L'avenir wallon

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s.n. 1916, 14 Decembre. L'avenir wallon. Accès à 19 octobre 2019, à https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/fr/pid/9c6rx93z7v/
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4re Année. — N° 6. Rédacteur en chef : p. b'Hannau Du 14 au 20 Décembre 1916. • Le Numéro : 10 centimes • Abonnements Un an. . . fr 5.00 Six mois . . 3.00 Trois mois . . 1.60 Annonces La ligne . . fr. 0.50 L`AVENIRWALLON Paraît tontes les semaines RÉDACTION ET ADMINISTRATION . 3, Boulevard de la Senne BRUXELLES, Pour les Wallons... C'est une fameuse leçon ! î> On l'a dit et répété, et on ne le dira et ■ répétera jamais assez, le peuple belge paie actuellement la faute de s'être laissé gouverner pendant trente-cinq années consécutives pa ■ la moitié de sa population. Dans un pays comme le nôtre, qui ne tire pa> ses origines, comme la France, l'Allemagne ou "Angleterre, de. grandes- réalités ethnographiques et géographiques, mais qui doit son existence à un simple accord diplomatique survenu au lendemain des journées de 1830; dans ce pays qui, sur ur. territoire ridiculement restreint, est peuplé par deux races différentes, et héréditairement hostiles — la race ger-mano-flamande et la race latino-wallonne —, il était de la dernière imprudence de centraliser le gouvernement pendant un temps déraisonnable entre les mains de la partie la moins exposée aux risques d'invasion. Il faut le répéter sans relâche, comme on frappe sur un clou jusqu'à ce qu'il soit à fond : le mal dont nous souffrons vient en grande partie de ce fait : C'est la moitié flamande du pays qui gouvernait depuis trente-cinq ans — et ne se croyait pas exposée aux risques d'invasioi — et c'était la moitié wallonne exposée à tous les dangers, qui, se trouvant placée sur la route "traditionnelle de la guerre, s'époumon-Bàïî à prédire Je danger et à rrier : au secours! sans provoquer autre chose que de sceptiques et parfois dédaigneux haussements d'épaule. Dans sa « Lettre au Roi », ce document qui prend au fur et à mesure que se déroulent les événements, une importance impressionnante èt prophétique, Jules Destrée osait dire à Albert cette rude et véridique parole déjà rappelée en ces colonnes : « Sire, il n'y a pas de Belges, vous régnez sur deux peuples différents. » On a pu croire à ce moment à une exagération de style, à un de ces mouvements communs chez les écrivains passionnément épris de leur cause; c'était plus et moins que cela: c'était une parole de vérité et de bon sens. Nos historiens nationaux auront beau nous faire croire à l'existence d'une race wallo-flamande en nos étroites frontières, faire défiler devant nous les fastes du Téméraire et ceux des autres ducs ou empereurs accourus de tous les coins de l'horizon pour faire notre bonheur et le leur, ils n'empêcheront pas les Flamands et les Wallons d'exister, et d'être et de rester ce qu'ils sont. Les données de l'histoire ont une valeur bien aléatoire. En admettant comme vérité vraie tout ce que raconte l'Histoire et les histoires il subsisterait encore ces grosses incertitudes : — Qu'est-ce que les peuples étaient en ces temps des ducs de Bourgogne, de Lorraine, d'Albe et d'ailleurs? Les connaissait-on0 Comptaient-ils pour quelque chose? Sa-, va:ent-ils lire? Avaient-ils conscience de eurs destinées? Possédaient-ils les moyens d'échanger leurs idées, d'exprimer leurs désirs, de faire entendre leurs plaintes? En réalité les peuples n'existaient pas alors. Je parle bien entendu dû peuple, immense personnalité consciente et pourvue des moyens d'exprimer ses désirs. Je le répète : ces peuples n'existaient pas; tant et si bien que les .événements dont sont remplis les livres d'histoire, ne renferment que les faits et gestes de quelques seigneurs dont les descendants ' ou les héritiers qui nous régissent encore, 1 sont intéressés à grandir les mérites, à gonfler les exploits, à exagérer l'importance. Nos braves historiens nationaux et nationalistes m'ont toujours fait sourire quand je les voyais attelés à l'ingrate besogne qui consiste à découvrir une histoire et un peuple belges. Au beau temps de sa toute-puissance, il y eut aussi des faiseurs de zèle qui poussèrent la bonne volonté jusqu'à découvrir un Saint-Napoléon. A les entendre, les calendriers s'étaient trompés depuis des siècles; aussi, ils ' n'hésitèrent pas à rectifier les régis.res de l'Empyrée, et à décider qu'il devait y avoir un Saint Napoléon, puisqu'il y avait un Empereur Napoléon. Chez nous, on décide qu'il y a une race, une histoire et un peuple belges, puisqu'on a fait une Belgique en 1830. Et nos bons historiens se donnent un mal* ! de tous les diables pour essayer de faire prendre au sérieux dans le domaine ethnographique et géographique, un petit 'Etat artificiel créé par la diplomatie européenne en un temps où l'on se souciait aussi peu que possible, des affinités des peuples dont on disposait comme des troupeaux de moutons. On ne s'occupait pas des Flamands, ni des Wallons en 1815, on pensait simplement créer un Etat-tampon entre deux éternels adversaires : les Français et les Allemands, et un éternel troisième larron : l'Angleterre, qui ne veut pas que nos côtes appartiennent à l'un ou l'autre de ses puissants voisins. 1815 créa un Etat-tampon assez solide; malheureusement, on y avait englobé des populations de race latine qui ne purent s'entendre avec les autres, dont elles eurent du reste beaucoup à souffrir. 1830 fut une grosse /aute, une irréparable bêtise. En coupant en deux le grand royaume des Pays-Bas, on défaisait l'œuvre de 1815. L'Etat-tampon n'existait plus de façon sérieuse. On aurait pu hésiter à s'attirer à dos une puissante Néerlande, mais combien était fragile l'indépendance d'une petite Belgique bilingue, bi-racique et profondément divisée. Deux races, deux langues, deux opinions, deux caractères, deux milieux économiques, politique. et. géographiques nettetnewt diffcr-citcics*. Le bon sens ne nous crie-t-il pas que des êtres si différents deviennent aisément divergents? I 0 La Belgique était donc un pays trop petit entre deux pays trop gros; un pays trop divisé entre deux pays formant bloc; un pays dont unç. moitié, la moitié wallonne — se jugeait exposée aux affres de la guerre — et dont l'autre moitié, les Flamands, se croyait à jamais à l'abri des randbnnées franco-prussiennes.C'étaient les Flamands qui gouvernaient. Et comme ils se croyaient hors de danger, ils s'élevaient passionnément contre toutes les tentatives d'armement ou de défense que les Wallons préconisaient. Ces patriotes flamands avaient même élevé l'antimilitarisme à la hauteur d'un principe de gouvernement; ils avaient adopté pour formule de propagande et cri de ralliement : « Personne forcé d'être soldat!... (Niemand gedwongen soldaat.) ils pensaient bravement qu'on ne passerait pas sur leur dos. Et après eux la fin du monde! Au surplus, si les Wallons étaient un jour terriblement éprouvés, on expliquerait qu'ils ne l'auraient pas tout à fait volé, et qu'en outre, il était permis de se demander si... le doigt de I>ieu n'était pas pour quelque chose dans leurs malheurs. A part quelques ahuris qui sont toujours ce que leur fanatisme leur dit d'être, les Wallons étaient prêts à consentir à tous les sacrifices. Souvenirs qui m'émeuvent encore à i'heure où je trace ces lignes rj'ai vu au début dte la guerre, des milliers de pauvres diables qui n'avaient à défendre que leurs misères et les injustices dont ils étaient les victimes, acclamer l'idée de défendre leur pays. Us acceptaient le fusil et ses conséquences, et ils ne demandaient qu'une seule chose à leurs maîtres flamands : ils voulaient être des hommes et réclamaient leurs droits de citoyens. ' « Nous voulons bien, disaient-ils, nous sa-' crifier pour le pays, mais ce pays nous doi aussi un geste de confiance : qu'il nous re connaisse nos droits de citoyen et nous accepl-terons nos devoirs d'ç soldats. » La majorité flamande, qui ne se croyait pas menacée, ne voulut rien entendre! Périsse la Patrie plutôt que la boutique! On voulait bien des soldats-esclaves; on ne voulait pas des soldats-électeurs. On sait aujourd'hui où cela nous a menés. Et cependant le geste de ces ouvriers wallons qui n'avaient rien à défendre, auxquels ' on ne pouvait rien prendre, et qui offraient leur ' jx pour devenir des hommes, aurait dû émouvoir des consciences droites et des cœurs : bien nés. Mais l'égoïsme et l'aveuglement des classes ; f rofitantes » sont irrémédiables. C'est un des ' | 1 \ ce. de l'animal humain. Aujourd'hui, il est paysan; hier il était banquier; avant-hier il 1 était noble; toujours il se montre égoïste, n; 'Uvais, impitoyable. Oh!'je sais bien qu'il est deg exceptions. Je les salue du fond du cœur; mais une hirondelle ne fait pas le printemps. Ce qui compte, c'est l'effet d'ensemble, c'est le rendement global d'un peuple, d'une race,' d'un parti. L..es individualités se perdent dans la masse, je ne fais donc de reproches à aucune personnalité. Je confronte simplement deux grandes entités : la Wallonie et la Flandre. Et je constate que la Flandre était maîtresse du pays depuis trente-cinq ans; je constate qu'elle ne se croyait pas menacée, et que, à cause de cela, la Wallonie était sans défense; je constate que la Belgique sous le gouvernement flamingant était devenue un nid' de propagande anti-latine; je constate que les Wallons avaient fini par être des étrangers cirez eux; que l'on poussait très fort le fla-rningantisme que nu! ne demandait, et que l'on se souciait aussi peu que possible de la défense nationale que les Wallons réclamaient sans relâche; je constate que cette obstination in,sensée à éloigner les partis wallons des sphères gouvernementales a coûté au pays son irdépendance, sa prospérité et la vie de- ses enfants. il est facile à présent que le ma! est fait, i est facile aux hystériques du flamingantisme "V. -1 prévaloir du fait qu'il y a plus de Flamands que de Wallons à l'heure présente sous nos drapeaux., S'ils y sont* plus nombreux, c'est précisément parce qu'ils n'ont pas voulu y être! Opinion paradoxale, mais vraie. Us doivent aujourd'hui marcher seuls, parce qu'ils n'ont pa:; voulu marcher avec les autres. Et si les Wallons qui voulaient bien être soldats, mais citoyens en même temps, sont moins nombreux dans notre armée actuelle, c'est parce que, envahis dès les premiers jours, surpris par la brusquerie des événements, et trompés par les mensonges des journaux gouvernementaux qui criaient que tout allait bien, que le centre de la Belgique était à l'abri de l'invasion (22 août!) — que l'on prenait les ulnans en leur montrant une tartine ou une cigarette, ! ils n'ont même pas songe à s'en aller. Dans mon patelin, il n'y a que quelques ultra-froussards qui soient restés partis.' Les populations flamandes, au contraire, ont eu tout le temps de filer vers la France « pour-I rie ». C'est ainsi que beaucoup d'hommes ont-été incorporés après coup et sans qu'ils aient un instant pensé qu'ils pouvaient être mobilisés.Je ne voudrais contester les mérites de personne, mais on ne me tirera pas de la tête qu'il y a un certain nombre parmi ces fuyards qui sont aujourd'hui des braves malgré eux. Le seul fait que ces choses puissent se dire et s'imprimer en ces temps malheureux, prouve bien que le mal est irrémédiable, et qu'il ne servirait à rien de nier l'évidbnce et de pincer la guitare de la paix sur le volcan de la chamaille et de la séparation. Il était peut-être nécessaire que ces choses fussent dites. Les procédés flamingants sont brutaux, mais honnêtes. En osant soulever ces tristes questions et parler de/« leurs soldats » — comme si tous ces braves n'étaient plus « nos soldats ! », ils provoquent des réponses, occasionnent des polémiques, éveillent des attentions endormies ou distraites et préparent les solutions de l'avenir. Nous acceptons de grand cœur ce débat survenu au moment où nous vivons une expérience si douloureuse qu'elle ne s'oubliera probablement jamais. Nous savons ce qu'il nous en a coûtés, à nous Wallons, de nous laisser bénévolement conduire par la moitié flamande du pays; et nous avons les plus sérieuses raisons d'y regarder à deux fois avant de nous remettre en ménage. Pour les Wallons, c'est une fameuse leçon! René BRANOUART. Figures de chez nous Gramme, par Paul Janson. Il est né à Jehay-Bodegnée, dans la province de Liège, le 4 avril 1826. 11 était, de sa profession, ouvrier menuisier et n'avait reçu qu'une instruction primaire très incomplète. Il eut l'heureuse idée de suivre, à Liège, les cours de l'école industrielle et c'est là qu'il vit exposer et commenter les découvertes d'Oerstedt et d'Ampère sur les courants induits, principes qui, jusque-là, n'avaient reçu d'application que dans des expériences de laboratoire. Il se rendit à Paris en 1856, dans l'espérance d'\- exercer sa profession de menuisier dans des conditions plus lucratives et s'occupa spécialement de la confection de mouies en bois chez les fabricants des appareils électriques ru-dimentaires alors en usage. On dit que la machine Nolet attira spécialement son attention; puis, se ressouvenant de l'enseignement qu'il avait reçu à l'école industrielle, il s'adonna avec persévérance et au prix des plus grandes privations à l'étude de ce qui constituait alors la science de l'électricité, dont le manuel classique de physique de Oanot cor.tefiait les Idonnées essentielles. On raconte que pour en comprendre le texte, il devait recourir" à un dictionnaire. En 1867, il obtint un brevet pour sa machine à courant alternatif, dont l'anneau qui porte son nom constituait la partie essentielle. En 1869, il se fit breveter pour sa machine à courant continu, point de départ de l'industrie électrique mrviprne. Peut-on imaginer un argument plus fort et plus décisif en faveur de l'organisation puissante et générale d'un enseignement professionnel, que la carrière de Gramme quir certes, n'eût jamais eu l'idée de concevoir sa machine, si l'instruction électrique rudimentaire qu'il avait reçue ne l'avait mis sur la voie de son incomparable découverte? Son nom réveille en moi d'anciens et bons souvenirs que je veux remémorer ici. Je me trouvais par hasard à Paris lors ae l'Exposition de l'Electricité. Celle-ci faisait événement. Je me rappelle encore, comme si c'était hier, le spectacle aussi nouveau qu'étonnant de la grande salle où étaient installées un grand nombre de dynamos alimentant des lampes électriques. Deux noms dominaient dans le vaste hall, sur d'immenses enseignes rc'étaient le nom de Gramme et celui d,. S. mens accolés au mot « machine ». Les appareils en quea. mi étaient du reste de petite dimension et cette petitesse même était un sujet d'adtniration et d'ébonnement, étant donnée la puissance du "ésultat obtenu. J'avoue humblement qu'émerveillé à la vue de ces machines, je ne comprenais rien à leur fonctionnement et j'étais obsédé de l'idée d'en pénétrer le secret, né fût-ce que d'une marïfêre vague. -J'abordai un des commissaires de l'exposition, dont le nom m'échappe et je lui demandai de vouloir bien m'initier à la découverte dont j'avais les résultats sous les yeux. Il me répondit • très aimablement qu'il ne pouvait mieux faire que de me présenter à M. Gramme,^ qui, plus que personne, pourrait satisfaire à mon désir, et comme je lui demandais si Gramme était réellement l'inventeur de la machine nouvelle, pour ainsi dire identique à la machine Siemens, il me répondit que sans conteste et de l'avis général Gramme était le véritable inventeur et que Siemens s'était borné à des applications et perfectionnements. Je fus donc présenté à M. Gramme et. au premier abord, je fus frappé par sa physionomie intelligente et méditative et son attitude modeste qui rappelait sans doute l'ouvrier menuisier d'autrefois. « J'étais absolument convaincu qu'il devait être Américain, supposant, je ne sais vraiment pourquoi, à priori, que l'Amérique seule était capable de produire dans le domaine d'e la mécanique et de l'électricité un innovateur de cette envergure. A peine la conversation ëtr.it-cl'c

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Cet article est une édition du titre L'avenir wallon appartenant à la catégorie Oorlogspers, parue à Bruxelles du 1916 au 1918.

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