Le soir

389816 0
close

Pourquoi voulez-vous rapporter cet article?

Remarques

Envoyer
s.n. 1918, 30 Novembre. Le soir. Accès à 24 octobre 2020, à https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/fr/pid/5717m04p4j/
Afficher le texte

Over deze tekst

Onderstaande tekst is geautomatiseerd gemaakt met OCR (Optical Character Recognition). Deze techniek levert geen 100% correct resultaat op. Dit komt mede doordat oude drukken moeilijker te lezen zijn met software dan moderne. Dat betekent dat er onjuiste tekens in de tekst kunnen voorkomen. Er wordt gewerkt aan verbetering van de OCR software.  

LE SOIH a été particulièrement frappé par les Alla, mands. qui lui ont enlevé la presque totalité de son matériel.Des bons de réquisition qu'il a ou devrait avoir en sa possesion, un seul constate l'enlèvement de près de 50 moteurs électriques; d'autres de 200,000 kilos de papier, qui ont été pris pour être livrés aux Journaux censurés. Nous paraîtrons donc jusqu'à nouvel ordre aec des moyens de fortune. Nos lecteurs nous excuserons. Des machines, un outillage complet ont été commandés aux Etats-Unis, et nous permettrons de paraître bientôt dans des conditions meilleures que celles de IjM. LE SOIR Demandes d'emplois (mm reauit). . Toute ligne eu plus, 0.4é Toutes autres rubriques ou annonces commerciales. . M. Ktme o3 Faits Divers (f* partie) — (3"# partie) ....'' — «té — (s™ partie) ^3 Sport et Réparations Judiciaire» .... « jjJ nécrologie» > _ Réclamée avant les annonces — 2 ûo Taeatres et Spectacles ~ Téléplr. : Annonces : A 591 — Admjnlst. i A *788 — Réd. :A 188 et A 3540 Rédaction et Administration : 33, Place de Louvain, Bruxelles. Penx éditions i 1B A 8 II. et B à « h. siu ui\ivr.iYir.tv i o Les abonnements au SOIR pour i'agglomi ration bruxelloise seront rétablis à partir ci 1" décembre, Iss journaux bruxellois ayar pu se procurer un peu de papier, en attendar l(ue oelul commandé par eux leur parvienne Provisoirement, le prix a été fixé à 2 franc par mois, soit 8 fr. pour la période 1" di •ambra 1818-31 mars 1818. Nous espérons que le prix des matière premières s'améliorera suffisamment d'ici I. pour que nous puissions appliquer de nou veaux tarifs, mieux en ooncordanoe aveo I passé. On remboursera à nos guichets, contre pré tentation de la quittanoe, la valeur des moi payes anticipativement et non servis en 1014 ANNONCES Mous prions nos lecteurs d'excuser !s retarc que, par suite des circonstances très difficile! Que nous traversons, nous avons dû apporte dans la pubiioatton des annonces les moim urgentes. Nous paraîtrons demain en quatre pages •e qui nous permettra de mettre la sltuatior à jour. Le Sentiment du Devoir Après Quatre airs et demi d'un silence Que nul d'entre nous n'a voulu rompre, puisqu'on ne pouvait parler ni écrire sans se soumettre aux exigences de la censure et prostituer sa pensée a l'ennemi, je puis donc enfin reprendre mes causeries avec les lecteurs du Soir. Au cours de ces longs mois de l'occupation, tandis que les Journalistes « emooehés » s'efforçaient vainement d'affaiblir les courages, de saper les résistances, d'accomplir leur action dissolvante, due de fols me suis-Je dit, comme tant d'autres : « Ah l si Je pouvais reprendre ma plume, que de choses il y aurait à dire, comme on pourrait abattre de bonne besogne I » Et maintenant Qu'on a les coudées franches, qu'on se trouve devant tou» un pays à restau rer, toute une patrie à refaire, Je reste là, songeur, devant mon carré de papier blanc, cherchant un sujet de chronique et invoquant la Providence. •tous les chroniqueurs la connaissent, cette tture décevante où les idées semblent fuir a »ïe-d'aile, où les ■ actualités » Jouent mali-■ leusement à cache-cache, où l'aliment le plus fcubstanciel paraît se changer en une noix creuse sous la dent. Dans ces cas-là, dame l le plus tage est de déposer la plume, d'allumer sa pipe puisque le tabac n'est plus à cent francs le kilo, et d'aller prendre l'air, confiant' dans les hasards de la promenade, les petits sdoc-tacles de la rue ou les conversations des plateformes de tram. Mais si l'inexorable réd&c-Chef vous talonne et réclame la « copie • pour le jour même, force vous est de recourir à vos réserves et de choisir tel article auquel il vous est arrivé de songer maintes 101s. sans impatience, sa publication n'ayant aucun caractère ;urgent. Dans ces moments de pénurie, il m'advint, naguère, — vous en souvient-il T —- de vous ernmenei vers les villages de chez nous, d'évoquer la quiétude des maisons familiales, les charmes du ruisseau champêtre, la vie grouillante des jours de foire, le pittoresque des pèlerinages et les plaisirs du repos dominical. Mais comment vous parler, de gaieté de cœur, de ces villages qui ont coduu les horreurs de la guerre, dont les maisons furent incendiées, nés bois rasés, les clochers abattus? Et J'oublie l'objet de mes recherches pour revivre une fois de plus ces quatre années de Joug, d'oppression, d'angoisses sans nombre, 4'espolr persistant, qui nous ont montré h. nu tant de laideurs morales, révélé la cupidité paysanne, 'es trusts d'accapareurs, la vanité ostentatoire des « barons Zeep », mais qui ont fcussi mis en lumière tant de 6toïcisme, de îourages nobles et flers, de dévouements molestes, tant d'abnégations héroïques l Quel réconfort quand on songe à tant d'exemples donnés simplement, à toutes ces fleurs de civisme luperbement épanouies dans les cœurs les plus trustes aussi bien que dans les âmes les mieux préparées sous les chauds rayons du devoir. Et, brusquement, avec une Ingratitude bien Humaine, voilà que Je cesse d'implorer la Pro-ridence, parce que Je sens que Je vais pou-roir me passer d'elle. Que vous dirai je, en ïffet, qui puisse vous toucher plus sûrement lue ce que nous inspirent ces exemples du de-roir accompli? Les soldats qui se faisaient tuer au front, es bourgmestres qui défendaient l'autonomie communale et les intérêts de leurs administrés, ,e3 magistrats se mettant en grève par souci le la loi et de la justice, ies jeunes gens pas-;ant la frontière pour aller rejoindre 1 armée, es courriers fnisant la navette entre Le Havre st le pays occupé, les comités créant des œu-rres de secours et d'alimentation, les manda-aires politiques protestant contre les viola-ions du Droit, les Journalistes publiant à leurs :isques et pénis ies revues prohibées, les parlotes organisant la poste occulte du Mot du iol'dat, les fonctionnaires résistant aux mesu-■es illégales ou séparatives de l'occupant, les ermiers et commerçants qui ont refusé d'ex-iloitér leurs clients, tous ont simplement mis ,n pratique leur claire notion du devoir. Accomplir son devoir: faire uniquement ce pie l'on a à faire. Quoi de plus simple 1 Et [uoi de plus difficile 1 Car sait-on toujours ixaçtèment ce que l'on doit faire? comment econnaîtra-t-on son devoir? Presque toujours .u caractère d'4mpérieux commandement que ■evêt l'ordre dicté par la conscience. On sent rôs clairement qu'on ne doit pas commettre elle mauvaise action, même si votre caprice >u votre intérêt vous y poussent; on conçoit, ion moins clairement, qu'il faut faire telle >onne action. Mais une action peut ne pas être* nauvaise sans être pour cela recommandable. J'abstenir n'est pas toujours agir. Et il est aussi les degrés dans le bien. Le devoir nous com-aande d'aider les malheureux. Mais le pauvre [ui donne à un plus pauvre un peu de ce qu'il t rempli mieux son devoir que le riche qui se lontenterait de l'imiter. Comment saurons-nous exactement ce que le devoir exige de nous ? Car le devoir a des degrés dont le plus élé-oentaire consiste à commander à ses passions, , ses instincts, à faire triompher l'esprit sur k bête. Il commence là où il y a victoire de l'homme sur soi-même. Il ne consiste pas seulement à faire bien parce que tout le monde fait bien ; il do»t traduire la tendance à faire mieux que ce que font les autres, à faire mieux encore que nous nous imaginions pouvoir faire nous-mêmes. Faire son devoir, c'est mériter d'abord l'estime des autres ; c'est surtout mériter l'estime de soi. Faire son devoir, c'est se surpasser. Si vous vous dominez dans un intérêt qui n'est pas le vôtre, mais qui est l'intérêt général, le devoir se hausse d'un échelon. Et si, pour être utile à vos semblables, vous poussez le dévouement Jusqu'au sacrifice de vous-même, vous acquérez évidemment du devoir un sentiment plus élevé encore. D'où l'on peut inférer que de ces diverses formes du devoir, celle que l'on devra choisir doit être presque toujours la plus malaisée à réaliser, soi-t à cause des dangers qu'elle pré sente, soit en raison des résistances que lui opposent nos instincts. Mais ce n'est là qu'une des difficultés aver. lesquelles, au moment critique, on se trouve aux prises. Le problème est parfois plus complexe. Le devoir varie selon le temps. le lieu, les personnes, les circonstances. Ce qui était notre devoir hier peut ne plue l'être aujourd'hui. Tel devoir peut s'opposer à tel autre, non moins impérieux. Le devoir paternel, le devoir filial, le devoir professionnel, le devoir civique peuvent entrer en conflit. Comment se débrouiller au milieu de ces devoirs parfois contradictoires ? Comment choisir? Heure perplexe, douloureuse, profondément poignante que bien des personnes ont vécue au coure de la guerre récente. Qui pourra dépeindre les affres du fonctionnaire placé entre son devoir familial qui lui défendait de livrer le6 siens à la misère et à la laim et son devoir professionnel qui lui imposait l'obligation de refuser tourf-e collabora-Lion au pouvoir occupant ? Qui contera les angoisses de la mère ballottée entre son amour pour son fils et les exigences de la Patrie le réclamant au front? Les perplexités d'un fils unique sachant que sa mort laissera sans soutien ses vieux parents et qui comprend que le W a besoin de son bras ? C'est devant de tels conflits que l'on conçoit vombien il est parfois plus difficile de discerner >on devoir que de le faire. Comment voir clair tn ces ténèbres? Cette lois encore, il n'y a pas à tergiverser. devoir est là où l'intérêt général prime îotre intérêt privé, il est là où il nous parait e plus pénible à accomplir. Et quand on a enfin choisi, quand la logl-[ue, la raison, le bon sens, la morale, la digni-ô personnelle, le souci de l'intérêt public nous <nt tracé notre conduite, que d'énergie, de téna-ité, de courage, d'abnégation ne faut-i] pas tour y adapter rigoureusement ses actes 1 A la aoindre difficulté, aux premiers symptômes u danger, voici que la volonté chancelle, que bs scrupules vous gênent, que la conscience srgiverse. Pour faire son devoir, tout son de-oir, il faut voir, il faut avoir fait le 6acri-ce do ses intérêts, de ses biens, de ses amitiés, e sa vie. Il faut pouvoir tout subordonner à i réalisation de sa tâche, et, comme le 6ol-at à l'assaut, ne voir que le but sans s'in-uiéter des obstacles. On manquait de fermeté, e patience, de résignation, il faudra acquérir >utes les vertus qui vous manquent, et c'est ans Je sentiment du devoir que vous le6 pui-îrez. Le sentiment du devoir est le suprême énérateur de toutes les énergies, de tous les ôroïsines. Combien de fois ne l'a-t-on pas constaté pen-ajit cette période tragique dont le souvenir dus hantera jusqu'à la tombe. Ces employés 3 commerce, ces ouvriers se redressant avec fie noble fierté devant le peloton d'exécution, îs jeunes gens risquant Fêledrocution ou la iJle des sentinelles en Uranchissanf la fron-ère pour rejoindre les lign-ea beigeo, oui donc jrç pu soupçonner en eux cette étincelle d'ne-rïsme qui, au moment opportun, leur enflam-ait le cœur ? Rien no le* trait préparas à oes ,chos sublimes. Rien ne les désignait, parmi ni d'autres, à d'aussi généreuses aventures. Et il a 6*i ffi que l'heure du devoir sonnût, )ur qu'ils eussent la compréhension nette de — qu'ils devaient faire. Et, simplement, noble-ent, sans faiblesse ni forfanterie, ils ont fait uir devoir. Voilà l'exemple que sans cesse il faudra mon-er à nos enfants, rappller aux générations .tore». Il faut qu'on apprenne à se faire îe morale supérieure, une morale impérieuse >n* on ne discute point les ordres quand ent le moment de l'action. Et pour cela, il suffira de leur apprendre la oyance au devoir. Croire au devoir, c'est en-►re le meilleur moyen de se préparer à le ire. chantecler. L'accueil aux Alliés Surpris hier sur la plate-forme d'un .tram-ay cette conversation entre deux officiers liés : — Décidément, ils sont gentils, ces petits Bel-ss. Comme on nous a reçus ici ! Ce qu'on nous acclamés I Jamais Je ne m'étais attendu à cela. — Ils sont plus enthousiastes que chez nous, u'on s'arrête sur la Grand'Place ou devant un onument quelconque, c'est "à qui s'offrira com-e guide. Et l'on voit qu'ils cherchent tous les •étextes pour nous approcher, pour causer... Ces quelques phrases nous firent plaisir.EIles «luisent si bien nos sentiments depuis la •ande émotion qui nous bouscula à l'arrivée 5 nos premiers soldats, des premiers Alliés, largés de missions, ou accourus en hâte pour voir des êtres chers, lorsque nos rétines aient pleines encore de la vision de ces af-eux boches... Qu'eussiez-vous dit» lieutenant, si vous étiez Tivé en avant-coureur de la victoire, l'un js trois eu quatre jours qui ont précédé l'éva-lation, lorsqu'une population en délire por-it en triomphe jusqu'au sommet du péristyle > la Bourse chaque soldat belge ou allié qui issait, le couvrait de fleurs, et que le public de Jolies femmes, des dames — lui donnait tccolade, malgré ses protestations parfois, car i était nombreux, et on ne le libérait qu'après i avoir mis à la main son drapeau, et avoir < anté en chœur l'hymne national de son pays ? Nous n'osons plus acclamer nos soldats, vos ldats, nous n'osons plus les saluer. Ils sont si habitués à ces démonstrations, ils doivei être si las de nous répondre... Et pourtant, nous ne faisons pas assez poi eux, car J'ai surpris — Je m'en excuse très fo — quelques bribes encore de votre conversatioi avant que vous ne descendiez Votre ami, lieutenant, vous a dit : — Allons prendre la demi-tasse et fumer u cigare en attendant X... Et vous lui avez répondu très bas : — Tu n'y penses pas. Nous avons reçu i< un accueil admirable, 11 est vrai, mais tout es hors de prix. J'ai déjà dépassé mon budget ai Jourd'hui, et nous devons encore souper. Nou en avons pour des mois, il faut compter... Et J'ai pensé que pour vous, vaillants guerrier qui avez risqué votre vie, et partez si loin er core, chez ces vilains Boches dont vous nou avez délivrés,'pour vos soldats qui plus «u vous doivent compter les Belges pourraien faire quelque chose de plus. Nos commerçants devraient accorder d'offle des tarifs réduits aux àéros qui passent. Ils leu doivent bien quelque chose, parbleu 1 Bientôt ils nous les appliqueront à tous d'ail leurs 1 — Le café dont vous parliez s'est vend» hier deux francs le kijpgr. en balle, à la Boursi d'Anvers, nous disent les journaux; le cigari qui vous tentait a subi une diminution d< 26 pour cent depuis deux jours. Les Boches qui spéculaient ici ont vécu; 1& accapareurs sont mourants ou coffrés 1 Vous avez permis aux Alliés de nous amenei en quantité re-pectables l'utile, l'ihdlspensablt pour nous, pour vous, l'agréable, la disuactioi du soldat. Bientôt, demain sans doute, les prix baisseront. Qu'on liquide les stocks... Gare à ceux qui ne le feront pas à temps t Voilà ce que votre conversation m'a suggéré de dire à tous. Encore une fois, mon lieutenant, je vous demande pardon d'avoir tendu l'oreille... PETITE GAZETTE io cm'gts Le marquis^de Villalobar a émis auprès de son gouvernement le vœu de garder ses fonctions de ministre d'Espagne à Bruxelles. « Je refuserai, a-t-il dit, les plus grands honneurs, pour rester ici. » Âa Kniaistère de l'Agrlealiarc. Cest M. Vandervaeren, inspecteur général, professeur à l'Université de Louvain, qui devient chef de cabinet de M. Ruzette, le nouveau ministre de l'agriculture. Pour célébrer In délivrance. Une messe, à laquelle sont învités à assister tous les ex-prisonniers politiques, sera célébrée lundi prochain, à 10 heures, à l'église de la Chapelle. Le Pere Paquet, de la Compagnie de Jésus, prononcera une allocution. l'n oaérllé à nos ma-Jstrats Le Loi, voulant reconnaître le courage avec lequel, sous l'occupation ennemie, ils ont soutenu, au prix de leur liberté, la cause du droit et de la dignité de la magistrature, vient, sur la proposition du ministre de la Justice, d'élever M. H.-C. Lévy Morelle, président de la cour d'appel de Bruxelles.au grade de grand-oifl-cier de l'Ordre de Léopold et MM. F.-L. Ernst et V.-A. Carez, présidents à la cour d'appett de Bruxelles, au grade de commandeur. Kfommaigo <?© l'Aoglcltrro à la Parmi les articles de la presse mondiale consacrés à la Belgique, à son armée et à son Roi, et que le défaut de place s**ul nous empêche de reproduire loi, il nous faut eili»r «vtfoit Hn Tincc* « Le Roi et la Reine ss sont montrés dignes de 1/ affection et ae la fidélité qui leur sont maintenant manifestées par le peuple qui a Jeté un cLéfl audacieux atfcx Allemands et par l'armée pour laquelle le Roi revendique, à Juste titre, le grand honneur d'avoir arrêté la ruée allemande et bouleversé le plan entier des opérations allemandes à la période la plus critique. » Aucunes troupes no ae sont mieux conduites au cours do la dernière phase du conflit. Elles rentrent en Belgique couvertes de lauriers et les lauriers des derniers mois de guerre sont plus brillants que ceux qu'elles recueillirent à son début. Plus prodigieux même que la vaillance des soldats fut le cou- i rage passif (toi peuple belge. Toutes les humiliations et les cruautés que les Allemands purent inventer ne parvinrent pas 4 briser ou à ébranler le moral indomptable de ce peuple héroïque. Il a donné une îeçon à tous les tyrans, a montré l'exemple à tous les peuples libres, leçon et exemple qui resteront gravés dans les annales de l'Histoire, et l'humanité se réjouit de i& récompense éclatante de ses vertus intrépides » L'Untoa calionale. Un ordre du Jour en l'honneur de M. Max : « Les Conseillers communaux catholiques, indépendants et ouvriers de l'agglomération bruxeiloise, en attendant qu'ils puissent, réunis avec ions leurs collègues en une solenelle cérémonie communale, magnifier le grand citoyen belge qu'ils saluent en leur collègue, M. le bourgmestre Max, lui adressent l'hommage de leur admiration enthousiaste. » Déférant au désir exprimé par lui dans sa i lettre datée de la forteresse de Glatz le 9 fé- j vrier 1915 au président de la Fédération des conseillers communaux de l'agglomération bruxelloise, ceux -ci se font un devoir patrioti- j que do maintenir, dans la plus parfaite union, leur collaboration loyale et dévouée à la g»s- i Ion des affaires communales. » Pour la réparation des domnseges Un avis du Parquet de Bruxelles: « En raison de l'impossibilité dans laquelle se rouvent les collèges d'experts de visiter immédiatement le très grand nombre d'irmneubles endommagés aux abords des diverses gares, avant leur remise en état, il importe que les /ntéressês leur fassent parvenir le plus tôt possible un relevé détaillé avec dimensions et estimation de tous les dommages, ainsi que l'indication des débris qu'ils auraient trouvés (projectiles, débris de wagons ou autres), avec la désignation de l'endroit où ils ont été con- ; statés ; que oes débris soient pesés et conse: vés. Il y a donc lieu de faire parvenir M. Pierre Devos, expert du Parquet, rue Mi rilloj 33, Bruxelles-Cinquantenaire, ces divei ses indications et tous autres éléments (expei lises, constats, etc.). » Le meuvement syndical. La Commission syndicale du Parti Ouvrie belgç a arrêté le texte d'une décision impli quant la triple revendication que voici : « Huit heures de travail par jour ; » Leconnaissanoe des organisations syndica les par le patronat ; » Minimiim de salaire de 1 franc par heure avec 100 % d'augmentation, pour les travail leurs qualifiés. » inScrcés co ISoiiscde. Lundi prochain iî décembre, le prerriio: tram à internés belges en HoiLande quitter* ie capap"d'iiarderwyck pour arriver à Cap pelieii, où tout est déju organisé pour iei recevoir. - Kclre ravhsîik-âu«a; L administration des Magasins Communaux nous coaixiiuiiique las nouvelles les plus rassu-raiiiec? concernant notre ravitaillement en pommes terre. Ln in uicipe la population bruxelloise est ra-vuailioe jusque fin mars. Mais il n'en sera tenu aucun compte. Les M. C. procèdent activement a l'acnat de pommes de terre chez ies producteurs. Le prix de soixante centimes jjk.i kiloj ne sera pas maintenu. On attend dans quelques jours des stocks considérables qui seront Rendus au prix de quarante centimes. Ce prix baissera même dans de notables proportions quand les communications avec les Flandres et le Limbourg seront rétablies. En attendant l'administration des M. C. engage le public à ne pas contrarier ses efforts et de ne pas faire le jeu des spéculateurs en cherchant à s'approvisionner en pommes de terre. Le rationnement en sucre sera maintenu Jusqu'à nouvel ordre sur la môme base. On espère pourtant pouvoir l'augmenter d'ici à quelques semaines.Cependant, par suite de la désorgani. sation^ occasionnée par le départ des Boches, il se peut que les distributions «oient remises à huitaine. L'administration des Abattoirs de Cure*gliem nous ,a communiqué d'autre part d»es renseignements ass«z rassurants. Le prix de la viande, qui est actuellement de dix francs au'kilogr., diminuera encore dès qae les communications avec If8 Flandres seront rétablies. Tout dépendra évidemment de l'état de notre cheptel après le pacage des pillards bocJieS. Dans quelques Jours nous seront fixés à cet égard. D'autre part, on attund, comme on sait, des envois.de moutons congelés d'Amérkyue. 11 y a tout lieu d'espérer égciJement que la France ouvrira i>es frontières. La viande étant A très bas prix au marché de la Villefcte,' quelque* centaines de mille têtes de bétail apparaissait! sur nos marchés feraient baisser sensiblement le prix du bétail indigène. A Scfa&arbeek. Le Réfectoire des Tuberculeux, situé rue Tîiléfry, est, parmi les œuvres similaires, une de celles qui rendent le plus de services à la popuidiion aiiémi'ée par les privations de ces terribles années de guerre. Le personnel y accomplit avec dévouement une rude beso-pne. Il y a là de braves femmes qui travaillent toute la journée, les dimanches comme pendant la semaine, et qui . seraient bien heureuses si elles obtenaient de temps en temps un jour de congé. N'y a-t-il paa moyen J organiser un «roulement» qui permettrait le falçe droit à ce légitime désir f chevaux. La zsziloù agricole du Comité National a eçu avi* que le gouvernement de la Grande-Iretagne était disposé à mettre cinquante mille hevaux, provenant de la démobilisation de 'armée, à la disposition de la Belgique pour 'aider à sa reconstitution. — L'OFFICIEL Moniteur du 28-2'j novembre. Sont nommés : Auditeur militaire près le con«eil do guerre porma-lent do la Flandre oriental®, M. Van Wamboito, ub»titut, en remplacement ae M. De Qroote, décidé. Auditeurs m,IlLiire> eno3ani;*0'ae, MM. Pocher, Bd., Hoeriuc&x et Anspacn, suD^tiiuU. ureiiior près le conseil do guerre permanent à dons, .d. Cocquyi, greilior adjoint près le conseil de guerre psrmane it a Uarni: Ure.tiur près le conseil de guerre permanent à iruges, M. S» m.irs, grailler aljoint près io conseil do fuerre permanent a An\ ers. Sont acceptées les démissions t De MM. Pa tur et Peehor, iid., do leurs fonctions l'auditeur militaire en campagne, Mil. Kenard et Cambrésy, reprennent leura foncions d'auditeur â Mons et à Anvers. Fraeys da Veube .e, de Seiliers de Moranville >t Vaa YV'ambeke, subsutets a Liège, à Bruxelles, » àsuid. Mil. Prisse, auditeur, Goosscns et Bruneel, sub.'.tl-uts, J Brusellei, a Anr . rs ei t Bruges. MM.DeprezetiSauwen, gie llorsa Anvers età Gand. MM. ùomers es Cocquyt, greiliers à Anvers et â iand. ■■■ "«O»- / Les étrangers en Belg^iie On sait que l'arrétô-loi du 12 octobre 1918, réglant la situation des étrangers et naturalisés •ésidant en Belgique, subordonne leur séjour lans le pays à l'autorisation du gouvernement. M. le procureur du Roi Holvoet, dans une irculaire adressée aux parquets et à la police, rtent de prescrire une série d'excellentes me-iùres pour l'application de cet arrêté. U fait remarquer d'abord que tous les étrangers, naturalisés ou non, tombent sous le coup ie cett)3vlol. Ne sont exempts que ceux qui, dans ies forcées légales, ont opté, pour la nationalité aelge. Les IisJ.es des étrangers devront être dressées iu plus*-tôt. Ceux qui ne se seront pas présentés, d'ans les délais prescrits, à l'administration communale de leur résidence, pour y si-îàaler leur présence, sont passibles des mesures les plus sévères. Ils seront considérés comme suspects, et ceux- ci, d'après les instructions de l'honorable pro cureur du Roi, seront internés au « Gesellen baus », rue Pletinckx, ou à l'école allemandt de la rue des Minimes. Quant à ceux dont l'attitude est manifestement suspecte ou qui, à raison de leur conduite durant l'occupation, sont nettement dangereux, on les emprisonnesa. Pour pouvoir obtenir un permis de séjour, les ressortissants des pays ennemis devront se présenter avec deux citoyens offrant {.oute garantie de loyalisme, et qui devrpnt se porter garants pour eux. ils pourront, à cette condition, être laissés en liberté, et on leur délivrera un suuf-conduit tout provisoire, tout en leur recommandant de sortir de chez eux le moins possible, de ne se montrer sur la voie publique qu'en cas de nécessité. Nous croyons utile d'attirer l'attention de | ceux qui se porteraient garants pour des étrangers, sur l'importance de l'acte qu'ira auront a contresigner, sur la lourde responsabilité qu'ils encourent. Qu'ils n'oublient pas que la mentalité boche considère les engagements les pius saorés comme chiffons de papier. M. Holvoet signale aussi d'une façon spéciale les Russes, qui, pendant l'occupation, auraient fraternisé avec les troupes ennemies. Recommandation des plus utile, surtout an point de vue de l'identification, car on sait, par expérience, que les pièces d'identité russes étaient délivrées avec une telle facilité qu'elles n'avaient aucune espèce de valeur. Parmi les Russes restés en Belgique, il y a eu beaucoup de trafiquants éhontés, et il y a aussi un élément bolcbevistc qui, pour n'être pns dangereux chez nous, n'en est pas moins « indésirable ». Nouvelle protestation du Dr Soif Le Dr Soif, au nom du gouvernement allemand, a adossé la note suivante aux alliés : « D'après d^« informations parvenues à Berlin d>es directions «les postes de KarisraJie, de Strasbourg et de Francfort, tout trafic postal, télégraphique et téléphonique est, à la suite des mesures prises par les puissances ennemies, complètement interrompu entre l'Al-sace-Lorraîne et les autres parties de l'empire allemand depuis ie 21 novembre. Ceite façon de faire cause les plus grands dommages aux populations intéressées. Il résulte entre autres d'un rapport émanant de la direction de Karlsruhe, qu'au bureau de transit dos colis postaux de Mannheim et au bureau des postes de Karlsruhe des milliers de colis ordinaires pour l'Alsace restaient en souffrance.A Karlerohe, plus de 200 colis, valeur déclarée, venant de la Suisse pour l'Alsace, sont immobilisés. Le contenu d-os envois est composé en grande P8rt?e de denrées comestibles. En outre, depuis le 21 novembre, à midi, tort pessapre.de vovpcreurs entre l'Alsnce-Lor-m^ne et l'empire d'AH^m^gne est fnterdit. Par *-erf<e raison, beancoun de relations économiques sont inter^omr.ve?, ce dont souffrent par-fin "l'Mment de nombreux ouvriers et employés.T e rrr)wf>rr\pvr)p-nt allemand attire Vnfitention >ur ces mco-ures dont rien ne justifie la ri-~u-oHr *»t <tu* ne s'accordent pas avec les con-'o^tions d?1 l'armistice. T! demande, au nom de 'Alsace-Lorraine et de»g populations ns.n^es. rrne e< un adouifi£&f,Y,*^t prochains îw.'dites mesnres. » Les théâtres du front Los représentations du Paro. jJ'-rrorh, neige rut r installation, à peu de i&tance do la ligne de combats, de trois ftéàlres. Le premier était à La Panne, à l'am-ulance du docteur Lepage, et portait le titre e Théâtre de Reine ; le deuxième se trouait à Hoogsta'ien, le troisième à l'hôpital e Beveren. Les troupes improvisées se trans-ortaient dans l'une ou l'autre de ces salles, es représentations avaient lieu exclusivement n matinée. La partie musicale était dirigée ar M. Corneil de Thoran, la partie dramati-ue par M. Francen, ancien acteur au Parc t aux Galeries. Le fondateur de ces théâtres tait le lieutenant Van Iseghem, qui fut tué ans un combat des Flandres. Le colonel d'Ou-repont avait appelé M. Francen à succéder à b brave. L'artiste venait de Russie, où après voir au début de la guerre joué au Théâtre fichel, ô Saint-Pétersbourg, il avait pris du ervice dans l'armée russe, alors nos alliés. Les principales pièces représentées sur ces léâtres furent Le Cloître, de Verhaeren, La 'lambêe, de Kistemaekers, AfH® Josette ma fem-le. Mon Bébé (ltaby my), adaptation de Hen-equin, L'Artésienne. On remarquait parmi les rtistes des actrices bien connues du public ruxellois : Mlle Juliette Clarel, du Parc : Mlle eanne Delmar, Mlle Cécile May, des Galeries ; Tlle de Cléry, la fille du baryton de la Mon-aie ; MHcs Marcilly, Dehailly et Célia, de Odéon ; Mlle Strfjzza, du Théâtre Michel ; Tlle Hélène Dieudonné, la fille du vieux eomé-ien. On ne pourrait rendre un assez bel hom-lage à ces courageuses artistes qui mirent ;ur talent au profit d'une œuvre de réconfort loral en même temps que d'art très sincère. I arriva souvent que le bombardement fit rage endant l'exécution d'un morceau symphoni-ue ou la représentation d'une pièce du rêper-:>ire. On ne s'arrêtait pas nour cela, le concert u la pièce continuait... Tous les spectateurs talent des soldats, comme les acteurs d'ail-îurs, parmi lesquels il faut citer M. Guidé, a neveu de l'ancien directeur de la Monnaie ; T. Guilatn, M. Roger, le frère de la Jeune rtiste bien connue à Bruxelles ; M. Frederix1, ;!s du directeur des Wagons Lits, etc. Bientôt? nous verrons ô Bruxelles ces artia-es, hommes et femmes. A partir du vendredi 3 décembre, le théâtre du front que dirigeait i. Francen, donnera au Parc une série de sept eprésentations, qui se succéderont dans l'or-ire suivant : le 13 Le Cloître ; le 14, La Flam-êe ; le 15. VA rlésienne, aveo l'orchestre de î Corneil de Thoran. Ces trois pièces seront données au profit ['œuvres de bienfaisance bruxelloises. Elles eront Jouées gratuitement ensuite dans le aême ordre, c'est à dire les 16, 17 et 1S. Enfin, la septième représentation sera donnée le Jeud 19 en matinée. Bis le Mi tffi CMftrei Les usines saccagées. !De notre correspondant au Iront britannique.) On sait que dans le Borinage et la région du Centre, les Allemands, gui avaient tout pié-paré pour la destruction des charbonnages, comme dans le Nord et le Pas-de Calais, où il faudra des années pour, la remise en état des exploitations, ont réfléchi à la dernière Minute, impressionnés par la note Lansing. 31s se sont contentés e'enJever certaines piè^el aux machines d'extraction, mais ces piècesO une fois remplacées, le travail pouvait repren* dre. Dans plusieurs villages borains. les sjm-dicats des mineurs se sont réunis et ont dési-' gné des délégués qui négocièrent avec les corrt* pagnies la reprise du travail. Dans le bassin de Charleroi, les charbons nages n'ont pas été endommagés. Quand, nant de Namur, nous aperçûmes, dès Chàte-» let, les fumées blanches que, rabattait vent, parmi les noirs crassiens monstrueux,^ quand nous revîmes le sombre et puissant paysage de mines, de cheminées, de "ponts* roulants et de téléphériques, ce ■ site Lrutal A, buriné par Verlaine, évoqué par le pinceauf d'un Constantin Meunier, d'un Luce ou d'ua Paulus, nous ressentîmes une grande émotion* Hélas I il ne faut point se fier aux apparences* Derrière les murs de certains halls gigantes» ques et enfumés ne retentit plus le fracas dea métaux, on n'entend plus le bruit sourd deï marteaux-pilons. C'est le silence de la mort* car ces usines sont désertes, absolument vides, Les Allemands les ont pillées complètement Mieux — ou pire : il» ont brisé nombre d^ machines, ont dynamité des hauts-fourneàuXc Les usines de la Providence, à Maichienne*au*< Pont, offrent le spectacle d'une affreuse dévas» tation. On serre les poings de colère en voyant dans ces halls immenses où, naguère, dans la pénombre rougeoyante s'étiraient les rails, pareils à des serpents de feu, des amas de fer» railles tordues ou des plates-formes en béton. absolument vierges, d'où les machines ont été arrachées pour être transportées en Allemagne ou envoyées à la fonte. Après l'arrivée des Allemands, fin août 191!t la Providence, dont les installations de Haut* mont (Franco) ont été également saccagées, continua de travailler quelque temps, histoire d'occuper ses ouvriers, dont l'effectif total, avant la guerre, était de 2,500. La production mensuelle, de 25,000 tonnes, était tombée à 191Î tonnes. Bientôt, les Allemands venaient dema&< der à la Providence de travailler pour eux, La direction refusa. En 1917, la destruction systématique de l'usine commença, sous la di" rection d'un hauptmann, Kellermann, ingé* niour de hauts-fourneaux, et d'un certain Kù-mer, qu'on avait vu, avant la guerre, à Mar-chienne, comme agent général pour la vente des fontes. La direction protesta, en vain: à Bruxelles, auprès du gouvernement général et des représentants des Etats neutres. 40,00$ tonnes de machines furent détruites, fracassées, déménagées. C'est pius de cent mille tournes de machines que la compagnie a perdues dans ses trois usines. Elle évalue les dégâts ai 75,000,000 de Irancs. Les Allemands, pour détruire des machines de 10,000 chevaux, aux laminoirs, laissaient tomber des ponts-roulants, des t moutons v qui fracassaient la fonte. Quatre converti* seurs, qui servaient à la fabrication de l'acie^ Thomas, ont été détruits. On n'en voit plus que l£ charpente. Des machines à vapeur, deSE hauts-fourneaux, des mélangeurs ont été dvna-împuissums, îa tage au cœur, a ta îenxe ago^ nie de l'usine, et il faudra trois ou quatre ans pour la remettre en état. Les études pour la re* construction ont été activement poussées déjà* Des commandes ont été passées en Ainêriqw et en Angleterre, mais des récupérations dan® l'industrie allemande s'imposent. Pour le mq». meut, on attend les commissions officielles, qui ne manqueront pas de venir constater ce saû abominable, où la Scliadenfrcude, si naturelle aux Allemands, a dû se donner 6i bien librO: cours A 1 hy-le-Château, aux usines Boffl, â La Lou~-Yière, la dévastation n'est pas moindre qu'à Marchierme. Il n'y a guère que quelques usines du pays do Charleroi, qui n'aient Jamais cessé de travailler. Parmi elles, celles de San» bre-et-Moselle où Thyssen, le grand métalluip? giste allemand, avait de grands-intérêts. Nombre d'ouvriers métallurgistes du pays de Charleroi ont été déportés en Allemagne oij dans la zone des armées. Beauoup y sont morts. Mais c'est parmi les verriers surtout quç la mortalité fut effroyable. Ce n'e3t pas sanâ une certaine émotion que nous entendîmes, l'autre Jour, le directeur d'une grande usinA nous dire fort simplement : « Vous savez, nos ouvriers ont été bien. Ecrivez-le, ils le mér^ tent ». D'autre paît, les manifestes que les fédérations socialistes de Charleroi et du Bork , nage viennent d'afficher sur les murs du payâ noir, nous ont paru empreints d'un esprit excal* lent, d'un réalisme politique qui fait-bien augurer de l'avenir. Ce ne sont pas ces frustes-mais loyales populations de la Wallonie industrielle qui se laisseront facilement bolchéviseLi Les partisans du « baiser Lamourette » potnrv ront difficilement leur servir ce que les poikta français appellent des boniments « à la graisse de chevaux de bois ». A la veille de la délivrance, les habitants de Charleroi, d'abord surpris, puis amusés, ont vu les soldats allemands piller leur magasin d'habillement, jetant des uniformes et de* chaussures du deuxième étage sur le quai. Cependant, des « Boches » faisaient sauter, dans la région, des trains de muniuons. C'est alors que de pauvres prisonniers français ou arfJ glais, relâchés, s'emparèrent de fusils et cfô cartouches dans un dépôt allemand, et tirereitfc sur les misérables, qui violaient ainsi les clauses de Parmistice, les mettant en iuite. Je n& sais rien de plus impressionnant que ces théories de prisonniers qui passent par Dinanfi, Charleroi, Namur ou Mons. L'autre Jour, noua avons recueilli dans la rue un malheureux litu* un tirailleur marocain, tremblant de froid, qui ne portait sous sa capote qu'une chemise qt un caleçon... 11 n'avait ni pantalon, ni tunique. Louis P1ERARO. Le procès de Miss Cavell par M0 Satii KIRSCHEN tSuite) Je m'efforçai enfin de montrer en M. Séve-rin un homme simple, loyal et sincère, entraîné par la force des choses à seconder ceux qui s'efforçaient d'assurer le salut des soldats égarés. Je fis remarquer que Jamais Sèverin n'avait accompagné les Jeunes gens à la frontière, qu'il avait réclamé parce qu'on laissait trop longtemps chez lui ceux qu'on y avait amenés sans qu'Haut Jamais demandé Qu'on les lui amenât. Un Incident d'audience se produisit à ce moment entre l'auditeur et mol; Je le rapporte pour bien montrer combien difficile était la tâche de la défense avec un auditeur comme M. Strœber. J'avais été amené à dire à un moment donné, en relevant une allégation de l'auditeur:« L'auditeur a dit cette « phrase » au lieu do Satz: « Séverin aurait agi systématiquement et d'après un plan conçu d'avance ». L'auditeur bondit: « Je vous défens de me faire passer pour un phraseur, vociférn-t-Il; si vous continuez à m'injurier, je prendrai contre vous des mesures disciplinaires. » Je fus stupéfait, ayant peine ù m'expliquer le pourquoi de cet accès de colère. Je cher-Chai une protestation qui, tou.t en étant énergique, n'indispo3erait cependant pas davantage l'auditeur: — Voilà seize ans, dis Je, que J'ai l'honneur de poçier la toge et ie pais que c'est un mauvais moyen de défendre un client mie de s'attaquer à ses Juges. Mais Je plaide dans une langue qui m'est étrangère et je Buis en proie à une émotion bien compréhensible, puisque l'accusé <pie je défens est me-J&acê de mort. Que l'auditeur veuille bien se mettre par la pensée à ma place. S il était obligé de parler une autre langue que la sienne, je pourrais assurément lui chercher plus d'une querelle de mois i>eihbluble à celle qu'il me cherche. Quant à la peine disciplinaire dont il me menace, J'ignore ce qu'elle peut être, mais quelle qu'elle soit, Je le supplie de ne me l'appliquer qu'après ma plaidoirie; J'ai besoin de tout mon sang-froid pour m'acquitter de ma tâche. » Le président-colonel intervint pour dire à l'auditeur : c Je conjiais M0 Kirschen, pour l'avoir entendu plaider souvent, et Je suis convaincu qu'il n'a pas voulu vous offenser. » L'auditeur se rendit à ces paroles comme s'il lui e«i coûtait beaucoup... L'incident devait cependant amener à quelque temps de là une nouvelle algarade. Quand les plaidoieries terminées, le président demanda à Séverin s'il n'avait rien à ajouter j^our sa défense, le brave garçon se leva et dans le but « d'arranger les choses » commença par déclarer que ne comprenant pas l'allemand, il n'avait pas bien saisi l'incident qui avait mis aux prises l'auditeur et son avocat, mate qu'il regrettait cet incident et espérait qu'il n'exercerait aucune influence sur le' Jugement du tribunal.M. Stœber leva vers la coupole un doigt solennel, et foudroyant Séverin du regard, pro-ronça : « Un juge allemand ne se laisse pas influencer par un incident d'audience, cela ne pèse en rien sur l'opinion qu'il se fait sur la culpabilité d'un accusé. » Puis, grossier comme pain d'orge, il ajouta : — Un incident qui s'est passé entre votre avocat et moi, ne vous regarde pas. Allez vous asseoir. La défense du pharmacien Dervaux était la plus facile L'auditeur avait fait ressortir le nombre de pharmaciens impliqués dans cette cause. Je fli observer qu'en Allemagne les phanmaciens Jouent un rôle social important et qu'ils ont des privilèges, comme les notaires en Belgique. Il ne fallait rien exagérer concernant Dervaux dont ni le6 capacités, ni la santé, n'étaient à la hauteur au point que ses agissements entraînent la peine capitale. A Quand J'eus fait valoir mes arguments pour chacun de ceux que Je défendais, l'auditeur fit demander par l'interprète, suivant l'usage consacré dans tous les pays, s'il avait quelque chose à ajouter pour leur défense. Ce fut d'un air rogue, presque d'un air de défi, que l'interprète posa la question à Miss Cavell. — je n'ai rien A ajouter, répondit-elle simplement.Mme Bodart, d'urne voix basse et comme étranglée, demanda qu'on lui conservât la vie pour ses enfants. Séverin avait écrit, comme Libiez une note pendant l'audience, mais il n'en put lire qu'une partie, tant l'émotion le tenaillait. Il fut même obligé de s'asseoir après cette lecture, tout comme Libiez. — Je ne nourrissais avant la guerre aucune antipathie contre l'Allemagne, dit-il, en substance ; la preuve en est que mes enfants adop-tiCs fréquentent l'école allemande, à Bruxelles, que J'avais dans mon personnel, un ouvrier allemand. Quand 11 fut rappelé par la mobilisation, Je lui donnai même de l'argent pour ga^ gner son corps et depuis J'ai subvenu aux besoins de sa femme. Dans tout ce que J'ai fait, Je n'ai été poussé que par des sentiment» humanitaires; je prie l'auditeur de demander l'avis de Monsieur le lieutenant enquêteur Bergan ; Il lui dira qu'il n'a pas attaché à mon rôle dans l'afTalre, l'importance que l'auditeur semble lui donner. L'auditeur invite le lieutenant Bergan à déposer 6ur oe point. Le lieutenant se borne à dire que tout ce qu'il ^ourr^J|t_^é5lftpeçj^tepiJ; ve écrit dans les procès-verbaux d'enquête et comme Séverin insiste pour qu'il fasse part au tribunal du sentiment qu'il a sur son cas, le lieutenant se contente de répondre : « Il est certain que la pharmacie de M. Séverin, qui est une forte maison de commerce, souffrirait beaucoup de son départ pour l'Allemagne. » Enfin, on entend le pharmacien Dervaux. souffreteux et maladif, qui se réclame de son ignorance et supplie les Juges de ne pas prononcer contre lui la peine capitale. » « * Me Alexandre Braun, plaidant pour la princesse de Croy et la comtesse de Belleville, mit en action toute son éloquence persuasive. Il savait que l'Allemand se laisse impressionner par les titres de noblesse. 11 fit sonner ceux de ses clientes, parla de l'ancienneté de leur famille, montra le général von Kluck devenu l'hôte du grand-père de la princesse pendant le siège de Maubeuge et cita ies blessés allemands qu'il avait r^ueillia et soignés en son château de Belligny. Allait-on la rendre responsable des péchés de son frère et lui en faire porter le poids ? Osera-t-on condamner sévèrement sa cliente déjà si malade ? M® Braun fit ensuite l'éloge du dévouement de la comtesse de Belleville, « dévouement Irréfléchi » et essaya de lui éviter la peine de mort. La comtesse de Belleville garda pendant tout ce temps un air distrait et fermement résigné. Il semblait que tout cet appareil Judiciaire l'ennuyait.La princesse de Croy ajouta quelques paroles qui ne purent guère émouvoir l'inexorabilité du tribunal : le châtiment devait être d'autant plus sévère oour elle que sa personnalité était plus marquante. L'avocat allemand, en quelques phrase» précipitées. demanda d'office au tribunal d'avoir égard au patriotisme de Mme Thulier et à rignorftnçe 4o la ^emmejquhoisj^n i cette iomp. me du peuple réduite à la misère, n'avait vu dmns ce qu'elle avait fait, qu'un moyen de gagner quelque argent... Mme Thulier réclama c une moindre peine » e«t Mme Dubuisson, tout en larmes, expliqua de son mieux, qu'elle avait des enfants à nourrir. Elle ajouta qu'elle ne s'était décidée à convoyer les soldats que poussée par Miss Cavell et Hos-telet. Ces deux accusés ainsi mis en cause, dédaignèrent de répondre, pris de compassion pour cette malheureuse. M* Braffort termina éloquemment la série des plaidoieries. Les débats furent déclarés clos. Je guettais ce moment pour an'approcher de Miss Cavell malgré la défense qui nous avait été faite de lui parler. Un policier intervint aussitôt et me rappela les ordr es de l'auditeur : les inculpés devaient être conduits en prison, sans avoir conféré avec leur conseil. C'était d'une çruauté inutile et ridicule : nous savions tout puisque nous avions assisté à l'audience, mais force nous fut d'obéir. Au moins eus-Je la satisfaction de m'incliner sans parler devant Miss Cavell et d'échanger avec elle une poignée de mains dans laquelle Je mis tout mon cœur. La vaillante femme serra fortement et longuement la main que Je lui tendais, et son émotion me sembla aussi vive que celle que J'éprouvais moi-même. Je ne devais plus la revoir, et pourtant nos espoirs avaient communié dans ce shake-hands que nous ne savions pas être le seul et le' dernier. Elle s'éloigna douce et courageuse, en s'ef-forçant d'affermir son pas ; elle me parut en cet instant grande comme le Devoir et comme le Sacrifice. On devait la tuer quelques Jours plus tard... » * * Nous avons déjà parlé des notes dans lesquelles M. Hostelet, condamné à cinq ans de fravaux forcés (l'auditeur en avait demandé ritê compréhensible et une force d'analyse psychologique remarquables, relaté sos impressions d'audience. Il a bien voulu me les communiquer pour préciser à l'occasion mes soûr venirs et m'autoriser à reproduire les lignes qu'ils a consacrées à l'attitude des condamnés; après la clôture des débats, à la prison do Saint-Gilles (le jugement leur lut lu le lund,k il). Cédons la parole à M. Hostelet, puisque, les avocats, éloignés do la prison et n'ayant, pas eu la triste satisfaction de soutenir le moral de tant de malheureux, ne purent être témoins des scènes dramatiques dont la pristfn fut le théâtre, (l) . Lundi 11 octobre (prononcé du vejrdict) — Je crois qu'on vous appellera cet après* midi pour entendre le Jugement, me dit hâtivô* ment le geôlier qui me servait à dîner. D'après ce que J'ai entendu, tout à l'heure du sous-offt« cier, cela va mal, très mal même pour M. Sé* vérin. Quant à vous, votre peine est fortement réduite. — Et des autres? — Je ne sais rien de précis... On parle de plusieurs exécutions l... Que m'importe la réduction de ma peine ! Je n'en bénéficierai pas d'ailleurs. C'est le sort de M. Séverin, c'est le sort de mes autres cemp&j gnons qui m'inquiète l... — Il faut agir I m'écriai-je en me levant brus-quemeiit... Agir! comment agir? n'y aurait-fj pas un appel à la clémence capable de toucher les Juges, de toucher les autorités souveraines ?sCes gens ne peuvent pas mourir poiv da tels actes l..< (1) MM. Demoustler et Hostolet rentrèrent d'Aile* magrno. moyennant caution, après avoir fait di#-hnlt mois de travaux forcée. La f>rinoeese de Cro^ fut envoyée en Suisse en 1918 et M. Capiau w* maatoriyim de Moût-siir-JUlouso, en mal 1918. «Ajœteteî 't1 SJ FIS' ri" i il ' gO NOVEMBRE l»I8. ÉDITION AB Le numéro proprement : IO centime. «r.

Over deze tekst

Onderstaande tekst is geautomatiseerd gemaakt met OCR (Optical Character Recognition). Deze techniek levert geen 100% correct resultaat op. Dit komt mede doordat oude drukken moeilijker te lezen zijn met software dan moderne. Dat betekent dat er onjuiste tekens in de tekst kunnen voorkomen. Er wordt gewerkt aan verbetering van de OCR software.  

Il n'y a pas de texte OCR pour ce journal.
Cet article est une édition du titre Le soir appartenant à la catégorie Katholieke pers, parue à Bruxelles du 1887 au indéterminé.

Bekijk alle items in deze reeks >>

Ajouter à la collection