Le courrier de la Meuse: quotidien belge

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24 novembre 1918
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s.n. 1918, 24 Novembre. Le courrier de la Meuse: quotidien belge. Accès à 30 juin 2022, à https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/fr/pid/cc0tq5s53z/
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Le Courrier de la Meuse PRIX D'ABONNEMMENT : Hollande : 1 florin 25 par mois, 3 florins par 3 mois ; Pour les Internés fl. 0.75 par mois; 2 fl. par trimestre. Etranger: 1 fi. 75 par mois, 4 fi. par trimestre. Soldats aû iront; 3 florin! par trimestre. Les abonnements partent du <er ou du 15 de chaque mois et sont payables par anticipation. Les frais de disposition sont 1 charge de l'abonné. PETITES ANNONCES IS csat la ligne ou son espace corps 8. Pour une semaine: 10 coat. Avis mortuaire : 10 1. i fl. ; au-dessus: fl.1.50 avec maximum de 20 lignes. Annonces permanentes S'adresser au bureau. ■■ ■ jduiesaer au ouieau. 1 charge de--né- QUOTIDIEN BELGE — Rédaction et Administration : iWAESTRïCHT. Place Notre-Dame 23 - Maastricht. Fondé en Septembre 1014. réïéphooe intercommunal < à. i tavv i n■»-»v* - U.SMWOM Mviiui i c > c (i u u u c a il i c i c in m* u ki « / -■» o». L'entrée solennelle à Bruxelles dii Mol, de ta famille royale et de Fermée c!e^ Flandres. L'enthousiasme de la population. - Scènes émouvantes. - La réunion des Chambres. - Le discours du Trône. \ Abandon de la neutralité. - Le cardinal .Mercier bénit le peuple agenouillé. Les Français à Strasbourg. WVIUBI^I I iV et démocratie —Q— Au meeting que le co.nseil des ouvriers et des soldats de Berlin a ténu au cirque Bush et au cours duquel fut dressé le procès du gouvernement, Hugo Haase a dit une parole qui vaut d'être méditée: „La démocratie et le socialisme s'appellent l'une l'autre." Quand les socialistes français acclamèrent les premières déclarations de M. Wilson, déclarations par lesquelles le président américain considérait avant tout le conflit comme une .lutte entre l'autocratie et la démocratie, alors que la violation de la Belgique et surtout la résistance de son peuple, avaient donné à la guerre son vrai caractère: la revendication de la justice pour tous, et la restauration du droit, le parti de Renaudel et de Cachin voyait en M. Wilson un prophète de la pensée socialiste. Quand les représentants socialistes des pays alliés applaudissaient à la révolution qui en Russie mettait fin à un long régime (foppression, et tandis que nous y voyions l'aurore de la libération d'un grand peuple, eux, saluaient le triomphe de l'idéal socialiste. Soit dit en passant, il a fait merveille. Quand M. Vandervelde premier membre du gouvernement rentrant à Bruxelles,prend la parole devant ses anciens amis, c'est pour y déclarer, entre autres choses très louables, qu'il va falloir fonder là démocratie' — nous n'y étions donc ^\as-' — et reconstituer l'internationale —tâche urgente, en effet! Qu'est-ce à dire sinon que pour un parti puissant dans tous .les pays, les efforts de la communauté tendent, selon lui naturellement, à la réalisation de l'idéal qu'il sê fait de la société parfaite. Parle-t-on de démocratie, les socialistes y voient le ralliement à leur système et ne la conçoivent pas en dehors de lui. Souligne'-t-ô.n, le sens élevé de la victoire des peuples libres sur les nations de proie, les orateurs du parti concrétisent le succès dans l'adoption de formules électorales. Nous concédons que l'explosion rouge qui s'est produite à Rétrogradé et la victoire des socialistes intégraux, qui sont parvenus à canaliser la révolution à leur proïit, aient pu tourner les têtes; de même, il faut admettre que le caractère donné au mouvement qui a provoqué la .transformation de l'Allemagne, est susceptible de faire croire au ralliement général des peuples au concept socialiste. Cependant, il s'en faut. Nous ne savons si • la pensée qui a guidé les hommes de Petrograd et si celle qui inspire en ce moment ceux de Berlin sont socialistes. Nous voulons le croire, puisqu'on nous l'a dit, mais alors, faudrait-il admettre que le socialisme est synonime de démagogie et d'anarchie?.. Faudrait-il croire qu'il représente la négation du principe d'auto-Tité, qu'il se complaît dans la destruction et qu'il contient en germe, le microbe de la guerre civile?... Il n'en est rien; ceux-là mêmes qui o.nt applaudi imprudemment à la victoire des partis avancés en Russie, condamnent leurs excès. Mais auraient-ils pu les e kn jp ê c h e :r ?... La question ainsi posée, l'est sur son vrai terrain. Si l'on prétend que démocratie est synonime de socialisme,qu'on ne peut réaliser l'une qu'en se ralliant d'abord aux formules et aux revendications sacrosaintes de l'autre, que, pour employer l'expression de Haase, démocratie et socialisme s'appellent l'une l'autre", nous avons le droit de nous demander, nous aussi qui applaudissons à la victoire de la démocratie: mais où donc veut-on nous ^conduire ?... Ces hommes qui seuls prétendent connaître le chemin,en soupçonnent-ils tous les détours, sont-ils capables de freiner efficacement dans les tournants dangereux, et pour tout dire, en nous engageant sur une voie pleine d'embûches, se portent-ils garants de notre sécurité et nous assurent-ils contre les catastrophes? Si oui, nous marchons avec eux; si non, de $uel droit lancent-ils l'anathè-me à une partie de la société et réclament-ils pour eux l'exclusivité du pouvoir?,..Or, le socialisme est incapable de freiner à temps et d'éviter les catastrophes. Aussi longtemps même qu'il fera du marxisme son 'code, et plus il cherchera à l'appliquer intégralement, il courra aux abîmes, ou plutôt il y poussera la société. Lénine et Trotsky, que sont-ils, sinon les exécuteurs fidèles de la consigne du maître ? Aussi, estimons-nous que tant de sang, et tant de larmes n'ayant pas été répandus pour cela, nous avons le droit de rechercher pour la société un idéal plus K élevé, un ordre plus sur et des guides plus R qualifiés. M. Vandervelde nous propo-P se de fonder la démocratie. Notre mi-■t nistre retarde. Il y a beau temps que ■l Léon XIII a publié le code de la vraie démocratie, de celle-là qui n'est la chose d'aucun parti, d'aucune classe, mais le ^^Lbien comriu^^^^'.ous ceux gui aspi-plus d^ réa- dans ^Hwité, dans dans tous les cas que le socialisme ne conçoit pas la démocratie en dehors ' de lui; il se figure en être la condition et. dans une certaine mesure, le but. De cette démocratie-là, nous ne voulons pas, et nous bénissons la victoire qui nous en a préservés. GERALD. Billet du Front. Front belge, 14 oct. igi8. Le 16 septembre, me trouvant aux avant-postes avec mes hommes, nous avons eu, cinq heures durant, un combat à la grenade contre les Boches, qui voulaient nous rendre visite. Le 17 septembre, on m'annonça mon tour de congé et j'ai passé dix jours au repos... Le 27, rentrant au mèss, j'apprends que l'offensive commence le lendemain. Je cours aux tranchées; j'y arrive en plein dans le tir d'artillerie; je trouve mon bataillon en première vague, qui partait donner l'assaut... Je prends la tête de mon peloton, et me voilà parti à l'assaut. Tu auras lu dans les journaux les résultats Spïe.ndides- On avançait, mais ce ne fut pas sank peine. La .forêt d'Houthulst était effrayante: des ronces épineuses, fossés, abattis de sapins, fils barbelés étaient accumulas sur quatre à ;cinq kilomètres de profondeur. En cours de route, plusieurs de mes hommes sont tombés de fatigue, ayant des crampes qui remontaient jusqu'au coeur... Avec mon peloton, j'ai capturé une quarantaine d'Allemands et en ai envoyé quelques autres de l'autre côté. Les hOi -mes furent admirables -de courage, de calme, d'énergie et d'entrain. C'est merveilleux de marcher avec eux ' Nous étions sans couvertures, ni manteaux, pour être plus légers. En arrivant de l'autre côté de la forêt, nos unii ormes étaient en loques, car nous avions passé à travers tout et il pleuvait; nous étions trempés. La nuit, occupant le terrain reconquis, il se mit à geler s 'Ce n'est plus grelotter, mais trembler de froid, que nyus faisions. Le lendemain matin, à 4 h. 30, nous repartions dans la plaine, et aussitôt nous sommes soumis au feu de huit mitrailleuses. Des hommes tombent autour de moi; nous continuons malgré tout. Enfin, nous gommes obligés de nous établir dans un fossé, o.ù nous passons la nuit. Quand nous étions assis, l'eau nous caressait le ventre. Neuf jours durant, nous avons été sans q^oi que ce soit pour nous abriter; trois jours nous sommes restés sa.ns vivres. Aussi j'ai boulotté avec délice des navets, et bu de l'eau des fossés. Mon régiment ayant assez souffert—surtout des pertes en "officiers, — on nous a retirés du champ de bataille; on nous a donné un tout petit repos, consacré à la paperasse et à la visite aux blessés.Et voici que je suis en ligne de nouveau, depuis plusieurs jours. Les Belges vont encorelune fois à'l'attaque ce,matin, nos voisins menacent de se retirer. Aussi, nous ne les laisserons pas faire sans les inquiéter un peu... D'un moment à l'autre, je puis devoir marcher de nouveau... Ce sera „avec joie": Je vais bien, à part de violents maux d'estomac, des pieds en compote et un esquinteme;nt général. Philippe de HEMPTINNE. Réd. — Ce jeune volontaire se trouve en ce moment blessé dans une Ambulance, tandis que ses frères, volontaires comme lui, ont eu la joie de revoir leur famille à Gand, au triomphant passage des armées. En Belgique Q, TRAHISON, ESPIONNAGE, COMMERCE AVEC L'ENNEMI. Le gouvernement belge, d'accord avec les gouvernements alliés, vient de mettre en vigueur dajis les territoires belges réoccupés les arrêtés-lois adoptés dans une des dernières réunions du Conseil des Ministres, en vue de punir les auteurs d'actes de trahison, d'espionnage et de compromission avec l'ennemi, commis pendant l'occupation. Des tribunaux spéciaux o.nt été établis à cet effet de commun accord ave les départements de la Justice et de la Guerre. Us se composent par moitié de juges civils et de juges militaires, sous la présidence d'un officier supérieur. Des peines, peuvent aller jusqu'à la neine de mort, les travaux forcés ou la réclusion, frappent notamment les individus qui ont volontairement et de plein gré participé a des travaux militaires pu de nature à nuire aux intérêts militaires de la Belgique ou de ses alliés. Des peines pouvant aller jusqu'à cinq ans de prison, cumulées avec des amendes pouvant (atteindre 50.000 francs, frappent notamment les individus qui ont commercé avec l'ennemi en lui favori- j sant, ôoit pour ses armées, soit pour sa | population civile, des vivres, denrées ou autres objets de première nécessité. Enfin des peines pouvant aller jusqu'à trois ans de prison cumulées avec des amendes pouvant atteindre 10.000 frs, frappent notamment les individus qui ont volo-rUg-rement et de plein gré, soit en Allema^Bjj^^^Qn Belgique, appel devant une Cour spéciale composée par moitié de juges civils et militaires sé4*~t au cnef-Hev de V -. on-dissement.Les cas de cassation, pour des seuls vices de forme sont de la compétence du Conseil des Ministres. L'ouverture des Chambres. Nous apprenons d'Anvers que le gouvernement belge a quitté Bruges ieudi pour rentrer à la capitale, où les travaux ordinaires seront repris. Le parlement a été ouvert par le roi, vendredi. DANS LE LIMBOURG. Les dernières trompes allemandes sont parties de Hasselt vendredi à midi. Une dizaine d'hommes portant un brassard blanc restent pour remettre la ville aux avant-gardes belges qui sont attendues pour samedi ou dimanche. DIVERS Pour le ravitaillement des armées alliées. ST-PAUL, Minnesota, 22 novembre. (Reuter.) — Les autorités du chemin de fer ont fait connaître que l'on transportera 30 millions de quintaux de blé à la côte orientale des Etats-Unis afin de les expédier en Europe pour subvenir aux besoins des sroupes américaines et alliées. i Les Américains veulent venir en Europe» NEW-YORK, 22 novembre. Reuter. — Depuis que l'armistice a été signé, plus de 100.000 personnes ont sollicité un passeport pour l'Europe. Toutes ont essuyé un refus. A New-York, 2.5000 personnes attendent le moment de s'embarquer.Les pertes navales américaines. WASHINGTON, 22 nov. (Reuter). Le département du commerce annonce que depuis le début de la guerre 145 navires américains de .passagers ou de commerce ont coulé par suite de 1 activité de l'ennemi. 775 personnes ont péri au cours de ces naufrages. Avant la participation des Etats Unis à la guerre 19 navires ont été perdus et 60 personnes tuées par des torpilles, dés mines ou par le feu des canons ennemis.Le roi d'Angleterre au front. LONDRES, 22 novembre. Reuter. — Les journaux annoncent : Le roi est arrivé jeudi à Paris. Samedi 11 partira pour le front. Dépêches diverses. LONDRES, 22 novembre. Reuter. — Lors de la réception de prisonniers rapatriés qui a eu lieu à Hull, on a donné lecture d'une déclaration du général Mâxwell dans laquelle ii est dit que, d'une manière odieuse, les autorités allemandes répandaient le mensonge parmi les prisonniers anglais en Allemagne. On voulait Wte. croire aux prisonniers que c'était pal1 la faute du gouvernement anglais qu'ils étaient privés des avantages de l'internement en Hollande ou en Suisse. Ces mensonges étaient répandus pour éveiller le mécontentement.Le gouvernement allemand a refusé de laisser interner rtps soldats dans les pays neutres, afin d'exploiter leur travail dans les mines ou dans l'industrie. BERLIN, 22 novembre. — Ce qui jusqu'à présent avait été le grand duché d^Oldenbourg est devenu l'Etat libre d'Oldenbourg. Le gouvernement provisoire se compose d'un directoire composé de 9 personnes parmi lesquelles 9il y a cinq socialistes, deux membres bourgeois du parlement et deux anciens ministres. 1 BERLIN, 22 novembre. — Le généra! feldmaréchal von Mackensen est arrivé à Berlin avec son état-major, venant de Budapest. BERLIN, 22 novembre. — Le ,,Ber-Iiner Tageblatt" annonce: Un grand nombre de fonctionnaires allemands, hommes et femmes, qui traversent le gouvernement général de Pologne sont en de nombreux endroits, traités d'une manière abominable. Les femmes et ,les enfants doivent voyager dans les wagons à bestiaux. En cours de route, beaucoup sont délestés de leur argent et de leurs bagages. BERLIN, 22 nov. (V.D.) Le .ministre bavarois des Finances, Taffe a déclaré au ,.Berliner Tageblatt" que personneT-lement, au cours de l'automne 1917, il avait reçu à Génève une offre de paix des Etats Unis, transmise par un homme de conifance de Wilson. Après avoir remis le document à von dem Busche il en informa von Kuhlmann. Quelques semaines plus tard une offre de paix : identique fut faite au ministre autrichien Czernin. Ni l'Allemagne, ni l'Autriche Hongrie ne répondirent, malgré les insistances de l'intermédiaire. BERLIN, 22 nov. (W.B.) Au sujet des nouvelles concernant une soi disant offre de paix américaine en 1917 les journaux apprennent ce qui suit de source digne de foi: Il est vrai qu'à cette époque Taffe a fait certaines communications au ministère des afûagÉBtran-gères et que ses décUuat^^^^B été -examinées j^ec ! A LA BELGIQUE. Le Roi est à Bruxelles; le gouverne- f ment belge et la représentation nationa- i le ont repris possession de la capitale, \ Quelques jours encore et le pays tout \ entier sera débarrassé de la lèpre germa- ( nique, la Belgique sera redevenue elle-même, que dis-je, elle se retrouvera plus unie, plus consciente "de sa force, et de son rôle, plus glorieuse. „La Belgique a été pendant quatre ans, un nom sacré, une flamme dans le coeur des hommes", écrivait récemment un gra.nd journal américain. A vrai dire, les témoignages d'admiration n'ont pas manqué à notre cher pays. C'est que, par son geste sauveur en *9*.4, il a accompli héroïquement un devoir austère qui, à cette époque, parut à beaucoup j comme un sacrifice beau, admirable mais ' vain. Ceux-là ne voyaient pas que la jj vertu que décèle toute bonne action. \ allait féconder l'effort belge et susciter ' à notre patrie des défenseurs et des' vendeurs; ils ne comprenaient pas que le Ciel n'est pas tellement éloigné de la terre que la Justice de Dieu laissât s'accomplir sans le faire tourner à la confusion de ses auteurs, le monstrueux attentat allemand. Le fait .éclate à l'évidence aujourd'hui. Plus encore que le crime allemand, la façon magnanime dont la Belgique l'a envisagé et traité, a orienté les consciences ^vers la cause de l'Entente. Elle a fait plus, elle a heureusement transformé le conflit de races et d'intérêts qui venait d'éclater entre grandes puissances et la guerre mondiale est devenue une lutte purement morale. Crime d'un côté, devoir accompli de l'autre. C'était si clair, la „flamme allumée dans les coeurs des hommes" par le spectacle incomparable de ce petit pays brillait d'un éclat si pur, et pourtant d'aucuns encore ne voulaient pas y croire! Ils escomptaient ceux-là, si.non la victoire de l'Allemagne, à tout le moins, un résultat nul de part et d'autre, comme si le bien pouvait être mis sur le même pied que le mal. La Providence divine n'a pas laissé son oeuvre inachevée et comme si elle voulait dessiller les yeux qui se refusaient à voir, elle a permis que la Belgique victime fut le tombeau de l'Allemagne coupable. Le monde n'a jamais vu un triomphe aussi étonnant. * • * Parmi les grandes nations qui ont le mieux compris et suivi dans leur. ac- lion, la guerre de défense et de restauration du droit «que soutenait la Belgique, ïi faut citer les Etats-Unis d'Amérique. Il ne nous étonne donc nullement que le gouvernement de Washington ait décidé de consacrer la journée de ce samedi 23 novembre à célébrer la délivrance de notre patrie. Son chef, le président Wilson a traduit en des prin- ^ cipes qui constitueront le code inter- , (national du monde de demain, les exi- ! gences morales qui s'imposent aux Etats les uns envers les autres. La Belgique n'avait pas à s''y rallier, puisque iquatre années durant, elle a lutté pour la reconnaissance de ces principes. On le sait en Amérique, e<t c'est l'exemple belge qu'on a tenu à magnifier. , L'ALSACE RECONQUISE. Nous avons trop souvent défendu ici le bon droit de la France sur l'Alsace et sur la Lorraine pour ne pas nous associer à la joie qui sera aujourd'hui celle de nos alliés. C'est ce dimanche, en effet, .que le maréchal de Castel-nau, à la ttê.e de ses troupes, entrera dans Strasbourg redevenue française. L'injustice commise par i'Allemagne en 1871 a pesé lourdement sur la situation de l'Europe pendant les quarante-quatre années qui suivirent. En dépit des tentatives de certains pour amener la nation française à oublier, voire à consommer sa défaite par le déshonneur que le vaincu de Sadowa paie si chèrement aujourd'hui, la France digne et fière n'a pas cessé de protester contre le crime. Ce conflit franco-allemand est la genèse morale de la gueTre actuelle. Avant même so.n déclenchement, les peuples avaient pris dans cette question le parti de la France qui sous aucun prétexte et pas plus que la Belgique, ne consentit à transiger. Cette fermeté dans la revendication du droit fut le salut de la France. Ses généraux illustres, ses soldats valeureux en recueillent aujourd'hui la récompense. Puissent les peuples, puissent les hommes n'oublier jamais ces grandes leçons de choses. Le salut .n'est pas dans la forfaiture, il n'est pas dans le laisser faire, il est dans l'accomplissement du devoir et dans le sacrifice. Pendant l'armistice LA MARCHE DES FRANÇAIS EN ALSACE, i PARIS, 22 nov. (Officiel). Aujourd'hui au milieu de l'enthousiasme de la population, nous avons continué à occuper de nouvelles localités alsaciennes et lorraines. Le général de Castelnau est entré à Colmar aux applaudissements |de la population, qui a donné des preuves extraordi||^ >h(u ccy,niri a la JÙfcncc. été enterré à Villers sur Semis a été retrouvé et a été rendu à l'armée coloniale. i , ; L'enthousiasme des Alsaciens. PARIS, 22 nov. (Havas). Les troupes françaises continuent leur marche en avant dans la région du haut Rhin. Partout elles trouvent les villes, et les villages pavoisés et une population enthousiaste. Dans chaque localité l'administration communale s'est placée à la disposition de l'autorité militaire. A Guegvillers l'administration communale a remis la somme de 10.000 francs au général commandant la lôlème division Sur l'enveloppe se trouvait cette inscription: Pour les villes du nord qui on£ tout souffert pour nous délivrer. A Colmar les autorités remirent 30.000 fres. au profit de la croix rouge française. UNE CEREMONIE IMPOSANTE. Comment s'effectua la remise de ia flotte allemande. LONDRES, 22 novemre. Reuter. — Il était convenu que deux lignes de navires alliés jarrivéfe à l(a place ou on devait rencontrer les navires allemands sè placeraient de manière à observer de flanc Fà flotte ennemie. Les Allemands avaient reçu des instructions selon lesquelles tous leurs canons devaient être dirigés vers l'arrière. Il ne pouvait avoir aucune munition à bord. Les navires allemands arrivèrent avec deux heures de retard de sorte ^que la cérémonie eut lieu au crépuscule. Le spectacle était magnifique. Les deux flottes se dirigèrent vers l'ouest et le dernier acte du drame avait pris fin lorsque le soleil disparut dans les brouillards du couchant. Toute la fière escadre allemande alla s'ancrer sur la rive ouest de la baie du Firth où elle fut immédiatement entourée par la première escadre anglaise de navires de bataille et par une escadre de croiseurs. Tandis que de nombreux essains d'avions et d'hydroavions survolaient les navires, tous les pavillons allemands furent abaissés pour toujours. Pendant toute la journée, on n'a eu aucune communication avec l'ennemi, sauf par radiotélégraphie et on avait empêché toute fraternisation entre les marins des deux flottes. Lors de son retour à bord du „Queen Elisabeth", l'amiral Beatty fit célébrer un service d'actions de grâces. Des nouvelles ultérieures annoncent encore ce qui suit: Les deux lignes de la flotte anglaise s'avançaient à...dix kilomètres l'une de l'autre et laissaient ainsi entre elles une sorte de couloir libre, par lequel devaient passer les navires allemands. La ligne était conduite par le célèbre „Lion", navire que les Allemands prétendaient avoir coulé. Tout se passa , sans cérémonie. Aucune des politesses navales habituelles ne fut mise e;n pratique. On ne salua pas. Les navires anglais occupèrent la place désignée à l'avance et les Allemands se dirigèrent silencieusement vers eux. Quand les navhires allemands se furent mis à l'ancre, ils furent inspectés afin de pouvoir établir s'ils avaient observé la stipulation de l'armistice "en ce qui concernait leur armement. Comme on l'a déjà annoncé un navire manquait, ayant heurté une mine en route. Le croiseur „Koln" arriva avec un retard considérable par suite d'un accident survenu à ses machines. Quand les navires anglais rentrèrent à Rosyth, les corps de musique jouèrent le „Rule Brita.nnia". L'amiral Beatty se trouvait sur le pont du „Quee.n Elisabeth" et fut salué Aivec enthousiasme par les équipages de la flotte. La puissance navale de l'Allemagne n'est plus à craindre. LONDRES, 22 novembre. Reuter. — La livraison des navires de guerre a fait de l'Allemagne une puissance navale de 6e ordre. En réponse aux acclamations dont il était l'objet, Beatty a simplement répondu: Je vous remercie. J'avais toujours dit que nous les aurions. I! envoya ensuite un message à tous les officiers et à tous les hommes de la flotte pour les féliciter de la victoire. La situation dans la flotte allemande. LONDRES, 22 novembre. Reuter. — Un correspondant qui s'est rendu à bord du navire de 'bataille allemand ,,Kaiser" en même temps que le détachement d'inspection, déclare: Il n'y avait à bord que trois officiers et la discipline laissait beaucoup à désirer.Cela était surtout remarquable au salut. Plusieurs militaires portaient des brassards blancs avec l'inscription: Comité des soldats et des ouvriers. Ces hommes exerçaient visiblement une grande influence sur les autres. On a appris qu'avec les autres officiers, on en avait fini d'une manière plus ou moins dramatique. Les officiers qui se trouvaient à bord dtj navire déclarèrent que pendant les derniers jours de leur séjour à fyVilhelms-hafen, la situation était pour ainsi dire intenable. Un mer la commission , déclara que pj>- ^|jBle navire puissMj prendre part : de longue^H réF s k Xoi, il Sdfii d 1s faillit r§pie i Bruxelles BRUXELLES, 22 nov. (V. D.) Le roi, la reine et la famille royale ont fait officiellement aujourd'hui leur entrée solennelle dans la ville de Bruxelles. Ils ont été accueillis avec un grand1 enthousiasme. Devant l'hotel de vilte, ils ont assisté jiu défilé des troupes alliées. LE RETRAIT DES TROUPES ALLEMANDES. LES AMERICAINS OCCUPENT LUXEMBOURG.LONDRES, 21 novembre (Officiel)i. Communiqué américain : La troisième armée a atteint la ligne Cighten-Mersch-Schutrange-Rantzen-Kattenhofen et traversa la ville de Luxembourg, qui était entièrement pavoisée et où la population qui accueillent nos troupes en libératrices, offrait des fleurs aux soldats. LA MARCHE EN AVANT DES FRANÇAIS EN ALSACE ET DANS LA PROVINCE DE LUXEMBOURG. PARIS, 21 nov. (Officiel). En Belgique nos troupes ont pénétré à Bas-togne et à Habay. 1000 Allemands dont un colonel qui nè s'étaient pas rétirés-à temps ont été faits prisonniers. En Alsace, nous avons occupé Zitter-heim, Phalsburg, Gottesheim, Longai-ne. Neuf Brisack, Hunigue et Mekels-heim.LA MARCHE EN AVANT DE L'AR- * 1 MEE BELGE. LONDRES, 21 nov. (officiel). CJom-muniqué belge: Nous avons atteint la ligne Arendonck-Moll, ouest de Diest, est de Louvain. Aux environs de Bruxelles, nous avons trouvé 2500 prisonniers alliés. ( LA LIGNE BRITANNIorf^^^^^ LONDRES, 21 nov. (Offic^^lBI tin la 2ème et la 4ème armées repi^H leur marche en avant. Nos mouvemenl^H s'opèrent sans incidents et selon le pro- ^ gramme prévu. A notre droite, nos détachements s'avancent vers la Meuse au sud de Namur. Sur notre gauche nous avons atteint la ligne Dembloux Wavre. LES TROUPES ANGLAISES ENTRENT A NAMUR. LONDRES, 22 nov. (Officiel) Les troupes anglaises ont occupé Namur. Le président de la république française décore la reine Elisabeth. PARIS, 22 nov. (Havas). Le président de la république a décidé, à l'occasion de la rentrée triomphale des souverains et des troupes belges à Bruxelles de décorer la reine Elisabeth de la grande croix de la Légion d'honneur. La même distinction a été accordée au prince Léopold. V.** Comme on se le sait le roi Albert, déjà reçu la médaille militaire françai, c. à. d. la plus haute distinction que i'à puisse lui accorder. La reine a déjà reçv, la croix de guerre. , L'Amérique fête la délivrance de la Belgique. i NEW-YORK, 22 nov. (Reuter). Le j bourgmestre a déclaré que Samedi pro- I chain sera célébré comme une fête, â ' l'occasion du rétablissement de la Belgique et de l'entrée victorieuse du roi des Belges et de la reine â Bruxelles. Un cortège sera organisé avec la participation de l'armée et de la flotte, des bOyscouts et des enfants des écoles. Des détachements alliés y prendront également part. Tous les consuls étrangers ont été invités. . 1. ) Un appel du gouvernement allemand. BERLIN, 21 nov. (W.B.) Le gouvernement a adressé un appel aux soldats qui rentrent en Allemagne. Camarades! La république allemande vous souhaite la bien venue au moment de votre rentrée dans votre patrie. Vous avez lutté pour une patrie dans laquelle vous n'aviez rien à dire et où Une poignée de personnes se partageaient le gouvernement et le pouvoir. Vous ne pouviez que_ vous taire et combattre, tandis qu'à coté de vous des centaines de milliers devaient se taire et mourir. Maintenant vous rentrez dans votre pays, ou maintenant chacun à son mot à dire et ou la décision est confiée au peuple lui même. La révolution s'est frayée un chemin; vous et nous, toute la patrie allemande est libre; notre république socialiste sera le membre le plus libre de la société des nations. Vous trouvez non seulement tous les droits politiques qui jusqu'à présent vous étaient refusé, mais dorénavant personne ne pourra plus vous exploiter ou vous soumettre. Le gouvernement qui est arrivé au pouvoir grâce à la confiance de vos camarades et des ouvriers, veux vous procurer du travail, vous protéger pen- Dimanche 24 et Lundi 25 Novembre I9I8. 5me Année î. N» I4p2.

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Cet article est une édition du titre Le courrier de la Meuse: quotidien belge appartenant à la catégorie Oorlogspers, parue à Maestricht du 1914 au 1919.

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