La gazette

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s.n. 1914, 09 Août. La gazette. Accès à 24 octobre 2020, à https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/fr/pid/qj77s7jn2n/
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Dimanche 9 Août 1914 Jûe numéro : CIjSTGI CENTIMES partout en Belgique. 44e année -— K° 221 (C ABOW1VEME1VT8 : BRUXELLES & FAUBOURGS : Cn an, 12 fr.— Six mois, 6 £r. 50.— Trois mois, 3 fr. 50 HORS BRUXELLES : Du an, 15 fr. — Six mois, 8 fr. — Trois mois, 4 fr. 50 A L'ÉTRANGER : Les prix de Bruxelles, le port en sus. Les abonnements se prennent dans nos bureaux et dans tous les bureaux de poste. LA GAZETTE AMMOi^CES : ANNONCES ORDINAIRES 30 centimes la petite ligne. RECLAMES {Après les spectacles) : 1 franc la ligno. FAITS DIVERS (Corps du journal) : 3 francs la ligne. (Fin du journal) : 2 francs la ligne. NÉCROLOGIE 2 francs la ligne. \>ur les annonces, s'acU'esser au service de la publiât* RÉDACTION et ADMINISTRATION : 86, RUE DU MARAIS, BRUXELLES. — Téléphone j f^fn^trathn \ '. \ \ b illl LA GUERRE L'action fraiico-belge» —— Grand esjpoâr. Les Français à Mulhouse La Situation officielle tSameli à 5 tares (Communiqué) Grand quartier général Samedi, 5 heures. L'offensive allemande, qui- a été brisée pai l'héroïque résistance de la garnison de Liège, paraît décidément entièrement arrêtée depuis trois jours. Autour de Liège, aucune escarmouche nouvelle, .l'ennemi répare ses .forces et reste immobile en dehors de la portée de nos forts. La marche des forces ennemies amorcée ces jours derniers vers la haute .l'Ourthe a été, elle aussi, complètement suspendue. L'attitude expectante des Allemands dénote d'ailleurs une préparation incomplète et une concentration encore inachevée. Cette "situation est de nature à nous donner toute assurance quant au châtiment que la suite des opérations réserve à nos envahisseurs. Les armées françaises occupent dès hier une grande partie de notre territoire qui est d'ores déjà soustrait à l'invasion. Au ministère de la Guerre Samedi, 10 heures soir. Au miinistère de la Guerre, l'impression con tinue à être des .plus favorables. La marche de l'armée française continue mé thodiquement. D'heure en heure notre situatiocr s'améliore. On ne peuit en dire davantage. NOUVELLES _DB LA NUIT Quartier général, 2 h. matin. On attendait pour cette nuit des nouvelles ion ■portantes. Les événements espérés n'ont pu en. core se produire. Il paraîtrait que l'Allemagne aurait envoyé à âa Belgique un télégramme pressant et menaçant.Mais l'heure de l'intimidation est passée.. Les Français sont à Mulhouse Nous sommes autorisés à déclarer que hier, à 5 heures, l'arrivée des Français à Mulhouse était certaine. Les Français auraient eu 15,000 moTts et blessés. Les Allemands auraient peTdu 30,000 hommes.On télégraphie de Paris, dans la journée du 8 août : Les troupes françaises ont franchi la frontière d'Alsace. Elles ont 'livré à Alltkirch un combat très violent. Les troupes françaises se sont emparées d'A'ltkkch et ont poursuivi les .troupes allemandes en retraite. Elles continuent leur mouvement dans la direction de Mulhouse. Ce succès des troupes françaises est extrêmement brillant. Les Alsaciens-Lorrains, joyeux de voir arriver les troupes françaises, ont arraché les poteaux frontières. Enfin, nous avons reçu à minuit ce télégramme décisif : Paris, 8 août. — Les troupes françaises sont entrées à Mulhouse. Sept régiments de cavalerie allemande hors d'état de nuire. On sait à présent que sept régiments de cavalerie a-'lemande se sont répandus à travers les régions Est de 'la Belgique. Nous sommes autorisé à annoncer qu'à 1''heure actuelle, tous ont été faits prisonniers ou mis hors de combat. Un événement diplomatique? Un événement diplomatique important se préparerait si nous en croyons des personnalités bien informées. De hautes personnalités diplomatiques étrangères se trouvent à ce propos en Belgique. m 100.0C0 IADSERS La préméditation allemande est suffisamment établie. Mais s'il fallait encore des argument^ ©eflui-ci suffirait. Quelques instants avant que les trouipes mobir Ses de Liège se retirassent de la ville, on découvrit un formidable dépôts d'armes dans un vaste magasin de la ville. Il y avait là -cent mille fusifls allemands, des canons et des mitrailleuses, ainsi qu'un ravitaillement considérable. Les troupes beiges ont eu le regret de devoir faire tout flamber à la hâte. On le voit, tout avait été préparé de longue main. Le Roi et M. Poincaré Les télégrammes suivants ont été échangés entre 3e Roi et M. Poincaré : Le roi des .Belges a envoyé au .président de ita République îe télégramme suivant : Bruxelles, 6 août. A. S. Exc. M. Poincaré, président de la Répu'b'ique française, Paris. Je tiens à exprimer à Votre Excellence, er mon nom et au nom de mon peuple, ma 'plus profonde gratitude pour l'empressement avec lequel la France, garante de notre indépendance et de notre neutralité, est venue, répondant à not-r< appel, nous aider à repousser 'les armées qui, au mépris des traités, ont envahi le sol de Belgique. Albert. Le président de ta République a répondu : S. M. Albert I", roi des Belges, 'Bruxelles. Je remercie Votive Majesté de son télégramme. J'avais eu l'occasion de lui donner naguère l'assurance prédise des sentiments de la France pour 'la Belgique. L'amitié de mon pays pour le peuple belge s'affirme aujourd'hui sur les 'champs de bataille. Les troupes françaises sont fières de seconder la vaillante armée belge dans la défense du sol envahi et dans la glorieuse lutte pour l'indépendance.Raymond Poincaré. Àatres Télégrammes M. Schollaert a adressé, hier, le télégramme suivant à M. Deschanel, président de la Chambre des députés, à Paris ; A Son Excellence M. Deschanel, président de la Chambre des députés. Dans les graves événements qui se déroulent, votre démarche si bienveillante et si flatteuse ■ nous touche tous fortement. Nous vous en témoi-. gnons, à vous et à vos collègues, notre proifondje gratitude. Victime d'une agression inqualifiable, parce qu'elle a loyalement rempli son devoir, la Belgique saura opposer une résistance opiniâtre à Q'envahisseur. Aucun sacrifice ne nous coûtera et, quoi qu'il advienne, l'honneur sera sauf. Notre chère et valeureuse armée .montrera que jàouis iruSril'on.s de vivxu n'iépcYudsmte et libres. Le souvenir des liens personnels qui vous attachent à notre patrie nous est précieux et nous vous remercions de nous les rappeler. (Signé) Franz SCHOLLAERT. Au général Léman, l'héroïque défenseur de -Liège, M.. Schodlaert a adressé le télégramme que voici : M. Schodlaert au général Léman,à Liège. Le cœur débordant d'enthousiasme et de fierté patriotique, j'acclame le glorieux défenseur de Liège. (Signé) F. SCŒTCKLLAJERT. Le Conseil municipal de Paris Le télégramme suivant est parvenu à l'hôtel de ville : « Max, bourgmestre Bruxelles. — De Paris, 7-8-1914, à 18 h. 55. — Paris, dont les élus ont tant de fois reçu une si touchante hospitalité des représentants et de la population de Bruxelles, leur envoie en cette heure sacrée où la Belgique tout entière se lève pour la sauvegarde de son indépendance, un fraternel salut. Vive la Belgique ! Vive la France ! Adrien Miithouard, « Président du Conseil municipal de Paris. » Le maire de Lyon Le bourgmestre de Bruxelles a reçu du maire de Lyon le télégramme suivant : « Ami fidële de (la Belgique, je vous adresse en ces minutes émouvantes 'l'expression de l'admiration enthousiaste de tous mes concitoyens. Je vous embrasse fraternellement. (s.) Herriot, maiTe. » La Presse française à la Presse belge Paris, 8 août. — La Commission permanente parisienne de la Presse, représentant l'unanimité des journaux de Paris, a adressé au Comité des journalistes belges l'hommage ému de son admiration et de sa reconnaissance pour l'héroïsme déployé par la nation et l'armée belge dans la défense des droits sacrés de la Belgique et de la civilisation. La municipalité de Bordeaux Bordeaux, 8 août. — Le maire a adressé au bourgmestre de Liège une dépêche saluant avec admiration les Liégeois héroïques qui viennent de recevoir- la Croix de la Légion d'honneur et ajoutant que le .drapeau français marche au secours des couleurs belges pour chasser l'envahisseur.•Le maire ajoute : « Au nom de la population bordelaise, je m'incline respectueusement devant les braves déjà tombés, en attendant la victoire prochaine qui récompensera la vaillance de nos armes. * .— Hommages Français Paris, 8 août. — Tous les journaux disent que c'est par une acclamation générale que sera accueilli le geste du président de la République donnant à la vilile de Liège la croix de la Légion d'honneur. C'est lia première ville étrangère qui reçoit cet insigne. M. Clemenceau, dans l'« Homme libre », dit : La Belgique vient de prendre en trois jours une des premières places d'honneur dans les armées européennes. De 1' « Eclair » : La grande cité wallonne a bien mérité de lia patrie française. La croix des braves n'aura jamais mieux été placée que sur son blason. Le « Figaro » publie une lettre ouverte de Robert de FUers, adressée au roi des Belges, dans laquelle il est dit que le peuple belge a donné à l'Univers un exemple de bravoure et d'éner-1 gie tel que l'h>stom le conservera dans la gloire de ses hauts faits et dans la piété de ses souvenirs.Le pays du bien-être est devenu le pays du bien-mourir. La lettre ajoute Nous pensons, Sire, que l'hommage de notre respectueuse et profonde reconnaissance à la Reine est le meilleur moyen qui nous soit offert de plaire à Votre Majesté. Nous nous empressons de le saisir. Le « Gaulois » dit que la Belgique se couvre de gloire. La victoire pour eDle nous don no avec l'exemple le temps nécessaire dont nous lui devons lia reconnaissance. Pour en perpétuer la mémoire, de même que la France a décoré la Ville de Liège, les femmes françaises broderont plus tard un étendard aux couleurs belges qu'elles offriront respectueusement à la-reine des Belges. Les « Débats » écrivent : La Belgique, dès qu'elle reçut l'impudente sommation d'avoir à laisser ouverts les chemins de la France, se dressa tout entière devant l'envahisseur. H n'y eut plus de partis, plus de querelles politiques, plus de discordes religieuses, ipîlus de rivalités de races. Tous les Belges ne firent qu'un et nos voisins onlt justifié magnifiquement leur devise nationale : « L'Union fait la Force ». La « Liberté » dit : « Le sentiment du drok est plus fort que les armes ; il est en tous cas un des éléments essentiels pour mincie; et voiià pourquoi le petit peuple belge, transporté d'amour et de foi, a mis en échec au premier coup % lourde et innombrable armée allemande. Notre gouvernement, après l'admirable dé-if ense de Liège, a fait vite le geste qui consacra à mes yeux cette lutte héroïque et le service immense rendu à la France : Il décerna la Croix de la Légion d'honneur à la Vide de Liège. Oui, il ne s'est agit que d'honneur sur ce champ de bataille et l'honneur a vaincu la fourberie, l'orgueil et le meurtre. Hommages Anglais Lombes, 8 août. — Le « Times » dit qu'aucun mot ne peut exagérer l'importance de la variante résistance des Belges dans la défense de Liège. Elle a donné aux Allemands une première indication de la réception qu'ils trouveront partout. Cette résistance aura une page impérissable dans l'Histoire. Le « Moming Post » dit que la défense de Liège par les troupes belges est une preuve du courage des anciens alliés de l'Angleterre lors de Waterloo. Du « Daily Mail », pariant de l'attaque de Liège : C'est un immense désastre pour les Allemands. Tout leur plan de campagne est dérangé ; car ils avaient calculé de prendre Liège en faisant à peine un effort. Les Japonais, dans leurs assauts désespérés de Port-Arthur, perdirent des hommes par milliers, et Lié.ge est plus forte que Port-Arthur. Du a Daily Telegraph » : Vraiment, ce sont des héros, ces défenseurs de Liège! Ils ont refoulé deux corps d'armée allemands. S'ils n'avaient rien fait de plus, ils auraient accompli la grande tâche du moment. Ils ont gagné du temps. . ' Quel que soit le résultat final, cette dé'cns^ splendide sera toujpurs réputée } '. j • lit uax. «mes belges. L'« Evening News » dit que les braves Belges î feront histoire. Le « Standard » dit que, si la guerre pour la civilisation est gagnée, le plus grand honneur reviendra à la nation la plus petite. Des actes héroïques seront accomplis autrev. part ; mais l'on ne pourra trouver une preuve plus magnifique de superbe courage que dans la défense de Liège. Le « Daily Express » fait l'éloge des Belges dans un article sous le titre : « David et Goliath ». Aux Morts Nous avonfi vu des blessés. Et la foule leur a manifesté son admiration, son respect, sa reconnaissance. Il y a aussi des morts. Si nos pertes sont relativement peu nombreuses, il est certain, hélas ! que l'on n'a pas livré d'aussi héroïques combats, que l'on n'a pas opposé à l'envahisseur cette formidable ,cette incroyable résistance, sans qu'il y eût des victimes. Des soldats sont restés sur le champ de bataille, et des officiers aussi, beaucoup d'officiers, dit-on, ce qui prouve que les; chefs ont eu la même abnégation que les ooldats. Ces morts, il faut les saluer avec une admiration sans bornes. Ce n'étaient point des agresseurs, ce n'étaient point des conquérants, ce n'étaient point des sol date aveuglés par l'orgueil et rê- i vant d'asservir d'autres nations. C'étaient des soldats d'une armée numériquement fai- j blé, d'un peuple qui souvent riait un peu de 1 lui-même, affectait de ne pas croire en son j unité et en son élan. Beaucoup de ces soldats, en partant, ont dû ne pais croire à l'efficacité du splendide effort qu'ils allaient fournir, ont dû se dire qu'ils allaient se battre pour ne pas se voir infliger lo déshonneur d'avoir laissé violer leur sol. Mais ils sont partis tout de même, virilement, avec enthousiasme, vers la redoutable, l'incertaine aventure. Et voici que ces hommes sans haine, ces hommes d'une nation pacifique, d'une nation chez qui l'on n'avait pas entretenu l'esprit militaire, et dont le patriotisme paraissait tiède, se sont battus comme des héros, et ont réussi dans l'entreprise que l'on n'osait pas croire possible. Quoi qu'il arrive désormais, ces morts auront accompli une œuvre formidable et merveilleuse : ils auront révélé à un peuple son âme, Qu'il ne connaissait pas, qu'il mécon-' naissait. A LIÈGE (De notre correspondant de Liège) La Ville Liège, vendredi soir. ! Le calme est revenu à Liège, que les Allemands n'ont plus bombardée depuis jeudi à 6 h. 1/2 du soir. Les habitants, qui s'étaient en grande partie terrés dans leurs caves, dans les rues voisines des endroitts où étaient tombées les obus, se sont décidés à sortir de chez eux et à circuler un peu dans les rues. La plupart avaient des approvisionnements ; mais les pauvres gens du populeux quartier d'Outre-Meuse ont bien dû se décider à aller chercher de quoi manger. Seul notre vieux pont des Arches a été détruit par les mines qu'on y avait placées. Il est rompu à peu près vers le milieu, du côté de la rue Léopold. Le travail des mines avait été. entrepris il y a moins de trois semaines et avait été achevé il y a tout au plus une dizaine ; de jours. Il était temps. Aux autres ponts, des groupes de soldats allemands sont en surveillance. Ils ne peuvent s'expliquer avec les habitants, ignorant absolument le français. On laisse passer d'une rive à l'autre ; mais il est défendu de franchir les ponts par groupe. Un Liégeois qui connaît l'allemand a causé avec un uhlan. Celui-ci a paru très étonné lorsqu'on lui a dit qu'il s'était battu contre des Belges. Il venait du Wurtemberg et ignorait même le nom de Liège. IL se croyait en France. Il a accepté volontiers du tabac de la Semois, qu'il a trouvé excellent. Voici un relevé que je crois à peu prés complet des endroits où sont tombés des obus : rue Léopold, place Cockeri.ll, place Saint-Paul, avenue Rogier, rue du Pont-d'Avroy (maison ; Fraikin), rue de l'Université (Banque Liégeoise), Tue Saint-Léonard, à la gare de Jonfosse, place du Théâtre, quai des Pêcheurs, rue Chaussée-des-Prés et boulevard de L'Est. Des incendies se sont déclarés à l'hôpital de Bavière, à l'Université et à la Banque Liégeoise ; mais ils ont pu être circonscrits. Enfin, un obus est tombé, enlevant, un pan de la Passerelle, sans détruire, celle-ci. Quant aux victimes, il y en eut peu : deux enfants, les petits Ysaye, furent tués dans la rue, à Saint-Laurent ; un autTe enfant a été grièvement rue Chaussée-des-Prés ; pila.ee de Bavière, un garde civique a été tué ; enfin, plusieurs femmes onlt été atteintes par des édlats d'obus. Les drapeaux ■Les drapeaux nationaux sont restés arborés à toutes les fenêtres. Ils continuent à flotter, muette protestation de la Cité violentée par l'envahisseur allemand et fière affirmation de notre sentiment national. Les dissentiments qui ont pu s'élever jadis entre Wallons et Flamands ne sont plus qu'un très vague souvenir lequel a fait pttace à l'ardent patriotisme qui les a soulevés pour u!a défense de la patrie commune. Pour ce qui est des Liégeois, je ne puis vous en donner une meilleure preuve que ce fait : Lorsqu'on sut à Liège que d'ennemi avait envahi le territoire, ce fut une éolosion spontanée de drapeaux par les Tues, de drapeaux aux trois couleurs belges, car pas un habitant ne pensa à arborer le drapeau à coq wallon. Bien mieux, on ne vit même pas un drapeau liégeois. Ceci ne mérite-t-il pas d'être noté et n'est-ce pas assez significatif? Ce geste, au moment où la patrie était en danger, doit être retenu par tous les Belges. La citadelle La citadelle de Liège a été presque complètement détruite par l'incendie, mais ce n'est pas du fait des obus allemands. Seulement,,il y restait des papiers qu'il était inutile de laisser è l'ennemi, du matériel, voire des canons, ceux qui n'ont pas été emploj'és dans l'intervalle des forts, plus quelques-uns pTis à l'ennemi les deux-jours précédents. Tout cela a été en partie détruit. Nous étions à la Citadelle, retour de Bonoelie, une heure «avant qu'un officier d'artillerie, laissé Ta pour cette besogne eû't mis le feu aux approvi- | IX ~pieces laissées là, il convient de dire i quelles étaient du plus vieux modèle. [ Une anecdote à "os propos. Lorsque le gouvernement prévint le général Léman, directeur de l'Ecole militaire, qu'il était proposé pour commander la position fortifiée de Liège, il insista sur l'importance qu'il fallait donner à Liège, ville d'arrêt contre une invasion; il fit remarquer qu'il ne fallait Tien négliger pour fortifier encore la position et exigea qu'un certain nombre de pièces sans emploi à Anvers fussent envoyées à Liège. IL refusa, sans cette précaution, d'assumer la tâche qu'on lui offrait ; et le ministre de la Guerre se rendit à ses raisons. Au surplus déjà lie géné.raJl Heimburger, prédécesseur du général Léman, avait amélioré beaucoup la défense. On l'avait su en Allemagne, car lors d'une visite du Kaiser à Aix-la-Chapelle, au général Heimburger qui était venu le saluer au nom du Roi, Guillaume II fit allusion, nous le disons d'autre part, avec assez de mauvaise humeur, à cette (réorganisation de la place de Liège. Pour ce qui est de la Citadelle proprement dite, c'était un ancien fort du temps de Vau-ban, déclassé depuis la construction des forts de la Meuse. Les fossés et les glacis avaient-été transformés en un beau parc bordé d'une avenue — le boulevard Kleyer, du nom du bourgmestre actuel, auteur de ce projet — d'où l'on a une vue admirable sur lia ville. Le bourgmestre Kleyer Lorsque jeudi Liège fut bombardée, le bourgmestre Gustave Kleyer s'installa à l'Hôtel de Ville et attendit les événements, entouré de quelques fonctionnaires. Dans les bureaux de po-iice, chacun était à son poste. Dans l'un d'entre eux, à la 5' division, le commissaire Orval finissait de rédiger le procès-verbal de l'attentat commis le matin, contre le général Léman et dressait l'inventaire des bibelots trouvés dans 'les poches du commandant Marchand. Aussitôt après le bombardement, les divers commissaires de police firent les enquêtes d'usage sur les dégâts commis et établirent l'identité des victimes. Il y avait, dans ces procès-verbaux rédigés en style bref, quelque chose de naïf et de tragique. Les pompiers, eux, bientôt prévenus, s'en allèrent éteindre les incendies qu'on était enfin venu leur -signaler. M. Kleyer, donc, attendait. IL fut appelé plus tard à assister à l'entrevue du général von Emmich, commandant en chef des forces ennemies qui ont attaqué Liège, avec le général Léman. J'ignore le détail de cette entrevue à laquelle assistait aussi M. le gouverneur Del vaux de Fenffe ; mais on sait que le générai allemand menaça de détruire Liège-, si on ne lui rendait pas les forts. Nous connaissons assez M. Kleyer pour savoir que son cœur de bourgmestre et de bon Liégeois dut à ce moment souffrir terriblement. C'est un homme d'une intelligence très fine, d'un esprit très éclairé et d'une gTande bonté. Tu entend et parle l'allemands, et put servir d'interprète. Il connaît aussi l'Allemagne, sa culture et ses tendances. Il y alla souvent et nous entretint maintes fois de ses impressions de voyage. Il n'eut jamais confiance dans les protestations d'amitié pour la Belgique, et revint récemment de Paris, où il avait été invité par le Conseil municipal — c'était à la Pentecôte — très préoccupé de la tournure que prenait alors déjà la politique européenne. Gustave Kleyer ne pensa pas un seul instant, lorsque Liège fut menacée d'être bombardée, à influencer le moins du monde le général Léman, efc,_ stoïquement, il accepta l'épouvantable nécessité militaire. Mais on nous dit qu'il eut des paroles éloquentes pour solliciter le général ennemi en faveur de ses concitoyens. H lui dit, e2 allemand, avec des larmes viriles, l'inutilité et la monstruosité de cette mesure, contraire au Code de la guerre. Il se fit garant, enfin, de l'héroïsme des Liégeois, dont l'en nemi n'avait pas à attendre la révolte sous les bombes, mais le plus stoïque des sacrifices. Est-ce à son éloquence que Liège doit de n'avoir été bombardée que pendant une heure, en guise de démonstration? Je ne sais. Qu'en adviendra-t-il? On l'ignore ; mais l'honorable bourgmestre de Liège, muni d'un sauf-conduit du général von Emmich, est parti vendredi, vers la fin de l'apTès-midi, pour Wa-remme. Il était en automobile, les trains de Bruxelles ne roulant plus que jusque-là. Il était accompagné, je crois, par un officier allemand en bourgeois. Il avait été entendu que les échevins étaient provisoirement prisonniers.Le cher bourgmestre est revenu avec un réconfort qu'il est désolé de n'avoir pas le droit de communiquer à tous les Liégeois. Il a su que la France venait de décorer la ville de Liège de la Légion d'honneur. Les Evénements LES FAITS DE GUERRE France et Allemagne Changement de patron Paris, 7 août, — A 5 h. 30 du soir, on communique la note suivante : Le commissaire de poli-^ français de Petit-Croix s'est installé dai?c le bureau du commissaire allemand de Mon-treux-Vieux.Efeussle et iUlemagne Prisonniers allemands Saint-Pétersbourg, 7 août. — Les journaux du soir annoncent l'arrivée à Wilna de trois cents soldats et de plusieurs officiers allemands faits prisonniers de guerre dans les combats d'Eydtkuhnen. ^.Mtrïche et Serîïie Nouveaux échecs autrichiens Paris, 6 août. — On annonce qu'hier, près d'Obrenovata, l'artillerie autrichienne a ouvert le feu contre les troupes serbes. Les batteries serbes ont répondu et ont bientôt imposé le silence à l'artillerie autrichienne, qui s'est repliée en abandonnant deux canons endommagés. L'esprit des troupes serbes est magnifique. Paris, 8 août. — On .mande de Rome à l'«Echo de Paris » que le Monténégro s'apprête à occuper Soutari. On mande de Nisch à « Exceflsior » que les troupes serbes se sont emparées de la villlle de Fotdha en Bosnie. On mande de Rome à l'Echo de Paris » qu'un régilment autrichien a été anéanti à Bel-grade. Les Autrichiens se retirent vers le Danube. Angleterre et Allemagne Colonie allemande prise 3 -/"..rwli--..- o ^xjitMiuxz viv ili A^OV'c-vi 6'est emparée le 7 août de Port-Lome, dans la colonie allemande de Togo. Aucune résistance n'a été offerte, et le Togoland méridional, jusqu'à une distance de 120 kilomètres de la côte, s'est également rendu. mer Navires allemands pourchassés Les croiseurs allemands « Gceben » et le «Bres-lau », auxquels des navires britanniques ont donné La chasse, se sont réfugiés dans le port de Messine. Comme l'Italie a proclamé sa neutralité, 2es deux croiseurs devront désarmer dans les 24 heures ou quitter le port. Les navires anglais les guettent pour leur donner à nouveau la éhasse. Le « Goeben » est le navire qui, id y a quelques jours, bombarda Philippevil/le (Algérie), tandis que le « Breslau » bombardait Bône. Navires allemands coulés ou capturés Paris, S août. — Le « Petit Parisien » dit que le croiseur allllemand « Augtsibourg », qui a bombardé Li'bau, a été coulé par un torpilleur russe. On mande de Londres à l'« Echo de Paris » que deux croiseurs allemands ont été coulés dans la mer du Nord par lies Anglais. On assure que 75 bateaux allemands ont été capturés Combat naval Paris, 8 août. —- Le « Petit Journal » publie une dépêche de Londres distant qu'un combat naval est engagé dans la mer du Nord. 300 .prisonniers allemands et de nombreux blessés ont éité amenés à Harwich hier, Paris, 8 août. — Une première rencontre des flottes anglaise et allemande s'est produite au sud du Dogger-Bank. La flotte allemande a été refoulée au nord. La mer du Nord est libre. La Hollande veille La Haye, 8 août. — L'île néerlandaise de Rot-tumeroog (située dans la mer du Nord, près de la frontière allemande), ordinairement habitée par un seul garde-phare, est actuellement occupée par un détachement de troupes néerlandaises en vue du maintien de la neutralité. ^olE'ieïse et Angleterre L'Autriche propose... Une dépêche officielle de Paris dit que les croiseurs allemands « Gceben » et « Breslau », revenus de Messine où ils étaient allés faire du charbon, ont repris la mer jeudi soir, se dirigeant vers le sud, puis vers l'eat. Le « Gceben » et le « Breslau » demandèrent secours à la flotte autrichienne, à Pela, qui refusa, déclarant qu'il n'y avait pas eu de déclaration de guerre entre l'Autriche et l'Angleterre. ...mais l'Angleterre dispose Londres, 8 août. — Extrait d'un article du c Times » exposant la situation : ...Avec quelque surprise nous constatons que l'ambassadeur d'Autriche-Hongrie est toujours à Londres. De Vienne sont adressées à Londres des protestations pathétiques que d'Autriche-Hongrie n'a pas de querelle -avec l'Angleterre et exprimant l'espoir que nous n'aurons pas de conflit avec elle. Ces décilarations nous viennent du pays dont l'inutile ultimatum à lia Serbie, lancé 'avec la pleine connaissance et approbation de l'Allemagne, a déchaîné la guerre. La seule réponse à faire en cette matière est : que ceux qui ne sont pas avec nous sont contre nous. L'Autriche-Hongrie coopère avec 'l'Allemagne sut terre. Nous sommes en guerre avec l'Allemagne. Serait-il concevable que* nous nous abstenions de lutter contre 11'Autriche dans l'Adriatique? En Alîomiagsie Désaccord On annonce que les Etats de l'Empire allemand ne s'associent qu'avec répugnance à la guerre déchaînée par lia Prusse. La Bavière, en tre autres, aurait énergiquement protesté, faisant remarquer que la possession de la Serbie n'est pas une question vitale pour l'Autriche, et n'impose pas à l'Allemagne le « casus feede-ris » prévu par le traité de la Triple-Alliance, En Angleterre Les colonies Québec, 8 août. — La déclaration de guemê * suscité un enthousiasme énorme dans le Dominion canadien. Vingt mille volontaires canadiens vont s'embarquer pour l'Europe. Parmi eux se trouvent neuf cents membres du syndicat des machinistes.Bir isba ne, 6 août. — En annonçant hier à l'assemblée législative du Queensland la déclaration de guerre entre la Grande-Bretagne et l'Allemagne, le premier ministre, M. Denham, aux applaudissements de toute la Chambre, a conclu ainsi : Dans cette crise, le QueensHand met sans réserve toutes ses ressources au service de la « Communwealth » eit de la mère patrie. Sim'la (Hindousitan), 6 août. — Le vice-rod a reçu du Nizam de Hyderabad et du Maharajah cle Bikanir des offres cordiales d'assistance. H met à sa disposition leurs personnes, leurs troupes et toutes les ressources de leurs Etats. Simtta, 6 août (dépêche retardée). — Les ingénieurs et les électriciens volontaires ont été appelés pour la défense de tous les ports des Indes.Calcutta, 5 août. — Les journaux des Indes expriment envers le gouvernement toute leur loyauté et regrettewt profondément que les In-dous ne puissent porter les armes. Lorsque le ministre de la Justice a annoncé Ha déclaration de guerre, le barreau a tenu une séance et a décidé de .former un corps de volontaires.Le nombre des volontaires s'accroît d'une façon incroyable. Wefflington, 6 août. — Le Parlement de la Nouvelle-Zélande a approuvé à l'unanimité la décision du gouvernement de 'préparer une force expéditionnaire pour aider la mère patrie. Nouvelle diminution du taux de l'escompte Londres, 8 août. — Le taux d'escompte de la Banque d'Angleterre sera fixé à partir de de* main de 6 à 5 p. c. Le prince de Galles Le prince de Galles s'est engagé aux grenadiers de la garde. Il ne tardera pas à rejoindre son régiment et fera du service actif. En attendant, il préside à l'organisation d'une souscription nationale en faveur des victimes de la guerre. Le renforcement de l'armée Londres, 8 août. — A la Chambre des communes, M. Asquith a demandé au nom de lord Kitchener, le nouveau ministre de la Guerre, l'autorisation d'augmenter les effectifs de l'armée d'un demi-million d'hommes. < , iu« neutralité hollandaise Londres, 8 août. — La Hollande s'assurera elle-même en se submergeant de Muiden vers Zuyder Zee au Waal, car là, la position est dangereuse. Toute infraction à la neutralité hollandaise aurait de sérieuses conséquences, dit le « Times » ; spécialement dans le Lim-bourg, la Hollande doit être sur ses gardes, afin d'empêcher tout usage ' illégitime de son territoire par l'Allemagne. Le territoire hollandais est la seule fenêtre ouverte, pour l'Allemagne, sur la mer du Nord; beaucoup de gens désirent fermer cette fenêtre. « Ce n'est que par la plus rigoureuse adhésion à la neutralité que la Hollande échappera, remarque le « Times », aux gros dangers de sa situation actuelle ; nous ne serons rassurés sur sa sécurité que lorsque nous saurons qu'on a fait attention à ce que l'élément certain de la défense hollandaise a été utilisé. » En Franco Marins moissonneurs Suivant circulaire du ministre de l'Agriculture,après entente avec le ministre de la Guerre, on va diriger sur le département du Nord deux mille marins destinés à aider les cultivateurs dans leurs travaux de récoûte et de battaison. Ces hommes vont être répartis par les soins des maires en tenant compte à la fois de l'importance des moissons et de leur état d'avancement.Les cultivateurs auront à les loger et à les nourrir conformément aux habitudes locales; ils devront les utiliser de la façon la plus conforme aux besoins immédiats de la coupe, de la rentrée et du battage de la récolte. En HoElantle Arrivée de marins allemands blessés Amsterdam, 7 août. — .Le journal « Telegraai » dit qu'un radiotélégramme annonce qu'un croiseur allemand est en route pour- Ymuiden, ayant à bord les blessés d'une bataille navale. Le médecin néerlandais, chef de la Croix-Rouge et de la Croix-Blanche, prend des mesures pour recevoir les blessés. Autour du conflit L'offre de médiation de M. Wilson Washington, 7 août. — Le président Wilson * écrit son offre de médiation aux souverains européens au chevet de sa femme, très malade alors, et qui est morte le même jour. Pour faire observer la neutralité Washington,, 6 août. — Létat-major de l'armée fait des investigations au sujet de la neutralité des. stations de télégraphie sans fil qui sont la propriété des Allemands à New-Yer-sey, Sayvil'le (Long-IsfTand) et Tuckerton. L'attitude de la Turquie Londres, 5 août (dépêche retardée). — L'Agence Reuter a reçu la communication suivante de l'ambassade de Turquie : La nouvelle d'après laquelle le gouvernement impérial ottoman aurait placé l'armée turque sous le commandement du général Liman von Sanders, est absolument inexacte. La mobilisation de l'armée turque n'a d'autre objet que le désir du gouvernement de renforcer le maintien de la stricte neutralité que ia Turquie observera pendant le présent conflit. L'Allemagne connaissait l'ultimatum autrichien L'Allemagne connaissait d'avance l'ultimatun? autrichien. Télégraphiant de Vienne le 30 juillet, l'ambassadeur anglais sir Maurice Debun sen a déclaré : « Bien que je ne puisse vérifier lie fait, j'ai été informé de source privée que l'ambassadeur d'Allemagne à Vienne connaissait le texte de l'ultimatum de l'Autriche-Hongrie à la Serbie, avant qu'il fût envoyé et qu'il en télégraphiait le texte à l'empereur d'Allemagne. Je tiens de l'ambassadeur d'Allemagne qu'il en approuva complètement le texte.

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Cet article est une édition du titre La gazette appartenant à la catégorie Liberale pers, parue à Bruxelles du 1871 au 1940.

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