Le XXe siècle: journal d'union et d'action catholique

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s.n. 1918, 31 Janvrier. Le XXe siècle: journal d'union et d'action catholique. Accès à 25 octobre 2020, à https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/fr/pid/0k26970s4s/
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QUATRIEME ANNEE. — N° 2095 Lie Ntimêpo : 10 oentttnes JEUDI 31 JANVIER 1918. PARIS 3, Place des Deux-Écus, 3 Téléphone « Central 33-04 PUBLICITÉ «'adresser à l'Administration du Journal LE XXE SIÈCLE LE HAVRE 28'", Rue de la Bourse, 28"* Téléphone i 64 Belge ABONNEMENTS France 2 fr. 50 par mois — 7 fr. 50 par trimestre Angleterre .. 2 sh. 6 d. par mois — .. 7 sh. 6 d. par trim. Autres pays. 3 fr. par mois — . 9 fr. par trimestre QUOTIDIEN BELGE Directeur : Fernand NEURAY Les leçons du passé A PROPOS D'ÊMILE OLLIVIER * La politique n'est pas une philosophie ; elle est faite d'expériences et d'à-peu-près, l'esprit de système y est généralement néfaste, c'est un art plutôt qu'une science. Et cependant, les philosophes dont c'est le métier de regarder les choses de haut et avec sérénité ont quelquefois le droit de donner des leçons aux hommes politiques. Dans son discours de réception à l'Académie française, M. Henri Bergson ne s'en esf pas fait faute. Le sujet s'y prêtait, le sujet lui imposait cette tâche, car l'homme dont il avait à prononcer l'éloge fut un de ces tristes instruments du destin dont le sort est fait pour servir éternellement d'enseignement à ceux qui ont l'ambition do gouverner leurs semblables. Et puisque, de plus en plus, la guerre de 1870 apparaît comme le premier acte du terrible drame que nous vivons, on est porté naturellemenl à chercher dans ces événements d'ur passé récent des indications pour le présent.On sait que la tradition du discours académique veut que le récipiendaire 6e donne le droit de glisser beaucoup d'épines parmi les fleurs de la couronne mortuaire qu'il dépose sur la tombe de son prédécesseur. Mais le temps n'esl pas à ces petits jeux de salon et devanl la mémoire d'un homme qui, à tort ou à raison, servit de bouc émissaire à toute une époque, il ne pouvait être question de s'amuser à de petites « rosseries » litttéraires. Il fallait juger, il fallait condamner ou absoudre. M. Bergson a trouvé plus généreux et sane doute plus juste de plaider l'absolution que de requérir la condamnation d'Emile Ollivier, l'homme « au cœur léger », l'homme qu'on a voulu rendre responsable du désastre de 1870. Peut-être sa générosité l'a-t-elle entraîné un peu lom dans l'apologie. Mais en traçant ce portrait généralement sympathique et flatteur du dernier ministre de Napoléon III, l'auteur de 1*Evolution créatrice a peut-être trouvé le moyen de donner aux hommes d'Etat d'aujourd'hui la leçon la plus précieuse.m t> Bien que l'aménité voulue du ton nous mette un peu en défiance, il semble bien que M. Bergson ait parfaitement raison quand, dans son étude, d'ailleurs admirable de finesse, d'élégance et de pénétration, il nous montre en Emile Ollivier un des hommes les mieux doués de sa génération. C'est peu de dire qu'il était élocpient, il paraît qu'il était l'éloquence même. Mais dans son pays d'origine l'éloquence est un talent qui court les rues. Il en avait d'autres d'une essence plus rare et plus précieuse ; écrivain, il avait le don du style, l'art heureux des formules vives et précises ; homme politique, il eut de la conscience, de la générosité, une intelligence alerte, souple et nuancée, et cette passion du bien public sans laquelle le métier de politicien n'est qu'un métier assez vil. Et pourtant, quelque talent que M. Bergson ait mis à l'innocenter, il semble bien que la voix publique ne s'est pas tout à fait trompée quand elle lui a attribué au moins une part de responsabilité dans la guerre. Sans doute, Emile Ollivier ne sautait être rendu comptable de l'état de décomposition dans lequel il trouva le régime impérial, ni des illusions pacifistes qui régnaient en France en 1869 comme, hélas ! en 1914 ; la guerre avait été voulue, préparée par Bismarck — le truquage de la dépêche d'Ems dont il s'est vanté, est acquis à l'histoire — mais la folie politique du duc de Grain-mont qu'OUivier ne sut pas empêcher et même qu'il approuva n'en précipita pas moins les événements. Bismarck avait voulu la guerre : il intrigua sa vamment pour la faire éclater, mais un peu de clairvoyance et de fermeté eussent pu faire ôchec à cette politique perfide et brutale. Ni Grammont, ni Ollivier ne le comprirent, et leur légèreté donna à la France l'apparence des premiers torts, apparence qui permit à l'Europe de trouver des excuses à son imprévoyance et à sa lâcheté. Qu'a-t-il donc manqné à cet homme de talent, à cet homme de conscience, à cet honnête homme, pour être un homme d'Etat, un grand ministre, Ou simplement un homme bienfaisant? Il lui a manqué le caractère. M. Bergson observe très justement que si Ollivier eut tout le monde contre lui, c'est qu'il était trop intelligent i pour être un homme de parti ; libéral ; et modéré, il fit de l'opposition à l'Em-î pire tant que l'Empire lui parut l'incar-t nation d'un despotisme qu'il détestait i autant qu'il détestait la Révolution. - Quand il crut que l'Empire pouvait devenir libéral, il lui donna son concours, > et il est sans doute injuste d'attribuer : à la seuls vanité d'être ministre cette i apparente versatilité. Son erreur fut de > ne pas comprendre que, dans l'action, : on ne fait rien à demi. L'Empire, même i avec l'étiquette libérale, demeurait i l'Empire : il était prisonnier des forces i étroitement conservatrices sur lesquel-i les il s'était appuyé et, dans sa politi-s que extérieure, il ne pouvait pas se dé- ■ barrasser du poids de toutes les fautes l qu'il avait commises, et des inquiétu-. des qu'il avait semées dans le monde, > à la fois par ses chimères et par ses am-i bitions. Pour remonter la pente, il eût ■ fallu, non seulement une intelligence ■ claire et dénuée de préjugés, mais aussi r une énergie et un caractère qui manquaient essentiellement à l'orateur intelligent qui, en entrant dans la maison, ne vit pas qu'elle allait s'écrouler avant qu'il eût fini son premier discours.r* -* * \ C'est qu'en politique, même dans un . temps nornial, l'intelligence ne suffit pas, et l'intelligence spéculative nuit plutôt qu'elle ne sert. C'est peu que de comprendre les situations. L'action ' commande d'abord le choix, et le choix, c'est toujours le sacrifice d'une partie de l'intelligence. Dans le domaine spéculatif, la vérité n'est pas toujours très loin de l'érreur. Dans l'action, la vérité 1 est le contraire de l'erreur. C'est pour-1 quoi, surtout en temps de crise, le véritable homme d'Etat est celui qui va d'instinct à la solution simple, et, quand il l'a choisie, s'y tient imperturbablement. C'est la leçon de l'histoire, c'est la leçon même des événements les plus récents. Plein de bonnes intentions, avant tout soucieux du bien public, Emile Ollivier porte, malgré tout, la respon-; sabilité d'une catastrophe, parce qu'il essaya de concilier un régime d'essence autoritaire avec un libéralisme chimérique, et parce qu'à l'extérieur il ne sut pas accepter les conséquences des fautes commises avant lui, en 1866. De même aujourd'hui, n'avons-nous pas vu, dans tous les pays belligérants, que ' tous les hommes qui ont voulu ruser • avec les événements, et s'en tenir à des demi-mesures ont été brisés? Ce sera ■ le sort des internationalistes impéni-; tents qui veulent la victoire sans la vouloir tout à fait, et qui, dans le fond ■ ont presque aussi peur des conséquences de la victoire que des conséquences défaite. C esf au contraire, parce qu ils veulent la. victoire, et uniquement la victoire, la victoire nationale, la victoire complète que MM. Clemenceau et Lloyd George ont derrière eux une force qui a peut-être manqué aux Gouvernements composites qui les ont précédés. K t. dumont-wilben. L'iion flans l'éjrme Des réfugiés français rendent hommage à l'hospitalité belge Nous avons sous les yeux de nouvelles attestations où dles Français — évacués du NoTd et du Pas-de-Calais — disent la charité des Belges affamés. A Sprimont, à Ro-deumofnt, à la Loirvièrre, à Han-sur-Lesse, à Binche, à Heers-Agimont, à Marbay; dans le Nairwirois et dans le Hainaut, partout l'accueil a été cordial et fraternel. Les rapatriés ne ternissent pas d'éloges sur la « bonne et sincère hospitalité », sur « le bon accueil et les soins » qu'ils y ont trouvés. « Nous avons été reçus, écrivent-ils, non comme des étrangers, mais comme des amis, comme des frères. Après la guerre, noue irons remercier ces braves gens. » L'un d'eux ajoute : « Je dois dire en outre que j'ai vu bien des ménages se priver (M nécessaire pour faire une petite part à mes malheureux compatriotes. » Que valent-, auprès de cette héroïque charité des Belges, de cette émouvante grati-Itude des Français — que valent quelques i racontars dont l'on devine l'origine et le îimt. ? ! Le premier soldat américain tué au front était un Belge! u c?n.lWen d£> Belges s'étaient éta- u blis on Amérique ou au Canada. Nombre > 6UX' dTiS les mois de la ^ gueire, servent dans les rangs de notre armée. Une singulière coïncidence fait 'rue '• le premier soldat américain mort mir U £ front, est un Belge. L'« E^ning SiinTdl £ û janvier, noue apporte ces détails : le Piiuaeiit-R. Vanrisseng-Hen, de MoMne (Illi nais), ne en Belgique, mais naturalisé citover américain, taisait partie d'un régiment dïn é ?fI\TV? ohemmR ^ for venant d*. Mid- le dle-West. Il repose maintenant, dans le ii™ a mier tombeau d'une partie réservée aux Amé ■s ricains dans le cimetière militaire francai" •e de la. région historique de Verdun. " se Vanriseeghen a été tué dans u,n accident de 2_ chemin de fer, au lendemain de Noël alor< „ qu'il se préparait à partir en permission pou! rendre visite à des parents au Havre devem i. une sorte die capitale belge. ' ' i- Ce fait est d'autant plus frappant nie •s l'injuste agression dont la Belgique fut vie le time, est la cause première de l'entré *r çuerre des Etats-Unis LES GOTHAS ont de nouveau bombardé Londres mardi soir Londres, 30 janvier. Lord Frènch, commandant les forces d< l'initérieur, publie le communiqué suivant Mercredi, minuit 30. — Des aéroplanes ennemis ont croisé au-dessus des comtéi d'Essex et de Kent cette nuit, vers 9 h. 30. Une heure après, plusieurs d'entre eux ont essayé de pénétrer jusqu'à Londres. Actuellement, neuf ont réussi à franchit les lignes de défense aérienne. On apprend que quelques bombes seulement ont été jetées dans les faubourgs. Le raid continue. SCENES D'HORREUR Londres, 30 janvier. Le nombre relativement élevé dles morts, victimes du raid de lundi soir, est dû à l'écroulement sous une bombe d'un abri où de nombreuses personnes s'étaient réfugiées, se croyant en sûreté. Une bombe incendiaire pénétra dans l'abri et éclata. Les flammes jailiirent, enveloppant les femmes et les enfants dont plusieurs, paralysés par la frayeur, moururent suffoqués avant d'être atteints pai les flammes. Pendant que la police et les soldats opéraient le sauvetage des blessés et dégageaient les personnes emprisonnées dan! les sous-sols, les murailles du bâtiment en flammes s'écroulèrent sous le poids des lourdes machines situées aux étages svpé-rieurs. 3 femmes furent écrasées souî une machine ; il fut impossible de dégagei une autre femme qui fut brûlée vive. En ce seul endroit, on compte déjà 40 morts et de nombreux blessés, dont plusieurs sonl des femmes et des enfants. 12 cc,da\res sont méconnaissables. L'écLatement d'une grande citerne provoqua l'inondation de sous-sols et plusieurs personnes bloquées dans les caves furenl noyées. Les témoins rapportent d'indescriptibles scènes d'bonreur. Les sauveteurs, presque asphyxiés par la fumée, eurent les plus grandes peines à dégager les sinistrés. vwvw L'opinion italienne et la question belge La restauration de la Belgique indépendante ne peut dépendre d'aucune condition {Correspondance particulière du XX0 Siècle] Rome, 25 janvier. En commentant les deux discours pro noncés par le chancelier allemand et 1* cemte Czernin, toute la presse italienne a signalé l'opposition fondamentale entre les intentions die l'Allemagne sur la question belge et les déclarations de l'Ententé. M. Sonnino, dans le discours qu'il prononça à la Chambre au mois d'octobre dernier, avait nettement posé la question belge comme une question préjudicielle^ « Elle doit être traitée, avait dit M. Sonnino, en dehors die tonte autre question. La Belgique occupée n'est pas un gage à échange! contre les colonies* allemandes. La Belgique est en guerre pour la défense des droits die tous les petits Etats, sa cause esl la cause du droit intenjnational violé. Aucune ccmfiance n'est possible dans les .traités, si on ne donne pas un exemple en châtiant l'Ail emoigsie pour sa forfaiture. La justice l'exige en dehors de t-out, autre arrangement ou accord. La Belgique dôii être indemnisée. » Les journaux italiens constatent que von Hertling est bien loin de cette conception de la. question belge, si nettement posée d'ailleurs dans la réponse du gouvernement belge au pape* E>t le Corricre rf*Italie apporte des précisions qu'il est intéressant de souligner : Les déclarations du chancelier allemand — dit le « Carriere », journal catholique itaiier — contrastent ouvertement avec celles de l'Entente, de M. Wilson et même du Pape, en ce qui concerne la Belgique. Le comte Her. tlin.a- nie que l'Allemagne tende à l'annexior de la Belgique, mais il veut considérer a problème dans l'ensemble des autres problè mes de la guerre qui devront être résolus pai les pourparlers de paix, et il refuse d'admet -t-ne que ce soit au contraire un problème er soi et qu'il doive être résolu comme tel. Or pour des raisons connues qui se rattachent è l'injustice commise par l'Allemagne contre la Belgique, qui n'entra pas volontairement er guerre mais y fut obligée pour se défendre contre l'agresseur qui avait vriolé sa neutralisé, ce point de vue du chancelier allemand est inacceptable. La réintégration de la Bel gique est une question qui doit être traitée et résolue par soi-même ; elle est une candi, tkm « a priori » de la paijc ; elle ne peut être mise sur le plan des autres ni former objet de compensations dans les pourparlers, comme le chancelier le prétend. Par cette affirmation, il se pose en contradiction ouverte avec ce que le Pape avait dit dans sa note, en considérant la question de la Belgique d'un point de vue de haute et indiscutable justice morale. Ces déclarations diu Corricre, qui sonl dans le fond identiques à celles faites paa le gouvernement belge dans sa réponse au pape, et à celles de M Sonnino, ainsi qu'à celles de M. Wilson et des autres hommes d'Lta.t de l'Entente, ont une importance particulières, car elles complètent et illustrent la pensée pontificale. L'Epoca dit : « L Allemagne ne veut pas s'annexer violemment, la Belgique. L'ad verbe-doit être accordé avec la récente déclaration sur l'indépendance des Flandres. Mais aussi, pour la Belgique, on refuse l'évacuation préliminaire, cela pourrai! compromettre, c'est évident, l'expression de la volonté politique flamande. » Bruzio ROMANO. UN AVEU BOCHE C'est pour l'Empire allemand qu'est faîte la séparation administrative ** « La séparation administrative est en voie d'accom-plisssement. L'accord allemand avec le mouvement flamand est approuvé et ordonné par S. M. l'Empereur allemand. Il est donc du devoir de tout Allemand de le soutenir de toutes ses forces... » (Instruction aux soldats allemands en Belgique.) Le gouvernement belge vient d'acquérir une preuve directe et incontestable de l'instigation officielle par l'Allemagne des menées activistes en Flandre.C'est le texte d'une notice destinée aux soldats de l'armée allemande en Flandre, pour l'instruire du plan de démembrement administratif de la Belgique entrepris par l'Allemagne et pour lui tracer la conduite à tenir dans cette affaire. Ces instructions, qui ont un caractère confidentiel, sont datées de Bruxelles, septembre 1917 et comprennent plusieurs pages. On y donne des renseignements tendancieux sur l'histoire et sur la situation sociale d© la Flandre et de sa population, sur les avantages à retirer par l'Allemagne d'une exploitation politique de la dualité des langues régnant en Belgique, sur la tactique suivie par le soi-disant « Conseil de Flandre ». Le document se termine par un cchapitre cinquième contenant les «' règles directrices pour la conduite des. Allemands isolés en Flandre ». On y lit entre autres ces phrases significatives : « LA SEPARATION ADMINISTRATIVE EST maintenant EN VOIE D'ACCOMPLISSEMENT. L'ACCORD ALLEMAND AVEC LE MOUVEMENT FLAMAND EST APPROUVE ET ORDONNE PAR SA MAJESTE L'EMPEREUR ALLEMAND. Il est donc du devoir de tout Allemand de le soutenir de toutes ses forces. « LA POLITIQUE ALLEMANDE dans les territoires occupés EST UNE POLITIQUE PREPARATOIRE. LA FORME POLITIQUE DEFINITIVE A DONNER A LA FLANDRE ET A LA WALLONIE RESTE RESERVEE A L'AVENIR. En conséquence, tout Allemand individuellement doit se tenir en dehors de toutes les divergences de vue éventuelles des Flamands sur les buts derniers de la séparation administrative et de la politique et s'en tenir aux assurances du gouvernement impérial. » Telles sont les instructions principales données officiellement au person-neil de l'armée allemande en Flandre. Elles éclairent singulièrement le dessous des intrigues actuelles. Le but suprême poursuivi par l'Allemagne est d'ailleurs indiqué à la fin de la notice où l'on fait un devoir à tout Allemand, à la fois comme Allemand et comme soldat, de contribuer : « A CE QU'UNE FLANDRE RECONQUISE AU « GERMANEN-TUN ' (teutonisme) ET ORIENTEE DU COTE DE L'ALLEMAGNE PROCURE LA SECURITE DU FLANC OCCIDENTAL DE L'EMPIRE DANS L'AVENIR. » Ce document nous parait pouvoir se passer de tout commentaire ; en indiquant le devoir des Allemands, il dicte le devoir des Belges et en patronnant la séparation administrative, il la condamne à mort sans appel. Qui donc hésiterait encore à voir dans une mesure si chère à l'empereur allemand un danger pour l'existence de la Belgique?.... UNE PROTESTATION DES DEPUTES BELGES DE HOLLANDE CONTRE LA MANŒUVRE BOCHE Le Belgisch Dagblad dit que les députés - belges résidant en HoUaJide ont rédigé une 2 motion ainsi conçue : 1 Les Allemands, qui poursuivent leur ac- - tion contre l'unité de la Belgique, ont, r grdee à l'assistance de quelques personnes - sans la moindre autorité, proclamé l'auto-s nomie des Flandres belges. t Les protestations fières et éloquentes qui - ont été faites par les autorités reconnues - des territoires envahis prouvent surabon- - damment que toutes les formes les plus 1 actives de cette campagne ne trouvant pas - le moindre écho parmi nos compatriotes t qui sont sous la domination allemande. Les députés belges hubitœnt la Hollan-1 de mettent les populations neutres en gar-de contre les informations tendancieuses 6 répandues par leurs ennemis qui visent à ' représenter comme un événement impor-1 tant l'acte des traîtres au service de Ven-t nemi. Il est à remarquer CfUie la phipart des députés balçes résidant en Hollande re-â présentent des arrondissements flamands e et que nombre d'entre eux se réclament diu , mouvement flamand tel qu'il existait avant la guerre, qrni flétrit l'action du soi-disar « conseil des Flandres » et répudie tout idée de séparation administrative. s un allemand tué a anvers au cours d'une echauffourée ■- Amsterdam, 30 janvier. -, Le Tclegraaf apprend quo des trouble s se sont produits à Anvers où le® All< '- mands, ayant voulu enlever de force u . civil qui refusait d'aller travailler en A « lemagne, les femmes ameutées reîfusjirer s de se' disperser. Une éc.hauffourée s'ensuivit. Un AJIi s mand a été tué. Les autorités allemande s menacent de punir toute la ville si au 1 s février les meneurs ne sont pas livrés. i- ; VINGT SUR DIX MILLE!... à Tel est le chiffre exact des recrues qu '- le mouvement activiste avait réussi à fa: i- re au camp de Soltau où les Bochee f leurs acolytes avaient cependant mis toi; s en oeuvre pour rompre I unité patriotiqu !- des prisonniers belges. s Une srrewr s'était glisgéie à ce sujet dan u notre actiole d'hier. Le chiffre est tro it beau pour que nous ne la rectifiions pat AU FRONT FRANÇAIS L 14 heures. Nos patrouilles opérant au nord de l'Aisne ont ramené des prisonniers. Dans les Vosges, la lutte d'artilUrie s'est maintenue vive pendant la nuit à l'Hart-mannswillerkopf.Rien à signaler sur le reste du front. 23 heures. Assez grande activité des deux artilleries dans la région de la Miette, sur le front du bois des Caurières et en Woëvre. Dans cette dernière région, un coup de , main ennemi au nord de Seichcpreij n'a '- pas donné de résultat. * Journée calme partout ailleurs. Dans la journee du 29 janvier, deua t avions allemands ont été abattus par nos • pilotes et trois sont tombés dans leurs li-l gnes avec de grosses avaries, à la suite de l combats. , — SSsa. 3Vi;a.Cî<éîloii5.© . communiqué de l'armée d'orient 29 janvier 1918. Actions d'artillerie dans la boucle de ta Cerna et au nord de Monastir. ' Grande activité des aviations alliées qui ■ ont exécuté de nombreux bombardements 1 au nord de Monastir, dans la vallée du Vardar et dans la région du lac de Doi■ ran (un avion ennemi abattu). AU FRONT BRITANNIQUE Après-midi. Une de nos patrouilles a attaqué avec succès cette nuit un poste allemand au nord-est d'Iiavricourt. Une partie de la garnison a été tuée ou capturée. f- Ues rencontres de patrouilles vers Bul-lecourt n&us ont permis de faire subir des pertes à Vennemi et de lui enlever une mitrailleuse.,s 22 heures 30. it L'artillerie ennemie a été un peu plus active que de coutume dans la région d'E e péhy et dyHayrincourt, dans le secteur dt a la Bassée et à l'est du bois du Polygone. Aucun autre événement à signaler. AVIATION xs Le temps s'est maintenu beau Le 39 ; mais la visibilité n'était pas aussi bonne que la veille. Nous avons exécuté plusieurs reconnaissances sur les zones arrière de Ven-, nemi, pris de nombreux clichés et coopéré largement au travail de VartiUerie. Nos machines ont continué vigourzusemenA toute la journée leurs attaques contre les r cantonnements, dépôts de munitions ei aérodromes ennemis, tandis que des pilotes, volant à faible hauteur, attaquaient a à la mitraiUeusc. les troupes allemandes dans leurs tranchées. d Au cours de la nuit du 29 au 30, l'en-s nemi a jeté des bombes sur nos zones avan-u cées. Nos pilotes ont vigoureusement atta-i- qué les cantonnements et les lignes de communication de l'adversaire. Où en sont les grèves allemandes? D'après la «BerllnerTageblatt», 11 y a 450,000 grévistes Que si passe-t-il au juste dans le monde ouvrier allemand, et notamment à Berlin ' U semble bien que le mouvement gréviste revêt une certaine importance. Le retoui à Berlin d'Hindlenburg lui-même n'y pa ralt pas étranger. Cependant, si la gra vité de l'agitation populaire ne peut être niée, le gouvernement du kaiser est très capable d'utiliser ses difficultés intérieures pour das vues de politique extérieure, soi! qu'il y voie un moyen d'énerver certaines énergies des peuples alliés, soit qu'il veuille oalmer le ressentiment populaire autrichien contre la social-démocratie allemande accusée à Vienne d'avoir manqué à la promesse formelle de soutenir les grèves "éeentes de la Doubie-Monarchie. D'autre part, certaines informations tendent à donner à l'effervescence berlinoise une origine maximaliste. Qu'il y ait répercussion, que la fraternisation du front russe ait quelque peu contaminé l'Allemagne ouvrière, c'est bien possible, encore qu'il ne faille pas trop y croire. L'Allemand, suivant le mot de Henri Heine, a avalé le bâton de caporal' dont jadis on le rossait ; il porte maintenant la schlague à l'intérieur ; il serait imprudent et inexact de croire à une révolution allemande Ce n'est pas au moment où, malgré les difficultés de Brest-Litoivsk, tout bon Allemand croit ferme à la victoire éux la Russie, qu'il se révoltera. Cependant, les grèves, disent les journaux boches, s'étendent et de Berlin onf tjaigné la BavièTe, le Wurtemberg, la Si-lésie et les ports de la mer du NoTd. La ville des arsenaux maritimes et sous-maritimes, Kiel, et la ville du canon, Essen. n'en seraient pas exemptes. Mais les chômeurs crient avant tout famine et bien des points troublants sont à élucider. En voici quelques-uns On nous tient au courant, au jour le jour, des événements actuels. Les journaux peuvent parler librement de la grève, dénombrer les chômeurs. Pourquoi ce luxe d'information, comparé au silence imposé à la presse allemande lors des importantes grèves berlinoises d'il y a quelques mois, et rapproché de la défense signifiée il y a dix jours de faire allusion aux grèves autrichiennes ? Le Bejliner Tageblait fut suspesrtdu le 23 pour avoir parlé de l'agitation viennoise ; il nous annonce librement aujourd'hui 450.000 grévistes allemands.Le ministre de l'intérieur, M. .Valraff, a dénoncé la semaine dernière au Reichs-tag la propagande maximaliste faite par des tracts répandus dams les milieux ouvriers. Une dénonciation identique faite en novembre par l'amiral von Cappelle mit fin à la carrière du ohancelier Michaelis. M. Walraff n'a cependant soulevé que de timides protestations. Gomment l'administration prussienne si bien organisée, si fortement armée pour la répression et si habituée à l'action immédiate et énergique — Lisbknecihit peut en témoigner — n'a-t-elle pas enrayé le mouvement ? La censure politique n'existe-t-elle plus à Berlin où, Wolff en tète, la presse peut insister sur le caractère politique des grèves ? N'est-il pas de l'intérêt de l'Allemagne d'utiliseT l'agitation ouvrière pour fomenter un réel mouvement politique parallèle dans les masses prolétaires de l'Entente ? Nous apprenons qu'une délégation ouvrière, non reçue d'ailleurs par le ministre, a fait parvenir à M. WaTraff copie des desiderata des ouvriers, notamment l'exigence de la classe ouvrière de participe! aux négociations de paix. Comment a pu germer une prétention aussi exorbitante en Allemagne où les officiels Hertling et von Kuhlmann doivent s'incliner devant Ludenidorf ? On nous dit encore que les syndics,ts allemands ont décidé la neutralité en face d une « grève qui constitue un mouvement purement polititpie ». Enfin, les grévistes de Berlin auraient élu un comité d'action composé dos majoritaires Scheidemann, Ebert e.t Braun et des mincmtaires Haase, Lfrdaborri et DAttmajnn, tous membres du Iieiohstag. Quelle est cette coopération de frères ennemis hier encore ? Scheidemann n'a-t-il pas donné mille preuves de soumission aux rues du kaiser ? Et surtout pouir-cju/oi ce luxe de documentation sur la grève pcfcttqu* ? La Frankfurter Zeitung peut nous assurer qu'à Nuremberg majoritaires et minoritaires se sont mis d'accord pour donner au mouvement une® direction uniforme plus énergique. Elle peut nous dire qu'il y a eu un meeting réunissant 00.000 (sic) personnes où les orateurs ont réclamé le suffrage universel en Prusse, la î-éforme constitutionnelle en Bavière et la fin de la guerre. Nous restons sceptiques et conseillons la prudence. 11 y a quelque chose, mais c'est plutôt une indication sur ce qui arrivera plus tard qu'un mouvement à résultats immédiats. PERCY. les majoritaires et les minotaires dirigeraient le mouvement Berne, 30 janvier. On avait hier l'impression que le mouvement gréviste de Berlin, bien que comprenant un nombre assez considérable d'ouvriers, n'avait ni cohésion, ni elirecticn, ni programme et ne tarderait pas à avorter. Mais des nouvelles plus récentes montrent qu'il n'en est pas tcmt~a-fa.it ainsi. Dans la soirée du hutd.i 28, les gréviste;, ont tenu une réunion à la Maison syndicale. Un délégué du parti social démocrate majoritaire y assistait. Un comité de grèw formé de neuf membres a été institué e un programme de revendications éJaJ>orâ «

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Cet article est une édition du titre Le XXe siècle: journal d'union et d'action catholique appartenant à la catégorie Katholieke pers, parue à Bruxelles du 1895 au 1940.

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