Le nouveau précurseur: journal du soir

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s.n. 1914, 30 Juin. Le nouveau précurseur: journal du soir. Accès à 18 septembre 2019, à https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/fr/pid/bn9x05z44f/
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Mardi 30 Juin 1914 mirwwa:TyBa»wiiwi n. m MrrsJTMTWJT ,,ti"M-,7mrj&saœr. C1M«3 cnBWBKMiSA $$Ome «ïïaié© ■w.ftWH'MBawcasnwrww K° 1Î31 le Nouveau Précurseur Aso^jsrETvriE-ïsrrs -ANVERS. un an 12.00 tr.; six mois 6.50 fr.; trois mois 3.50 fr. INTERIEUR, • 15.00 fr.; » 8.00 II-.; ■ 4S0 r HOLLANDE, » 82.00 fr.; » 16.00 fr.; • 8.00 fr. LUXEMBOURG. » 32.00 fr.; » 16.00 fr.; - 6.00 ir. UNION POSTALE, » 42.00 fr.; » 21.00 fr.; » 10.50 fr. Tout abonnement so poursuit jusqu'à refus formel. ON S'ABONNE à Ajivors au bureau du journal et dans tous les bureaux des postes en Belgique, JOURNAL DU SOIR TÉLÉPHONES { £$££85^: K° { 39, VIEILLE BOURSE. - ANVERS. A3XTX\r OISTCgS 3 - Ordinaires, la petite ligne, fr. 0.30 Réclames, la ligne. . . fr. 1.50 » \ à 4 lignes . » 1.00 Faits divers, la ligne . . « 2.50 Financières, la ligne . . » 0.50 Chronique Anvers . . . » 3.00 Les annonces de Vétranger et de la Belgique sont reçues aussi par PAgence Havas, 8, place des Martyrs, à Bruccdles, 8, Place do la Bourse, à Paris, et 20, Iligh Holborn, à Londres, Chronique anvarsoise Les chatouilleux. — Gomment oiv eCt mal une cause. — Question de réceptions. — Mesquineries flamingantes. — Maladresses. Ainsi que le Nouveau Précurseur le disait samedi, nous n'avons aucune haine, aucun mépris pour la langue flamande. Mais il faut regretter, à mon sens, que la question linguistique s'immisce dans toutes les fêtes, dans toutes les réceptions, — même dans tous les deuils. Les flamingants sont devenus à ce point chatouilleux, qu'il sera fort difficile, à l'avenir, d'organiser encore quoique ce soit, et ceux qui assumeront la tâche auront à passer leurs veilles, la tête dans les mains, pour expurger leur programme du dernier gallicisme. On sert mal une cause en voulant ia faire triompher par l'intransigeance et l'intolérance, en voulant l'imposer par la force, et non par la sympathie. On n'a jamais obtenu grand'chose, dans cette Belgique qui tient avant tout à la liberté, par prussianisme, par l'exclusivisme. \ ous savez qu'au banquet de samedi il y a huit :ours, — celui-là même où M. Mac Réville 37 parlé le flamand, — le programme du Spncert comportait deâ lieder flamands |t dés chants français. On aurait pu fcroire que cela pouvait satisfaire tout ie monde, il n'en fut rien. Un journal fla-fhingant de cette ville estima que les chansons françaises étaient de trop, et il basait son opinion sur ce fait, que lorsque des étrangers viennent nous visiter, ils préfèrent s'enquérir de nos mœurs à nous, s'ini-jsiîr à notre art, et qu'ils aiment mieux jp ûter l'originalité cL^la musique flamande que la banalité 'd'oeuvres. françaises fU'ils peuvent entendre partout. fe Voilà qui paraît assez juste, tout au Ji&hs à première vue. Seulement, retour-£37. la question: supposez nos flamingants éxcursionnant à Paris, de façon officielle <M non. Ne seraient-ils pas ail septième ciel si on leur offrait un concert de jnusi-que flamande? Én supposant que les œuvres de leurs compositeurs soient au répertoire, en France, nos lionceaux trouveraient tout au moins décent que la partie musicale d'une fête fût consacrée à la musique flamande. C'est là, d'ailleurs, un sentiment très humain: dernièrement, nous étions un groupe de Belges, à Paris; en passant à Saint-Cloud, une fanfare» Avertie de notre visite, joua la Brabançonne, Nous avons trouvé cette attention très délicate, et il va de soi que> si l'on nous avait joué la Marseillaise, nous aurions été bien moins agréablement surpris. Les flamingants, donc, trouveraient, très équitable qu'on leur offrît, en France, un concert de musique flamande; mais ils ne connaissent pas la réciprocité: car ils estiment que si des personnalités nous rendent visite, on doit leur faire entendre non pas la musique de leur pays, mais celle de Flandre. On l'a vu lors de la réception de Mme Sarah Bernhardt: le programme du concert ne portait qu'un seul numéro, et c'était en quelque sorte le chant de guerre des Flamands glorifiant leur langue devant l'artiste prodigieuse dont la vie entière fut consacrée à faire admirer le verbe français. * * * Non, nous ne sommes pas de ceux qui trouvent que le flamand est une langue fruste, rude, inharmonique et vaseuse; comme le disait Maeterlinck; nous ne som mes pas de ceux qui contestent à ceux qui la parlent- des droits que personne ne leui discute. Au demeurant, ils ont su les prendre, ces droits, même si la façon dont ils procédèrent fut quelquefois un peu étrange Car, enfin, il y a quelques semaines à peine un journal flamingant conseillait ai «Vlaamsch Handelsvcrbond» de commence] une campagne en faveur de la suppressior des indications françaises des noms de? rues dans toutes les villes du pays-flamand1 Et ce, après que le même organisme eut en voyé, au Conseil communal de Liège, un< lettre, — en flamand! — pour demander qu< notre sœur wallonne adornât d'inscriptions flamandes son stand à l'exposition de Lvon A Bruges, ville qui ne vit que par les étran gers, on a voulu également rendre monolingues les plaques indicatrices, et il s'en est fallu de fort peu que cette proposition saugrenue fût votée. Ce sont là des choses qui, incontestablement, font sourire... * * La cause flamande était trop belle pour la compromettre par un fanatisme étroit et malhabile.. Nous assistons à ce spectacle peu édifiant: d'une part, certains leaders peu convaincus se servent du flamingantis me comme d'un tremplin, et, d'autre part, ils sont suivis par tout un troupeau d'éner-gumènes qui ont l'organe vocal solide et qui ont le culte exagéré de leur langue parce qu'ils sont ignorants de l'autre. Ils font penser, quelquefois, à la fable du renard et des raisins. Ce serait pain bénit, pourtant, si l'on avait affaire à des Flamands modérés, ins-truitSï raisonnables, qui.répudieraient toute exagération, qui, surtout, s'élèveraient contre l'ostracisme absolu du français, — langue à laquelle des millions de Belges doivent leur culture. S'il en était ainsi, si, même, certains mandataires flamingants osaient élever la voix, il se -commettrait moins d'enfantillages comme ceux dont j'ai parlé plus haut. On a même le droit de croire qu'on supprimerait la glorification annuelle de la bataille des Eperons d'or, — bataille qui fut une honte pour Flamands et contre laquelle l'honorable M.Van Peborgh, flamingant mais homme de cœur, a courageusement protesté. Pierre MARZERELLE. AU l^©l3L03C,,^ ANGLETERRE L'Angleterre et la Perse Hier, à la Chambre des Communes, sir Edward Grey, parlant des intérêts britanniques dans le golfe Persique, dit que- l'Angleterre, ayant signé un traité avec la Turquie et l'Allemagne, ne fera rien pour mettre un obstacle à la construction du chemin de fer de Bagdad. FRANCE Le budget des finances Le Sénat a adopté hier après-midi les chapitres réservés du budget des finances, sans augmentation de crédits, mais en acceptant de voter ultérieurement des crédits supplémentaires qui permettront, ainsi que l'a exposé le rapporteur, M. de Selves, de donner satisfaction non seulement aux réclamations des postiers, mais aussi aux agents des finances, qui, eux, sont restés calmes et corrects et ont autant de droits à obtenir satisfaction.ALLEMAGNE Le procès de Rosa Luxembourg Lundi a commencé à Berlin le procès intenté à Rôsà Luxembourg pour offense aux | officiers et sous-officiers, pour avoir dit, dans un discours au sujet des mauvais traitements infligés à des soldats à Metz; qu'il .s'agissait d'événements journaliers dans les casernes allemandes. AUTRICHE-HONGRIE Lutte de radés L'arrivée de trente mille Sokols tchèques à Brùrin en Bohême, a été tout de suite marquée par des incidents violents. Des étudiants allemands venus de Prague et de Vienne pour renforcer les Allemands de Brunn, se préparent à repousser par la force toute provocation des Tchèques. Une bagarre a eu lieu samedi- soir. Plusieurs manifestants ont été blessés. • Des forces importantes de police ont été réunies à Briinn. iTALIE Les élèctions communales Les constitutionnels ont été élus dans les l i élections communales de Rovigo, Fano, i i Fermo, Bari, Venise, Bergame, Brescia, Sa-» vone et dans toutes les circonscriptions de l'Ombrie. A Catane et à Marsa. les socialistes sont élus. A. Florence, 31 constitutionnels [ et 29 socialistes ont été élus . : D'après la «Tribunal on sera vraisembla-' blement obligé de nommer dans cette dernière ville un commissaire royal jusqu'aux nouvelles élections. GRECE ET TURQUIE Vers i'ëntentê Le «Sabali» publié une longue déclaration du ministère de l'intérieur dans laquelle il dit n'avoir relevé aucune incitation du gouvernement grec pour pousser lés Grecs à% émigrer. Le ministre est convaincu que le danger qui menaçait les relations gréco-turques a maintenant disparu, car la réponse de la Grèce es^ conciliante. ALBANIE Le but des insurgés Selon la «Wiener Allgemeine Zeitung», les insurgés d'Albanie n'auraient pas l'intention d'enlever Durazzo et Vallona, mais d'occuper solidement le reste du pays et d'y proclamei sous le protectorat de la Turquie le prince Bur-han eddine, fils d'Abdul Hamid et neveu du sultan actuel. Bi'd-Dcda Le prince Bid-Doda continue d'avancer. 11 se tient en communication avec Achmed bey, qui se trouve à ICr-uja, pour s'entendre avec .lui en vue d'une marche en avant commune. MEXIQUE La paix A Mexico, le gouvernement a annoncé que la paix était conclue avec les Etats-Unis, mais il garde encore le silence sur les conditions de cette paix. La capitale mexicaine est calme et indifférente. La presse assure que les rebelles ont accepté l'armistice offert, ce qui paraît fort douteux au lendemain de leur succès de Zacateeas. La médiation On affirme que les médiateurs ont reçu des télégrammes des représentants des consti-tutionnalistes à Washington annonçant l'envoi de la réponse du générai Carranza aux propositions qui lui ont été faites. Cette réponse est- ésnçue daiis un sens favorable. Les médiateurs espèrent qu'elle apportera la nouvelle que tous les généraux constitutionnalis-tes consentent en même temps que le généra] Carranza à envoyer des délégués pour conférer avec les représentants du général Huerta. Ces conversations, toutes o'ficieuses, n'auraient pas lieu avant une huitaine de jours, dans une ville qui n'est pas encore désignée. Après l'assassinai Él'artiiiducgîite safemme M ***" LES FUNERAILLES Les corps de l'archiduc François-Ferdinand et de la duchesse de Ilohenberg oni été mis en bière au konak et embaumés par un professeur de Vienne. Ils ont été transportés à la gare poui ; être dirigés sur Vienne. On pense que les obsèques auront lier ' vers le 10 juillet. L'empereur, qui y assis terà, retournera ensuite à ischl. j Mais voici une autre question d'étiquett< qui se présente. La femme du prince héri tier sera-t-elle inhumée en môme temps qu< son mari, elle qui n'a pas droit aux hon neurs impériaux. Déjà le Wiener Zeituni dans sa partie officielle, publie la nouvelh de la mort de l'archiduc François-Ferdi nand et dans sa partie non officielle, c3eil< du décès de la duchesse de Hohenberg; Il semble que l'archiduc François-Fer dinand avâit prévu et voulait écarter ces dif ficulté's protocolaires, dit-on, il avait pri ses dispositions pour que son enterremen n'eût pas lieu dans le caveau de la famill impériale, mais à Aamstetten, où il a faî construire un caveau pour lui et sa fa mille. Cela permettrait de réunir les deu: victimes de Serajevo, ce qui n'aurait pa été possible dans le caveau de la famill impériale à l'église des Capucins. Aamstetten est un château que l'archi duc a hérité de son père et dont il prenait i nom quand il voyageait incognito. Il est probable que pour ménager les foi 1 ces de l'empereur on réduira autant qu possible les cérémonies officielles. Il est possible qu'on transporte directement les corps à Aamstetten, où auraient lieu les funérailles qui auraient un caractère strie teinent familial, pendant qu'un «Requiem» solennel serait célébré à Vienne. LES AUTRES VICTIMES Le lieutenant-colonel Morezzi qui, lors du premier attentat, avait été blessé à la nuque, est hors de danger. Le comte Boos-WaldécK n'a que dés blessures insignifiantes, mais son automobile a été fortement endommagé, ainsi que celui du comte Har-rach, dans lequel se trouvaient l'archiduc et sa femme. Les personnes qui ont été blessées dans le public ne sont pas en danger de mort. Toutefois la femme d'un conseiller au département des forêts et un prieur ont été gravement, atteints. ENCORE DES BOMBES Deux bombes ont été lancées lundi à Serajevo, sans causer de grands dommages. Une seule personne a. été légèrement blessée. Les auteurs de ces attentats n'ont pu être découverts. On suppose que ce sont des complices des auteurs de l'attentat de dimanche. Un jeune homme a jeté hier matin une bombe qui a fait explosion, au coin d'une rue. Seul un musulman a été légèrement blessé. L'auteur de cet attentat a été arrêté. On n'a pas encore d'autres détails à son sujet. LES MEURTRIERS Prinzip et Gabrinovic séjournèrent ensemble à Belgrade où iis passaient pour des camarades inséparables.- Prinzip avait suivi pendant 4 années les cours d'une école secondaire de Serajevo, puis il était parti pour Belgrade, d'où il était reparti pour Serajevo il y a trois semaines. L'enquête faite jusqu'ici, a démontré que les detix auteurs des attentats étaient de9 ressortissants du pays, de confession serbe-orthodoxe.Gabrinovic a avoué avoir été récemment à Belgrade où il a reçu des hommes en vue d'un attentat contre l'archiduc. Le deuxième criminel a avoué que depuis son retour de Belgrade il avait eu le dessein de tuer à coups de feu un personnage haut placé pour venger ainsi la nation serbe. Cependant, il déclare ne pas connaître , Gabrinovic et avoir été Surpris pal* le jet de la bombe par celui-ci. DES ARRESTATIONS Outre les deux individus auteurs de l'at tentât, des personnes suspectes de compli cité avec eux ont été arrêtées peu après. Le nombre des personnes arrêtées est à peu près de cent. Toutes les personnes arrêtées; jfarmi lesquelles des femmes et deux jeunes filles, ont été incàrcéi'éés à la prison militaire. i L'agence des Balkans, dans une dépêche de Belgrade en date du 26 juin, annonçait l'arrestation d'un voyageur suspect opérée par la police de Mostar, et parlait de la dé-i couverte par les autorités bosniaques d'un complot tramé contre la vie de l'archiduc-héritier François-Ferdinand. Le télégram-j me ajoutait: «Bien que les autorités judiciaires obser- 1 vent le,mutisme le plus complet sur le résultat'des'pèrqùisît'ons opérées dans les ba- r gages du voyageur arrêté, il se confirme ; que, dès à présent, elles auraient acquis la preuve de l'arrivée à Serajevo, ou dans les î environs immédiats de la ville, de plusieurs révolutionnaires dangereux. Des mesures de précautions extrêmement rigoureuses ont été prises par les autorités ' de Serajevo.» ^ Hier après-midi, on a arrêté, à peu dt î distance de la frontière serbè, qu'il se pro t posait d'atteindre et de franchir, M. Jef tanovitch, propriétaire do l'hôtel de l'Eu-^ rope* saccagé et pillé par les manifestants 3 M. Jeftanovitch a des attaches de famill* 2 avec des Serbes. Il est le beau-frère de l'homme d'Etat serbe Spalaikovitch. Il es membre de la Diète de Bosnie-Herzégovine 3 et chef du groupe serbe de cette assemblée Des papiers compromettants auraient étt saisis, desquels il ressortirait qu'un soulè 2 vement était préparé et que M. Jéftano vitch était mêlé à cette affaire, dont l'assassinat de l'archiduc n'aurait dû être que le signal. UN COMPLOT SERBE Les attentats de Serajevo ne sont pas des crimes anarchistes; iL ne s'agit pas non plus d'un crime personnel; c'est-à-dire visant la personne même de l'archiduc. On ne peut donc voir dans l'affreuse tragédie de Serajevo qu'un crime politique visant l'héritier du trône et le gouvernement qui a annexé la Bosnie. D'autre part, le meurtrier de l'archiduc était, aux dires de certains, accompagné de deux jeunes gens qui portaient comme lui un ruban aux couleurs serbes. On insiste également à Vienne sur le fait que la journée d'hier est une des grandes fêtes nationales serbes: celle de la' commémoration de la bataille du Champ-des-Mer-les,^ à l'occasion de laquelle le sentiment national des Serbes est particulièrement surexcité par les organes chauvins. Le meurtrier avait précisément sur lui un numéro de la feuille d'opposition serbe Narob entouré des trois couleurs de Serbie. CONTRE LA SERBIE La Ileichspost, qui était en relations avec la chancellerie de l'archiduc défunt, publie., sous le titre: «Le sentiment de l'armée», une violente attaque contre la Serbie, où l'attentat de Serajevo est qualifié «effroyable provocation». A la suite de l'attentat contre l'archiduc François-Ferdinand, tous les; divertisse-ménts publics ont été interrompus dimam che soir, à 10 heures, à Belgrade, par ordre de la police. Les cafés ont été fermés. Les garnisons ont été consignées dans les casernes.UN APPEL AU PEUPLE BOSNIAQUE Le président de la diète a adressé au peuple un appel dans lequel il exprime sa ferme conviction que le peuple de Bosnie-Herzégoviné se groupera résolument autour du trône du souverain, qu'il est prêt à faire tous les sacrifices*, poUr la prospérité et le bonheur de la maison des Habsbourg, qu'il condamne unanimement Cé . crime horrible, qu'il stigmatise les agitateurs sans scrupule et les vils corrupteurs de jeunes gens sans expérience. Le président demande au peuple de témoigner son attachement et sa fidélité inébranlables à la maison d'Àutriche-Hongrie, d'étouffer dans son germé toute entreprise audacieuse qui puurxait résulter do pareils- Crimes. Il adjure les parents de protéger leurs enfants contre des agitateurs dénués de principes qui empoisonnent leurs fils avec des idées anarchistes. MANIFESTATIONS ANTI-SERBES De nombreuses manifestations contre les Serbes se produisent à Serajevo depuis dimanche soir. La plus importante a été organisée par des étudiants croates et allemands qui se sont portés en grand nombre contré l'hôtel de l'Europe, dont le propriétaire est Serbe. Ils ont envahi l'hôtel, y causant des dégâts. La police les a éloignés. Une antre manifestation a eu lieu sur une place publiqUè.tJh grand nombre d'étudiants croates se sont formés en cercle et se sont agenouillés pour dire publiquement des prières à l'intention de l'archiduc. Quelques Serbes qui passaient et que l'on soupçonnait d'intentions malveillnates furent roués de coups par les Croates. L'ETAT DE SIEGE A cause du caractère inquiétant des nia nifestations antiseriies et de la surexcita tion croissante de la population, l'état dt siège a été proclamé à Serajevo. Ce n'est là évidemment qu'un prétexte Le Journal de Berlin <1 midi annonce qu< dès que la nouvelle fut connue,, les auto rités firent diriger par trains spéciaux sus Serajevo les troupes destinées aux prochai nés manœuvres. Deux de ces trains spé cièux chargés d'infanterie sont arrivés t Serajevo. Toutes les troupes sont consi gnées dans les casernes. Nouvelles de VÉîranqer Les trous de Paris La commission chargée de déterminer les causes des effondrements du 15 juin à Paris a décidé d'appeler l'attention du ministre des travaux publics sur la néecessité d'inviter les services de la ^ille de Paris: 1. A activer le plus possible la construction des pieds-droit de la voûte du Métropolitain dans toutes les parties où cette voûte repose sur le sable; 2. A faire préciser immédiatement les mesures prises pour éviter que les égoûts ne puissent, en cas d'orages, déverser leurs eaux dans le sous-sol et provoquer de nouvelles excavations.De pareilles conclusions ne compromettent pas leur auteurs, mais elles n'expliquent pas grand chose. La commission a désigné quatre de ses membres pour se rendre compte en détail de l'importance dès malfaçc/ s possibles et de l'influence qu'elles ont pu avoir sur les derniern accidents. Vers le pôle Sud Sir James Caird, un industriel millionnaire de Dundee, bien connu pour ses donations philanthropiques, vient d'adresser à sir Ernest Shackleîon une somme de six cent mille francs afin de lui permettre d'organiser parfaitement son expédition à travers l'antarctique. ".Cette donation, a déclaré' sir Ernest, met l'expédition dans une excellente situation, et il n'y a plus à craindre désormais qu'elle ne parte insufisarhnïent' équipéé.» L'expédition quittera l'Angleterre au plus tard dans la première semaine d'août. Contre le pain cher A Madrid, à la suite de l'augmentation du prix du pain de dix centimes au kilo,.des manifestations se sont produites. Des centaines de gamins ont parcouru les rues de la ville et ont enfoncé les portes des boulangeries, dont la plupart ont été saccagées. Plusieurs manifestants ont été blessés par des projectiles lancés par les boulangers. Quelques-uns de ceux-ci, qui essayaient de se défendre les armes à la ma'n ont été fortement malmenés. Le «CaUfoinian» échoué C'est dimanche, à 9 heures du soir que la paquebot «Californien» s'est échoué, sur la cote irlandaise, près de Torg Island. A ses appels radiotélégraphiques, le vapeur «Cassandre» et trô;s contre-torpilleurs sont allés à son secours. En raison du brouillard, ils eurent quelque peine à découvrir le paquebot.Au nombre de 1.016, les passagers commenceront ù quitter ic «Californien» à l'aube et se rendirent à bord du «Cassandre». A 8 h. 30, tous les passagers du «Califor-nian» était transbordés sains et saufs. Le paquebot "pourra probablement être renfloué si le beau temps continue. 'L'équipage reste A b.ûrd, Le k-v des Pharaons On se rappelle id vive sensation causée par la découverte de-grains de blé qui se trouvaient parmi les dépouilles des momies des tombeaux de Tlièbes d'Egypte. Ils furent aperçus par un guide arabe et quelques touristes anglais dans l'antique nécropole. I/indigène, poussant des cris de joie, s'empara des grains et il ne se décida à en céder quelques-uns que lorsque les voyageurs lui en eurent offert un prix assez considérable. On fit les essais avec ce blé et, au grand étonnement de tout le monde, il germa etpous. sa. Cette expérience avait éve>Té l'attention du professeur Flinders Petrie, de Londres. Il s'est r-^-cemmem rendu à Tlièbes pour faù-e une enquête sur place. Sans chercher longtemps, il a trouvé du blé «antique» à. chacune de ses visites. Les soupçons de M. Flinders Petrie se sont éveillés. Le professeur a pris des renseignements chez les marchands dé blé des environs. Il n'a par tardé à constater que les guides indiègnès, avant de conduire les visiteurs dans ia nécropole, cachaient dans l'une ou , l'autre tombe quelques grains. Le professeur, qui avait déjà préparé un travail sur la germinatibn d'es céréales de Pharaon, a dû- brûler son manuscrit. Graves incendies à Londres. La nuit dernière le feu a pris.à trois endroits différents dans le sud de Londres. Tout un îlot de maisons ont été détruites, i- On évalue le dommage à cent mille livres sterling. On attribue ces incendies à là ma'veillancc. Feuilleton du «Nouveau Précurseur» 48 LA PLUS FOÏlTf Grand Roman PAR Roberl SASMWMJ.I — Non, répliqua Angèle.elle nous est bie dévouée, mais je craindrais que la pauvr fille ne soit prise du mal du pays. D'ailleurs, il est temps que notre enfai ait tine gouvernante française. — A la bonne heure! Je trouve que actuellement Tamara pari mieux le russe que sa propre langue. Jamais on ne la prendrait pour une p< tite Française. — Comment te sens-tu à présent, chérit demanda Angèle toujours inquiète. — Oh! maman, je suis guérie, je n'ai plv du tout mal! s'écria la fillette. Et s'élançant des bras de sa rflère el; sauta joyeusement à terre. — Ne sois pas triste, maman, je vais 1 faire rire. Tu vas voir. Elle cambra sa taille, campa ses deu petits bras sur ses hanches et se mit à ex cuter une danse russe en chantant un a populaire. La niania lui avait sans doute appris 1 naïve chanson, une complainte petite-ru sienne qui se chante et se danse là-bas, a pays de Kherson et dans les steppes en baumées du Dniéper. Vasink, ma charmante, Redis-nous tes chansons. Quel chagrin de tourmente? Dansons, dansons! - us'fj' jLirtairv'.- Je n'aime plus la danse, Encore moins les chansons. « A Boris seul je pense... Pleurons, pleurons! Ne soit, pas désolée. 11 peut t'écrire!... Allons Sous la verte feuillée... Dansons, dansons! ] Il ne peut plus m'écrire. 11 est pris de frissonB» De-fièvre et de délire... Pleurons, pleurons! i e II guérira, ma belle! Entends-tu les pinsons? I Suis la voix qui t'appelle,.. Dansons, dansons! Non, désormais mon âme e Reste sourde aux chansons Il aime une autre femme! ». Pleuronsi pleurons! 9 Si cet ingrat t'oublie, Fais comme lui, voyons. Aime-moi, ma jolie! s Dansons, dansons! e Et tout en chantant à tue-tête, Tamara secouait ses petites jambes, soulevait sa petite e robe, agitait sa petite tête, redressait sa taille. Même elle s'efforçait de mettre dans sa x voix inflexions tantôt joyeuses, tantôt tris-3- es, suivant les paroles des couplets, r C'était un spectacle à la fois comique el charmant que la vue de cette belle petite a fille qui se trémoussait en cadence, se dres sait sur la pointe de ses petits pieds, suivai u avec mesures les méandres rythmés de cett* j_ danse nationale. Bien qu'elle fût habituée aux gentillesse: de son enfant. Angèle la regardait charmée Elle riait aux larmes et applaudissait d< bon cœflr. --- Assez, assez! s'écria-t-elle enfin, tu va te fatiguer. iiiiibi wra Viens te reposer, mon amour, î Brusquement, l'enfant, s'arrêta-I Elle poussa un profond soupir et courut ; tôUtè essouflée dans les bras de sà mère, j — Maman chérie! s'écria-t-elle triomphan-• te. Je t'ai fait rire, c'est ce que je voulais, j Passionnément, la jeune mère étreignit son enfant contre son sein. Durant quelques minutes, oubliant la présence de son niàri qui Ja regard ait méchamment, elle prodigua ses càr'esëeS, murmu-■ rant de tendres paroles: ! — Ma petite Tamara, mon unique joie, ma chérie, mon enfant! La voix sardonique du comte Pierre de ls S Rochebriant mterroinuit ce8 effusions. S — Quel touchant tableau! s'exclama-t-il. Je vous félicite, madame, de l'habileté ' avec laquelle vous vous entendez à vous ac-i caper le cœur de nia fille. ! Heureusement, je ne suis pas jaloux et m vous ferai pas de reproches. Seulement,' retenez bien, ces paroles: En déversant sur votre enfant ies témoi gnages de votre amour, c'est moi, moi seul que vous aimez encore! Reardez ce visage, examinez ces yeux, ci front, cette bouche! Vous ne retrouverez pas un trait qui ap partienne au Fréinont. De la tête aux pieds votre fille, madame, est une Rochebriant Et il sortit de la chambre en faisant cla quer rageusement la porte. Angèle souleva délicatement le visage d Tamara et le contempla longuement. Oui, en effet, c'était bien les mêmes trait ; des. Rochebriant. Mais dans ces yeux de velours, ce regar si doux, si profond, si vrai, d'où venait-:.!".' Oh! lion, ce n'était pas le regard du con î te Pierre, son indigne mari. Quoi qu'il dise, murmura la jeune feu 3 me, ce n'est pas son cœur qui bat dans 1 poitrine de mon enfant- II A PARIS Quelques jours après la scène que nou avons relatée, Angèle était de retour à Pf ris- . . j A l'hôtel Frémont on avait préparé tor ! un appartement pour elle et son enfant. Dans le petit salon ivoire où, jeune fillf elle s'était abandonnée à tant de songerie: i hélas! sitôt disparues, Mme de la lloch< 1 briant et sa mère conversaient ensemble, i Mme Frémont était atteinte de l'influenzj ! Dans la crainte de communiquer son nu j à Tamara, elle avai eu le courage de n fuser de voir sa petite-fille. — Je me dédommagerai plus tard, quand ; ' serai guérie disait-elle. Je ne veux pc ! que la chère mignonne tombe malade à c.ai | se de itkû. 1 i Et Angele très craintive pour tout ce qi : touchait la santé de son enfant, n'avait ga j de d'insister. • ! Dans le salon attenant au boudoir, IN - 1 Frémont jouait le rôle, tout nouveau poi lui, de. grand-père. Enfoncé dans un fa ; teuil, il faisait sauter la fillette sur se genou. Alongé sur le tapis, le gros terre-neuv , le bon chien Yermack contemplait cette se ! ne dé famille. - \ Mme Frémont avait peine à contenir joie qui débordait de son cœur. 3 Les larmes aux yeux, elle regardait sa f le, lui serrait les mains, l'embrassait av s effusion. Est-ce bien toi, répétait-elle, est-ce bi< ton visage aimé que je revois? 1 Ah! je craignais de ne plus jouir de i bonheur. - .Mais non, je ne rêve pas, c'est bien toi q es revenue parmi nous. i- — Chère mère* répliqua Angèle, c'est • a grand bonheur pour moi aussi de me : trouver auprès de toi dans cette maison rj m'a vue naître, en ce boudoir où se sonl écoulées tant d'heures lumineuses- Combien nôtres éparation m'a paru Ion-gue et cruelle! Heureusement cette épreuve ne sè renouvellera plus. t Jamais je ne vous quitterai plus. Mme Frémont'ne dit rien et la regn.'df i, ardemment, longuement. j, On eût dit que son œil maternel chercha1 à surprendre les changements survënus siu ce visage aimé. l. — Ouf, dit-elle enfin, c'est bien toi, e il pourtant tu ne me parais plus la même, i- Tes yeux ont un regard que je ne leu: connaissais pas. e Ta physionomie a changé, elle est grave s pensive, presque austère. i- Je ne suis plus la jeune fille de jadis ma mère, j'ai vieilli. îi Epouse et mère, je ne saurais conserver 1; r- naïve insouciance de mes jeunes années. Mme Frémont nullement convaincue, ho I. cha tristement la tête. ir — J'espérais, sôupira-t-ellè, trouver uj i- peu plus de gaieté sur ton front, n — Songe aux multiples événements qui s sont écoulés depuis six ans que je suis ma e, riée. è- — Et ces six années ont-elles été heures ses pour toi? la — Mon Dieu, répliqua évasivement la jer ne femme, oui et non. il- Comme tout le monde j'ai eu des jours d'e ec rage, mais aussi des journées de soleil. La société de Pétersbourg s'est montré în fort hospitalière et très accueillante poc • moi. ce il m'a semblé vivre dans une seconde p; trie. ui Je compte parmi les Russes de nombren amis. in Et puis la naissance de mon enfant m 'e- procuré un bonheur si grand qu'il a effa< ui : bien des chagrins. — Des cliagr'ns! lesquels? tu as donc souffert?— Qui n'a pas sa part de douleurs en ce monde? s'écria Angèle. Un moment elle demeura silencieuse. Puis, sentant peser sur elle le regard scrutateur de sa mère, Angèle reprit avec douceur:i — Allons, ne me regarde pas avec ces i yeux interrogateurs. i :\îon mariage n'a pas réalisé mes rêves de i jeune fille. j. Mais bien des femmes, meilleures que moi : : sous tous les rapports, ont subi de pires déceptions. D'aileurs, ajouta-t-elle avec un rire forcé, il ne faut pas croire que mon mari est , un Barbe-Bleue féroce et tvrannique. J'ai l'autorisation d'ouvrir toutes les portes du château. Il n'a fait, comme tu vois, aucune diffi-i culté pour me laisser en France. — Et tu n'as pas l'intention de retourner à Pétersbourg? — Non; ainsi que'je l'ai expliqué à M. de i la Rochebriant, le climat de la Russie ne me convient pas. 3 Et puis, il était temps de songer à l'éducation de ma fille. Le ton de la jeune femme était si réservé - son regard si ferme, que Mme Frémont n'in sista pas. Elie devina qu'Angcle ne voulait pas de: le premier jour livrer le secret de ses tris tesses. ^ Et respectant cette fierté d'âme, Mm e Frémont s'efforça de changer de conversa r tion. -- Combien il me tarde de connaître m, petite-fille; -'I est vraiment cruel de la sa vir si près de moi et d'être dans l'impos x sibilité de l'embrasser. A ce moment le banquier entr'ouvrit 1 a porte et s'adressant à sa fille: :é ( (A continuer.)

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Cet article est une édition du titre Le nouveau précurseur: journal du soir appartenant à la catégorie Liberale pers, parue à Anvers du 1902 au 1914.

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