La nouvelle Belgique

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15 mai 1915
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s.n. 1915, 15 Mai. La nouvelle Belgique. Accès à 22 septembre 2019, à https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/fr/pid/s756d5qv4x/
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PREMIÈRE ANNÉE r.H—n i 1 —■ - N* 1 . ■ «3 . Le lî^méro : ÎO Centimes SAMEDI 15 MAI 1915 La Nouvelle Belgique RÉDACTION & ADMINISTRATION. 14, Bue Drouot, PARIS (9') POUR LA PUBLICITÉ S'ADRESSER AU* BUREAUX DU JOURNALJ Les manuscrits non insérés ne sont pas rendus. paraissant le samedi Directeur : Georges ERNOTTE ABONNEMENTS Trois mois Six mois Un am France, Colonies, Protectorats.... 6 fr. 12 fr. 24,1t. _ liTRANaER,.. 9 fr. 18 fr. 36 fr. ADRESSER LETTRES ET MANDATS J Au Directeur de la NOUVELLE BELGIQUE, 14, rue Drouot. NOTRE PROGRAMME La Nouvelle Belgique ne sera pas un journal boulevardier. Nous voulons faire un organe plutôt d'ordre économique. En lui donnant une réelle tenue littéraire, nous estimons pouvoir ôter à ces genres d'articles l'aridité qui leur est assez coutumière. Notre but pendant la guerre sera : 1" De servir de lien aux diverses sociétés, groupements, individus dispersés en France ; soit en les mettant en contact, soit en publiant leurs communiqués, de signaler les premières et les plus urgentes entreprises de z-e-conslitution au lendemain de l'invasion ; 2° Après la guerre, de favoriser la reprise des affaires par une associa-lion directe des maisons françaises et 'des capitaux de façon à créer une réciprocité d'avantages économiques de premier ordre ; 3" De supplanter les maisons allemandes en se préparant à utiliser commercialement et industriellement, dans le domaine des affaires, la libération qu'il faut espérer prochaine, d'un territoire aux ressources de -population, d'activité de sol et de sous-sol incomparables.La Nouvelle Belgique paraîtra à Paris jusqu'au jour de la libération du territoire belge, où elle se transportera à Bruxelles. D'abord hebdomadaire, elle deviendra prochainement un organe quotidien.Ce journal n'aura aucune couleur politique. Il veut faire l'union de tous les Belges, s'attachant à solutionner toutes les questions du point de vue de l'intérêt national. Nous créerons un groupe de conférenciers belges, qui, soutenus par nos ' efforts, iront dans les principales villes de France développer l'œuvre du journal.Nous voulons constituer des comités techniques. Ils défendront dans nos colonnes les intérêts de leurs industries, de leurs commer ces. Nous pensons par cette organisation arriver à mettre en contact les in-'duslripls, les négociants belges, avec leurs équivalents français, en montrant à ceux-ci, aux capitalistes français, les avantages auxquels ils peuvent .prétendre, en se préoccupant de la .reconstitution de nos villes, en nous aidant à réédifier notre pays. Il s'agit de concevoir des idées, d'où surgissent des plans définitifs. « NOTRE PROGRAMME » Il serait plus exact de dire « notre ambition ». Nous ne voulons pas nous borner à 'donner à nos compatriotes des nouvelles et des informations, dans le sens étroit de ces mots. Nous estimons pouvoir viser plus haut et leur rendre des services notoires.En vrais, en sincères nationalistes belges, — nationalistes de culture française, — nous voulons, avant tout, servirle ROI 'd'abord. Par sa vaillance, son courage, son esprit de décision, la noblesse de son caractère, il a montré qu'il était le Chef, celui sur qui reposent toutes les espérances. Son intérêt, celui des siens, étant intimement liés à ceux du pays, il saura toujours les défendre. Tout ce que le pays perdrait en dignité, en force, en grandeur, en puissance, en prospérité, diminuerait d'au-iant la prospérité, la puissance, la grandeur, la force, la dignité de son Roi, de la famille royale. Et, en sens inverse, tout ce qui assure, continue, prolonge, consolide agrandit le pays. Agrandit, consolide, prolonge, continue, assure la Royauté. Or, la prospérité du pays est à son .tour liée à la prospérité du Peuple, à son bien-être, à son bonheur. Consé-quemment, le Roi, en veillant à la gar-'de de ses intérêts, de ceux de la famille royale, veille à la prospérité du Peuple, à son bien-être. Il nous a montré qu'il était capable et digne d'en être le chef. En servant le Roi, nous servirons le pays, le Peuple. Nous saurons être de vrais, de sincères nationalistes belges. LA NOUVELLE BELGIQUE A LA REINE Madame, Le feu-pie belge disait volontiers jadis : la Petite Princesse. Plus tard, il dit : « La Petite Reine ». Il dit « la Petite Reine » avec la tendresse d'une mère pour son enfant de prédilection ; l'enfant qu'elle défendra, qu'elle protégera contre tout danger. La Petite Reine, cela indiquait aussi combien cette tendresse était faite de la connaissance qu'il avait, par intuition, de vos qualités de charme, de bonté naturelle, de dévouement. Puis, le jour du péril vint. Et chacun de se dire : « Pauvre petite Reine ! » A la tendresse s'ajoutait un sentiment de pitié pour vos angoisses et vos douleurs.Vos angoisses, vos douleurs furent partagées par tous ; tous auraient voulu vous les épargner ; notre peine fut faite de notre impuissance à voiis défendre, à vous protéger. Et, dans ce désarroi, cette détresse, vous étiez devenue « LA. REINE ». < « LA GRANDEUR ET LA ROYAUTE ». Dévouement sans limite, tendresse, affection, tels sont, Madame, les sentiments qui ont placé dans le cœur de tout Belge, pour Votre Auguste personne, admiration et orgueil pour la noblesse de caractère de Votre Majesté. La javelle Belgique La Belgique a été victime d'une catastrophe telle qu'il en est peu d'exemple dans la vie des peuples. Son territoire est presque entièrement occupé, ses campagnes dévastées, ses villes en partie détruites ; ses monuments, les plus chers souvenirs de son passé, ont été bombardés, ravagés par l'incendie. Près des deux tiers de sa population a dû émigrer, chassée par l'ennemi. Son gouvernement a été obligé d'aller demander asile à l'étranger. La Belgique n'existe plus que dans la vaillante petite armée qui se groupe autour de son roi héroïque et résolu. -Mais l'excès même de ses malheurs l'a singulièrement grandie devant l'Europe et devant elle-même. Le grand vont des catastrophes a soudain nettoyé l'atmosphère morale du pays de toutes les petites querelles, . de toutes les mesquineries qui l'alourdissaient. Une ère nouvelle commence pour.nous dans ces. champs de dévastation. L'agression brutale dont nous avons été les victimes nous a appris quels étaient nos amis, et qui nous étions. Avant la guerre, en dépit des avertissements, nous nous obstinions à croire, autant par paresse d'esprit que par. bonté d'âme, que nous avions des sympathies et des intérêts germaniques. L'événement nous a montré qu'on ne peut pas croire à la bonne foi allemande, et que la seule défense que l'on puisse avoir contre un peuple de proie, c'est d'être fort. Avant la guerre, le sentiment national en Belgique n'était ni très clair, ni très précis, ni très impérieux. Les Belges aimaient leur pays, de la riche et paisible plaine flamande aux coteaux boisés des Ardennes ; ils aimaient leur pays, ses villes, ses campagnes, ses plages blondes, au point de pouvoir difficilement vivre ailleurs, mais ils n'étaient pas bien sûrs de leur nationalité ; ils étaient plus Flamands, plus Wallons que Belges — à moins qu'ils ne fussent « Européens » — et surtout ils n'avaient pas l'orgueil de leur nationalité. La guerre le leur a donné, guerre leur a donné le brusque sentiment que la Belgique n'était pas, ou dans tous les cas n'était plus une création artificielle dos diplomates une firme commerciale prospère, un amalgame accidentel de populations d'origines diverses, mais une nation dont tous les citoyens ont des intérêts, des passions, des souvenirs communs ; une nation dont tous les citoyens veulent continuer de vivre ensemble, afin de conserver les grandes choses qu'ils ont faites ensemble dans le passé. Et ce sentiment s'impose avec une force merveilleuse au plus humble de nos soldats, au plus misérable de nos réfugiés. La terrible année 1914 a vu l'agonie de la Belgique ancienne, 1915 voit l'aube d'une Belgique nouvelle qui, certes, ne reniera pas l'œuvre accomplie depuis 1830, l'œuvre féconde et pacifique de ses deux premiers souverains, mais qui la ooimplélera, la développera, l'agrandira. La Belgique de 1§3Q naquit et se. 'dé veloppa sous le patronage de l'Europe, pour laquelle elle fut un gage de paix. Elle .apparaît aux historiens comme un compromis entré l'Europe libérale de 1830, et l'Europe du traité de Vienne. C'est donc une dette qu'elle payait en se sacrifiant en 191-1 pour l'Europe libérale et civilisée menacée par la frénésie de domination qui s'est emparée du monde germanique. Cette dette, elle l'a largement payée. Elle peut le dire avec un peu de tristes-^ se et avec beaucoup d'o'rgueil. Et maintenant, dans l'Europe nouvelle qui, se-selon M. Ferrerro, le grand historien de Rome, doit sortir de l'inéluctable défaite allemande, elle aura un rôle nouveau à. jouer. Notre tâche, îi nous qui avons vécu dans la tranquille et modeste petite patrie d'autrefois, sera d'essayer de le déterminer. Mais un autre devoir plus urgent nous incombe : c'est celui do refaire la patrie, de reconstruire ses villes, de réorganiser ses industries et ses richesses. Pour cela, nous aurons besoin de tous nos efforts, de toutes les bonnes volontés : nous aurons besoin aussi du concours de nos amis de France et d'Angleterre. Ces bonnes volontés, ces sympathies, ce journal va essayer de les grouper. Né dans le Paris merveilleusement hospitalier de 1914-1915, il tentera d'abord do rappeler aux Belges en ces heures douloureuses tout ce qui les unit et tout ce qui leur permet d'espérer. 11 s'efforcera de maintenir et d'affermir encore les liens séculaires qui unissent la Belgique à la France et dont ces jours d'épreuves communes ont montré la puissance. C'est une grande tâche, mais" à laquelle sont acquis dès à présent, dans les deux pays, tous les hommes de bonne volonté. L. DUMONT-WILDEN. PATRONAGES REMERCIEMENTS Nous nous permettons d'adresser ay** diverses personnalités qui ont daigné nous accorder leur patronage, nos remerciements les plus chaleureux. Ces remerciements, nous les devons encore à tous ceux qui nous ont aidé de leur appui et de leurs conseils. Partout, nous avons reçu le meilleur accueil, les réceptions les plus encourageantes. Nous n'avons eu qu'à nous louer de îa bonne grâce et de l'exquise politesse française. Nos remerciements se traduiront, nous osons l'espérer, par les résultats tangibles que donnera l'œuvre entreprise, c'est-à-dire par le développement des rapports économiques entre nos deux pays et la diffusion de la culture française en Belgiquç. C'est de la sorte que nous pourrons le plus efficacement témoigner notre reconnaissance à tous ceux qui ont bien voulu nous aider. Nous adressons plus particulièrement à S. A. R. Madame la Duchesse de Vendôme, sœur de notre grand et bien-aimé Roi, Albert Ier, l'expression de nos sentiments de gratitude pour la confiance qu'Elle a daigné nous témoigner, et nous La prions de vouloir nous permettre de déposer à ses pieds l'hommage de notre profond respect. Monsieur Georges Ernotte, Paris. Monsieur, J'ai pris connaissance de votre projet de fonder un journal belge paraissant en France et destiné à servir de lien et d'information aux malheureux réfugiés belges dont le sort est si intéressant. J'applaudis à cette idée à la fois si charitable et si patriotique pour la réussite de laquelle je forme les vœux les plus sincères et pour laquelle je suis très heureuse de donner ma publique et entière approbation. Recevez, Monsieur, avec toutes mes félicitations, l'expression de mes meilleurs sentiments.Signe : Henriette, Duchesse de Vendôme. Princesse de Belgique. INSTITUT CATHOLIQUE j de paris | Cabinet du Recteur Monsieur Georges Ernotte, Paris. Monsieur, Le projet d'un journal belge à Paris dont vous avez bien voulu m'entretenir me paraît fort intéressant et je me tiendrai pour fort honoré de joindre mon nom à ceux qui vous ont déjà accordé leur patronage. Veuillez agréer, Monsieur, avec mes meilleurs vœux, l'expression de mes sentiments de haute considération. Signé : Alfred Baudrillart. 53, Avenue Montaigne. Monsieur Georges Ernotte, Parts, Monsieur, Te trouve exœlbnte y^tre initiative" d<T cito tin joardaPïrmioriflàtion jjftur nos réfugiée " "" Je vous remercie d'avoir demandé mon adhésion à cette idée et vous la donne de grand cœur. Veuillez croire, Monsieur, à l'assurance de mes très distingués sentiments. Signé : Prince H. de Ligne. Monsieur Georges Ernotte, Paris. Monsieur, J'accepte avec empressement la proposition que vous voulez bien me faire de m'ins-crire dans votre comité de patronage. Né tout près de la frontière belge, membre . de votre Académie royale, historien, j'avais bien des raisons d'aimer et d'admirer votre pays avant la grande heure où le canon de Liège ralentit la ruée allemande vers le cœur de la France. Belgique et France, nos destinées sont conjointes. Ensemble, nous portons le plus lourd poids et nous endurons les plus durs souffrances de la guerre. Ensemble, avec l'aide de nos alliés les Anglais, nous avons à libérer nos sols envahis, et nous les libérerons. Ensemble, au jour de la paix, nous exigerons les réparations nécessaires. La Belgique n'aura pas de plus énergique ni de plus ferme appui que la France, quand elle ré-clameia toutes celles qui lui sont dues et qui sont considérables. France et Belgique, après la paix faite, nous nous remettrons au travail chacune de notre pôté, et ce sera le même travail : relever les ruines, reconstruire les foyers, les routes, les ponts, les usines, les machines; reprendre notre labeur de peuples agriculteurs et industriels; reprendre aussi notre .labeur dt peuples libres et démocratiques; remettre la vie partout où, avec son esprit de méthode, la savante Allemagne a mis la mort. Le travail sera long et rude : combien d'années faudra-t il pour réparer le m-al qu'aura fait au monde cet accès de la fureur teutonique ? Mais nous y mettrons notre ardeur et cette allégresse que donne la joie de renaître. Vous appelez votre journal : Za Nouvelle Belgique. En réalité, ce sont les forces admirables et diverses du vieux pays belge, si grand dans l'histoire, qui, momentanément accablées, recréeront la Belgique ; mais voici la nouveauté : votre nation arrivée enfin à l'indépendance, il y aura bientôt un siècle, se CTOyait assurée d'une paix perpétuelle; les grandes nations la lui avaient promise ; toute aux œuvres de paix, elle pouvait s'endormir dans sa prospérité. L'heure vint où sa neuralité fut violée par un des Etats qui avaient juré de la maintenir; une énorme armée se présenta, justement réputée terrible; si vous aviez cédé le passage, après quelque simulacre de résistance, personne ne s'en serait étonné; vous l'avez refusé pourtant; sans hésiter, vous avez choisi le péril pour sauver l'honneur; cela est beau, cela est rare, et vous sera compté dans l'histoire, car l'histoire glorifiera votre peuple et ses souverains, leurs majestés, de vraies majestés, le roi Albert et la reine Elisabeth. Or, d'avoir accompli cet acte héroïque, d'avoir, nation petite par le territoire, combattu vaillamment dans la bataille des -géants, une fierté naîtra, qui sera une force de « la nouvelle Belgique », qui embellira votre renaissance. Belges et Français, en ces jours troubles encore — et d'inévitables angoisses, pensons, pour maintenir jusqu'au bout le courage de notre patience, pensons à notre renaissance, très certaine et qui sera belle, très certaine ment. Et puis, promettons-nous de nous aimer toujours. Comment ne nous aimerions-nous pas de plus en plus? ,Nous nous souviendrons de tout ce que nous avons souffert ensemble, de notre sol envahi, de tant de massacres et de tant d'incendies, des exodes lamentables de nos populations, des monuments écroulés où nos pères avaient exprimé leurs sentiments, leurs mœurs, leur génie. Il faudra qu'ensemble nous commémorions certains anniversaires: une année à L ou vain, une année à Reims, une année à Ypres, une année à Arras — hélas! sans doute, d'autres années en d'autres lieux encore — s'assembleront les délé- ' gués des villes martyres. Martyr, cela veut dire témoin. Belgique et France, nous serons, jusque dans le lointain avenir, les témoins accusateurs de l'atroce barbarie allemande.Ernest La visse de l'Académie française. 41 LE FIGARO " 14, Rue Drouot Monsieur Georges Ernotte, Paris. Mon cher confrère, Je suis bien heureux de voir mon nom à côté de ceux que vous avez déjà recueillis et de m'inscrire à une œuvre qui aura pour , but la reconstitution de votre héroïque Patrie. , Votre dévoué confrère. Signé: A. Capus. LABORATOIRE DR PHYSIQUE 74, Rue de Vaugirard Monsieur Georges Ernotte, Paris. - Monsieur, La Belgique et la France ne forment, pour le moment, qu'une nation qui lutte pour le droit. Un journal belge à Paris est donc nécessaire. Je serai foft honoré de me joindre à ceux qui vous accordent leur patronage. Veuillez agréer, Monsieur, mes sentiments de haute considération. Signé: E. Branly. chambre des députés Mon cher Dumont-Wilden, i Ce serait une très belle idée de faire ce ! journal franco-beige et nul mieux que vous l ne pourrait le fai^e recevoir* Je YoftË serre la, main. 1 'Sigiih j Barrés. 1 Monsieur Georges Ernotte, Paris. Monsieur, Je m'associe bien volontiers aux personnalités qui patronnent votre œuvre. Rien ne peut être plus agréable à la France que de donner plus de force à nos vieilles amitiés avec la Belgique, hélas fort éprouvée maintenant. Signé : Gabriel Kanotaux. " L.E GAULOIS " Monsieur Georges Ernotte, Paris. Monsieur, Je m'associe avec empressement à une œuvre patronnée par Son Altesse Royale Mme la Duchesse de Vendôme et qui a le but doublement patriotique de témoigner notre reconnaissance aux Belges héroïques et de prendre pour l'avenir la défense de la culture française. Votre très dévoué. Signé: R. Doumic. conseil municipal de paris Monsieur Georges Ernotte, Paris. Cher Monsieur, J'applaudis de tout cœur à votre entreprise. En groupant à Paris l'élite de la littérature et du journalisme belges, votre journal constituera un précieux centre de ralliement pour ceux de vos compatriotes à qui la France a l'honneur d'offrir un asile. Il témoignera avec éclat devant l'Univers que malgré la Belgique envahie, l'âme belge ( demeure libre, inébranlable dans sa volonté, dans sa confiance et dans son espoir. Il rendra plus étroits et plus affectueux encore, s'il est possible, les liens qui déjà nous unissent et à travers les épreuves du présent il assurera la continuité entre un passé magnifique et un plus magnifique avenir. Veuillez agréer, cher Monsieur, l'expression de mes sentiments les plus distingués. Signé : Adrien Mitiiouard. Meudon, Mon cher Monsieur, C'est faire acte de prévoyance que de préparer et d'étendre/ e«; pleine guerre et pour le moment où se rouvrira la concurrence économique, des débouchés ouverts à notre production. Vous pourrez donc joindre mon patronage à ceux que vous avez déjà obtenus |>our servir ce grand intérêt. Croyez, cher Monsieur, à ma meilleure sympathie. Signé : G. Facniez. 7, Rue de Provence, Paris Monsieur Georges Ernotte, Paris. Monsieur et cher confrère, Puisque vous me faites l'honneur de me demander mon nom pour le Comité de Patronage du journal que vous fondez : La Nouvelle Belgique, je vous l'accorde de tout mon cœur et dé toute mon admiration pour votre pays qui a. donné au monde un sublime exemple d'honneur. Oui, une nouvelle Belgique sorlira bientôt des ruines que les ennemis ont faites sur votre sol. Elle en sortira matériellement et moralement agrandie. Mais, conseivez comme témoin quelques-unes de ces ruines sur lesquelles les artistes des nations civilisées viendront pleurer. Elles signifient, ces ruines, que la destruction est l'idéaJ des barbares et que faire la guerre aux Arts est l'assouvissement des peuples inférieurs. Agréez, Monsieur et cher confrère, l'assurance de mes plus sympathiques sentiments. Signé : Maurice Donnait. -<S=- M. Paul Bourget, de l'Académie Française, dans une lettre adressée à un de nos amis, lettre que nous ne pouvons publier, ne la possédant pas, a bien voulu faire partie du Comité de patronage de Za Nouvelle Belgique. Il en est de même de M. Delom de Mé-zerac, avocat à la Cour d'appel de Paris. A. L'ARMÉE Le pays est fier de vous, soldats, et de vos chefs ! Vous pouvez être fiers de vous-mêmes; Tous, nous savons ce que nous vous devons, ce que nous vous devrons. Faut-il vous dire : Continuez I Oui, si c'est pour vous sgnifier que nos vœux, nos meilleurs vœux vous accompagnent, que nos regards et nos pensées vous suivent. Non ! si c'est une formule d'encouragement. Vous n'en avez pas besoin ; neuf mois de guerre nous ont montré ce dont vous étiez capables. Nous saurons vous faire confiance jusqu'au bout. Vous rappelez-vous, messieurs les officiers, ces temps pas si éloignés pour que vous les ayez oubliés, où certain organe noctambule vous traitait de traî-neurs de sabre ? Vous rappelez-vous, petits soldats — grands par le courage — ces retraites militaires, avril, mai, juin 1914 ? Une foule qu'on avait excitée contre le sentiment patriotique, contre l'armée, vous suivait, criant : « IIou I hou ! A bas l'armée ! » Souhaitons qu'ils ne reviennent plus, ces temps révolus. A l'avenir, chacun se découvrira devant vos glorieux drapeaux.Et toujours, sur votre passage, on entendra là même acclamation ; M Vive l'Armée I g J LE BLÉ QUI LÈVE... Sous ce titre et à cette même place, nous donnerons régulièrement des articles très courts, articles dans lesquels seront nolés les changements opérés dans les intelligences du fait de la guerre. Emanant de diverses personnalités,, ils seront de tournure d'esprit et de forme très variées. Ces grains — nous en avons le ferme espoir — trouveront chez nos lecteurs un terrain prêt à les. recevoir et à faire germer. Le blé qui lève... Le Semeuh. '-O- LA SEIMI^E PROCHAINE Dans le numéro de la semaine pro-i chaîne, nous publierons un article que le général BONNAL a bien voulu écrv'e pour « La Nouvelle Belgique ». Tout le monde connaît le général Bonnal, dont la compétence en matière militaire est universellement appréciée. Ancien professeur à l'Ecole de guerre, ■ il a formé de nombreux élèves. Sur les > champs de bataille, — ils savent se rappeler l'enseignement du maître. « JUSTE » nous donnera une savante élucle du rôle de S. S. le Pape Benoit XV dans la guerre actuelle. Ce pseudonyme de « Juste » constitue tout un programme. Il cache une haute personnalité diplomatique, que les circonstances obligent à conserver l'anonymat.Ecrivain de grand talent, connaissant particulièrement les milieux romains pour les avoir fréquentés, Juste est un nationaliste belge. Il a approché tout ce qui, dans notre pays, porte un nom : dans les arts, la littérature, le barreau, la haute société, le monde politique ou religieux. Il nous promet des appréciations motivées, sur le caractère de Son Emincw ce le Cardinal Mercier, sa noble attitude en face de l'envahisseur. Sur la manière dont M. Adolphe Max, bourgmestre de Bruxelles, a compris et accompli son devoir. « Juste » restera définitivement attaché à « La Nouvelle Belgique ». DANS LE NUMÉRO SUIVANT Nous publierons une Chronique du puissant polémiste Urbain Gohier. On pourrait définir le talent de M. Urbain Gohier par ces quelques mois : Une pensée loyale, une logique impeccable, servies par un style ardent et colore. — —— Toas à l'ŒaVfe Dans un dessin qui restera célèbre, Fo- ■ rain crayonne deux poilus dans les tranchées, fumant leur pipe avec lenteur et volupté. Et l'un d'eux dirigeant au-dessus de son épaule le tuyau de son brûle-gueule, prononce sentencieusement : « Pourvu que le civil tienne, n Le civil, — lo civil belge, — c'est nous, que noire manque de préparation militaire, ou l'âge, ou des motifs de santé ou de famille, ou quelque autre circonstance, tiennent éloignés des tranchées où se battent comme des lions nos valeureux, nos admirables soldats. Nous ne nous battons pas. Cela veut-;! dire que nous soyons en droit de contempler, les bras croisés, l'exemple héroïque que nous donne de si haut le roi Albert ? Pouvons-nous nous contenter du sort pi-loyable de cet autre civil que nous représente Abel Faivre dans le Cri de Paris : couché dans son lit, à célé de lui une tasse de chocolat fumante, une danseuse en tutu profilant ses mollets ù la muraille, et qui lisant son journal du malin gémit avec un soupir : « Comme c'est long. » Oui, c'est long, c'est très long, c'est bien dur, hélas ! surtout, pour les pauvres réfugiés qui, riches ou possédant chez eux une modeste aisance, ont dé lout quitter, parents, maison, poursuivis par le fer et la flamme ou simplement par la crainte d'un ennemi qui s'est révélé barbare entre les barbares. C'est très dur. Jamais au cours de longs siècles l'histoire n'a présenté de spectacle aussi lamentable, de misères plus poignantes que celle de près de d'eux millions d'êtres humains dispersés aujourd'hui par tous les chemins de l'exil, en Hollande, en Angleterre, en France, en Suisse, en Italie et jusqu'en Espagne, et cela pour le seul crime d'avoir géné dans ses calculs un brutal envahisseur, d'avoir été fidèle à la parole donnée. A tous, cependant, si dénués que îous soyons, il nous reste une richesse : et "ctte richesse c'est la haine, la haine pour l'Allemand qui, après s'être enrichi chez nous, après avoir goûté les délices d'une vie nationale où la liberté faisait le plus Le! apanage de notre existence, d'une vie opulente que nous avions acquise depuis 1S80 à force d'énergie, de ténacité, d'initiative, après s'élrc même mêlé è nous dans l'intimité de la ville familiale, d'un coup s'est changé en l'envffhisscur le plus brutal, le plus féroce, le plus scientifiquement destructeur.Notre neutralité, un chiffon de papier. La Belgique, une entité morale sans cohésion et sans défense. L'armée beige une poignée de pauvres gens sans patriotisme, sans traditions militaires, sans expérience de la guerre moderne. ...Et depuis neuf mois nous assistons, la rage au cœur, des larmes de sang montant à nos paupières, au spectacle de la destruction de tout ce qui faisait en Belgique notre noblesse, notre orgueil, notre richesse.Combien de milliers <Je uns héros oai

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Cet article est une édition du titre La nouvelle Belgique appartenant à la catégorie Oorlogspers, parue à Paris du 1915 au 1916.

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