. J'ai bol et bien été condamné 'à payer. Le jugement de la Cour d'appel, tout en me réduisant bien légèrement mon loyer, me condamnait à payer pendant la guerre une somme supérieure à celle que je payais en temps normal, cela par suite des arriérés que j'ai dû payer immédiatement.Il en est arrivé que mon loyer s'élevait de cette façon à 3,000 francs par mois et que j'ai dû abandonner l'entreprise dont je vivais. Il me semble que si la loi n'autorise les poursuites que jusqu'à concurrence de 50 p. c., le propriétaire me doit ce que j'ai payé au delà de cette somme — et ce cas doit être prévu. Voici l'autre cloche : Celle d'un propriétaire de Verviers vivant du revenu d'un immeuble divisé en quartiers, nécessaires dans une ville ouvrière. Ces quartiers sont loués sans baux, à moins de 200 francs l'an. Quelle a été la situation du propriétaire depuis plus de quatre ans. Impossible de toucher un sou 1 Impossible d'expulser les familles de locataires. Obligation de payer les contributions, les taxes de lu ville, les réparations, et, pour comble, l'eau consommée par ses locataires 1 Et d'après la loi, il ne pourrait rien réclamer. Voyons est-ce juste? Le fond de chômage a donné des Becours aux classes ouvrières pour l'alimentation, les vêtements, les soins médicaux, etc. Et rien pour le logement? <Le logement n'est-il pas une marchandise au même titre que les autres? Nombre de ces ouvriers qui refusaient de payer leurs loyers avaient travaillé, trafiqué, gagné de l'argent ; emplissaient quotidiennement théâtres et cinémas qui ont fait d'excellentes affaires dans ces jours tragiques. Le logement n'est^il pas indispensable comme la nourriture ? Qu'aurait fait la Ville si les propriétaires impitoyables avaient expulsé dès le début de l'hiver les nombreuses familles. Elle aurait bien dé les hospitaliser. Ne serait-il pas équitable au moins que l'Etat et la Ville restituent contributions et taxes?. Nous avons déjà dit tout cela, du reste. Parmi les nouveautés apparues, en matière de marchandises, sur le marché roulant du boulevard Anspach, signalons le riz et les haricots, qui furent vendus hier au même prix que dans les magasins du Comité National. Nombreuses lettres de particuliers qui nous désignent des classes de spécialistes dont la démobilisation immédiate s'impose p^reeque leur genre d'activité est nécessaire à la restauration du pnys. Nous n'y contredisons point; seulement, s'il faut démobiliser ainsi tous ceux qui auraient mieux à faire — au point de vue où on se place — que de rester sous les armes, nous n'aurions bientôt plus d'armée du tout. Et nous ne pouvons pourtant pas nous en passer en ce moment-ci, n'est-ce pas ? A NOS ABONNÉS Nous prions instamment ceux de nos abonnés qui habitent les confins de Vagglomération ou les villes et localités de province, ainsi que Vétranger, de nous faire parvenir leur adresse sans retard. Nous pourrons alors leur envoyer le journal sous bande en attendant que la poste ait repris son ancien mode de distribution. Provisoirement, on est prié d1 adresser les demandes d'abonnement exclusivement au bureau du journal, rue du Marais, 86, à Bruxelles* Gazette du Ménage Encore la cuisine de guerre 'Mais qui donc inventa les recettes de guerre? Tout le monde, vous, moi, la voisine, toutes celles qui, ne trouvant pas dans l'armoire aux provisions les denrées dont elles avaient besoin, les remplaçaient par quelque chose qui y ressemblât.Les magasins communaux distribuaient généralement du sucre ou du miel les fois que les t Américains », lisez C. N., ne donnaient ni riz, ni céréaline, ni cacao et vice versa. Alors, pour utiliser ce que l'on avait, on cherchait, on essayait, et ce qu'il y a de plus épatant, l'on trouvait : — c'est inouï ce qu'il y a de Bruxelloises qui avaient la vocation ignorée de cordon bleu ! Et l'on trouvait des choses délicieuses qui enfonçaient un peu les gâteaux soufflés à quinze francs, dont les baronnes zeep faisaient leur ordinaire de cinq à sept. C'est comme cela que vinrent au monde les gâteaux aux pommes de terre ou aux haricots, les crêpes de nouilles, de céréaline, les crèmes sans œufs et les riz au lait sans lait... Et c'est aussi en cherchant ce qui pourrait remplacer le problématique entrecôte, le rôti fantôme et la volaille d'antan que naquirent les boulettes sans viande, le macaroni sans fromage, le ragoût de mouton... fans mouton, et bien d'autres merveilles encore. Et c'est aussi, je crois, grâce à l'ingéniosité de toutes ces cuisinières d'occasion que les Beiges, qui sont plutôt portés sur leur bouche et qui ont l'appétit robeuste, supportèrent les misères de la guerre avec tant de patience. J'ai, pour ma part, pratique énormément les recettes de guerre : j'en ai inventé, adopté, raté aussi, ce qui était moins drôle. Et je leur garde une réelle reconnaissance pour toutes les grasses et finçs choses dont elles ont su endormir le souvenir pendant les années terribles. Et c'est pour cela d'abord, et ensuite parce que les temps sont encore bien rudes, que je vais vous rappeler quelques-unes de ces recettes de misère. lEssayez-les... par simple curiosité: vous y reviendrez. Connaissez-vous les croquettes de haricots? Prenez une demi-livre de fèves, blanches ou brunes, peu importe la couleur. Mettez-les à tremper, faites cuire jusqu'à ce qu'elles soient très tendres. Passez-les au tamis, Salez et ajoutez un quart de bon pâté de foie que vous écrasez très finement. Faites roussir une échalote ou un oignon coupé menu ; mélangez à la purée. Lorsque celle-ci sera bien froide prenez-en de petites quantités que vous roulerez en forme de bouchon. Passez dans la farine et faites frire dans du saindoux bien chaud. .Retournez soigneusement les croquettes, et lorsqu'elles seront bien brunies retirez-les doucement — elles se cassent assez facilement — et déposez-les après les avoir bien égouttées, sur un plat garni de persil frit. Même sans pâté de foie, ces croquettes sont fort bonnes, et vous pouvez, pour en rehausser le goût, y joindre une sauce tomate bien relevée d'ail : c'est très sain l'ail ne l'oubliez pas. Voici encore un bon petit plat de déjeuner : le riz au'lard. Faites cuire le riz... tendrement avec sel, thym, laurier et un oignon. Egouttez-le. Faites frire dans un peu de saidoux, un quart de lard salé coupé en petits dés et faites brunir dans cette graisse, après avoir retiré le lard, un oignon émincé. Afin d'obtenir une belle couleur brune ajoutez de temps en temps quelques gouttes d'eau à la cuisson : il n'y a rien de tel pour obtenir une teinte acajou — c'est encore la guerre et la pénurie de matière grasse qui m'ont fait décou-vi ir ça. Lorsque l'oighon sera roussi ajoutez une cuillerée de farine, laissez encore brunir, mouillez de façon «à obtenir une belle sauce lisse. Ajoutez à la sauce le riz cuit, le lard, et une tranche de pain très rassi, émietté. Mélangez le tout. Mettez dans un plat allant au four, couvrez de chapelure faite à l'aide de croûtes de pain grillé — et posez sur la chapelure de petits morceaux de graisse —-. ou de beurre, c'est meilleur.Faites dorer et versez très chaud. Voilà deux recettes de hors-d'œuvre chauds qui valent mieux, je vous assure, que les « croquettes de pain noir » à la graisse qui figuraient au menu fantaisiste du dîner.qu'il aurait fallu offrir à M. Hoover !... A propos, c'est peut-être en lisant le projet du délicieux banquet imaginé par la « Gazette » qu'il a manqué le train ! Je vous donnerai prochainement des recettes de potages maigres — dans lesquels il n'entrera plus de rutabagas grâce aux alliés — et de plats de résistance... Les rutabagas, qui s'en souvient encore? Quels sales légumes ! et nous ont-ils donné du mal pour les rendre meilleurs ! Etonnant qu'on n'ait pas fondé en Belgique une société pour l'amélioration du rutabaga! Mais parlons de plus douces choses : des crêpes à la céréaline ! Exquises et ne coûtant rien. Faites tremper de la céréaline dans de l'eau : pas dans du lait, je dis bien, dans de J'eau. Laissez-la jusqu'à ce qu'elle soit réduite en pâte. 11 ne faut pas que cette pâte soit trop liquide : une purée claire à peu près. Ajoutez à la purée deux ou trois cuillerées de farine, un peu de sel et une grosse pincée de bicarbonate de soude. Mélangez bien. Graissez la poêle avec du saindoux et déposez une « louche » de pâte au beau milieu. Il faut, pour la réussite des crêpes, les faire petites et épaisses. Laissez bien dorer ; retournez-les, laissez dorer encore et versez très chaud. Saupoudrez de sucre ou garnissez de miel ou de. confiture : c'est friand, délicat, succulent. On peut faire ces crêpes à la céréaline sans farine, mais je ne le conseille pa3 c'est plus sec, beaucoup moins bon. Il païaît qu'on va nous octroyer du cacaoR Nous ferons une crème sans œufs, on mélangeant le cacao à un peu de bonne fécule en y ajoutant du miel à défaut de sucre. Ça sera tout à fait... misère! Mais si nous pouvons y ajouter un jaune d'œuf: déposer la brame nar petites quantités dans de petits pots... à crème et c.)u rii avoo I Mo.no lo I o !' — —< 1 tu en neige et légèrement sucré : ça sera infiniment moins misère et combien plus recomman- , dable ! On a distribué l'autre jour dans les boucheries communales de Roint.-Gilles de la graisse fondue à 3 francs la livre ! j'avais espéré... hélas! le garçon boucher ITfeait son journal... — Monsieur, pour la graisse s'il tous plaît? — Ici. — Voulez-vous m'en donner, s'il vous plaît? Il n'y en a plus ! — Alors, pourquoi cette pancarte où vous l'annoncez? — Il y en avait hier ! Les réponsas s'effectuaient sans interrompre la lecture ! Il n'y a plus de Boches chez nous; mais il y reste des gens qui, pojr l'amabilité, les valent bien. Cendrillon.

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Cet article est une édition du titre La gazette appartenant à la catégorie Liberale pers, parue à Bruxelles du 1871 au 1940.

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